Récifs artificiels
Pourquoi les bancs de poissons sont-ils irrésistiblement attirés par un wagon de métro, un char d’assaut ou une épave de navire engloutis au fond des mers?
DE STEPHEN HARRIGAN
PHOTOGRAPHIES: DAVID DOUBILET
Retrouvez l’intégralité de ce reportage dans notre numéro 137 de Février 2011

Tapissé d'éponges et de coraux lumineux, le pont du garde-côte américain Duane attire des bancs de gorettes tibouche et des plongeurs. Le bateau a été coulé exprès en 1987, au large de Key Largo, pour créer un récif artificiel en profondeur.

Cent chars M60 ont été immergés au large de l'Alabama, en 1994, dans une zone de récifs artificiels de 3100 km2. Pesant 50 t, ils résistent mieux aux ouragans que des objets plus légers.

Un Rypticus maculatus est bien installé dans le canon d'un char M60. Les récifs fournissent aux petits poissons un abri contre les prédateurs.

Le 27 mai 2009, le General Hoyt a coulé en deux minutes. Des photos fournies par des appareils fixés sur la proue et le pont montrent l'eau qui s'engouffre; le navire a été submergé en quelques secondes.

Le General Hoyt, vu du pont

Le lendemain du naufrage, un plongeur inspecte le General Hoyt

Des poissons grouillent dans le squelette du sous-marin allemand U-352, coulé par un garde-c^te américain au large du cap Lookout, en Caroline du Nord, lors de la seconde guerre mondiale. L'épave de 67 m de long gît aujourd'hui par 33 m de fond, dans les eaux limpides du Gulf Stream.

Dans le sanctuaire marin national de Flower Garden Banks, dans le golfe du Mexique, des pilliers de soutènement d'une plate-forme gazière forment un récif vertical.

Des gorettes tomate et des vivaneaux à queue jaune nagent dans le mémorial de Neptune, un cimetière sous-marin, au large de Miami Beach.