Dans nos archives, l’étrange selfie des sixties

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Publié en juin 1966 dans notre magazine. © James P. Blair / National Geographic Creative

1966 Que font toutes ces femmes, brandissant bien haut leur miroir de poche d’un air concentré ? Malgré les apparences, leur démarche n’a rien de narcissique.

Regardez de plus près la jeune femme au manteau bleu, sur la gauche. Elle porte un disque de papier écarlate à sa boutonnière. Celui-ci représente un coquelicot, une fleur qui poussait sur les champs de bataille des Flandres en 1914-1918. Les habitants des pays du Commonwealth ont pour coutume d’arborer ce signe distinctif le jour du Souvenir. En ce dimanche de novembre, ces Anglaises sont donc venues assister à la cérémonie annuelle dédiée aux soldats morts lors des deux guerres mondiales.

Traditionnellement, la reine Élisabeth II dépose ce jour-là une gerbe de fleurs au pied du Cénotaphe, un mémorial de pierre érigé à Westminster, au centre de Londres. Dos au spectacle, ces femmes tentent tout simplement d’apercevoir le reflet de leur souveraine.

Cinquante ans plus tard, une scène insolite du même type a créé le buzz sur Internet en septembre dernier : lors d’un meeting de Hillary Clinton à Orlando (Floride), un photographe a immortalisé un parterre d’admiratrices, les bras tendus vers le ciel, tournant le dos à la candidate à la présidentielle américaine. Cette fois, les miroirs avaient laissé place à des smartphones dernier cri. Et, à défaut de vouloir mieux voir la femme politique, il s’agissait surtout de prendre le meilleur selfie.

Corinne Soulay


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