Cet animal a les plus grandes oreilles du monde (pour sa taille)

La gerboise à longues oreilles porte bien son nom : ses oreilles mesurent les deux tiers de son corps.

La gerboise aux longues oreilles, que l'on peut apercevoir dans le désert de Gobi en Mongolie, a été filmée pour la première fois en 2007.
La gerboise aux longues oreilles, que l'on peut apercevoir dans le désert de Gobi en Mongolie, a été filmée pour la première fois en 2007.
photographie de VALERIY MALEEV, NATURE PICTURE LIBRARY

Des insectes aux éléphants, de nombreux animaux ont développé de longues oreilles pour s'adapter à la chaleur de leur habitat ou dans le but de trouver de la nourriture.

L’éléphant d’Afrique a les plus grandes oreilles de tous les animaux vivants. Ces excroissances souples lui permettent d’évacuer rapidement la chaleur grâce aux nombreux vaisseaux sanguins qui les parcourent.

Les éléphants d’Asie vivent au beau milieu de la forêt tropicale, dans un environnement ombragé et donc plus frais, d’où leurs oreilles plus petites. 

Mais ils utilisent également d’autres sens pour écouter. Les deux espèces évoquées ci-dessus peuvent déceler des vibrations dans le sol grâce à leurs pattes. Elles peuvent donc détecter les bruits de pas d’autres animaux situés à plusieurs kilomètres, comme ceux d’un potentiel prédateur.

 

LES GERBOISES

Il existe 33 espèces de gerboises, un petit rongeur sautillant originaire des déserts de Mongolie méridionale et de Chine occidentale.

Au sein de cette grande famille, c’est la gerboise aux longues oreilles qui gagne la palme des proportions les plus étranges. Elle a été filmée pour la première fois à l’état sauvage en 2007 lors d’une expédition de la Société zoologique de Londres dans le désert de Gobi.

Avec des oreilles longues de deux tiers son corps, cet animal remporte également la palme des plus grandes oreilles du royaume animal, proportionnellement à sa taille.

Tout comme l’éléphant et de nombreuses autres espèces ces oreilles géantes aident la gerboise à réguler sa température en évacuant la chaleur, une adaptation essentielle pour lutter contre les températures élevées.

 

LES CHAUVES-SOURIS

Une femelle oreillard maculé vole de nuit dans le ciel de la forêt nationale de Kaibab en Arizona.
Une femelle oreillard maculé vole de nuit dans le ciel de la forêt nationale de Kaibab en Arizona.
photographie de MICHAEL DURHAM, NAT GEO IMAGE COLLECTON

Certaines chauves-souris, comme l’oreillard maculé, ont d’énormes oreilles capables de détecter le moindre son, même les « bruits de pas » des insectes, selon Gerald Carter, écologiste du comportement à l’université d’État d’Ohio.

La taille des oreilles n’a pas grand-chose à voir avec l’écholocalisation, le sonar dont sont équipées les chauves-souris qui envoient des ondes sonores et les détectent lorsqu’elles ricochent sur une proie, comme un papillon.

L’écholocalisation concerne les très hautes fréquences et les grandes oreilles ont plutôt tendance à amplifier les basses fréquences, comme le battement d’ailes d’une proie, indique Aaron Corcoran, explorateur National Geographic et adjoint de recherche à l’université de Wake Forest.

Parmi les surdoués de l’écholocalisation figurent l’oreillard de Townsend, aux grandes oreilles, et la barbastelle d'Europe, aux oreilles de taille moyenne, ajoute Corcoran pour illustrer son propos.

 

LES LIÈVRES

Les lièvres (ici, un lièvre dit de Californie sur une photo prise dans le Nevada) évacuent la chaleur de leur environnement grâce à leurs oreilles géantes.
Les lièvres (ici, un lièvre dit de Californie sur une photo prise dans le Nevada) évacuent la chaleur de leur environnement grâce à leurs oreilles géantes.
photographie de JOEL SARTORE, NAT GEO IMAGE COLLECTION

Il existe six espèces de lièvres dans l’Ouest américain et certaines d’entre elles ont des oreilles qui peuvent atteindre 18 cm, environ un tiers de leur corps.

Andrew Smith, Professeur émérite en biologie de conservation à l’université d’État d’Arizona, indique par e-mail que pour obtenir une explication des longues oreilles du lièvre, il faut lire Mark Twain.

Dans À la dure, l’auteur écrit de cet habitant du désert « qu’il a les oreilles les plus absurdes qui aient jamais coiffé aucune créature, excepté le bourricot. » Pourquoi la nature l’a-t-elle affublée d’oreilles si cocasses ? Vous l’aurez deviné : pour évacuer la chaleur.

 

LES CARACALS

Le caracal (ici un animal en captivité en Namibie) ont des oreilles dont le fonctionnement s'apparente à celui des satellites radio, grâce auxquels ils peuvent localiser leur proie.
Le caracal (ici un animal en captivité en Namibie) ont des oreilles dont le fonctionnement s'apparente à celui des satellites radio, grâce auxquels ils peuvent localiser leur proie.
photographie de KARINE AIGNER, NAT GEO IMAGE COLLECTION

Le caracal, un chat sauvage aux pattes longues, occupe un territoire qui s’étend de l’Afrique à l’Inde. Il est reconnaissable à ses oreilles sophistiquées qui lui permettent de localiser ses proies dans les hautes herbes.

Lorsqu’il chasse, le prédateur oriente ses oreilles à la manière d’une antenne radio avant de se jeter sur les proies qu’il détecte. Les longs pinceaux de poils noirs qui coiffent ses oreilles pourraient également servir à diriger le son vers l’oreille.

Le serval, un autre chat sauvage d’Afrique, dispose de longues et puissantes oreilles qui peuvent détecter le bruit des rongeurs qui s’agitent sous terre.

 

LES RENARDS

Un renard à oreilles de chauves-souris sort sa tête des hautes herbes du parc national Hwange au Zimbabwe.
Un renard à oreilles de chauves-souris sort sa tête des hautes herbes du parc national Hwange au Zimbabwe.
photographie de ROY TOFT, NAT GEO IMAGE COLLECTION

Les renards à oreilles de chauves-souris d’Afrique orientale et méridionale raffolent tout particulièrement des insectes, les termites comptent en effet pour 75 % de leur régime. Il n’est donc pas surprenant d’entendre que leurs oreilles peuvent détecter les colonies de termites qui grouillent sous terre.

Les oreilles gigantesques du fennec servent à la fois à évacuer la chaleur de leur habitat désertique d’Afrique du Nord et à entendre les insectes enfouis sous le sable.

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.    

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