Crue centennale : pourquoi elle fait si peur

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Crue de la Seine, Paris. ©Mathieu Marquer / Creative commons via Flickr

Depuis lundi, Paris rejoue la grande crue de 1910. Douze jours d’exercices grandeur nature coordonnées par la préfecture de police de Paris. Car on le sait : un cataclysme attend l’Île-de-France.   

Janvier 1910 : les averses continues qui tombent sur la capitale s’ajoutent à une rapide fonte des neiges. Après un été et un automne très pluvieux, les nappes phréatiques sont sur le point de remonter à la surface. La Seine déborde. Le 28 janvier, elle atteint 8,62 m sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz. Avec 40 km de rues inondées, Paris est paralysée. Il faudra attendre deux mois pour un relatif retour à la normale.

> Une vidéo de la crue de 1910 :

Découvrez les images de la crue de 1910 à Paris géolocalisées par la bibliothèque numérique de la BNF

“La crue de 1910 n’est pas une anomalie de l’histoire”, juge la géographe Magali Reghezza, qui a consacré une thèse au sujet. Autrement dit, le scénario va se reproduire. “Mais, contrairement à ce que l’on entend souvent, une crue centennale n’arrive pas tous les cent ans mais en moyenne tous les cent ans. La prochaine pourrait donc avoir lieu l’année prochaine, dans dix ans ou dans un siècle. L’important reste de savoir comment s’y préparer.”

D’où les exercices de simulation qui ont débuté lundi en Île-de-France. Pas moins de 900 sauveteurs et 87 institutions et entreprises sont mobilisés pendant douze jours. L’objectif : tester la gestion de crise et alerter les Franciliens sur les risques.

> En cas de crue majeure, aurez-vous les pieds dans l’eau ? La réponse ici.

Selon un rapport publié en 2014 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les conséquences d’une telle crue seraient considérables : 5 millions de Franciliens affectés, 1 million privés d’électricité, jusqu’à 30 milliards d’euros de dégâts, une chute du PIB de 3 %…

Les profonds bouleversements qu’a connus l’Île-de-France lors des dernières décennies renforcent les risques. Avec l’urbanisation, environ 435 000 logements sont désormais exposés aux inondations. L’aménagement du territoire « s’est également traduit par une imperméabilisation des sols, explique Magali Reghezza. Les eaux de pluie ont alors tendance à ruisseler jusqu’aux cours d’eau, ce qui pourrait aggraver l’intensité de la crue. Sans parler des sous-sols de la région, où se trouvent les réseaux techniques essentiels à l’économie et à notre vie quotidienne, qui se retrouveraient inondés.”

Par Olivier Liffran

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