Des baleines victimes de collisions avec des cargos

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La carcasse d'une baleine bleue flotte au large de la Californie. Une autopsie a montré que l'animal était mort des suite d'une collision avec un navire. © Oregon State University

La carcasse d’une baleine bleue flotte au large de la Californie. Une autopsie a montré que l’animal était mort des suite d’une collision avec un navire. © Oregon State University

Dans le Pacifique et l’Atlantique, chaque année, baleines bleues et navires marchands se heurtent sur les routes maritimes. Si les cargos ne sentent rien, de nombreux cétacés, eux, décèdent de leurs blessures.

Jadis chassées, elles sont aujourd’hui protégées. Pourtant, les populations de baleines bleues stagnent toujours (estimées à 10 000), quand celles des autres cétacés augmentent. Pourquoi ? Parce que les baleines bleues sont parfois percutées par des navires et qu’elles décèdent de leurs blessures, conclut une étude de l’institut des mammifères marins (MMI), aux Etats-Unis.

Cette observation découle d’un suivi par satellite, pendant quinze ans, de 171 baleines bleues au large des côtes américaines. L’étude des déplacements de cet échantillon, d’une taille sans précédent, prouve que, en dépit des lois de protections internationales et l’interdiction de la chasse industrielle, l’homme reste un danger pour le rorqual bleu.

Malgré sa taille énorme (25 m de long pour 110 t, en moyenne), nous en savons très peu sur le plus gros animal vivant de notre époque. « Des baleines bleues sont apparues au large de la Californie au début des années 1990, raconte Ladd Irvine, biologiste marin au MMI et auteur principal de l’étude. Nous n’avions aucune idée d’où elles venaient, où elles allaient se reproduire, ou combien elles étaient. C’est pourquoi nous avons posé des balises au plus grand nombre. »

Chaque été, ces baleines s’approchent des côtes californiennes, riches en krill, pour venir se rassasier. Leurs chemins croisent alors les itinéraires maritimes empruntés par les navires qui s’arrêtent dans les ports californiens. Cétacés et bateaux s’entrechoquent, causant des dommages dans les deux camps. Des dégâts mortels côté cétacés.

En deux semaines, en 2007, trois baleines bleues ont été tuées après une collision avec un bateau. « Impossible de savoir combien de baleines bleues sont ainsi tuées chaque année, s’attriste Ladd Irvine. Certains navires sont si imposants qu’ils ne sentent même pas qu’ils heurtent une baleine. Et le phénomène s’étend bien au-delà des eaux de Californie. »

Comment éviter ces drames? Le Canada, qui a connu le même problème, détient la solution. En 2003, l’industrie maritime a décidé de dévier l’une des routes navales menant à la baie de Fundy, très empruntée par les navires et fréquentée des baleines bleues. Il a aussi été décidé que les navires entrants et sortants de la baie devaient ralentir leur vitesse.

Résultat : ces changements ont permis de réduire les collisions entre baleines et navires de 80 %. Il existeraient environ 10 000 baleines bleues dans les océans, bien qu’aucun recensement ne soit publié.

Marie Dias-Alves

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