Les troupeaux retrouvés du Sud-Soudan
Autrefois, la riche faune sauvage du Soudan n’avait d’équivalent qu’au Kenya. Mais elle semblait avoir disparu avec la guerre civile et s’être refugiée dans les forêts. Un recensement donne des rasions d’espérer.
Texte de Matthew Teague.
Photographies de George Steinmetz.
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Les éléphants soulèvent les cendres d’un incendie, dans la région marécageuse du Sudd. Souvent allumés par les bergers, ces feux sont une des nouvelles menaces qui pèsent sur la faune et s’ajoutent au braconnage.

Des milliers de cobes à oreilles blanches courent dans l’ombre d’un avion de la Wildlife Conservation Society, à l’est de Bor. Le spectacle de la migration saisonnière dans le Sud-Soudan rivalise avec celui des hardes d’animaux du Serengeti, en Tanzanie.

Une végétation massive flotte, tel un nénuphar géant, sur la surface changeante du Sudd. Le paysage inondé et quasiment impénétrable du Sud-Soudan a fourni un sanctuaire pour la vie sauvage pendant les 25 ans de guerre civile.

Une horde de buffles traverse les prairies du Sudd, qui contiennent près de 10 000 de ces animaux. Avant 1983, quand le Soudan plongeait une nouvelle fois vers la guerre civile, 60 000 buffles parcouraient le Southern National Park, à plus de 300 kilomètres. Aujourd’hui, les enquêtes aériennes de la Wildlife Preservation Society n’en ont recensé aucun.

Dans le parc national de Boma, des spécialistes de la faune sauvage s’efforcent de placer un collier GPS sur un éléphant sous tranquillisant, pour faciliter le suivi des migrations entre le Sud-Soudan et l’Éthiopie.

Dans le parc national de Boma, des spécialistes de la faune sauvage placent un collier GPS sur une antilope, pour faciliter, également, le suivi des migrations.

Un camp de pêche flottant dérive dans le Sudd, l’une des plus importantes zones humides d’Afrique, avec plus de 51 800 km2 durant la saison des pluies. Les autorités peinent à imposer des lois relatives à la chasse et à la pêche sur un territoire aussi vaste.

Au plus fort de la saison sèche, pendant la décrue des eaux du Sudd, ces pêcheurs dinka chassent tout ce qu’ils peuvent trouver, tel ce cobe étendu sur une peau d’hippopotame. En général, les autorités ferment les yeux sur la chasse de subsistance. Les braconniers professionnels tirent parti de l’immensité de la région pour leur échapper.