La mécanique des 200 000 passeurs de pollen

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© Mark W. Moffett

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Colibris, papillons, guêpes, fourmis, phalènes… Ils sont les pollinisateurs de la Terre. Et existent sous 200 000 formes et tailles.

Bien en rang dans leurs blocs en fibre de coco, des bataillons de plants de tomates grimpent jusqu’au ciel vitré d’une serre, à Willcox, dans l’Arizona. Perchés sur des chariots élévateurs électriques, des techniciens en blouse blanche les émondent avec soin. Eurofresh Farms récolte 60 000 t de tomates par an sur ces pieds parfaits. 

Ceux-ci remplissent 125 ha de bâtiments, arrosés par des kilomètres de canalisations et sillonnés de treillages en acier où attacher les plants. Leurs fruits, au goût un rien artificiel et plutôt sucré, poussent hors-sol. Mais la nature n’est pas totalement absente de ces lieux, rappelle un bruit de fond grave et continu : des bourdons en pleine activité.

Pour se reproduire, la plupart des plantes à fleurs dépendent d’un troisième élément qui transporte le pollen entre les organes mâle et femelle. Certaines ont besoin d’une stimulation additionnelle pour libérer cette poudre d’or.

Par exemple, il faut agiter violemment la fleur de la tomate – une secousse équivalente à trente fois la force de la gravité terrestre, explique l’entomologiste Stephen Buchmann, du programme Pollinator Partnership : « Même si l’échelle est différente, souvenez-vous qu’un pilote de chasse perd connaissance au bout de trente secondes lors d’une accélération de 4 à 6 g. »

Tables vibrantes, souffleurs, chocs acoustiques, vibrateurs appliqués laborieusement, à la main, à chaque grappe de fleurs : les producteurs ont essayé bien des façons de secouer le pollen des fleurs de tomate. Résultat ? Dans les serres, on estime aujourd’hui que rien ne vaut l’humble bourdon.

Livrez-lui accès à une fleur de tomate, il se jettera dessus pour se nourrir, son agitation répandant un nuage de pollen sur les stigmates (l’extrémité femelle) du plant et sur son propre corps duveteux ; puis il se dirigera vers une autre fleur, et les grains de pollen avec lui. Cela s’appelle la « pollinisation vibratile » et fonctionne comme par magie.

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  1. [...] Colibris, papillons, guêpes, fourmis, phalènes… Ils sont les pollinisateurs de la Terre. Et existent sous 200 000 formes et tailles. Bien en rang dans leurs blocs en fibre de coco, des bataillons de plants de tomates grimpent jusqu’au ciel vitré d’une serre, à Willcox, dans l’Arizona. Perchés sur des chariots élévateurs électriques, des techniciens en blouse blanche les émondent avec soin. Eurofresh Farms récolte 60 000 t de tomates par an sur ces pieds parfaits. Ceux-ci remplissent 125 ha de bâtiments, arrosés par des kilomètres de canalisations et sillonnés de treillages en acier où attacher les plants. Leurs fruits, au goût un rien artificiel et plutôt sucré, poussent hors-sol. Mais la nature n’est pas totalement absente de ces lieux, rappelle un bruit de fond grave et continu : des bourdons en pleine activité. Pour se reproduire, la plupart des plantes à fleurs dépendent d’un troisième élément qui transporte le pollen entre les organes mâle et femelle. Certaines ont besoin d’une stimulation additionnelle pour libérer cette poudre d’or. Par exemple, il faut agiter violemment la fleur de la tomate – une secousse équivalente à trente fois la force de la gravité terrestre, explique l’entomologiste Stephen Buchmann, du programme Pollinator Partnership : « Même si l’échelle est différente, souvenez-vous qu’un pilote de chasse perd connaissance au bout de trente secondes lors d’une accélération de 4 à 6 g. » Tables vibrantes, souffleurs, chocs acoustiques, vibrateurs appliqués laborieusement, à la main, à chaque grappe de fleurs : les producteurs ont essayé bien des façons de secouer le pollen des fleurs de tomate. Résultat ? Dans les serres, on estime aujourd’hui que rien ne vaut l’humble bourdon. Livrez-lui accès à une fleur de tomate, il se jettera dessus pour se nourrir, son agitation répandant un nuage de pollen sur les stigmates (l’extrémité femelle) du plant et sur son propre corps duveteux ; puis il se dirigera vers une autre fleur, et les grains de pollen avec lui. Cela s’appelle la « pollinisation vibratile » et fonctionne comme par magie. [...]  [...]

  2. [...] Colibris, papillons, guêpes, fourmis, phalènes… Ils sont les pollinisateurs de la Terre. Et existent sous 200 000 formes et tailles.  [...]

  3. [...] © Mark W. Moffett Colibris, papillons, guêpes, fourmis, phalènes… Ils sont les pollinisateurs de la Terre. Et existent sous 200…  [...]