Animaux

3 questions à Jessica Cramp, farouche protectrice des requins

L’Américaine Jessica Cramp a grandi loin de l’océan, mais a toujours été attirée par l’eau. Elle a quitté son travail dans un laboratoire pharmaceutique pour participer à la création de l’un des plus grands sanctuaires du monde pour les requins. Jeudi, 9 novembre

De Simon Worrall

Pourquoi établir un sanctuaire pour les requins dans les îles Cook ?

Ces îles sont situées au nord-est de la Nouvelle-Zélande, entre la Polynésie française, les Samoa américaines et les îles Tokelau. Le sanctuaire pour les requins est une première étape efficace pour réduire leur mortalité. Sans lui, leur taux de capture par les pêcheurs est bien supérieur à leur capacité reproductive. Or, dans de nombreux cas, ce sont des superprédateurs, qui ont un rôle majeur dans l’écosystème. Le sanctuaire fait maintenant 2 millions de kilomètres carrés.

 

Cela fait cinq ans que vous êtes impliquée dans la préservation des requins. Quel a été votre parcours ?

J’ai été bénévole sur plusieurs projets liés à l’océan. Dans l’archipel de l’île Pitcairn, je faisais des recherches sur le plastique. Un jour, alors que je rejoignais notre bateau sur une planche de surf, quelqu’un a crié « Jess ! Fais demi-tour ! » J’ai aperçu cinq requins à 1 m de moi. Bizarrement, je n’ai pas eu peur. Je me souviens avoir baissé le regard et vu des yeux jaunes me fixer : une expérience très cool (rires). J’ai ensuite décidé de travailler pour l’organisation Pacific Island Conservation Initiative. À tous ceux qui voudraient changer de vie, comme moi, je conseille de ne pas avoir peur et de travailler. En persévérant, vous pouvez vivre la vie dont vous rêvez.

 

Vous montez aujourd’hui votre propre organisation, Sharks Pacific…

Oui. Le but est d’étudier les requins du Pacifique, y compris leur écosystème, et donc les pêcheries qui altèrent leur situation. Nous pouvons changer la manière dont les requins sont pêchés. Je pense que leur protection s’améliorera de mon vivant.

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