Animaux

Ours et loups : l’abattage serait contre-productif

Vendredi, 9 septembre

De Marine Sanclemente

Pour protéger leur bétail, les éleveurs américains ont souvent recours à l’abattage de prédateurs (ours, loups…). Une méthode qui s’avère inefficace, selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment. Les méthodes mortelles, telles que la chasse, les pièges ou les appâts empoisonnés ont même l’effet inverse : elles aggravent le problème. Les chercheurs ont démontré que l’abattage des grands prédateurs faisait augmenter le nombre d’attaques du bétail, ou reste sans effet, dans plus de 70 % des situations. Pourquoi ? “Tuer des loups qui jouent un rôle essentiel dans la structure familiale et dans la recherche de nourriture peut rendre les autres éléments de la meute plus agressifs”, avancent comme hypothèse les chercheurs. À l’inverse, les méthodes épargnant les animaux (dissuasion visuelle avec des rubans répulsifs par exemple) permettent de réduire les attaques dans 80% des cas étudiés.

Rappelons qu’en France, le nombre d’attaques de loups ne cesse de progresser (+5% en 2015). Les abattages sont maintenant autorisés dans vingt départements par dérogation préfectorale, jusqu’à un nombre de 36 individus. Ce plafond est revu à la hausse chaque année; pourtant, le nombre d’attaques est toujours en augmentation.