Cancer du sein : l’éradication des tumeurs grâce à des vaisseaux sanguins
Des vaisseaux sanguins très spécifiques ont été découverts dans des tumeurs. Ils pourraient permettre d’éradiquer plus vite les cancer du sein.
L’éradication rapide et facile du cancer du sein ? Un projet qui pourrait être bientôt accessible grâce à la découverte de vaisseaux sanguins spécifiques dans les tumeurs cancéreuses mammaires. Ces vaisseaux facilitent l’accès de certains globules blancs vers les cellules cancéreuses.
Les “lymphocytes tueurs“, catégorie de globules blancs, ont pour mission de reconnaître, infiltrer et détruire les cellules cancéreuses de l’organisme. Mais l’opération “élimination du cancer” nécessite un grand nombre de cellules tueuses. Ces dernières doivent encore parvenir à pénétrer les tumeurs. Comment s’y prennent-elles ? Jusqu’à présent leur tactique demeurait un mystère.
Une équipe de scientifiques, dirigée par Jean-Philippe Girard, directeur de recherche Inserm*, s’est penchée sur la question. Les chercheurs ont organisé une étude clinique sur un échantillon de 150 patientes atteintes d’un cancer du sein. Les analyses ont révélé la présence d’un type particulier de vaisseaux sanguins dans les tumeurs, appelés High Endothelial Veinul (HEV). Ces vaisseaux, habituellement présents dans les ganglions lymphatiques (région où prolifèrent les cellules immunitaires), constituent un passage privilégié pour les lymphocytes tueurs débarquant par le sang.
Plus nombreux sont les vaisseaux HEV dans les tumeurs, plus grande est la présence de lymphocytes tueurs dans les cellules cancéreuses. La probabilité de guérison des patientes s’en trouve augmentée.
Prochaine étape pour les chercheurs : confirmer ces résultats sur de plus grands groupes de patientes. Il leur faudra étudier l’influence de la présence des vaisseaux HEV sur les réponses aux traitements médicaux. À long terme, l’objectif serait d’augmenter la quantité de vaisseaux HEV dans les tumeurs, voire de les implanter dans les tumeurs qui n’en n’ont pas. Une opération qui permettrait de véhiculer massivement des lymphocytes tueurs dans les cellules cancéreuses… Et de les détruire.
Des actions similaires sont envisageables pour d’autres types de cancers, comme ceux des ovaires et du colon.
Marie Dias-Alves
Source : CNRS
Photo : Jean-Philippe Girard/CNRS
* à l’institut de pharmacologie et de biologie structurale à l’université de Toulouse