Photos – Arles : les trésors d’une épave antique

À Arles, le Rhône à livré une barge gallo-romaine. État de conservation, quantité d’objets découverts, techniques utilisées : tout est sans précédent. Le National Geographic suit l’opération en exclusivité.

De Céline Lison

Photographies de Rémi Bénali et Patrick Landmann
Images sous-marines : Lionel Roux et Teddy Seguin

À lire dans le National Geographic France n°149, de Février 2012.

(Cliquez sur l’image pour accéder au diaporama)


Un plongeur découvre une amphore protégée par des sédiments. Des centaines d'autres, également intactes, ont été remontées lors des fouilles du site.

Une inscription marquée au fer sur un flanc du bateau indiquerait le nom de son propriétaire ou de son constructeur. À Arles, l'aube révèle la barge conçue spécifiquement pour le relevage du chaland. Alors que, calée dans son berceau, l'une des sections du chaland est relevée, un scaphandrier remonte à la surface. Le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) a suivi tout le projet. Des lampes à huile et des gobelets aux parois fines ont été retrouvés par centaines dans le dépotoir portuaire, autour du chaland. Ils faisaient partie des objets usuels de l'époque. Une pièce de monnaie en bronze, oxydée, a été aspirée par la suceuse d'un scaphandrier. L'élégant profil féminin pourrait-être celui de l'épouse d'un empereur. En quelques mois de fouilles, les archéologues ont recueilli 430 pièces de monnaie qui restent à identifier. Les fragments de céramiques et les morceaux de verre sèchent par dizaines sur des étagères, à l'air libre. D'autres objets, comme des cordages ou des peignes en bois, sont conservés dans l'eau avant de subir des traitements spécifiques en laboratoire. Cruches gauloises en terre cuite et amphores sont remontées chaque jour par les archéologues sous-marins. Triées et répertoriées, elles rejoignent les réserves du musée départemental Arles antique pour étude. Tels des marins dans les voiles d'un navire, les archéologues s'attellent à libérer le berceau qui a servi à relever le tronçon n° 7 du chaland. La proue, dernière section d'Arles-Rhône 3, vient d'être renflouée, tout juste trois mois après le premier tronçon. Elle est arrosée pour que le bois reste gorgé d'eau. L'opération de levage est un succès. Lorsqu'il ne plonge pas, le chef de chantier Benoît Poinard veille sur son équipe de scaphandriers par contact radio permanent. La caméra fixée sur le casque de l'un d'entre eux montre sa dernière découverte : une petite lampe à huile romaine.

31 janvier 201212:38
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