Sciences participatives : cet été, devenez chercheur bénévole
Les sciences participatives proposent des programmes amusants et pédagogiques à tous les chercheurs en herbe dans de nombreux domaines. La biologie offre notamment un large choix de projets participatifs, de l’identification des plantes sauvages en milieux urbains à l’observation des requins-pèlerins en mer Méditerranée.
Très répandues au Royaume-Uni, les sciences participatives commencent aussi à mobiliser les Français. Elles proposent au grand public comme aux naturalistes amateurs de collaborer à des programmes scientifiques.
Portés par des associations ou des institutions, les projets de science participative permettent de récolter de nombreuses données dans tout le pays, selon un protocole établi.
Les participants observent la faune et la flore près de chez eux, dans leur jardin ou en ville, avec ou sans prise de photos, selon les programmes. Ils remplissent la plupart du temps une fiche afin de préciser quelle est l’espèce identifiée (parmi celles qui font l’objet d’une recherche), ainsi que la date et le lieu de l’observation. Des fiches ou guides pédagogiques avec photos sont à la disponibilité des observateurs pour les aider à reconnaître les espèces animales et végétales. Les observateurs ont ainsi l’opportunité de participer à un travail collaboratif autour de l’environnement et d’enrichir leur connaissance de la nature.
« Je ne connaissais rien aux papillons et ne portais pas plus d’attention que ça à ceux présents dans mon jardin. Depuis que je participe, j’ai beaucoup appris », témoigne Eric Fourniols, participant de l’Observatoire des papillons de jardins (OPJ). À partir des données récoltées, les scientifiques dressent des inventaires et des suivis de populations. Évaluer l’état de santé de la biodiversité est souvent l’enjeu principal de ce type de programmes. Benoît Fontaine, responsable de l’Observatoire de la biodiversité des jardins (OBJ, Muséum national d’histoire naturelle) insiste sur la puissance d’observation des citoyens : « Il n’est pas possible de récolter autant de données avec les spécialistes, en terme de budget notamment. Les amateurs ont un grand avantage: s’ils participent, c’est qu’ils aiment ça et, en général, ils s’appliquent à bien le faire. » Il ajoute que les risques liés à la fiabilité des données envoyées est faible : « 5% des données collectées peuvent comporter des erreurs contre 95% de succès ! »
Le programme Vigie-Nature, lancé par le Muséum, recense environ 10 000 observateurs impliqués dans différents observatoires (Spipoll, Vigie-Nature, Stoc, OBJ…).
Observer les plantes sauvages de ma ville
Dernière opération en date du Muséum national d’histoire naturelle, l’observatoire Sauvage de ma rue étudie les plantes urbaines sauvages de la région parisienne, mais vise à s’étendre à l’échelle nationale.
Date de création : 2011
Acteurs : tout public
Responsable : Nathalie Machon, professeur au Muséum
Où ? Île-de-France
Quand ? À partir du mois de juin
Comment ?
Étape 1 : lors de promenades dominicales dans les rues parisiennes, observez les plantes qui poussent sur un trottoir, entre deux pavés ou au pied d’un arbre
Étape 2 : identifier et relever les noms des espèces reconnues grâce au Guide des plantes sauvages des villes de la région parisienne (Seuil, 10 euros)
Télécharger la fiche de terrain en pdf
Étape 3 : envoyer les données sur le site http://sauvages.thyb.net/
Inscription sur : www.sauvagesdemarue.mnhn.fr
« Sur les traces du requin pèlerin »
Afin d’obtenir davantage de données concernant les déplacements et mode de vie des requins pèlerins, l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (APECS) mobilisent ses équipes scientifiques mais aussi tous les connaisseurs de l’univers marin.
Date de création : 2009
Acteurs : tous les acteurs de la vie maritime (professionnels, plaisanciers, plongeurs, kayakistes)
Responsable : APECS
Où ? Océan Atlantique Nord
Quand ? Tout au long de l’année
Comment ?
Étape 1 : Observation d’un requin pèlerin
Étape 2 : Remplir la fiche d’observation ou conctater directement l’APECS
Signaler vos observations
Contact : 06 77 59 69 83
Observer et reconnaître les habitants de nos jardins
L’Observatoire de la biodiversité des jardins est divisé en trois programmes: dédiés aux papillons, aux escargots et aux coléoptères. Le choix de ces espèces communes n’est pas anodin. Acteurs importants des écosystèmes, ils sont des indicateurs de l’état de santé de ces derniers. Par ailleurs, le public peut facilement reconnaître ces espèces.
