<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:foaf="http://xmlns.com/foaf/0.1/" xmlns:rdfs="http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xml:base="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml"><channel><title>National Geographic</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml</link><description>Les dernières nouvelles de National Geographic</description><language>fr-FR</language><lastBuildDate>Sun, 11 Oct 2026 14:55:20 GMT</lastBuildDate><ttl>3600</ttl><atom:link href="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>La peur des mouffettes est-elle innée chez les prédateurs ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comportement-attaque-animale-la-peur-des-mouffettes-est-elle-innee-chez-les-predateurs-aposematisme</link><description><![CDATA[Si vous croisez le chemin d'une mouffette rayée (Mephitis mephitis), sachez qu'il faut lui laisser de l'espace, sous peine de se retrouver le visage aspergé par une substance nauséabonde. L'idée selon laquelle ces mammifères d'Amérique du Nord savent user de l'odeur quand ils se sentent menacés est connue et mentionnée un peu partout, des guides de voyage aux cartoons.Mais comment les animaux...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 11 Oct 2026 14:55:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comportement-attaque-animale-la-peur-des-mouffettes-est-elle-innee-chez-les-predateurs-aposematisme</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/naturepl01350465.jpg?w=1600" length="1048565" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Si vous croisez le chemin d'une <a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/striped-skunk" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mouffette rayée</a> (<em>Mephitis mephitis</em>), sachez qu'il faut lui laisser de l'espace, sous peine de se retrouver le visage aspergé par une substance nauséabonde. L'idée selon laquelle ces mammifères d'Amérique du Nord savent user de l'odeur quand ils se sentent menacés est connue et mentionnée un peu partout, des guides de voyage aux cartoons.</p><p>Mais comment les animaux sauvages savent-ils que les mouffettes possèdent une telle force de frappe&nbsp;? Après tout, même de redoutables prédateurs tels que les ours, les loups et les pumas attaquent rarement ces animaux noirs et blancs.</p><p>Croyez-le ou non, les scientifiques n'ont jamais vraiment vérifié si les rayures noires et blanches de la mouffette étaient des symboles d'aposématisme, sorte de signal d'avertissement.</p><p>La majorité des études concernant les interactions prédateurs-proies et l'aposématisme sont menées sur des dendrobates (<em>Dendrobatidae</em>) et sur des papillons de nuit et diurnes toxiques, explique <a href="https://www.csulb.edu/media/page/ted-stankowich" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ted Stankowich</a>, écologiste comportementaliste et évolutionniste, directeur du Laboratoire consacrés aux mammifères de l'université d'État de Californie à Long Beach.</p><p>Dans la première étude du genre parue en 2024, Stankowitch et ses co-auteurs ont fait une première découverte. La majorité des prédateurs n'ont pas nécessairement montré de peur innée des mouffettes, mais apprennent, après des tentatives infructueuses, à les éviter. «&nbsp;Du moins c'est ce que l'on présumait&nbsp;», explique Stankowich, dont <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003347224000988?dgcid=author" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l'étude</a> vient d'être publiée dans le journal <em>Animal Behavior</em>. «&nbsp;Nous pensions savoir, mais nous étions dans l'erreur.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5583713_0"><strong>UNE AFFAIRE NAUSÉABONDE</strong></h2><p>Pour l'expérience, les scientifiques se sont tournés vers une population de <a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/coyote" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">coyotes</a> de l'Utah qui sont nés en captivité ou qui ont été éloignés de la vie sauvage avant d'avoir pu quitter leurs terriers.</p><p>Tout est mis en œuvre pour que les animaux restent dans la <a href="https://www.aphis.usda.gov/national-wildlife-programs/nwrc/field-station/ut" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Predator Research Facility</a>, qui s'étend sur soixante-sept hectares. Ce centre de recherche est géré dans le cadre d'un partenariat entre le Centre national de recherche sur la faune sauvage de l'USDA et l'université d'État de l'Utah, explique <a href="https://qcnr.usu.edu/directory/wild/faculty/young-julie" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Julie Young</a>, co-autrice de l'étude et spécialiste du comportement animal au sein de Département des ressources naturelles à l'université d'État de l'Utah. «&nbsp;C'est un bon endroit pour faire des recherches.&nbsp;»</p><p>Lors de la première étape de l'expérience, les quarante-neuf coyotes de l'étude ont appris qu'ils pouvaient obtenir de la nourriture gratuite s'ils s'approchaient d'une maquette de la taille d'une mouffette et recouverte de fourrure brune.</p><p>Les prédateurs assez courageux pour manger la nourriture placée sur la maquette sont passés à la deuxième étape, dans laquelle la fourrure brune a été remplacée par une fourrure noire et blanche. Mais, contrairement aux modèles bruns inoffensifs, les modèles noirs et blancs dissimulent un petit pistolet télécommandé qui peut pulvériser du liquide produit par des mouffettes sur le visage des coyotes. Pour assurer le bien-être des coyotes, les scientifiques ont utilisé une solution en spray qui ne contenait que 0,9&nbsp;% de liquide de mouffette.</p><p>Même si tout ceci semble tout droit sorti d'un épisode des <em>Looney Tunes</em>, l'installation permettait aux scientifiques de voir des coyotes n'ayant jamais rencontré de mouffettes apprendre qu'elles pouvaient être dangereuses.</p><p>Sur les trente-six coyotes qui ont participé à cette partie de l'expérience, 71,9&nbsp;% ont appris à éviter complètement les mouffettes. De plus, il n'a fallu que 2,4&nbsp;pulvérisations pour que cette leçon soit acquise. Stankowich soupçonne que ce chiffre aurait pu tomber à une seule pulvérisation s'ils avaient utilisé du liquide de mouffette non dilué.</p><p>Curieusement, les scientifiques ont aussi repéré que quatre coyotes ne s'approchaient pas du tout des modèles noirs et blancs, même s'ils n'avaient eu aucun problème à approcher les modèles bruns. Stankowich a alors déduit que c'est sûrement parce que le contraste entre le blanc et le noir est suffisant pour leur faire peur.</p><p>Autrement dit, l'éducation et la nature aident les coyotes à apprendre à éviter les mouffettes rayées.</p><p>Et, bien que ça n'ait pas été spécifiquement testé, la même combinaison de facteurs est susceptible de fonctionner pour les autres espèces de mouffettes, comme les spilogales ou les mouffettes à capuchon, explique Stankowich.</p><p>«&nbsp;Il y a à la fois une prédisposition à se méfier de ce signal noir et blanc et une forte composante d'apprentissage.&nbsp;»</p><h2  id="header_5583715_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5583715_1"><strong>DES PERSONNALITÉS DIFFÉRENTES</strong></h2><p>En plus d'enquêter sur l'aposématisme, l'étude renforce l'idée que les personnalités des animaux varient en fonction de la population.</p><p>Par exemple, un coyote mâle particulièrement téméraire s'est fait asperger neuf fois, la quantité maximale possible, si l'on en croit le plan d'expérience.</p><p>Conformément aux recherches antérieures, l'étude a également confirmé que les coyotes mâles étaient plus enclins à s'approcher des objets inconnus que les femelles. De même, les jeunes animaux avaient tendance à s'adapter plus rapidement que les plus âgés.</p><p>«&nbsp;Certains animaux sont très, très audacieux et prêts à s'attaquer à des antagonistes, même s'ils ne savent pas de quoi il s'agit&nbsp;», explique Stankowich. «&nbsp;D'autres animaux sont beaucoup plus méfiants.&nbsp;»</p><p>Certains coyotes vivant dans des zones urbaines sont plus audacieux que leurs congénères ruraux et la sélection naturelle mènera sûrement à des générations futures d'animaux citadins encore plus aventureux.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5583715_2"><strong>DES MOUFFETTES AUX ARAIGNÉES&nbsp;</strong></h2><p>«&nbsp;Ma première réaction a été de penser qu'il s'agissait d'une façon très élégante de démontrer ce concept&nbsp;», déclare Andy Davis, chercheur à l'Odum School of Ecology de l'université de Géorgie, qui n'a pas participé à ladite recherche.</p><p>Andy Davis a récemment publié une <a href="https://www.mdpi.com/2075-4450/15/5/309" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude</a> sur l'aposématisme qui a révélé que les <a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/cette-enorme-araignee-est-en-train-denvahir-les-etats-unis">araignées jorō (<em>Triconephila clavata</em>) exotiques qui débarquent en masse en Amérique du Sud</a>, semblent reconnaître les monarques (<em>Danaus plexippus</em>), dont les ailes sont orange et noires, comme étant toxiques.</p><p>Tout comme les coyotes évitent les modèles de mouffettes noirs et blancs sans interagir avec eux, les araignées jorō n'attaquent qu'un petit pourcentage de monarques pris dans leurs toiles. Cependant, elles s'attaquent à d'autres papillons orange dans des conditions normales. Sans toucher ni goûter aux monarques, ces araignées sauvages semblent savoir que ces insectes sont indigestes.</p><p>Les résultats sont compliqués à expliquer. Il est peu probable que les araignées évitent les motifs des monarques de manière innée, puisque les deux espèces n'évoluent pas ensemble, explique Davis.</p><p>Mais c'est ce que la majorité des études sur l'aposématisme démontrent, admet-il. Il y a souvent différentes manières d'interpréter les données. Cependant, il assure que l'étude sur les mouffettes et les coyotes ne connaît pas ce problème.</p><p>«&nbsp;Je veux dire, il n'y a aucune ambiguïté en ce qui concerne les résultats&nbsp;», déclare Davis.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Une sieste après un café ? Cette alliance improbable boosterait vraiment votre énergie</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/medecine-du-sommeil-une-sieste-apres-un-cafe-cette-alliance-improbable-boosterait-vraiment-votre-energie</link><description><![CDATA[Dans la culture actuelle où la caféine est reine, les boissons énergisantes sont légion et les conseils pour mieux dormir se multiplient. Mais une stratégie en apparence simple refait surface : un café et une sieste.Bien sûr, la soi-disant « sieste caféinée » n’est pas entièrement nouvelle. En Espagne, par exemple, il est courant de terminer le déjeuner avec un café, puis de faire une courte...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Sun, 11 Oct 2026 10:55:00 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/medecine-du-sommeil-une-sieste-apres-un-cafe-cette-alliance-improbable-boosterait-vraiment-votre-energie</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1754479601.jpg?w=1600" length="900035" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans la culture actuelle où la caféine est reine, les boissons énergisantes sont légion et les conseils pour mieux dormir se multiplient. Mais une stratégie en apparence simple refait surface : un café et une sieste.</p><p>Bien sûr, la soi-disant « sieste caféinée » n’est pas entièrement nouvelle. En Espagne, par exemple, il est courant de terminer le déjeuner avec un café, puis de faire une courte sieste. Mais peu d'experts se sont jusqu'à présent penchés sur le fondement scientifique de cette pratique.</p><p>Un café avant une sieste peut-il vraiment donner à votre cerveau un coup de pouce salvateur ? Des endocrinologues et des experts du sommeil nous en disent plus sur les bienfaits et les limites potentielles de la « sieste caféinée ».</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606519_0"><strong>CAFÉINE ET ADÉNOSINE : LE YIN ET LE YANG ?</strong></h2><p>La somnolence n’est pas seulement un sentiment, des processus chimiques et biologiques sont à l’œuvre.</p><p>Chez les humains, l’un des acteurs clés est l’adénosine, un neuromodulateur qui <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1389945724000534" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">s’accumule régulièrement dans le cerveau</a> à mesure que nos cellules brûlent de l’énergie au cours de la journée. À mesure que l’adénosine s’accumule, elle se lie à une famille de récepteurs (A1, A2A, A2B et A3) qui aident à réguler des fonctions cellulaires critiques, y compris le sommeil.</p><p>« Lorsqu’ils sont activés, [les récepteurs] ralentissent la transmission nerveuse et la libération de neurotransmetteurs », dit <a href="https://vivo.brown.edu/display/srivkees" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Scott Rivkees</a>, endocrino-pédiatre et professeur à l’École de santé publique de Brown. L’effet est comme un variateur mental : la liaison inhibe l’activité neuronale, nous donnant une sensation de somnolence. Pendant que nous dormons, l’adénosine est décomposée jusqu’à ce que le cerveau puisse reprendre son fonctionnement normal.</p><p>La caféine exploite ce système pour nous maintenir éveillés. « [La caféine est] un antagoniste puissant de l’adénosine qui bloquera l’adénosine à chacun des différents sous-types de récepteurs », dit Rivkees. Avec ces récepteurs occupés, l’adénosine ne peut pas s’arrimer et ralentir l’activité cérébrale. Au lieu de cela, les cellules nerveuses continuent de tirer, les neurotransmetteurs continuent de circuler, et nous nous sentons alertes.</p><p>« C’est cette relation yin-yang », explique Scott Rivkees. Plus vous consommez de caféine, plus le nombre de récepteurs remplis est important, bien qu’il y ait une limite physiologique. « Lorsque vous avez des concentrations vraiment élevées de caféine, vous bloquez la majorité des récepteurs de l’adénosine. »</p><p>Cependant, cette relation n’est pas statique. Alors que la caféine bloque les récepteurs de l’adénosine, le corps compense en en générant davantage. Avec le temps, il faut des doses plus élevées de caféine pour obtenir le même effet, conduisant à la tolérance et à la dépendance au niveau moléculaire.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606519_1"><strong>CE QU'EN DIT LA SCIENCE</strong></h2><p>Les siestes comme la caféine peuvent « remettre à jour » notre cerveau, les siestes en éliminant l’adénosine, la caféine en la bloquant. Mais une question demeure : une courte sieste après une tasse de café pourrait-elle amplifier l’effet du stimulant ?</p><p>L’idée a un attrait intuitif. « Une sieste en elle-même combat la somnolence. La caféine en elle-même combat aussi la somnolence. Donc, si nous combinions les deux, nous pourrions avoir un effet plus fort », avance <a href="https://profiles.stanford.edu/seiji-nishino" target="_blank" rel="noreferrer nofollow noopener" dir="ltr">Seiji Nishino</a>, professeur émérite de psychiatrie, sciences du comportement et médecine du sommeil à Stanford. La caféine met environ vingt à trente minutes à agir, soit à peu près la durée d’une sieste idéale. « Si nous dormons plus de trente minutes ou une heure, nous entrons dans un sommeil profond », prévient Seiji Nishino. Mais si l'on parvient à dormir moins de trente minutes, cela nous donne un vrai coup de boost mental, sans brouillard cérébral persistant.</p><p>« Une des raisons de combiner café et sieste est ce problème d’inertie du sommeil », soulève <a href="https://people.unisa.edu.au/siobhan.banks" target="_blank" rel="noreferrer nofollow noopener" dir="ltr">Siobhan Banks</a>, professeure et directrice du Behaviour-Brain-Body Research Centre à l’Université d’Australie du Sud, en référence à la somnolence qui persiste après une sieste.&nbsp;</p><p>Malgré l'engouement, la sieste caféinée reste peu étudiée. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9401427/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude de 1997</a> a observé une amélioration de la capacité de conduite parmi les participants qui combinaient caféine et courte sieste, et une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11683484/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude de 2001</a> a décrit les bénéfices de la caféine pour réduire la somnolence post-sieste. Mais les preuves sont minces, et des experts comme Nishino restent prudents. « En théorie c’est exact », dit-il. « Mais je ne sais pas si ça marche ou pas. »</p><p>Aujourd’hui, des scientifiques comme Siobhan Banks commencent à tester la théorie de façon plus rigoureuse. Ses recherches se sont concentrées sur l’utilisation plus stratégique de la caféine, en particulier sur le lieu de travail. Les premiers résultats sont prometteurs. Dans une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32819191/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude pilote</a> publiée en 2020, Banks et son équipe ont découvert qu’une sieste caféinée, 200 mg de caféine immédiatement avant un repos de trente minutes, réduisait la fatigue et augmentait la performance cognitive.</p><p>Alors que Siobhan Banks indique que les résultats initiaux « confirment qu’il y a un certain bénéfice », elle admet que les études sont relativement petites et ont été réalisées en laboratoire. D’autres chercheurs ont noté des limites similaires, appelant à davantage d’études testant les siestes caféinées dans un éventail plus large de scénarios réels.</p><p>« Ces études ont des limites », soulève <a href="https://nida.nih.gov/about-nida/directors-page/biography-dr-nora-volkow" target="_blank" rel="noreferrer nofollow noopener" dir="ltr">Nora D. Volkow</a>, directrice du National Institute on Drug Abuse aux National Institutes of Health. « L’une est que la plupart impliquaient des volontaires en bonne santé âgés d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années. Donc, les personnes d’âge moyen et plus âgées, ou celles ayant des troubles du sommeil, pourraient ne pas voir les mêmes bénéfices. »</p><p>Il y a aussi des différences individuelles à considérer. Certaines personnes sont plus ou moins enclines à faire la sieste, tandis que d’autres ont une sensibilité inhabituelle à la caféine. Peu importe ce que la recherche montre sur l’efficacité des siestes caféinées, cela « dépend en fin de compte de la personne et de la situation », souligne Nishino.</p><p>Et aussi efficace que soit la caféine pour améliorer l’attention et la vigilance, Volkow avertit que les siestes caféinées ne seront jamais une solution miracle à la productivité, ni un substitut à une bonne nuit de sommeil.</p><p>Néanmoins, Siobhan Banks pense qu’une certaine expérimentation à la maison vaut la peine et recommande de commencer avec de plus petites doses. « Amusez-vous, testez et prenez une tasse de café avant une sieste », dit-elle. « Je pense qu’il y a assez de preuves pour tenter le coup et voir si ça marche. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Calvitie : pourquoi perd-on ses cheveux ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/calvitie-pourquoi-perd-on-ses-cheveux-cosmetique-beaute-normes-genetique-heredite</link><description><![CDATA[On ne meurt pas de perdre ses cheveux. En revanche, cela peut être un tournant dans l’existence. Pour beaucoup de personnes, perdre ses cheveux, c’est se perdre.« Les gens traversent une phase de deuil », explique Angela Christiano de l’Université Cornell. « On fait le deuil de son apparence […] et nombreux sont ceux qui font le deuil de leur identité. »La chute des cheveux est un phénomène tout...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Sun, 11 Oct 2026 07:41:14 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/calvitie-pourquoi-perd-on-ses-cheveux-cosmetique-beaute-normes-genetique-heredite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-512160699.jpg?w=1600" length="717362" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>On ne meurt pas de perdre ses cheveux. En revanche, cela peut être un tournant dans l’existence. Pour beaucoup de personnes, perdre ses cheveux, c’est se perdre.</p><p>«&nbsp;Les gens traversent une phase de deuil&nbsp;», explique Angela Christiano de l’Université Cornell. «&nbsp;On fait le deuil de son apparence […] et nombreux sont ceux qui font le deuil de leur identité.&nbsp;»</p><p>La chute des cheveux est un phénomène tout ce qu’il y a de plus courant. Selon l’Association américaine de la calvitie, <a href="https://www.americanhairloss.org/mens-hair-loss/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">deux tiers des hommes américains</a> verront leurs cheveux se clairsemer ou chuter de manière claire avant l’âge de 35 ans. À 50 ans, cette statistique monte à 85&nbsp;%. Et bien que l’on en parle moins, nombreuses sont les femmes qui, elles aussi, perdent leurs cheveux&nbsp;: <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/sante/dermato/alopecies-qu-est-ce-qui-provoque-la-chute-de-cheveux-et-la-calvitie-chez-les-femmes_169346" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">20&nbsp;% environ des personnes victimes d’alopécie en France sont des femmes</a>.</p><p>Malgré son universalité, la chute des cheveux n’est pas aussi bien comprise que l’on pourrait le penser&nbsp;; en particulier en ce qui concerne les personnes qui ne sont pas des hommes, ces derniers ayant été les sujets de la majorité des recherches effectuées jusqu’à ce jour.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5589291_0">TESTOSTÉRONE ET PERTE DE CHEVEUX</h2><p>Il y a des millénaires déjà existaient des indices que la perte de cheveux avait quelque chose à voir avec le développement sexuel masculin&nbsp;; philosophes et médecins grecs de l’Antiquité <a href="https://quod.lib.umich.edu/cgi/t/text/text-idx?cc=eebo;c=eebo;idno=a43860.0001.001;node=A43860.0001.001:10;seq=169;view=text;rgn=div1" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">remarquaient en effet déjà dans leurs écrits médicaux</a> que les eunuques ne devenaient pas chauves.</p><p>Les scientifiques comprennent désormais que la calvitie, de loin la cause la plus fréquente de perte des cheveux chez les hommes, se produit à cause des androgènes, les hormones sexuelles masculines. La recherche doit malheureusement cette connaissance à une période cruelle de l’histoire américaine. En 1942, l’anatomiste James Hamilton étudia des personnes souffrant de troubles mentaux qu’on avait décidé de castrer sous l’influence du mouvement eugéniste. Le scientifique s’aperçut que les hommes castrés avant la puberté n’étaient jamais atteints de calvitie masculine, sauf s’ils suivaient un traitement à base de testostérone.</p><p>Les études de James Hamilton donnèrent également naissance à un <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4812885/#sec1-2title" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">système de classification</a> de la calvitie masculine encore en usage de nos jours pour évaluer les degrés de l’alopécie androgénétique.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5589291_1">COMMENT FONCTIONNE L’ALOPÉCIE ANDROGÉNÉTIQUE</h2><p>Les scientifiques pensent que l’alopécie androgénétique pourrait avoir un lien avec une hormone&nbsp;: la dihydrotestostérone ou DHT (chaque jour, le corps convertit <a href="https://my.clevelandclinic.org/health/articles/24555-dht-dihydrotestosterone" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">10&nbsp;% environ de sa testostérone</a> en cette forme plus puissante). Selon Andrew Messenger, dermatologue retraité de l’Université de Sheffield, les follicules capillaires hypersensibles du cuir chevelu réagissent à la DHT en rétrécissant et en passant moins de temps dans la phase de croissance du cycle du cheveu. Cela a pour effet de faire se clairsemer les cheveux et de provoquer leur chute.</p><p>De manière curieuse, les follicules présents à l’arrière et sur les côtés du cuir chevelu ont tendance à ne pas réagir à la DHT de cette manière. C’est ce qui donne lieu au «&nbsp;motif&nbsp;» caractéristique que l’on connaît&nbsp;: un dégarnissement et une chute des cheveux au niveau du sommet du cuir chevelu.</p><p>En outre, les androgènes ont l’effet inverse pratiquement partout excepté sur le cuir chevelu&nbsp;: chez les humains et d’autres animaux, les androgènes disent aux cheveux de s’épaissir, de foncer et de s’allonger. C’est pour cette raison que les hommes ont tendance à développer une pilosité corporelle et une barbe plus visibles après la puberté.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5589291_2">CHUTE DES CHEVEUX CHEZ LES FEMMES ET LES ENFANTS</h2><p>Entre un tiers et la moitié des femmes verront leur crâne se dégarnir plus ou moins au cours de leur vie. La cause la plus commune est là aussi l’alopécie androgénétique.</p><p>Chez les deux sexes, la calvitie présente des aspects semblables. D’ailleurs on désigne par le même nom les calvities féminine et masculine&nbsp;: alopécie androgénétique. Cependant, on ne sait pas encore vraiment si les androgènes jouent un rôle dans la calvitie féminine et, si c’est le cas, comment ils agissent. Selon la généticienne Stefanie Heilmann-Heimbach, scientifique de l’Université de Bonn qui étudie les processus génétiques à l’œuvre dans la calvitie, les chercheurs en savent globalement moins sur la calvitie féminine.</p><p>«&nbsp;C’est un exemple typique de domaine dans lequel quasiment toutes les études cliniques entreprises l’ont été sur des hommes&nbsp;», déplore Angela Christiano. Et pour être plus exact encore, la recherche s’est focalisée sur des hommes blancs, un biais <a href="https://theconversation.com/the-hidden-racist-history-of-hair-loss-222094" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lié</a> à la phrénologie, une pseudoscience.</p><p>À l’instar de la calvitie masculine, la calvitie féminine entraîne la chute de poils terminaux sur le cuir chevelu. Mais au lieu de voir leurs tempes et le sommet de leur crâne se dégarnir, les femmes ont tendance à perdre leurs cheveux de manière diffuse sur l’ensemble du cuir chevelu. Cette raréfaction a tendance à d’abord paraître au niveau de la raie des cheveux, puis à s’étendre vers l’extérieur.</p><p>Si les hommes sont autant que les femmes sujets à la calvitie l’âge venant, celle-ci a tendance à apparaître plus tard chez ces dernières (vers l’âge de 40 ans ou plus tard, tandis que les hommes remarquent que leurs cheveux se clairsèment dès la trentaine, voire avant). Mais les adolescents et les enfants peuvent eux aussi perdre leurs cheveux. L’alopécie areata (ou pelade), une maladie auto-immune qui attaque les follicules pileux du cuir chevelu, en est une des principales causes. Elle affecte une personne sur cinquante environ.</p><p>Parce que les enfants, les adolescents et les jeunes femmes ont tendance à ne pas perdre leurs cheveux aussi souvent que les hommes, cela peut s’avérer particulièrement traumatique pour elles et eux, selon Angela Christiano, qui a s’est mise à étudier la génétique de la perte de cheveux après avoir elle-même souffert d’alopécie areata.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5589291_3">CALVITIES HÉRÉDITAIRES</h2><p>Selon Stefanie Heilmann-Heimbach, le facteur génétique joue pour beaucoup dans la calvitie masculine. «&nbsp;D’après les estimations d’<a href="https://academic.oup.com/biomedgerontology/article/60/8/1077/545174?login=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">études</a> <a href="https://www.jidonline.org/article/S0022-202X(15)30544-3/fulltext" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">gémellologiques</a>, elle serait héréditaire à 80&nbsp;% au moins.&nbsp;»</p><p>L’on a pu entendre que la calvitie masculine est transmise par la mère. Mais c’est une simplification excessive, prévient Andrew Messenger.</p><p>D’après Stefanie Heilmann-Heimbach, bien qu’un gène important dans le processus de dégarnissement du cuir chevelu (le gène récepteur des androgènes) se trouve sur le chromosome&nbsp;X, <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-023-41186-w" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plus de 350 points du génome</a> y prennent part. Et pour la plupart, ils ne se trouvent pas sur les chromosomes sexuels.</p><p>La génétique de la calvitie féminine est plus opaque, de même que la relation, s’il en existe une, entre calvities féminine et masculine.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5589291_4">PEUT-ON RALENTIR LA CALVITIE&nbsp;?</h2><p>Les personnes préoccupées par le fait de perdre leurs cheveux ne sont pas sans recours. «&nbsp;Il existe un traitement médicamenteux, et un traitement chirurgical&nbsp;», rassure Christine Shaver, chirurgienne du Centre de greffe capillaire Bernstein, à New York.</p><p>De nos jours, deux méthodes existent en ce qui concerne la greffe de cheveux&nbsp;: la transplantation d’unités folliculaires (FUT) et l’extraction d’unités folliculaires (FUE). Les deux méthodes consistent à déplacer des follicules pileux depuis un site donneur, en général l’arrière de la tête, vers d’autres endroits du cuir chevelu&nbsp;; des procédés qui fonctionnent rarement pour autre chose que pour la calvitie masculine.</p><p>Selon Christine Shaver, les médicaments peuvent être aussi s’avérer utiles pour les patients qui envisagent une greffe, car le fait d’avoir plus de cheveux facilite l’opération. Toutefois, si la plupart des médicaments contre la perte de cheveux empêchent la calvitie de progresser, ils ne font pas repousser les cheveux.</p><p>Il existe actuellement deux médicaments approuvés par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) pour combattre la calvitie masculine&nbsp;: le minoxidil, également connu sous le nom de Rogaine, et le finastéride, qui entrave la conversion de testostérone en DHT.</p><p>Le finastéride peut avoir des effets secondaires psychologique et sexuels graves et potentiellement durables. Le <a href="https://www.gov.uk/government/news/men-on-finasteride-asked-to-stay-vigilant-for-possible-psychiatric-and-sexual-side-effects" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Royaume-Uni a d’ailleurs émis cette année</a> un avertissement conseillant aux médecins de bien informer et surveiller les patients prenant ce médicament. Selon Christine Shaver, le finastéride peut fonctionner chez les femmes mais n’est pas approuvé par la FDA pour cet usage. Sa consommation comporte également des risques importants pour elles, elle présente notamment un risque élevé de déboucher sur un cancer du sein. «&nbsp;De nombreuses femmes ménopausées prennent du finastéride et y trouvent des bénéfices, tout en reconnaissant les risques&nbsp;», précise-t-elle.</p><p>Selon elle, la première étape lorsque l’on est demandeur d’un traitement devrait toujours être de chercher à obtenir un diagnostic formel de la part d’un dermatologue. Bien que la calvitie masculine soit la cause la plus fréquente de dégarnissement du cuir chevelu, plusieurs raisons expliquent la chute des cheveux&nbsp;; la plupart des causes ne peuvent être contrées efficacement avec la FUT ou la FUE. Christine Shaver préconise également aux personnes qui souhaiteraient subir une intervention chirurgicale de bien faire attention à choisir un praticien <a href="https://www.americanhairloss.org/hair-transplant-surgery/finding-a-surgeon/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">expérimenté et responsable</a>.</p><p>«&nbsp;Je vois beaucoup de personnes arriver dans mon cabinet et penser que leur calvitie est génétique et qu’elles vont faire une greffe capillaire&nbsp;», prévient-elle. Mais après le diagnostic, «&nbsp;je dois malheureusement leur annoncer que la greffe capillaire n’est pas la meilleure approche&nbsp;».</p><p>Malgré tout, toutes les personnes atteintes de calvitie ne décident pas d’y remédier. D’ailleurs, les assurances couvrent rarement ce risque. «&nbsp;Les sceptiques diront&nbsp;: ‘Mais comment pouvez-vous parler de maladie [en ce qui concerne la calvitie]&nbsp;? En quoi ne s’agit-il pas simplement du schéma typique de miniaturisation capillaire qui apparaît avec l’âge&nbsp;?’&nbsp;», commente Angela Christiano. Quoiqu’il en soit, de nombreuses personnes font la paix avec leur calvitie, voire apprennent à aimer leur nouvelle apparence.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ces théâtres comptent parmi les plus beaux du monde</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-operas-theatres-comptent-parmi-les-plus-beaux-du-monde</link><description><![CDATA[Situé au pied de l’Acropole, à Athènes, l’Odéon d’Hérode Atticus a été construit en l’an 161 apr. J.-C. Maintenant qu’il est fermé pour un vaste projet de restauration, intéressons-nous à d’autres théâtres prestigieux à travers le monde qui valent vraiment le détour, des merveilles historiques aux chefs-d’œuvre modernes. MINAMI-ZA, THÉÂTRE, KYOTO, JAPONBien que le bâtiment actuel date de 1929, un...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sat, 10 Oct 2026 17:06:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-operas-theatres-comptent-parmi-les-plus-beaux-du-monde</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1139932235.jpg?w=1600" length="1612496" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Situé au pied de l’Acropole, à Athènes, l’Odéon d’Hérode Atticus a été construit en l’an 161 apr. J.-C. Maintenant qu’il est fermé pour un vaste projet de restauration, intéressons-nous à d’autres théâtres prestigieux à travers le monde qui valent vraiment le détour, des merveilles historiques aux chefs-d’œuvre modernes.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5607765_0"><a href="https://www.kabukiweb.net" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">MINAMI-ZA, THÉÂTRE, KYOTO, JAPON</a></h2><p>Bien que le bâtiment actuel date de 1929, un théâtre se dresse à cet endroit depuis 1610, ce qui en fait le plus ancien théâtre du Japon. Largement considéré comme le premier théâtre kabuki (qui utilise le mime et la musique pour raconter des récits historiques), il se distingue par ses éléments spectaculaires, notamment son magnifique toit à pignon de style Momoyama et son <em>yagura</em> (tour de guet), tandis que l’intérieur est une explosion d’opulence, avec un hall d’entrée aux teintes vermillon et un plafond à caissons. Notre conseil ? Foncez au troisième étage : ce sont les places les moins chères, mais leur position en hauteur garantit une vue imprenable.</p><h2  id="header_5607767_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5607767_1"><a href="https://www.Teatroamazonas.com.br" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">TEATRO AMAZONAS</a>, OPÉRA, MANAUS, BRÉSIL</h2><p>Manaus, située sur les rives du Rio Negro, n’était pas l’endroit le plus facile d’accès lorsque ce théâtre fut inauguré en 1896. Cela ne semblait toutefois pas inquiéter les architectes, qui firent venir ses murs en acier de Glasgow, son marbre (utilisé pour l’escalier) et ses lustres d’Italie, ainsi que 36 000 tuiles de France, disposées de manière à former un drapeau brésilien sur le dôme du théâtre. Les références à la région sont également nombreuses, notamment le rideau, créé en 1894 et orné d’une représentation du Rio Negro, ainsi que le plancher en bois, constitué de 12 000 pièces de différentes essences amazoniennes assemblées sans colle. Aujourd’hui, le théâtre accueille divers événements et productions, ainsi qu’un festival annuel d’opéra. Des visites guidées d’une heure permettent d’admirer de plus près l’architecture remarquable du bâtiment.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5607767_2"><a href="https://www.palacio.inba.gob.mx" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">PALACIO BELLAS ARTES</a>, MEXICO CITY, MEXIQUE</h2><p>Voici un théâtre qui a défié tous les pronostics, n’ouvrant finalement ses portes qu’en 1934 après de longs retards causés par la Révolution mexicaine et la nécessité de renforcer sa structure en raison du sol meuble de Mexico. De style art nouveau à l’extérieur, son intérieur art déco intègre des masques mayas et des fresques du célèbre peintre mexicain Diego Rivera. Sa pièce maîtresse est son rideau, en réalité un panneau de 24 tonnes composé d’un million de morceaux de verre Tiffany aux reflets irisés, formant une représentation des volcans mexicains Popocatépetl et Iztaccíhuatl. Aujourd’hui, le théâtre accueille toutes sortes de spectacles, allant de l’opéra aux concerts symphoniques.</p><h2  id="header_5607769_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5607769_1"><a href="https://www.obecnidum.cz/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">MAISON MUNICIPALE</a>, PRAGUE, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE</h2><p>La salle Smetana est le théâtre situé au cœur de la Maison municipale, édifiée en 1905 comme un lieu polyvalent comprenant des salles de cérémonie, des espaces d’exposition et des restaurants. Des créateurs tchèques renommés, dont le dessinateur Max Švabinský et le sculpteur Ladislav Šaloun sont à l’origine de ce qui demeure le plus grand édifice art nouveau de Prague. Les éléments les plus somptueux de la salle Smetana incluent ses stucs finement travaillés, ses vitraux et mosaïques magnifiques, ainsi que son dôme en verre orné, tandis que des sculptures inspirées de Vyšehrad, un lieu issu des légendes tchèques, veillent sur la scène.</p><p>On peut y assister régulièrement à des représentations de grands classiques, dont les plus belles œuvres de Mozart et les <em>Quatre Saisons</em> de Vivaldi.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5607769_2"><a href="https://www.minack.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">THÉÂTRE MINACK</a>, ROYAUME-UNI</h2><p>Des colonnes romanesques ? Des gradins en pierre ? Minack Theatre, dans les Cornouailles, avec son style d’amphithéâtre, présente plus d’une ressemblance avec l’Odéon d’Hérode Atticus d’Athènes, malgré des cadres bien différents. Creusé dans les falaises de granit dominant la plage de Porthcurno, dans le sud-est de l’Angleterre, le Minack Theatre offre à ses spectateurs des aperçus réguliers de dauphins nageant au large, en plus de spectacles et de concerts prestigieux. Le théâtre est né de l’imagination de Rowena Cade qui, dans les années 1920, l’intégra à son jardin perché sur la falaise et permit à la troupe d’amateurs locale d’y jouer <em>La Tempête</em>. Aujourd’hui, des représentations s’y tiennent tout au long de l’année, les prochaines incluent <em>Hamlet</em> et <em>Le Chien des Baskerville</em>.</p><h2  id="header_5607771_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5607771_1"><a href="https://www.citizensoperahouse.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">CITIZENS OPERA HOUSE</a>, BOSTON, ÉTATS-UNIS</h2><p>Le Citizens Opera House fut conçu par le célèbre architecte de théâtre Thomas W. Lamb et construit en 1928. Lamb fut engagé par la vedette du vaudeville Edward F. Albee II, qui souhaitait ériger un théâtre servant également de mémorial à son ami Benjamin Franklin Keith. Aucun détail ne fut négligé : les moquettes sont des répliques de celles de la Bibliothèque du Congrès américain, et l’on y trouve une profusion de marbre de Carrare, d’or et de soie. Dans les années 1990, le bâtiment tomba en déshérence, ce qui entraîna une restauration de 54 millions de dollars (46 millions d'euros environ). Celle-ci comprit notamment l’application de deux kilogrammes de feuilles d’or et la restauration minutieuse des fresques du théâtre. Pas le temps d’assister à un spectacle ? Des visites historiques du bâtiment, incluant des visites des coulisses, permettent aux visiteurs de découvrir l’envers du décor. Elles sont proposées toute l’année, selon le principe du premier arrivé, premier servi.</p><h2  id="header_5607773_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5607773_1"><a href="https://www.icefestivalharbin.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">LE GRAND THEÂTRE DE HARBIN, </a>CHINE</h2><p>L’inspiration de ce théâtre à l’allure d’OVNI provient de la nature sauvage qui s’étend au-delà de la ville, donnant naissance à une structure moderne semblant avoir été modelée par le vent et l’eau. Le sol en marbre blanc du hall et les murs courbes immaculés évoquent les hivers enneigés de Harbin, tandis que l’escalier sculptural, qui se tord jusqu’au jardin sur le toit, s’inspire des pèlerins ayant gravi les cinq montagnes sacrées de Chine. Plus intime, l’auditorium principal se distingue par ses murs ondulants revêtus de frêne mandchou et percés d’espaces circulaires pour les sièges, conçus pour rappeler un bloc de bois lentement érodé.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5607773_2"><a href="https://www.drphillipscenter.org" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">STEINMETZ HALL</a>, ORLANDO, ÉTATS-UNIS</h2><p>Parmi les points forts de ce théâtre d’Orlando figurent les rampes en cuivre poli et les finissions en bois de cerisier, mais la décoration cache bien plus qu’il n’y paraît : chaque élément, des matériaux à la forme des sièges, a été pensé pour optimiser l’acoustique. La Steinmetz Hall, intégrée au Dr Phillips Center for the Performing Arts, « flotte » sur 400 coussins de caoutchouc et compte parmi les salles les plus avancées acoustiquement au monde, conçue pour atteindre la note acoustique N1, le seuil le plus bas de perception sonore humaine. « Le meilleur siège de la salle ? C’est le Grand Tier », affirme Spencer Tong, vice-président exécutif du théâtre. « C’est là que vous ressentirez pleinement la richesse et la réverbération du son, qui semble véritablement prendre vie. »</p><h2  id="header_5607773_3">&nbsp;</h2><h2  id="header_5607773_4"><a href="https://www.burgtheater.at" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">LE BURGTHEATER</a>, VIENNE, AUTRICHE</h2><p>Construit en 1888, le Burgtheater de style néo-renaissance est célèbre pour sa façade baroque, mais son intérieur est encore plus somptueux, abritant des sculptures d’Apollon et de Bacchus, ainsi que de Shakespeare et Goethe. On y trouve également plusieurs peintures de Gustav Klimt, dont le seul autoportrait subsistant de l’artiste autrichien. Ce fut l’un des premiers théâtres au monde à être doté d’un éclairage électrique, mais aussi d’une autre innovation remarquable. « Mon élément préféré est le système de ventilation et de chauffage, intégré dès la conception du bâtiment », explique le directeur Robert Beutler. « L’air est aspiré depuis la roseraie voisine par un tunnel souterrain, puis distribué sous les sièges jusque dans l’auditorium. L’air usé s’échappe ensuite par le lustre en cristal, muni d’une grille en laiton, sous la coupole. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Supprimer certains aliments peut favoriser l’apparition de nouvelles allergies</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/article-sante-nutrition-dietetique-regimes-exclusion-supprimer-certains-aliments-peut-favoriser-apparition-de-nouvelles-allergies</link><description><![CDATA[Les régimes d’exclusion sont partout. Des parents qui tentent de calmer les crises d’eczéma de leurs enfants aux influenceurs qui arrêtent de consommer du gluten et des produits laitiers à la poursuite du « clean eating ».Mais les chercheurs montrent qu’exclure des aliments de votre régime alimentaire peut subtilement changer votre réponse immunitaire lorsque que vous les consommez à nouveau....]]></description><category>Santé</category><pubDate>Sat, 10 Oct 2026 14:48:14 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/article-sante-nutrition-dietetique-regimes-exclusion-supprimer-certains-aliments-peut-favoriser-apparition-de-nouvelles-allergies</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/mm104572508060003_0.jpg?w=1600" length="226413" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les régimes d’exclusion sont partout. Des parents qui tentent de calmer les crises d’eczéma de leurs enfants aux influenceurs qui arrêtent de consommer du gluten et des produits laitiers à la poursuite du «&nbsp;clean eating&nbsp;».</p><p>Mais les chercheurs montrent qu’exclure des aliments de votre régime alimentaire peut subtilement changer votre réponse immunitaire lorsque que vous les consommez à nouveau. Chez certaines personnes, en particulier chez celles souffrant d’eczéma ou ayant eu des allergies alimentaires par le passé, cette perte de tolérance peut engendrer des réactions dangereuses, même des anaphylaxies, manifestations allergiques sévères pouvant être très graves, au moment de la réintroduction de l’aliment banni.</p><p>Ce risque est souvent négligé avec la popularité grandissante des régimes d’exclusion. Aux États-Unis par exemple, le <a href="https://www.cdc.gov/nchs/data/databriefs/db389-H.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Centre national de statistiques de santé des CDC</a> (Centers for Disease Control and Prevention, Centre de contrôle et de prévention des maladies) déclarent que les Américains suivent plus de ces régimes que jamais. Certains le font parce qu’ils sont cœliaques ou souffrent du syndrome du côlon irritable, d’autres pour réduire les ballonnements, la fatigue ou les douleurs articulaires. Les tendance sur les réseaux sociaux comme le #cleaneating, n’ont fait qu’intensifier l’attrait de tels régimes. En 2024, <a href="https://foodinsight.org/wp-content/uploads/2024/06/2024-IFIC-Food-Health-Survey.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plus de la moitié des Américains</a> ont confié suivre un régime particulier, contre 38&nbsp;% en 2019.</p><p>Cependant, pour le système immunitaire, une exposition régulière aux protéines alimentaires permet de maintenir un état de tolérance. Cet état peut être perturbé lorsque ces aliments disparaissent du menu pendant trop longtemps. Comprendre comment et pourquoi ce changement se produit est essentiel afin de savoir quand les régimes d’exclusion peuvent aider, et quand ils sont dangereux.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5605317_0">LA TOLÉRANCE ORALE ET LES ALLERGIES ALIMENTAIRES</h2><p>«&nbsp;Le rôle de l’intestin n’est pas enviable&nbsp;», déclare <a href="https://pedsresearch.org/people/faculty/brian-vickery" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Brian Vickery</a>, responsable du département d’allergies et d’immunologie et directeur du programme sur les allergies alimentaires au sein de l’hôpital pour enfants Emory d’Atlanta. «&nbsp;Il doit identifier et répondre à un déluge constant de stimuli environnementaux qui peuvent être à la fois dangereux et sains.&nbsp;»</p><p>Le tube digestif, qui contient plus de lymphocytes immunitaires qu’aucune autre partie du corps, est confronté à des centaines de milliards de microbes et à plus de 30&nbsp;kilogrammes de protéines alimentaires chaque année. Et pourtant, il parvient à se défendre contre des envahisseurs néfastes tout en ignorant les aliments qui ne présentent aucun danger et les bactéries bénéfiques.</p><p>Ce numéro d’équilibriste repose sur la tolérance orale, un procédé durant lequel les réponses immunitaires aux protéines alimentaires ingérées sont activement supprimées, ce qui enclenche les réactions néfastes, telles que les allergies alimentaires. Bien que l’on ne comprenne pas totalement les mécanismes immunitaires sous-jacents, <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5776674/pdf/nihms917466.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cette dernière étude</a> indique qu’ils commencent avec des cellules présentatrices d’antigène, qui capturent les antigènes alimentaires dans l’intestin et inhibent la réaction des lymphocytes T proches. Ce signal engendre des lymphocytes T régulateurs d’antigènes spécifiques, qui apaisent la réponse du système immunitaire aux protéines alimentaires.</p><p>«&nbsp;L’intestin est important à l’établissement initial de la tolérance&nbsp;», explique <a href="https://www.massgeneral.org/children/doctors/20196/michael-pistiner" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Michael Pistiner</a>, directeur du département des allergies alimentaires, de leur prévention, explication et traitement au sein de l’hôpital pour enfants MassGeneral. «&nbsp;Si vous n’êtes pas déjà allergique, une introduction précoce aux aliments peut aider à soutenir la tolérance chez les nourrissons et prévenir chez eux le développement d’allergies alimentaires.&nbsp;»</p><p>Cette protection ne disparaît pas au sortir de l’enfance. Une exposition continue et régulière aux aliments participe au maintien de la tolérance orale tout au long de la vie. <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9362513/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Des recherches récentes</a> ont été menées chez des patients souffrant d’allergies alimentaires suivant un traitement d’immunothérapie orale. Il s’agit d’un traitement au cours duquel des doses toujours plus grandes d'aliments allergènes sont consommées par voie orale. Ces études soulignent que l’ingestion continue est souvent nécessaire au maintien d’un état désensibilisé. Inversement, il existe des preuves que les régimes d’exclusion chez certains peuvent déstabiliser la tolérance orale et encourager le système immunitaire à développer des allergies.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5605317_1">QUAND LES RÉGIMES D’EXCLUSION PROVOQUENT DES ALLERGIES</h2><p>Pour les parents d’enfants souffrant d’eczéma, il est commun de suspecter que certains aliments empirent les crises. Beaucoup se tournent vers les régimes d’exclusion avec l’espoir de découvrir l’aliment responsable. Mais des <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4789144/pdf/nihms717242.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">études</a> ont révélé un risque caché. <a href="https://www.pediatrics.wisc.edu/staff/marie-singh-anne/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Anne Marie Singh</a>, professeure et cheffe de la division des allergies, d’immunologie et de rhumatologie de l’université Wisconsin-Madison, et ses collègues, ont évalué environ 300&nbsp;enfants souffrant d’eczéma et suivant un régime d’exclusion.</p><p>«&nbsp;Nous avons découvert que, si l’on supprimait l’aliment de leur régime, sa réintroduction provoquait une augmentation significative des risques de réactions allergiques, y compris des réactions immédiates et potentiellement sévères&nbsp;», explique la scientifique. Les résultats étaient sans conteste&nbsp;: près d’un enfant sur cinq (soit 19&nbsp;%) développait de nouvelles réactions allergiques immédiates lorsque les aliments exclus étaient réintroduits, même s’il n’avait aucun historique de telles réponses immunitaires. La plupart étaient bénignes, mais un pourcentage alarmant de 30&nbsp;% des réactions étaient sévères et classifiées d’anaphylaxies.</p><p>Le danger n’est pas restreint aux enfants. <a href="https://www.annallergy.org/article/S1081-1206(18)30298-9/abstract" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Au cours d’une étude séparée</a> menée sur trente&nbsp;adultes qui avaient développé des allergies alimentaires à des aliments qu’ils toléraient par le passé, 70&nbsp;% suivaient des régimes d’exclusion au préalable. La moitié expérimentait des anaphylaxies, et la grande majorité d’entre eux (80&nbsp;%) souffrait d’allergies préexistantes&nbsp;: allergies environnementales, asthme ou eczéma. Pour les patients sans historique allergique, le risque était beaucoup plus faible.