“Under one same sky” : portrait d’une Inde inspirante par Stéphanie Jantzen
« Ayant une mère artiste peintre, l’art a toujours fait partie de ma vie » raconte Stéphanie Jantzen, photographe et designer, auteur de Under one same sky. Cette exposition/ouvrage dresse des portraits de l’Inde du quotidien, en sépia et noir et blanc. Un choix de couleur atypique pour « le pays des mille couleurs », un point de vue pas tout à fait innocent.
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Stéphanie a voulu « exprimer l’unité et la similarité sous-jacentes dans la vie quotidienne des indiens, malgré les apparentes multiples différences ». La jeune photographe de 36 ans étudie la photographie et le graphisme publicitaire à l’école « The Créative Circus » à Atlanta, aux États-Unis. Elle travaille ensuite à New York en tant qu’assistante du photographe Howard Schatz et devient photographe freelance pour des projets publicitaires. Elle revient en France pour se spécialiser dans la photo de mode, puis très vite, se « recentre » sur ses photos de voyage à travers le monde. Il y a 10 ans, elle commence ce projet de livre intitulé « Sous un même ciel – Regards du monde » qui évoque en images les « similarités observées dans la diversité des peuples ».
Après avoir visité l’Asie de l’Est, elle par pour l’Inde dans le but de développer ce projet. Elle part à la rencontre des gens, « sans aucun à priori ni itinéraire bien défini ». Elle « vit, observe, écoute et absorbe les rituels du quotidien » et tombe amoureuse du pays. « L’Inde m’a toujours semblé si familière, même si elle est tellement différente de l’occident ». Alors elle y revient, cette fois pour y rester 4 ans.
« Je voulais mieux connaître l’Inde, au-delà de ses couleurs, ses odeurs, ses tumultes et ses rituels ».
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Pendant ces 4 années, Stéphanie entreprend « une démarche spirituelle » liée à son projet photographique, tout en travaillant pour une ONG en tant que photographe et graphiste, puis en photographiant des célébrités de Bollywood, le cinéma indien.
De l’Inde, Stéphanie garde l’image d’un pays « fascinant ». « On est témoins de l’unité dans la diversité et de la diversité dans l’unité. Oui, les différences sont nombreuses et les divergences parfois exacerbées. Pourtant la vie quotidienne dans le chaos de la foule est harmonieuse. L’Inde est en constante ébullition, et c’est précisément cela qui est inspirant ».
Pour Stéphanie, si l’Inde est un pays de contrastes, c’est aussi et surtout un pays d’une infinie richesse, « avec une spiritualité et une culture incroyable ». « L’inde vous confronte au pire comme au meilleur », et ce dans le même instant. Mais la jeune femme remarque aussi les avancées rapide de ce pays-continent qui « change à vu d’œil ».
Comment photographier l’Inde ?
« Avec le regard du cœur » répond la globe-trotteuse. « La couleur est partout. Les saris rouges, verts, jaunes, fuchsias, bleus pigmentent les quartiers pauvres et colorent les boutiques de soie destinées aux plus aisés ». « Le safran reste la couleur spirituelle des swami, les moines. L’Inde pour Stéphanie, c’est un peu le temple de l’art : « toute forme d’art en Inde est sacrée et vénérée ».
Cette année, Stéphanie continue son projet « Sous un même ciel » et prépare de nouvelles destinations à capturer. L’Amérique du Sud, la Papouasie seront ses prochaines destinations. En quête d’un éditeur pour son ouvrage, la photographe envisage déjà d’autres projets, notamment autour de la danse, et de la vie monastique.
Photographies de Stéphanie Jantzen, propos recueillis par Frédérique Josse









