Non, un macaque ne peut pas toucher de droits d’auteur

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Il y a six ans, un macaque des Célèbes, espèce menacée, prenait un selfie avec un appareil volé à un photographe. Le cliché avait fait le tour du monde, mais la justice américaine a tranché : le singe n’en est pas propriétaire.

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© Le singe ou le propriétaire de l’appareil photo ?

En 2011, un macaque des Célèbes a dérobé l’appareil du photographe David J. Slater, qui travaillait dans un parc naturel d’Indonésie, puis réalisé un selfie. Trois ans plus tard, le cliché est devenu viral sur Internet. Et la polémique a gonflé : qui est le détenteur des droits du cliché ? Est-ce le singe, qui a déclenché l’appareil ? Ou le photographe, qui a réglé et tiré l’image ? La justice américaine a tranché le 28 janvier 2017 : les animaux ne peuvent pas être considérés comme des auteurs. Ils ne sont donc pas protégés par le copyright. Une défaite pour l’association de protection animale PETA, qui représentait le singe contre le photographe et son agence. L’avocat de l’association, Jeff Kerr, a tout-de-même salué un jour « historique » pour la cause animal, car « nous avons pu plaider que Naruto devrait bénéficier des droits d’auteur plutôt que d’être lui-même vu comme un objet appartenant à quelqu’un. »

Le selfie fait connaître le macaque des Célèbes

Si le cliché n’a pas ouvert un nouveau statut juridique aux animaux, il aura permis de faire connaître l’espèce Macaca nigra, menacée d’extinction. Naruto s’est retrouvé avec des millions de fans sur le web au moment où l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui fixe le statut de conservation des espèces, projetait d’inclure ce macaque aux yeux ambre et à la coiffure punk parmi les vingt-cinq primates les plus menacés. National Geographic s’est rendu dans les forêts isolées de la réserve naturelle indonésienne de Tangkoko-Batuangus-Duasaudara, à la rencontre de la star du selfie et, surtout, de son espèce en danger.

> Retrouvez Naruto dans Haro sur le macaque du numéro 210 de National Geographic

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