La jeune Afghane aux yeux verts refait parler d’elle

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Sharbat Gula photographiée à l'âge de 13 ans par Steve McCurry. Vingt ans plus tard, le photographe a retrouvé sa trace. Crédit: Steve McCurry

Sharbat Gula photographiée à l’âge de 13 ans par Steve McCurry. Vingt ans plus tard, le photographe a retrouvé sa trace. Crédit: Steve McCurry

Ses yeux verts avaient hypnotisé le monde entier. En couverture de National Geographic en 1985, le portrait de Sharbat Gulla témoignait du sort des réfugiés afghans lors de l’invasion soviétique au début des années 1980. Trente ans plus tard, celle que l’on surnommait “la jeune fille afghane” refait parler d’elle. Les autorités pakistanaises l’accusent en effet de posséder de faux papiers. Retour sur l’histoire de cette photo icône du peuple afghan.

Un regard irradiant, des cheveux en bataille couverts d’un voile élimé et troué, l’expression du visage à la fois digne et douloureux… Pris en 1984 par le photographe Steve McCurry, le portrait de cette orpheline de 13 ans exprime à lui seul la détresse du peuple afghan qui doit fuir face à l’avancée de l’armée soviétique.

“Elle avait quitté son village sous les bombes et marché deux semaines dans les montagnes enneigées pour gagner le camp de réfugiés pakistanais de Nasir Bagh, expliquait Steve McCurry. Je l’ai croisée par hasard sous une tente reconvertie en école. Malgré sa timidité, elle a accepté d’être photographiée, dans un recoin où perçait la lumière matinale, loin de la rumeur et du désordre du camp.”

C’est seulement en développant ces photos à Washington que McCurry se rend compte de leur puissance. Dans les années 1990, il décide de partir sur ses traces de son modèle. Mais l’enquête n’est pas sans peine. Lors de son reportage en 1984, le photographe ne disposait pas d’interprète et n’a donc pas pu prendre le nom de l’adolescente. En 2002, son obstination paye enfin. Pas de doute possible, l’iris des yeux de Sharbat Gula est toujours aussi envoûtant. Mais les traits de son visage ont perdu la douceur de ses jeunes années.

Devenue mère de trois enfants, l’Afghane n’avait pas conscience de la popularité de son portrait. En dépit de son dénuement, elle ne réclame aucun argent au photographe. Mais ce dernier et National Geographic lui offrent de quoi se payer un pèlerinage à La Mecque, des soins médicaux, ainsi qu’une machine à coudre pour sa fille. Depuis, plus de nouvelles… jusqu’à ces accusations des autorités pakistanaises.

Par Olivier LIFFRAN

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