Les tarsiers communiquent en langage codé
Le plus petit primate au monde est aussi cryptographe. Pour communiquer avec ses compères, le tarsier des Philippines utilise un code incassable à base d’ultrasons.
Du haut de ses 85 à 160 millimètres, Tarsius syrichta, le tarsier des Philippines, tient au creux d’une main humaine. Ce primate, jusqu’ici décrit comme un animal calme, se révèle pourtant être une petite créature tapageuse. Pour communiquer, il émet des sons très aigus, bien au delà de la tessiture commune des singes. Un fait qui échappe à l’oreille humaine.
L’étude, publiée aujourd’hui dans le magazine Biology Letters, indique que les tarsiers des Philippines peuvent émettre des sons allant jusqu’à 90 kilohertz. Ils atteignent ainsi un registre sonore deux fois plus élevé que n’importe quel primate. Mais fluctuent plus souvent autour de 70 kilohertz.
Rares sont les mammifères terrestres – à l’exception des chauves-souris et des chatons – qui communiquent à des fréquences inaudibles pour l’oreille humaine*. Car les ultrasons se répandent très vite, au contraire d’autres ondes sonores. Les animaux localisent alors avec beaucoup plus de difficultés leurs interlocuteurs, lors d’appels longue distance.
Les tarsiers communiquent par ce langage crypté pour manger en toute tranquillité. Sans craindre d’être à leur tour dévorés.
Ces minuscules primates dinent aussi exclusivement de petits insectes, comme des papillons ou des sauterelles. Qui eux-même émettent dans de très hautes fréquences. Les tarsiers, à l’oreille hypersensibles, intercepte alors ces conversations nocturnes entre invertébrés puis s’élance sur eux pour les tuer.
*au-delà de 16 kilohertz
Marie Dias-Alves
Sources : Science AAAS, LiveScience, Biology Letters
Photo : Wikimedia commons