C’est la chaleur qui fait blanchir les coraux

  Aucun commentaire
pin button

Une étude le confirme : plus que la pêche ou la qualité de l’eau, c’est l’augmentation des températures qui agit le plus sur la santé des coraux.

La coloration des tissus du corail est témoin de la bonne santé de l'organisme. Cette coloration est due à la symbiose du polype avec des zooxanthelles. Quand ces dernières sont expulsées, le corail devient blanc. ©Ed Roberts, Tethys Images.

La coloration du corail est due à une pigmentation apportée par la symbiose avec les micro-algues zooxanthelles. Quand ces dernières sont expulsées, le corail devient blanc. ©Ed Roberts, Tethys Images.

Les coraux ont besoin de nutriments pour leur développement. Ils les puisent par symbiose avec des micro-algues appelées zooxanthelles. La symbiose est une association durable entre deux ou plusieurs organismes, et profitable à chacun d’eux. Cette association peut également être vitale pour l’un des symbiotes. Or dans certaines conditions, les coraux expulsent les micro-algues, ce qui entraîne le blanchiment de leurs tissus et un affaiblissement de leur organisme. L’épisode le plus important a eu lieu en 2016 pendant El Niño. Ce phénomène climatique entraîne un affaiblissement voire une inversion des alizés dans le Pacifique, entraînant ainsi une augmentation inhabituelle des températures en Indonésie et en Australie. En 2016, cette vague de chaleur a provoqué le blanchiment de 90 % des récifs de la Grande Barrière de corail à l’est de l’Australie.

Le chercheur australien Terry Hughes et son équipe se sont penchés sur trois épisodes similaires qui se sont déroulés durant les deux dernières décennies : en 1998, 2002 et 2016. Leur but ? Comprendre pourquoi certains récifs sont plus sujets au blanchiment que d’autres. Les scientifiques sont arrivés à cette conclusion : la répartition géographique des zones de blanchiment des coraux est principalement liée à la carte des températures. En général, les coraux n’ayant pas subi de blanchiment étaient localisées à l’extrême Sud de la barrière, où les eaux sont plus froides. Contrairement à ce que les chercheurs pensaient auparavant, cet effet est majeur par rapport à la qualité de l’eau et à l’impact de la pêche.

La plupart du temps ce phénomène est réversible, mais il faut une bonne dizaine d’années pour que les récifs récupèrent totalement. Etant donné l’ampleur du blanchiment de 2106, il semble peu probable que ces écosystèmes récupèrent pleinement. D’où l’importance de trouver une réponse globale pour ralentir le réchauffement climatique.

Françoise de Vaugelas

 Commentaires