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5605317_2">CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT DE SUIVRE UN RÉGIME D’EXCLUSION</h2><p>Si vous pensez commencer un régime d’exclusion, les experts expliquent que l’approche la moins risquée dépend de votre niveau de risque. Si vous êtes une personne rentrant dans une catégorie à risque (enfant ou allergies préexistantes), consultez un professionnel de santé avant de commencer ce régime.</p><p>«&nbsp;Plus vous êtes allergique, plus un régime d’exclusion pourrait poser un problème », explique Anne Marie Singh. Michael Pistiner ajoute que «&nbsp;chez les nourrissons souffrant d’eczéma, les régimes d’exclusion peuvent être néfastes, surtout lors de cette période importante de leur vie, au moment de la diversification&nbsp;». Les experts recommandent également que les enfants suivant des régimes d’exclusion soient suivis de près par des médecins afin d’assurer une adéquation nutritionnelle et une croissance normale.</p><p>La durée est également importante. Une phase d’exclusion plus courte laisse moins de temps à la tolérance orale de disparaître. Anne Marie Singh fait remarquer que «&nbsp;deux à quatre semaines d’exclusion pourraient être suffisantes pour observer une réelle différence, tout en étant assez court pour ne pas risquer de réaction allergique à la réintroduction de l’aliment&nbsp;».</p><p>Dans certains cas, exclure totalement un aliment n’est pas nécessaire. Si les symptômes sont modérés, conserver une petite proportion tolérable de l’aliment dans son alimentation peut aider à maintenir la tolérance tout en apaisant l’inconfort, ajoute Anne Marie Singh.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ce serpent grimpe aux arbres à la verticale et... il vole</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/video-reptiles-insolite-ce-serpent-grimpe-aux-arbres-a-la-verticale-et-il-vole</link><category>Animaux</category><pubDate>Sat, 10 Oct 2026 14:17:41 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/video-reptiles-insolite-ce-serpent-grimpe-aux-arbres-a-la-verticale-et-il-vole</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11001936_img.jpg?w=1600" length="124457" type="image/jpeg"/></item><item><title>Les troubles du comportement alimentaire sont en hausse chez les femmes ménopausées</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-mentale-physique-medecine-les-troubles-du-comportement-alimentaire-sont-en-hausse-chez-les-femmes-menopausees</link><description><![CDATA[Les troubles du comportement alimentaire (ou TCA) sont en hausse chez les femmes de plus de quarante ans, mais personne n’en parle.Les médecins et les spécialistes confient avoir remarqué une certaine augmentation de femmes âgées de quarante à soixante-dix ans qui cherchent de l’aide à cause de troubles de l’alimentation. Et comme ces femmes ne correspondent pas au stéréotype d’une personne...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Sat, 10 Oct 2026 07:31:11 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-mentale-physique-medecine-les-troubles-du-comportement-alimentaire-sont-en-hausse-chez-les-femmes-menopausees</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-647333153_0.jpg?w=1600" length="166822" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les troubles du comportement alimentaire (ou TCA) sont en hausse chez les femmes de plus de quarante ans, mais personne n’en parle.</p><p>Les médecins et les spécialistes confient avoir remarqué une certaine augmentation de femmes âgées de quarante à soixante-dix&nbsp;ans qui cherchent de l’aide à cause de troubles de l’alimentation. Et comme ces femmes ne correspondent pas au stéréotype d’une personne souffrant de TCA, elles sont souvent victimes de mauvais diagnostics ou d’une prise en charge tardive.</p><p>«&nbsp;Rien n’est plus invalidant que votre médecin qui vous dit que vous être trop vieille pour avoir des TCA&nbsp;», déplore Cynthia Bulik, directrice et fondatrice du Centre des troubles du comportement alimentaire de l’université de Caroline du Nord. «&nbsp;Et pourtant, c’est le vécu d’innombrables femmes en périménopause.&nbsp;»</p><p>Ces observations ne sont pas simples à quantifier. <a href="https://journals.lww.com/co-psychiatry/fulltext/2023/11000/update_on_the_epidemiology_and_treatment_of_eating.2.aspx" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Certaines études estiment</a> qu’entre 2 et 7&nbsp;% des femmes de plus de quarante&nbsp;ans correspondent aux critères de diagnostic formel d’un trouble du comportement alimentaire. D’autres recherches <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3459309/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">suggèrent que 13&nbsp;% des femmes</a> de plus de cinquante&nbsp;ans bataillent contre certaines formes de troubles liés à l’alimentation. Et <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36728103/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">encore d’autres recherches</a> montrent que ces nombres pourraient n’être que la face visible de l’iceberg car «&nbsp;près de 30&nbsp;% des femmes d’âge moyen pourraient présenter des symptômes de TCA&nbsp;», explique Elizabeth Wassenaar, spécialiste certifiée des troubles de l’alimentation et directrice médicale régionale du Centre de traitement des TCA du Colorado. «&nbsp;Et nous avons sans conteste observé une augmentation.&nbsp;»</p><p>L’hyperphagie incontrôlée est <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9974637/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’un des troubles les plus prévalents</a> chez les femmes âgées de quarante à soixante&nbsp;ans, suivie par une boulimie nerveuse. «&nbsp;Et nous observons également de plus en plus de comportement de “purge” moins discutés, comme un mauvais usage des laxatifs dans cette tranche d’âge&nbsp;», ajoute Jason Nagata, médecin spécialiste des TCA au sein de l’hôpital pour enfants Benioff de l’université californienne de San Francisco.</p><p>Les femmes d'une quarantaine d'années peuvent également souffrir d’anorexie nerveuse, bien que ce soit beaucoup plus rare, ainsi que d’une affliction moins connue, l’orthorexie. Il s’agit de comportements obsessifs qui tournent autour de l’exercice physique et de manger des aliments «&nbsp;sains&nbsp;». Ce mal est parfois spécifiquement associé à la périménopause, explique Elizabeth Wassenaar, et peut «&nbsp;dans les faits, mener à une malnutrition&nbsp;».</p><p>Effectivement, les symptômes de la <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-des-femmes-les-complements-alimentaires-peuvent-ils-vraiment-aider-a-traverser-la-premenopause">périménopause</a> et de la ménopause sont souvent au cœur de tous les diagnostics des TCA de milieu de vie car toutes deux introduisent une cascade de changements physiologiques et psychologiques qui s'entrelacent de manière complexe.</p><h2   id="header_5603590_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5603590_1">LES HORMONES PRODUISENT UN CHANGEMENT DANS LA COMPOSITION CORPORELLE</h2><p>La ménopause peut conduire à des TCA de la même façon que la puberté affecte les adolescentes. «&nbsp;La puberté et la ménopause sont, respectivement, le début et la fin du livre métabolique de la vie&nbsp;», explique Cynthia Bulik.</p><p>Au cours de la puberté, comme au cours de la ménopause, les femmes vivent de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9974637/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">longues fluctuations</a> de leurs taux d’œstrogène. Cette hormone joue un rôle crucial dans la production de sérotonine, un neurotransmetteur qui affecte l’humeur. Ces changements peuvent <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4449495/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">jouer sur le bonheur d’une personne et les sentiments d’amour-propre</a>. Et ils affectent directement la composition corporelle.</p><p>Durant la périménopause et la ménopause, les femmes remarquent souvent une augmentation de la masse graisseuse de tout leur corps, surtout au niveau de l’abdomen&nbsp;», explique Jason Nagata. «&nbsp;C’est <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10045924/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en grande partie dû à la base des niveaux d’œstrogènes</a>, qui affectent le stockage des graisses du corps et qui régule l’appétit et l’humeur.&nbsp;»</p><p>La baisse des taux d’œstrogènes <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18332882/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">est également liée</a> à une diminution du métabolisme de base, la quantité d’énergie consommée par notre corps au repos&nbsp;: le corps brûle moins de calories par jour. Ces changements hormonaux peuvent également mener à la sarcopénie, un mal qui conduit à une perte musculaire et un stockage accru des graisses.</p><p>Ces deux changements peuvent également baisser les niveaux d’énergie. On devient moins active et donc encore moins satisfaire de son corps en pleine évolution.</p><h2   id="header_5603590_2">&nbsp;</h2><h2   id="header_5603590_3">REGAGNER UNE IMPRESSION DE CONTRÔLE</h2><p>Au-delà des fluctuations hormonales, la ménopause <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21229427/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">survient souvent durant des perturbations importantes</a> au cours de la vie&nbsp;: des enfants qui quittent le foyer, des problèmes de couple ou un divorce, un changement de carrière ou des parents qui demandent des soins. Autant de perturbations <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3340014/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">qui exercent une influence profonde</a> sur les choix diététiques.</p><p>De plus, «&nbsp;les femmes en milieu de vie portent le plus gros des fardeaux familiaux&nbsp;», intervient Robyn Kievit, infirmière praticienne et spécialiste certifiée en TCA du Massachussetts. Toutes ces pressions peuvent pousser au développement de TCA pour «&nbsp;retrouver un contrôle que l’on a perdu&nbsp;», explique Elizabeth Wassenaar.</p><p>Ce désir de chercher à regagner une forme de pouvoir et de prédictibilité «&nbsp;est <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4853853/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un moteur psychologique connu des TCA</a> dans toutes les tranches d’âge mais particulièrement observé en milieu de vie&nbsp;», ajoute Jason Nagata.</p><p>Ainsi que l’a dit une patiente à des chercheurs dans le cadre d’<a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1440-1800.2009.00436.x" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">une étude menée en 2009</a>&nbsp;: «&nbsp;Contrôler ce que je mangeais était une façon de contrôler au moins une partie de ma vie […]. J’avais l’impression que si je pouvais contrôler ce qui entrait et ce qui sortait, l’exercice que je faisais, alors je pourrais contrôler d’autres aspects de ma vie.&nbsp;»</p><h2   id="header_5603590_4">&nbsp;</h2><h2   id="header_5603590_5">LES PRESSIONS DU «&nbsp;SKINNYTOK&nbsp;» ET DE LA SOCIÉTÉ</h2><p>De tels facteurs coïncident avec une double contrainte à laquelle les femmes sont souvent confrontées&nbsp;: la pression culturelle de rester fine et jeune dans un corps vieillissant qui, par nature, s’éloigne des proportions idéalisées par les médias. Les pressions sont fortes&nbsp;: <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s11920-019-1057-5" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les recherches montrent que 73&nbsp;%</a> des femmes d’âge moyen confient ne pas être satisfaites de leur poids. Cela montre clairement que ces troubles ne sont pas simplement personnels, ils sont systémiques.</p><p>Cette dynamique n’a fait que s’intensifier avec l’apparition de médicaments faisant prétendument perdre du poids, comme l’Ozempic, ou des régimes néfastes que les tendances sur les réseaux sociaux promeuvent, comme le #SkinnyTok. «&nbsp;Demander à une femme de quarante-cinq à cinquante-cinq ans de porter la même taille de vêtements qu’à quinze, vingt, ou même trente&nbsp;ans, est une aberration&nbsp;», déclare Robyn Kievit.</p><p>Après tout, les femmes en périménopause ou en ménopause vivront avec certitude des «&nbsp;changements de forme, de répartition du poids, de texture de cheveux, de densité osseuse et plus encore&nbsp;», explique Cynthia Bulik. Cette combinaison de changements peut souvent pousser les femmes «&nbsp;à se sentir de plus en plus déconnectées du corps qu’elles avaient l’habitude de connaître&nbsp;; et cela ne fait qu’intensifier les TCA comme moyen de défense&nbsp;», ajoute Jason Nagata.</p><h2   id="header_5603594_0">UN HISTORIQUE DE TCA, D’ANXIÉTÉ ET DE DÉPRESSION</h2><p>Les femmes qui ont déjà souffert de TCA au cours de leur adolescence ou de leur vingtaine sont les plus susceptibles de rechuter lors de la ménopause, au moment où ces sentiments d’insatisfaction corporelle ou de bouleversements émotionnels refont surface. En effet, «&nbsp;<a href="https://www.uhhospitals.org/blog/articles/2023/04/eating-disorders-an-emerging-concern-for-women-in-midlife" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les recherches montrent</a> que de nombreuses femmes souffrant de TCA au milieu de leur vie n’en souffrent pas pour la première fois&nbsp;», explique Jason Nagata.</p><p>Jennifer Wildes, directrice du programme de TCA à l’université de médecine de Chicago, explique que c’est un schéma qu’elle a déjà observé chez ses patientes&nbsp;: «&nbsp;Certaines n’avaient jamais été traitées ou bien leurs symptômes s’étaient estompés, tout cela pour revenir avec la ménopause.&nbsp;»</p><p>Parfois, d’autres conditions préexistantes de santé mentale peuvent également jouer un rôle, comme l’anxiété ou la dépression. <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7967486/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ces défis sont des moteurs</a> de TCA avérés et empirent leurs symptômes.</p><p>«&nbsp;Les TCA sont des maladies biologiques complexes qui impliquent notre santé mentale et qui peuvent survenir en même temps que des abus de substances et d’autres diagnostics de maladies mentales&nbsp;», explique Doreen Marshall, psychologue et directrice générale de l’Association nationale des TCA aux États-Unis.</p><h2   id="header_5603594_1">&nbsp;</h2><h2   id="header_5603594_2">COMMENT RECONNAÎTRE ET SE REMETTRE DE SES TCA</h2><p>Peu importe ce qui les provoque, le traitement des TCA chez les femmes en périménopause et en ménopause est un défi. Et le plus grand est d’admettre qu’on en souffre. Cela peut s’avérer être une tâche ardue, surtout que les TCA peuvent être masqués par des régimes, des tendances de bien-être ou tout simplement des signes de vieillissement.</p><p>Bien qu’il existe des moyens sains de perdre du poids, en suivant des recommandations médicales, il existe plusieurs signaux d’alarme. Une intense préoccupation de ce que l’on mange et de son poids. Des détox ou des «&nbsp;purges&nbsp;» fréquentes. Des restrictions caloriques extrêmes. Le fait d’éviter des situations sociales impliquant des repas, ou d’avoir recours à des mesures compensatoires après avoir mangé, comme l’exercice, l’usage de laxatif, <a href="https://www.vox.com/science/23902073/chew-and-spit-eating-disorder-prevalance-harms-how-to-help" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">se faire vomir</a> ou manquer les repas qui suivent.</p><p>Savoir reconnaître ces signes est essentiel car «&nbsp;les TCA traités dans les six premiers mois ont le plus de chances de mener à un rétablissement complet&nbsp;», affirme Robyn Kievit.</p><p>Cependant, beaucoup de personnes pensent que les TCA ne sont qu’une «&nbsp;phase&nbsp;» dont on sortira avec le temps. «&nbsp;C’est un mythe que de penser que les troubles alimentaires se résolvent d’eux-mêmes&nbsp;», déclare Cynthia Bulik. «&nbsp;Les TCA ne sont ni des choix ni des phases. Ce sont des maladies sérieuses qui requièrent de l’attention.&nbsp;»</p><p>La bonne nouvelle, c’est qu’une fois les TCA identifiés et diagnostiqués, les traitements fondés sur des bases factuelles peuvent être très efficaces, et il existe un large éventail de psychothérapies. «&nbsp;Il y a toutes les raisons de croire que si les femmes ménopausées ont accès à un traitement, leur condition s’améliorera&nbsp;», affirme Jennifer Wildes.</p><p>Les femmes d'une quarantaine ou d'une cinquantaine d'années qui souffrent de TCA peuvent se tourner vers des psychologues certifiés, des diététiciens, des membres du corps médical et des organisations comme la <a href="https://www.fna-tca.org/presentation" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Fédération nationale des associations liées aux troubles des conduites alimentaires</a>, la <a href="https://www.ffab.fr/#:~:text=FFAB%20%2D%20F%C3%A9d%C3%A9ration%20Fran%C3%A7aise%20Anorexie%20Boulimie,troubles%20des%20conduites%20alimentaires%20(TCA)&amp;text=La%20F%C3%A9d%C3%A9ration%20Fran%C3%A7aise%20Anorexie%20Boulimie,des%20conduites%20alimentaires%20(TCA)." target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Fédération française anorexie boulimie</a>, le <a href="https://www.reseautca-idf.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Réseau TCA Francilien</a> ou la <a href="https://www.fondationsandrinecastellotti.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Fondation Sandrine Catellotti</a>.</p><p>Peu importe vers qui vous vous tournez pour trouver de l’aide, Elizabeth Wassenaar insiste sur le besoin d’en chercher le plus tôt possible. «&nbsp;Il n’est jamais trop tard pour se faire traiter pour des TCA, ni pour développer une relation saine avec votre corps&nbsp;», affirme-t-elle. «&nbsp;Qu’il s’agisse de la première fois que vous souffrez de TCA ou que vous viviez avec depuis des années, il est temps pour vous de trouver de l’aide.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Comment scroller à l'infini affecte votre cerveau</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/psychologie-cognitive-sciences-technologies-comment-scroller-a-infini-affecte-votre-cerveau</link><description><![CDATA[La première fois que Roxane Cohen Silver a constaté l'impact psychologique négatif des médias, c'était en 1999. Elle s'était rendue à Littleton, dans le Colorado, pour mener des recherches sur la fusillade de Columbine et avait observé une tendance alarmante : les parents et les élèves du lycée frappé par la fusillade avaient, pour la plupart, bien du mal à affronter les journalistes qui les...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Fri, 09 Oct 2026 17:26:05 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/psychologie-cognitive-sciences-technologies-comment-scroller-a-infini-affecte-votre-cerveau</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/f0437598amygdalaillustration.jpg?w=1600" length="1104582" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La première fois que Roxane Cohen Silver a constaté l'impact psychologique négatif des médias, c'était en 1999. Elle s'était rendue à Littleton, dans le Colorado, pour mener des recherches sur la fusillade de Columbine et avait observé une tendance alarmante&nbsp;: les parents et les élèves du lycée frappé par la fusillade avaient, pour la plupart, bien du mal à affronter les journalistes qui les interrogeaient et les filmaient, quelques heures à peine après la tragédie.</p><p>Quelques années plus tard, c'est avec les attaques du 11&nbsp;septembre&nbsp;2001 que la <a href="https://faculty.sites.uci.edu/rsilver/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">professeure de psychologie</a>, de médecine et de santé publique au sein de l'université d'État de Californie, à Irvine, a commencé à réaliser à quel point les médias pouvaient être néfastes. Après avoir&nbsp;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23907546/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">suivi</a> plusieurs sujets pendant trois ans, elle a découvert que plus ces personnes se tenaient informées au sujet des attaques terroristes, plus elles étaient susceptibles de signaler des problèmes de santé mentale et physique au fil du temps.</p><p>Vingt ans plus tard, il est désormais&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41562-020-00981-x" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">clair</a> que les cascades de mauvaises nouvelles peuvent perturber la réponse au stress de notre organisme et entraîner une série de problèmes psychologiques dans les jours, les semaines, les mois et même les années qui suivent. Voici les mécanismes à l'œuvre derrière ce phénomène.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5606462_0">L'ACTUALITÉ STIMULE VOTRE RÉPONSE AU STRESS</h2><p>L'humain est conditionné pour&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S245195882400071X?via%25253Dihub" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">rester attentif aux menaces</a>, indique&nbsp;<a href="https://urldefense.com/v3/__https:/faculty.uci.edu/profile/?facultyId=5441__;!!OLgoXmg!ROhtUWDIJ0GU3LcXKx9E02l-d7Upy0j09dHdhTzT-_DXD3InhfPqS2Kp6L8VshIn0_z0K-WCQuIQhHx5ELI$" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">E. Alison Holman</a>, psychologue et collègue de Roxane Cohen Silver à l'UC Irvine. Quelques milliers d'années en arrière, cette vigilance nous permettait de survivre face à des prédateurs comme les ours ou les lions des montagnes. De nos jours, ce même instinct est stimulé par les gros titres sensationnels.</p><p>Lorsque vous percevez une menace, qu'elle soit réelle ou à travers un écran, votre&nbsp;<a href="https://mhanational.org/resources/negative-news-coverage-and-mental-health/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réponse combat-fuite</a> s'active et votre organisme libère du cortisol et de l'adrénaline, deux hormones qui vous fournissent l'énergie et l'acuité mentale nécessaires pour affronter ladite menace.</p><p>Une fois la menace disparue, votre corps retourne à la normale. En cas d'exposition répétée, le système reste activé en permanence, explique&nbsp;<a href="https://neuroscience.ufl.edu/profile/nixon-sara/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sara Jo Nixon</a>, professeure de psychiatrie et de psychologie à l'University of Florida College of Medicine. Avec le temps, cette activation permanente use le mécanisme et&nbsp;perturbe à la fois la réponse au stress et le système de&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213158219304206" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">récompense</a> du cerveau.</p><p>Les effets se font ressentir dans notre vie quotidienne. Nous perdons de l'intérêt pour ce qui nous procurait du plaisir, comme nos loisirs ou nos amis, poursuit Nixon, et nous nous sentons progressivement plus&nbsp;<a href="https://mcpress.mayoclinic.org/mental-health/constant-coverage-of-scary-news-events-can-overwhelm-the-body/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">fatigués</a>, désespérés, anxieux. «&nbsp;Cela peut grandement affecter votre qualité de vie et vos capacités fonctionnelles&nbsp;», indique la scientifique.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5606462_1">DE L'ÉCRAN AUX SYMPTÔMES DE STRESS POST-TRAUMATIQUE</h2><p>Après son étude sur le 11&nbsp;septembre,&nbsp;Roxane Cohen <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24324161/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Silver s'est intéressée</a> aux effets de l'attentat à la bombe du marathon de Boston en 2013. Entretemps, les&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2318465121" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réseaux sociaux</a> s'étaient démocratisés et les images gores de membres arrachés avaient soudainement fait irruption dans l'esprit de la population. «&nbsp;On n'avait jamais vu cela auparavant&nbsp;», se souvient Roxane Cohen Silver. Contrairement aux journaux et aux bulletins d'information traditionnels, le contenu partagé sur les réseaux sociaux est rarement inquiété par une quelconque ligne éditoriale. En d'autres termes, tout y passe.</p><p>En étudiant cet attentat à la bombe, Roxane Cohen Silver et E. Alison Holman ont découvert deux tendances majeures. Premièrement, les personnes exposées à ces&nbsp;<a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2167702619858300" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">images violentes</a> étaient plus susceptibles de signaler des symptômes de stress post-traumatique, comme des cauchemars, une hypervigilance ou un émoussement affectif, dans les six mois suivant le drame.</p><p>Deuxièmement, les individus qui avaient consommé plus de&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3890785/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">six heures</a> de médias par jour signalaient davantage de symptômes psychologiques aigus, comme des rêves indésirables, des troubles du sommeil ou des souvenirs intrusifs, que les personnes présentes lors de l'événement. «&nbsp;C'est ce qui nous a le plus frappé dans ces découvertes&nbsp;: les personnes qui étaient sur le site de l'attentat présentaient un stress inférieur à celles qui avaient consommé une quantité excessive de médias&nbsp;», indique Holman.</p><p>Les études menées sur d'autres événements dramatiques, comme la&nbsp;pandémie de COVID-19, la&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1054139X19301648%23sec9" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">violence raciale</a>, les&nbsp;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2793482" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ouragans</a>, les&nbsp;<a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/pcn.13095" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">épidémies du virus Ebola</a> ou le tsunami au Japon, ont également constaté que lorsque des individus étaient exposés à des&nbsp;<a href="https://mental.jmir.org/2022/5/e36966/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">nouvelles</a> bouleversantes, leur niveau de stress grimpait en flèche et leur bien-être en souffrait, à la fois&nbsp;<a href="https://mental.jmir.org/2022/5/e36966/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">sur l'instant</a> et ultérieurement.</p><p><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3890785/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">L'exposition répétée</a> plonge également le cerveau dans une boucle de rumination, comme l'ont constaté&nbsp;Roxane Cohen <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3890785/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Silver et son équipe</a>. Chaque titre ou image difficile&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3890785/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réactive le trauma</a> et force le cerveau à vivre et revivre la même séquence. Pour ceux qui ont vu la bombe exploser, l'événement traumatisant a pris fin en quittant la scène. Pour ceux qui ont vécu en boucle la scène à travers leurs écrans, le&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3890785/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">traumatisme continuait d'être réactivé</a>.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5606462_2">PIÉGÉS PAR UN FLOT CONSTANT DE MAUVAISES NOUVELLES</h2><p>Après l'attentat à la bombe du marathon de Boston, une question intriguait Roxane Cohen Silver&nbsp;: qui est le plus susceptible de se tourner vers les médias pendant un événement traumatique&nbsp;? Pour y répondre, elle a&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6469939/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étudié</a> la fusillade du 12&nbsp;juin&nbsp;2016 à Orlando, en Floride, qui avait frappé la boîte de nuit le Pulse. Leurs résultats ont révélé l'existence d'un&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2318465121" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cercle vicieux</a>&nbsp;: une&nbsp;<a href="https://www.researchgate.net/profile/David-Adler-3/publication/376114906_Addressing_the_Increasing_Mental_Health_Distress_and_Mental_Illness_Among_Young_Adults_in_the_United_States/links/67bb469bf5cb8f70d5bd5de4/Addressing-the-Increasing-Mental-Health-Distress-and-Mental-Illness-Among-Young-Adults-in-the-United-States.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">personne voit passer une histoire bouleversante</a>, ressent du stress, clique sur d'autres titres similaires et ressent encore plus de stress, résume Roxane Cohen Silver.</p><p>De manière générale, ce cercle affecte tout le monde, mais le risque d'être absorbé est encore plus grand pour les personnes qui&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-33898-2" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">s'identifient</a> aux victimes ou sont déjà sujettes à la peur et à l'anxiété. Par la suite, avec&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6469939/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l'intention</a> d'atténuer leur anxiété, ces personnes deviennent hyper-vigilantes face aux potentielles menaces. «&nbsp;Vous commencez à vous inquiéter en permanence des malheurs qui pourraient survenir à nouveau&nbsp;», indique E. Alison Holman.</p><p>Cela augmente la probabilité d'aller directement trouver refuge dans les médias lors de la prochaine catastrophe et d'être à nouveau aspiré dans le cycle, reprend Roxane Cohen Silver. «&nbsp;C'est un cycle dont il est presque impossible de s'échapper&nbsp;», déclare-t-elle. Vous le connaissez peut-être sous le nom de&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S245195882400071X?via=ihub" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">doomscrolling</a>, ou de&nbsp;<a href="https://www.culture.fr/franceterme/terme/SANT290" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">défilement anxiogène</a> dans sa version française.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5606462_3">ACCUMULATION DE STRESS</h2><p>Depuis le début des recherches de Roxane Cohen Silver, le&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41562-020-00981-x" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">paysage médiatique s'est transformé</a>. De nos jours, un flot constant d'informations défile sur nos téléphones, délivrant à toute heure son lot de mauvaises nouvelles. Sur les réseaux sociaux, les images se montrent plus explicites que jamais, indique E. Alison Holman, et les&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2318465121" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">algorithmes</a> veillent à nous exposer toujours plus au même contenu.</p><p>L'année 2020 nous a montré tout le mal que pouvaient infliger les&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2318465121" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cycles sans fin de mauvaises nouvelles</a>. Il y a eu la pandémie, une récession économique, des&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1054139X19301648%23sec9" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">émeutes raciales</a> et des catastrophes climatiques. Les dernières années n'ont pas été bien différentes&nbsp;: les guerres à Gaza et en Ukraine, l'instabilité politique, les inondations et les ouragans ont piégé les audiences dans une série de crises interminable.</p><p>«&nbsp;Lorsque les événements se produisent à la chaîne, votre corps n'a plus le temps de reprendre le contrôle&nbsp;», déclare E. Alison Holman. Les&nbsp;<a href="https://www.frontiersin.org/journals/psychiatry/articles/10.3389/fpsyt.2021.674263/full" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">preuves</a> sont indéniables, cette diffusion de traumatismes multiples à travers une multitude de plateformes nuit à notre bien-être psychologique.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5606462_4">COMMENT CONSOMMER RAISONNABLEMENT L'ACTUALITÉ</h2><p>Naviguer dans l'actualité sans se laisser submerger peut sembler impossible, mais les chercheurs donnent quelques pistes simples pour affronter l'agitation en toute sérénité.</p><p>E. Alison Holman recommande tout d'abord de prendre une grande inspiration avant de dégainer son téléphone ou d'allumer la télévision. Soyez attentifs à vos émotions. Puis, alors que l'information défile sous vos yeux, continuez à respirer profondément, cela vous aidera à rester détendu et connecté à votre corps pour mieux détecter ses réactions. Si votre corps se tend, votre rythme cardiaque s'accélère ou vos épaules se resserrent, faites une pause. Ces signes indiquent que l'actualité déclenche votre réaction au stress et qu'il est temps de prendre vos distances.</p><p>Le seuil est différent pour chacun de nous&nbsp;; certains peuvent endurer 15&nbsp;à 20&nbsp;minutes de défilement, alors que d'autres ne dépassent pas les cinq minutes. «&nbsp;Vous devez établir votre propre seuil&nbsp;», indique E. Alison Holman. Évitez de fureter sur votre téléphone pendant la journée, ajoute-t-elle. Choisissez plutôt un ou deux créneaux pour consulter l'actualité et utilisez un minuteur. «&nbsp;Votre corps et votre cerveau ont besoin de pauses&nbsp;», recommande Nixon.</p><p>Enfin, suivez l'exemple donné par Roxane Cohen Silver, qui évite à tout prix les images explicites, car elle ne connaît que trop bien leurs effets destructeurs. Par exemple, lorsqu'elle lit un article sur Gaza, elle cache de sa main les images bouleversantes. De cette façon, elle se tient à la page de l'actualité internationale tout en se protégeant de son impact psychologique. «&nbsp;Je prends mes recherches très au sérieux dans ma vie personnelle&nbsp;», conclut-elle.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Prix Nobel : entre secrets et géopolitique</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-prix-nobel-entre-secrets-et-geopolitique</link><description><![CDATA[La seule mention des Prix Nobel renvoie à l'image de scientifiques passionnés et inspirés, des exemples d'humanité et des auteurs méditatifs. Les prix, très respectés, ont construit à travers le temps un enchevêtrement de traditions et de révérences, en partie grâce au secret qui entoure les délibérations et le processus de sélection.Pensés pour distinguer des scientifiques, des artistes et des...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 09 Oct 2026 14:46:55 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-prix-nobel-entre-secrets-et-geopolitique</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/02-nobel-prize-GettyImages-158095983.jpg?w=1600" length="787507" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La seule mention des Prix Nobel renvoie à l'image de scientifiques passionnés et inspirés, des exemples d'humanité et des auteurs méditatifs. Les prix, très respectés, ont construit à travers le&nbsp;temps un enchevêtrement de traditions et de révérences, en partie grâce au secret qui entoure les délibérations et le processus de sélection.</p><p>Pensés pour distinguer des scientifiques, des artistes et des diplomates dont les travaux avaient un effet positif sur l'ensemble de l'humanité, les Prix Nobel ont été créés&nbsp;à la demande&nbsp;de l'inventeur et entrepreneur suédois&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/alfred_nobel/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Alfred Nobel</a>&nbsp;en 1895. Bien que Nobel n'ait pas distinctement défini les catégories des Prix avant sa mort, il est de notoriété publique qu'il s'intéressait à la physique, à la chimie, à la médecine et à la littérature - quatre des cinq disciplines originales.</p><p>La cinquième, le Prix Nobel de la paix, aurait été inspiré par son amitié avec la pacifiste autrichienne Bertha von Suttner. Un sixième prix, récompensant l'économie, a été créé par la Banque Nationale de Suède en 1968.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_788401_0"><strong>UN PROCESSUS DE SÉLECTION SOUS LE SCEAU DU SECRET</strong></h2><p>Les membres du comité de sélection et d'élection des récipiendaires doivent se plier à des règles de secret et de discrétion particulièrement strictes. À l'origine, le processus devait rester à jamais secret. C'est du moins ce qu'explique&nbsp;Gustav Källstrand, conservateur du musée Nobel à&nbsp;Stockholm et expert de l'histoire de ces prix. Le processus de sélection doit à présent observer une réserve de "seulement" 50 ans.</p><p>Une adhésion stricte aux règles a donné lieu à de curieuses situations. Par exemple, malgré l'obligation de récompenser uniquement des récipiendaires vivants, l'immunologiste canadien&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/laureates/2011/steinman-bio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Ralph M. Steinman</a>&nbsp;s'est vu décerner le Prix Nobel de médecine à titre posthume en 2011.</p><p>Le comité de sélection savait que Steinman souffrait d'un cancer du pancréas mais les délibérations étant placées sous le sceau du secret, il leur était impossible de le contacter pour prendre des nouvelles de sa santé, raconte&nbsp;Gustav Källstrand.</p><p>Le Prix a été annoncé un mardi. Steinman était mort trois jours avant. Mais comme il était encore en vie quand la décision a été prise, le prix lui est revenu de droit.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_788411_0"><strong>LES NOBELS ET LE IIIe REICH</strong></h2><p>L'Allemagne nazie a elle aussi causé nombre de problèmes liés aux nominations - et a même donné lieu à une nomination d'Hitler au Prix Nobel de la paix !</p><p>En 1939, le Premier Ministre britannique&nbsp;Neville Chamberlain était en lice pour la médaille de la paix pour son rôle dans la négociation des Accords de Munich, qui cédaient une partie de la Tchécoslovaquie à l'Allemagne. En protestation, 12 membres du Parlement suédois ont soumis le nom d'Hitler pour le Prix, estimant que si le nom de Chamberlain pouvait être soumis pour avoir empêché Hitler de partir en guerre, alors celui d'Hitler pouvait l'être aussi pour n'avoir pas déclenché la guerre.&nbsp;</p><p>« La plupart des gens n'ont pas saisi l'ironie de cette nomination, » explique Källstrand. La nomination a été écartée par le comité.</p><p>La guerre a ensuite éclaté et Hitler a forcé trois scientifiques allemands à renoncer à leur Prix durant la Seconde guerre mondiale.&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/chemistry/laureates/1939/butenandt-bio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Richard Kuhn</a>, <a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/chemistry/laureates/1939/butenandt-bio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Adolf Butenandt</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/laureates/1939/domagk-bio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Gerhard Domagk</a>&nbsp;ont fini par recevoir les prix et médailles, mais n'ont jamais touché l'argent qui leur était destiné puisque celui-ci ne peut être réclamé qu'un an après la désignation des vainqueurs.&nbsp;</p><p>Domagk a même envoyé un télégramme au comité Nobel pour les remercier de cette reconnaissance. Mais le message a été intercepté par la police secrète allemande et après avoir été emprisonné pendant une semaine,&nbsp;Domagk a été forcé d'envoyer un second message pour refuser le prix.</p><h2 id="header_788421_0"><strong>OPPOSITIONS GOUVERNEMENTALES</strong></h2><p>Par le passé, le comité Nobel a tenté de persuader les régimes peu coopératifs de laisser les lauréats se rendre à la cérémonie de remise des Prix. Quand la Chine a refusé de laisser l'auteur dissident&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2010/xiaobo-bio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Liu Xiaobo</a>&nbsp;sortir du pays pour recevoir son Prix Nobel de la paix en 2010, les organisateurs ont installé une chaise vide durant la cérémonie pour signifier l'interdiction qui avait empêché&nbsp;Xiaobo de recevoir son prix.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_788421_1"><strong>REFUSER L'APPEL</strong></h2><p>« Une fois que la décision du comité est prise, elle est irrévocable » explique&nbsp;Källstrand. « Si l'un des membres&nbsp;vous appelle, il ne vous offre pas le prix, il vous annonce que vous êtes lauréat. Et même si vous le déclinez, cela n'y change rien. » Peu de lauréats ont décliné leur prix, mais ce fut tout de même le cas de Jean-Paul Sartre, qui a refusé le Prix Nobel de littérature en 1964, et de Le Duc Tho, qui a décliné le Prix Nobel de la paix pour lequel il était co-récipiendaire avec le secrétaire d'État américain&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1973/kissinger-facts.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Henry Kissinger</a>.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_788421_2"><strong>UNE AFFAIRE D'ÉLÉGANCE</strong></h2><p>La première semaine d'octobre, chaque année, les noms des lauréats sont annoncés en Suède, lançant une saison de récompenses culminant lors d'un dîner donné le 10 décembre à Stockholm. La diffusion télévisée du dîner retransmis en direct est l'occasion pour deux millions de téléspectateurs suédois de se vêtir élégamment pour suivre l'événement.</p><p>Après Noël, le comité Nobel se remet au travail pour distinguer parmi les 2 000 à 3 000 nominations le noms de celles et ceux qui entreront dans l'histoire des Prix Nobel l'année suivante.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Cette chenille colorée pourrait prédire la rudesse de l'hiver</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comportement-animal-cette-chenille-coloree-pourrait-predire-rudesse-hiver-froid</link><description><![CDATA[Lorsque les saisons changent et les températures chutent, la plupart des chenilles des États-Unis et du Canada ont déjà fini leur transition vers leur forme adulte… mais pas l’isie isabelle. Cette créature fascinante compte parmi les rares espèces d’insectes à braver l’hiver alors qu’elles sont encore au stade larvaire.Bien que de nombreuses personnes soient probablement bien incapables...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Fri, 09 Oct 2026 11:45:13 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comportement-animal-cette-chenille-coloree-pourrait-predire-rudesse-hiver-froid</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/b1e6yp.jpg?w=1600" length="1027534" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque les saisons changent et les températures chutent, la plupart des <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/animaux/invertebres/insectes/papillon">chenilles</a> des États-Unis et du Canada ont déjà fini leur transition vers leur forme adulte… mais pas <a href="https://content.ces.ncsu.edu/banded-woollybear" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’isie isabelle</a>. Cette créature fascinante compte parmi les rares espèces d’insectes à braver l’hiver alors qu’elles sont encore au stade larvaire.</p><p>Bien que de nombreuses personnes soient probablement bien incapables d’identifier les larves de nombreuses autres espèces de papillons, les isies isabelles, très présentes durant l’automne en Amérique du Nord et connues pour avancer à une vitesse plutôt impressionnante sur <a href="https://www.massaudubon.org/news/latest/why-did-the-woolly-bear-cross-the-road" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les trottoirs et les chaussées</a> du continent, sont relativement reconnaissables.</p><p>Depuis la période coloniale de l’Amérique, la culture populaire raconte que les isies isabelles peuvent prédire les conditions météorologiques, les marques sur leur corps indiquant, selon la croyance, si les températures de l’hiver à venir seront plutôt douces ou rudes.</p><p>Cette légende, qui connaît bien des variations, est toutefois entièrement fausse.</p><p>«&nbsp;Je déteste jouer les trouble-fêtes, mais aucune donnée n’a jamais clairement permis d’affirmer que c’est réellement le cas&nbsp;», révèle <a href="https://biodiversity.ubc.ca/people/faculty/katie-marshall" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Katie&nbsp;Marshall</a>, spécialiste de physiologie comparée à l’Université de Colombie-Britannique, qui étudie les différentes adaptations des animaux face au froid.</p><p>Les chenilles d’isies isabelles disposent cependant d’un superpouvoir bien réel pour affronter l’hiver&nbsp;: <a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2022/12/insolite-pour-survivre-a-lhiver-ces-animaux-se-changent-en-glacon">la congélation</a>.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5576170_0"><strong>UNE LÉGENDE INFONDÉE</strong></h2><p>S’il existe des centaines d’espèces à l’apparence similaire dans la famille des Erebidae, la chenille d’isie isabelle la plus commune et la plus connue est celle de l’espèce <em>Pyrrharctia&nbsp;isabella</em>, explique Marshall.</p><p>Selon la légende, plus le corps d’une chenille présente de bandes de longs poils noirs et piquants, plus l’hiver à venir sera rude et, à l’inverse, des bandes rouges ou brunes plus larges sur la partie centrale du corps <a href="https://www.weather.gov/arx/woollybear" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">annonceraient un hiver plus chaud et plus doux</a>.</p><p>Certains scientifiques se sont penchés sur cette hypothèse pour tenter d’en confirmer la véracité et ne sont jamais parvenus à établir un lien entre les motifs de la chenille d’isie isabelle et la rigueur des conditions météorologiques à venir, même si, selon Marshall, la plupart de ces travaux ont été menés de manière plus ironique que sérieuse.</p><p>Les couleurs de l’isie isabelle peuvent toutefois donner d’autres indications. Par exemple, ces chenilles se débarrassent généralement de leur exosquelette à six reprises avant de prendre leur forme finale de papillon de nuit, un processus connu sous le nom de «&nbsp;mue&nbsp;», et à chaque fois, leur couleur devient de plus en plus brune, et de moins en moins noire. Les chenilles les plus jeunes sont donc généralement toutes noires, tandis que les plus colorées tendent à être les aînées de leur population.</p><p>Des liens ont également été identifiés entre l’apparence d’une isie isabelle et le climat. Selon Marshall, les motifs de couleur pourraient en effet indiquer à quel moment de l’année la dernière mue a eu lieu, ce qui pourrait ainsi refléter des tendances en matière de météo et de température. Par ailleurs, les chenilles plus noires absorberaient théoriquement davantage de soleil.</p><p>«&nbsp;Il y a donc toutes sortes de quasi-mécanismes plausibles qui pourraient potentiellement montrer qu’il y a une part de réalité dans cette histoire&nbsp;», tempère-t-elle.</p><p>Même si les pouvoirs de prédiction météorologique de la chenille d’isie isabelle semblent exagérés, ils lui ont tout de même permis d’acquérir une plutôt bonne réputation auprès des populations humaines de ses aires de répartition. Dans certaines régions, <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/woolly-worm-festival-photos" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">des festivals</a> sont même organisés en son honneur.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5576170_1"><strong>SE CONGELER POUR SURVIVRE À L’HIVER</strong></h2><p>La plupart des <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/animaux/invertebres/insectes">insectes</a> ne peuvent plus être actifs après le début de l’hiver. Certains, comme le papillon monarque, se lancent donc dans des migrations, tandis que d’autres s’enfoncent dans le sol ou dans les arbres pour se protéger du froid.</p><p>Les chenilles d’isies isabelles, quant à elles, ont un comportement bien différent&nbsp;: elles supportent le froid, révèle Marshall. Elles <a href="https://www.scientificamerican.com/podcast/episode/how-the-wooly-caterpillar-turns-into-a-popsicle-to-survive-the-winter/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">peuvent survivre au gel et au dégel, et ce à plusieurs reprises</a> au cours d’un même hiver.</p><p>«&nbsp;Peu d’espèces en sont capables&nbsp;», précise la spécialiste. «&nbsp;Tous les liquides contenus dans leur corps <a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2022/12/insolite-pour-survivre-a-lhiver-ces-animaux-se-changent-en-glacon">se transforment en glaçons</a>.&nbsp;»</p><p>En revanche, il est intéressant de noter que les chenilles ne gèlent pas au point de devenir solides, ce qui leur serait fatal. Au contraire, leur corps favorise la formation de cristaux de glace entre leurs cellules, et une substance similaire à l’antigel, le glycérol, permet de protéger le contenu de ces dernières.</p><p>Lorsque les températures remontent, les chenilles s’entourent d’un cocon et prennent leur forme adulte&nbsp;: des papillons isies isabelles, qui arborent une magnifique couleur orange citrouille avec des taches noires sur le haut de l’abdomen. Une fois sorti de son cocon, le papillon <em>Pyrrharctia isabella</em> sera actif pendant la nuit, et ce tout au long de l’été.</p><p>L’espèce est considérée comme commune, et n’est pas en danger d’extinction.</p><p>Cependant, les papillons de nuit étant généralement attirés par la lumière, vous pouvez les aider en réduisant la pollution lumineuse émise par votre maison ou votre quartier. En effet, le cycle du jour et de la nuit est un élément essentiel de la nature. Il indique aux animaux quand ils doivent sortir pour chasser, se nourrir, migrer et s’accoupler. Lorsque la lumière artificielle perturbe ces signaux lumineux naturels, <a href="https://www.nationalgeographic.fr/environnement/vous-voulez-sauver-la-biodiversite-eteignez-la-lumiere">la faune, mais aussi la flore, en subissent donc les conséquences</a>.</p><p>«&nbsp;Nous pensons que ce ne sont que de petits insectes, et que par conséquent, ils ne peuvent pas être bien complexes&nbsp;», reprend Marshall. «&nbsp;En réalité, ils peuvent au contraire être extrêmement complexes. Ils ont énormément de choses à faire au cours de leur vie, et ils sont capables d’exploits que nous, les humains, ne pourrions jamais faire avec nos corps.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;C’est pour cette raison que je les trouve toujours absolument fascinants&nbsp;», conclut-elle.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Virée macabre dans les "jardins de l’enfer" bouddhistes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/singapour-asie-viree-macabre-jardins-enfers-bouddhistes-voyage-theme</link><description><![CDATA[Tous les temples bouddhistes ne garantissent pas une expérience zen au milieu d’impeccables jardins et d’œuvres propices à la méditation. Dans certains pays, comme la Thaïlande et Singapour, les voyageurs de passage peuvent visiter de véritables « parcs des enfers » bouddhistes. Ces jardins infernaux, qui servaient autrefois à mettre en garde les fidèles quant aux châtiments qui les attendaient...