Contre la douleur, le cerveau contre-attaque

  Aucun commentaire
pin button

Les trente neurones localisés par les chercheurs dans le cerveau qui contrôlent la libération de l'ocytocine. © Alexandre Charlet / CNRS

Les trente neurones localisés par les chercheurs dans le cerveau qui contrôlent la libération de l’ocytocine. © Alexandre Charlet / CNRS

Un centre de contrôle de douleur jusqu’alors inconnu a été identifié dans le cerveau. De nouvelles perspectives dans le traitement de la souffrance physique ?

Lors de votre dernière journée de bricolage, votre doigt s’est retrouvé sous sous le marteau. Douloureux ? “Certes, mais sans l’ocytocine, vous auriez dû avoir encore plus mal”, explique Alexandre Charlet, chercheur à l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives du CNRS, qui a coordonné une étude internationale sur le sujet.

Lorsque vous vous blessez, des récepteurs se chargent de transformer le stimulus en message nerveux. Celui-ci est ensuite relayé jusqu’à la moelle épinière. Là, des neurones vont tenter de décoder l’origine et la nature de la douleur, afin d’alerter tout l’organisme.

À découvrir également : Attentats : les mécanismes de la peur dans le cerveau

“Mais ce n’est pas tout, poursuit Alexandre Charlet. Dans le même temps, des dizaines de molécules vont également agir pour moduler l’intensité du message nerveux. Sans elles, vous seriez submergé par la douleur et incapable d’agir.” Parmi celles-ci se trouve l’ocytocine. Si son rôle analgésique est connu depuis une dizaine d’années, les chercheurs n’avaient jusqu’ici aucune idée sur la manière dont elle était activée.

L’étude publiée jeudi 3 mars dans la revue Neuron identifie un petit groupe de trente neurones au sein de l’hypothalamus. Ensemble, ils activent la libération de l’ocytocine à la fois dans le sang et dans la moelle épinière. Leur objectif : calmer l’intensité du message nerveux.

En développant un produit qui cible uniquement ces trente neurones, on limiterait les effets secondaires des analgésiques traditionnels. “C’est théoriquement possible, mais on en est encore loin”, conclut le chercheur.

Par Olivier Liffran

 Commentaires