Innover pour changer le monde – Shabana veut envoyer les petites Afghanes à l’école

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Crédit image: World Bank Photo Collection. Licence: Creative Commons

Lorsqu’elle était enfant, Shabana Basij-Rasikh devait braver la loi des Talibans pour aller à l’école. Aujourd’hui, elle dirige le seul pensionnat afghan dédié aux filles. Dans un pays dévasté par des décennies de conflit, son histoire est une belle leçon d’histoire. 

  • Qui est-elle?

Shabana Basij-Rasikh a six ans lorsque les talibans imposent leur loi en Afghanistan. Immédiatement, ils interdisent aux jeunes filles l’accès à l’éducation. Mais les parents de Shabana ne l’entendent pas de cette oreille et décident de l’envoyer dans une “école secrète”, à Kaboul. Les risques d’être découvert sont grands. Alors, pour s’y rendre, elle doit chaque jour se travestir en petit garçon afin d’échapper à la vigilance des sbires du régime.

En 2001, l’intervention menée par les États-Unis renverse les talibans. Pour la première fois, Shabana peut se rendre à l’école à visage découvert. Douée pour les études, elle profite d’un programme d’échange dans le Wisconsin, au Middlebury College. Elle en ressort diplômée – et major de sa promotion – en relations internationales ainsi qu’en en gender studies. Mais, très vite, Shabana choisit de revenir dans son pays afin de poursuivre son idéal : l’éducation des jeunes filles afghanes.

  •  Que fait-elle?

Lorsqu’elle revient en Afghanistan en 2011, Shabana Basij-Rasikh souhaite concrétiser son rêve en créant un pensionnat dédié uniquement aux filles. “Elles vivraient ensemble, apprendraient à se respecter, à connaître leurs cultures respectives, à apprécier leurs différences et leurs ressemblances.”

« L’antidote le plus efficace aux talibans est de créer la génération la plus éduquée de l’histoire afghane. Les filles d’aujourd’hui – qui seront les femmes de demain – feront de ce rêve une réalité » – Shabana Basij-Rasikh

Aujourd’hui, cette école a un nom : la School of Leadership Afghanistan (SOLA). Elle accueille des filles issues de quatorze provinces afghanes. Un véritable exploit dans un pays où les tensions ethniques restent vivaces. Pour qu’elles puissent poursuivre leurs études à l’étranger, l’école les a également aidées à obtenir des bourses pour un montant total de 7,7 millions de dollars.

Mais, dans un pays où l’illettrisme touche presque 9 femmes sur 10, les défis restent immenses. D’autant que les traditions patriarcales sont particulièrement tenaces. “S’investir pour l’éducation, c’est comme planter des arbres, raconte Shabana. Cela prend cinquante ans pour en récolter le premier fruit. Mais je suis déterminée.”

National Geographic soutient financièrement la School of Leadership Afghanistan (SOLA).

>> Découvrez le discours de Shabana Basij-Rasikh lors d’une conférence TED

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