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Fri, 09 Oct 2026 09:21:34 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/singapour-asie-viree-macabre-jardins-enfers-bouddhistes-voyage-theme</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ap362171165474-copy.jpg?w=1600" length="1198483" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Tous les temples bouddhistes ne garantissent pas une expérience zen au milieu d’impeccables jardins et d’œuvres propices à la méditation. Dans certains pays, comme la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/asie/thailande">Thaïlande</a> et&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/singapore" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Singapour</a>, les voyageurs de passage peuvent visiter de véritables «&nbsp;parcs des enfers&nbsp;» bouddhistes. Ces jardins infernaux, qui servaient autrefois à mettre en garde les fidèles quant aux châtiments qui les attendaient au terme d’une vie de péché, ressemblent aujourd’hui davantage à des parcs à thème tout droit sortis d’un film d’horreur de série&nbsp;B.</p><p>Les visiteurs passent devant des dioramas en plâtre et des statues macabres à l’effigie de démons torturant des humains réincarnés dans le plus bas des royaumes bouddhistes de l’existence. Certaines représentations montrent des pécheurs hurlant tandis qu’on les fait bouillir vivants dans un wok géant rempli d’huile d’arachide.</p><p>De nos jours, on se rend en famille dans ces parcs populaires, au rang desquels figure le&nbsp;<a href="https://www.hawparvilla.sg/hells-museum/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hell’s Museum</a> de Singapour, pour y passer un bon moment kitsch (on peut par exemple y prendre des selfies, les yeux exorbités, tout en faisant semblant d’être coupé en deux). Mais ces représentations effroyables de l’au-delà ont historiquement eu une importance spirituelle, et elles permettent de mieux cerner les perceptions de la mort et de l’au-delà dans les cultures asiatiques.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5573847_0">L’ENFER BOUDDHISTE</h2><p>Le <a href="https://education.nationalgeographic.org/resource/buddhism/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bouddhisme</a>, de même que le&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=LvL3YXa0n2M" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">christianisme</a> et d’autres religions, n’hésite pas à recourir à l’art afin de relayer des informations aux fidèles, et plus particulièrement à ceux qui ne savent pas lire. Selon John&nbsp;Skutlin, dont le travail anthropologique au Japon aborde la question des représentations des démons et de l’enfer dans différentes cultures, «&nbsp;les conceptions de l’au-delà sont depuis longtemps exploitées par les artistes pour leur riche potentiel imaginatif. Le bouddhisme, avec ses racines ancrées dans l’<a href="https://www.youtube.com/watch?v=-ZrZTLo6tGQ" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hindouisme</a>, ne déroge pas à la règle.&nbsp;»</p><p>Les textes et les œuvres bouddhistes dépeignent traditionnellement la nature cyclique de l’Univers sous les traits d’une roue composée de six mondes. «&nbsp;Si les mondes les plus élevés sont sans aucun doute splendides, ce sont les représentations épouvantables du plus bas royaume de l’enfer, qu’on appelle <a href="http://tibetanbuddhistencyclopedia.com/en/index.php/Naraka" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Naraka</a>, qui ont suscité les œuvres les plus choquantes et les plus fascinantes&nbsp;», explique John&nbsp;Skutlin.</p><p>Les premiers textes bouddhistes décrivent le Naraka comme un enfer sombre sur lequel règne Yama, dieu de la mort et de la justice dans le&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/topic/Veda" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Veda hindou</a>. Autour du 1<sup>er</sup> siècle avant notre ère, la notion d’enfers multiples au sein du Naraka s’est implantée à la faveur de descriptions toujours plus créatives et effroyables des agonies que réservait chacun d’entre eux. Le&nbsp;<a href="https://www.accesstoinsight.org/tipitaka/mn/mn.130.than.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Devadatta&nbsp;Sutta</a>, par exemple, décrit un niveau appelé «&nbsp;<a href="https://www.wisdomlib.org/buddhism/book/maha-prajnaparamita-sastra/d/doc225387.html#:~:text=ii)%20The%20hell%20of%20excrement%20(ku%E1%B9%87apa):&amp;text=living%20(mithy%C4%81j%C4%ABva).-,For%20all%20these%20reasons,%20they%20fall%20into%20the%20hell%20of,bones%20and%20eat%20their%20marrow." target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">enfer des excréments</a>&nbsp;», où des bourreaux à la bouche faite d’aiguilles percent des trous dans la moelle des suppliciés.</p><p>Les représentations artistiques de l’enfer bouddhiste sont devenues de plus en plus saisissantes au fil des siècles. Au&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/magazine/article/tibetans-buddhism-transition-chinese-rule" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Tibet</a>,&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/topic/Yama-Hindu-god" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Yama</a> est devenu une&nbsp;<a href="https://en.m.wikipedia.org/wiki/File:Traditional_bhavachakra_wall_mural_of_Yama_holding_the_wheel_of_life,_Buddha_pointing_the_way_out.jpg" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">figure monstrueuse</a> au visage rouge, avec des crocs et une couronne faite de crânes, tandis qu’un rouleau japonais du 13<sup>e</sup> siècle montre des démons manier marteaux et pinces dans une mer de feu. «&nbsp;Ces portraits crus faisaient à la fois office de spectacle et d’incitation à vivre une vie morale au risque de subir des conséquences abominables&nbsp;», explique John&nbsp;Skutlin.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5573849_0">L’ÉMERGENCE DES JARDINS DE L’ENFER</h2><p>Dans la droite ligne de cette tradition, de petits temples du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/asie/japon">Japon</a>, de Thaïlande, du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/laos" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Laos</a>, du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/asie/myanmar-birmanie">Myanmar</a> et du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/vietnam" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Vietnam</a> proposent des dioramas édifiants de scènes de l’enfer bouddhiste, souvent accompagnés d’éléments du folklore local concernant les esprits malveillants et les enfers. Mais ces jardins infernaux n’auraient jamais connu un tel essor sans les entrepreneurs birmano-chinois&nbsp;<a href="https://www.nlb.gov.sg/main/article-detail?cmsuuid=2acfa778-5944-496d-b4c1-ef652f49e05d" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Aw&nbsp;Boon Haw</a> et&nbsp;<a href="https://www.roots.gov.sg/Collection-Landing/listing/1262778" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Aw&nbsp;Boon Par</a>, les deux frères qui ont inventé le&nbsp;<a href="https://www.tigerbalm.com/us/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">baume du tigre</a>.&nbsp;</p><p>En 1937, ces hommes d’affaires ont ouvert à Singapour la&nbsp;<a href="https://www.hawparvilla.sg/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>Villa Haw Par</strong></a>, un des quelques lieux récréatifs destinés à la communauté asiatique durant la période coloniale. Son objectif était de familiariser le public avec l’histoire, la religion et le folklore asiatique de manière divertissante. La section la plus populaire, «&nbsp;Les dix cours de l’enfer&nbsp;», était particulièrement explicite. «&nbsp;Il y avait des dioramas de pécheurs en train d’être décapités, jetés dans une mare de sang, etc., raconte Cherylyn&nbsp;Tok, directrice de recherche à la Villa Haw Par. C’était à la fois répugnant et malgré tout étrangement attrayant.&nbsp;»</p><p>Il y a deux ans, la Villa Haw Par a transformé ses «&nbsp;Dix cours&nbsp;» en un Musée de l’enfer (le&nbsp;<a href="https://www.hawparvilla.sg/hells-museum/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>Hell’s Museum</strong></a>) de 3&nbsp;800&nbsp;mètres carrés&nbsp;; il s’agit du plus grand parc de l’enfer au monde. En plus du gore traditionnel, «&nbsp;des œuvres soigneusement sélectionnées fournissent un aperçu de la façon dont les religions et les communautés du monde entier donnent du sens à la mort et à l’au-delà&nbsp;», indique Cherylyn&nbsp;Tok. Le nouveau Hell’s Museum attire chaque mois 6&nbsp;500 visiteurs environ et est devenu l’une des attractions les plus populaires de Singapour.</p><p>Cela a incité plusieurs temples thaïlandais à construire d’extravagants parcs sur le thème de la Naraka avec une emphase sur le côté sinistre et théâtral pour attirer les foules. En 1986, le&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/people/%E0%B8%A7%E0%B8%B1%E0%B8%94%E0%B9%81%E0%B8%AA%E0%B8%99%E0%B8%AA%E0%B8%B8%E0%B8%82-%E0%B8%A7%E0%B8%B4%E0%B8%AA%E0%B8%B8%E0%B8%97%E0%B8%98%E0%B8%B4%E0%B8%A7%E0%B8%A3%E0%B8%B2%E0%B8%A3%E0%B8%B2%E0%B8%A1-%E0%B8%9A%E0%B8%B2%E0%B8%87%E0%B9%81%E0%B8%AA%E0%B8%99-%E0%B8%88%E0%B8%8A%E0%B8%A5%E0%B8%9A%E0%B8%B8%E0%B8%A3%E0%B8%B5/100064544328634/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Wang Saen Suk</a>, dans la province de Chonburi, a attiré l’attention des médias du monde entier avec ses fantômes imposants et affamés à la langue touchant le sol et avec ses personnages nus en train d’être hachés menu. En 2010, le&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/explore/locations/1015016974/wat-mae-kaet-noi/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>Wat Mae Kaet Noi</strong></a><strong>,&nbsp;</strong>à&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/chiang-mai-thailand-craft-scene" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Chiang Mai</a>, s’est donné pour mission de devenir le parc le plus infernal de tous en proposant notamment une scène d’orgie impliquant un homme bien pourvu, cinq femmes et une banane.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Stress : comment ne plus compenser par la nourriture ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/conseils-pratiques-stress-comment-ne-plus-compenser-par-la-nourriture-ne-plus-manger-ses-emotions</link><description><![CDATA[Lorsqu’ils sont tendus et ont irrésistiblement envie de sucreries, les anglosaxons plaisantent sur le fait qu’en épelant « stressed » à l’envers on obtient le mot « desserts ». Cependant, tout le monde ne réagit pas au stress de la même manière. Si certaines personnes mangent davantage ou se tournent vers des aliments plus gras ou plus sucrés lorsqu'elles sont stressées, d'autres perdent...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Fri, 09 Oct 2026 07:47:58 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/conseils-pratiques-stress-comment-ne-plus-compenser-par-la-nourriture-ne-plus-manger-ses-emotions</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nytm_officelunch_0427.jpg?w=1600" length="1048912" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’ils sont tendus et ont irrésistiblement envie de sucreries, les anglosaxons plaisantent sur le fait qu’en épelant<em> «&nbsp;stressed&nbsp;»&nbsp;</em>à l’envers on obtient le mot&nbsp;<em>«&nbsp;desserts&nbsp;»</em>. Cependant, tout le monde ne réagit pas au stress de la même manière. Si certaines personnes mangent davantage ou se tournent vers des aliments plus gras ou plus sucrés lorsqu'elles sont stressées, d'autres perdent l'appétit. D'autres encore ne voient aucun changement dans leurs habitudes alimentaires.</p><p>Les raisons de ces différences sont complexes. «&nbsp;La science suggère que, chez l'Homme, c'est l'interaction entre des facteurs comportementaux, environnementaux et génétiques qui détermine la susceptibilité d'une personne à manger sous l'effet du stress&nbsp;», constate Kimberly Smith, maître de conférences au département de psychiatrie et de sciences comportementales de la faculté de médecine de l'université Johns-Hopkins, à Baltimore, qui étudie le comportement alimentaire.</p><p>Pour de nombreuses personnes, «&nbsp;la libération de cortisol peut augmenter l'appétit et la consommation de nourriture, en particulier d'aliments riches en matières grasses ou en sucres&nbsp;», explique-t-elle. Bien que le cortisol ait de nombreuses fonctions, il est généralement considéré comme une hormone du stress car son taux augmente en réponse à une pression intense ou à une forte anxiété, ce qui déclenche la faim, le stockage des graisses et une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213158222002674?via%3Dihub" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">diminution du flux sanguin dans les régions du cerveau</a> qui régulent la consommation de nourriture.</p><p>Les personnes qui s’infligent une restriction alimentaire sévère, c'est-à-dire qui désirent limiter leur consommation de nourriture pour gérer leur poids, sont également plus susceptibles de manger sous l'effet du stress. «&nbsp;Elles peuvent perdre ce contrôle et leur inhibition lorsqu'elles sont stressées&nbsp;», explique le gastro-entérologue Lawrence Cheskin, titulaire de la chaire d'études sur la nutrition et l'alimentation au <em>College of Public Health</em> de l’université George Mason et coautrice de l'ouvrage <em>Weight Loss for Life</em>.</p><p>Cette dernière poursuit&nbsp;: «&nbsp;la façon dont vous gérez le stress peut également augmenter votre vulnérabilité&nbsp;: <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40519-017-0396-7" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">si votre stratégie d'adaptation est passive ou évitante</a>, vous serez plus susceptible de consommer de la nourriture sous l'effet du stress.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5564964_0">LA NATURE DU STRESS ET SES EFFETS</h2><p>Chacun perçoit le stress de diverses manières. Il existe néanmoins des différences marquées entre la façon dont le stress aigu ou chronique affecte l'appétit.</p><p>Laura Holsen, neuroscientifique clinique et maître de conférences en psychiatrie au <em>Brigham and Women's Hospital</em> et à la <em>Harvard Medical School</em>, constate qu'en situation de stress aigu, comme dans le cas d’un accident de voiture évité de justesse ou d’une présentation au travail par exemple, l'appétit a généralement tendance à diminuer.</p><p>En cas de stress chronique ou sur une longue durée, comme un mariage malheureux ou un environnement professionnel stressant par exemple, l'appétit et la consommation de nourriture augmentent souvent. Le taux de ghréline, hormone qui déclenche une plus grande sensation de faim, a tendance à «&nbsp;augmenter et à rester élevé&nbsp;», explique Laura Holsen.</p><p>Quant au taux de leptine, une hormone qui déclenche la sensation de satiété, les <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8541372/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherches</a> indiquent qu’il diminue après un stress aigu, en particulier chez les personnes dont le poids se situe dans l’intervalle dit «&nbsp;normal&nbsp;». Ces changements hormonaux peuvent stimuler l'appétit et réduire la sensation de satiété d'une personne stressée, ce qui peut l'amener à perdre le contrôle de son alimentation.</p><p>«&nbsp;Le stress chronique entraîne également une suractivation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS), ce qui peut se traduire par une augmentation chronique du cortisol qui accroît l'appétit et l'envie de manger&nbsp;», explique Kimberly Smith.</p><p>Par ailleurs, la <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8671188/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherche</a> a montré que l'activation du circuit de la récompense du cerveau des personnes ayant l’habitude de manger de manière compulsive en était <em>diminuée</em>. «&nbsp;La satisfaction apportée par les aliments très appétissants est moindre et leur cerveau a besoin de plus d'aliments riches en matières grasses et en sucres pour obtenir une réponse de ce circuit, ce qui perpétue le cycle de la suralimentation&nbsp;», indique Kimberly Smith.</p><p>Une étude similaire <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0031938421003255?via%3Dihub" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">publiée dans <em>Physiology &amp; Behavior</em></a> a montré que les femmes qui déclaraient manger de manière compulsive avaient tendance à le faire davantage après avoir accompli des tâches mentales stressantes si leur pression artérielle systolique augmentait. En revanche, une étude <a href="https://www.nature.com/articles/s41398-020-0729-6" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">publiée en 2020 dans <em>Translational Psychiatry</em></a> a révélé que les personnes souffrant d’obésité, dont le taux de cortisol grimpe et reste élevé plus longtemps que prévu lorsqu'elles réagissent à un stress aigu, consommaient davantage de nourriture que celles de la même corpulence dont le taux de cortisol est faible. Le stress cumulé au cours de la vie semble également avoir une influence sur la consommation de nourriture sous l’effet du stress. Dans une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36805424/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude parue dans un numéro de 2023 de <em>Appetite</em></a>, certaines femmes participantes, ayant enduré plus de stress au cours de leur vie, ont mangé davantage de M&amp;M's après avoir participé à une tâche stressante, telle que la préparation et la prononciation d’un discours, que celles en ayant moins subi.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5564964_1">LA NAISSANCE DE CE MÉCANISME D'ADAPTATION</h2><p>Dans une certaine mesure, les effets du stress sur l’appétit d’une personne peuvent correspondre à une forme de réponse qui a été apprise, remarque Lawrence Cheskin. «&nbsp;Si vous avez grandi dans un environnement où les gens stressés se tournaient vers la nourriture, vous serez peut-être plus enclin à imiter ce comportement dans votre propre vie&nbsp;». Si vous avez constaté que manger des biscuits ou des chips lorsque vous ressentez du stress vous aidait à vous sentir mieux, au moins à court terme, vous pourriez faire de ce comportement votre stratégie de prédilection.</p><p>Malheureusement, manger sous l’effet du stress peut devenir un cercle vicieux. Après tout, consommer des aliments sucrés ou des féculents augmente les taux de sérotonine et de dopamine, substances chimiques cérébrales qui procurent un sentiment de bien-être, explique Rachel Goldman, psychologue clinicienne et professeure adjointe en milieu clinique au département de psychiatrie de la faculté de médecine de l'université de New York. «&nbsp;Manger compulsivement sous l’effet d’une émotion a une utilité. Lorsque vous mangez des aliments réconfortants, vous activez immédiatement le “centre du plaisir” de votre cerveau, ce qui vous procure une sensation de bien-être.&nbsp;»&nbsp;</p><p>Dans une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9222595/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude publiée dans le numéro de 2022 de la revue <em>Foods</em></a>, les chercheurs ont demandé à des personnes de participer à deux tâches cognitives différentes un jour sur deux&nbsp;: la résolution d’une anagramme insoluble pour induire du stress et le coloriage d'une page de mandala pour se détendre. Il leur a ensuite fallu évaluer des catégories d'aliments en fonction de ce qu'elles préféreraient comme «&nbsp;en-cas de récompense&nbsp;». Davantage de personnes ont choisi une collation sucrée riche en matières grasses après la tâche stressante plutôt qu’après l’activité relaxante.</p><p>En outre, manger de manière compulsive peut vous faire oublier vos problèmes. «&nbsp;Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, mais si c'est votre seul mécanisme de défense, ou si cela est source de détresse ou de problèmes de santé, cela peut être problématique&nbsp;», indique Kimberly Smith.</p><p>Avec le temps, avoir le réflexe de manger sous l’effet du stress peut entraîner une prise de poids. Des <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6427874/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherches</a> ont montré que la dépression et la consommation de nourriture liée aux émotions laissent entrevoir une prise de poids plus importante sur une période de sept ans. Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8365042/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude publiée dans le numéro de 2022 de la revue <em>Public Health Nutrition</em></a> a révélé que le stress perçu couplé à ce comportement alimentaire étaient associés à une prise de poids chez des adultes en bonne santé pendant les premiers temps de confinement imposé par la crise sanitaire du COVID-19.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5564964_2">MAÎTRISER LES EFFETS DU STRESS SUR L’APPÉTIT</h2><p>«&nbsp;Comme pour la plupart des habitudes, la solution consiste d'abord à reconnaître le schéma, c'est-à-dire à identifier ce qui déclenche ces fringales [induites par les émotions]&nbsp;», explique le docteur Lawrence Cheskin. «&nbsp;Une fois que vous les avez identifiées, vous pouvez essayer de reconnaître l'élément déclencheur avant qu'il ne vous conduise à la cuisine, puis de mettre en place une activité alternative. Posez-vous la question : que puis-je faire à la place ?&nbsp;»<br>Vous pouvez par exemple vous détourner de l'envie de manger en allant vous promener, en appelant un ami ou en lisant quelque chose d'intéressant.</p><p>Rachel Goldman conseille de se constituer une liste d’occupations composée d’au moins trois activités&nbsp;: par exemple se livrer à la <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24854804/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">méditation de pleine conscience</a>, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34493452/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">faire de l’exercice physique</a>, <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4681579/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">pratiquer le yoga</a> ou encore <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37080948/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">coucher sur le papier ses sentiments sans se censurer ou s'auto-critiquer</a>. Ces activités peuvent permettre de gérer le stress, ainsi que de reprendre le contrôle de son alimentation et de sa vie. «&nbsp;Parfois, plusieurs outils sont nécessaires et celui que vous privilégiez aujourd'hui ne sera peut-être pas celui qui vous conviendra demain.&nbsp;»</p><p>Par ailleurs, «&nbsp;si vous êtes susceptible de manger sous l'effet du stress, il peut être utile de limiter la présence d'aliments riches en matières grasses et en sucres à la maison ou au travail&nbsp;», conseille Kimberly Smith. S’ils sont hors de vue et de portée, cela peut vous obliger à cultiver d'autres stratégies d'adaptation.</p><p>Si vous avez l'habitude de grignoter sans réfléchir ou de trop manger lorsque vous ressentez du stress, ne culpabilisez pas. Au contraire, montrez-vous aussi compatissant que vous le seriez avec un ami. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35731497/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude publiée dans un numéro récent de <em>International Journal of Behavioral Medicine</em></a> a révélé que, en plus de vous aider à vous sentir mieux, l'auto-compassion améliorait les choix alimentaires après une expérience stressante.</p><p>«&nbsp;L'utilisation de la nourriture pour faire face au stress peut susciter de nombreux sentiments négatifs, mais ce comportement est incroyablement ancré dans notre biologie et notre environnement&nbsp;», explique Laura Holsen. «&nbsp;En parler permet de normaliser le fait qu'il s'agit d'une expérience humaine très courante, ce qui ne peut être qu'une bonne chose.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Pourquoi reste-t-il si peu d’obélisques en Égypte ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/egypte-ancienne-pourquoi-reste-t-il-si-peu-obelisques-en-egypte-culture-histoire-art-patrimoine-mondial</link><description><![CDATA[L’une des « aiguilles de Cléopâtre », un obélisque égyptien de 224 tonnes enrobé de hiéroglyphes, peut aujourd’hui être admirée non au Caire, mais à Londres. Les anciens Égyptiens laissèrent derrière eux un magnifique patrimoine culturel, témoin de leur civilisation trimillénaire. Il ne fait aucun doute que l’obélisque en constitue l’une des expressions monumentales les plus caractéristiques....]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 16:56:10 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/egypte-ancienne-pourquoi-reste-t-il-si-peu-obelisques-en-egypte-culture-histoire-art-patrimoine-mondial</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/obelisk4.jpg?w=1600" length="1108874" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>L’une des «&nbsp;aiguilles de Cléopâtre&nbsp;», un obélisque égyptien de 224 tonnes enrobé de hiéroglyphes, peut aujourd’hui être admirée non au Caire, mais à Londres. Les anciens Égyptiens laissèrent derrière eux un magnifique patrimoine culturel, témoin de leur civilisation trimillénaire. Il ne fait aucun doute que l’obélisque en constitue l’une des expressions monumentales les plus caractéristiques. Pourtant, il n’en subsiste que peu en Égypte de nos jours. Cette haute colonne fuselée était souvent disposée par paire devant les entrées des temples. À l’origine érigé en l’honneur du dieu Rê, l’obélisque devint rapidement populaire en Égypte et ailleurs, à la fois trésor de guerre, présent de nation à nation et morceau d’histoire que les dirigeants cherchaient à s’approprier.</p><p>Le premier étranger connu pour avoir été un admirateur de l’obélisque fut le roi assyrien Assurbanipal (r. 669-627 av.&nbsp;J.-C. environ). Après avoir mis Thèbes à sac en 664 avant notre ère, il en fit transporter une paire dans son palais royal de Ninive, en actuel Irak. La Rome impériale possédait plusieurs obélisques&nbsp;: certains prélevés en Égypte, d’autres fabriqués sur place. De nos jours, on trouve des obélisques égyptiens à New York, à Istanbul et à Paris.</p><p>Les Grecs nommèrent <em>obeliskos</em> ces monuments, mot qui signifie «&nbsp;petites colonnes pointues&nbsp;». En revanche, les Égyptiens les appelaient <em>tekhen,</em> mot à l’origine incertaine. Généralement faits de granite, les obélisques ont une base carrée et deviennent légèrement plus étroits à mesure qu’ils s’élèvent. Leur sommet est surmonté d’une petite pyramide, le pyramidion, ainsi que les Grecs l’appelaient.</p><p>Pour refléter les rayons du Soleil, le pyramidion était parfois recouvert d’or ou d’électrum, un alliage naturel d’or et d’argent. Les Égyptiens nommaient le pyramidion <em>benben,</em> ce qui signifie «&nbsp;briller, rayonner&nbsp;». Il symbolisait la Butte primordiale, le siège duquel Atoum (une manifestation de Rê) créait tout ce qui existe. On y gravait également des symboles solaires ou une image du pharaon alors en place protégé par Rê.</p><p>Sur la base de l’obélisque figuraient parfois des babouins, des animaux associés au soleil à cause des cris troublants qu’ils poussent à l’aube et au crépuscule. Sur le fût, qui soutenait le pyramidion et le hissait vers les cieux, on apposait généralement des hiéroglyphes en l’honneur du dieu auquel l’obélisque était dédié et du souverain qui avait ordonné sa construction.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5589126_0"><strong>LES PREMIERS OBÉLISQUES</strong></h2><p>Ces monuments typiques de l’Égypte ancienne apparurent au début du troisième millénaire avant notre ère dans une ville du nord de l’Égypte, centre du culte de Rê. Cette ville serait plus tard connue sous le nom d’Héliopolis, la «&nbsp;ville du Soleil&nbsp;» en grec. Quant à eux, les Égyptiens l’appelaient Iunu, la «&nbsp;ville des colonnes&nbsp;», allusion aux obélisques qui symbolisaient des rayons de soleil pétrifiés. Malheureusement, rien ne subsiste aujourd’hui d’Héliopolis, un endroit loué pour sa beauté. Ses ruines gisent sous un quartier de la ville actuelle du Caire et presque tous ses obélisques antiques ont disparu.</p><p>Dans le secteur d’Abousir, à quelques encablures seulement au sud du Caire, les souverains de la cinquième dynastie de l’<a href="https://www.nationalgeographic.com/history/article/151224-egypt-climate-change-old-kingdom-archaeology" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ancien Empire</a> (2575-2150 av.&nbsp;J.-C.) firent construire des temples solaires. Chacun d’eux était doté d’une cour à ciel ouvert au milieu de laquelle trônait un obélisque avec, à sa base, un large autel destiné aux offrandes. Ces obélisques furent construits à partir de blocs de pierre mais ne possédaient pas encore leur forme canonique élancée. Bien que l’on cessât de construire des temples solaires après la cinquième dynastie, la tradition consistant à ériger des obélisques se propagea dans toute l’Égypte à partir du Moyen Empire (1975-1640 av.&nbsp;J.-C. environ).</p><p>Ce n’est toutefois qu’à partir du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/history/history-magazine/article/rebel-queen-thebes" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nouvel Empire</a> (1539-1075&nbsp;av.&nbsp;J.-C.) que les obélisques atteignirent la taille pour laquelle elle sont aujourd’hui célèbres. Les obélisques du Nouvel Empire, elles aussi monolithiques, étaient plus grandes et plus minces que les versions précédentes, ce qui compliqua encore davantage leur extraction et leur érection. Les obélisques du Nouvel Empire étaient quasi-systématiquement installées par paires devant les entrées monumentales des temples, qu’on appelle pylônes, auxquelles elles conféraient une certaine symétrie. Selon l’égyptologue italien Maurizio Damiano-Appia, cet appariement a pu symboliser le Soleil et la Lune.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5589130_0"><strong>AIGUILLES</strong></h2><p>Il n’existe pas une seule paire d’obélisques égyptiens qui ait demeuré intacte sur son lieu d’origine. La dernière paire fut commandée par&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/qui-etait-ramses-ii">Ramsès II</a> (r. 1279-1213 av.&nbsp;J.-C.) et se trouvait devant le pylône du temple de Louxor. Mais en 1830, le wali d’Égypte Muhammad Ali offrit l’un des deux obélisques au roi de France. Le monument trône aujourd’hui majestueusement place de la Concorde, à Paris, où il fut érigé en 1836.</p><p>À l’époque du Nouvel Empire, Thèbes devint la capitale de l’Égypte et le centre du culte rendu à Amon-Rê, divinité née de l’union du dieu thébain Amon et du dieu solaire Rê. L’affinité entre ces deux divinités était telle que Thèbes était également appelée Iunu Shema’u, «&nbsp;Héliopolis de la Haute-Égypte&nbsp;». Dans les sanctuaires thébains de Karnak et de Louxor, de nombreux obélisques furent érigés, mais seuls trois subsistent aujourd’hui&nbsp;: deux dans le temple de Karnak et un à Louxor. Tous les autres furent enlevés et transportés en Europe, soit durant la période impériale romaine, soit à l’époque moderne.</p><h2   id="header_5589134_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5589134_1"><strong>DU NIL AU TIBRE</strong></h2><p>Après le Nouvel Empire, l’érection d’obélisques se poursuivit quoique à plus petite échelle. Le dernier date du règne de Ptolémée IX Sôter II (r. 116-107, 88-81 av.&nbsp;J.-C.), qui ordonna la construction de ces monuments pour un temple dédié à la déesse Isis sur l’île de Philae. Cela marqua la fin de la construction des obélisques sur leur terre d’origine, mais après la conquête de l’Égypte par les Romains en l’an 30 avant notre ère, ces monolithes devinrent populaires ailleurs.</p><p>L’empereur&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/culture/article/augustus-caesar" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Auguste</a> (r. 27 av.&nbsp;J.-C.-14 ap. J.-C.) initia une tradition d’import d’obélisques à Rome qui se perpétua durant toute la période impériale. Les obélisques furent d’abord considérés comme des butins de guerre, un symbole de la domination romaine sur l’Égypte. Plus tard, quand que les cultes égyptiens gagnèrent en popularité à Rome, on les apprécia pour leur portée symbolique et religieuse.</p><p>Les grands obélisques étaient en général placés dans des cirques romains où ils ornaient une <em>spina,&nbsp;</em>la barrière centrale autour de laquelle avaient lieu les courses de chars. Dans ce contexte, les obélisques conservaient leur lien caractéristique avec le soleil, car pour les Romains, les courses de ce type représentaient la trajectoire d’<a href="https://www.nationalgeographic.fr/espace/comment-percevait-on-la-lune-avant-apollo-et-artemis">Apollon</a>, dieu du soleil, dans le ciel. On plaçait généralement les obélisques de taille plus modeste dans des temples dédiés à Isis ou à Sérapis, divinité gréco-égyptienne. De nos jours, Rome compte treize obélisques égyptiens, soit bien plus que tout autre ville – ou pays&nbsp;– au monde.</p><h2   id="header_5589137_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5589137_1"><strong>OBÉLISQUES DU CIRCUS MAXIMUS</strong></h2><p>En l’an 10 avant notre ère, Auguste importa pour la première fois un obélisque d’Égypte à Rome. Celui-ci fut placé sur la spina du Circus Maximus. Cette colonne, dont la construction commença sous le règne de Séthi I<sup>er</sup> et fut achevée sous celui de Ramsès II et de son fils Mérenptah, venait d’Héliopolis et était faite de granite rouge. Malgré ses 23,3&nbsp;mètres de hauteur et ses 235 tonnes, il fut acheminé d’Égypte à bord d’un bateau d’une trentaine de mètres de long et fut exposé au chantier naval de Puteoli (actuelle Pouzzoles dans la baie de Naples), où le peuple put l’admirer.</p><p>En 357 de notre ère, pour commémorer sa vingtième année sur le trône, l’empereur Constance II (r. 337-361) fit déplacer deux obélisques du complexe religieux de Karnak, à Thèbes. À l’origine commandées par le pharaon Thoutmôsis&nbsp;III (r.1479-1425 av.&nbsp;J.-C.), ces colonnes étaient les plus hautes du monde&nbsp;; elles mesuraient près de 30 mètres de hauteur. Constance fit d’abord emmener les deux obélisques à Alexandrie et, de là, en fit transférer une à Rome pour l’installer au Circus Maximus&nbsp;; le second obélisque demeura en Égypte jusqu’en 390, année où Théodose&nbsp;I<sup>er</sup> décida de le faire transférer à Constantinople pour décorer son hippodrome.</p><p>Rien ou presque du Circus Maximus ne survécut au passage des siècles&nbsp;; ses deux obélisques furent brisés en trois parties et ensevelis sous sept mètres de terre. On les exhuma en 1587 sur ordre du pape Sixte V. Après leur restauration, l’obélisque augustin fut installé sur la piazza del Popolo, tandis que celui de Constance fut placé sur la place située devant la basilique Saint-Jean-de-Latran.</p><p>Au premier siècle de notre ère se dressait sur la colline du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/vatican-city" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Vatican</a> le cirque de Néron, où se trouve le Vatican de nos jours. Là,&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/magazine/article/emperor-nero" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’empereur</a> fit exécuter des milliers de chrétiens, dont l’apôtre Pierre, après les avoir accusés d’avoir incendié Rome. Sur la spina du cirque de Néron était érigé un obélisque sans inscription importé dans la ville par Caligula (r. 37-41 ap.&nbsp;J.-C.) durant la première année de son règne. Selon Pline l’Ancien, érudit romain du premier siècle, cet obélisque date du Moyen Empire et avait été commandé par un fils du pharaon Sésostris&nbsp;I<sup>er</sup>.</p><p>Après l’abandon du cirque de Néron, l’obélisque demeura dressé, mais à côté de la première basilique que l’empereur Constantin avait fait construire sur la tombe de Pierre au quatrième siècle de notre ère. En 1585, le pape Sixte V décida de déplacer l’obélisque devant la nouvelle basilique Saint-Pierre. L’architecte Domenico Fontana en orchestra l’enlèvement, une opération qui eut lieu en 1586 et qui nécessita 900 ouvriers. Une croix fut placée au sommet du monument nouvellement positionné. L’obélisque, présent lors du martyre de saint Pierre, se trouve désormais devant la basilique qui porte son nom et qui symbolise la victoire de l’Église sur le monde païen.</p><p>Au 19<sup>e</sup> siècle, la tradition romaine du transport d’obélisques depuis l’Égypte reprit. Mais cette fois-ci, les monuments faisaient office de présents. Le gouvernement égyptien sépara une paire d’obélisques connus sous le nom d’«&nbsp;aiguilles de Cléopâtre&nbsp;» et les fit envoyer à New York et à Londres depuis Alexandrie. L’un des obélisques de Louxor fut offert à la France et installé place la Concorde, à Paris. On construisit également de nouveaux obélisques, comme le Washington Monument, à l’aide de techniques et de matériaux modernes. Cinq fois plus haut que ceux de l’Égypte des pharaons, cet obélisque installé dans la capitale américaine symbolise le respect d’une nation envers ses Pères fondateurs. Le désir continuel de se doter d’obélisques dans le monde témoigne de la fascination qu’ils exercent et de l’influence plurimillénaire de l’Égypte.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Défier le temps qui passe : le guide pour bien vieillir</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/defier-le-temps-qui-passe-le-guide-pour-bien-vieillir-sport-cardio-cerveau-almientation-sommeil</link><description><![CDATA[ENTRETENIR SES RELATIONS POUR EXERCER SON CERVEAUArrêter de fumer, faire du sport, ce n'est plus un secret pour personne : investir dans sa santé physique permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé. En revanche, ce que peu d'entre nous savent, c'est que l'investissement dans nos relations personnelles présente les mêmes intérêts. Passer du temps avec ses amis et sa famille, ou...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 14:35:46 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/defier-le-temps-qui-passe-le-guide-pour-bien-vieillir-sport-cardio-cerveau-almientation-sommeil</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nationalgeographic2801430.jpg?w=1600" length="1009783" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<h2   id="header_5606354_0"><strong>ENTRETENIR SES RELATIONS POUR EXERCER SON CERVEAU</strong></h2><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-medecine-tabagisme-voici-ce-qui-se-passe-dans-votre-corps-quand-vous-arretez-de-fumer" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Arrêter de fumer</a>, faire du sport, ce n'est plus un secret pour personne&nbsp;: investir dans sa santé physique permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé. En revanche, ce que peu d'entre nous savent, c'est que l'investissement dans nos relations personnelles présente les mêmes intérêts. Passer du temps avec ses amis et sa famille, ou s'impliquer dans un sport d'équipe peut également vous être bénéfique.&nbsp;</p><p>Le maintien des liens sociaux semble faire office d'exercice mental, en favorisant les nouvelles connexions dans votre cerveau et en ralentissant le déclin cognitif associé à l'âge. De plus, inutile d'avoir une vie sociale débordante pour tirer profit de ces interactions avec l'autre.</p><p>Une étude récente nous montre que même une seule interaction sociale par mois suffit à diviser par deux le risque de développer une&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-publique-medecine-il-serait-possible-de-detecter-alzheimer-des-age-de-vingt-ans" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">démence</a>&nbsp;; et les bienfaits sont encore plus importants si la personne que vous côtoyez joue également le rôle de confidente.</p><p>«&nbsp;L'activité sociale est primordiale pour notre cerveau&nbsp;», déclare Suraj Samtani, auteur principal de l'étude et chercheur spécialiste de la démence à l'université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney, en Australie. «&nbsp;Cela dit, il n'en faut pas beaucoup&nbsp;» pour faire une grosse différence. Depuis cette étude, Samtani a relevé son propre niveau de vie sociale à travers l'activité physique. «&nbsp;J'ai commencé le karaté et je rejoins des amis pour marcher toutes les semaines, dit-il. J'ai simplement changé ma façon de faire.&nbsp;»</p><h2   id="header_5606354_1">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606354_2"><strong>ÉLARGIR SA DÉFINITION DE L'ACTIVITÉ PHYSIQUE</strong></h2><p>On ne répétera jamais assez à quel point l'activité physique est bénéfique pour votre santé, et ce, quel que soit votre âge. Cela dit, rien ne vous oblige à soulever 200&nbsp;kg à l'arraché ou à courir un ultramarathon. Prendre les escaliers, porter les sacs de courses,&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-les-bienfaits-dune-activite-physique-breve-et-intensive-sports-mouvement" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">même le plus petit des mouvements</a> peut être grandement profitable à la santé des personnes d'ordinaire inactives. «&nbsp;Le moindre effort est bon à prendre&nbsp;», assure I-Min Lee, professeure de médecine et d'épidémiologie à Harvard.</p><p>Il n'y a pas si longtemps, ces affirmations n'étaient encore que des hypothèses, précise Lee, mais elles ont pu être confirmées grâce à une nouvelle génération d'études à long terme portant sur des participants équipés d'accéléromètres, le nom scientifique donné aux&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-psychologie-les-moniteurs-activite-physique-nous-rendraient-anxieux-montre-bague-connectee" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">trackers d'activité</a>. Ainsi, Lee a pu constater que, malgré les croyances populaires, les bienfaits sur la longévité étaient accessibles bien avant le seuil des 10&nbsp;000&nbsp;pas. D'autres études ont établi un lien entre les marches courtes et l'amélioration de la santé mentale et cardiovasculaire.</p><p>Des bienfaits similaires peuvent être obtenus grâce à des sursauts d'activité plus vigoureux, comme marcher en montant une colline. «&nbsp;Des durées très courtes, entre deux et quatre minutes par jour&nbsp;», indique Emmanuel Stamatakis, professeur d'activité physique et de santé publique à l'université de Sydney, en Australie. Dans une étude, il a découvert que ces pics d'activité coïncidaient avec une réduction substantielle de l'incidence de différents types de cancers.&nbsp;</p><p>Dans une autre étude utilisant des données comparables, chaque heure de marche se traduisait par&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/premium/article/live-better-longer-healthspan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">six heures de vie supplémentaires</a> dans la tranche la moins active de la population de l'étude. «&nbsp;C'est ce qu'on un appelle un bon retour sur investissement&nbsp;», indique Lennert Veerman, auteur de l'étude et professeur de santé publique à l'université Griffith de Gold Coast, en Australie.</p><h2   id="header_5606355_0"><strong>MUSCLER SON CARDIO…</strong></h2><p>Quelles que soient les nouvelles données scientifiques sur la longévité, de nombreux chercheurs considèrent toujours l’activité cardiovasculaire comme le meilleur indicateur de l'état de santé général. Par chance, le niveau de forme du muscle cardiaque peut être renforcé par une activité physique régulière et reste très facile à suivre.</p><p>Pour évaluer la performance cardiovasculaire, la référence est la consommation maximale d'oxygène pendant une activité physique intense, enregistrée au moment de l'exercice où votre respiration est la plus forte. Cette valeur est appelée VO<sub>2</sub>&nbsp;max et pour la mesurer précisément, il est généralement nécessaire d'effectuer le test en laboratoire pour respirer dans un masque connecté à un tuyau, mais les dispositifs portables comme les montres de sport connectées peuvent également fournir une estimation.</p><p>Quant à savoir si une VO<sub>2</sub>&nbsp;max est bonne ou mauvaise, cela dépend de l'âge et du sexe. Par exemple, une VO<sub>2</sub>&nbsp;max de 40&nbsp;millilitres d'oxygène par kilogramme par minute est considérée inférieure à la moyenne pour un jeune homme de 25&nbsp;ans, mais excellente pour un homme de 75&nbsp;ans. Quoi qu'il en soit, il existe une corrélation forte entre cette valeur, votre santé cardiaque et votre espérance de vie. «&nbsp;Les individus dont la VO<sub>2</sub>&nbsp;max est élevée ont un risque plus faible de décès toutes causes confondues&nbsp;», indique Martin Gibala, professeur de kinésiologie à l'université McMaster de Hamilton, au Canada.&nbsp;</p><p>Avec le temps, divers exercices de cardio modérés à vigoureux peuvent améliorer votre VO<sub>2</sub>&nbsp;max et&nbsp; entraîner votre corps à utiliser plus efficacement l'oxygène pour le transformer en énergie. Pour atteindre cet objectif lors d'une séance de sport, il convient d'y intégrer des phases d'exercice à haute intensité&nbsp;: par exemple, une séance de vingt minutes qui inclut trois efforts vigoureux de cinq minutes. La nature du mouvement importe moins que son intensité. Votre choix peut donc se porter sur le vélo, la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/premium/article/health-benefits-running" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">course à pied</a>, l'elliptique ou le rameur.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606355_1"><strong>… SANS OUBLIER SES MUSCLES</strong></h2><p>La force musculaire est profondément associée à une vie en meilleure santé. Si vous renforcez vos muscles et votre densité osseuse aujourd'hui, vous aurez plus de chances de rester autonome en vieillissant. L'American College of Sports Medicine recommande à tout le monde de pratiquer une forme d'<a href="https://www.nationalgeographic.com/premium/article/benefits-weight-resistance-training-heart-body-mind" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">entraînement à la résistance</a> au moins deux fois par semaine. Quelle est donc la meilleure stratégie pour améliorer sa force&nbsp;?&nbsp;</p><p>La science nous donne une réponse intéressante et il faut avouer qu'elle est déjà bien connue des adeptes de la salle de sport&nbsp;: soulevez des poids que vous trouvez lourds et essayez de les augmenter au fil du temps. Comment trouver votre poids de départ&nbsp;? En faisant appel au concept d'échec musculaire, le point au-delà duquel votre muscle ne peut plus faire de répétitions. «&nbsp;Vous devez établir où se situe l'échec pour savoir avec quelle intensité vous êtes censé vous entraîner&nbsp;», indique Brad Schoenfeld, chercheur renommé en musculation au Lehman College du Bronx, à New York.</p><p>S'il existe d'autres façons de faire des progrès remarquables, les études montrent que la stratégie de musculation optimale consiste à effectuer un nombre réduit de répétitions, moins de six, en restant relativement proche du point d'échec, à environ deux ou trois répétitions de celui-ci. En d'autres termes, les séances de musculation doivent être plutôt fatigantes, mais cet entraînement peut se limiter à une heure par semaine. «&nbsp;Vous pouvez faire de très beaux progrès avec une routine minimale répartie sur deux à trois jours par semaine, explique Schoenfeld, en supposant une certaine intensité.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606355_2"><strong>ADOPTER DE BONNES HABITUDES D'ALIMENTATION ET DE SOMMEIL</strong></h2><p>Pour récolter les fruits durement mérités lors de ces séances d'exercice, il est impératif de les associer à une récupération solide et à une alimentation saine. Si l'industrie du bien-être propose déjà un catalogue rempli de gadgets et autres compléments censés vous faciliter la tâche, il est préférable de commencer par quelques concepts élémentaires.</p><p>Que ce soit pour récupérer du sport ou de la vie, rien n'est plus important que le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/brain-washing-sleep-aids-effects" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">sommeil</a>&nbsp;; et l'un des piliers d'un meilleur sommeil n'est autre que la routine. Les études montrent que les personnes qui se couchent et se lèvent à un rythme régulier bénéficient d'un sommeil plus long et de meilleure qualité.</p><p>Cela s'explique par la disposition naturelle de notre corps à fonctionner selon un cycle circadien de 24&nbsp;heures. Les perturbations peuvent mener à «&nbsp;un risque accru de maladie cardiovasculaire ou de cancer, déstabiliser notre santé mentale, ce genre de choses&nbsp;», déclare Tara LeGates, professeure à l'école de médecine de l'université du Maryland, aux États-Unis.</p><p>Quant à l'alimentation, si les conseils les plus répandus se limitent généralement à dresser la liste des aliments interdits, une approche plus raisonnable consiste à trouver parmi les produits bruts, non transformés, matière à vous rassasier et vous satisfaire pleinement. Remplissez donc vos assiettes de légumes, de céréales, de poissons, de viandes, de&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-nutrition-regime-alimentaire-hyperproteine-pas-besoin-de-manger-plus-de-viande" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">protéines végétales</a>… bref, d'aliments que vous aimez.</p><p>Dans une étude de référence, les chercheurs ont ainsi comparé un régime d'aliments ultratransformés, composé de plats préparés industriels, à un régime à base de produits bruts. Malgré un apport nutritionnel équivalent, les participants à l'étude qui ont suivi ces deux régimes pendant deux semaines chacun ont pris du poids uniquement avec le régime d'aliments transformés. Il semblerait que les plats ou produits industriels perturbent votre sens de la faim. Les sujets de l'étude ont déclaré que les deux options présentaient un intérêt gustatif comparable, mais qu'ils avaient tout de même mangé plus pendant le régime d'aliments ultratransformés.</p><p>La bonne nouvelle est que votre régime à base de produits bruts peut – et doit&nbsp;! – être délicieux. «&nbsp;Plus vous pouvez structurer votre vie pour éviter d'avoir constamment à résister à la tentation, mieux c'est&nbsp;», recommande Zachary Knight, professeur de physiologie au sein de l'université d'État de Californie à San Francisco, qui étudie les mécanismes internes de la faim. «&nbsp;En d'autres termes, privilégiez les aliments sains à la maison.&nbsp;»</p><p>Il y a trois ans, Chris Hemsworth s'est lancé dans l'aventure&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=CF9LnbtZpnI" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Limitless</em>, une série National&nbsp;Geographic</a> qui invite à suivre l'acteur dans son voyage à travers le monde pour percer les secrets de la longévité et du bonheur. À présent, il revient dans une nouvelle saison qui explore ce que la science nous enseigne sur les meilleurs moyens d'améliorer notre forme physique et notre bien-être mental. Inspirés par son odyssée, nous avons voulu en savoir plus sur ce que les scientifiques apprennent du vieillissement des athlètes et sur la façon dont leurs conclusions pourraient être appliquées à nos propres vies.