Sublime: des aurores boréales en Alaska en vidéo time lapse

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Des aurores boréales par dizaines en train d’onduler avec grâce dans le ciel alaskien… La vidéo réalisée en time-lapse par l’artiste Alexis Coram invite assurément à la rêverie et la contemplation. Derrière la beauté de ces images se cache un phénomène physique complexe. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé Christophe Pérez, auteur de « Les aurores boréales et australes » aux éditions de l’Escargot Savant.

>> Que sait-on de l’origine des aurores boréales ? 

Christophe Pérez: Petite précision, les spécialistes parlent d’aurores polaires qui regroupent les aurores boréales (qui apparaissent dans l’hémisphère nord) et les aurores australes (celles au sud). Pour faire simple, celles-ci sont provoquées par une interaction entre le vent solaire composé de particules électriques (principalement, des protons et des électrons) et l’atmosphère terrestre. Ce vent solaire – dangereux pour le vivant – ne peut heureusement pas pénétrer directement dans notre atmosphère. Il est dévié par un bouclier magnétique : la magnétosphère. Mais son passage, s’il est suffisamment dense et à vitesse adéquate, peut provoquer des « pincements » de la magnétosphère qui accélèrent les électrons présents dans notre haute atmosphère. Ces électrons « cognent » les composés de l’atmosphère qui libèrent alors un peu d’énergie, en émettant un photon. Le phénomène auroral peut alors débuter.  
Ce n’est pas un phénomène propre à la Terre. Sur d’autres planètes disposant à la fois d’une atmosphère et d’un champ magnétique – tels Jupiter, Saturne et Uranus – on peut observer une activité aurorale.
 
>> Sont-elles facilement observables ? 
 
Les aurores boréales sont observables plus aisément quand on se situe à proximité des cercles polaires (Arctique ou Antarctique). Pour faciliter leur observation, il est nécessaire de cumuler les conditions suivantes :
 – une activité solaire qui génère un vent de particules électrisées suffisamment intense ;
 – un minimum de nuit noire, donc plutôt entre mi-septembre et début avril en arctique ;
 – une pollution lumineuse minimale, en évitant par exemple la pleine lune et la proximité des grandes villes ;
 – un ciel dégagé, car les aurores boréales se situent au-dessus des nuages, entre 80 et 500 km d’altitude.
 
>> Pourquoi les aurores boréales peuvent-elle prendre des couleurs différentes, à l’instar de celles que l’on peut voir dans la vidéo ? 
 
Chaque couleur correspond à un élément chimique excité par les électrons accélérés dans  l’atmosphère:
 – vert pour des atomes d’oxygène entre 100 et 200 km d’altitude,
 – rouge pour des atomes d’oxygène entre 200 et 500 km,
 – rouge et violet pour des molécules d’azote entre 80 et 100 km,
 – bleu-violet (plus rarement) pour l’hydrogène au-delà de 500 km.
 
>> Les aurores boréales ont-elles un impact sur les activités humaines ? 
 
À l’ère de la communication, les technologies utilisées deviennent de plus en plus complexes. De cette complexité découle aussi une sensibilité accrue des différentes technologies aux perturbations électromagnétiques. Il a été démontré que l’activité solaire et l’activité aurorale sont responsables d’une partie non négligeable de ces perturbations. Celles-ci se traduisent notamment par :
 – des interférences dans les communications radio pour les navigateurs (maritimes ou aériens) dans les régions polaires et donc le détournement, le retard ou l’annulation de certains vols ;
 – un impact sur les mémoires informatiques ou l’orbite d’un satellite, qu’il faut reprogrammer ou replacer sur la bonne orbite ;
 – des risques de black-out total de réseaux électriques: le 13 mars 1989, six millions de Québécois ont été privés d’électricité pendant neuf heures. 
 
Propos recueillis par Olivier LIFFRAN

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>> Notre diaporama sur les aurores boréales

>> Road trip sur les routes islandaises, à la poursuite des aurores boréales

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