Un véritable trou dans l’espace !
Grâce au télescope Herschel, des astronomes ont repéré une zone de l’univers qui semble… totalement vide.
“Personne n’a jamais vu un trou comme ça, s’exclame Tom Megeath, de l’université de Toledo (Etats-Unis). C’est comme savoir que les vers de terre font leurs petites galeries sous votre pelouse et découvrir, un beau jour, qu’ils ont créé une énorme cavité béante.” Et c’est le téléscope infrarouge Herschel, de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui vient de faire cette découverte: un trou dans l’espace. Pas un trou noir qui “aspire” la matière et dont même la lumière ne peut réchapper. Non : un véritable trou, long de 0,2 année-lumière. Et qui devrait aider les astronomes à comprendre le processus de formation des étoiles.
Les étoiles naissent dans de vastes nuages de poussière et de gaz, sur lesquels Herschel braque justement ses objectifs. Mais, souligne ESA dans un communiqué,http://news.nationalgeographic.com/news/2010/05/100512-science-space-black-hole-herschel-stars/ connaître cet environnement ne suffit pas à savoir comment une étoile y émerge tout en y faisant le “ménage”. C’est une étape de ce processus que vient de capturer le télescope en observant le nuage de gaz de la nébuleuse NGC 1999 (constellation d’Orion) et la zone d’espace opaque qu’elle renferme.
Jusqu’à présent, on pensait que cette opacité était due à la densité des nuages de gaz et de poussière, comme sur les photos de la zone prise en 1999 par Hubble. Quand Herschel a jeté un œil sur le nuage NGC 1999, il n’y a vu que du noir. C’est là que se situe la découverte : car Herschel, avec sa technologie infrarouge, est justement conçu pour “voir” à travers de telles zones. Des télescopes terrestres ont renouvelé l’expérience. Avec le même résultat, quelle que soit la méthode. Conclusion : la zone n’apparaissait pas noire parce qu’elle était très dense mais, bien au contraire, parce qu’elle est vide !
Comment est donc né ce trou ? Il est possiblement dû à une émission de gaz d’une jeune étoile de la région, peut-être conjuguée aux vents stellaires d’une étoile ancienne. Le mystère n’est donc pas encore élucidé mais cette découverte constitue un pas supplémentaire dans la compréhension de la naissance des étoiles.
Photo: ESA