Expédition dans le Grand Canyon

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© Pete McBride

C’est un lieu sacré pour le Indiens : la confluence du Colorado et du Little Colorado. Des promoteurs veulent y construire un téléphérique qui transporterait 10 000 passagers par jour jusqu’à un centre commercial. © Pete McBride

Deux baroudeurs se lancent dans un trek extrême de plus de 1 000 km. Objectif : découvrir les menaces qui planent sur le Grand Canyon. 

« Si tu glisses ici, tu ne pourras pas t’arrêter. Tu tomberas dans l’abîme », hurle Rich Rudow, un homme d’habitude imperturbable. Mais ce passage exige de rester sur ses gardes, et il ne le sait que trop bien. Nous sommes sur un escarpement rocheux qui surplombe le fleuve Colorado de 1 050 m, à la pointe de Great Thumb Mesa. Telle la proue d’un immense navire, cette formation spectaculaire surgit dans l’un des endroits les plus isolés du Grand Canyon. Même les randonneurs les plus chevronnés ont rarement l’occasion de le voir. Si on atteint ce point, il est impossible de descendre jusqu’au fleuve sans matériel d’alpinisme ; et, après huit jours de randonnée, il ne reste plus assez de provisions pour refaire le trajet en sens inverse. Il faut aller de l’avant.

La terrasse étroite que nous avons suivie ces derniers jours disparaît devant une profonde indentation, ou « baie », dans la paroi du canyon. Le lieu est baptisé Owl Eyes (« yeux de hibou »), en raison des deux énormes trous ovales enfoncés au centre de la paroi qui se dresse au milieu de la « baie ». Le lieu est sinistre, et pas seulement à cause de ces orbites menaçantes. Il y a presque quatre ans, par une journée ensoleillée de février, une belle jeune femme, amie de Rich Rudow, a fait une chute mortelle en franchissant ce passage.

Pour l’heure, nous observons le terrain dans des conditions météo bien pires. Dans la nuit, une tempête a recouvert le canyon de 23 cm de neige. Pas vraiment ce dont Pete et moi rêvions quand nous avons entrepris cette aventure : la traversée intégrale du Grand Canyon.

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