Comment les Grecs de Phocée voguèrent jusqu’à Marseille

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Le fier Gyptis a déjà pris la mer une trentaine de fois, notamment dans le cadre des festivités de Marseille-Provence 2013. Plusieurs sorties sont prévues cette année afin de poursuivre l’expérimentation. © Teddy Seguin

Le fier Gyptis a déjà pris la mer une trentaine de fois, notamment dans le cadre des festivités de Marseille-Provence 2013. Plusieurs sorties sont prévues cette année afin de poursuivre l’expérimentation. © Teddy Seguin

Il y a 2 600 ans , des navires de la cité grecque de Phocée traversèrent la Méditerranée et fondèrent Massalia, l’actuelle Marseille. Une équipe de scientifiques et de charpentiers de marine percent aujourd’hui le mystère de leurs navires.

La terre était enfin en vue. Partis de Phocée, en Asie Mineure, plusieurs semaines auparavant, Protis et ses compagnons étaient épuisés par leur traversée. Le marin grec décida de faire mouiller les galères de sa flotte dans la calanque du Lacydon et de descendre à terre.

Quelque temps plus tard, le mariage de Protis et de Gyptis, fille du chef local des Ségobriges, était célébré. De cette union allait naître une ville, la plus ancienne de France : Massalia. Une ville qui, toujours, resta liée à la mer, dont elle tire ses richesses. Une ville que l’on nomme aujourd’hui Marseille.

Ce mythe fondateur aurait pu rester cantonné aux livres d’histoire. Deux mille six cents ans plus tard, en 1993, il revient au goût du jour à la faveur de fouilles préalables à la construction d’un parking.

Itinéraire du bateau phocéen, de Phocée à Marseille. © Carte du NGM/France

Itinéraire du bateau phocéen, de Phocée à Marseille. © Carte du NGM/France

Sous la place Jules-Verne, à quelques pas du Vieux-Port, des archéologues découvrent les vestiges du port antique ainsi que deux épaves : un petit voilier de commerce et une grande barque côtière dans laquelle on repère même quelques fragments de corail rouge, probablement pêché au filet. Ces bateaux d’usage quotidien ont appartenu à la deuxième génération des fondateurs de Marseille.

S’ils n’ont rien de l’ampleur des pentécontores – les galères de combat à cinquante rameurs décrites par l’historien grec Hérodote et utilisées par Protis –, leurs techniques de construction sont très proches et leur assemblage est lui aussi réalisé par ligatures de tissu et de fil de lin.

Chargée des fouilles et de l’étude des épaves, l’équipe d’archéologie navale du Centre Camille Jullian (Aix-Marseille Université–CNRS) propose alors de construire une réplique de la barque. Selon Patrice Pomey, responsable du projet et directeur de recherche émérite au CNRS, « l’idée était de vérifier, à taille réelle, nos hypothèses sur les techniques de l’époque ».

Mais comment reconstituer la forme de cette barque archaïque alors que son épave se réduit à quelques vestiges ? 

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