Environnement

Le Bénin face à la pollution plastique

À cause d’une utilisation excessive de sachets plastiques pour emballer les produits alimentaires, le Bénin doit aujourd’hui faire face à un épisode de pollution inédit. Mercredi, 18 octobre

De Juliette Heuzebroc

400 ans. C'est le temps moyen de décomposition d’un sac plastique. Alors quand on sait qu’au marché de Cotonou, capitale béninoise, les commerçants utilisent deux sachets pour emballer un seul aliment, il y a de quoi s’alarmer. Le phénomène s'est généralisé à tout le pays et s'est surtout banalisé dans une grande partie des activités commerçantes. Les citoyens voient ce déchet toxique polluer leurs rues et leurs quartiers.

 

LES BÉNINOIS RÉCLAMENT DES MESURES ENVIRONNEMENTALES

Conscients du danger sanitaire et environnemental, les Cotonois réclament une action concrète du gouvernement pour réguler l’utilisation des sachets plastiques. Représentante de cet élan citoyen, Sandra Idossou a lancé une pétition contre « l’emballage des aliments dans des sachets plastiques toxiques ». La pétition a réuni à ce jour plus de 5 600 signatures et espère en réunir au moins 7 500 pour être adressée au président de l’Assemblée Nationale ainsi qu’au Ministère de la Santé.

Le gouvernement a depuis mis en place un atelier de plusieurs de jours à destination des différents commerçants et acteurs du secteur alimentaire. Cet atelier a été tenu en août dans la capitale béninoise avec pour objectif de sensibiliser ce public de professionnels et de les engager à trouver et mettre en place des alternatives comme le sac biodégradable. Cet événement intervient parallèlement au Projet de Promotion des Sachets plastiques Biodégradables (PPSB), initié par le gouvernement qui projette également de légiférer sur le sujet. Une loi portant sur l’interdiction de la production, l'importation, la commercialisation, la distribution et l'utilisation des sachets en plastique non-biodégradables a été soumise doit être votée à l’Assemblée Nationale.

 

UN PROBLÈME GLOBAL

L'utilisation généralisée de sacs plastiques non-biodégradables ne concerne pas que le Bénin. Beaucoup de pays les utilisent encore malgré leur toxicité et le danger environnemental qu'ils représentent. Les sacs plastiques, peu ou mal traités, envahissent les rues, bouchent les égouts et les caniveaux et par là-même font remonter les eaux usées en surface et favorisent la propagation de bactéries et maladies.

Il y a plusieurs années, l’ONG Environnement Plus en Afrique avait proposé l’enfouissement ou l’incinération de ces déchets. Si l’enfouissement suppose une pollution des sols et nappes phréatiques à long terme (en cours de décomposition le plastique libère des particules toxiques), l’incinération implique l’évacuation d’une fumée et d’un gaz hautement toxiques menant à une forte pollution de l’air potentiellement dangereuse pour la santé.

Par nature, le sachet plastique est considéré comme polluant puisqu’il est composé de polyéthylène (PEHD), un dérivé du pétrole. Mais le problème majeur, c'est que le sac plastique « éponge » : le plastique absorbe un grand nombre de polluants chimiques comme les pesticides puis, au cours de sa dégradation, les libère dans les eaux et les sols.

Avec plus des 300 millions de tonnes de plastique produits par an, dont 8 à 12 millions de tonnes qui finissent dans les océans, c’est tout l’écosystème qui est mis en danger. Le Bénin espère, par ses actions, alerter et inspirer la communauté internationale.

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