Océan : les baleines stressées par la pollution sonore
Le bruit constant des moteurs de navires dans l’océan Atlantique affecte les baleines, en influant sur leur comportement. Ces cétacés se trouvent en proie à un stresse chronique.
Ces cinquante dernières années, la pollution sonore causées par les cargos, les navires militaires et autres augmente graduellement en intensité. Et en portée. Ce phénomène modifie la physiologie des cétacés, alors constamment stressés.
Les baleines à fanons communiquent à basse fréquence, utilisant la même longueur d’onde – entre 20 et 200 Hz – que les navires évoqués. Pour éviter la confusion, certaines espèces de cétacés se sont adaptées en émettant des signaux acoustiques plus forts et plus fréquents. Mais d’autres souffrent toujours du bruit des moteurs et de la présence de sonars.
Une équipe de chercheurs, menée par Rosalind Rolland du New England Aquarium, a étudié l’impact physiologique de la pollution sonore sur le comportement des Eubalaena glacialis – baleines franches de l’Atlantique Nord. Ces dernières ont été pistées grâce à leurs déjections, qui flottaient à la surface des eaux.
La présence d’hormones de glucocorticoïdes dans les excréments de baleine permet de mesurer par degrés les variations du stresse chez le mammifère concerné. Les chercheurs ont constaté que l’évolution des taux de concentration d’hormones correspondait à l’arrêt soudain et à la reprise graduelle du trafic maritime dans l’Atlantique Nord.
Les glucocorticoïdes sont sécrétés en période de crise : si l’animal se sent menacé par un prédateur, doit affronter la famine… À court terme, cette montée d’hormones aide les animaux à surmonter l’angoisse. Mais sur le long terme, ces apports croissants et constants de glucocorticoïdes dus au stresse mènent à une décélération de la croissance, affaiblissent le système immunitaire et compromettent la reproduction.
Marie Dias-Alves
Sources : Physorg, Science AAAS, NewScientist