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ces scientifiques qui n'ont pas eu de prix Nobel parce qu'elles étaient des femmes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/histoire-des-sciences-ces-scientifiques-qui-nont-pas-eu-de-prix-nobel-parce-qu-elles-etaient-des-femmes</link><description><![CDATA[En avril 2017, National Geographic a publié un article sur la lettre dans laquelle le scientifique Francis Crick décrivrait l'ADN de son fils de 12 ans. En 1962, Francis Crick a été co-récompensé avec James Watson et Maurice Wilkins d'un Prix Nobel pour leur description de la structure de l'ADN.Plusieurs personnes nous ont écrit pour signaler qu'un nom manquait à ce Prix Nobel : celui de Rosalind...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 12:45:32 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/histoire-des-sciences-ces-scientifiques-qui-nont-pas-eu-de-prix-nobel-parce-qu-elles-etaient-des-femmes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/66913.jpg?w=1600" length="1602180" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En avril 2017, <em>National Geographic</em> a publié un article sur la lettre dans laquelle le scientifique Francis Crick décrivrait l'ADN de son fils de 12 ans. En 1962, Francis Crick a été co-récompensé avec James Watson et Maurice Wilkins<strong> </strong>d'un Prix Nobel pour leur description de la structure de l'ADN.</p><p>Plusieurs personnes nous ont écrit pour signaler qu'un nom manquait à ce Prix Nobel : celui de&nbsp;<a href="http://profiles.nlm.nih.gov/ps/retrieve/Narrative/KR/p-nid/183" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Rosalind Franklin</a>, une biophysicienne britannique qui a elle aussi étudié l'ADN. Les données qu'elle a recueillies ont été indispensables aux travaux de Crick et Watson. Mais elle n'aurait pu recevoir le Nobel puisque le prix ne peut être attribué que du vivant du récipiendaire, et que Rosalind Franklin est morte quatre ans avant que Crick, Watson et Wilkins ne soient distingués par le comité Nobel.&nbsp;</p><p>Mais même si elle avait été vivante au moment de l'annonce des Prix Nobel, elle aurait probablement été oubliée. Comme beaucoup de femmes scientifiques, Franklin a souffert d'un manque de reconnaissance tout au long de sa carrière.</p><p>Elle n'était pas la première femme à devoir survivre dans le monde scientifique dominé par les hommes, mais dans le cas de Franklin, cette forme de sexisme était particulièrement flagrante, comme le rapporte&nbsp;<a href="http://wserver.scc.losrios.edu/~sah/chemistry/sime/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Ruth Lewin Sime</a>, une ancienne professeure de chimie à l'université de Sacramento qui a produit des écrits sur les femmes dans le monde des sciences.&nbsp;</p><p>Pendant des siècles, les chercheuses devaient se porter «&nbsp;volontaires » pour assister des membres de facultés des sciences, leurs découvertes majeures ont été attribuées à leurs collègues masculins et leurs noms ont été retirés des protocoles expérimentaux.</p><p>Il leur fallait bien souvent se battre pour ne serait-ce qu'avoir «&nbsp;la reconnaissance accordée naturellement à leurs époux ou confrères&nbsp;»,&nbsp;explique&nbsp;<a href="http://www.smu.edu/Dedman/Academics/Departments/Sociology/~/link.aspx?_id=BB5B23D111C941B4BAFB413722B2FBEF&amp;_z=z" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Anne Lincoln</a>, sociologue à l'Université méthodiste du Texas, qui a étudié les obstacles opposés aux femmes dans l'histoire des sciences.</p><p>Voici six femmes scientifiques qui permirent des découvertes majeures sans pour autant être créditées pour la seule raison qu'elles étaient nées femmes.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_789191_0"><strong>JOCELYN BELL BURNELL</strong></h2><p>Jocelyn Bell Burnell&nbsp;a découvert le premier pulsar en 1967, alors qu'elle était encore étudiante en astrophysique à l'université de Cambridge.</p><p>Un&nbsp;pulsar&nbsp;est un reste d'étoile résultant d'une supernova (phénomènes consécutifs&nbsp;de l'explosion d'une étoile), qui produit un signal périodique allant de quelques millisecondes à quelques&nbsp;dizaines de secondes. Leur existence même prouve que les étoiles n'explosent pas pour se diluer dans le néant mais qu'elles deviennent de minuscules étoiles à neutrons incroyablement denses tournant très rapidement sur elles-mêmes.</p><p>Jocelyn Bell Burnell a découvert les signaux récurrents produits par leur rotation alors qu'elle analysait les données papier envoyées par le télescope qu'elle utilisait et assemblait.</p><p>La découverte a été récompensée d'un Prix Nobel de physique, mais le prix fut remis à&nbsp;Anthony Hewish - le superviseur de Jocelyn Bell Burnell - et Martin Ryle, astrophysicien à l'université de Cambridge.</p><p>Ce déni de la participation de Jocelyn Bell Burnell généra une vague de sympathie pour la jeune femme. Mais dans une interview accordée à <em>National Geographic</em>&nbsp;et publiée en 2013, l'astronome était très terre-à-terre.&nbsp;</p><p>«&nbsp;L'idée que se faisaient alors les gens était celle d'un superviseur - toujours un homme - qui dirigeait des apprentis qui n'étaient pas censés penser mais étaient là pour exécuter les ordres donnés.&nbsp;» expliquait Jocelyn&nbsp;Bell Burnell, qui est désormais professeur d'astronomie à l'université d'Oxford.</p><p>Mais malgré la sympathie et son apport scientifique majeur, Bell Burnell expliquait qu'elle était toujours sujette à des attitudes sexistes.</p><p>«&nbsp;On m'a parfois refusé des travaux de recherche, » disait-elle. La plupart des postes offerts durant sa carrière étaient dédiés à l'enseignement ou à des tâches administratives.</p><p>«&nbsp;Et il était difficile d'allier famille et carrière »&nbsp;continuait-elle, essentiellement parce que l'université dans laquelle elle travaillait quand elle était enceinte ne lui permettait pas de prendre de&nbsp;congé maternité.</p><p>Elle est depuis devenue très «&nbsp;protectrice » des autres femmes scientifiques et agit pour augmenter le nombre de femmes chercheuses.</p><p>Elle dirige actuellement un groupe de travail à la Royal Society d'Édimbourg, chargé de mettre en place des stratégies pour encourager les femmes à s'engager dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques en Écosse.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_789201_0"><strong>ESTHER LEDERBERG</strong></h2><p>Née dans le&nbsp;Bronx en 1922, Esther Lederberg est une pionnière dans le domaine de la génétique des bactéries, de la régulation et de la recombinaison génétique.</p><p>Elle est surtout connue pour avoir découvert le phage lambda, un virus bactériophage qui infecte la bactérie Escherichia coli, en 1951 alors qu'elle était encore à l'université du Wisconsin.</p><p>Avec son époux, Joshua Lederberg, elle a aussi développé&nbsp;la&nbsp;culture bactérienne par réplication, qui a permis l'étude de la résistance aux antibiotiques. La méthode Lederberg est toujours utilisée aujourd'hui.</p><p>Les travaux de Joshua Lederberg sur la culture bactérienne par réplication ont compté dans l'attribution du Prix Nobel de physiologie ou médecine, qu'il a&nbsp;partagé en 1958 avec&nbsp;George Beadle et Edward Tatum.</p><p>«&nbsp;Elle mérite d'être reconnue pour son travail sur la découverte du phage lambda, sur ses recherches sur le facteur de fertilité et sur la réplication bactérienne, » écrit&nbsp;<a href="http://med.stanford.edu/profiles/Stanley_Falkow/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Stanley Falkow</a>, ancien microbiologiste de l'Université de Stanford. Cette reconnaissance, elle ne l'a jamais reçue.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_789211_0"><strong>CHIEN-SHIUNG WU</strong></h2><p>Née en Chine en 1912, Chien-Shiung Wu a&nbsp;travaillé à l'enrichissement de l'uranium&nbsp;pour le&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Manhattan" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Projet Manhattan</a>&nbsp;et participé au développement de la bombe atomique.</p><p>Chien-Shiung Wu a été recrutée à l'Université de Columbia dans les années 1940 pour prendre part au Projet Manhattan et a conduit les recherches sur la détection des radiations et l'enrichissement de l'uranium. Elle est restée aux États-Unis après la guerre et était reconnue comme l'une des meilleures physiciennes expérimentatrices de son temps, selon&nbsp;<a href="http://www.pa.ucla.edu/directory/nina-byers" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Nina Byers</a>, une ancienne professeure de physique à l'Université de Californie, à Los Angeles.</p><p>Au milieu des années 1950, deux physiciens théoriques,&nbsp;Tsung-Dao Lee et&nbsp;Chen Ning Yang, ont approché Chien-Shiung Wu pour travailler à la dénonciation de&nbsp;la loi de symétrie P ou parité, aussi appelée inversion de l'espace. Selon cette loi de mécanique quantique, deux systèmes physiques - comme des atomes - en miroir&nbsp;agiraient de manière identique.</p><p>Les expériences menées par Chien-Shiung Wu à base de cobalt-60, une forme radioactive de l'élément chimique, ont renversé&nbsp;la logique de la loi de parité, qui était établie depuis plus de 30 ans.</p><p>Ces recherches ont été récompensées d'un Prix Nobel en 1957 - mais seulement pour Yang et Lee. Chien-Shiung Wu a été délaissée malgré son rôle majeur dans cette démonstration. « Les gens ont trouvé cette décision scandaleuse » ajoute Byers.</p><p><a href="http://www.brandeis.edu/wsrc/scholars/profiles/abir-am.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Pnina Abir-Am</a>, une historienne des sciences à l'Université de Brandeis, ajoute que les origines chinoises de Chien-Shiung Wu ont pu jouer.</p><p>Chien-Shiung Wu est morte en 1997 à&nbsp;New York.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_789221_0"><strong>LISE MEITNER</strong></h2><p>Née à Vienne en&nbsp;1878, Lise Meitner est renommée pour ses travaux sur la&nbsp;radioactivité&nbsp;et la&nbsp;physique nucléaire. Elle est à l'origine de la découverte de la fission nucléaire - le fait qu'un atome lourd&nbsp;soit divisé&nbsp;en plusieurs nucléides plus légers. Cette découverte a permis de poser les bases du développement de la bombe atomique.</p><p>Son histoire est entremêlée de sexisme, d'enjeux politiques et ethniques.</p><p>Après avoir brillamment obtenu son doctorat de physique à l'université de Vienne, Meitner a déménagé à Berlin en 1907 et a commencé à collaborer avec le chimiste Otto Hahn. Ils ont travaillé ensemble pendant plus de 30 ans.</p><p>Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie en mars 1938, Meitner, qui était juive, a quitté l'Autriche pour la Suède. Elle a continué à travailler avec Hahn, correspondant et se retrouvant en secret à Copenhague&nbsp;en novembre de la même année.</p><p>Même si Hahn menait lui-même les expériences prouvant la théorie de la fission nucléaire, il était incapable de fournir l'explication du phénomène. Meitner et son neveu, Otto Frisch, ont quant à eux fourni les éléments théoriques.</p><p>Hahn a publié les découvertes faites sans nommer Meitner comme co-auteur. Plusieurs écrits attestent que Meitner comprenait la raison de cette omission, étant donnée la situation d'alors en Allemagne.</p><p>«&nbsp;C'est comme ça que Meitner a été dissociée de la découverte de la fission atomique, » explique Lewin Sime, qui a écrit une <a href="http://www.amazon.com/Lise-Meitner-A-Life-Physics/dp/0520208609/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1368474878&amp;sr=8-1&amp;keywords=ruth+lewin+sime" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">biographie sur Meitner</a>.</p><p>L'autre facteur expliquant cette "omission" était lié au genre de Meitner. La scientifique écrivit à une amie qu'il était presque un crime d'être une femme en Suède. Un chercheur membre du comité Nobel de Physique a mené plusieurs actions pour la faire taire. Hahn a donc remporté seul&nbsp;le Prix Nobel de chimie en 1944 pour ses contributions à la compréhension de la fission nucléaire.</p><p>«&nbsp;Les confrères de Meitner étaient alors convaincus qu'elle avait joué un rôle majeur dans cette découverte, » continue Sime. Mais son nom n'apparaissant pas sur les publications, elle ne put recevoir le Prix Nobel pour la découverte à laquelle elle avait pourtant participé.</p><p>Au fil des années, elle a peu à peu été reconnue pour son immense découverte. Lise Meitner est morte en 1968 à Cambridge.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_789231_0"><strong>ROSALIND FRANKLIN&nbsp;</strong></h2><p>Née en 1920 à Londres,&nbsp;Rosalind Franklin a participé de manière déterminante à la découverte de la structure de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_d%C3%A9soxyribonucl%C3%A9ique" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">acide désoxyribonucléique</a>&nbsp;(ADN). Elle a été la première à utiliser les rayons X pour photographier la structure de l'ADN et est peut-être la plus connue de ces scientifiques non-reconnues.&nbsp;</p><p>Rosalind Franklin a obtenu son doctorat en physique chimie à l'université de Cambridge en 1945, puis a passé trois ans dans un institut parisien pour étudier les&nbsp;techniques&nbsp;novatrices&nbsp;de&nbsp;diffraction&nbsp;des rayons X et la détermination des structures moléculaires des cristaux.</p><p>Elle est retournée en Angleterre en 1951 et a commencé à travailler en tant qu'associée de recherche au laboratoire&nbsp;John Randall dépendant du King's College de Londres. Elle y rencontra Maurice Wilkins, qui menait son propre groupe de recherche sur la structure de l'ADN.</p><p>Franklin et Wilkins ont travaillé séparément mais Wilkins a parfois pris Franklin pour une assistante et non une chercheuse travaillant à son propre projet.</p><p>Pendant ce temps,&nbsp;James Watson et Francis Crick, qui travaillaient tous deux à l'université de Cambridge, étudiaient eux aussi la structure de l'ADN. Ils communiquaient avec Wilkins, qui un jour leur montra l'image aux rayons X prise par Rosalind Franklin - connue sous le nom de Photo 51 - sans son accord.</p><p>La Photo 51 a permis à Watson, Crick et Wilkins de déduire la structure correcte de l'ADN, qu'ils ont publiée dans une série d'articles dans le journal&nbsp;<em>Nature</em> en avril 1953. Franklin a également été publiée dans ce même numéro, apportant de plus amples détails sur la structure de l'ADN.&nbsp;</p><p>L'image prise par Franklin a été déterminante dans la compréhension de la structure de l'ADN, mais seuls Watson, Crick et Wilkins se sont vus décerner le Prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs travaux.</p><p>Rosalind Franklin est morte d'un cancer des ovaires en 1958, à Londres, quatre ans avant que Watson, Crick et Wilkins ne soient distingués par le comité Nobel. Les prix n'étant pas attribuables à titre posthume, nous ne saurons jamais si Rosalind Franklin aurait été distinguée elle aussi pour sa contribution majeure.</p><h2  id="header_789241_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_789241_1"><strong>NETTIE STEVENS</strong></h2><p>Née en 1861 dans le Vermont, Nettie Stevens&nbsp;a fait l'une des grandes découvertes biologiques du début du&nbsp;xx<sup>e</sup>&nbsp;siècle&nbsp;: ses travaux ont permis de prouver que le sexe de chaque individu était déterminé par des caractères chromosomiques, et non par d'autres facteurs, notamment environnementaux, comme ce que l'on supposait alors.</p><p>Après avoir décroché son doctorat au&nbsp;Bryn Mawr College en Pennsylvanie, Nettie Stevens est restée dans cette université pour poursuivre ses recherches sur la détermination des organes sexuels.</p><p>En travaillant sur des&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Protozoaire" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">protozoaires&nbsp;ciliés</a>, elle a pu déduire que les mâles&nbsp;produisaient des chromosomes X et Y, déterminant le sexe d'un individu, et que les femelles quant à elles ne produisaient que des chromosomes X. Cette démonstration a permis de soutenir la théorie selon laquelle la détermination des organes sexuels était d'origine génétique.</p><p>Edmund Wilson, un de ses confrères, a conduit des recherches similaires et est arrivé à la même conclusion mais plus tard que Nettie Stevens.</p><p>Nettie Stevens a eu le sentiment d'être victime d'un effet&nbsp;<a href="http://www.jstor.org/stable/pdfplus/285482.pdf?acceptTC=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Matilda</a>&nbsp;- la répression ou le déni des contributions scientifiques des femmes chercheuses.</p><p><a href="http://www.nature.com/scitable/topicpage/thomas-hunt-morgan-and-sex-linkage-452" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Thomas Hunt Morgan</a>, un généticien de renom contemporain de Nettie Stevens, a souvent été crédité de la découverte de la détermination génétique des organes sexuels. Il était le premier à produire un livre sur la génétique, a voulu magnifier ses contributions scientifiques réelles et Stevens n'a pas été créditée pour sa découverte.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les punaises d'eau géantes se nourrissent de tortues, de canetons et même de serpents</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insolite-les-punaises-deau-geantes-se-nourrissent-de-tortues-de-canetons-et-meme-de-serpents-attaques-animales</link><description><![CDATA[Les punaises d'eau géantes sont des prédateurs voraces qui s'attaquent à tout, des canetons aux serpents venimeux en passant par les tortues, selon une étude qui rassemble des décennies de recherche sur ces insectes aquatiques.Ce sont des « prédateurs qui se couchent et attendent [leurs proies] », explique Charles Swart, maître de conférences au Trinity College, dans le Connecticut, qui a étudié...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 10:20:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insolite-les-punaises-deau-geantes-se-nourrissent-de-tortues-de-canetons-et-meme-de-serpents-attaques-animales</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/01-giant-water-bug-minden_00545631.jpg?w=1600" length="1174054" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les punaises d'eau géantes sont des prédateurs voraces qui s'attaquent à tout, des canetons aux serpents venimeux en passant par les tortues, selon une étude qui rassemble des décennies de recherche sur ces insectes aquatiques.</p><p>Ce sont des « prédateurs qui se couchent et attendent [leurs proies] », explique <a href="https://www.researchgate.net/profile/Charles-Swart-4" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Charles Swart</a>, maître de conférences au Trinity College, dans le Connecticut, <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1095643306002649#!" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">qui a étudié les punaises d'eau géantes</a>.</p><p>« Ils s'accrochent à une plante dans l'eau, et attrapent et essaient de manger tout ce qui bouge devant eux. »</p><p>La recherche, publiée en <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/ens.12334" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mars 2019 dans la revue <em>Entomological Science</em></a>, examine de plus près l'écologie des punaises d'eau géantes, que l'on trouve presque partout dans le monde et qui comptent environ 150 espèces connues. Les plus grandes, <em>Lethocerus grandis</em> et <em>Lethocerus maximus</em>, vivent en Amérique du Sud et peuvent atteindre une longueur supérieure à 10 cm.</p><p>L'auteur de l'étude, <a href="http://1st.geocities.jp/oobah8ag/Englishpage.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Shin-ya Ohba</a>, professeur associé d'entomologie à l'université japonaise de Nagasaki, est fasciné par ces insectes depuis qu'il en a vu un pour la première fois dans une animalerie à l'âge de sept ans.</p><p>« Les entomologistes japonais aiment les punaises d'eau géantes parce qu'elles ont une morphologie intéressante », explique-t-il.<br><br>&nbsp;</p><h2   id="header_5572204_0"><strong>UN PRÉDATEUR OPPORTUNISTE</strong></h2><p>Pour les besoins de son étude, Shin-ya Ohba a consulté la littérature existante sur les punaises d'eau, dont il a étudié un grand nombre d'individus au Japon, où les quatre espèces indigènes - y compris <em>Kirkaldyia deyrolli</em>, qui a fait l'objet de nombreuses études - sont des prédateurs de premier plan dans les rizières et les zones humides.</p><p>Un thème récurrent s'est dégagé : ces insectes semblent intrépides dans leur prédation. Par exemple, en 2011, Ohba a rapporté la <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1479-8298.2011.00450.x" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">première observation d'une punaise d'eau géante s'attaquant à une tortue</a>.</p><p>Malgré leur taille, ces insectes brunâtres se fondent parmi les plantes sur lesquelles ils se perchent, se balançant la tête en bas pour pouvoir respirer grâce à un « tuba » qui dépasse de leur derrière.</p><p>Lorsqu'une proie arrive à leur portée, ces prédateurs serrent rapidement leurs pattes avant et saisissent la créature avec leurs autres pattes. Les punaises transpercent ensuite leur proie avec une trompe en forme de poignard, injectant des enzymes et peut-être des produits chimiques anesthésiants.</p><p>Charles Swart, qui n'a pas participé à l'étude en question, note qu'on ne sait pas exactement ce qui compose les toxines des punaises d'eau géantes, ni si elles sont vraiment venimeuses.</p><p>« Elles décomposent les tissus et les aspirent à nouveau », explique-t-il, ajoutant que pour les proies les plus grosses, cette opération peut durer quelques heures, pendant lesquelles leur victime peut rester en vie, du moins en partie.</p><p>Swart ajoute que ces nouvelles recherches constituent un « examen très complet de tout ce que l'on sait sur ces animaux ».</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5572206_0">DES MÈRES INFANTICIDES</h2><p>Les punaises d'eau géantes détonnent parmi les insectes en ce sens que les mâles assument la majeure partie de la responsabilité des soins apportés aux œufs.</p><p>Chez certaines espèces, les mâles gardent les coquilles d'œufs - jusqu'à cinq à la fois - <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/een.12398" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en les protégeant des prédateurs tels que les fourmis</a>. Chez d'autres, <a href="https://royalsocietypublishing.org/doi/full/10.1098/rsos.150720" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les femelles collent leurs œufs directement sur le dos des mâles</a>, qui les transportent jusqu'à ce qu'ils éclosent en nymphes.</p><p>L'étude d'Ohba note également que chez certaines espèces, comme<em> K. deyrolli</em>, les femelles sont tellement désireuses de trouver un partenaire qu'elles mangent les œufs d'autres femelles.</p><p>« En détruisant les œufs de sa concurrente, une femelle peut s'assurer que le mâle prendra soin de ses œufs à elle » explique Ohba.&nbsp;</p><p>De plus, les larves de punaises d'eau, dont le stade de vie dure jusqu'à soixante jours, doivent être aussi résistantes que les adultes. Chez la plupart des espèces, elles éclosent à une saison où les petites proies sont moins abondantes, ce qui les oblige à s'attaquer à des proies de prime abord impossibles à attraper, comme les têtards ou les petits poissons.</p><p>Les larves sont armées de pattes avant très recourbées, ce qui leur permet d'agripper plus facilement leurs proies.</p><p>En ce qui concerne la chaîne alimentaire, Swart ajoute que les punaises d'eau géantes sont souvent la proie de poissons plus gros, de canards, voire de ratons laveurs ou de tortues. Certaines personnes les mangent également frites ou bouillies en Asie du Sud-Est.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5572209_0"><strong>DES PRÉDATEURS NÉCESSAIRES</strong></h2><p>Aussi effrayantes que puissent paraître les punaises d'eau géantes, leur statut de prédateurs de premier ordre les rend essentielles au maintien d'un écosystème sain.</p><p>La pollution de l'eau peut nuire à leurs populations, et les espèces exotiques telles que les écrevisses et les grenouilles-taureaux peuvent s'attaquer aux punaises d'eau.&nbsp;</p><p>Il apparaît nécessaire de garantir une eau douce propre et exempte d'invasions pour ces espèces cruciales, explique M. Ohba.</p><p>« Nous pouvons préserver des écosystèmes entiers grâce à la conservation des punaises d'eau géantes. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ces cinq lacs sont les plus effrayants du monde</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/phenomenes-surnaturels-ces-cinq-lacs-sont-les-plus-effrayants-du-monde</link><description><![CDATA[Avez-vous un lac près de chez vous ? Et si oui, savez-vous ce qui se cache dans ses profondeurs ? S’il a déjà fait une apparition dans l’une des nombreuses vidéos virales de Geo Rutherford, artiste et créatrice de contenu sur TikTok, vous ne voulez peut-être pas le découvrir.« [Les lacs] ont la capacité de conserver des choses que les rivières et les autres étendues d’eau ne gardent pas », révèle...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 08:55:04 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/phenomenes-surnaturels-ces-cinq-lacs-sont-les-plus-effrayants-du-monde</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-522618910.jpg?w=1600" length="319835" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Avez-vous un lac près de chez vous&nbsp;? Et si oui, savez-vous ce qui se cache dans ses profondeurs&nbsp;? S’il a déjà fait une apparition dans l’une des nombreuses vidéos virales de Geo&nbsp;Rutherford, artiste et créatrice de contenu sur TikTok, vous ne voulez peut-être pas le découvrir.</p><p>«&nbsp;[Les lacs] ont la capacité de conserver des choses que les rivières et les autres étendues d’eau ne gardent pas&nbsp;», révèle Rutherford. «&nbsp;Ils renferment, en quelque sorte, des morceaux d’Histoire, si bien qu’on peut parfois y mettre au jour des épaves de bateaux ou même des corps préservés pendant très longtemps.&nbsp;»</p><p>Tous les ans, la créatrice publie une <a href="https://www.tiktok.com/@geodesaurus?lang=fr" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">série de vidéos</a> TikTok à l’occasion du mois d’octobre, baptisée «&nbsp;Spooky Lake Month&nbsp;» (littéralement «&nbsp;Mois des lacs effrayants&nbsp;»), qui compile plus de 70&nbsp;millions de «&nbsp;J’aime&nbsp;» et lui a permis d’accumuler pas moins de 1,7&nbsp;million d’abonnés sur le réseau social et de sortir <a href="https://spookylakes.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un tout nouveau livre</a> sur le sujet.</p><p>Plutôt que de chasser des fantômes ou des monstres légendaires des profondeurs, Rutherford explore dans ses vidéos l’histoire de lacs hantés par la présence de composés chimiques toxiques, de curiosités géologiques, ou encore de corps humains étonnamment bien conservés.</p><p>«&nbsp;Le monde naturel n’a besoin de personne pour être effrayant.&nbsp;»</p><p>Pour célébrer l’arrivée prochaine d’<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/10/halloween-entre-histoires-et-mythes">Halloween</a> et le lancement de la saison des horreurs, nous avons demandé à Geo&nbsp;Rutherford de nous partager le top&nbsp;5 de ses lacs effrayants préférés et de nous expliquer ce qui les rend si uniques.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590320_0"><strong>1.&nbsp;LE LAC BAÏKAL, EN SIBÉRIE ORIENTALE</strong></h2><p>De tous les lacs, le lac Baïkal, qui est réellement le plus étrange de notre planète, est de loin mon préféré. Il est non seulement <a href="https://whc.unesco.org/fr/list/754/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">le plus ancien, mais aussi le plus profond lac d’eau douce du monde</a>&nbsp;: il atteint, à son point le plus bas, les 1&nbsp;700&nbsp;mètres de profondeur. C’est beaucoup, beaucoup plus profond que n’importe quel autre lac, et le plus impressionnant, c’est qu’il soit parvenu à rester aussi profond pendant si longtemps<em>. [Note de la rédaction pour les non-initiés&nbsp;: les </em><a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/environnement/geographie/geographie-physique/eau/lacs"><em>lacs</em></a><em> ont en effet tendance à devenir de moins en moins profonds avec le temps.]</em></p><p>Plus de 300&nbsp;rivières se jettent dans le lac Baïkal, et il n’a pourtant pas été submergé par tous les sédiments qu’il accumule. Cela s’explique par son emplacement sur une <a href="https://pubs.usgs.gov/fs/baikal/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">vallée de rift</a> qui continue de s’agrandir en permanence ; tous les sédiments sont ainsi aspirés directement dans la Terre. Le fond de la vallée de rift qui abrite ce lac compte probablement parmi les plus profonds au monde.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590320_1"><strong>2.&nbsp;LE LAC VOSTOK, EN ANTARCTIQUE</strong></h2><p>Ce lac se trouve sous 3&nbsp;kilomètres de glace. C’est un lieu si fascinant qu’il nous est difficile de l’imaginer. L’eau douce qu’il contient se renouvellerait grâce à la combinaison de la pression émise par la glace et de la présence potentielle de certains hydrates de gaz, voire d’une <a href="https://www.montana.edu/priscu/documents/Publications/SeigertEtAl2001Vostok.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">activité géothermique</a> du fond.</p><p>Pendant plus de vingt ans, des scientifiques russes ont tenté d’atteindre ce lac en <a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/120208-russians-lake-vostok-antarctica-drilling-science" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">forant</a> dans la glace. Ils n’y sont cependant pas parvenus complètement, car à chaque fois qu’ils arrivaient à percer la glace suffisamment profondément, de l’eau revenait remplir le trou, puis gelait à nouveau. Je trouve cela aussi étrange que curieux.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590320_2"><strong>3. LE LAC NATRON, EN TANZANIE</strong></h2><p>La <a href="https://earthobservatory.nasa.gov/images/90191/lake-natron-tanzania" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">composition chimique</a> de ce lac est absolument fascinante. Ses eaux momifient ni plus ni moins les créatures qui tombent dans le lac en les asséchant, tout comme <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/egypte-antique-comment-momifier-un-cadavre-en-70-jours-ou-moins">les Égyptiens asséchaient les corps</a> après la mort.</p><p>Pour ce faire, les embaumeurs égyptiens avaient recours à du natron, un minéral extrêmement abondant dans ce lac. Du fait de la présence de celui-ci, les eaux du lac Natron sont dites basiques, l’inverse de l’acide. Un volcan situé non loin de là produit un type de lave très particulier, en se déversant dans le lac, contribue à créer cette étrange composition.</p><p>Le lac Natron n’est toutefois pas entièrement hostile à la présence de vie. Des millions de <a href="https://www.nhm.ac.uk/discover/news/2024/april/rising-water-levels-threaten-survival-lesser-flamingo.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">flamants nains</a> s’y rendent pour se reproduire et se nourrir des algues qu’il contient.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590320_3"><strong>4. LE LAC KARATCHAÏ, EN RUSSIE</strong></h2><p>C’est l’un des endroits les plus pollués sur Terre. Pendant longtemps, une usine de traitement de l’uranium avait la mauvaise habitude d’y déverser tous ses déchets radioactifs. <a href="https://inis.iaea.org/collection/NCLCollectionStore/_Public/33/011/33011239.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">L’histoire de l’usine</a> et de la région environnante est fascinante, car tout y est devenu extrêmement radioactif. Le lac Karatchaï était autrefois considéré comme l’un des endroits les plus radioactifs au monde, mais il s’est lentement asséché au fil du temps, et tous les sédiments qu’il contenait ont donc commencé à se déplacer et à contaminer les villages et les populations de la région.</p><p>Le lac n’existe plus aujourd’hui. Il était si dangereux qu’il a fallu le sceller en le remplissant de milliers de blocs de béton.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590320_4"><strong>5.&nbsp;LE LAC SUPÉRIEUR, AUX ÉTATS-UNIS</strong></h2><p>Le lac Supérieur se distingue des autres <a href="https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2020/12/si-grands-mais-si-fragiles">Grands Lacs</a> d’Amérique du Nord par ses dangereuses <a href="https://www.weather.gov/mqt/fitz_gales" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">tempêtes automnales</a>. En novembre, des vents violents et des tempêtes de neige provoquent parfois la disparition de navires. Le plus célèbre d’entre eux est le <a href="https://shipwreckmuseum.com/edmund-fitzgerald/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">SS&nbsp;<em>Edmund&nbsp;Fitzgerald</em></a>, qui constitue désormais l’épave la plus emblématique des Grands Lacs. Elle ne se trouve qu’à 12&nbsp;mètres de profondeur, mais il est interdit de la visiter, car elle est considérée comme le cimetière des personnes qui y ont péri.&nbsp;</p><p>D’autres épaves de la région peuvent cependant être visitées, comme celle du <a href="https://www.nps.gov/isro/learn/historyculture/ss-kamloops.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">SS&nbsp;<em>Kamloops</em></a>, qui a disparu au large de l’Isle Royale, [une île des Grands Lacs]. Le navire a heurté le rivage rocheux et a coulé dans les profondeurs, et ce n’est que bien plus tard que, le long du rivage de l’île, ont été découverts les corps des membres de l’équipage. Tous étaient morts de froid. L’épave a été retrouvée en 1977 et a commencé à être explorée&nbsp;; c’est là qu’a été découvert le corps de «&nbsp;Old Whitey&nbsp;», l’un des membres de l’équipe, encore en train de flotter dans la chaufferie du <em>Kamloops</em>. Il donne l’impression de suivre les visiteurs à cause des courants créés par le mouvement de leurs palmes.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les loups de Chine sont parfaitement adaptés à la vie en altitude</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-les-loups-de-chine-sont-parfaitement-adaptes-a-la-vie-en-altitude</link><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 06:02:40 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-les-loups-de-chine-sont-parfaitement-adaptes-a-la-vie-en-altitude</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035056_img.jpg?w=1600" length="296256" type="image/jpeg"/></item><item><title>À Kaktovik, une brigade anti-ours patrouille 24 h/24</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-a-kaktovik-une-brigade-anti-ours-patrouille-24-h/24</link><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 08 Oct 2026 05:02:54 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-a-kaktovik-une-brigade-anti-ours-patrouille-24-h/24</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035061_img.jpg?w=1600" length="102869" type="image/jpeg"/></item><item><title>Balais, chaudrons et chapeaux pointus : les origines de l’attirail des sorcières</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-tradition-croyances-populaires-balais-chaudrons-et-chapeaux-pointus-les-origines-de-lattirail-des-sorcieres</link><description><![CDATA[Comment définir une sorcière ? Il ne suffit pas pour l’être de se vêtir de noir, de porter un grand chapeau pointu, puis d’enfourcher un balai. C’est un concept qui transcende celui de vieille femme criblée de verrues ou de sirène envoûtante. L’histoire de cet archétype de la culture populaire peut grandement nous renseigner sur l’influence persistante des chasses aux sorcières de l’époque...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 16:00:30 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-tradition-croyances-populaires-balais-chaudrons-et-chapeaux-pointus-les-origines-de-lattirail-des-sorcieres</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/bal8621100.jpg?w=1600" length="1627200" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Comment définir une sorcière&nbsp;? Il ne suffit pas pour l’être de se vêtir de noir, de porter un grand chapeau pointu, puis d’enfourcher un balai. C’est un concept qui transcende celui de vieille femme criblée de verrues ou de sirène envoûtante. L’histoire de cet archétype de la culture populaire peut grandement nous renseigner sur l’influence persistante des chasses aux sorcières de l’époque moderne ainsi que sur notre fascination pour ces figures emblématiques.</p><p>Voici comment chaudrons, chapeaux pointus, balais et chats noirs devinrent des éléments indispensables de l’attirail de la sorcière idéale.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5591217_0">LES CHAUDRONS</h2><p>Noir comme le plus profond de la nuit. Suffisamment grand pour pouvoir accueillir des yeux de tritons et tout ce que l’on peut imaginer d’ingrédients au nom inquiétant. Aussi immense et lourd soit-il, son contenu recèle de tels pouvoirs qu’il semble invariablement s’agiter et bouillonner, allant jusqu’à chercher à s’élever au-dessus de son bord. Voilà qui caractérise un chaudron de sorcière.</p><p>Si les chaudrons peuvent sembler indissociables de l’attirail servant à concocter potions et autres sortilèges, ces récipients étaient en fait autrefois un élément banal de la vie domestique. Dans chaque cuisine on en trouvait un suspendu au-dessus du feu que la femme de la maison utilisait pour préparer le dîner. Paradoxalement, c’est peut-être pour cela qu’ils sont si effrayants. «&nbsp;La sorcellerie, genrée aussi fixement qu’elle l’est, incarne les angoisses vis-à-vis de la maternité, de la sexualité et de la nourriture&nbsp;», explique&nbsp;<a href="https://history.northwestern.edu/people/faculty/core-faculty/haley-bowen.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Haley Bowen</a>, historienne de l’Université Northwestern.</p><p>Le lien entre sorcières et chaudrons pourrait être apparu au crépuscule du 15<sup>e</sup> siècle. En 1489, l’avocat allemand&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ulrich_Molitor" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ulrich Molitor</a> publia <em>De Lamiis et Phitonicis Mulieribus</em> (<em>Des Démons et des sorcières</em>), le premier ouvrage illustré sur la sorcellerie. Il s’agit d’une réfutation du&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/topic/Malleus-maleficarum" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Malleus Maleficarum</em></a><em>&nbsp;</em>(<em>Le Marteau des sorcières</em>), publié quelques années auparavant par le frère dominicain allemand Johann Sprenger et le frère dominicain et inquisiteur autrichien Heinrich Kramer. La sorcellerie, proclamait ce dernier, était la pire de toutes les hérésies&nbsp;: elle exigeait une dévotion du corps et de l’âme au mal, l’abandon du christianisme et le sacrifice de nourrissons non baptisés à Satan. L’ouvrage d’Ulrich Molitor présente quant à lui une série de gravures sur bois dont le but est de contredire les perceptions de ce type et de démystifier les idées populaires sur l’apparence et le comportement des sorcières. Mais par le jeu des réimpressions multiples et d’une large distribution qui exposa le public à des stéréotypes de manière répétée, ces représentations se consolidèrent au lieu d’être ébranlées.&nbsp;</p><p>L’une des images figurait&nbsp;<a href="https://digital.library.cornell.edu/catalog/ss:574585" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">deux sorcières devant un chaudron</a>. «&nbsp;L’image de la sorcière est particulièrement stable dans notre imagination […] Le pouvoir de cette iconographie est vraiment dû à cette cristallisation précoce juste après l’invention de la presse d’imprimerie&nbsp;», ajoute Haley Bowen.</p><p>À la fin du 16<sup>e</sup> siècle, catholiques comme protestants croyaient que les sorcières faisaient des pactes avec Satan afin d’obtenir des pouvoirs. L’un de ces pouvoirs était la capacité à concocter des potions dans des chaudrons. Ainsi, une image de femmes réunies autour d’un chaudron devint synonyme de sorcellerie. Ce stéréotype du chaudron fut si pénétrant, persistant, et s’ancra si rapidement qu’il s’immisça dans les tentatives de Shakespeare de se faire bien voir du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/history/history-magazine/article/scotland-witch-hunts" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">roi Jacques&nbsp;I<sup>er</sup></a>, qui avait une peur bleue des sorcières. Il n’est sans doute pas de rapprochement entre sorcières et chaudrons plus emblématique que celui fait dans la première scène du quatrième acte de <em>Macbeth,</em> pièce du célèbre dramaturge représentée pour la première fois en 1606, lorsque trois femmes terrifiantes chantent ceci sur la lande embrumée&nbsp;:&nbsp;</p><p><em>«&nbsp;Redoublons, redoublons de travail et de peine&nbsp;/ Brûle, feu&nbsp;; bouillonne, chaudron.&nbsp;»</em></p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5591219_0">CHAPEAUX POINTUS ET VERRUES</h2><p>Prenez n’importe quel train de banlieue en direction de Salem, dans le Massachussetts, en particulier autour du 31 octobre, et vous submergé par des vagues de chapeaux pointus allant rendre hommage à ce qui est sans doute la ville la plus sorcière du monde.</p><p>Où commence l’histoire de cette chapellerie féminine&nbsp;? Voilà une question à laquelle il est bien difficile de répondre.</p><p>Selon <a href="https://www.baltimoresun.com/2002/10/31/dispelling-myths-of-witches/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Walter Stephens</a>, professeur d’études italiennes à l’Université Johns-Hopkins, les sorcières s’habillent en noir, car c’est la couleur de la nuit et de la peur. Considération plus terre-à-terre, le noir était également une couleur de vêtement fréquente&nbsp;–&nbsp;et économique&nbsp;– facile à trouver. Mais lorsque l’on cherche à savoir pourquoi leurs chapeaux sont pointus et surdimensionnés, les choses se compliquent. L’Histoire recèle un nombre proprement ahurissant de sources potentielles sur ce sujet. Selon Walter Stephens, ces chapeaux particuliers pourraient venir des bonnets d’âne qu’on forçait les hérétiques à porter ou bien peut-être de couvre-chefs puritains du 17<sup>e</sup> siècle typiques du style <em>pilgrim.</em> Les chapeaux coniques noirs à bord large faisaient également partie de l’attirail quotidien des membres d’une nouvelle religion du 16<sup>e</sup> siècle&nbsp;: le quakerisme, courant accusé de verser dans des activités sataniques et dans la sorcellerie par les puritains. Au Moyen Âge, il n’était pas rare de voir les femmes de la noblesse vêtues au goût du jour porter des hennins hauts et fuselés, une tendance qui finit par gagner les campagnes. Selon certains historiens, le chapeau pointu noir viendrait d’un couvre-chef similaire porté au Moyen Âge par les&nbsp;<a href="https://museumofoxford.org/alewives-in-oxford-a-history-of-female-brewing" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">tenancières de brasseries</a>, qui dominaient le commerce brassicole en Angleterre (et occupaient une position aux marges de la société), pour faire en sorte d’être vues sur les places de marché.</p><p>D’autres théories sont moins inoffensives et rapportent ce phénomène aux préjugés antisémites. Selon certaines, le chapeau pointu pourrait dériver d’une coiffe conique, le judenhut, que les Juifs étaient contraints de porter pour pouvoir être facilement identifiés dans l’Europe médiévale du 13<sup>e</sup> siècle. En 1431, la loi hongroise imposa aux sorcières reconnues coupables de sorcellerie de porter ces&nbsp;«&nbsp;calottes juives à corne&nbsp;» en public, et ce dès la première condamnation. D’ailleurs, le nez crochu des sorcières pourrait bien lui aussi être apparenté à des stéréotypes sur les Juifs. Selon certains universitaires, il pourrait s’agir d’une caricature du nez aquilin utilisé pour représenter les Juifs, qui, comme les sorcières, furent persécutés durant le Moyen Âge.</p><p>Et quid de la tendance à affubler les sorcières de verrues&nbsp;? Selon certains historiens, celles-ci seraient de probables descendantes de la «&nbsp;marque de la sorcière&nbsp;», allusion à une troisième mamelle que les sorcières destinaient à l’allaitement de leurs compagnons (les animaux qui les assistaient).</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5591219_1"><strong>CHATS NOIRS, ARAIGNÉES ET CRAPAUDS…&nbsp;</strong></h2><p>À l’époque moderne, les habitants des îles britanniques et de l’Europe croyaient en l’existence de la sorcellerie et du surnaturel, et lorsque les temps étaient difficiles, on ne se privait pas pour attribuer ses malheurs aux sorcières. Mauvaises récoltes&nbsp;? Bétail malade&nbsp;? Les infortunes de ce type pouvaient être causées par la magie nocive d’une sorcière, croyait-on. Les premières&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/au-fil-des-siecles-la-chasse-aux-sorcieres-a-fait-des-milliers-de-victimes">chasses aux sorcières</a> et accusations de sorcellerie furent lancées au début du 15<sup>e</sup> siècle et se poursuivirent durant 300 ans. Au 17<sup>e</sup> siècle, les superstitions vis-à-vis de la sorcellerie redoublèrent en intensité&nbsp;; selon les croyances populaires et intellectuelles, le diable et ses serviteurs étaient partout présents. De 1400 à 1750, 50&nbsp;000 à 100&nbsp;000 innocentes d’Europe continentale et des îles britanniques furent accusées de sorcellerie et mises à mort, généralement par le feu ou par pendaison.</p><p>Selon la croyance populaire, une fois son pacte avec le diable conclu, la sorcière se voyait offrir un compagnon, c’est-à-dire un animal, doué de toutes sortes de pouvoirs magiques. On les appelait parfois «&nbsp;diablotins&nbsp;». Une sorcière était également susceptible d’hériter du compagnon d’une autre sorcière. Parfois, il arrivait même que les sorcières se les partagent. Les chats noirs semblent aujourd’hui l’incarnation la plus évidente de ces compagnons, mais il pouvait aussi bien s’agir de crapauds, de rats, de souris, de chouettes, de chiens, d’oiseaux, de chèvres, voire d’araignées, de mouches ou d’escargots.</p><p>De même que la sorcière accomplissait la volonté de Satan, ainsi les compagnons obéissaient à celle-ci. Ils pouvaient servir de messagers, d’assistants, voire d’espions. Beaucoup portaient des noms assez mémorables, notamment consignés par&nbsp;<a href="https://www.historic-uk.com/HistoryUK/HistoryofEngland/Matthew-Hopkins-WitchFinder-General/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Matthew Hopkins</a>, autoproclamé «&nbsp;chasseur de sorcières en chef&nbsp;» responsable de la mort de centaines de femmes au 17<sup>e</sup> siècle&nbsp;: Pyewacket, Peck in the Crown, Griezel Greedigut ou encore Vinegar Tom.</p><p>Ces compagnons reviennent souvent dans les témoignages donnés lors de procès en sorcellerie. On les considérait comme l’un des éléments les plus révélateurs de la pratique de la magie noire par une prévenue. Par exemple, en 1566, Agnes Waterhouse, veuve habitant le village d’Hatfield Peverel, en Angleterre, avoua posséder un chat nommé Satan dont elle s’était servie pour tuer et blesser des personnes. En 1645, Hellen Clark avoua lors de son procès que le diable s’était présenté chez elle sous la forme d’un chien blanc qu’elle appelait Elimanzer. En ce qui concerne Margaret et Philippa Flower, les sorcières de Belvoir, le simple fait d’avoir nourri leur chat Rutterkin fut retenu comme preuve dans le procès qui leur fut intenté.</p><p>Il faut voir dans cette alliance un arrangement mutuellement bénéfique&nbsp;: les sorcières avaient un compagnon qui les assistait dans leurs méfaits, et ces derniers avaient un endroit où vivre et de la nourriture à foison. On apprit que certains mangeaient de la nourriture humaine, comme du pain et du lait. Mais la plupart des compagnons avaient plutôt coutume de se nourrir sur leur sorcière même&nbsp;: téter un doigt, un grain de beauté ou une verrue faisait généralement l’affaire.&nbsp;</p><p>C’est la présence d’une troisième mamelle, que l’on pensait exclusivement destinée aux compagnons, qui servait souvent lors des procès, notamment en Angleterre et en Écosse aux 16<sup>e</sup> et 17<sup>e</sup> siècle, à prouver qu’une sorcière était bel et bien une sorcière. (Bien que souvent la seule présence d’un petit animal suffisait pour la faire condamner).</p><p>Parfois, il était difficile de savoir si un animal était un compagnon ou bien une sorcière métamorphe&nbsp;; cela pouvait notamment être le cas avec les légendaires chats noirs auxquels la croyance populaire prêtait de tels pouvoirs. Cette idée a des origines anciennes. Hécate, déesse de la sorcellerie, aurait eu pour animal domestique un chat. Les chats noirs furent officiellement déclarés incarnations de Satan dans une bulle pontificale du 13<sup>e</sup> siècle, la <em>Vox in Rama.&nbsp;</em>En 1486, le <em>Malleus Maleficarum</em> abonda en ce sens&nbsp;; les chats sont, peut-on y lire, «&nbsp;dans les Écritures, un symbole fort à propos du perfide […], car les chats se tendent constamment des pièges les uns aux autres&nbsp;». Il établit en outre un lien explicite entre ces derniers et les sorcières&nbsp;: «&nbsp;À cet égard, on peut se demander si ces démons apparurent ainsi, déjà formés, sans la présence des sorcières, ou si les sorcières étaient effectivement présentes et furent converties par quelque charme en ces bêtes.&nbsp;» Pourtant, selon certains historiens, le lien entre chat noir et sorcières a une origine plus pratique et plus banale&nbsp;: dans l’obscurité, la nuit, les chats noirs faisaient d’efficaces chasseurs de souris.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5591221_0">ET BIEN SÛR... UN BALAI</h2><p>Voilà une idée fausse mais largement répandue. Jamais les sorcières ne volèrent sur des balais. L’origine de cette association erronée est peut-être aussi tristement banale&nbsp;que ce fait&nbsp;: seules les femmes se servaient d’un balai pour faire le ménage. Ou bien est-elle mercantile&nbsp;: au Moyen Âge&nbsp;les brasseuses laissaient un balai à l’extérieur de leur établissement pour indiquer que de la bière était en vente à l’intérieur.</p><p>Toutefois, on considérait que les sorcières avaient à leur disposition d’autres moyens que le balai pour s’envoler. Des animaux tels que les chèvres, qui représentaient Satan, les bâtons de cuisson et d’autres objets en bois pouvaient également servir, pensait-on. En 2019, l’historienne&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/history/history-magazine/article/scotland-witch-hunts" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Julian Goodare</a> faisait observer dans <em>National Geographic</em> que lors du procès de Margaret Watson, qui se tint en 1644, furent consignés les détails surprenants suivants&nbsp;: «&nbsp;Tu as reconnu que […] Mallie Paterson avait volé sur un chat, Janet Lockie sur un coq, ta tante Margaret Watson&nbsp; sur une branche d’aubépine, et toi-même sur un fagot de paille, et Jean Lachlan sur une branche de sureau.