Exclusif : une cité perdue découverte au Honduras

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Cette effigie d’un « homme-jaguar » est l’un des nombreux artefacts retrouvés sur ce site dans les profondeurs de la jungle hondurienne. Crédit : Dave Yoder, National Geographic

Une expédition archéologique vient de mettre au jour une cité perdue dans la jungle du Honduras. Selon toute vraisemblance, il s’agirait de la mythique “cité du Dieu Singe”, qui excite l’imagination des spécialistes depuis des siècles. À la manière d’Indiana Jones, les archéologues l’ont cherchée pendant des mois dans la jungle lointaine et inhabitée de La Mosquitia, à plus de 320 km au nord-est de la capitale.  

Contrairement à la civilisation Maya dont on connaît beaucoup de choses, cette culture a été très peu étudiée et demeure largement inconnue. D’ailleurs, les archéologues ne lui ont pas encore donné de nom. Mais cette découverte exceptionnelle pourrait changer la donne. D’autant que “la préservation du site est unique”, explique Christopher Fisher, un archéologue américain spécialiste de la Mésoamérique.  

Sur place, les archéologues ont déjà étudié et cartographié ce qui semble être de grandes places, des fortifications, et une imposante pyramide en terre. L’équipe, qui est retournée sur le site mercredi dernier, a également découvert une cache extraordinaire contenant des sculptures en pierre restées inviolées depuis l’abandon de la cité.

Ils ont également trouvé une cinquantaine d’artefacts, dont une belle collection de métates, de la vaisselle finement décorée de serpents, de vautours et de figures zoomorphiques. Un des objets les plus saisissants est une tête d’”homme-jaguar”.  D’après Oscar Neil Cruz, à la tête de l’Institut d’Anthropologue et d’Histoire du Honduras, ces artefacts dateraient du XVe siècle au moins.

En plus du pillage, les archéologues craignent que les ruines découvertes pâtissent de la déforestation. Au rythme actuel, la déforestation pourrait atteindre la vallée dans quelques années. Crédit: Dave Yoder

En plus du pillage, les archéologues craignent que les ruines découvertes pâtissent de la déforestation. Au rythme actuel, la déforestation pourrait atteindre la vallée dans quelques années. Crédit: Dave Yoder

Depuis longtemps, la rumeur courait sur cette cité aux remparts d’un blanc immaculé et cachée dans le feuillage épais de la jungle. Les histoires rapportées par les habitants parlaient d’une “maison blanche” où les Indiens trouvaient refuge pour échapper aux exactions des conquistadores espagnols.

Mais c’est en 1940 que l’archéologue américain Theodore Morde prétendit avoir trouvé la “cité du Dieu singe” dans la région de la Mosquitia. Il refuse d’en divulguer le lieu exacte, de peur, disait-il, que le site soit pillé. Quelques années plus tard, il se donna la mort, sans que l’on sache si le site eût jamais existé.

Puis, en 2012, la bonne nouvelle arrive enfin. Les ruines sont identifiées à l’occasion d’une expédition aérienne. Leur emplacement, l’architecture cérémonial et la présence de canaux d’irrigation ne laissent guère de place au doute. Mais il faudra trois ans de plus pour que l’expédition arrive sur place et puisse enfin entamer ses travaux de recherche.

Pour l’heure, les archéologues ont décidé de ne pas révéler la localisation exacte du site, de manière à éviter la curiosité des pillards. En plus de cette menace, l’équipe craint les conséquences de la déforestation qui ravage la faune et la flore, ainsi que les probables richesses archéologiques que recèlent encore son sol.

Par la rédaction de National Geographic

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