Plongée dans l’incroyable écosystème sous-marin vierge des îles Marquises

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Thierry Pérez, chercheur au CNRS et à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale, et son équipe entrent dans la grotte de Cekamoto. © Claude Rives/Merimages/Bureau 233

Thierry Pérez, chercheur au CNRS et à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale, et son équipe entrent dans la grotte de Cekamoto. © Claude Rives/Merimages/Bureau 233

Pour appuyer la candidature des Marquises au patrimoine mondial de l’humanité, des scientifiques ont exploré les fonds marins de l’archipel. Et fait d’incroyables découvertes.

Splash ! La houle attrape le plongeur et l’entraîne à 20 m de profondeur. Le courant le fait rouler dans l’obscurité d’une grotte sous-marine. Soudain, une vague le coince entre deux rochers de lave.

L’homme décide d’attendre une accalmie pour gagner rapidement la sortie et se mettre en sécurité. Après sa mésaventure, Thierry Pérez, chercheur au CNRS et à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale, commente : « Ce qui est très surprenant aux îles Marquises, c’est qu’il y a énormément de courant en profondeur. Beaucoup plus que dans le reste de la Polynésie française ! »

Un milieu exceptionnel, mais éloigné de tout, où peu de chercheurs se sont rendus. Pourtant cette situation géographique – à quatre heures de vol au nord-est de Tahiti – a permis de préserver un écosystème quasiment vierge.

© Carte du NGM

© Carte du NGM

« Cet archipel, considéré comme l’un des plus isolés du monde, est peu fréquenté par les touristes, souligne Serge Planes, chercheur au CNRS et professeur à l’École pratique des hautes études. Au fil des siècles, cette absence de passage d’êtres humains a sûrement favorisé le fort taux d’endémisme : entre 12 et 16 % des espèces de l’archipel ne se trouvent qu’aux Marquises. »

La topographie accidentée, d’origine volcanique, a également engendré un environnement terrestre et marin riche en minéraux.

Ces particularités et l’histoire des Marquises ont poussé les habitants – qui sont moins de 10 000 – à demander l’inscription de leur archipel au patrimoine mondial de l’Unesco.

« Depuis 1995, les Polynésiens cherchent une reconnaissance culturelle et, d’un point de vue archéologique, les Marquises sont le berceau de cette culture, précise Sophie-Dorothée Duron, chef d’antenne Polynésie à l’Agence des aires marines protégées (AAMP). Dans les années 2000, les Marquisiens ont demandé l’inscription mixte : culturelle et naturelle. Mais il manquait une étude scientifique du milieu marin. » 

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