Rob Hopkins, l’homme qui croyait en vous

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Rob Hopkins 2 - May 2013 - Photo Credit - Jim Wileman

Professeur de permaculture pendant 10 ans, Rob Hopkins anime désormais le vaste réseau des villes en transition.
Photo : Jim Wileman

Un gourou ? Même pas. Rob Hopkins est pourtant de ceux qui changent la vie des autres, sans même en avoir l’air. En 10 ans, ce britannique a donné envie à des dizaines de milliers de citoyens d’agir pour vivre mieux.

D’une simplicité désarmante, cet Anglais-là a l’art de transformer en colline ce que d’autres voient comme un Everest. Changement climatique, énergies fossiles, chômage, pauvreté : des problèmes insolubles ? « La plupart des gens pensent qu’ils ne peuvent rien faire contre ça. Or, tout ce qu’il faut, ce sont des étapes », assure-t-il d’une voix douce.

Lui, en a franchi une en 2005, dès son installation à Totnes, une ville de 7 500 habitants, dans le sud de l’Angleterre. Avec quelques amis, il commence à sensibiliser les habitants à la question de l’après-pétrole. La réponse est telle qu’il crée un cours du soir sur le sujet. Puis des groupes se forment pour lancer des projets concrets et se préparer à l’après-pétrole. À la fois dans l’alimentation (notamment en plantant des arbres fruitiers en ville), le transport (en promouvant le vélo), l’énergie (en passant à des sources renouvelables), l’habitat (en construisant des maisons écologiques)… L’organisation Transition Town Totnes (Totnes, ville en transition) vient de naître. Moins de dix ans plus tard, le mouvement a fait tâche d’huile, notamment grâce au blog, stimulant, de Rob Hopkins. 1 200 villes en transition, réparties dans 47 pays (dont, en France, les villes d’Épinal, de Rambouillet ou d’Albi, par exemple), sont en cours de transformation.

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Treize parcelles composent le potager de rue d’Alhambra. Chacune d’elle est entretenue par une famille du quartier.
Photo : Bernard De Keyzer

Dans le centre de Bruxelles (Belgique), les habitants de l’Alhambra, cherchaient à redorer la mauvaise image de leur quartier, envahi par la prostitution. Ils ont décidé d’implanter dans certaines rues… des potagers. « Du coup, dès qu’un habitant jardine, des enfants descendent jouer, se réjouit Rob Hopkins. Le potager est devenu une attraction sociale. Et pour la plupart des participants, c’est aussi une première expérience de changement, une occasion de prendre confiance en leur capacité de changer les choses. »

Aux grincheux qui lui rétorquent que ces actions collectives n’empêcheront pas le bouleversement climatique à venir, Rob Hopkins a un petit sourire : « Les gens ont l’habitude qu’on agisse pour eux. La Transition leur propose au contraire de se retrouver, de créer un projet et de s’entraider pour le mener à bien. Ces initiatives sont concrètes et visibles. Et ceux qui les ont mis sur pied en sortent différents : changer, ça nourrit l’âme. »

Par Céline Lison

Pour en savoir plus :

Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant, Rob Hopkins et Lionel Astruc, éd. Actes Sud, 2015.

Ils changent le monde, 1001 initiatives de transition écologique, Rob Hopkins, éd. du Seuil, 2014.

 

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