&nbsp;»</p><p>L’imaginaire populaire autour des modes de déplacement des sorcières inspira des artistes européens dont les œuvres influencèrent à leur tour les conceptions du public. Le <em>De Lamiis et Phitonicis Mulieribus&nbsp;</em>(<em>Des démons et des sorcières</em>) d’Ulrich Molitor fut peut-être la première œuvre à imprimer la notion de la sorcière en vol dans la mémoire collective à la fin du 15<sup>e</sup> siècle, notamment grâce à l’incorporation des images de trois sorcières métamorphes volant sur une fourche et d’un sorcier chevauchant un loup. «&nbsp;La Sorcière&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://collections.vam.ac.uk/item/O781150/witch-riding-backwards-on-a-print-durer/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">œuvre d’Albrecht Dürer</a> réalisée vers 1500, figure une subversion de l’ordre naturel des choses en opposant diamétralement la direction du regard d’une sorcière et de la chèvre qu’elle chevauche en sens inverse.&nbsp;<a href="https://www.metmuseum.org/art/collection/search/380492" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Francisco Goya</a>, sur la soixante-huitième gravure de ses «&nbsp;Caprices&nbsp;», montre une vieille femme rabougrie apprenant à une jeune sorcière séduisante à voler sur un balai.</p><p>Mais c’est le septième art qui donna au monde l’image la plus emblématique d’une sorcière volant sur un balai&nbsp;: celle de la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-litterature-cinema-conte-fees-personnages-malefiques-qu-est-ce-qu-une-bonne-sorciere-de-fiction">méchante sorcière de l’Ouest</a> du <em>Magicien d’Oz&nbsp;</em>écrivant dans le ciel «&nbsp;Surrender Dorothy&nbsp;» («&nbsp;Rends-toi Dorothy&nbsp;») avec la fumée noire qui s’échappe de son balai. Oseriez-vous douter qu’une créature si maléfique puisse voler&nbsp;?</p>]]></content:encoded></item><item><title>Animaux : comment différencier un mâle d'une femelle ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comprendre-comment-differencier-un-male-ou-une-femelle-hermaphrodite-sexe-comportement-animal</link><description><![CDATA[« Comment un œil non expert peut-il distinguer une hyène femelle d'un mâle ? » est une question que nous recevons régulièrement.Les femelles hyènes tachetées « ont un clitoris allongé qui ressemble beaucoup au pénis d'un mâle », explique Sarah Benson-Amram, zoologiste à l'université du Wyoming.Ces pseudo-pénis ou pseudophallus, comme on les appelle, sont associés à des « testicules », qui sont en...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 12:57:45 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comprendre-comment-differencier-un-male-ou-une-femelle-hermaphrodite-sexe-comportement-animal</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/01animalssex.jpg?w=1600" length="1335157" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>« Comment un œil non expert peut-il distinguer une hyène femelle d'un mâle ? » est une question que nous recevons régulièrement.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2018/03/les-hyenes-sont-elles-hermaphrodites#:~:text=C&amp;apos;est%20le%20seul%20mammif%C3%A8re,kilogramme%20par%20le%20m%C3%AAme%20orifice.">Les femelles hyènes tachetées</a> « ont un clitoris allongé qui ressemble beaucoup au pénis d'un mâle », explique <a href="http://www.uwyo.edu/animalcognition/research.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sarah Benson-Amram</a>, zoologiste à l'université du Wyoming.</p><p>Ces pseudo-pénis ou pseudophallus, comme on les appelle, sont associés à des « testicules », qui sont en fait des lèvres fusionnées remplies de tissu adipeux.</p><p>Alors, <a href="http://www.hyaenidae.org/hyena-myths.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">comment un non-averti peut-il distinguer les hyènes tachetées femelles des mâles</a> ? Voici un conseil.</p><p>Les hyènes des deux sexes ont des érections lorsqu'elles se saluent dans une parade amoureuse, explique Benson-Amram. « Si l'extrémité du phallus en érection est pointue, il s'agit d'un mâle ; si elle est émoussée et droite, il s'agit d'une femelle. »</p><p><a href="http://www.izw-berlin.de/director.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Heribert Hofer</a>, de l'Institut Leibniz pour la recherche sur les zoos et les animaux sauvages, note qu'il existe une autre manière de les distinguer. « Les femelles peuvent également être reconnues sans ambiguïté lorsqu'elles donnent naissance à des petits, car elles présentent des mamelles proéminentes. »</p><p>La taille du corps peut parfois aider, ajoute Benson-Amran. Les femelles sont plus grandes et l'estomac des mâles se courbe vers le haut à la jonction des pattes arrière.</p><p>Et puis, ces pseudo-pénis ne sont pas là pour faire joli : les femelles donnent naissance par cet appendice, qui « doit se déchirer lorsque le premier petit passe », explique Benson-Amran. Une cicatrice rose due à une déchirure indique également qu'il s'agit d'une femelle.</p><p>&nbsp;</p><h2           id="header_5572821_0">TENDRE L'OREILLE</h2><p>Le sexe peut être difficile à déterminer chez de nombreux animaux, et la taille n'est généralement pas « un indicateur très fiable », explique Hofer. Par exemple, chez de nombreuses espèces monogames, comme les canidés ou les équidés, les mâles et les femelles sont de la même taille.</p><p>Les couleurs vives ou les ornements se retrouvent souvent chez les espèces où les mâles sont en compétition pour obtenir les faveurs d'une femelle, notamment les élans ou les paons.</p><p>Étant donné que les espèces vivant en couple ne se font pas autant concurrence, « il est moins nécessaire, du point de vue de l'évolution, de montrer des traits sexuels spécifiques », explique <a href="http://thehyrax.wix.com/amiyaal" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Amiyaal Ilany</a>, chercheur postdoctorant à l'université de Pennsylvanie.</p><p>Ilany étudie le <a href="https://sonotheque.mnhn.fr/sounds/mnhn/so/2016-10607" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">daman du Cap</a>, un mammifère africain ressemblant à un rongeur, qui n'est pas monogame mais dont les sexes se ressemblent. La seule différence physique est que les mâles sont légèrement plus grands, explique Ilany.</p><p>Mais l'apparence ne fait pas tout. Pour savoir qui est qui chez les damans du Cap, il faut tendre l'oreille : les mâles chantent pour attirer les femelles, tandis que les femelles ne chantent pas du tout.</p><p>Les femelles peuvent choisir les mâles en écoutant leurs chants, une façon pour les mâles de se montrer sans avoir besoin de couleurs voyantes.</p><p>&nbsp;</p><h2       id="header_5572823_0">SE FIER À L'ODORAT</h2><p>La plupart des serpents sont difficiles à distinguer sexuellement, explique par courriel <a href="http://www.csun.edu/~ree77914/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Robert Espinoza</a>, biologiste à l'université d'État de Californie à Northridge.</p><p>« C'est peut-être parce qu'ils se fient davantage à leur odorat pour trouver un partenaire qu'à des indices visuels », explique-t-il.</p><p>Pour de nombreux lézards également, il « peut être presque impossible ou du moins très difficile de différencier un mâle d'une femelle ».&nbsp;</p><p>Chez d'autres espèces, cependant, ils sont si différents que l'on pensait à l'origine que les mâles et les femelles appartenaient à des espèces différentes. C'est le cas du <a href="http://www.jstor.org/stable/1447074?seq=1%23page_scan_tab_contents" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lézard de lave</a> d'Amérique du Sud.</p><p>Les femelles de cette espèce sont colorées, mais les mâles semblent sortir d'une soirée de peinture corporelle.</p><p>De nombreuses espèces changent également de sexe au cours de leur vie, en particulier chez les poissons. C'est le cas du mérou rayé, qui naît femelle avant de devenir mâle.</p><p>En résumé : si vous rencontrez un animal sauvage, ne dites pas « Bonjour monsieur » ou « Bonjour madame ». Dites simplement « Salut ! ».</p><p>Sauf s'il s'agit d'un taureau. Vous voyez ? C'est un peu compliqué.</p>]]></content:encoded></item><item><title>L'histoire de ces cinq dirigeants mêle réalité et fiction</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/legendes-ces-cinq-dirigeants-mele-realite-et-fiction-reine-saba-quetzalcoalt-shaka-zulu</link><description><![CDATA[Au cours de l’Histoire, nombreux furent les dirigeants qui endossèrent des rôles plus grands que nature. Quetzalcóatl, dans la vallée de Mexico, abolit par exemple les sacrifices humains, une décision controversée dans la société méso-américaine de l’Antiquité. La reine de Saba évalua quant à elle la sagesse du roi Salomon et lui offrit des bijoux et des chameaux, tandis que Shaka Zulu mena une...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 09:46:23 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/legendes-ces-cinq-dirigeants-mele-realite-et-fiction-reine-saba-quetzalcoalt-shaka-zulu</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/leader2.jpg?w=1600" length="1840988" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Au cours de l’Histoire, nombreux furent les dirigeants qui endossèrent des rôles plus grands que nature. Quetzalcóatl, dans la vallée de Mexico, abolit par exemple les sacrifices humains, une décision controversée dans la société méso-américaine de l’Antiquité. La reine de Saba évalua quant à elle la sagesse du roi&nbsp;Salomon et lui offrit des bijoux et des chameaux, tandis que Shaka&nbsp;Zulu mena une quête sanglante visant à dominer l’Afrique australe.</p><p>Pourtant, l’Histoire n’assure pas toujours la fiabilité de ses récits,&nbsp;tout particulièrement lorsque l’histoire orale entre en jeu. Ainsi, des questions demeurent. Quetzalcóatl était-il un homme, un dieu, ou un mélange des deux&nbsp;? Qui était vraiment la reine de Saba&nbsp;? Shaka&nbsp;Zulu était-il vraiment aussi assoiffé de sang&nbsp;? Voici un portrait approfondi de cinq des dirigeants et dirigeantes les plus légendaires de l’Histoire, et une tentative de démêler la réalité de la fiction de leurs récits.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5553377_0"><strong>VENCESLAS&nbsp;I<sup>er</sup>, DUC DE BOHÊME</strong></h2><p>Le duc Venceslas&nbsp;I<sup>er</sup> de Bohême naquit vers l’an&nbsp;907 dans ce qui est aujourd’hui la République tchèque. Son père était chrétien, mais sa mère, Drahomíra, était d’origine païenne. Lorsque Venceslas&nbsp;perdit son père à l’âge de 13 ans, il fut confié à sa grand-mère Ludmila, également chrétienne. Drahomíra fit tuer Ludmila mais ne parvint pas à convaincre Venceslas&nbsp;de renoncer à ses croyances chrétiennes.</p><p>En tant que souverain, il se fit connaître comme un pacificateur et un promoteur du christianisme. Selon la tradition catholique, deux anges formaient sa garde rapprochée. On raconte qu’il faisait preuve de charité envers les orphelins, les veuves et les prisonniers. En&nbsp;935, son frère Boleslav, connu plus tard sous le nom de Boleslav le&nbsp;Cruel, le fit assassiner.</p><p>À sa mort, Venceslas&nbsp;fut canonisé et déclaré roi à titre posthume. Aujourd’hui, il est le saint patron de l’État tchèque. La légende veut qu’en cas de besoin, sa statue équestre à Prague s’animerait afin de lever une armée endormie qui vaincrait les ennemis du pays.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5553379_0"><strong>QUETZALCÓATL</strong></h2><p>Était-il un homme ou un dieu&nbsp;? Les récits aztèques d’un ancêtre héroïque, le chef toltèque Ce&nbsp;Acatl&nbsp;Topitzin, ou Quetzalcóatl, circulèrent entre le&nbsp;10<sup>e</sup>&nbsp;et le 12<sup>e</sup>&nbsp;siècle dans la vallée de Mexico. Ce dieu serpent à plumes inventa le calendrier, et introduisit la culture du maïs et l’étude de l’astronomie au Mexique. Son acte le plus révolutionnaire fut toutefois d’interdire les sacrifices humains, qui faisaient partie intégrante de la culture méso-américaine. En fin de compte, d’autres chefs religieux, ou peut-être le dieu Tezcatlipoca (son frère), le poursuivirent jusqu’à la côte des «&nbsp;eaux divines&nbsp;» (l’océan Atlantique), où il s’ôta la vie par le feu ou prit la mer sur un radeau fait de serpents. Selon certains récits, il s’installa à Chichén&nbsp;Itzá, dans la péninsule du Yucatán.</p><p>Cette histoire est une légende, d’après les récits des Toltèques et des Mayas, Quetzalcóatl aurait pu être une véritable personne qui fonda la civilisation toltèque&nbsp;: c’est là que la réalité se mêle à la fiction. Le véritable Ce&nbsp;Acatl&nbsp;Topitzin fut peut-être déifié, devenant le dieu Quetzalcóatl ; ou peut-être l’homme endossa-t-il le rôle d’une divinité qui existait déjà.</p><p>L’histoire ne s’arrête pas là. Après la conquête des Aztèques par l’Espagne au 16<sup>e</sup>&nbsp;siècle, l’histoire espagnole prétendait que les Aztèques croyaient que <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/decouverte-de-nouveaux-indices-sur-les-navires-perdus-du-conquistador-hernan-cortes">leur chef, Hernán&nbsp;Cortés</a>, était Quetzalcóatl lui-même, revenu d’outre-mer. Selon les historiens d’aujourd'hui, ces récits furent adaptés pour montrer la crédulité des Aztèques. Quoi qu’il en soit, Quetzalcóatl demeure une figure emblématique pour de nombreux Mexicains de notre époque.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5553381_0"><strong>LA REINE DE SABA</strong></h2><p>L’un des personnages les plus intrigants de l’Ancien Testament apparaît dans de nombreux récits juifs, chrétiens et islamiques. Dans le texte de l’Ancien Testament, la reine a vent de la renommée <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/archeologie-lorigine-de-la-fortune-du-roi-salomon-revelee">du roi Salomon</a> et entreprend un voyage pour le rencontrer «&nbsp;avec un équipage très considérable, des chameaux portant des aromates, de l’or en très grande quantité et des pierres précieuses&nbsp;». Alors, elle évalue la sagesse de Salomon par le biais de questions et le récompense avec ses trésors. Les récits ultérieurs, quant à eux, sont plus hauts en couleur : dans certains d’entre eux, Salomon entend dire que la reine est dotée d’une jambe velue, semblable à celle d’une chèvre&nbsp;; il fait donc polir ses sols jusqu’à y voir son reflet. Lorsqu’elle marche sur ce sol, la jambe hirsute de la reine est ainsi révélée.</p><p>Les historiens ne peuvent pas confirmer l’existence de cette reine, mais beaucoup associent le nom de «&nbsp;Saba&nbsp;» au royaume de Saba, dans ce qui est aujourd’hui le Yémen. Les épices que la reine apporta à Salomon auraient pu être cultivées dans cette région, et des chameaux empruntèrent effectivement ces routes commerciales au cours du premier millénaire avant notre ère. Les récits sont cependant si anciens et enjolivés que l’on pourrait ne jamais connaître le fin mot de l’histoire.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5553383_0"><strong>SHAKA ZULU</strong></h2><p>Shaka, souverain zoulou au 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, était-il un grand chef, un fou, ou un peu des deux&nbsp;? La réponse à cette question est encore sujette à débat. Le récit classique de la vie de Shaka commence par sa naissance illégitime&nbsp;; malmené dans son enfance, Shaka acquit une réputation d’impitoyable combattant et de brillant tacticien. Il apprit à ses guerriers à utiliser une lance courte, l’<em>iklwa</em>, ainsi que de lourds boucliers, leur permettant de se battre presque face à face avec l’ennemi.</p><p>Dans les années&nbsp;1820, Shaka conquit les chefs de tribus voisines dans tout le sud-est de l’Afrique et créa un vaste royaume zoulou dont il était le chef. En cours de route, il tua et expropria des milliers de personnes&nbsp;; une diaspora connue sous le nom de Mfecane. Et il devint de plus en plus brutal. Selon l’histoire, lorsqu’il perdit sa mère, il aurait ordonné la mort de milliers de ses fidèles afin de causer la même souffrance à leurs familles&nbsp;; des vaches auraient même été tuées pour faire souffrir leurs veaux. En&nbsp;1828, Shaka fut assassiné par ses demi-frères.</p><p>Il est difficile de déterminer avec certitude si Shaka était vraiment aussi meurtrier que les histoires le décrivent. Les écrivains européens étaient encouragés à le dépeindre comme un homme assoiffé de sang, et les détails concernant son éducation ne peuvent être confirmés. Cependant, on ne peut nier l’influence durable qu’il exerça sur les populations d’Afrique australe.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5553385_0"><strong>TECUMSEH</strong></h2><p>Le chef visionnaire des Chaouanons, Tecumseh, passa sa vie à lutter contre la mainmise des États-Unis sur les terres amérindiennes, et finit par perdre. Lui et son frère Tenskwatawa, «&nbsp;le prophète&nbsp;», acquirent une réputation de personnages à la puissance spirituelle, capables de voir l’avenir.</p><p>Né en&nbsp;1768 dans ce qui est aujourd’hui l’Ohio, Tecumseh était un guerrier et un orateur réputé. Il souffrit aux mains des soldats américains qui,&nbsp;dans leur chemin vers l’Ouest, brûlaient les maisons qu’ils rencontraient, les unes après les autres. Il voyagea dans tout l’Est du pays pour rallier d’autres nations amérindiennes à la cause de la résistance, et rassembla des tribus dans une communauté connue sous le nom de Prophetstown.</p><p>En&nbsp;1811, Tecumseh prédit le tremblement de terre dévastateur de New&nbsp;Madrid, qui eut lieu plus tard cette année-là, en disant&nbsp;: «&nbsp;Le Grand Esprit est en colère contre nos ennemis&nbsp;; il parle dans le tonnerre, et la Terre engloutit les villages et boit le Mississippi&nbsp;». En effet, pendant le tremblement de terre, le fleuve reflua. Il annonça également à ses disciples que la Grande Comète de&nbsp;1811 était un signe de bonne chance, et le nom Tecumseh signifie «&nbsp;étoile filante&nbsp;». Malgré ces présages, la fédération de Tecumseh fut finalement vaincue par les forces américaines pendant la guerre de&nbsp;1812, et le chef fut tué au combat en&nbsp;1813.</p><p>Personne ne sait avec certitude qui porta le coup fatal. Une théorie proposait Richard&nbsp;M.&nbsp;Johnson dans ce rôle, ce qui lui valut le rôle de vice-président des États-Unis en 1836. Cependant, Tecumseh ne laissa derrière lui aucun journal, lettre ou témoignage. Différents récits tentent de combler les lacunes de la réalité&nbsp;: selon l’un d’eux, il aurait par exemple courtisé la fille blonde aux yeux bleus d’un combattant amérindien. Selon un autre, son arrière-grand-père fut gouverneur de la Caroline du&nbsp;Sud.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Qui était Guy Fawkes, l'homme derrière ce masque ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-angleterre-royaume-uni-qui-etait-guy-fawkes-lhomme-derriere-ce-masque</link><description><![CDATA[Les tensions étaient nombreuses en Angleterre fin octobre 1605. C'est à cette période qu'un noble anglais, Lord Monteagle, reçut une mystérieuse lettre. Monteagle avait l'intention d'assister à l'ouverture du Parlement britannique quelques jours plus tard, le 5 novembre, auprès du roi et de ses pairs.La lettre non signée allait droit au but : « Monseigneur, de l'amour que je porte à certains de...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 08:50:29 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-angleterre-royaume-uni-qui-etait-guy-fawkes-lhomme-derriere-ce-masque</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/MAIN_mask_only.jpg?w=1600" length="343020" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les tensions étaient nombreuses en Angleterre&nbsp;fin octobre 1605. C'est à cette période qu'un noble anglais, Lord Monteagle, reçut une mystérieuse lettre.&nbsp;Monteagle avait l'intention d'assister à l'ouverture du Parlement britannique quelques jours plus tard, le 5 novembre, auprès du roi et de ses pairs.</p><p>La lettre non signée allait droit au but : « Monseigneur, de l'amour que je porte à certains de vos amis, j'ai à cœur votre sécurité, je vous conseillerais donc, si vous chérissez votre vie, de trouver une excuse pour votre absence à ce Parlement... car même s'il n'y a en apparence pas de remue-ménage, je vous assure pourtant que le coup sera terrible.&nbsp;»</p><p>Le mystérieux expéditeur a ensuite demandé à Monteagle de détruire la lettre après en avoir pris connaissance.&nbsp;Monteagle - un catholique - n'en n'a rien fait.&nbsp;S'épargnant le&nbsp;châtiment mortel qu'allaient&nbsp;bientôt subir certains de ses coreligionnaires, il transmit la missive à Robert Cecil, ministre&nbsp;du roi Jacques Ier d'Angleterre. De nombreux protestants anglais soupçonnaient des membres de la minorité catholique de comploter pour renverser la monarchie et imposer un régime catholique avec une aide et des fonds étrangers, et ce message semblait confirmer leurs soupçons.</p><p>La lettre parvint au roi Jacques Ier, qui douta d'abord&nbsp;du bien-fondé de&nbsp;la menace.&nbsp;Malgré le scepticisme royal, le 4 novembre, le comte de Suffolk procéda à une perquisition du palais de Westminster et de ses environs, où le Parlement anglais devait se réunir le lendemain.&nbsp;Le comte déclara n'avoir trouvé aucune source d'inquiétude importante, mais il remarqua une réserve au rez-de-chaussée louée par un particulier, renfermant&nbsp;une quantité exceptionnelle de bois de chauffage.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_3532957_0">UNE LÉGENDE EST NÉE</h2><p>Plus tard dans la journée, sir Thomas Knyvett, un fonctionnaire royal de moindre envergure mais digne de confiance, a supervisé une deuxième perquisition des bâtiments autour du Parlement.&nbsp;Le même débarras a également attiré son attention, de même que l'homme qui semblait le garder.&nbsp;Il n'était pas habillé comme un gardien ;&nbsp;au lieu de cela, il portait une cape, des bottes et des éperons - des vêtements plus convenables, semblait-il, pour s'évader rapidement à cheval.</p><p>Les hommes de Knyvett ont déplacé le bois de chauffage et ont trouvé 36 barils de poudre à canon cachés derrière.&nbsp;L’homme, qui répondait au nom de John Johnson, avait des « allumettes » (de longues bûchettes) sur lui.&nbsp;Knyvett venait de découvrir que le dessein du complot qui se tramait était de faire sauter les deux chambres du Parlement, qui abriteraient alors les membres du gouvernement, le roi, la majeure partie de la famille royale et les principaux officiers de l'État.&nbsp;L’objectif était de mettre en place un régime catholique romain à la tête de l’Angleterre protestante, qui pourrait être&nbsp;gouverné par la fille de Jacques Ier, Elizabeth Stuart - dont la présence n'était pas requise au Parlement - que les catholiques imaginaient en gouvernant&nbsp;fantoche.</p><p>Arrêté et torturé, John Johnson a révélé qu'il venait du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre, et que son vrai nom était Guy Fawkes.&nbsp;Il était l'un des nombreux membres de ce qui fut postérieurement désigné comme la Conspiration des poudres.&nbsp;Bien qu'il n'ait pas lui-même été le meneur de la fronde, Fawkes en est devenu le membre le plus connu.&nbsp;Sa capture a été illustrée dans d'innombrables livres de classe, romans, œuvres populaires de l'histoire et films : une grande figure barbue en bottes, un manteau sombre et un chapeau sombre à larges bords.&nbsp;C'est sa figure qui brûle encore chaque année lors des feux de joie en Angleterre le 5 novembre.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_3532957_1">MESURES DRASTIQUES</h2><p>Pour comprendre les motivations de l'homme arrêté cette nuit de novembre 1605, il est nécessaire de considérer une Angleterre et une Europe différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui.&nbsp;Fawkes et ses compagnons conspirateurs ont tenté de lancer une attaque terroriste contre leur propre roi et leur gouvernement à cause de bouleversements religieux survenus un demi-siècle auparavant.</p><p>L'instabilité politique et religieuse provoquée par la Réforme a&nbsp;eu pour effet de dresser les catholiques contre les protestants de toute l'Europe.&nbsp;En Angleterre, le conflit religieux a abouti à l'accession au trône&nbsp;d'Elizabeth Iʳᵉ en 1558. L'année suivante, ses conseillers et elle-même créèrent un « règlement » religieux&nbsp;qui envisageait la création d'une église nationale protestante.&nbsp;Le monarque était à sa tête, même s'il conservait des évêques, ainsi que les tribunaux traditionnels et certaines pratiques cérémoniales antérieures à la Réforme.</p><p>De nombreux catholiques anglais ont refusé d'accepter le règlement élisabéthain de 1559.&nbsp;À cette époque, il était généralement admis en Europe que tous les sujets d'un État devaient adhérer à la forme officielle du christianisme.&nbsp;Pour atteindre une&nbsp;uniformité religieuse, le régime élisabéthain interdit le culte catholique, notamment les baptêmes, les mariages et les funérailles.&nbsp;Être catholique pratiquant était puni par la loi.&nbsp;Des amendes, qui pouvaient être très lourdes, ont été infligées à ceux qui refusaient d'assister aux services de l'Église anglicane.&nbsp;Imprimer ou importer des livres catholiques était dorénavant considéré comme un acte de haute&nbsp;trahison.&nbsp;Les prêtres catholiques anglais formés à l'étranger qui sont entrés en Angleterre ont été accusés de trahison, de même que ceux qui les avaient aidés, hébergés ou cachés.</p><p>Tous les hommes assumant des fonctions administratives, des députés aux enseignants, devaient prêter serment, nier le pouvoir du pape et reconnaître Elisabeth Iʳᵉ à la tête de l'église.&nbsp;Ailleurs, l'Angleterre était impliquée dans une guerre constante en Irlande, peuplée de catholiques.&nbsp;Les hommes d'État anglais craignaient l'intervention espagnole, alors que les catholiques anglais se tournaient vers l'Espagne pour obtenir un soutien armé lors d'une&nbsp;potentielle rébellion.</p><p>La propagande anglaise protestante insistait alors sur les atrocités commises au nom du catholicisme.&nbsp;La population anglaise s'est vue sans cesse rappeler les 280 victimes brûlées en l'espace de cinq ans sous le règne de Marie Tudor, prédécesseure catholique d'Élizabeth Iʳᵉ. On rappelait aussi volontiers la bulle papale de 1570, qui déclarait&nbsp;Elizabeth&nbsp;illégitime et encourageait&nbsp;ses sujets à se rebeller contre elle.&nbsp;À la fin du XVIe siècle, l'Armada espagnole - envoyée en 1588 par Philippe II d'Espagne et vaincue par Elizabeth - n'était plus qu'un souvenir, tout comme sa mission de réimposer le catholicisme en Angleterre.</p><p>La religion a également dominé la situation de l’autre côté de la Manche.&nbsp;En France, les Guerres de religion ont opposé des <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/saint-barthelemy-les-veritables-causes-du-massacre">catholiques à des protestants français</a>.&nbsp;Plus au nord, la république hollandaise protestante était aux prises avec un conflit acharné avec l'Espagne.&nbsp;Le sac d'Anvers par les troupes espagnoles en 1576 fournit aux protestants anglais un nouvel exemple de la cruauté catholique.</p><p>Après la mort d'Elizabeth Iʳᵉ en 1603, nombreux étaient ceux qui nourrissaient l'espoir que&nbsp;son successeur, Jacques&nbsp;I<sup>er</sup> (qui avait gouverné l'Ecosse sous le nom de Jacques&nbsp;VI), entame une nouvelle ère de paix.&nbsp;Fils de la reine catholique Marie Stuart, Jacques était protestant, mais les catholiques anglais espéraient qu'il leur serait plus favorable.&nbsp;Même des agents espagnols exprimaient alors des doutes quant à la possibilité d'un soulèvement catholique en Angleterre, maintenant que Jacques avait la réalité du pouvoir.&nbsp;Les relations internationales ont également pris une tournure plus calme.&nbsp;À la signature du traité de Londres de 1604, l'Angleterre accepta de mettre fin à l'aide accordée aux Néerlandais protestants et l'Espagne décida de ne pas accorder d'assistance militaire aux catholiques anglophones.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_3532963_0">CATESBY ET COMPAGNIE</h2><p>Ces développements ont contribué à calmer les esprits de certains dissidents catholiques anglais.&nbsp;Le catholicisme anglais se caractérisait par&nbsp;la puissance de la noblesse, qui avait souvent un pouvoir d'influence et de l'argent.&nbsp;Nombre de nobles étaient suffisamment bien placés pour supporter les désavantages qui pesaient sur eux et sont devenus des « papistes d'église », se conformant publiquement au règlement religieux de 1559 tout en continuant de pratiquer leur religion en privé.</p><p>Certains dissidents catholiques ont toutefois tenté de renverser le régime protestant en Angleterre.&nbsp;L'adhésion du roi Jacques au règlement conclu en 1559 et la poursuite publique de politiques intolérantes ont incité certains à jouer un rôle plus actif pour placer un monarque catholique sur le trône.&nbsp;L'un d'entre eux était Robert Catesby, le fils d'une famille catholique noble des Midlands anglais.&nbsp;Bien que moins célèbre que Guy Fawkes aujourd'hui, c'est en fait ce personnage charismatique et persuasif qui organisa la Conspiration des Poudres.</p><p>Âgé d'une trentaine d'années&nbsp;lorsqu'il conçut l'intrigue, Catesby avait une forte personnalité.&nbsp;Un historien de l'époque victorienne indiqua « qu'il exerçait une influence magique sur tous ceux qui le rencontraient ». Il a usé de son charisme pour convaincre ses interlocuteurs&nbsp;que seule une violence extrême et spectaculaire mettrait fin à la persécution subie par les catholiques anglais.&nbsp;L'idée d'utiliser de la poudre à canon lui était venue&nbsp;en 1603 et Catesby commença à recruter au début de 1604. Son plan : faire exploser le Parlement et le roi Jacques Ier dans l'espoir que le pouvoir catholique puisse être rétabli.</p><p>Les premiers membres de l'intrigue appartenaient à la noblesse&nbsp;catholique désaffectée : Thomas Winter et John Wright, trentenaires, et Thomas Percy, un peu plus âgé.&nbsp;Winter se rendit en Flandre, sous domination espagnole, pour rechercher une assistance espagnole, mais l'Espagne déclina la demande.</p><p>Heureusement, Winter rencontra quelqu'un qui était prêt à s'engager : Guy Fawkes, un ancien camarade de classe de Wright.&nbsp;Se faisant surnommer&nbsp;Guido à l'époque, le jeune&nbsp;Fawkes se battait aux côtés des Espagnols en Flandre.&nbsp;Né protestant à York en 1570, Fawkes se convertit plus tard au catholicisme.&nbsp;Intelligent, robuste et lucide, ses qualités avaient été remarquées par les catholiques anglais.&nbsp;Winter apprit la grande expertise de Fawkes en matière d'explosifs et le convainquit&nbsp;de rejoindre le complot.&nbsp;En mai 1604, au <em>Duck and Drake Inn</em> de Londres, les cinq hommes se rencontrèrent et se jurèrent loyauté et, plus important encore, s'engagèrent au&nbsp;secret.</p><p>L'attaque explosive de Catesby contre la couronne anglaise prit forme dans les mois qui suivirent.&nbsp;Percy occupa&nbsp;une maison proche du Parlement tandis que Fawkes, en prenant comme&nbsp;pseudonyme John Johnson, s'y présenta comme son serviteur.&nbsp;Les conspirateurs ont commencé se procurer&nbsp;de la poudre à canon.&nbsp;Le complot s'est ensuite développé pour inclure de nouveaux membres qui ont fourni des fonds et des ressources supplémentaires : Robert Keyes, Robert Winter (frère de Thomas), John Grant, Christopher Wright (frère de John) et le serviteur Thomas Bates.</p><p>En mars 1605, Percy loua une cave au sous-sol du palais de Westminster.&nbsp;La poudre à canon a ensuite été transportée directement sur place, où, sous la surveillance avisée de Fawkes, elle pourrait causer le plus de dégâts.&nbsp;Trois hommes fortunés et influents - Ambrose Rookwood, Francis Tresham et Sir Everard Digby - ont rejoint la conspiration, portant le nombre total des conspirateurs à 13.</p><p>À plusieurs reprises, ils prévirent de lancer l'attaque à l'ouverture du Parlement, mais des retards les obligèrent à attendre.&nbsp;Finalement, en novembre 1605, il apparut que le plan allait enfin être mis en œuvre.&nbsp;Il est remarquable qu’avec&nbsp;13 comploteurs, le complot soit resté secret jusqu’à ce que Lord Monteagle reçoive la fameuse lettre anonyme.&nbsp;Les érudits ont souvent débattu quant à&nbsp;l'identité de l'expéditeur.&nbsp;L'un des « suspects&nbsp;»&nbsp;était le beau-frère de Monteagle, Francis Tresham, l'un des co-conspirateurs de Catesby, mais aucune preuve concluante n'a jamais été trouvée.&nbsp;Quoi qu’il en soit, lorsque la lettre a été remise par Monteagle, la perquisition a été ordonnée. Fawkes a été arrêté et emmené à la Tour de Londres aux premières heures du 5 novembre 1605.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_3532968_0">EXÉCUTION ET CONSÉQUENCES</h2><p>Fawkes sut résister à l'interrogatoire, jusqu'à ce que le roi Jacques rende une ordonnance le 6 novembre 1605, autorisant le recours à la torture à l'encontre de Fawkes, qui a alors cédé et avoué.&nbsp;À ce moment-là, beaucoup de conspirateurs s'étaient enfuis, mais les forces du roi s'empressèrent de les pourchasser.&nbsp;</p><p>Catesby, Percy et Christopher Wright ont été tués lors d'une fusillade dans le Staffordshire, dans le nord de l'Angleterre.&nbsp;La mort de Catesby lui a épargné les peines effroyables infligées aux traîtres, mais a également privé&nbsp;les historiens de sa version des faits : comment l'idée de faire sauter le Parlement lui était-elle venue ? Comment avait-il recruté les autres conspirateurs ? Les autres ont été arrêtés, ramenés à Londres et condamnés pour haute trahison (à l'exception de Francis Tresham, décédé en prison avant le procès).&nbsp;Tous ceux qui ont été jugés ont été condamnés à être pendus, noyés et écartelés.</p><p>Fawkes et les autres devaient être exécutés en janvier 1606 - « ces misérables », comme Jacques les a décrits, « qui pensaient avoir fait sauter le monde entier sur cette île ». Fawkes a pu échapper à sa peine.&nbsp;Le jour de l'exécution, il a sauté de la potence, se cassant le cou.&nbsp;Néanmoins, son corps inanimé a été écartelé et dispersé « aux quatre coins du royaume ». Les autres hommes ont reçu la pleine mesure de leur peine en guise d'avertissement aux autres rebelles potentiels.</p><p>La réaction du roi Jacques Iᵉʳ&nbsp; fut&nbsp;circonspecte.&nbsp;Il était soucieux d'éviter à la fois un pogrom contre ses sujets catholiques et des tensions diplomatiques avec les États catholiques.&nbsp;Son discours au Parlement et les sermons officiels prêchés par des hommes d'église éminents ont souligné le caractère odieux du complot, mais ont également admis que de nombreux catholiques anglais étaient encore des sujets loyaux.&nbsp;La nature miraculeuse de la découverte de l'intrigue s'est révélée être un outil de propagande important.&nbsp;Même avant les exécutions des conspirateurs, le Parlement avait adopté la loi de Thanksgiving de 1606, exigeant que chaque église paroissiale d'Angleterre prononce un sermon le 5 novembre, remerciant Dieu d'avoir empêché&nbsp;un complot catholique.</p><p>Au fil du temps, le jour de l'action de grâce s'est transformé en Guy Fawkes Day (également appelé Bonfire Night) à travers le Royaume-Uni.&nbsp;Tous les 5 novembre, un feu d'artifice (représentant la poudre à canon) et des feux de joie marquent l'occasion, avec des effigies en&nbsp;paille de Fawkes - appelées « guys » - brûlées.&nbsp;Bien qu'il n'eût pas été&nbsp;le chef du complot, Fawkes en est devenu le visage et a acquis une renommée durable.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Au Japon, ces prières sont devenues des symboles d'espoir</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tradition-rites-au-japon-ces-prieres-sont-devenues-des-symboles-espoir</link><description><![CDATA[C’est au jour de l’an que les requêtes aux divinités s’accumulent le plus dans les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes du Japon. Inscrits sur des ema (des plaques de bois) ces vœux sont censés s’élever jusqu’aux cieux.« Trouve-moi. Aime-moi. Épouse-moi », peut-on lire sur une plaque signée « TXQ » et adressée à « Mister Right » au sanctuaire Jishu-jinja de Kyoto, qui est dédié à...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 07:36:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tradition-rites-au-japon-ces-prieres-sont-devenues-des-symboles-espoir</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/h_00000200882617.jpg?w=1600" length="869131" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>C’est au jour de l’an que les requêtes aux divinités s’accumulent le plus dans les sanctuaires <em><a href="https://www.britannica.com/topic/Shinto" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">shinto</a></em> et les temples <a href="https://www.nationalgeographic.org/encyclopedia/buddhism/#:~:text=Buddhism%20is%20one%20of%20the,Religion,%20Social%20Studies,%20Storytelling" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">bouddhistes</a> du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/asie/japon">Japon</a>. Inscrits sur des <em>ema </em>(des plaques de bois) ces vœux sont censés s’élever jusqu’aux cieux.</p><p>«&nbsp;Trouve-moi. Aime-moi. Épouse-moi&nbsp;», peut-on lire sur une plaque signée «&nbsp;TXQ&nbsp;» et adressée à «&nbsp;Mister Right&nbsp;» au <a href="https://www.jishujinja.or.jp/english/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sanctuaire Jishu-jinja</a> de <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/kyoto" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Kyoto</a>, qui est dédié à Ōkuninushi-no-mikoto, la divinité shinto de l’entremise.</p><p>«&nbsp;Prions pour qu’un bébé heureux et en bonne santé arrive bientôt dans notre famille&nbsp;», ont inscrit Andy et Suri sur un <em>ema</em> au temple <a href="https://www.japan.travel/en/spot/1109/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Hōzen-ji</a> d’Osaka, qui rend hommage à <a href="https://www.britannica.com/topic/Fudo-Myo-o" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Fudō Myōō</a>, un des cinq gardiens du bouddhisme au Japon.</p><p>Depuis plus de mille ans, les Japonais se servent de ces plaques pour que les divinités leur accordent amour, richesse, longue vie et réussite aux examens. Ces deux dernières années, un nouveau souhait a fait son apparition sur les <em>ema</em>&nbsp;: être protégé du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/coronavirus">Covid-19</a>.</p><p>Désormais, beaucoup d’<em>ema </em>comportent un message ayant trait à la pandémie ou bien une image d’Amabie, un être surnaturel du folklore japonais chargé d’éloigner les pestes. Le <a href="https://www.kasugataisha.or.jp/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">temple Kasuga-taisha</a>, dans la ville de Nara, propose même des <em>ema</em> anti-coronavirus décorés de personnages d’animation.</p><p>La pandémie a renforcé le rôle crucial des <em>ema</em>, selon Jennifer Robertson, anthropologue et professeure émérite d’anthropologie et d’histoire de l’art de l’Université du Michigan qui étudie ces plaques depuis 40 ans. Les <em>ema </em>servent d’exutoire aux peurs et aux angoisses&nbsp;; <a href="https://covid19.who.int/region/wpro/country/jp" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">plus de 1,7&nbsp;millions de personnes ont contracté le Covid-19</a> dans le pays depuis janvier 2020. Ces plaques de bois permettent d’égayer l’âme et d’abandonner un vœu à la brise, non sans rappeler les drapeaux de prière tibétains, les ex-voto bouddhistes et les lanternes flottantes.</p><p>Chaque <em>ema</em> coûte environ 3,50&nbsp;euros et permet de financer les temples et les sanctuaires. Lorsqu’ils se rendent dans ces lieux sacrés, les visiteurs sont invités à accrocher une de ces plaques en l’air et à la recouvrir de leurs espoirs et de leurs ambitions.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5513815_0">TOUT SAVOIR SUR LES <em>EMA</em></h2><p>D’après Jennifer Robertson, des chevaux étaient à l’origine représentés sur les tout premiers <em>ema</em> (mot qui signifie littéralement «&nbsp;image de cheval&nbsp;»). Cela servait de substitut à la pratique rituelle plus ancienne du sacrifice d’un animal vivant à des divinités ou à des dirigeants décédés.</p><p>De nos jours, ces plaques mettent en avant aussi bien des créatures, des fleurs, des geishas, des cœurs, des arbres que des cascades. Elles sont suspendues à des portiques prévus à cet effet. Certains supportent des milliers d’<em>ema</em>. On peut les acheter pré-décorés ou bien vierges et les personnaliser avec des images dessinées à la main avant d’y inscrire son propre message sur la face vierge.</p><p>Ces vœux sont ensuite inspectés par le prêtre en chef du temple ou du sanctuaire qui prie pour qu’ils soient exaucés. «&nbsp;La plupart des <em>ema </em>sont brûlés à intervalles réguliers dans les sanctuaires et les temples lors de rites appelés <em>ema kuyō, </em>explique Jennifer Robertson. La combustion libérerait le message ou la prière ou le vœu vers le royaume des <em>Kami</em> [les esprits et divinités du Japon] pour qu’il y soit exaucé.&nbsp;» Elle ajoute que lorsque leur requête est exaucée, certaines personnes viennent accrocher un autre <em>ema </em>en guise de remerciement.</p><p>La tradition de l’<em>ema</em> reste un aspect central de la culture japonaise. C’est une pratique qui représente le lien profond qu’entretient le pays avec ses deux religions principales, le shintoïsme et le bouddhisme, qui sont intrinsèquement liées quoique distinctes. D’ailleurs, les Japonais pratiquent bien souvent les deux à la fois.</p><p>Mais Jennifer Robertson ne saurait que trop insister sur le fait que les<em> ema</em> ne sont pas destinés qu’aux divinités. Beaucoup ont en fait pour objectif de provoquer une réaction émotionnelle chez d’autres êtres humains. En y inscrivant un nom, un âge et une adresse, les requérants espèrent que le destinataire absorbera leur message et qu’il y réagira avec compassion ou avec empathie.</p><p>«&nbsp;Quand elles lisent les <em>ema</em> des autres, beaucoup de personnes s’aperçoivent qu’elles ne les seules dépositaires de leur problème&nbsp;; nous sommes tous dans le même bateau&nbsp;», commente Jennifer Robertson. C’est «&nbsp;un peu comme aller sur Internet pour se renseigner sur un problème, un conflit familial, un patron égocentrique, des crampes ou des douleurs, et découvrir qu’il y a littéralement des milliers de personnes, voire des millions, qui souffrent de la même chose.&nbsp;»</p><p>Selon Donald Saucier, professeur de psychologie de l’Université d’État du Kansas, les <em>ema</em>, les drapeaux de prière, les lanternes flottantes et les ex-voto sont autant de moyens d’apporter une forme de rassurance cruciale aux croyants lorsqu’ils rencontrent de l’adversité. Ces objets sont d’une part une voie vers les divinités, et d’autre part ils rappellent à ceux qui les accrochent qu’ils sont entourés d’un réseau de soutien humain. «&nbsp;Des objets comme les amulettes et les talismans peuvent nous permettre de nous souvenir [qu’il existe] des liens sociaux durables capables de nous réconforter lorsque cela va mal&nbsp;», ajoute-t-il.</p><p>La pandémie de Covid-19 n’est que la dernière catastrophe en date à être mentionnée sur les<em> ema</em>. «&nbsp;De tous temps, on a déposé des <em>ema</em> après des épisodes de peste, des famines, des épidémies et d’autres épreuve collectives&nbsp;», précise Jennifer Robertson.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5513818_0">COMMENT SUSPENDRE SON <em>EMA</em> ?</h2><p>Cette tradition japonaise millénaire n’est pas inaccessible aux touristes, loin de là. En effet, comme le rappelle Takakazu Machi, guide touristique au Japon depuis 18 ans, les voyageurs sont invités à suspendre des <em>ema</em> dans un certain nombre de lieux de culte à travers le pays. Avant la pandémie, il emmenait régulièrement des touristes admirer ou déposer des <em>ema</em> au <a href="https://kitanotenmangu.or.jp/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sanctuaire Kitano Tenman-gū</a> de Kyoto. Il indique qu’on peut tout à fait accrocher sa propre plaque en suivant les instructions placardées près des portiques afin de le faire de manière respectueuse.</p><p>C’est au <a href="https://www.meijijingu.or.jp/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sanctuaire Meiji-jingū</a> de Tokyo, au <a href="https://www.shitennoji.or.jp/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">temple Shi Tennō-ji</a> d’Osaka et au <a href="http://inari.jp/en/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sanctuaire Fushimi Inari</a> de Kyoto que les touristes suspendent le plus d’<em>ema</em>. On peut également opter pour un sanctuaire ou un temple en lien avec un domaine spécifique. Les parents endeuillés à la suite d’une fausse couche vont traditionnellement suspendre un <em>ema </em>au temple Zōjō-ji de Tokyo, où se trouve le Jardins des enfants défunts. Les étudiants qui veulent à tout prix réussir leurs examens se rendent plutôt au <a href="https://www.yushimatenjin.or.jp/pc/index.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Yushima Tenjin</a>, le sanctuaire de l’érudition. Ceux qui espèrent obtenir des grâces romantiques laissent une plaque au <a href="http://www.tuyutenjin.com/en/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sanctuaire Tsuyu no Tenjinja</a> (ou Ohatsu Tenjin), théâtre d’une <a href="http://www.tuyutenjin.com/en/story.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">célèbre histoire d’amour</a>.</p><p>D’après Naoki Doi, guide touristique de Kyoto, certaines personnes y inscrivent même des messages à visée politique. Juste avant l’élection présidentielle américaine de 2012, un de ses clients du Texas s’est rendu à Fushimi Inari et y a accroché un<em> ema</em> sur lequel il avait écrit&nbsp;: «&nbsp;Obama, ça suffit&nbsp;». Un vœu que les dieux ont ignoré, donc.</p><p>Naoki Doi affirme avoir eu bien plus de chance avec les <em>ema</em>. Âgé de 76 ans, il se souvient comme si c’était hier de deux vœux envoyés aux divinités dans sa jeunesse. Accablé par le stress et désireux d’un avenir prospère, il suspendait des plaques leur demandant de l’aide pour obtenir les meilleurs résultats au lycée et à l’université. «&nbsp;Ça a très bien fonctionné pour moi&nbsp;», déclare-t-il. Comme des millions de Japonais avant lui, Naoki Doi a placé ses espoirs dans cette tradition millénaire. Aujourd’hui, en plein milieu d’une pandémie qui semble n’en pas finir, nombreux sont ceux qui font de même. Les <em>ema</em> sont plus importants que jamais.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Au nord de l'Alaska, l'île Barter est le terrain des ours blancs</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-au-nord-de-lalaska-lile-barter-est-le-terrain-des-ours-blancs</link><category>Animaux</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 06:02:39 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-au-nord-de-lalaska-lile-barter-est-le-terrain-des-ours-blancs</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035064_img.jpg?w=1600" length="145387" type="image/jpeg"/></item><item><title>La marmotte de l'Himalaya, un mammifère vivant dans des terriers en haute altitude</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-la-marmotte-de-lhimalaya-un-mammifere-vivant-dans-des-terriers-en-haute-altitude</link><category>Animaux</category><pubDate>Wed, 07 Oct 2026 05:01:00 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-la-marmotte-de-lhimalaya-un-mammifere-vivant-dans-des-terriers-en-haute-altitude</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035049_img.jpg?w=1600" length="170512" type="image/jpeg"/></item><item><title>Le California Zephyr, ou la grande traversée des États-Unis en train</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tourisme-lent-le-california-zephyr-ou-la-grande-traversee-des-etats-unis-en-train</link><description><![CDATA[Dans l’Iowa, j’ai dîné avec une vieille dame qui s’est présentée sous le nom de « Mme Alvarez ». Alors qu’il avançait dans l’obscurité, le train se balançait d’un côté à l’autre, et la passagère n’était pas loin de perdre l’équilibre lorsqu’elle s’est assise en face de moi à notre table. Mme Alvarez était petite et corpulente, avec des cheveux gris bouclés coupés en carré. Elle portait une robe...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 16:22:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tourisme-lent-le-california-zephyr-ou-la-grande-traversee-des-etats-unis-en-train</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/h_00000221534831.jpg?w=1600" length="975741" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’Iowa, j’ai dîné avec une vieille dame qui s’est présentée sous le nom de «&nbsp;Mme&nbsp;Alvarez&nbsp;». Alors qu’il avançait dans l’obscurité, le train se balançait d’un côté à l’autre, et la passagère n’était pas loin de perdre l’équilibre lorsqu’elle s’est assise en face de moi à notre table. Mme&nbsp;Alvarez était petite et corpulente, avec des cheveux gris bouclés coupés en carré. Elle portait une robe sombre avec de gros boutons ronds.</p><p>«&nbsp;Est-ce que je vous offenserais en disant le bénédicité&nbsp;?&nbsp;», m’a-t-elle demandé. «&nbsp;Je crois en Dieu, mais je ne voudrais pas l’imposer à quelqu’un d’autre.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;Pas du tout, je vous en prie&nbsp;», ai-je répondu, en inclinant la tête pendant que Mme&nbsp;Alvarez disait ses grâces. Lorsque l’on voyage seul à bord du <em><a href="https://www.amtrak.com/california-zephyr-train" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">California&nbsp;Zephyr</a></em>, le train Amtrak qui relie Chicago à <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/san-francisco-la-ville-a-lavant-garde">San&nbsp;Francisco</a> en deux jours et demi, on prend nos bénédictions comme elles viennent.</p><p>Ce n’est que récemment qu’Amtrak a rétabli ce que l’entreprise appelle la <a href="https://www.amtrak.com/dining-car" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">«&nbsp;restauration traditionnelle&nbsp;»</a> sur certains trains longue distance, en servant les passagers dans la voiture-restaurant sur des nappes en lin blanc, avec de l’argenterie, de la porcelaine et des serviettes bleues portant le logo de la compagnie ferroviaire.</p><p>Pour les repas, les voyageurs étaient mis en groupe avec d’autres passagers, choisis au hasard&nbsp;: des rendez-vous à l’aveugle pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Tout ce qu’on devait faire, c’était espérer bien s’entendre. J’ai déjeuné un après-midi dans le Colorado avec un ancien batteur du groupe Santana, et j’ai mangé du pain perdu au petit-déjeuner dans le désert de l’Utah avec un couple du Dakota du&nbsp;Sud. Dans les Sierras, j’ai dîné avec un vendeur de télévision par câble.</p><p>Mais Mme&nbsp;Alvarez se démarquait de mes autres partenaires de repas. Elle avait une façon précise et terre-à-terre de parler que je trouvais très réconfortante.</p><p>Après avoir dit le bénédicité, la première chose que Mme&nbsp;Alvarez m’a demandée, c’est si j’avais eu l’occasion de sentir les fleurs. Elle a pointé du doigt un grand vase rempli de roses, posé sur notre table. Je ne l’avais pas remarqué&nbsp;; j’étais tellement occupé à regarder le paysage qui défilait par la fenêtre. «&nbsp;Elles sont très belles&nbsp;», a-t-elle continué, concentrée, portant maintenant le vase à son nez. «&nbsp;On ne s’attend pas à voir des roses aussi belles sur la table d’un train.&nbsp;»</p><p>Je lui ai demandé, à mon tour, si elle passait un bon voyage. «&nbsp;Oh oui, excellent », a-t-elle répondu. «&nbsp;Je n’ai pas besoin de grand chose pour être heureuse. Je prépare un déjeuner simple. J’ai <em>toujours </em>un livre sur moi.