Petite histoire de l’épigénétique : l’hérédité au-delà des gènes

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© Christian Poveda/ Agence Vu

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Après le tout génétique triomphant, l’épigénétique suggère que nos modes de vie, notre nourriture, notre histoire influencent également l’héritage biologique que nous léguons. Et renvoi de nouveau à la question de l’hérédité des caractères acquis.

En 2003 s’achevait l’un des projets scientifiques les plus fous du XXe siècle : le séquençage du génome humain. S’il a permis des progrès sans précédent, il a aussi ouvert un abîme de perplexité : à peine 10 % de l’ADN code pour des gènes, le reste semble ne rimer à rien et est surnommé l’« ADN poubelle ».

Hasard ? La même année, la revue Science consacre tout un numéro à l’épigénétique, un nouveau domaine de recherche. Car la génétique laisse bien des questions sans réponses. Comment nos cellules, dotées du même code génétique, peuvent-elles être aussi différentes selon qu’elles constituent un muscle, le foie ou le cerveau ? Entre les gènes et les caractères qu’ils expriment, il faut supposer un niveau de régulation.

Biologiste anglais, Conrad Waddington parle, dès 1942, du paysage épigénétique, des processus conduisant des gènes aux caractères observables. L’épigénétique se définit aujourd’hui par l’étude des changements modifiant l’expression des gènes sans mutation de l’ADN. Des changements héritables et réversibles, qui se transmettent en dehors des gènes.

L’idée semble en contradiction avec le dogme fondamental de la génétique. Mais les arguments sont là. « Waddington avait observé que des chocs thermiques induisent chez la mouche de multiples malformations transmises à la génération suivante, explique le généticien Andràs Pàldi. À l’époque, il suppose que ces chocs révèlent des mutations cachées, héritées sous leur nouvelle forme. » 

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