Pour se reproduire, les baudroies fusionnent… totalement !

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Comme cet Haplophryne mollis, certaines femelles ont plus d'un mâle agrippé à leur corps. Le record répertorié est huit. © Peter David, Getty Images

Comme cet Haplophryne mollis, certaines femelles ont plus d’un mâle agrippé à leur corps. Le record répertorié est huit. © Peter David, Getty Images

Garder son partenaire tout près de soi – quitte à fusionner avec lui – a ses avantages. À 1 000 m ou plus de profondeur, dans l’obscurité, les baudroies des abysses tentent de faire des rencontres. Les 162 espèces du sous-ordre des Ceratioidei forment de drôles de couples : les mâles sont bien plus petits que les femelles. Et pourtant, ils sont parfaitement adaptés l’un à l’autre.

Les narines surdimensionnées du mâle repèrent les phéromones de la femelle dans l’eau. Ses yeux perçants cherchent une tache de lumière : le leurre bioluminescent ornant le front de sa belle. Selon Ted Pietsch, ichtyologiste à l’université de Washington, la forme ainsi que les motifs pigmentés et lumineux du leurre indiquent au mâle s’il est en présence d’une partenaire de son espèce.

Pour éviter d’être séparé d’elle, le mâle plante ses dents dans le corps de sa compagne et reste bien accroché. « Les peaux du mâle et de la femelle finissent par fusionner », explique Ted Pietsch ; les vaisseaux se rejoignent, « si bien que son sang à elle circule dans son organisme à lui ». Les nageoires et d’autres parties du corps inutilisées du mâle s’atrophient jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une usine à spermatozoïdes.

Quand ses ovules sont prêts, la femelle envoie un signal au mâle, qui expulse sa semence. Elle répand dans l’eau une masse d’ovules gélatineuse qui absorbe les spermatozoïdes. La masse ainsi fécondée remonte à la surface, pour que les larves éclosent et se nourrissent de plancton. Plus tard, les baudroies redescendront dans les abysses pour chercher un partenaire.

Patricia Edmonds

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