&nbsp;» Elle n’utilisait pas son téléphone portable. «&nbsp;Je l’allume quand je veux que mes enfants sachent où je suis. Sinon, je ne veux pas être dérangée par cet appareil.&nbsp;» Elle s’arrêta un instant, et baissa la voix&nbsp;: «&nbsp;je vais être honnête avec vous, je ne sais pas vraiment comment l’utiliser, d’ailleurs.&nbsp;»</p><p>Dans le <em>California Zephyr</em>, elle ne ratait pas grand chose à cet égard. Il n’y avait pas de Wi-Fi dans le train, et pratiquement aucun réseau téléphonique le long de son parcours, qui traverse l’Illinois et l’Iowa, les plaines du Nebraska, les montagnes Rocheuses et les déserts de l’Utah et du Nevada avant de traverser la Sierra&nbsp;Nevada et de descendre vers la baie de San&nbsp;Francisco.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5547994_0"><strong>RALENTIR LE RYTHME</strong></h2><p>Il n’y avait pas grand-chose à faire à part lire, discuter avec les autres passagers et regarder par la fenêtre&nbsp;: de grands déserts vides, de formidables mesas et des forêts dévastées par le feu. Dans les Rocheuses, le grand fleuve Colorado nous suit durant une bonne partie de notre trajet, et les bateaux fluviaux s’approchent du train lorsque nous les croisons.</p><p>Mme&nbsp;Alvarez m’a raconté qu’elle était venue de Boston par le train de correspondance et que son arrêt était à Glenwood&nbsp;Springs. «&nbsp;J’ai un frère&nbsp;», m’a-t-elle expliqué. Elle préférait ne pas prendre l’avion pour un certain nombre de raisons, et comme elle était à la retraite, elle avait le temps de faire l’aller-retour (près d’une semaine complète de voyage) sur les rails.</p><p>«&nbsp;Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici, Jordan&nbsp;?&nbsp;»</p><p>Si j’avais décidé de faire un voyage en train de 72&nbsp;heures de New&nbsp;York à San&nbsp;Francisco, c’était notamment parce que je souhaitais ralentir le rythme. Cette nouvelle année de pandémie avait été tout aussi étrange, mais très différente de la précédente. 2021 a été marquée par une sorte de va-et-vient entre isolement et retour à la liberté. Dans l’isolement, nous avons continué à parler de l’espoir d’un retour à la «&nbsp;normale&nbsp;», même si nous avons rapidement réalisé qu’il n’y aurait plus grand-chose de «&nbsp;normal&nbsp;» dans nos vies. Du moins, la normalité ne serait pas celle que nous connaissions auparavant.</p><p>Mais après plus d’un an de confinement, nous avions également réussi à nous convaincre que nos vies d’avant avaient été, à bien des égards, trop rapides. Il semblait désormais y avoir une grande vertu à ralentir autant que possible, à repenser nos priorités et nos passions, et à promettre de vivre plus intentionnellement une fois que «&nbsp;cette situation&nbsp;» serait terminée.</p><p>Pourtant, au moindre soupçon de retour à la liberté, nous semblions collectivement abandonner ce concept. Dans certains quartiers de <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/etats-unis/etat-de-new-york/new-york-city">New&nbsp;York</a>, la ville semblait revenir à une vie normale. Les journaux ont proclamé que l’été&nbsp;2021 serait le nouvel «&nbsp;été de l’amour&nbsp;», ont suggéré le grand retour des Années folles, et ont même annoncé les potentiels débuts d’une nouvelle Renaissance.</p><p>Les moins de 30&nbsp;ans, comme moi, sortaient tous les soirs dans des bars et des restaurants de l’East&nbsp;Village. Après minuit, Washington Square, tout proche, était si souvent envahi par des foules de fêtards que les riches résidents des tours qui entourent le parc s’en plaignaient, ce qui provoquait des mêlées nocturnes avec la police antiémeute.</p><p>Soudain, «&nbsp;l’été de l’amour&nbsp;» est aussi devenu l’été de tous les projets : projets pour voir des amis, avoir des rendez-vous, trouver des appartements&nbsp;; projets de voyage, projets de retour au bureau. Des projets pour rattraper le temps perdu.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5547997_0"><strong>AU JOUR LE JOUR</strong></h2><p>Bien sûr, tout cela renvoie à une idée simple mais essentielle&nbsp;: nous ferions n’importe quoi pour ne pas nous sentir seuls. Tout particulièrement lorsque l’on commence à peine à trouver sa place dans le monde, la pression pour ne pas se sentir seul peut à elle seule s’avérer presque accablante.</p><p>Et 2021 sortait de l’ordinaire en termes de solitude. Noyé dans mes propres projets futiles, j’ai réalisé qu’après tous les mois durant lesquels j’avais eu tellement de temps que je ne savais qu’en faire, et tous les autres durant lesquels j’en suis venu à conclusion que je devais mener une vie plus lente et plus tranquille, je me suis soudainement retrouvé dans une course pour me «&nbsp;rattraper&nbsp;». Désormais, mon temps était tout sauf le mien.</p><p>J’étais anxieux, fatigué et je me sentais profondément seul. Je savais que j’avais besoin de faire quelque chose pour m’éloigner de tout cela. Quelque chose uniquement pour moi, que je savais que personne d’autre ne voudrait faire avec moi.</p><p>C’est ainsi que je me suis retrouvé à traverser les États-Unis en train. Il faut deux trains pour se rendre vers l’ouest&nbsp;: le premier, le <em><a href="https://www.amtrak.com/lake-shore-limited-train" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Lake Shore Limited</a></em>, quitte New&nbsp;York à 15&nbsp;h&nbsp;40 à destination de Chicago, où une escale de six heures laisse juste assez de temps pour une marche rapide jusqu’au lac Michigan et pour faire le plein de snacks avant de retourner à bord du second train, le <em>California Zephyr</em>.</p><p>J’ai raconté tout cela à Mme&nbsp;Alvarez, et elle a hoché la tête en signe de compréhension. «&nbsp;J’ai été l’une des premières femmes agents de correction dans l’histoire du système pénitentiaire de Floride&nbsp;», m’a-t-elle confié.</p><p>Inébranlable, elle a décrit comment, pendant quarante ans, elle a assisté des détenus, certains dans le couloir de la mort et d’autres confrontés à une libération imminente après de nombreuses années d’enfermement. Dans ces moments si chargés d’émotion, ils partageaient souvent ce qui comptait vraiment pour eux, pour la toute première fois de leur vie. Elle comprenait donc pourquoi nous continuons d’essayer, tous et toutes, de mettre les choses en perspective aujourd’hui.</p><p>«&nbsp;Il est important de réfléchir à son avenir, mais vous ne pouvez pas laisser la question de l’avenir vous empêcher de prendre de vivre votre vie au jour le jour&nbsp;», a-t-elle ajouté.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/excursions-et-voyages/les-16-plus-beaux-voyages-en-train-du-monde"><em>(À lire&nbsp;: Les 16 plus beaux voyages en train du monde.)</em></a></p><p>Le lendemain matin, dans <a href="https://www.nationalgeographic.fr/adventure/2018/03/etats-unis-a-lassaut-des-montagnes-rocheuses">les Rocheuses</a>, je pensais encore à ce qu’elle avait dit lorsqu’une petite fille, qui avait environ 8&nbsp;ans, est entrée en courant, paniquée, dans la voiture panoramique du train, essoufflée et en larmes. «&nbsp;Je suis perdue&nbsp;», s’écria-t-elle, à personne en particulier, entre deux sanglots étouffés. «&nbsp;Quelqu’un peut m’aider à trouver ma maman&nbsp;?&nbsp;»</p><p>C’est alors qu’est apparue Mme&nbsp;Alvarez, qui a pris calmement la jeune fille par la main et l’a invitée à s’asseoir un moment. À travers les grandes fenêtres, le Soleil illuminait les grands arbres dorés et profonds des hautes collines.</p><p>«&nbsp;Là, là&nbsp;», chuchota-t-elle en essayant d’expliquer à la fillette que sa mère ne devait pas être bien loin, que tout allait bien se passer. Que dans le train, on n’avait pas à se soucier de l’endroit où l’on allait, même si on avait l’impression d’avoir perdu son chemin.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Quelle est la différence entre un astéroïde et une comète ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/espace/astronomie-amateurs-quelle-est-la-difference-entre-un-asteroide-et-une-comete</link><description><![CDATA[Des présages historiques de fin du monde aux sauvetages héroïques mis en scène par Hollywood, les comètes et les astéroïdes ont inspiré le folklore et la fiction à de nombreuses reprises. Si une telle place est accordée à ces corps de roche ou de glace, c'est avant tout parce que l'un d'entre eux pourrait à tout moment percuter la Terre et provoquer des changements irréversibles, comme l'impact...]]></description><category>Espace</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 14:43:01 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/espace/astronomie-amateurs-quelle-est-la-difference-entre-un-asteroide-et-une-comete</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/c0510947-cometneowisejuly2020.jpg?w=1600" length="232633" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Des présages historiques de fin du monde aux sauvetages héroïques mis en scène par Hollywood, les comètes et les astéroïdes ont inspiré le folklore et la fiction à de nombreuses reprises. Si une telle place est accordée à ces corps de roche ou de glace, c'est avant tout parce que l'un d'entre eux pourrait à tout moment percuter la Terre et provoquer des changements irréversibles, comme l'impact qui aurait rayé les dinosaures de la planète il y a 66&nbsp;millions d'années.</p><p>La formation des astéroïdes et des comètes remonte à 4,6&nbsp;milliards d'années, alors qu'un immense nuage de gaz et de poussières venait de s'effondrer pour créer le Soleil. Le reste de la matière en orbite autour de notre étoile a fusionné pour donner naissance aux planètes, à leurs lunes et à divers autres corps. Les astéroïdes et les comètes sont les vestiges de ce processus. Quelles sont les différences entre ces deux objets&nbsp;? D'où viennent-ils&nbsp;? Et quels dangers représentent-ils pour notre planète&nbsp;? Découvrez les réponses à toutes vos questions dans la suite de cet article.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5559623_0"><strong>Qu'est-ce qu'un astéroïde&nbsp;?</strong></h2><p>Les astéroïdes sont des corps rocheux dont la taille peut varier de quelques mètres à plusieurs centaines de kilomètres de diamètre. La NASA a identifié plus d'un million d'astéroïdes et environ 150&nbsp;d'entre eux disposent de leurs propres lunes. En 2022, une équipe d'astronomes a démontré que trois corps rocheux orbitaient autour de l'astéroïde Électre, faisant de lui le premier astéroïde quadruple.</p><p>Pendant des années, les astronomes ont considéré que Cérès était le plus grand des astéroïdes recensés par l'Homme, avec un diamètre de 950&nbsp;kilomètres. Cependant, en 2006, l'Union astronomique internationale a reclassé Cérès parmi les planètes naines, faisant de Vesta le plus grand astéroïde connu à ce jour, avec un diamètre moyen de 530&nbsp;km environ. Néanmoins, le sujet fait encore l'objet de vifs débats au sein de la communauté scientifique et l'institut d'études géologiques des États-Unis continue d'ailleurs de considérer Cérès à la fois comme un astéroïde et une planète naine.</p><p>Les petits astéroïdes sont appelés météoroïdes. S'ils pénètrent l'atmosphère terrestre, ils prennent le nom de météores ou d'étoiles filantes et si un météore touche le sol, il devient une météorite.</p><p>De nos jours, la plupart des astéroïdes de notre système solaire évoluent dans une région située entre Mars et Jupiter, la bien nommée ceinture d'astéroïdes. Pour bon nombre d'astronomes, cette ceinture serait truffée de matière primitive que l'attraction gravitationnelle de Jupiter aurait privée de planète. D'autres suggèrent que la ceinture d'astéroïdes serait un «&nbsp;camp de réfugiés cosmiques&nbsp;» pour les vestiges de planètes formées ailleurs dans le système solaire.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5559623_1"><strong>Qu'est-ce qu'une comète&nbsp;?</strong></h2><p>Les comètes sont des amas de glace et de roche qui laissent parfois apercevoir leur traînée lumineuse depuis la Terre en transperçant la nuit. La queue des comètes se forme lorsque ces objets glacés se réchauffent à l'approche du Soleil et libèrent une traînée de gaz et de poussière. Les rayons du Soleil réfléchis par cette traînée offrent à la comète son éclat légendaire.</p><p>Par rapport aux astéroïdes, l'orbite des comètes est généralement plus elliptique, de forme ovale. Elles contiennent par ailleurs un plus grand nombre de composants chimiques qui se vaporisent au contact de la chaleur, comme de l'eau. Observées à travers un télescope, les comètes apparaissent également plus floues que les astéroïdes.</p><p>Même si les comètes sont probablement plusieurs billions à parcourir les confins de notre système solaire, seule une comète par décennie est visible dans le ciel nocturne depuis la Terre. Ces comètes se divisent en deux catégories&nbsp;: les comètes à courte période ou à longue période.</p><p>L'orbite des comètes à courte période autour du Soleil dure moins de 200&nbsp;ans et la plupart de ces objets proviennent de la ceinture de Kuiper, un anneau de corps glacés situé au-delà de Neptune. La plus célèbre résidente de cette ceinture est la comète de Halley, qui nous apparaît tous les 75&nbsp;à 76&nbsp;ans.</p><p>La plupart des comètes à longue période nous viendraient du nuage de Oort, un ensemble théorique d'objets situé en bordure du système solaire. D'après la NASA, il faudrait plusieurs milliers, voire millions d'années à ces comètes pour faire le tour du Soleil. L'apparition de ces comètes dans le ciel nocturne est bien plus difficile à prévoir, car leurs précédents passages ont été très peu documentés.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5559625_0"><strong>Quels sont les dangers&nbsp;?</strong></h2><p>Il arrive que la trajectoire d'une comète ou d'un astéroïde soit perturbée par le jeu des forces gravitationnelles, les collisions orbitales et les bousculades intersidérales, certaines se retrouvant suffisamment déviées pour présenter un risque d'impact avec la Terre. Cela dit, la plupart du temps ces objets sont bien trop petits pour infliger de quelconques dégâts. Ils finissent généralement par se consumer dans l'atmosphère pour nous apparaître sous la forme d'étoiles filantes.</p><p>Les astronomes surveillent en permanence les objets plus imposants sur une trajectoire au potentiel cataclysmique. L'astéroïde le plus susceptible de frapper la Terre au cours des trois prochains siècles se prénomme Bénou, un rocher d'environ 500&nbsp;m de diamètre. Cependant, la probabilité d'une collision avec la Terre reste mince, environ 1&nbsp;sur 1&nbsp;750, et la date d'impact la plus probable se situerait entre la fin des années 2100 ou le début des années 2200.</p><p>En attendant, la NASA travaille sur un programme de déviation des astéroïdes «&nbsp;tueurs de planètes&nbsp;». En 2022, l'agence spatiale américaine a envoyé l'une de ses sondes s'écraser sur un astéroïde de 164&nbsp;mètres d'envergure. La mission a été couronnée de succès, déviant significativement l'astéroïde de sa trajectoire et transformant une partie de sa surface rocheuse en une traînée de débris. Même si la technique ne fonctionne que dans certaines situations spécifiques, il est rassurant de savoir que nous pourrions éviter à notre espèce le sort des dinosaures.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les noms de ces animaux en font des stars d'Halloween</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/octobre-horreur-frisson-les-noms-de-ces-animaux-en-font-stars-halloween</link><description><![CDATA[De nombreuses espèces portent des noms étonnants, parfois troublants. Certains, comme celui du tatou criard, sont purement descriptifs. D'autres, en revanche, peuvent faire référence à l’apparence physique des animaux et transmettre ainsi une idée erronée concernant la menace que ces derniers représentent pour les humains. Le vampire des abysses (Vampyroteuthis infernalis) en est un bon exemple :...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 13:10:21 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/octobre-horreur-frisson-les-noms-de-ces-animaux-en-font-stars-halloween</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/02-spooky-animal-names-nationalgeographic_1313550.jpg?w=1600" length="275250" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>De nombreuses espèces portent des noms étonnants, parfois troublants. Certains, comme celui du tatou criard, sont purement descriptifs. D'autres, en revanche, peuvent faire référence à l’apparence physique des animaux et transmettre ainsi une idée erronée concernant la menace que ces derniers représentent pour les humains. Le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pI6A218YE-Q" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">vampire des abysses</a> (<em>Vampyroteuthis infernalis</em>) en est un bon exemple : contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, ce céphalopode ne tue pas de proies pour se nourrir de leur sang. En réalité, le titre de vampire lui a été donné en référence à ses yeux bleus inhabituels, à sa peau rouge et à ses bras palmés, qui rappellent l’allure des longues capes du célèbre comte Dracula.</p><p>Des dizaines d’autres animaux, tels que le gecko satanique à queue de feuille, la mante diabolique et la fourmi fantôme, appartiennent à cette même catégorie. Chacune de ces espèces possède une caractéristique physique qui lui vaut, parfois injustement, de recevoir un nom lié aux terreurs de l’enfer.</p><p>D’autres appellations encore soulignent la crainte que peuvent provoquer ces animaux chez les humains. Le nom <em>Ursus arctos horribilis</em> a par exemple été donné au grizzli à <a href="http://www.animalplanet.com/tv-shows/wild-kingdom/about-animals/naming-the-grizzly/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">la suite de la rencontre effrayante de l’explorateur Meriwether&nbsp;Lewis</a> avec l’ours lors de la célèbre expédition Lewis et&nbsp;Clark, et de même, une sous-espèce de crotale des bois a été jugée si terrifiante qu’elle a reçu le nom scientifique <em>Crotalus horridus horridus</em>.</p><p>Malgré leur nom effrayant, ces animaux ne représentent cependant qu’une faible menace pour notre espèce. Bien qu’il soit arrivé à des humains d’être <a href="https://www.telegraph.co.uk/science/2017/01/13/vampire-bats-have-caught-sucking-human-blood-first-time/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mordus</a> par des chauves-souris vampires ou attaqués par ces fameux «&nbsp;horribles&nbsp;» grizzlis à plusieurs reprises, ce sont eux qui, comme d’autres animaux de cette liste, devraient en réalité être <a href="https://www.nationalgeographic.com/environment/article/news-yellowstone-grizzly-bear-endangered-hunting" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">protégés des humains</a>, et non l’inverse.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Rare aperçu de la Corée du Nord : plongée dans l’un des pays les plus fermés au monde</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/rare-apercu-de-la-coree-du-nord-plongee-dans-un-des-pays-les-plus-fermes-au-monde-asie</link><description><![CDATA[La Corée du Nord me fascine depuis des années.La République populaire démocratique de Corée (RPDC), son nom officiel, est un étrange microcosme d’idéologie communiste dirigé par une dynastie de tyrans aux coiffures improbables. Le pays oscille entre le grotesque et l’inquiétant, menaçant ses voisins de frappes nucléaires tout en qualifiant le président des États-Unis de « vieillard mentalement...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 09:48:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/rare-apercu-de-la-coree-du-nord-plongee-dans-un-des-pays-les-plus-fermes-au-monde-asie</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/koreafeatureimage.jpg?w=1600" length="1731927" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La Corée du Nord me fascine depuis des années.</p><p>La République populaire démocratique de Corée (RPDC), son nom officiel, est un étrange microcosme d’idéologie communiste dirigé par une dynastie de tyrans aux coiffures improbables. Le pays oscille entre le grotesque et l’inquiétant, menaçant ses voisins de frappes nucléaires tout en qualifiant le président des États-Unis de « vieillard mentalement dérangé ». La difficulté d’y circuler et les rumeurs qui entourent le pays n’ont fait qu’alimenter cette fascination. La seule façon de s’y rendre est de prendre part à un voyage organisé sous étroite surveillance ; le tourisme indépendant n’existe pas.</p><p>Une occasion s’est présentée : une agence de voyages organisait un déplacement pour des journalistes étrangers. Dans le cadre d’une timide ouverture vers l’extérieur, la Corée du Nord nous a accueillis.</p><p>À notre arrivée dans le terminal flambant neuf de l’aéroport situé à l’extérieur de Pyongyang, nous avons été pris en charge par trois accompagnateurs élégamment vêtus et anglophones : M. Ri, M. Kim et M. Yu. Comme tous les adultes que j’allais rencontrer, ils portaient sur la poitrine un badge à l’effigie de l’un des membres de la famille dirigeante du pays. Ils sont restés constamment à nos côtés, nous saluant chaque matin au petit-déjeuner et ne nous quittant qu’au moment du coucher. Il n’a jamais été question de sortir seuls.</p><p>Pyongyang m’a évoqué une version plus fonctionnelle et plus ordonnée de l’Union soviétique des années 1980 : architecture brutaliste, affiches de propagande, piétons avançant comme guidés par un chef d’orchestre invisible. Après avoir tant lu sur les famines, les prisonniers politiques et l’endoctrinement idéologique, j’ai été surpris par cette apparente normalité.</p><p>Nous avons visité une ferme piscicole, une bibliothèque, le village ancestral de la dynastie Kim, l’université Kim Il-sung et les immenses statues consacrées aux dirigeants.</p><p>Nous avons également gravi la tour du Juche (en coréen : 주체사상탑), officiellement dénommé monument aux Idées du juche, depuis lequel Pyongyang paraissait étrangement belle : un ensemble de bâtiments colorés et géométriques bordant les eaux scintillantes du fleuve Taedong. On aurait dit une utopie socialiste filmée par Wes Anderson.</p><p>Nos accompagnateurs avaient un rôle intermédiaire entre des guides touristiques et des geôliers, mais ils se montraient aimables, parfois même taquins. Nous avons partagé avec eux de longs repas dans des restaurants plutôt formels fréquentés par l’élite nord-coréenne.</p><p>Un soir, nous sommes allés dans une pizzeria où les serveuses interprétaient des chants patriotiques pendant que nous dégustions des pizzas préparées avec de la mozzarella nord-coréenne. Nous avons porté des toasts au soju. Une autre soirée fut consacrée au karaoké. Les gens ont souvent du mal à le croire, mais le morceau fétiche de M. Ri était <em>Barbie Girl</em>, du groupe Aqua. Pour autant, jamais la moindre fissure n’est apparue dans son adhésion idéologique au régime.&nbsp;</p><p>Lors des longs trajets en bus vers la zone démilitarisée à la frontière sud-coréenne ou vers la ville balnéaire de Wonsan, je pouvais apercevoir suffisamment de choses par la fenêtre pour comprendre que la capitale constituait une bulle de prospérité relative réservée à une très petite élite. Une grande partie de l’agriculture demeure non mécanisée. Les habitants sarclent et entretiennent les cultures à la main ; le linge était lavé dans les rivières ; les récoltes étaient transportées en charrettes tirées par des bœufs. Malgré tous les discours patriotiques, il est évident que la RPDC demeure bien plus pauvre que sa sœur technologique du Sud.</p><p>Certaines découvertes furent néanmoins surprenantes : l’omniprésence des téléphones portables ; l’existence d’applications locales de commerce en ligne, de partage de vidéos ou de jeux inspirés de <em>Candy Crush</em> ; ou encore la quantité et la qualité des repas qui nous étaient servis. Pourtant, je suis reparti avec le sentiment d’avoir encore de nombreuses zones d’ombre à éclaircir.</p><p>Pour combler ces lacunes, j’ai entrepris un autre voyage : à travers les mémoires de transfuges, les rencontres avec les rares Nord-Coréens réfugiés à l’étranger, ainsi que l’univers singulier de la poésie, des romans, des bandes dessinées, des émissions de télévision et de la musique populaire nord-coréennes. À ma grande surprise, cette obsession a fini par donner naissance à un roman, <em>The Sorcerer of Pyongyang</em>, qui n'a pas été traduit en français.</p><p>Mais j’ai toujours l’impression qu’il reste quelque chose d’inachevé. La fascination demeure intacte.</p><p>J’aimerais retourner en Corée du Nord, entendre chaque matin les étranges accents de <em>Where Are You, Dear General?</em> diffusés par les haut-parleurs de la capitale, manger à nouveau des nouilles froides et faire encore un peu de karaoké avec M. Ri.</p><p><strong>Reportage connexe : </strong><em><strong>Ces photos dévoilent la face cachée de la Corée du Nord</strong></em><strong>.</strong></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une nouvelle "zone bleue" vient d’être identifiée en Sardaigne</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/europe-longevite-mode-de-vie-une-nouvelle-zone-bleue-vient-detre-identifiee-en-sardaigne</link><description><![CDATA[Manger principalement du lard, des myrtilles et du chocolat. Avoir l’esprit léger et être positif. Fumer deux paquets par jour. Demandez à un ou une centenaire quel est le secret de sa longévité, et vous obtiendrez toujours une réponse différente. Si les myrtilles sont bonnes pour la santé (ce qui n’est pas le cas des cigarettes), le secret pour vivre longtemps et en bonne santé serait peut-être...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 08:31:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/europe-longevite-mode-de-vie-une-nouvelle-zone-bleue-vient-detre-identifiee-en-sardaigne</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/a7rv05766.jpg?w=1600" length="1566239" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.today.com/health/womens-health/woman-100-longevity-tips-bacon-blueberries-chocolate-rcna599708" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Manger</a> principalement du lard, des myrtilles et du chocolat. <a href="https://people.com/woman-reveals-secrets-to-her-long-life-ahead-of-her-101st-birthday-exclusive-12126468" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Avoir</a> l’esprit léger et être positif. <a href="https://nypost.com/2026/06/25/lifestyle/100-year-old-woman-shares-secret-to-long-life-40-cigarettes-a-day-and-marmalade/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Fumer deux paquets par jour</a>. Demandez à un ou une centenaire quel est le secret de sa longévité, et vous obtiendrez toujours une réponse différente. Si les myrtilles sont bonnes pour la santé (ce qui n’est pas le cas des cigarettes), le secret pour vivre longtemps et en bonne santé serait peut-être gardé par un petit village de Sardaigne appelé Bolotana, situé dans les vallées de la chaîne montagneuse du Marghine.</p><p>Entouré de forêts et parsemé de sources fraîches, Bolotana compte environ 2&nbsp;262&nbsp;habitants, dont 10 sont au moins âgés de 100&nbsp;ans. Cette prévalence de centenaires (qui seraient environ 442 pour 100&nbsp;000&nbsp;habitants) est environ 10 et 11&nbsp;fois plus élevée que la moyenne sarde et américaine, respectivement. Ces chiffres ont piqué l’intérêt de Dan&nbsp;Buettner, explorateur National&nbsp;Geographic et spécialiste de longue date de la longévité, plus connu pour son travail sur les «&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-publique-longevite-zones-bleues-ces-endroits-ou-les-gens-vivent-plus-longtemps-et-en-meilleure-sante">zones bleues</a>&nbsp;», ces régions où l'on observe une concentration exceptionnelle de centenaires ou une longévité remarquable.</p><p>De telles zones ont déjà été identifiées à Okinawa, au Japon&nbsp;; à Ikaria, en Grèce&nbsp;; ainsi que dans un chapelet de villages de montagne ailleurs en Sardaigne. Mais lorsque Dan&nbsp;Buettner et son équipe ont entendu parler de Bolotana et qu’ils ont commencé à étudier les données, ils ont été stupéfaits par ce qu’ils venaient de découvrir.</p><p>«&nbsp;Bolotana est, selon certains indicateurs, la zone bleue la plus extraordinaire qui soit&nbsp;», a confié Dan&nbsp;Buettner dans un entretien. «&nbsp;Alors que les autres zones bleues sont en déclin, celle-ci croît. Cela signifie que chaque année, le nombre de centenaires augmente&nbsp;».</p><p>Avec son collègue chercheur Gianni&nbsp;Pes, Dan&nbsp;Buettner a rassemblé une équipe composée du professeur et gérontologue S.&nbsp;Jay&nbsp;Olshansky, qui a procédé à un processus de vérification scientifique de l’âge sur un échantillon randomisé des centenaires connus du village.</p><p>«&nbsp;Ce qui était intéressant avec Bolotana, c’est que le village a des photos de chaque centenaire. Nous n’avions jamais vu ça et nous ne le verrons sans doute jamais ailleurs&nbsp;», a indiqué S.&nbsp;Jay&nbsp;Olshansky dans un entretien. Après avoir identifié de façon aléatoire un groupe de centenaires à partir des photographies et passé en revue les registres parfaitement tenus du village, il a recoupé les dates de naissances et de décès avec les actes de baptême et les actes de mariage pour vérifier que chaque centenaire avait bien atteint l’âge de 100&nbsp;ans. Les résultats de l’étude des deux hommes ont paru dans la revue <a href="https://www.frontiersin.org/journals/aging" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Frontiers in Aging</em></a> le 5&nbsp;octobre&nbsp;2026.</p><p>«&nbsp;Nous avons découvert qu’à Bolotana, l’espérance de vie des femmes, en particulier, est bien plus élevée que ce qui a été observé parmi les populations les plus âgées au monde&nbsp;», explique S.&nbsp;Jay&nbsp;Olshansky. Dans le petit village sarde, les femmes ayant atteint l’âge de 70&nbsp;ans ont trois fois plus de chances de devenir centenaires que les femmes américaines.</p><p>«&nbsp;Les chiffres n’avaient pas besoin d’être aussi spectaculaires pour être intéressants&nbsp;», a-t-il ajouté au sujet de la découverte.</p><p>Bolotana se distingue des autres zones bleues par le fait que ce sont les femmes centenaires qui sont à l’origine des tendances de longévité. Selon l’étude, les chances de survie entre 70 et 100&nbsp;ans étaient de 4,92&nbsp;% pour les hommes contre 13,83&nbsp;% pour les femmes du village.</p><p>«&nbsp;En général, les femmes vivent entre trois et cinq ans de plus que les hommes dans les autres régions du monde. À Bolotana, ce chiffre semble encore plus élevé, mais nous ignorons encore pourquoi&nbsp;», observe le gérontologue.</p><p>Pour savoir quels facteurs liés au mode de vie contribuaient potentiellement à la longévité de la population de Bolotana, l’équipe a passé au crible des enquêtes historiques sur les habitudes alimentaires et interrogé les médecins du village. Elle a ainsi découvert que le régime alimentaire des habitants était à 90&nbsp;% végétarien, ces derniers ne consommant de la viande qu’environ cinq fois par mois pendant la majeure partie de leur vie. Ils se nourrissent principalement de produits qu’ils font ou produisent eux-mêmes, comme le fromage de leurs brebis ainsi que l’huile d’olive et le blé provenant de leurs champs.</p><p>«&nbsp;Ils <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-alimentation-nutrition-comment-creer-sa-propre-zone-bleue-et-vivre-plus-longtemps-vieillir-en-bonne-sante">mangent des haricots, des pâtes</a> et des pommes de terre. Tout ce qu’ils peuvent faire pousser dans leur jardin. Ils n’importaient pas beaucoup de malbouffe américaine&nbsp;», explique Dan&nbsp;Buettner, mais cela a changé en&nbsp;2005, lorsque le commerce s’est ouvert aux importations. La situation n’est «&nbsp;pas encore dramatique. Il n’y a aucun restaurant de <em>fast food</em>&nbsp;», souligne l’explorateur National&nbsp;Geographic.</p><p>En discutant avec l’un des principaux médecins du village, S.&nbsp;Jay&nbsp;Olshansky a été surpris d’apprendre de sa bouche que malgré la bonne santé de sa population, Bolotana ne comptait aucune salle de sport.</p><p>«&nbsp;Personne ne fait de sport ici&nbsp;», fait-il remarquer. «&nbsp;C’est assez intéressant, en soi. On dirait qu’ils n’essayent pas de vivre plus longtemps, mais qu’ils y parviennent quand même&nbsp;».</p><p>Toutefois, en raison des pentes fortes du village et de l’absence de voitures, les habitants «&nbsp;font du cardio à intensité modérée tous les jours sans s’en rendre compte&nbsp;», explique Dan&nbsp;Buettner. «&nbsp;Cela a son importance et c’est précisément sur ce point que nous pêchons aux États-Unis. Nous imaginons toujours que nous allons faire suffisamment d’activité physique, mais ce n’est jamais le cas&nbsp;».</p><p>Plusieurs générations d’une même famille ont également tendance à vivre ensemble à Bolotana. Les responsabilités du foyer et l’éducation des enfants sont donc partagées, et chacun bénéficie émotionnellement et spirituellement du fait d’être entouré de ses proches.</p><p>Pourtant, ces choix de vie n’expliquent pas pourquoi, contrairement à d’autres zones bleues, les femmes du village sont plus nombreuses que les hommes à atteindre la barre des 100&nbsp;ans. Ce phénomène pourrait s’expliquer par la génétique, ou par autre chose. À l’inverse d’autres régions de la Sardaigne, le village vit du pastoralisme et de l’agriculture. Par conséquent, un nombre plus élevé d’hommes est à la maison pour partager les corvées quotidiennes avec leurs compagnes. À Bolotana, «&nbsp;les hommes restent à la maison et partagent la charge liée au stress&nbsp;», souligne Dan&nbsp;Buettner.</p><p>L’équipe a encore beaucoup à étudier, notamment le rôle que la génétique pourrait jouer, mais pour l’explorateur National&nbsp;Geographic, les données recueillies à Bolotana sont un «&nbsp;coffre au trésor&nbsp;» pour la compréhension de la longévité humaine.</p><p>«&nbsp;Nous savons que l’environnement et le mode de vie à Bolotana ont permis à ses habitants de figurer parmi ceux ayant la plus longue espérance de vie au monde, et nous avons l’opportunité de découvrir ce qui rend cela possible&nbsp;», observe-t-il. «&nbsp;Dès qu’il y a des voitures, des iPhone et de la malbouffe américaine, les cas de diabète de type&nbsp;2, de maladie cardiovasculaire, de démence et de nombreux cancers augmentent, et le phénomène lié à la longévité ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Il suffit d’une génération. Mais avant ça, avant que cela ne se produise, nous avons une génération pour sortir nos outils archéologiques et découvrir leur secret&nbsp;».</p><p>«&nbsp;La proposition de valeur pour les États-Unis est en milliers de milliards de dollars&nbsp;», ajoute-t-il. «&nbsp;Si nous pouvions atteindre une telle longévité, étant donné notre budget alloué à la santé qui s’élève à cinq milliers de milliards d’euros par an, nous économiserions l’équivalent de deux à trois milliers de milliards de dollars&nbsp;».</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les sorcières existent bel et bien. Et depuis des siècles, elles sont persécutées</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-sorcieres-existent-bel-et-bien-et-depuis-des-siecles-elles-sont-persecutees</link><description><![CDATA[Des siècles après les dernières grandes chasses aux sorcières menées en Europe et dans certaines parties des États-Unis, on continue de leur attribuer des pouvoirs étonnants, romancés et réincarnés chaque année au moment d'Halloween. Au cinéma, au théâtre et à la télévision, elles sont souvent décrites comme « méchantes », même si elles peuvent parfois avoir bon fond.En réalité, les sorcières et...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 07:51:37 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-sorcieres-existent-bel-et-bien-et-depuis-des-siecles-elles-sont-persecutees</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/salem_witch2.jpg?w=1600" length="235836" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Des siècles après les dernières grandes chasses aux sorcières menées en Europe et dans certaines parties des États-Unis, on continue de leur attribuer des pouvoirs étonnants, romancés et réincarnés chaque année au moment d'Halloween.&nbsp;Au cinéma, au théâtre&nbsp;et à la télévision, elles sont souvent décrites comme « méchantes », même si elles peuvent parfois avoir bon fond.</p><p>En réalité, les sorcières et les personnes accusées d'avoir recours à la magie sont des personnes comme les autres.&nbsp;Leurs histoires - pas toujours racontées avec exactitude - sont devenues des sources de&nbsp;revenus pour des lieux associés à des pratiques occultes, tels que Salem, dans le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/north-america/united-states/massachusetts/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Massachusetts</a>&nbsp;et Zugarramurdi, le « Salem espagnol&nbsp;».</p><p>Mais avec la prise de conscience croissante de la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.org/article/witch-trials-21st-century/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">persécution</a>&nbsp;subie par les personnes soupçonnées de sorcellerie - principalement des femmes - grandit une sorte de malaise&nbsp;quant à la façon dont nous nous souvenons des hommes, femmes et enfants disparus pendant les épisodes de chasse aux sorcières.&nbsp;Une question se pose alors&nbsp;: comment concilier commémoration et marchandisation ?&nbsp;La réponse n'est pas simple.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5499588_0">DES REPRÉSENTATIONS TRÈS KITSCHS</h2><p>Chaque année à Halloween, des images de&nbsp;femmes au nez crochu portant un chapeau pointu surgissent un peu partout dans le monde, mais peut-être nulle part autant qu'à Salem, aux États-Unis.</p><p>Dans les années précédant la pandémie de coronavirus, près d'un million de touristes se ruaient dans la ville dans une sorte de pèlerinage qui a permis de&nbsp;générer&nbsp;<a href="https://www.salem.org/media-kit/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">140 millions de dollars</a>&nbsp;(environ 118 millions d'euros)&nbsp;dans la ville, dont le nom évoque immédiatement les procès de sorcières de 1692, au cours desquels 19 personnes ont été condamnées à mort&nbsp;pour sorcellerie.&nbsp;Pendant tout le mois d'octobre, au cours duquel des touristes costumés affluent&nbsp;dans cette ville-symbole (plus de 30 % des visiteurs annuels de la ville s'y rendent au mois d'octobre), les policiers portant des écussons à chapeau pointu sont pris en photo et les verres à liqueur ornés de petites sorcières se vendent par centaines.</p><p>Des scènes similaires se produisent à longueur d'année à Zugarramurdi, dans le nord de l'Espagne, où 7000 personnes ont été accusées de sorcellerie lors des&nbsp;<a href="https://library.law.yale.edu/news/largest-witch-hunt-world-history-basque-witch-trials-1609-1614" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">procès de sorcellerie au Pays basque</a>&nbsp;au début des années 1600.&nbsp;On peut y visiter une grotte non loin de là, où des prestidigitateurs marchandaient avec le diable (déguisé en chèvre) ;&nbsp;visiter un musée consacré à l'histoire de la ville et aux procès ;&nbsp;et acheter des souvenirs sur le thème des sorcières.</p><p>Si d'aucuns s'amusent de ces stéréotypes, certains chercheurs craignent qu'ils&nbsp;ne fassent plus de mal que de bien.&nbsp;La vente de poupées dans des boutiques de souvenirs&nbsp;comme celles que l'on trouve en Espagne « perpétue l'idée que les soi-disant sorcières… n'ont pas été victimes d'une terrible persécution, mais étaient des personnages fictifs », explique Silvia Federici, auteur de&nbsp;<a href="https://www.goodreads.com/book/show/403846.Caliban_and_the_Witch" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>Caliban et la sorcière</em></a>.&nbsp;« Je ne pense pas que les touristes qui achètent ces poupées se rendent compte qu'il s'agissait de femmes qui ont été accusées de crimes fictifs, puis torturées de la plus horrible des manières et le plus souvent brûlées vives.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5499590_0">L'HISTOIRE SE RÉPÈTE</h2><p>De la fin du 16<sup>e</sup> au milieu du 17<sup>e</sup> siècle, la peur de la sorcellerie s'est répandue dans toute l'<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Europe</a>.&nbsp;À cette époque, les guerres d'héritage, des maladies inexpliquées et les femmes puissantes aux mœurs jugées un peu trop libres constituaient autant d'actes d'accusations de sorcellerie.&nbsp;Des dizaines de milliers de personnes innocentes ont ainsi été condamnées à mort et exécutées.</p><p>La sorcellerie est difficile à définir.&nbsp;Britannica la catégorise comme une croyance religieuse et la&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/topic/witchcraft" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">définit</a>&nbsp;comme « l'exercice ou l'invocation de prétendus pouvoirs surnaturels pour contrôler des personnes ou des événements, des pratiques impliquant généralement de la sorcellerie ou de la magie ».&nbsp;Mais la sorcellerie englobe un large éventail de croyances culturelles et régionales, du chamanisme aux idées métaphysiques en passant par les traditions folkloriques préchrétiennes.</p><p>Des centaines d'années plus tard, cette perception erronée de la sorcellerie persiste.&nbsp;En conséquence, la chasse aux sorcières est aussi une&nbsp;<a href="https://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/HRC/37/57/Add.2" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">pratique du 21<sup>e</sup> siècle</a>&nbsp;dans de nombreuses régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, en&nbsp;<a href="https://www.scientificamerican.com/article/witch-hunts-today-abuse-of-women-superstition-and-murder-collide-in-india/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Inde</a>&nbsp;et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.</p><p>Si les autorités de la plupart des pays préfèrent fermer les yeux, certains systèmes juridiques sanctionnent les actes dits de sorcellerie.&nbsp;En plus d'avoir des lois contre la sorcellerie (un crime passible de la peine de mort), l'Arabie saoudite a créé une&nbsp;unité anti-sorcellerie&nbsp;en 2009 au sein du département de la police religieuse nationale.</p><p>Pourquoi les chasses aux sorcières se sont-elles&nbsp;intensifiées dans certaines parties du monde ? C'est une question à laquelle il est difficile de répondre.&nbsp;Outre les motifs qui prévalaient déjà en Europe au début de l'époque moderne, la sorcellerie peut être une excuse commode pour répondre au&nbsp;<a href="https://www.un.org/press/en/2019/dsgsm1349.doc.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">problème croissant</a>&nbsp;des violences faites aux femmes.&nbsp;« Les violences faites aux femmes se sont considérablement intensifiées ces dernières années», dit Federici.</p><p>Le fait même de ne pas commémorer les chasses aux sorcières peut être un élément d'explication non-négligeable.&nbsp;« Aucun « jour de la mémoire » n'a été introduit dans un calendrier européen », écrit Federici dans l'introduction de sa collection 2018 d'essais&nbsp;<a href="https://www.pmpress.org/index.php?l=product_detail&amp;p=960" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>Witches, Witch-Hunting, and Women</em></a><em>&nbsp;(Sorcières, Chasses aux sorcières et femmes)</em>.&nbsp;L'histoire des victimes ne peut « être passée sous silence, sous peine que leur destin ne se répète, comme cela se produit déjà dans de nombreuses régions du monde ».</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5499592_0">UNE COMMÉMORATION PLUS APPROPRIÉE</h2><p>Partout dans le monde, des efforts sont déployés pour dépasser le cliché de la sorcière sur son balai et reconnaître de manière réaliste ces sombres épisodes de&nbsp;l'Histoire.&nbsp;Le mémorial «&nbsp;<a href="https://www.salem.com/proctors-ledge-memorial-project" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Proctor's Ledge</a>&nbsp;» de&nbsp;Salem est un espace paysager sobre où les accusées de sorcellerie ont été pendues en 1692. Dans l'Essex, en&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/united-kingdom/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Angleterre</a>,&nbsp;<a href="https://www.gazette-news.co.uk/news/15984686.witch-trial-victims-will-get-memorial-castle-park-400-years/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">une petite plaque</a>&nbsp;énumère les noms des 33 victimes qui ont été détenues à Castle Park.</p><p>En&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/united-kingdom/scotland/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Écosse</a>,&nbsp;une plaque commémorative&nbsp;dans les îles Orcades rappelle que 80 personnes ont été tuées à Gallow Ha'.&nbsp;Le long du&nbsp;<a href="https://www.thecourier.co.uk/fp/news/local/fife/1559245/awaiting-pics-women-accused-of-witchcraft-commemorated-at-fife-heritage-trail-launch/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">sentier côtier de Fife</a>, trois plaques rappellent les noms des 380 personnes accusées de sorcellerie.&nbsp;Toujours à Fife, des responsables gouvernementaux ont proposé en 2019 qu'un&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/news/uk-scotland-edinburgh-east-fife-49754814" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">phare vieux de 200 ans</a>&nbsp;soit dédié à la victime de chasse aux sorcières la plus célèbre du comté, Lilias Adie (décédée en prison en 1704 en attendant son procès) et à toutes les victimes de&nbsp;chasses aux sorcières&nbsp;qui se sont tenues dans le&nbsp;pays. Cette requête n'a cependant pas abouti.</p><p>Aucune de ces marques mémorielles&nbsp;n'égale cependant le&nbsp;mémorial norvégien de Steilneset.&nbsp;Érigée en 2011, la structure décrit la vie des 77 femmes et 14 hommes exécutés lors des&nbsp;<a href="https://www.jstor.org/stable/4256708?seq=1" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">procès de sorcières de Finnmark</a>&nbsp;au 17<sup>e</sup> siècle.&nbsp;On peut l'admirer à la fin de la&nbsp;<a href="https://www.nasjonaleturistveger.no/en/routes/varanger" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">promenade panoramique de Varanger</a>, qui longe&nbsp;la mer de Barents, dans laquelle des sorcières accusées ont été jetées.&nbsp;Si elles flottaient, alors elles&nbsp;étaient considérées comme coupables.</p><p>L'architecte Peter Zumthor a conçu un long pavillon menant à une boîte faite d'acier et de verre fumé.&nbsp;À l'intérieur de la boîte, la sculpture de l'artiste Louise Bourgeois « Les damnés, les possédés et les aimés » (2007–2010) met en valeur une chaise en acier enflammée entourée de miroirs.</p><p>À côté de chacune des 91 fenêtres du pavillon (une pour chaque victime), on peut lire un texte de&nbsp;l'historienne&nbsp;<a href="http://www.livhelenewillumsen.no/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Liv Helene Willumsen</a>&nbsp;basé sur des archives judiciaires - noms des victimes, charges retenues contre elles et condamnation.&nbsp;Parmi ces noms, celui de&nbsp;Sámi Karen Edisdatter,&nbsp;la première des 13 femmes accusées d'avoir provoqué un naufrage en 1617 ;&nbsp;et Marette, connue uniquement sous le nom de « femme de Torsten », brûlée en 1645, qui&nbsp;« n'a laissé qu'un pantalon bleu et un vieux pull ».</p><p>« J'étais très consciente du danger de romancer les procès de sorcellerie », dit Willumsen.&nbsp;« J'ai essayé de traiter le matériel historique de manière respectueuse, pas de dramatiser.&nbsp;Je veux redonner aux victimes leur dignité, une dignité qu'elles n'ont jamais eue de leur vivant.&nbsp;Je veux montrer qu'elles étaient des êtres humains [avec] un nom et une voix.&nbsp;[Qu']elles vivaient dans les villages de Finnmark. »</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5499595_0">"UN ÉQUILIBRE DIFFICILE"</h2><p>Steilneset est devenu un modèle pour les militants en Écosse, où l'<a href="https://www.nationalgeographic.com/history/magazine/2019/09-10/scotland-witch-hunts/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">histoire de la persécution des sorcières</a>&nbsp;est particulièrement sombre.&nbsp;Les habitants font pression pour une reconnaissance plus large des atrocités commises dans le pays à une époque&nbsp;où les manifestations contre des statues et autres monuments reflétant inexactement l'Histoire secouent l'Europe.</p><p>Les gens se soucient « de retranscrire correctement l'Histoire », en particulier « les femmes [qui] ne sont toujours pas considérées comme les égales des Hommes dans la société », déclare Claire Mitchell, une avocate de la défense pénale basée à Édimbourg qui a lancé une&nbsp;<a href="https://www.witchesofscotland.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">campagne</a>&nbsp;pour un pardon juridique soutenu par le Parlement, des excuses et monument.</p><p>Mais Mitchell reconnaît le potentiel d'un mémorial à créer un équilibre difficile entre le fait d'honorer la mémoire des victimes et le fait de monétiser leurs histoires.&nbsp;« Ce que je veux pour l'Écosse, ce n'est pas créer simplement une [attraction] touristique, mais [que les visiteurs] comprennent le patrimoine et ce qu'il s'est passé ici », dit-elle, ajoutant que le mémorial devra&nbsp;être « fait de la bonne manière ».</p><p>« Il n'est pas facile de commémorer une atrocité », écrit&nbsp;<a href="https://www.stacyschiff.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Stacy Schiff</a>, lauréate du prix Pulitzer,&nbsp;dans son essai&nbsp;<a href="https://www.nytimes.com/2015/10/25/opinion/sunday/first-kill-the-witches-then-celebrate-them.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>D'abord, tuez les sorcières.&nbsp;Ensuite, célébrez-les</em></a>&nbsp;sur l'industrie du tourisme inspirée des sorcières de Salem. « La ville a transformé sa honte secrète en une grâce salvatrice ».</p><p>Malgré tout le kitsch autour des sorcières, Salem est l'un des rares endroits à avoir fait acte de reconnaissance de cette partie de son histoire.&nbsp;Dans les décennies qui ont suivi les procès pour sorcellerie, les accusateurs se sont officiellement excusés pour les événements de 1692. Trois cents ans plus tard, Salem a érigé un mémorial aux victimes et, en 2002, le Massachusetts a disculpé tous les accusés.&nbsp;Le secteur du tourisme a également été touché ;&nbsp;les sorcières des temps modernes mènent désormais des visites guidées et&nbsp;expliquent la véritable histoire de la ville, dissipant les stéréotypes.</p><p>Cette contradiction n'est que trop familière à Kristen J. Sollee.&nbsp;Dans son nouveau livre&nbsp;<a href="http://kristensollee.com/books" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>Witch Hunt</em></a>&nbsp;<em>(Chasse aux sorcières)</em>, elle raconte l'expérience de la visite de lieux associés aux procès de sorcières et ceux qui intéressent les sorcières auto-identifiées, comme elle-même.&nbsp;« Après des années de recherche », écrit-elle, elle « connaî[t] bien le conflit éternel […] qu'inspire le tourisme des sorcières ».