Date de création : 2006
Acteurs : tout public
Responsable : Benoît Fontaine, ingénieur de recherche au Muséum
Où ? Dans votre jardin
Quand ? De mars à octobre
Comment ?
Étape 1 : observation et identification d’un papillon parmi une liste de 28 espèces
Télécharger la fiche d’identification des 28 espèces sur le site de Noé Conservation
Étape 2 : Comptage des autres papillons présents au même moment dans le jardin
Étape 3 : Saisie des données sur le site de l’OBJ (ci-dessus).
Inscription sur : http://obj.mnhn.fr/
Contact : vbrondeau@noeconservation.org
Partenaire : association Noé Conservation
Les gestionnaires d’espace ont aussi leur observatoire
Proche de l’Observatoire des papillons de jardins, Propage (Protocole de suivi des papillons par les gestionnaires) est destiné aux gestionnaires d’espaces soucieux de connaître les répercussions de leurs pratiques quotidiennes sur 31 espèces communes de papillons.
Date de création : 2009
Acteurs : gestionnaires d’espaces (jardiniers, forestiers, agriculteurs)
Responsable : Benoît Fontaine, ingénieur de recherche au Muséum
Où ? Espaces verts, forêts, terres agricoles
Quand ? Trois passages les 1er juin, 5 juillet et 10 août
Comment ?
Étape 1 : Choix et parcours d’une zone virtuelle de 5 m2
Étape 2 : Identification et comptage des papillons présents dans la zone lors de votre parcours (10 min)
Étape 3 : Saisie des données
Inscription sur : http://obj.mnhn.fr/
Contact : propage@noeconservation.org
Partenaire : association Noé Conservation
À vos appareils photo !
Le Spipoll (Suivi photographique des insectes pollinisateurs) s’intéresse aux abeilles, papillons, bourdons, mouches… Le dispositif intègre la photographie comme moyen d’identification des espèces. Les pollinisateurs étant très diversifiés, les clichés permettent aux scientifiques de vérifier leurs noms.
Date de création : 2010
Acteurs : tout public
Responsable : Romain Julliard, maître de conférence au Muséum
Quand ? Tout au long de l’année
Où ? Partout en France (milieu urbain et rural) et même sur votre lieu de vacances !
Comment ?
Étape 1 : choisir une espèce de fleur et se poster devant pendant 20 minutes
Étape 2 : photographier tous les insectes qui se posent dessus
Étape 3 : sélection d’une photos par espèce identifiée et envoie de la collection
Inscription sur : www.spipoll.org
Contact : contact@spipoll.fr
À la chasse aux œufs… de raies
Le déclin des populations de raies dans les eaux européennes pousse l’APECS à lancer le programme de science participative Capoeira afin de recenser un maximum de capsules d’œufs de raies.
Date de création : 2009
Acteurs : tout public et spécialistes
Responsable : APECS
Où ? Sur les côtes françaises
Quand ? Tout au long de l’année
Comment ?
Étape 1 : lors de vos promenades en bord de mer, repérez les capsules d’œufs de raies
Étape 2 : ramassez ou photographiez la capsule d’œufs de raies et identifiez-la grâce au guide
Étape 3 : envoyez ensuite vos données à capoera@asso-apecs.org
Contact : capoera@asso-apecs.org
Observer les cétacés en mer
Ce programme de suivi de la biodiversité marine (grands dauphins, cachalots, rorquals communs, méduses, tortues, poissons lune…) en mer Méditerranée propose à tous les volontaires de faire des observations en mer en tant que plongeur ou comme équipier de bateau. Il évalue l’impact du trafic maritime sur les cétacés.
Date de création : 2005
Acteurs : tout public majeur et public spécialiste
Responsable : Cybelle Planète
Tarif : 950 euros (323 euros après la déduction fiscale)
Où ? Dans le nord-est de la mer Méditerranée française (entre Toulon et Nice, et jusqu’à la Corse)
Quand ? Chaque été (juillet et août), pendant 7 jours
Comment ?
Étape 1 : expédition en mer avec sur un voilier encadrée par un guide scientifique et un skipper. Observations comportementales et comptages.
Étape 2 : saisie informatique et envoi des données
Inscription
Julie Gaudillat




