Animaux

Les Émirats arabes unis adoptent une loi contre le trafic d’animaux sauvages

Guépards, tigres… Dans les pays du Golfe, les animaux sauvages sont prisés comme animaux de compagnie. Le gouvernement émirati vient de légiférer pour interdire cette pratique. Mardi, 7 février

De Jani Actman

Guépards installés à l’arrière d’une voiture de luxe, tigres qui s’amusent à la plage, … Des images insolites affluent sur les réseaux sociaux des pays du Golfe où certains propriétaires de bêtes sauvages s’affichent avec elles comme avec des animaux de compagnie. Mais le gouvernement des Émirats arabes unis veut mettre un terme à ces pratiques. Il a pris la décision d’interdire les animaux sauvages les plus dangereux comme les tigres, les lions ou les guépards.

Amende ou prison pour sanctionner les trafiquants

Adoptée le mois dernier, la nouvelle loi interdit, entre autres, l’acquisition de créatures exotiques en dehors des zoos, des parcs animaliers, des cirques et des centres de reproduction et de recherche, selon le quotidien de Dubaï Gulf News. Sous peine de recevoir une amende de 190 000 dollars (180 454 euros) et même d’être emprisonné.

Les animaux exotiques ont longtemps été considérés comme un symbole de réussite sociale à travers le Moyen-Orient, depuis l’époque où la royauté égyptienne et persane possédait de grands félins. De nos jours cependant, les menaces accrues contre les espèces sauvages—comme la perte et la fragmentation de leurs habitats—et la prise de conscience croissante du préjudice causé par leurs détentions en captivité apportent un nouveau regard plus critique sur cette pratique.

« Cela montre que les gouvernements peuvent prendre des mesures audacieuses pour mettre un frein au commerce d’animaux exotiques, » explique Adam Roberts, PDG de l’organisation Born Free USA qui lutte pour mettre fin à la captivité des espèces sauvages. « D’après ce que l’on voit sur les réseaux sociaux, il y a une image de grands félins vivant dans l’opulence, mais ce n’est pas le cas pour tous ces animaux sauvages. »

Des conditions de vie inadaptées 

De plus, ce que nous considérons comme opulence n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour les animaux, rappellent leurs défenseurs. Prenez le cas des guépards qui, en raison de leur grande popularité comme animaux de compagnie, sont ceux qui auraient a priori le plus à gagner de l’adoption de cette nouvelle loi. Beaucoup de propriétaires finissent par les nourrir avec des morceaux de viande de premier choix, pointe Sarah Durant de la Société zoologique de Londres et de l’organisation caritative pour les félins Big Cats Initiative de National Geographic. Erreur ! Car ce qui ressemble à un repas luxueux pour les humains carnivores n’en est pas un pour les guépards, dont le régime alimentaire naturel est tout à fait différent.

Aux Émirats arabes unis, les représentants de la loi ont déjà commencé à saisir des guépards africains entrés illégalement sur le territoire, a raconté le ministre de l’environnement Ahmed Al Hashmi à Wildlife Watch, en octobre dernier. « Cette loi vise d’abord à assurer le bien-être des animaux pour les animaux eux-mêmes, » assure Al Hashmi. Cela devrait également avoir un effet bénéfique sur la protection des espèces menacées, en particulier pour les guépards qui sont sur le point de disparaître.