</p><p>Un chapitre décrit la visite de Triora, en&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/italy/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Italie</a>, où « comme à Salem, le côté commercial est déconcertant ».&nbsp;Bien qu'elle l'ait trouvé « assailli par le mercantilisme, il y avait en même temps de beaux rituels et de réels efforts communautaires pour commémorer la chasse aux sorcières », dit Sollee.&nbsp;« C'est comme Salem… on est entre le sombre et le salace.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Observer deux caribous se battre l'un contre l'autre</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-observer-deux-caribous-se-battre-lun-contre-lautre</link><category>Animaux</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 06:02:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-observer-deux-caribous-se-battre-lun-contre-lautre</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035062_img.jpg?w=1600" length="143907" type="image/jpeg"/></item><item><title>Un lynx boréal part chasser les jeunes renardeaux du Tibet</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-un-lynx-boreal-part-chasser-les-jeunes-renardeaux-du-tibet</link><category>Animaux</category><pubDate>Tue, 06 Oct 2026 05:03:37 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-un-lynx-boreal-part-chasser-les-jeunes-renardeaux-du-tibet</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035054_img.jpg?w=1600" length="134275" type="image/jpeg"/></item><item><title>Sept road trips pour admirer les plus belles couleurs de l’automne</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/sept-road-trips-pour-admirer-les-plus-belles-couleurs-de-automne-leaf-peeping-europe-asie-amerique</link><description><![CDATA[L’arrivée de l’automne offre une autre manière de voyager et de découvrir les paysages. Alors que les journées raccourcissent et que l’air se rafraîchit, une déferlante de couleurs commence à transformer les paysages d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. On considère souvent la côte est des États-Unis comme le lieu par excellence où s’adonner au leaf-peeping, la pratique qui consiste à voyager...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 16:08:07 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/sept-road-trips-pour-admirer-les-plus-belles-couleurs-de-automne-leaf-peeping-europe-asie-amerique</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1927512358.jpg?w=1600" length="2449618" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>L’arrivée de l’automne offre une autre manière de voyager et de découvrir les paysages. Alors que les journées raccourcissent et que l’air se rafraîchit, une déferlante de couleurs commence à transformer les paysages d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. On considère souvent la côte est des États-Unis comme le lieu par excellence où s’adonner au <em>leaf-peeping,</em> la pratique qui consiste à voyager pour aller admirer et photographier le feuillage automnal, mais le reste du monde regorge d’itinéraires traversant des forêts aux multiples teintes éclatantes de rouge, d’orange et de jaune. De la déclinaison japonaise de la Route romantique à l’antique sylve de la forêt de Dean, nous avons sélectionné sept itinéraires qui sont la promesse d’escapades automnales véritablement inoubliables.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618731_0">1. ANGLETERRE&nbsp;: DE SYMONDS YAT ROCK AU CHÂTEAU DE GOODRICH, FORÊT DE DEAN</h2><p><strong>Longueur&nbsp;:</strong> 80 kilomètres</p><p><strong>Durée du trajet&nbsp;:&nbsp;</strong>2-3 heures</p><p>Situées à la frontière entre l’Angleterre et le Pays de Galles, la forêt de Dean et la vallée de la Wye se transforment alors qu’octobre fait baisser les températures. Châtaignes, chênes, hêtres, aubépines et frênes prennent des teintes dorées, orangées et pourpres. Pour voir la forêt dans ce qu’elle a de meilleur à offrir, embarquez pour une virée à la découverte des&nbsp;<a href="https://www.visitdeanwye.co.uk/trails/leaf-peeping-drive-in-the-forest-of-dean-and-wye-valley" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">feuillages d’automne</a>, conçue pour que vous profitiez des points de vue et sentiers les plus impressionnants de la région. Partez de Symonds Yat Rock, qui surplombe les cimes colorées et les méandres des eaux de la Wye. Prenez le temps de déambuler au sein de l’arborétum Cyril-Hart, qui abrite plus de 200 espèces d’arbres, avant de remonter au château de Goodrich et de profiter des panoramas offerts par la colline de Coppett voisine.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618731_1">2. JAPON&nbsp;: UEDA, DE NAGANO À NIKKO, TOCHIGI</h2><p><strong>Longueur&nbsp;:</strong> 349 kilomètres</p><p><strong>Durée de trajet&nbsp;:&nbsp;</strong>7-9 heures</p><p>Cet itinéraire est la version japonaise de la&nbsp;<a href="https://www.japan-guide.com/e/e7450.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Route romantique</a> allemande et s’inspire de ce célèbre parcours qui traverse la Bavière. Avant de quitter Ueda (à une heure et demie de train de Tokyo), allez voir le château d’Ueda&nbsp;; à l’automne, les érables environnants prennent une teinte rouge éclatante et les ginkgos se dorent. De là, l’itinéraire emmène les voyageurs de la préfecture de Nagano aux montagnes de la préfecture de Gunma, où se nichent notamment des villes thermales comme Kusatsu, avant d’entrer dans la préfecture de Tochigi. À quelques kilomètres à peine à l’ouest de Nikko, se trouve le lac Chuzenji&nbsp;; ce lac d’altitude est particulièrement beau de la mi-octobre au mois de novembre, quand les érables et les katsuras des environs se parent de rouge et de jaune.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618733_0">3. ÉTATS-UNIS&nbsp;: DE STAMFORD À NEWPORT, VERMONT</h2><p><strong>Longueur&nbsp;: </strong>348 kilomètres</p><p><strong>Temps de trajet&nbsp;:</strong> 5 heures</p><p>Au départ de Stamford, ville située à trois heures de route de Boston, la Route 100 du Vermont donne à voir ce que la Nouvelle-Angleterre a de mieux à proposer en matière de feuillage automnal. La plus longue route de l’État longe la chaîne des montagnes Vertes au sein de paysages où les érables rouge orangé et cramoisis se mêlent aux bouleaux et aux hêtres jaunes. Grâce à la présence abondante d’érables à sucre sur son territoire, le Vermont est le premier producteur de sirop d’érable du pays. Les voyageurs peuvent goûter le produit le plus célèbre de l’État à la Great Mountain Sugar House, à Ludlow, ou bien se procurer une multitude d’autres produits fabriqués localement au Vermont Country Store, à Weston.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618733_1">4. CANADA&nbsp;: CABOT TRAIL, NOUVELLE-ÉCOSSE</h2><p><strong>Longueur&nbsp;: </strong>298 kilomètres</p><p><strong>Durée de trajet&nbsp;:</strong> 5-7 heures</p><p>En remontant vers la côte est du Canada, le&nbsp;<a href="https://novascotia.com/get-inspired/top-25/explore-the-cabot-trail/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cabot Trail</a> épouse le contour de l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. L’itinéraire commence et s’achève dans la ville de Baddeck (située à trois heures et demie de route environ de la capitale de la province, Halifax), et serpente le long du littoral accidenté de l’Atlantique et du golfe du Saint-Laurent. De la fin septembre à la mi-octobre, les érables à sucre et les érables rouges, les bouleaux et les hêtres d’Amérique jaunes se parent de couleurs flamboyantes. Faites une halte pour une randonnée de 6,5 kilomètres sur le Skyline Trail, près de Chéticamp, pour voir les teintes éclatantes de rouge et de jaune contraster avec le vert des pins et sapins environnants tout en profitant des panoramas sur le golfe.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618733_2">5. ALLEMAGNE&nbsp;: DE WURTZBOURG À FÜSSEN, BAVIÈRE</h2><p><strong>Longueur&nbsp;: </strong>467 kilomètres</p><p><strong>Durée de trajet&nbsp;:&nbsp;</strong>4-5 heures</p><p>La&nbsp;<a href="https://www.romanticroadgermany.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Route romantique</a> mène les voyageurs au cœur de la Bavière et du Bade-Wurtemberg. Au départ de Wurtzbourg, célèbre pour ses vins de Franconie et son architecture baroque, l’itinéraire traverse certaines des villes médiévales les plus pittoresques d’Allemagne, dont Rothenburg ob der Tauber, avec ses ruelles étroites et ses maisons à colombages. À l’approche de Füssen, terme du parcours, prenez le temps de vous arrêter au château de Neuschwanstein, particulièrement impressionnant en octobre lorsque les bois alentours, un mélange de sycomores, d’érables et de hêtres, prennent des teintes cuivrées, dorées et écarlates.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618735_0">6. ROUMANIE&nbsp;: DE&nbsp;CURTEA DE ARGEȘ À&nbsp;CÂRȚIȘOARA,&nbsp;ROUTE TRANSFĂGĂRĂȘAN</h2><p><strong>Longueur&nbsp;:&nbsp;</strong>114 kilomètres</p><p><strong>Durée de trajet&nbsp;:&nbsp;</strong>3-4 heures</p><p>Depuis&nbsp;Curtea de Argeș, ville du sud-centre de la Roumanie située au bord d’une rivière, cet itinéraire spectaculaire qui suit la <a href="https://romaniatourism.com/scenic-drives-romania-transfagarasan.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">route Transfăgărășan</a> n’est pas recommandé aux âmes sensibles avec ses virages serrés et ébouriffants à travers les monts Făgăraș. Mais le jeu en vaut la chandelle, surtout à l’automne. Les hêtres et les érables des forêts prennent des teintes éclatantes de rouge, de rouille et d’or qui ressortent sur le vert profond des sapins. Faites halte pour une randonnée au point culminant de l’itinéraire, le lac Bâlea, situé à une altitude de 2&nbsp;034 mètres. La route est à découvrir de préférence au début de l’automne, car la section d’altitude ferme en raison de chutes de neige de la fin du mois d’octobre à la fin du mois de juin.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618735_1">7. ÉTATS-UNIS&nbsp;: SAN JUAN SKYWAY, COLORADO</h2><p><strong>Longueur&nbsp;:&nbsp;</strong>380 kilomètres</p><p><strong>Durée de trajet&nbsp;:&nbsp;</strong>6-7 heures</p><p>Surnommée «&nbsp;Route du ciel&nbsp;», la&nbsp;<a href="https://www.codot.gov/travel/coloradobyways/southwest/san-juan-skyway" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">San Juan Skyway</a> serpente entre les monts San Juan, dans le sud-ouest du Colorado. Cet itinéraire en boucle part de Durango (à six heures de route environ de Denver), et inclut des haltes populaires, comme les villes minières historiques de Silverton, de Telluride et d’Ouray. Cette dernière est surnommée la «&nbsp;Petite Suisse américaine&nbsp;» en raison des sommets rocheux qui l’entourent et de ses nombreux sentiers de randonnée. De la fin septembre au début du mois d’octobre, les montagnes offrent un spectacle impressionnant et des trembles, des peupliers et des chênes de Gambel aux couleurs vives bordent la route.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Otaries du Cap : enquête sur une épidémie de rage sans précédent</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/virus-propagation-otaries-du-cap-enquete-sur-une-epidemie-de-rage-sans-precedent</link><description><![CDATA[Robert Sivewright ne se souvient pas du sang. « On m’a dit que j’en étais couvert de la tête aux pieds », raconte-t-il.En février, alors qu’il guidait une excursion en kayak dans le port de Hout Bay, sur la péninsule du Cap en Afrique du Sud, une otarie à fourrure du Cap présentant un œil injecté de sang s’est approchée de son groupe. Après avoir heurté l’un des kayaks à plusieurs reprises,...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 14:03:42 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/virus-propagation-otaries-du-cap-enquete-sur-une-epidemie-de-rage-sans-precedent</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/naturepl01779038.jpg?w=1600" length="1505112" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Robert Sivewright ne se souvient pas du sang. « On m’a dit que j’en étais couvert de la tête aux pieds », raconte-t-il.</p><p>En février, alors qu’il guidait une excursion en kayak dans le port de Hout Bay, sur la péninsule du Cap en Afrique du Sud, une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/fur-seals" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">otarie à fourrure du Cap</a> présentant un œil injecté de sang s’est approchée de son groupe. Après avoir heurté l’un des kayaks à plusieurs reprises, l’animal « a complètement perdu le contrôle et s’est mis à attaquer l’embarcation d’un client », explique Robert Sivewright. Alors qu’il aidait les participants à sortir de l’eau, l’otarie s’est retournée contre lui. « Elle a réussi à me mordre à plusieurs reprises », raconte-t-il.</p><p>Transporté à l’hôpital, il a dû subir une chirurgie réparatrice ainsi qu’une série d’injections destinées à prévenir une éventuelle infection. L’otarie a ensuite été euthanasiée depuis le rivage. Les autorités n’ont toutefois pas réussi à récupérer sa carcasse en mer pour effectuer des analyses. Malgré cela, Robert Sivewright est convaincu que l’animal était atteint de la rage. « Au vu de son comportement, il y a très peu de doutes possibles », estime-t-il. « Quelque chose n’allait clairement pas chez cette otarie. »</p><p><a href="https://www.pasteur.fr/fr/votre-sante/comprendre-les-maladies/les-maladies-de-z/rage" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">La rage est une maladie virale qui provoque une inflammation mortelle du cerveau et de la moelle épinière</a>. Elle se transmet entre mammifères par la salive, le plus souvent à la suite d’une morsure ou d’une griffure. Avant cette épidémie, apparue en 2024, aucun cas de transmission durable au sein d’une population de mammifères marins n’avait été documenté.</p><p>L’apparition de cette flambée épidémique a laissé les spécialistes face à de nombreuses questions : comment le virus est-il parvenu chez les otaries et que pourrait-il se passer si sa propagation ne pouvait être maîtrisée ?</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618725_0">UN COMPORTEMENT INHABITUEL</h2><p>Dès 2021, une augmentation des interactions dangereuses entre otaries et humains avait alerté les spécialistes. « Soudainement, nous avons observé des comportements agressifs inexpliqués chez des otaries », explique Gregg Oelofse, responsable de la gestion du littoral pour la ville du Cap. Au cours des vingt années précédentes, il n’avait recensé que quelques rares cas de morsures infligées à des humains.</p><p>À l’époque, un seul cas de rage chez des phoques ou des otaries avait été documenté : celui d’un <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.nda.gov.za/images/outbreaks/Rabies/2024/rabies-in-seals_dalrrd-report_jul2024_final.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">phoque annelé</a> observé au Svalbard, en Norvège, en 1980. Le virus ne s’était alors pas propagé à d’autres individus.&nbsp;</p><p>Certains experts ont d’abord envisagé qu’une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.nationalgeographic.com/animals/article/140422-seals-sea-lions-stranded-marine-mammals-california-rescue" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">prolifération d’algues</a> puisse expliquer cette hausse des attaques. L’<a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.nationalgeographic.com/animals/article/poisoned-sea-lions" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">acide domoïque</a>, une neurotoxine produite par certaines algues, peut provoquer chez les animaux infectés des troubles neurologiques tels que l’agressivité ou des mouvements désordonnés, comme l'explique Ernest Ngoepe, chercheur à l’Agricultural Research Council et auteur d’une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/32/10/26-0179_article" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">étude</a> sur l’émergence de la rage chez les otaries. « Personne n’imaginait qu’il puisse s’agir de la rage », souligne-t-il.</p><p>D’autres maladies, ainsi qu’un mystérieux épisode de mortalité massive survenu en 2021, ont également contribué à masquer l’apparition progressive du virus chez les otaries à fourrure du Cap, souligne Tess Gridley, directrice fondatrice de Sea Search à Cape Town et autrice d’une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.researchsquare.com/article/rs-7992979/v1" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">prépublication scientifique</a> consacrée à l’épidémie.</p><p>L’origine du phénomène n’a commencé à s’éclaircir qu’en mai 2024. Cette année-là, un chien de compagnie a contracté la rage après avoir été attaqué par une otarie. Les cas de rage canine étant rares dans la province du Cap-Occidental, les chercheurs ont commencé à envisager sérieusement l’hypothèse d’une transmission par l’otarie. Les analyses de quatre individus ont révélé que trois otaries ayant présenté un comportement anormalement agressif étaient positives à la rage.</p><p>Cette découverte a motivé une réévaluation d’échantillons antérieurs qui a permis de confirmer plus de cent cas positifs chez les otaries du Cap depuis 2024. Les spécialistes ignorent toutefois combien d’animaux sont réellement infectés parmi les quelque deux millions d’otaries de la région.</p><p>La confirmation d’un cas requiert l’analyse du cerveau d’un animal décédé. « Concrètement, il faut rechercher les carcasses sur les plages, les déplacer, prélever leur tête et analyser leur cerveau », résume Tess Gridley. « Ce n’est pas une tâche agréable. »</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618725_1">COMMENT LE VIRUS EST-IL ARRIVÉ CHEZ LES OTARIES ?</h2><p>Les chercheurs ont d’abord suspecté les chiens domestiques. « Mais nous n’avons pas de cas de rage canine à Cape Town », rappelle Ernest Ngoepe. Pour résoudre l’énigme, les scientifiques ont utilisé le séquençage génétique et l’analyse phylogénétique afin de retracer l’origine du virus. Leurs conclusions pointent vers le chacal à dos noir, une espèce connue pour être porteuse de la rage en Afrique du Sud.</p><p>Les chacals fréquentent les colonies d’otaries : ils s’attaquent parfois aux otaries juvéniles et se nourrissent de carcasses. Une transmission lors d’un affrontement entre les deux espèces paraît donc plausible. Les analyses génétiques indiquent que le virus aurait pénétré dans les populations d’otaries dès 2015, bien avant que les scientifiques imaginent un tel scénario.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618725_2">UNE LUTTE DIFFICILE À MENER</h2><p>Aujourd’hui, les spécialistes tentent de limiter la propagation de la maladie en vaccinant les otaries habituées à la présence humaine et en euthanasiant les individus que l'on pense porteurs de la rage. Mais vacciner l’ensemble des otaries, depuis le sud de l’Angola jusqu’au sud-est de l’Afrique du Sud en passant par la Namibie, relève de l’impossible. « Comment vacciner deux millions d’otaries à fourrure du Cap ? » s’interroge Tess Gridley. « Nous évoluons dans un domaine totalement inconnu. »</p><p>Même lorsqu’un animal est vacciné, un rappel est nécessaire. « Elles se ressemblent toutes, il est donc impossible de savoir lesquelles ont déjà reçu une injection », souligne Oelofse. Les vaccins oraux ne constituent pas non plus une solution simple. Contrairement à de nombreux carnivores terrestres, les otaries consomment leurs proies vivantes, ce qui rend difficile la dissimulation d’un vaccin dans un appât.</p><p>Leur comportement social favorise également la propagation du virus. « Les otaries à fourrure du Cap sont extrêmement grégaires », explique Tess Gridley. « Elles adorent vivre en groupe et parcourent de très grandes distances. » Certaines peuvent nager jusqu’à 100 kilomètres en une seule journée, transportant potentiellement la maladie d’une colonie à une autre.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618725_3">QUEL RISQUE POUR LES HUMAINS ?</h2><p>Chaque année, environ 59 000 personnes meurent de la rage dans le monde. Une prise en charge médicale rapide permet toutefois d’éviter le développement de la maladie chez les personnes mordues ou griffées. La rage peut provoquer des engourdissements, des hallucinations, des difficultés respiratoires et des paralysies, parfois jusqu’à un an après l’infection. Une fois les symptômes apparus, elle est presque toujours mortelle.&nbsp;</p><p>La première attaque d’otarie confirmée contre un humain dans la région du Cap remonte à juillet 2022, et les morsures continuent aujourd’hui. Au cours d’une seule journée de septembre 2026, une otarie présumée porteuse de la rage a mordu neuf personnes sur la plage de Muizenberg, dont six enfants. « Environ 176 cas de morsures ont été recensés à ce jour », précise Ngoepe.</p><p>Malgré tout, les experts ne souhaitent pas décourager le public de profiter du littoral. Aucun cas de transmission de la rage d’une otarie à un humain n’a été confirmé jusqu’à présent. Le virus semble désormais installé durablement dans la population d’otaries, ce qui rend son éradication improbable. Les gestionnaires de la faune marine continuent néanmoins les campagnes de vaccination ciblée et l’euthanasie des animaux malades afin d’en limiter la propagation.</p><p>« Il s’agit d’une épidémie qui couve en permanence, avec des flambées ponctuelles », résume Oelofse. Pour réduire les risques, les spécialistes recommandent de toujours garder ses distances avec les animaux sauvages. Selon Oelofse, les otaries infectées présentent souvent des signes caractéristiques : agressivité, refus de retourner à l’eau et mouvements inhabituels de la tête.</p><p>« Si une otarie se comporte de façon anormale, quittez l’eau ou éloignez-vous de la plage », conseille-t-il. « Et prévenez immédiatement les autorités. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les Trésors Perdus de la Grèce Antique | Bande-annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/les-tresors-perdus-de-la-grece-antique-bande-annonce</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 13:19:15 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/les-tresors-perdus-de-la-grece-antique-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035359_img.jpg?w=1600" length="193330" type="image/jpeg"/></item><item><title>Tchernobyl : au-delà du silence | Bande-annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/tchernobyl-au-dela-du-silence-bande-annonce</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 13:02:41 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/tchernobyl-au-dela-du-silence-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035262_img.jpg?w=1600" length="103011" type="image/jpeg"/></item><item><title>Les mystères de la médecine ancienne | Bande-annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/les-mysteres-de-la-medecine-ancienne-bande-annonce</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 12:45:40 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/les-mysteres-de-la-medecine-ancienne-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/108_barbersurgeonsastrologistphysiciansancientindianmedicine_mysteriesofancientmedicine_21.jpg?w=1600" length="379386" type="image/jpeg"/></item><item><title>Douane USA : face aux trafiquants | Bande Annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/douane-usa-face-aux-trafiquants-bande-annonce</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 12:45:04 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv/douane-usa-face-aux-trafiquants-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035263_img.jpg?w=1600" length="138131" type="image/jpeg"/></item><item><title>L'histoire de la célèbre chasse aux sorcières de Salem</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-histoire-de-la-celebre-chasse-aux-sorcieres-de-salem-sorcellerie-proces-extraordinaires-17e-siecle</link><description><![CDATA[Les statistiques ne sont qu'un moyen parmi d'autres d’illustrer les tristement célèbres procès des sorcières de Salem. En seulement seize mois, entre février 1692 et mai 1693, un peu moins de deux cents personnes, essentiellement des femmes, furent accusées de pratiquer la sorcellerie à Salem, dans le Massachusetts colonial. Sur toutes ces personnes, près de trente furent condamnées et dix-neuf...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 12:27:51 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-histoire-de-la-celebre-chasse-aux-sorcieres-de-salem-sorcellerie-proces-extraordinaires-17e-siecle</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/bal204698.jpg?w=1600" length="1945376" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les statistiques ne sont qu'un moyen parmi d'autres d’illustrer les tristement célèbres procès des sorcières de Salem. En seulement seize mois, entre février 1692 et mai 1693, un peu moins de deux cents personnes, essentiellement des femmes, furent accusées de pratiquer la sorcellerie à Salem, dans le Massachusetts colonial. Sur toutes ces personnes, près de trente furent condamnées et dix-neuf exécutées par pendaison.</p><p>Salem aurait cependant pu ne jamais être le théâtre de ces accusations en masse, procès et exécutions sans cette confluence à la fois de personnalités et de facteurs individuels. Ces forces bouleversèrent une communauté puritaine et la vie de ses membres. Découvrez ce qui mena aux procès des sorcières de Salem et pourquoi il convient, encore aujourd’hui, de se remémorer ce qui s’y déroula.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5590372_0"><strong>LES ORIGINES DE CETTE CHASSE AUX SORCIÈRES</strong></h2><p>Commençons par faire tomber les mythes. « À l'époque coloniale, à Salem, il n'y avait pas de femmes au visage vert portant des chapeaux pointus qui remuaient des [potions dans des] chaudrons et jetaient des sorts », démystifie Bridget M. Marshall, professeure d'anglais à l'université du Massachusetts, à Lowell, qui a rédigé des écrits sur les procès historiques de sorcières. En règle générale, les accusations de sorcellerie visaient plutôt des femmes dont le comportement dérangeait les membres de leurs communautés très unies et profondément religieuses. Il était fréquent qu’elles touchent également les membres les plus impuissants de la communauté, tels que les femmes pauvres ou de couleur, des personnes qu'il était aisé d'accuser de sorcellerie.&nbsp;</p><p>Les procès de sorcellerie n'étaient pas l'apanage de Salem. En Europe, la chasse aux sorcières&nbsp;<a href="https://www.law.berkeley.edu/research/the-robbins-collection/exhibitions/witch-trials-in-early-modern-europe-and-new-england/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">constituait</a> une véritable préoccupation entre les 15<sup>e</sup> et 18<sup>e</sup> siècles, période au cours de laquelle près de 100 000 personnes, principalement des femmes, furent poursuivies car accusées d’avoir conspiré avec le diable et accompli des actes hérétiques comme jeter des sorts. Ce tourment se propagea avec la colonisation européenne, l’agitation sociale et les changements religieux, ainsi que politiques, qui avaient lieu à Salem, ouvrant ainsi la voie aux accusations de sorcellerie.&nbsp;</p><p>Comme d'autres villes de la colonie de la baie du Massachusetts tenue par les Anglais, Salem était peuplée de colons puritains. Ils vivaient chaque jour aux côtés des habitants indigènes de la région, de personnes africaines réduites en esclavage et d'un nombre croissant de réfugiés, déplacés de ce qui est aujourd'hui le Canada et New York à cause de la&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/event/King-Williams-War" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">guerre de la Ligue d'Augsbourg</a>, un conflit entre la France et une coalition de puissances européennes qui fit rage entre 1688 et 1697. Ces nouveaux habitants poussèrent Salem aux limites de ses ressources, alimentant les rivalités personnelles déjà intenses entre les villageois et leurs leaders religieux, ainsi que les responsables gouvernementaux.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5590372_1"><strong>LA PREMIÈRE ACCUSATION DE SORCELLERIE</strong></h2><p>Salem parvenant difficilement à garder un pasteur de manière permanente, le responsable d'église constituait l’un des sujets de discorde les plus tenaces. Après de multiples tentatives, la congrégation de l'église du village recruta le révérend&nbsp;<a href="https://www.colonialsociety.org/node/1188" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Samuel Parris</a>.&nbsp;Son mandat fut marqué par une controverse plus grande encore en raison de ses opinions strictes et orthodoxes, ainsi que des querelles au sujet de son salaire.&nbsp;</p><p>En janvier 1692, sa fille de neuf ans, Elizabeth, et sa nièce Abigail Williams, âgée de onze ans, commencèrent à&nbsp;faire des sortes de « crises » après avoir joué à des jeux de divination. La doctrine puritaine considérait de tels amusements comme pernicieux.&nbsp;</p><p>Dans ce cas précis, les fillettes avaient laissé tomber un blanc d'œuf dans un verre d'eau et interprété les formes qui s’étaient dessinées comme des indications sur les professions de leurs futurs maris. Après avoir décelé une forme de cercueil dans l'un des verres, les jeunes filles commencèrent à se comporter de manière étrange. Au cours de ces&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/people/e_parris.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">épisodes</a>, elles émettaient des bruits forts et incohérents, comme des aboiements, pleuraient et tombaient sur le sol, le corps secoué de mouvements a priori involontaires.&nbsp;</p><p>Le médecin de la ville fit le diagnostic suivant&nbsp;: elles étaient sous l’emprise d’une « main maléfique », c'est-à-dire qu'elles étaient sous le maléfice ou la malédiction d'une sorcière qui avait laissé le diable les posséder. Les actes de sorcellerie et les interactions avec le diable étaient considérés comme des crimes au regard de la loi du Massachusetts. Le comportement des jeunes filles se mua ainsi rapidement en affaire judiciaire.</p><p>Lorsqu'elles furent confrontées à ces accusations, les fillettes rejetèrent la faute sur&nbsp;<a href="https://www.history.com/news/salem-witch-trials-first-accused-woman-slave" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Tituba</a>, une esclave au service de Samuel Parris, clamant qu’elle les avait charmées par la sorcellerie. Tituba n’avait aucunement participé au jeu de divination mais avait concocté un « gâteau de sorcière » avec de l’urine et du seigle pour tenter de guérir les jeunes filles de leur supposée possession. Lorsque Samuel Parris apprit qu’elle avait préparé cela et le leur avait donné à manger, il entra dans une colère noire et la roua de coups. Sous la contrainte, elle avoua avoir pratiqué la sorcellerie, reconnaissant qu'elle était la servante du diable.&nbsp;</p><p>« Tituba était une cible facile car elle aurait été considérée comme [appartenant à] la plus basse des [classes] inférieures d’une société très hiérarchisée », indique Bridget M. Marshall. « Il s'agissait d'une société [sous la pression de] beaucoup de stress, qui cherchait des boucs émissaires à blâmer pour divers problèmes.&nbsp;»&nbsp;</p><p>Tituba ne constituait pas le seul et unique regrettable bouc émissaire justifiant le comportement des filles. Elles pointèrent du doigt deux autres femmes :&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/people/osborne.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sarah Osborne</a>, une citadine dont les mœurs étaient considérées comme légères par ses voisins, et&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/people/good.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sarah Good</a>, une femme sans le sou dont beaucoup n’appréciaient que peu la famille. Bientôt, toutes trois allaient être officiellement accusées de sorcellerie, emprisonnées et jugées.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5590374_0"><strong>LES EFFETS DE L'HYSTÉRIE COLLECTIVE&nbsp;</strong></h2><p>Si les véritables motivations de ces accusations restent obscures, leurs conséquences sont quant à elles claires. Les arrestations déclenchèrent une crise de ce que les psychanalystes modernes appellent l'hystérie collective, que les spécialistes attribuent à toutes sortes de causes, de l'<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/article-abstract/2522008" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ergotisme</a> aux&nbsp;<a href="https://www.nytimes.com/1976/03/31/archives/salem-witch-hunts-in-1692-linked-to-lsdlike-agent-salem-witch-hunts.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hallucinogènes</a>, en passant par la&nbsp;<a href="https://online.utpb.edu/about-us/articles/psychology/group-polarization-did-it-play-a-role-in-the-salem-witch-trials/%23:~:text=Conforming%20to%20Social%20Normsthe%20rest%20of%20the%20community." target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">« polarisation de groupe »</a>.</p><p>À la suite d'un témoignage provocateur dans lequel Tituba déclara que les fillettes et elle avaient enfourché des balais et signé un livre que le diable lui avait offert, d'autres filles du village commencèrent à adopter un comportement étrange.&nbsp;</p><p>Au fur et à mesure que le procès avançait, de plus en plus d'habitants de Salem commencèrent à s'accuser les uns les autres de pratiquer la sorcellerie. L'historienne Carol F. Karlsen&nbsp;<a href="https://archive.org/details/devilinshapeofwo0000karl" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">fait mention</a> de l’avenir incertain, avec peu de perspectives, auquel étaient confrontés de nombreux villageois qui lancèrent des accusations de sorcellerie envers des membres de leur communauté. Ces&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/people/hubbard.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">pressions</a> croissantes expliquent à la fois la curiosité des fillettes, les poussant à en savoir davantage sur leur devenir, et leur désir d'être approuvées par la communauté, leur comportement étrange ayant soulevé des questions de la part de ses membres.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5590377_0"><strong>LES VICTIMES DES PROCÈS DES SORCIÈRES DE SALEM</strong></h2><p>Salem créa un&nbsp;<a href="https://www.lib.uchicago.edu/collex/exhibits/salem-witch-trials-legal-resources/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">tribunal</a> spécial pour les procès et commença à accuser en grand nombre, juger et exécuter des sorcières présumées. Les personnes accusées n'étaient pas présumées innocentes et les condamnations reposaient sur des aveux obtenus sous la contrainte, des rumeurs et même des « preuves spectrales » apparaissant dans les rêves de témoins. Les autorités prenaient également en considération la réputation des prévenus, leur comportement passé et leur corps, recherchant des caractéristiques physiques telles que des grains de beauté ou des griffures qu'elles interprétaient comme des « marques de sorcellerie ».&nbsp;</p><p>Les jeunes enfants eux-mêmes étaient en danger.&nbsp;Des témoins accusèrent la fille de Sarah Good,&nbsp;<a href="https://salemwitchmuseum.com/wp-content/uploads/2024/01/The-Untold-Story-of-Dorothy-Good.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dorothy</a>, âgée de quatre ans, d'avoir « tourmenté » et mordu ses victimes. Elle fut libérée après plus de huit mois de prison, mais sa mère avait déjà été exécutée par pendaison. Mercy, sa sœur venue au monde en prison, y périt peu après sa naissance, ce qui fit d’elle la plus jeune victime des procès.&nbsp;</p><p>Même si les femmes constituaient l'écrasante majorité des personnes accusées, le tribunal jugea et reconnut également coupables six&nbsp;<a href="https://www.history.com/news/women-werent-only-victims-of-salem-witch-trials" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hommes</a>.&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/n107.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">John Proctor</a>, un homme de soixante ans qui s'était publiquement opposé aux procès, le paya de sa vie. Son histoire et son exécution par pendaison furent plus tard adaptées à la scène dans la pièce d'Arthur Miller, <em>Les Sorcières de Salem</em>.&nbsp;</p><p>Après avoir été accusé,&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/n37.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Giles Corey</a>, âgé de quatre-vingt-un ans, refusa d'avouer ou de nier « divers actes de sorcellerie », tentant de protéger ses biens de la confiscation dans le cas d'une condamnation. Au lieu de le juger, les autorités le soumirent à la «&nbsp;peine forte et dure&nbsp;», le faisant ainsi lentement écraser sous des pierres jusqu’à ce qu’il rende son dernier souffle, l'une des formes d'exécution les plus brutales de l'époque.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5590377_1"><strong>LES SUITES DES PROCÈS DES SORCIÈRES DE SALEM</strong></h2><p>En fin de compte, selon Bridget M. Marshall, « seul un petit pourcentage de personnes [furent] jugées coupables ». Il est toutefois difficile de déterminer avec exactitude ce qui se passa pour celles qui furent acquittées. Elles parvinrent soit à convaincre le tribunal de leur innocence, soit à passer une série de tests, acceptant par exemple de réciter le Notre Père ou de montrer qu’elles étaient dépourvues de toute caractéristique physique susceptible d'être interprétée comme une « marque de sorcellerie ».&nbsp;</p><p>Parmi les personnes accusées, cinq périrent en prison. L’avenir n'était pas nécessairement réjouissant pour celles qui furent libérées. « Elles auraient été dans une situation financière difficile », révèle Bridget M. Marshall, en évoquant la&nbsp;confiscation des biens, les frais d'emprisonnement importants et d'autres pénalités. D'autres, comme Tituba, furent davantage marginalisées au sein de la communauté. Tituba finit par revenir sur son témoignage mais croupit en prison pendant treize mois jusqu’à ce qu'un bienfaiteur anonyme ne payât sa caution. Elle ne fut jamais dédommagée.</p><p>Ces survivants s’en sortirent mais leur réputation fut ruinée, certains même plus que d’autres pour&nbsp;avoir été excommuniés de l'Église. En conséquence, nombre d'entre eux menèrent pendant des années de longues batailles afin que leur nom soit blanchi, poursuit Bridget M. Marshall.&nbsp;</p><p>Ce fanatisme autour des procès des sorcières de Salem se calma en 1693, sans doute en partie grâce à la prise de position publique de personnalités importantes opposées à ces derniers, comme le pasteur puritain&nbsp;<a href="https://salem.lib.virginia.edu/people/c_mather.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cotton Mather</a>.&nbsp;</p><p>Il fallut des siècles pour que Salem, aujourd'hui destination populaire pour les&nbsp;<a href="https://www.salem.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">touristes</a> intéressés par le paranormal, reconnaisse pleinement le sort de ses victimes. Ce n'est qu'en 1957 que les autorités du Massachusetts commencèrent à&nbsp;présenter des excuses pour les procès. La dernière personne qui fut disculpée du crime de sorcellerie à Salem, Elizabeth Johnson Jr, ne fut&nbsp;<a href="https://deathpenaltyinfo.org/massachusetts-formally-exonerates-last-witch-wrongfully-condemned-during-salem-hysteria-will-connecticut-follow-suit" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">innocentée</a> qu’en 2022. En 2017, la ville&nbsp;<a href="https://www.smithsonianmag.com/history/site-salem-witch-trial-hangings-finally-has-memorial-180964049/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">inaugura</a> finalement un mémorial sur le site où eurent lieu les pendaisons de masse. Le&nbsp;<a href="https://salemwitchmuseum.com/locations/proctors-ledge-memorial/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">monument</a>, entouré d'une forêt, consiste en un simple mur sur lequel sont gravés les noms des dix-neuf victimes de pendaison.&nbsp;</p><p>En incitant à une réflexion silencieuse, le mémorial va au-delà des statistiques et des spéculations ressortant de cette page de l’histoire et met en avant les véritables victimes au cœur de l'hystérie collective autour des sorcières de Salem : des individus marginalisés et assaillis de toutes parts que leurs propres voisins étaient prêts à faire tuer.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Meroë Marston Morse, la visionnaire qui a fait du Polaroid un objet culturel</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-etats-unis-meroe-marston-morse-la-visionnaire-qui-a-fait-du-polaroid-un-objet-culturel</link><description><![CDATA[Le Polaroid, cet appareil photo iconique a ouvert les portes de la photographie à des millions de personnes dans les années 1940. Toutes pouvaient devenir photographes en appuyant sur un bouton et les photos se développaient sous leurs yeux.À une époque où les innovations dans le milieu de la photographie n’étaient menées que par des hommes, Polaroid se démarquait déjà. Durant son passage...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 09:37:22 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-etats-unis-meroe-marston-morse-la-visionnaire-qui-a-fait-du-polaroid-un-objet-culturel</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/stock158452159101655674910454555864577668410307645na.jpg?w=1600" length="291799" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le Polaroid, cet appareil photo iconique a ouvert les portes de la photographie à des millions de personnes dans les années 1940. Toutes pouvaient devenir photographes en appuyant sur un bouton et les photos se développaient sous leurs yeux.</p><p>À une époque où les innovations dans le milieu de la photographie n’étaient menées que par des hommes, Polaroid se démarquait déjà. Durant son passage relativement court au sein de la société, une jeune étudiante en histoire de l’art du nom de Meroë Marston Morse compta parmi ses plus grands visionnaires. Elle est même devenue directrice de la division spéciale de recherches photographiques, et dix-huit brevets portent son nom.&nbsp;</p><p>Aujourd'hui éditeur photo senior pour <em>National Geographic</em>, j’ai toujours aimé la photographie. Enfant, je me souviens que je regardais les membres de ma famille se servir de Polaroid pour capturer les petits moments de notre vie en vacances, tandis que j’utilisais un appareil Nikon avec une pellicule 35&nbsp;mm. Mais quand un ami photographe m’a montré comment me servir d’un cure-dents pour pousser les colorants d’un Polaroid en plein développement, donnant un résultat plus impressionniste, qui s’approchait d’une peinture, je suis devenu fan.</p><p>Je connais bien l’histoire de Polaroid et de son fondateur, Edwin Land. Mais lorsque j’ai, récemment, lu le nom de Morse, je suis devenu intrigué et j’ai voulu en savoir plus sur le rôle qu’elle a joué au cours des vingt ans qu’elle a passés dans l’entreprise.</p><h2      id="header_5602398_0">&nbsp;</h2><h2      id="header_5602398_1">UNE NOUVELLE ENTREPRISE D’APPAREILS PHOTO</h2><p>Meroë Marston Morse a rejoint Polaroid en 1945, <a href="https://hollisarchives.lib.harvard.edu/agents/people/24021" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">juste après avoir obtenu son diplôme du Smith College</a>, où elle y avait étudié l’histoire de l’art auprès de Clarence Kennedy. Ami et associé d’Edwin Land, Kennedy recommandait souvent ses meilleurs élèves afin qu’ils puissent travailler au sein de l’entreprise.</p><p>Aux yeux de Land, Meroë Marston Morse est devenue «&nbsp;une âme sœur, une collègue de travail, une protectrice&nbsp;», écrit Victor&nbsp;K.&nbsp;Kennedy dans sa biographie d’Edwin Land, <em>Insisting on the Impossible</em>. Elle n’a pas eu besoin qu’on lui explique la méthode Polaroid&nbsp;: «&nbsp;émettre une hypothèse, tester l’hypothèse, modifier l’hypothèse, tester par une autre expérience, un train séquentiel à grande vitesse où plusieurs hypothèses et expériences sont proposées chaque heure&nbsp;», une citation d’un des inventeurs de la société, comme enregistrée par McElheny.</p><p>Quelques courts mois après son arrivée, Meroë Marston Morse était en charge de la division des pellicules noir et blanc, où elle a mené son équipe à travers les services tout au long de la journée alors que la société faisait une transition et passait des photos sépias monochromes à des pellicules noir et blanc.</p><p>Ce processus s’accompagnait de son lot de défis. Non seulement les cristaux situés dans les zones les plus sombres d’une photo réfléchissaient la lumière, mais le papier qu’ils utilisaient absorbaient les empreintes de doigts facilement. Et, peut-être le pire, certaines photos s’effaçaient après quelques mois. Chris Bonanos, dont le livre <em>Instant</em> documente l’histoire de l’entreprise d’appareil photo, <a href="https://www.polaroidland.net/2012/01/10/instant-artifact-type-41/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">écrit</a> que Land décrivait la création de la pellicule noir et blanc comme une «&nbsp;des choses les plus compliquées qu’a réalisées Polaroid&nbsp;».</p><p>Et la jeune femme se trouvait au cœur de tout, comme me l’ont confié les anciens employés de Polaroid John et Mary McCann, lors d’un entretien téléphonique récent. L’équipe de Morse analysait au fur et à mesure de minuscules variations d’une exposition standard, expliquait Mary, et Morse elle-même «&nbsp;avait l’œil pour déceler les différences&nbsp;» grâce à son enseignement en histoire de l’art. «&nbsp;Land et elle sont partis de ces premières expériences en laboratoire jusqu’à vendre les pellicules et récolter des milliards de dollars&nbsp;», ajoute John.</p><h2      id="header_5602400_0">&nbsp;</h2><h2      id="header_5602400_1">L’UNION DE LA SCIENCE ET DE L’ART</h2><p>John McCann m’a confié que le temps qu’il a passé chez Polaroid lui rappelait la Renaissance, quand «&nbsp;les meilleurs scientifiques étaient les meilleurs peintres et qu’ils faisaient tout&nbsp;». Les artistes de Polaroid valorisaient la science et les expériences et leurs perspectives comptaient tout autant que celles de chimistes entraînés.</p><p>Au sein du laboratoire de Meroë Marston Morse, les scientifiques étaient dédiés à la création de technologies qui seyaient aux artistes. Elle était l’agente de liaison entre les scientifiques et les photographes qui servaient de consultants à l’entreprise. Elle a ainsi construit des relations avec le photographe de talent Minor White, la pionnière de la photo en couleur Marie Cosindas et le photographe paysager Ansel Adams.</p><p>Ansel Adams était déjà un photographe bien établi, adepte du format large, noir et blanc, quand il a commencé son rôle de consultant pour Polaroid en 1948. Sa photo <em>Monolith, the Face of Half Dome, Yosemite National Park</em>, prise en 1927 lui avait permis de se faire un nom dans le milieu de la photographie. Pourtant, Adams était très intéressé par la technologie de Polaroid, surtout par les appareils photos et les pellicules noir et blanc que Meroë Marston Morse développait. Ils étaient en contact presque constamment.</p><p>Ansel Adams a aidé à établir un processus que les photographes sur le terrain utilisaient afin de s’évaluer, bien avant l’avènement de l’appareil photo numérique. Il prenait un cliché grâce à un Polaroid pour tester la composition et l’exposition d’une image avant de la capturer sur pellicule.</p><h2      id="header_5602402_0">&nbsp;</h2><h2      id="header_5602402_1">UN HÉRITAGE</h2><p>Morse a succombé à un cancer en 1969, alors âgée de quarante-six&nbsp;ans, avant que Polaroid ne devienne une marque internationale et un élément culturel d’importance, avant la folie de l’appareil jetable et bien avant que Polaroid ne dépose le bilan en 2001.</p><p>Dans une <a href="https://www.polaroidland.net/wp-content/uploads/2012/10/Meroe-Morse-July-29-1969.jpg" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">note</a> adressée à toute la société pour annoncer son décès, le directeur de Polaroid, Richard Young a écrit&nbsp;: «&nbsp;À ceux qui ont connu et aimé Meroë, nos vies s’en sont trouvées enrichies et agrandies. Sa gentillesse, sa sensibilité et son intérêt pour tous n’avaient d’égal que sa générosité.&nbsp;»</p><p>Dans les années 1970 et 1980, d’autres entreprises d’appareils photo ont commencé à imiter l’approche de photographie immédiate et l’esthétique de Polaroid. À la fin des années 2000, les photographes du monde entier ont dû faire leur deuil quand les dernières pellicules de Polaroid ont expiré après la faillite de la société.</p><p>Mais au début de l’année 2008, alors que les dernières usines fermaient, les fans de Polaroid, Florian «&nbsp;Doc&nbsp;» Kaps et André Bosman ont récolté plus d’un million de dollars pour sauver les usines, les pellicules et, plus important que tout, les connaissances en chimie de la société. Ils sont finalement parvenus à ramener Polaroid sur le marché.</p><p>Aujourd’hui, dans un monde où la photographie numérique est reine, l’esprit que Meroë Marston Morse et les autres ont insufflé dans la société perdure chez les photographes du monde entier.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Envie d'aventures ? Ces vingt-trois destinations sont faites pour vous </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/aventures-ces-vingt-trois-destinations-sont-faites-pour-vous-trek-randonnee-escalade-animaux-sauvages</link><description><![CDATA[Prenez n’importe quelle activité, il est très probable que vous puissiez la pratiquer dans une région du monde à un niveau adapté à votre forme physique. Les personnes les plus en forme peuvent prendre part à une course de 250 kilomètres dans les déserts de Namibie ou gravir les sommets de la Patagonie. Si cela vous semble trop éprouvant, optez plutôt pour une découverte des steppes de Mongolie à...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 08:53:57 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/aventures-ces-vingt-trois-destinations-sont-faites-pour-vous-trek-randonnee-escalade-animaux-sauvages</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-2225915946canyon.jpg?w=1600" length="1515316" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Prenez n’importe quelle activité, il est très probable que vous puissiez la pratiquer dans une région du monde à un niveau adapté à votre forme physique. Les personnes les plus en forme peuvent prendre part à une course de 250&nbsp;kilomètres dans les déserts de Namibie ou gravir les sommets de la Patagonie. Si cela vous semble trop éprouvant, optez plutôt pour une découverte des steppes de Mongolie à cheval ou une excursion en motoneige sur un glacier en Islande. Si vous êtes à la recherche d’une activité encore plus calme, prenez le bateau jusqu’aux Hébrides extérieures ou le train pour atteindre l’une des régions les plus reculées du Canada.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606399_0">1<strong>.&nbsp;</strong><a href="http://racingtheplanet.