Alimentation : un plan en cinq étapes pour nourrir la planète

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Dans la porcherie de l’entreprise Nutribras, au Brésil, les truies sont isolées dans des cages afin d’allaiter leurs petits sans les écraser. Les exploitations porcines peuvent être très polluantes, mais Nutribras recycle les déjections des animaux pour produire des engrais et de l’électricité à base de méthane. © George Steinmetz

Dans la porcherie de l’entreprise Nutribras, au Brésil, les truies sont isolées dans des cages afin d’allaiter leurs petits sans les écraser. Les exploitations porcines peuvent être très polluantes, mais Nutribras recycle les déjections des animaux pour produire des engrais et de l’électricité à base de méthane. © George Steinmetz

D’ici à 2050, nous devrons nourrir 2 milliards de personnes supplémentaires. Pendant huit mois, notre grande série sur l’avenir de l’alimentation étudiera les moyens d’y parvenir. Sans saccager la planète.

Quand nous envisageons les menaces qui pèsent sur l’environnement, nous pensons en général aux automobiles et aux cheminées, pas à nos assiettes. Nos besoins alimentaires constituent pourtant un très grand danger pour la planète.

L’agriculture est l’un des plus importants contributeurs au réchauffement climatique, car elle émet plus de gaz à effet de serre que tous nos poids lourds, voitures, avions et trains réunis.

Ces gaz proviennent essentiellement du méthane dégagé par les ruminants et les rizières, de l’oxyde d’azote émis par les champs fertilisés et du dioxyde de carbone provenant de l’abattage des forêts tropicales.

Le secteur agricole est le plus gros consommateur de nos précieuses réserves d’eau ; c’est aussi l’un des principaux pollueurs, car le ruissellement des engrais et du fumier perturbe les fragiles écosystèmes lacustres, fluviaux et côtiers de la Terre.

L’agriculture accélère également la perte de biodiversité. En remplaçant des zones de prairies et de forêts par des fermes, nous avons détruit des habitats essentiels, ce qui a précipité l’extinction de certaines espèces sauvages.

L’agriculture pose des défis environnementaux gigantesques ; ils ne deviennent que plus urgents à mesure que nous tentons de satisfaire les besoins alimentaires croissants de la planète.

D’ici à 2050, nous aurons vraisemblablement 2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir, soit plus de 9 milliards de personnes. Mais la croissance démographique n’est pas la seule raison pour laquelle il nous faudra produire davantage de denrées.

La progression de la prospérité dans le monde, particulièrement en Chine et en Inde, accroît la demande de viande, d’œufs et de produits laitiers ; en retour, celle-ci nous pousse à cultiver davantage de maïs et de soja pour nourrir davantage de bovins, de porcs et de poulets. 

Si cette tendance se confirme, nous devrons presque multiplier par deux la quantité des cultures actuelles pour répondre au double problème de la croissance démographique et d’une alimentation plus riche.

Malheureusement, le débat sur les moyens de relever ce défi alimentaire s’est clivé, dressant l’agriculture conventionnelle et le commerce international contre l’agriculture biologique et les réseaux de proximité. Les partisans de l’agriculture conventionnelle disent que la mécanisation, l’irrigation, les engrais et les modifications génétiques peuvent accroître les rendements.

Ils ont raison. De leur côté, les défenseurs de l’agriculture biologique répliquent que les petits paysans peuvent faire de même – et sortir de la pauvreté – en adoptant des techniques qui améliorent la fertilité des sols sans l’aide d’engrais chimiques ni de pesticides. Ils ont également raison.

Les deux approches apportent des solutions cruciales ; aucune ne suffit à elle seule. Après analyse, voici un plan susceptible de résoudre le dilemme alimentaire mondial tout en réduisant les dégâts causés sur l’environnement.

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