La politique du sexe chez les singes bonobos

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Le jeune Ulrich, juché sur le dos de sa mère, Uma, se dirige vers un autre site de nourriture. Les bonobos passent beaucoup de temps au sol, profitant de leur accès exclusif à des végétaux qui, sur la rive droite du Congo, sont recherchés par les gorilles. © Christian Ziegler

Le jeune Ulrich, juché sur le dos de sa mère, Uma, se dirige vers un autre site de nourriture. Les bonobos passent beaucoup de temps au sol, profitant de leur accès exclusif à des végétaux qui, sur la rive droite du Congo, sont recherchés par les gorilles. © Christian Ziegler

Les études menées sur les singes bonobos démontrent que ceux-ci portent haut le slogan « faites l’amour, pas la guerre ». Un comportement exacerbé dans leur milieu naturel, au cœur de la République démocratique du Congo.

Dans un coin perdu de forêt, à 80 km de la première piste d’atterrissage par un chemin de terre, le camp de Wamba, sur la rive nord de la rivière Luo, en République démocratique du Congo, jouit d’une réputation flatteuse dans le petit monde de la primatologie.

Ce site a été fondé en 1974 par un scientifique japonais, Takayoshi Kano, dans le but d’étudier le comportement des bonobos (Pan paniscus), une espèce de singes qui ne ressemble à aucune autre au monde.

Parmi la gent simienne, le bonobo a la réputation de porter haut le slogan « faites l’amour, pas la guerre ». Il est, en effet, bien plus lascif et moins belliqueux que son proche cousin le chimpanzé.

Les études menées sur des bonobos vivant dans des zoos, notamment celles du biologiste américano-hollandais Frans de Waal, ont montré que ce singe est pourvu d’une sexualité débridée et favorise les relations amicales (surtout entre femelles) plutôt que les affrontements violents qui sont la règle chez les chimpanzés (surtout entre mâles) quand il s’agit de s’imposer au sein du groupe ou de se défendre contre un groupe rival.

Cela dit, on savait peu de chose sur le comportement des bonobos dans leur milieu naturel. Takayoshi Kano, de l’Institut de recherche sur les primates de l’université de Kyoto, fut l’un des premiers scientifiques déterminés à venir sur le terrain. Hormis quelques interruptions, notamment pendant les guerres du Congo, de 1996 à 2002, le travail à Wamba n’a jamais cessé.

Un matin, à l’aube, je m’enfonce dans la forêt sur les pas de Tetsuya Sakamaki, autre chercheur de l’université de Kyoto. Je ne tarde pas a remarquer des comportements inattendus par rapport à l’image que l’on se fait des bonobos.

Ces primates se disputent, chassent et peuvent s’abstenir de sexe pendant des heures. S’agit-il bien de ces singes célèbres pour leur vie sexuelle trépidante et leurs rapports sociaux pacifiques ?

Alors que nous observons une troupe de bonobos se gavant des fruits d’un eyoum blanc, Sakamaki me présente les membres de la communauté par leur nom. La femelle aux parties génitales gonflées s’appelle Nova. Elle a mis bas pour la dernière fois en 2008 et si la zone génitale est si brillante, semblable à un coussin rose accolé à son postérieur, c’est pour indiquer qu’elle est prête à se reproduire à nouveau.

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