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>COUREZ DANS LES DUNES DE LA NAMIBIE</strong></a></h2><p>Si le Marathon des Sables, qui a lieu au Maroc, est réputé éprouvant, un autre marathon organisé dans le désert à l’autre bout du continent lui fait concurrence. La Namib&nbsp;Race traverse le territoire namibien sur 250&nbsp;kilomètres, passant dans l’un des déserts les plus anciens au monde et au pied de ses hautes dunes. Pendant une semaine, les coureurs traversent des paysages primitifs, comme des marais salants inquiétants et des paysages lunaires dans la «&nbsp;Moon Valley&nbsp;» avant d’atteindre la ligne d’arrivée, là où le sable rencontre les vagues de l’Atlantique, près de la ville de Swakopmund.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606399_1">2<strong>.&nbsp;</strong><a href="https://www.swoop-patagonia.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>RANDONNEZ AU CHILI</strong></a></h2><p>Le parc national Torres del Paine se trouve à l’autre bout du monde. Ses montagnes, qui s’élèvent à la pointe méridionale de la Patagonie chilienne, sont battues par les vents du Pacifique et surmontées de champs de glace dignes de l’Arctique. Nombreux sont ceux qui viennent admirer ces sublimes sommets d’en bas. Pour sentir leur granite irrégulier sous vos pieds, suivez le sentier «&nbsp;W&nbsp;», ainsi nommé en raison de son tracé qui forme un vague W. Au terme de quatre à cinq jours de marche, les stars du parc national apparaissent à chaque virage. Parmi elles figurent le lac Grey ponctué d’icebergs et les tours semblables à une cathédrale du Mirador las Torres. Les randonneurs qui partent à l’assaut du sentier W peuvent s’abriter des conditions météorologiques extrêmes en passant la nuit dans des <em>refugios.</em></p><h2   id="header_5606401_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606401_1"><strong>3.&nbsp;FAITES DE LA MOTONEIGE EN ISLANDE</strong></h2><p>Le Langjökull est le second plus grand glacier d’un pays qui s’appelle littéralement «&nbsp;terre de glace&nbsp;». Pour voir ce glacier de 945&nbsp;km² de près, ne manquez pas l’excursion guidée d’une journée en motoneige au départ du hameau de Skjól. Après être monté à bord d’une grosse Jeep équipée de pneus monstrueux qui lui permettent de traverser les rivières glacées et le terrain volcanique fragile, vous vous équiperez au camp de base des motoneiges. Une fois sur la glace, vous serez libre de zigzaguer sur le désert de glace, en laissant derrière vous des nuages de neige. N’oubliez pas de lever les yeux du guidon pour admirer la chaîne de montagnes de Kerlingafjöll, ainsi que le glacier voisin de Hofsjökull, sous lesquels dort et bouillonne le plus grand volcan actif d’Islande.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606401_2">4<strong>. </strong><a href="https://moosurfschool.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>SURFEZ À TAHITI</strong></a></h2><p>À l’été&nbsp;2024, les épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris n’ont pas eu lieu en France métropolitaine, mais dans la houle de Tahiti, en Polynésie française. La discipline, qui ne figurait aux Jeux olympiques que pour la deuxième fois, a une longue histoire avec Tahiti. Les premières observations de ce sport, faites par des visiteurs étrangers, remontent à&nbsp;1767, mais il existait sans doute déjà depuis plusieurs siècles. Il n’y a pas meilleur endroit pour apprendre à surfer que ce paradis escarpé du Pacifique, sur les eaux bleu ciel du lagon, à côté des pentes verdoyantes du mont 'Orohena. Les moniteurs choisissent les plages en fonction de la température du vent et du comportement des vagues&nbsp;: certaines des meilleures vagues «<em>&nbsp;break&nbsp;</em>» se trouvent à quelques encablures de la capitale, Papeete.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606401_3">5. <a href="https://www.audleytravel.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>PARTEZ OBSERVER LES LIONS DANS LE GUJARAT</strong></a></h2><p>Lorsque l’on mentionne les lions, on pense immédiatement aux plaines d’Afrique, aux clans de la vallée du Grand Rift, aux chansons d’Elton&nbsp;John. Pourtant, le parc national de Gir, en Inde, abrite des lions d’Asie. Cette étendue de tecks et d’acacias est le seul endroit sur Terre, en dehors de l’Afrique, où vivent des lions à l’état sauvage. Vous pourrez les observer dans le cadre d’une excursion de 12&nbsp;jours consacrée à la faune et la flore de l’état le plus occidental de l’Inde, le Gujarat. Au programme&nbsp;: pistage de loups dans les broussailles du parc national de Velavadar et observation de flamants roses dans les marais du sanctuaire pour oiseaux de Nal Sarovar.</p><h2   id="header_5606403_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606403_1"><strong>6.&nbsp;</strong><a href="https://hoiancyclingtour.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>FAITES DU VÉLO AU VIETNAM</strong></a></h2><p>Éperon de montagnes vertes faisant saillie dans la mer, le col de Hải&nbsp;Vân (aussi appelé le col des Nuages) constitue la ligne de démarcation entre le nord et le sud du Vietnam. Il servait autrefois de frontière entre des royaumes médiévaux rivaux et est aujourd’hui encore une barrière pour les systèmes météorologiques. Il donne également du fil à retordre aux cyclistes, avec sa petite route qui slalome jusqu’au sommet avec une pente éprouvante de 7&nbsp;% sur plus de onze&nbsp;kilomètres. Ceux qui atteignent le sommet sont récompensés par un panorama dont les automobiles dans le tunnel en contrebas ne peuvent que rêver&nbsp;: forêts, plages et îles luxuriantes, enveloppées dans une brume provenant de la mer de Chine méridionale, qui a donné son nom au col. Le col constitue une étape d’un circuit de vélo de 10&nbsp;jours au Vietnam, au cours duquel vous pédalerez à travers les forêts de pin du parc national de Bidoup Nui Ba et jusqu’aux portes de la cité impériale de Hué.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606403_2">7. <a href="https://seashelldivingmalta.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>FAITES DE LA PLONGÉE À COMINO</strong></a></h2><p>C’est à mi-chemin entre les îles de Malte et de Gozo que se trouve Comino, ancien repère de contrebandiers d’un peu moins de deux&nbsp;kilomètres de long, dont les côtes sont gardées par de vieilles batteries d’artillerie et des tours d’observation. Si l’île est très charmante, les eaux qui l’entourent sont sans doute encore plus attrayantes. Comino est bordée de lagons, de récifs, de baies et de haut-fonds qui font le bonheur des plongeurs. Participez à une sortie guidée pour nager dans quelques-uns de ses plus beaux recoins, dont les grottes de Santa&nbsp;Maria, une série de cavernes appréciées des bancs de dorades. En prenant une grande inspiration, vous parviendrez peut-être à plonger jusqu’à l’épave d’un patrouilleur de l’Allemagne de l’Est, sabordé il y a une quinzaine d’années pour servir de refuge aux poissons des eaux maltaises.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606403_3">8. <a href="https://www.responsibletravel.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>RÉALISEZ VOTRE PROPRE TOUR DE FRANCE</strong></a></h2><p>Vous avez envie de devenir le prochain Wiggins ou Froome&nbsp;? Alors, réservez votre aventure sur le thème du Tour de France, au cours de laquelle vous roulerez dans les roues des vrais coureurs de l’épreuve, mais avec un vélo électrique qui permet aux communs des mortels de conquérir les cols. Dans le cadre de cette odyssée d’une semaine comportant cinq jours de vélo, les participants s’attaqueront à des pentes dont se souviendront leurs mollets. Ils franchiront des cols impressionnants, comme celui du col d’Izoard, situé à 2&nbsp;360&nbsp;mètres, dans les Alpes françaises. Malheureusement, la ligne d’arrivée n’est pas sur les Champs-Élysées. À la place, vous devrez vous attaquer aux 21&nbsp;virages en épingle de l’Alpe d’Huez.</p><h2   id="header_5606405_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606405_1">9. <strong>FAITES DU TREK EN GRÈCE</strong></h2><p>Figurant dans le livre Guinness des records, les Gorges de Vikos seraient les plus profondes par rapport à leur largeur. Bien que cette distinction soit contestée, elle est particulièrement évocatrice pour ceux qui les traversent, émerveillés par ses majestueux remparts de roche calcaire et les échos qu’ils renvoient. Situé dans le Pinde, un massif du nord-ouest de la Grèce, ce canyon long de près de treize&nbsp;kilomètres se prête à la randonnée toute l’année. L’ombre qu’il offre permet aux randonneurs de rester au frais pendant que le reste du pays souffre de la chaleur estivale. Optez pour une randonnée avec guide et n’oubliez pas de prendre le temps de visiter les villages de pierre voisins ainsi que les ponts ottomans voûtés en amont. Veillez à randonner jusqu’à l’un des lacs «&nbsp;des dragons&nbsp;». C’est dans ces lacs, perchés au sommet des montagnes, que vivraient les dragons qui auraient créé ce paysage dentelé.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606405_2">10. <strong>OBSERVEZ LA VIE MARINE SUR L’ÎLE DE LUNDY</strong></h2><p>Située dans le canal de Bristol, l’île de Lundy est un petit bout de terre à l’histoire digne d’un roman de cape et d’épée. Elle fut autrefois le repère de négriers et de pirates de Barbarie, ainsi que d’un homme qui, à la fin des années&nbsp;1920, s’autoproclama roi de Lundy. Aujourd’hui, ses côtes sont un refuge pour les animaux marins. Réservez une excursion d’une journée à bord d’un bateau pneumatique semi-rigide au départ d’Ilfracombe pour faire le tour de l’île. Pendant le trajet, ouvrez les yeux pour tenter d’apercevoir des dauphins et des marsouins, ainsi que la population de phoques gris de l’Atlantique qui se prélasse au pied des falaises de granite de l’île de Lundy.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606405_3">11. <a href="http://cameltreksaustralia.com.au/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>DÉCOUVREZ L’AUSTRALIE-MÉRIDIONALE À DOS DE DROMADAIRE</strong></a></h2><p>Nous associons souvent les dromadaires aux déserts d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. Mais c’est en Australie que vit la plus grande population de dromadaires sauvages. Ces derniers ont été importés à la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, afin d’explorer le Centre Rouge et de construire des voies ferrées. Ils sont depuis devenus emblématiques de la culture de l’Outback. Maîtrisez ces animaux capricieux lors d’un trek de quatre jours à travers le désert Tirari, situé en Australie-Méridionale. Au programme&nbsp;: lever aux aurores pour seller votre dromadaire, balade pendant de longues heures à travers une mosaïque de lacs salés et de spinifex, de systèmes dunaires et d’eucalyptus coolabah, avant de monter le camp et de préparer à manger. Une fois le soleil couché, l’heure est au partage d’histoires autour d’un foyer ouvert.</p><h2   id="header_5606407_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606407_1">12. <strong>PARTEZ POUR LE CAMP DE BASE DU K2</strong></h2><p>De nombreuses personnes marchent jusqu’au camp de base de l’Everest, au Népal. Mais rares sont celles qui empruntent le chemin long et pénible qui mène au pied du deuxième sommet le plus haut au monde, le K2, dont l’approche est encore plus spectaculaire. Le point de départ du sentier est le village le plus élevé du Pakistan, Askole. De là, les randonneurs progressent parmi les colosses du Karakoram, chaîne montagneuse qui abrite sept des 20&nbsp;plus hauts sommets au monde et d’immenses glaciers qui se dressent au-dessus du sentier. Comptez un peu plus d’une semaine pour atteindre le camp de base&nbsp;: si vous êtes à la recherche d’un frisson à haute altitude, emmenez des piolets et des crampons, et prolongez votre séjour avec une traversée du col Gondogoro, situé à 5&nbsp;650&nbsp;mètres d’altitude.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606407_2">13. <a href="https://seaharris.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>VISITEZ SAINT-KILDA EN BATEAU</strong></a></h2><p>Dans les Hébrides, vous ne trouverez pas plus sauvage que l’archipel balayé par les vents de Saint-Kilda. Ces minuscules îles écossaises, pilonnées par la mer, sont situées à environ 75&nbsp;kilomètres au large des Hébrides extérieures. Une communauté permanente y vivait depuis l’âge de pierre, mais la dernière trentaine d’habitants a choisi d’évacuer les lieux en&nbsp;1930. Pour visiter Saint-Kilda aujourd’hui, vous devez opter pour une excursion en bateau d’une journée au départ d’Harris. Prévoyez quelques journées devant vous pour espérer bénéficier de conditions favorables. Une fois arrivé sur cette terre reculée, vous pourrez découvrir les éperons d’érosion marine côtiers les plus hauts du Royaume-Uni, où viennent se reproduire près d’un million d’oiseaux marins. Saint-Kilda compte aussi un petit musée et une rangée de cottages en ruines hantés par les fantômes du passé de l’archipel.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606407_3">14. <strong>AMUSEZ-VOUS DANS LES DUNES DU SAHARA AU MAROC</strong></h2><p>Dans l’ensemble, pénétrer dans le Sahara est une véritable expédition, qui demande des années de préparation, plusieurs dizaines de litres d’eau et des nerfs d’acier. Heureusement, dans le sud du Maroc, il est possible d’avoir un avant-goût du plus grand désert aride au monde grâce à ses «&nbsp;Ergs&nbsp;». Bien que ce mot ressemble à un bruit produit par un dromadaire grincheux, il désigne en réalité des étendues de sable ondulées et balayées par les vents. C’est notamment le cas de l’Erg&nbsp;Chebbi, un mini-désert de 48&nbsp;kilomètres de long situé non loin de la frontière avec l’Algérie et facilement accessible via des routes pavées. La ville de Merzouga sert de tremplin pour les aventures guidées dans ses dunes. Vous pourrez explorer la région en quad, en sandboard, à dos de dromadaire ou encore sous une tente traditionnelle, pour passer la nuit sous les étoiles du Sahara.</p><h2   id="header_5606409_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606409_1">15. <strong>FAITES DES RAQUETTES EN BULGARIE</strong></h2><p>Édimbourg a le siège d’Arthur, Rio a le Sugarloaf, Le&nbsp;Cap a la montagne de la Table et Sofia, la capitale de la Bulgarie, a Vitosha, un sommet culminant à 2&nbsp;292&nbsp;mètres d’altitude en bordure de la ville. L’été, c’est une destination populaire pour échapper à la ville. Mais l’hiver venu, elle déploie tous ses atouts dès que la neige s’accroche aux hauteurs et des sorties guidées en raquettes ont lieu dans cette région sauvage mise sous cloche. Participez à une excursion de six jours en raquettes sur les pentes du Vitosha avant de vous aventurer un peu plus au sud, en progressant à travers les congères du parc national de Rila. Vous entrerez alors dans un royaume de cascades gelées, de forêts fantastiques et de glace, où vous rechercherez des empreintes de lièvre variable et de cerf dans la neige immaculée.</p><h2   id="header_5606409_2">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606409_3">16. <a href="https://spiritbear.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>RENCONTREZ LES OURS KERMODE DE COLOMBIE-BRITANNIQUE</strong></a></h2><p>Le Canada est le pays des passionnés d’ours&nbsp;: vous pourrez y observer des ours blancs dans l’Arctique, des grizzlis dans le nord-ouest et des ours bruns à peu près partout. Mais l’ursidé le plus rare est l’ours Kermode, ou «&nbsp;ours esprit&nbsp;», dont il n’y aurait pas plus de 150&nbsp;individus dans le pays. Sa fourrure blanche lui procure un avantage incontestable pour attraper des saumons. Essayez d’apercevoir ces animaux discrets lors d’une visite au Spirit&nbsp;Bear&nbsp;Lodge, un établissement géré par une Première Nation situé au cœur des pentes boisées de la sublime île Swindle. Vous y rendre est déjà une aventure en soi&nbsp;: l’île est à deux heures de bateau d’une piste d’atterrissage reculée située au sud du lodge.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606409_4">17. <strong>PÉNÉTREZ DANS LA JUNGLE NICARAGUAYENNE</strong></h2><p>La réserve biologique Indio&nbsp;Maiz est l’un des derniers espaces sauvages d’Amérique centrale. Cette étendue de jungle, qui borde la côte caribéenne, dispose de longues pistes, mais aucune route n’y pénètre et rares sont les humains à s’y aventurer. Pour découvrir cette forêt tropicale vierge, vous devrez vous déplacer en bateau. Montez à bord de l’un d’entre eux en aval, le long du Río&nbsp;San&nbsp;Juan, au port de San&nbsp;Carlos. Tendez l’oreille pour entendre le «&nbsp;plouf&nbsp;» des caïmans qui se mettent à l’eau depuis la berge. Vous finirez par arriver dans la petite ville d’El&nbsp;Castillo, où une forteresse datant du 17<sup>e</sup>&nbsp;siècle surplombe un coude du fleuve depuis un tertre esseulé. C’est la base idéale pour vous immerger dans la jungle environnante de l’Indio Maiz pendant quelques jours. Enfilez une bonne paire de bottes résistantes aux serpents pour entrer dans les zones habitées par les pumas et les jaguars.</p><h2   id="header_5606411_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606411_1">18. <a href="https://viewmongolia.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>MONTEZ À CHEVAL EN MONGOLIE</strong></a></h2><p>Les chevaux font partie intégrante du tissu de la société mongole&nbsp;: la richesse peut être mesurée en chevaux, les enfants apprennent à monter lorsqu’ils sont petits et la Horde d’or a, il y a longtemps, conquis le monde à cheval, allant aussi loin que les portes de Vienne au 13<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Vous n’aurez pas besoin de monter sur une telle distance pendant cette excursion de cinq jours à dos de cheval dans la Mongolie du 21<sup>e</sup>&nbsp;siècle&nbsp;; vous ferez en moyenne 32&nbsp;kilomètres par jour. Les paysages qui défileront devant vos yeux, le sable du désert de Gobi laissant progressivement place à la steppe montagneuse, seront quand même épiques. En chemin, les groupes descendent de cheval pour rendre visite à des familles nomades, s’arrêtent pour entrer dans des temples bouddhistes et se reposent au bord de lacs bordés de fleurs. Les journées se terminent par l’installation du camp sous le ciel étoilé, votre étalon attaché non loin.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606411_2">19. <strong>DÉCOUVREZ LA PARTIE COLOMBIENNE DE L’AMAZONIE</strong></h2><p>Lorsque nous évoquons l’Amazonie, nous pensons au cœur du Brésil. Mais 10&nbsp;% de la superficie de la forêt tropicale se trouve en Colombie. Partez pour le coin le plus au sud du territoire colombien pour admirer la faune et la flore colorées de l’Amazonie, dont des papillons aux couleurs vives, des caïmans noirs, des dauphins roses et des Victoria d’Amazonie, l’une des plus grandes espèces de nénuphar au monde, aux fleurs d’un blanc éclatant. Au cours de ces quatre jours dans la jungle, et d’une virée dans la réserve naturelle de Tanimboca où vous grimperez à la corde, vous ferez la connaissance des communautés indigènes qui vivent dans la région. Vous passerez par des villages d’habitations sur pilotis, où, en l’absence de routes et de voitures, vous n’entendrez que le bruissement d’une pagaie sur l’eau.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606411_3">20. <strong>PRENEZ UN TRAIN JUSQU’À LA CAPITALE DE L’OURS BLANC</strong></h2><p>Aucune voie ferrée n’est plus intrépide que les deux voies ferrées jumelles qui relient Winnipeg et Churchill. Le départ, à l’extrémité sud de la ligne, se fait parmi les gratte-ciels et les banlieusards pressés&nbsp;; l’arrivée, au nord, au pays des ours blancs, des bélugas et des aurores boréales. Deux jours sont nécessaires pour parcourir les 1&nbsp;700&nbsp;kilomètres qui séparent les deux villes. En chemin, vous traverserez quelques-unes des régions les plus sauvages du Canada, vous verrez les prairies céder la place aux forêts boréales puis à la toundra arctique. Les dernières portions de la voie ferrée sont un lien vital aux communautés. Aucune route ne relie l’extrême nord du Manitoba au reste du pays&nbsp;; les locaux sont donc autorisés à faire signe au train bihebdomadaire de s’arrêter en tendant le bras.</p><h2   id="header_5606413_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5606413_1">21. MARCHEZ <strong>DANS LE PARC NATIONAL DE CANYONLANDS</strong></h2><p>La région des Canyonlands est connue pour avoir été le théâtre du véritable calvaire raconté dans le film <em>127&nbsp;heures</em>, dans lequel un alpiniste s’ampute le bras coincé par un rocher. Fort heureusement, la grande majorité des visiteurs quittent ce parc national de l’Utah en un seul morceau. Mais il s’agit toutefois d’une région sauvage qui demande du respect, avec ses canyons profonds, ses mesas semblables à des citadelles et ses buttes isolées qui font fonction de sentinelle au-dessus des étendues desséchées. Découvrez-la à l’occasion d’une randonnée guidée de quatre jours dans le parc, pendant laquelle vous apprendrez à traverser «&nbsp;slickrock&nbsp;», une sorte de dalle rocheuse formée par des dunes pétrifiées, et vous passerez sous des rochers escarpés sculptés en des formes hypnotiques pendant des siècles par l’érosion. La Druid&nbsp;Arch est le point fort de cette excursion&nbsp;: elle a été ainsi nommée en raison de sa vague ressemblance aux trilithes de Stonehenge.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606413_2">22. <a href="https://gabonwildlifecamps.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>PERDEZ-VOUS DANS LES FORÊTS TROPICALES DU GABON</strong></a></h2><p>Seule une poignée de visiteurs se rendent au Gabon, ce petit pays situé sur la côte ouest de l’Afrique, entre le Cameroun et la République du Congo. Mais une fois arrivés, ils se retrouvent rapidement dans des régions sauvages. Malgré sa petite taille, le Gabon abrite 13&nbsp;parcs nationaux. Partez observer les mandrills, ces primates au nez rouge, dans les forêts tropicales et la région vallonnée du parc national de la Lopé ou bien les cascades tumultueuses et les clairières forestières créées par les éléphants dans le parc voisin d’Ivindo. Cerise sur le gâteau&nbsp;: les pistes pour les véhicules sont rares, voire quasi inexistantes. Pour vous déplacer, vous devrez donc marcher ou monter à bord d’une pirogue.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5606413_3">23. <strong>OBSERVEZ LES LYNX DANS L’EST DE LA POLOGNE</strong></h2><p>Le parc national des Bieszczady est une sorte de Serengeti européen&nbsp;: ce recoin situé à l’extrême sud de la Pologne abrite des mammifères qui ont disparu depuis longtemps du reste du continent. C’est notamment un refuge pour le bison d’Europe et l’ours brun. Mais ici, le Graal des naturalistes est le lynx boréal, ce félin aux oreilles touffues qui fait la taille d’un labrador et que l’on observe le plus facilement lors de ses chasses nocturnes. Naturetrek organise des excursions de huit jours au début du printemps pour vous donner le plus de chances d’observer ces magnifiques félidés, avant que les feuilles des arbres les rendent difficiles à apercevoir.</p>]]></content:encoded></item><item><title>L’Apocalypse de Silos révèle les peurs qui hantaient les chrétiens au Moyen Âge</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-apocalypse-de-silos-revele-les-peurs-qui-hantaient-les-chretiens-au-moyen-age</link><description><![CDATA[Le mot « apocalypse » évoque l’anéantissement de la Terre et la fin du temps lui-même. Lors du haut Moyen Âge, on croyait que l’an 1000 était l’augure des derniers jours du monde. La date approchant inévitablement, l’esprit des chrétiens d’Europe se mit à s’obséder de visions apocalyptiques.Pour les chrétiens espagnols du 8e siècle, ces visions furent étayées par les événements cataclysmiques qui...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 07:48:24 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-apocalypse-de-silos-revele-les-peurs-qui-hantaient-les-chretiens-au-moyen-age</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/rsendofworldad.jpg?w=1600" length="2357446" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le mot «&nbsp;apocalypse&nbsp;» évoque l’anéantissement de la Terre et la fin du temps lui-même. Lors du haut Moyen Âge, on croyait que l’an 1000 était l’augure des derniers jours du monde. La date approchant inévitablement, l’esprit des chrétiens d’Europe se mit à s’obséder de visions apocalyptiques.</p><p>Pour les chrétiens espagnols du 8<sup>e</sup> siècle, ces visions furent étayées par les événements cataclysmiques qui s’abattaient alors sur la péninsule ibérique. Ceux-ci ont poussé un moine du nom de Beatus à composer un commentaire sur l’Apocalypse de Jean, dernier livre du Nouveau Testament qui brosse de manière saisissante le déroulé de la fin des temps. L’œuvre de Beatus se répandit à travers l’Europe et devait inspirer les manuscrits les plus abondamment illustrés du Moyen Âge.</p><p>(<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2021/09/dans-la-bible-lapogee-et-le-declin-disrael-sont-egalement-loeuvre-de-reines"><em>Ces femmes bibliques qui ont influencé le destin d’Israël dans l’Ancien Testament</em></a><em>.</em>)</p><p>Beatus, dont le nom signifie «&nbsp;le bienheureux&nbsp;», vécut et œuvra dans le nord de l’Espagne en des temps troublés. En 711, une vingtaine d’années avant sa naissance, des <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/qui-etaient-les-maures">armées berbères d’Afrique du Nord</a> répandirent leur nouvelle foi, l’islam, dans le sud de l’Espagne et ne tardèrent pas à renverser les chefs Wisigoths chrétiens.</p><p>Un des seuls territoires qui resta sous dominion chrétien fut une frange montagneuse du nord du pays englobant la province de Cantabrie et le nouveau royaume des Asturies. Il est probable que Beatus grandît dans des régions contrôlées par les musulmans avant de fuir vers le nord chrétien.</p><p>Ce qu’on sait de la vie de Beatus témoigne de son érudition. Il fut confesseur de la fille d’Alphonse I<sup>er</sup>, roi des Asturies, et abbé au monastère de Santo Toribio de Liébana, dans les hauteurs du massif des pics d’Europe. C’est là qu’il écrivit son <em>Commentaire sur l’Apocalypse</em>, quelque part entre 776 et 784.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5510815_0">UN REFLET DE L'ÉPOQUE</h2><p>Le commentaire de Beatus traite du Livre de la Révélation, mieux connu sous le nom d’Apocalypse. Celui-ci fut composé sur l’île grecque de Patmos par un homme qui se faisait appeler Jean. Selon la tradition, il s’agirait de l’apôtre de Jésus, celui-là même à qui on devrait le fameux Évangile. Mais pour de nombreux intellectuels contemporains, l’auteur était vraisemblablement un homonyme, peut-être un prêtre originaire d’Éphèse, qui l’écrivit en 90&nbsp;ap.&nbsp;J.-C. Dans l’Apocalypse, un ange révèle à Jean comment va se dérouler la fin du monde&nbsp;: l’anéantissement de la Terre est suivi d’un combat final entre les forces du Ciel et celles de l’Enfer. Le livre se termine sur un Christ trônant en majesté suite au Jugement dernier.</p><p>L’Apocalypse a toujours été un livre controversé chez les chrétiens à cause de l’ambiguïté de sa langue et de la complexité de son symbolisme. À partir du 4<sup>e</sup> siècle, date à laquelle il fut incorporé dans le canon biblique en Occident chrétien, nombreux furent les Pères de l’Église et les théologiens à s’en servir pour prédire la fin du monde, notamment en s’appuyant sur ce passage&nbsp;: «&nbsp;Quand les mille ans seront accomplis / Satan sera relâché de sa prison / Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la Terre […]&nbsp;» (Apocalypse 20&nbsp;:7-8).</p><p>À l’époque de la rédaction du Livre de l’Apocalypse, les chrétiens de Rome avaient été gravement persécutés par l’empereur Domitien, qui régna de 81 à 96 ap.&nbsp;J.-C., et par <a href="https://www.nationalgeographic.com/magazine/article/emperor-nero" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Néron qui avait régné treize années auparavant</a>. En marquant la fin du pouvoir temporel et en annonçant l’avènement du royaume éternel de Dieu, l’Apocalypse portait un message d’espoir. Près de 700 ans plus tard, encerclés par les armées musulmanes, Beatus et ses compagnons chrétiens trouvèrent le même message optimiste dans les thèmes de l’Apocalypse.</p><p>À l’époque de la naissance de Beatus, en 730 environ, les troupes musulmanes avancent sans relâche vers le nord, et marchent sur les Pyrénées ainsi que sur un bon morceau de la France. En 750, quand Beatus atteint l’âge de 20 ans environ, le Califat omeyyade de Damas est renversé par la dynastie abbasside. Fuyant ces nouveaux maîtres, un descendant omeyyade, Abd al-Rahman, arrive en Espagne et renverse le régime musulman au pouvoir dans le sud. Il installe sa capitale à Cordoue qui finira par devenir une des plus grandes villes d’Europe, et une des plus savantes. L’arrivée d’Abd al-Rahman consolida le pouvoir de l’Espagne musulmane. Les chrétiens des Asturies et de Cantabrie durent se retrancher.</p><p>Le commentaire de Beatus reflète les luttes internes qui agitaient les chrétiens espagnols pendant l’ascension de la Cordoue musulmane. Fervent orthodoxe, Beatus est un penseur qui se sert de son travail pour exprimer son opposition aux enseignements d’Élipand, archevêque de Tolède, ville alors aux mains des musulmans. Élipand était partisan de l’adoptianisme, doctrine selon laquelle il a fallu que Jésus soit adopté par Dieu pour s’élever au rang de divinité.</p><p>Les croyances déviantes pouvaient être vues comme de graves menaces à l’unité chrétienne. L’œuvre de Beatus fait mention des croyances dangereuses d’Élipand en plus des invasions musulmanes. Il semble les assimiler aux hérésies censées mettre en branle la fin du monde telle qu’elle est décrite dans l’Apocalypse. Dans sa vision, Beatus prédisait que les événements catastrophiques qui devaient faire advenir la fin des temps surviendraient en l’an 800.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5510821_0">ENLUMINURES</h2><p>Le <em>Commentaire sur l’Apocalypse</em> se compose de douze livres dans lesquels le texte original de l’Apocalypse est traduit en latin (section qu’on appelle la <em>storia</em>) et est suivi d’une <em>explanatio,</em> un éclaircissement. Le <em>Commentaire</em> comprend également une sélection d’interprétations antérieures (<em>interpretatio</em>) écrites aux 4<sup>e</sup> et 5<sup>e</sup> siècles par des penseurs tels que saint Jérôme ou saint Augustin.</p><p>Après sa mort, le commentaire de Beatus gagna les communautés monastiques une par une. Entre le 10<sup>e</sup> et le 13<sup>e</sup> siècle, des versions somptueusement enluminées, connues simplement sous le nom de <em>Beatus, </em>virent le jour. Environ vingt-sept d’entre elles existent toujours.</p><p>La plupart de ces copies ont été fabriquées dans le nord de l’Espagne à la manière mozarabe&nbsp;: style géométrique et riche en couleurs typique de l’art islamique. Au 11<sup>e</sup> siècle, des moines de l’abbaye de Santo Domingo de Silos (près de Burgos, dans le nord de l’Espagne) en réalisèrent une des versions les plus splendides&nbsp;: le <em>Beatus de Silos</em>. Les moines Dominico et Munnio entreprirent la copie des textes et de certaines illustrations mais leur travail fut interrompu le 18 avril 1091. Ce n’est qu’en 1109 qu’un troisième moine du nom de Petrus put terminer ses enluminures étourdissantes&nbsp;: des formes humaines avec le corps de profil et la tête de face. L’expression typique de leurs grands yeux donne vie aux textes étranges de l’Apocalypse.</p><p>L’utilisation de parchemin très fin mais aussi d’or et d’argent pour le texte et les enluminures firent du <em>Beatus de Silos </em>un objet de luxe. Au début du 18<sup>e</sup> siècle, l’œuvre fut acquise par Joseph, le frère de Napoléon Bonaparte, probablement à la période où il était roi d’Espagne (1808-1813). Joseph Bonaparte vendit cette version à la British Library en 1840, où elle se trouve toujours.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5510823_0">LE DÉBUT DE LA FIN</h2><p>La lutte entre les forces du Ciel et celles de l’Enfer qui présentée dans l’Apocalypse de Jean trouva un fort écho dans les enclaves chrétiennes du nord de l’Espagne, où Beatus acheva son <em>Commentaire</em> en 784. Les détails du <em>Beatus de Silos</em> montrent toute l’intensité et l’éclat du style mozarabique, qui exprime bien le déchaînement destructeur. Dieu est en possession d’un rouleau scellé sept fois. À chaque fois qu’un sceau est ouvert par l’Agneau (qui représente le Christ), une catastrophe se produit, comme par exemple l’arrivée des quatre cavaliers de l’Apocalypse (la Conquête, la Guerre, la Famine et la Mort).</p><p>Les peurs du quotidien des Européens du Moyen Âge se sont frayé un chemin jusque dans les illustrations contenues dans les vingt-sept <em>Beatus </em>qu’on a retrouvés. Une scène frappante du neuvième chapitre de l’Apocalypse décrit des sauterelles émergeant du puits de l’abîme au moment où un ange sonne de sa trompette. Dans le <em>Beatus de Silos</em>, «&nbsp;l’étoile tombée du ciel sur la terre&nbsp;» qui reçoit «&nbsp;la clef du puits de l’abîme&nbsp;» est personnifiée sous des traits humains (vers le bas de l’image). Des abysses surgissent des sauterelles orange vif qui tourmentent ceux qui se sont détournés de Dieu. Au Moyen Âge, on craignait les nuées d’insectes nuisibles qui ravageaient les cultures, surtout en temps de guerre quand la sécurité alimentaire passait au premier plan. Il était dès lors aisé de comprendre l’agonie des tourmentés en associant ses propres craintes quotidiennes liées à l’agriculture aux terreurs de l’Apocalypse à venir.</p><h2  id="header_5510827_0">TÉMOIGNAGE DIVIN</h2><p>Le <em>Commentaire</em> compare l’Antéchrist à un hérétique anéantissant la communauté des chrétiens fidèles. Dans un épisode dont les universitaires pensent qu’il a pu trouver un écho retentissant dans une péninsule ibérique submergée par des armées musulmanes, la bête sort du puits et tue les deux témoins envoyés par Dieu.</p><p>Au milieu du 9<sup>e</sup> siècle, environ cinquante ans après la mort de Beatus, des centaines d’exécutions de chrétiens eurent lieu à Cordoue, la capitale omeyyade. Comme le <em>Beatus de Silos</em> ne fut achevé qu’au début du 12<sup>e</sup> siècle, il est tout à fait vraisemblable que ces événements aient eu une influence sur la représentation du supplice des témoins. On les voit se faire tuer à coup d’épée&nbsp;: la méthode décrite par les chroniqueurs du calvaire des martyrs de Cordoue.</p><p>L’Apocalypse présente la ville de Babylone comme l’antagoniste du Christ, de Dieu et de son peuple. Dans le texte, la ville est personnifiée sous le nom de «&nbsp;Babylone la Grande, mère des prostituées&nbsp;», ayant rendu tous les pays complices de son immoralité. Séduits par le vin de cette femme, les habitants de la Terre sont voués à la perdition. Quand l’Apocalypse de Jean fut écrite, vers l’an 98 ap.&nbsp;J.-C., Babylone symbolisait possiblement Rome, dont l’allègre persécution des chrétiens sous le règne de Domitien lui avait valu leur ire. Mais arrivé au 9<sup>e</sup> siècle, et ce jusqu’au 12<sup>e</sup>, période au cours de laquelle furent déclinées les versions du commentaire de Beatus, les chrétiens espagnols associaient Babylone à Cordoue. Les illustrateurs du <em>Beatus de Silos </em>se sont d’ailleurs servis de caractéristiques de l’architecture islamique (comme l’arc outrepassé) pour représenter l’architecture de Babylone.</p><p>Le Christ vient à bout de Satan et l’enchaîne dans l’abîme, où il est censé rester mille ans. Pour Beatus, qui composait son commentaire à la fin du 8<sup>e</sup> siècle, cette prédiction selon laquelle Satan se libérerait de ses chaînes après mille ans le confortait dans l’idée que l’Espagne chrétienne, accablée par la puissance de l’islam, se rapprochait de l’Apocalypse. Beatus, qui mourut en 798, avait prédit que le monde se terminerait en l’an 800. Son calcul se basait non pas sur le temps écoulé depuis l’époque du Christ mais sur l’achèvement des six millénaires qui le séparaient de la Création. Les illustrateurs du <em>Beatus de Silos </em>qui enluminèrent son œuvre trois siècles plus tard avaient, pour leur part, déjà franchi le seuil du millénaire. Même si le zèle apocalyptique s’était estompé, leurs représentations n’avaient rien perdu de l’urgence ardente de la vision de Beatus.</p><p>Suite au triomphe du Christ sur la bête, le Jugement dernier doit avoir lieu et les morts doivent être ressuscités et jugés. La splendide illustration du Jugement dernier dans le <em>Beatus de Silos </em>achevé au début du 12<sup>e</sup> siècle, est révélatrice de la façon dont évoluaient les espoirs des chrétiens d’Espagne concernant la fin des temps. Puisque l’an 1000 avait été franchi sans encombre des décennies auparavant,&nbsp;les chrétiens commençaient à se faire à l’idée qu’ils ne connaîtraient pas de leur vivant l’anéantissement de la Terre par les flammes. Cela donna en fait plutôt lieu à une réflexion sur leur mort naturelle et sur le jugement divin qui les attendait en tant qu’individus.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Rencontre insolite avec un renard roux</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-rencontre-insolite-avec-un-renard-roux</link><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 06:02:51 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-rencontre-insolite-avec-un-renard-roux</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035060_img.jpg?w=1600" length="191660" type="image/jpeg"/></item><item><title>Le mamba de Jameson : un serpent aussi long qu'agile</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-le-mamba-de-jameson-un-serpent-aussi-long-quagile</link><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 05 Oct 2026 05:01:42 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-le-mamba-de-jameson-un-serpent-aussi-long-quagile</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11035047_img.jpg?w=1600" length="127430" type="image/jpeg"/></item><item><title>L'Europe en vélo : six des plus belles pistes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/insolite-anciennes-voies-ferrees-europe-en-velo-six-des-plus-belles-pistes</link><description><![CDATA[Faire du vélo est un moyen idéal de traverser l’Europe en prenant le temps de s’imprégner des paysages, des sons, des odeurs et des saveurs du continent. Vous croiserez la route de majestueux vestiges de châteaux, de vastes vignobles, de zones humides paisibles, de cafés de front de mer au charme désuet, de villas élégantes, de places de villages pavées et de bien d’autres joyaux à côté desquels...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sun, 04 Oct 2026 14:31:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/insolite-anciennes-voies-ferrees-europe-en-velo-six-des-plus-belles-pistes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/6-preat040austriabici2019dsc08817anita-andriolo.jpg?w=1600" length="1597632" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Faire du vélo est un moyen idéal de traverser l’Europe en prenant le temps de s’imprégner des paysages, des sons, des odeurs et des saveurs du continent. Vous croiserez la route de majestueux vestiges de châteaux, de vastes vignobles, de zones humides paisibles, de cafés de front de mer au charme désuet, de villas élégantes, de places de villages pavées et de bien d’autres joyaux à côté desquels vous passeriez si vous voyagiez en car ou en voiture. De l’Espagne à la Suède, vous trouverez des itinéraires très peu, voire pas du tout, empruntés. Vos seules distractions seront le bruissement de la brise dans les arbres, l’envol des oiseaux dans le ciel et, souvent, l’odeur du pain frais émanant d’une boulangerie voisine. Pour la plupart, ces six itinéraires ont un faible dénivelé, ce qui en fait des parcours idéaux pour les cyclistes de tous niveaux.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618710_0"><a href="https://www.viesverdes.cat/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>VOIE VERTE DU CARRILET I</strong></a><strong>, ESPAGNE</strong></h2><p>Le bucolique Carrilet I, l’une des plus de cent voies vertes que compte l’Espagne, longue de près de 60 kilomètres, suit principalement l’axe formé par un ancien chemin de fer à voie étroite. Commencez dans la ville d’Olot, dans le&nbsp;<a href="https://costabrava.org/en/what-to-do/nature/natural-parks/garrotxa-volcanic-area-natural-park/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Parc naturel de la zone volcanique de la Garrotxa</a>, où des volcans inactifs enveloppés de forêts parsèment le paysage. Rendez-vous au&nbsp;<a href="https://espaicrater.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Museu dels Volcans</a> avant votre départ pour vous tout apprendre de la géologie de la région. L’itinéraire vous conduira le long d’entailles rocheuses ombragées, créées lors du dynamitage du flanc de colline pour faire place à la voie ferrée, puis dans des vallées fluviales ensoleillées et verdoyantes. Faites une halte pour une dégustation de fromages succulents à&nbsp;<a href="http://www.laxiquella.cat/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">La Xiquella</a>, artisan-fromager de Sant Esteve d’en Bas. La gare rose rénovée de Sant Feliu de Pallerols est une autre halte culinaire de choix. Son café sert notamment des coques et de la joue de porc. Au terme de ce périple, déambulez le long des remparts du&nbsp;<a href="https://www.girona.cat/turisme/fra/monuments_eixample.php" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">quartier médiéval</a> de Gérone pour profiter d’une jolie vue sur des jardins soigneusement entretenus et des cours majestueuses.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618712_0"><a href="https://www.bourgogne-tourisme.com/decouvrir/itinerances-et-itineraires-a-pied-a-velo-a-cheval-ou-en-bateau/explorer-la-bourgogne-a-velo/la-voie-verte-en-bourgogne-du-sud/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>BOUCLE DE BOURGOGNE DU SUD</strong></a><strong>, FRANCE</strong></h2><p>Construite sur une ancienne voie ferrée exploitée par la SNCF, cette voie verte d’un peu plus de 75 kilomètres serpente entre des bois et des pâtures paisibles et le long de coteaux couverts de vignes. Avant de quitter Chalon-sur-Saône, allez jeter un œil aux milliers d’appareils photo et images exposées au&nbsp;<a href="https://www.museeniepce.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Musée Nicéphore Niépce</a>, musée portant le nom de l’un des pères de la photographie et dédié à cet art. Parcourez un peu plus de 38 kilomètres pour rejoindre le&nbsp;<a href="https://chateaudecormatin.com/en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">château de Cormatin</a>, bâti au 17<sup>e</sup> siècle, entouré de douves et de jardins splendides. À 14 kilomètres de là, à Cluny, vous attend un autre site historique&nbsp;: les vestiges de l’<a href="https://www.cluny-abbaye.fr/en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">abbaye de Cluny</a>, monastère bénédictin transformé en musée où l’une des quatre cloches d’origine est encore présente. Entre Cluny et Mâcon, le paysage devient spectaculaire avec ses falaises de calcaire accidentées qui se trouvaient sous l’eau il y a des millions d’années. Une fois descendus de vélo à Mâcon, flânez sur l’esplanade Lamartine, une promenade bordée de cafés le long de la Saône.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618712_1"><a href="https://www.visitvarmland.com/destinationer/klaralvsbanan/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>KLARÄLVSBANAN</strong></a><strong>, SUÈDE</strong></h2><p>Traçant un itinéraire nord-sud de 90 kilomètres de Karlstad à Uddeholm, cette voie verte file sur un remblai ferroviaire où circulaient autrefois les passagers et le bois transportés par la compagnie Klarälven. Partant de l’endroit où la Klarälven rejoint le lac Vänern, à Karlstad, l’itinéraire mêle nature et culture. Cette ville animée est un paradis pour les activités nautiques, comme le kayak, mais aussi pour l’art. Explorez le&nbsp;<a href="https://sandgrund.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sandgrund Lars Lerin</a>, galerie d’art remplie d’aquarelles immenses signée de la main du peintre de paysages suédois. À une petite trentaine de kilomètres au nord, la galerie&nbsp;<a href="https://www.gamlakraftstationen.se/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Gamla Kraftstationen</a>, installée au bord de l’eau, a elle aussi de quoi ravir les amateurs d’art contemporain et un jardin tranquille où s’asseoir avec un café et des pâtisseries. Refaites 8 kilomètres pour arriver à&nbsp;<a href="https://www.naturkartan.se/en/varmlands-lan/edeby" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">la réserve naturelle d’Edeby</a>, une paisible zone humide qui abrite une riche avifaune. Après Edeby, l’itinéraire devient plus forestier et se borde de saules, de bouleaux et de divers conifères.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618712_2"><a href="https://ravel.wallonie.be/en/home/itineraires/local/ligne-38.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>RAVeL 38 ET 39</strong></a><strong>, BELGIQUE</strong></h2><p>Le RAVeL est un réseau de 1&nbsp;600 kilomètres de pistes destinées aux cyclistes, aux piétons et aux cavaliers qui sillonnent la Wallonie. L’acronyme signifie <em>Réseau Autonome des Voies Lentes.</em> Ces deux lignes, qui suivent deux anciens couloirs désaffectés de la SNCB, filent sur un total de 50 kilomètres à travers le Pays de Herve, région agricole fertile couverte de vergers et de pâtures, d’un point situé à l’intersection des frontières belge, néerlandaise et allemande jusqu’à la ville de Liège. Avant de vous lancer, montez les marches ou prenez l’ascenseur jusqu’à la plateforme d’observation de la Tour panoramique des Trois Frontières, haute de 50 mètres, pour admirer un panorama sur la campagne fertile. En route, faites halte pour déguster un sirop de pommes artisanal à la&nbsp;<a href="https://sirop.be/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Siroperie d’Aubel</a>, puis faites une heure de vélo pour atteindre&nbsp;<a href="https://leherveduvieuxmoulin.be/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Le Herve du Vieux Moulin</a>, fromagerie réputée du village de Battice où vous devriez vous procurer un Herve, spécialité au goût prononcé.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618712_3"><a href="https://www.ciclabile-treviso-ostiglia.it/en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>PISTE CYCLABLE TRÉVISE-OSTIGLIA</strong></a><strong>, ITALIE</strong></h2><p>Cet itinéraire souvent à l’ombre, dont près de la moitié traverse des zones boisées paisibles, réjouira les passionnés d’architecture et d’Histoire. Filant sur 109 kilomètres le long d’une ancienne voie ferrée militaire, celui-ci débute à Trévise, ville fortifiée aux rues pavées, souvent surnommée la «&nbsp;petite Venise&nbsp;» en raison de son réseau de canaux. Déambulez dans le quartier historique et admirez les nombreux palais ornés de fresques qui bordent la Piazza dei Signori et la Via Calmaggiore, rue bordée d’arcades qui conserve encore les vestiges d’une antique voie romaine. En pédalant vers le sud-ouest, quittez la piste pour aller voir des trésors comme la Rotonda di Badoere, place à colonnades du 17<sup>e</sup> siècle située dans le village de Badoere parsemée de cafés. À moins de deux kilomètres de là se trouve la somptueuse villa&nbsp;<a href="https://www.camarcello.it/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ca’ Marcello</a> de style palladien. À 30 kilomètres de là se trouve la&nbsp;<a href="https://www.villacontarini.eu/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">villa Contarini</a>, une propriété encore plus luxueuse entourée d’un vaste parc émaillé d’étangs et de lacs. Des travaux sont en cours pour aménager un tronçon supplémentaire de 16 kilomètres qui permettra à la piste de rejoindre la ville d’Ostiglia.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5618714_0"><a href="https://www.donau-oesterreich.at/en/danube-cycle-path" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>PISTE CYCLABLE DU DANUBE</strong></a><strong>, ALLEMAGNE ET AUTRICHE</strong></h2><p>Cet itinéraire suit le Danube sur plus de 2&nbsp;700 kilomètres, de sa source dans la Forêt-Noire jusqu’à la mer Noire. Le segment le plus populaire couvre 320 kilomètres entre Passau, en Allemagne, et Vienne, en Autriche, alternant entre les berges au moyen de passerelles ou de bacs. À Passau, assistez à un concert de l’après-midi ou du soir à la&nbsp;<a href="https://www.bistum-passau.de/dom-kultur/dommusik/domkonzerte" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cathédrale Saint-Étienne</a>, qui abrite le plus grand orgue d’église du monde. Les œnophiles et amateurs de café seront particulièrement séduits par la&nbsp;<a href="https://www.donau.com/en/wachau-nibelungengau-kremstal" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">vallée de la Wachau</a> qui s’étale le long du fleuve sur plus de 30 kilomètres en Autriche. Vous pédalerez au milieu de paysages composés de coteaux en terrasses couverts de vignes, de vergers d’abricotiers et de charmants villages en bord de fleuve. À Spitz, détendez-vous au&nbsp;<a href="https://www.gasthof-prankl.at/englisch/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Gasthof Prankl</a> autour d’un café accompagné d’un dessert aux notes d’abricot. Ne passez pas à côté de la vieille ville de Krems, enclave historique aux rues pavées et aux portes médiévales dont l’histoire remonte à 995.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Agbaibor, l’éléphanteau orphelin qui a défié tous les pronostics</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2026/10/agbaibor-lelephanteau-orphelin-qui-a-defie-tous-les-pronostics</link><description><![CDATA[Par un dimanche matin de la fin du mois de novembre, Tunde Morakinyo a reçu un appel téléphonique aussi inattendu qu’urgent. « L’éléphanteau sera là dans deux heures », lui annonce Peter Abanyam, son collègue de la fondation ANI, basé dans le parc national d’Okomu, au Nigeria. « Il faut trouver comment le maintenir en vie. »Tunde Morakinyo, qui dirige la fondation ANI, une organisation nigériane...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 04 Oct 2026 12:09:07 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2026/10/agbaibor-lelephanteau-orphelin-qui-a-defie-tous-les-pronostics</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/devlinagbaibor19.jpg?w=1600" length="2183167" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Par un dimanche matin de la fin du mois de novembre, Tunde Morakinyo a reçu un appel téléphonique aussi inattendu qu’urgent. « L’éléphanteau sera là dans deux heures », lui annonce Peter Abanyam, son collègue de la <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.africanatureinvestors.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">fondation ANI</a>, basé dans le parc national d’Okomu, au Nigeria. « Il faut trouver comment le maintenir en vie. »</p><p>Tunde Morakinyo, qui dirige la fondation ANI, une organisation nigériane à but non lucratif consacrée à la protection de la biodiversité, n’en croyait pas ses oreilles. « Un éléphanteau ? »</p><p>Plus tôt dans la matinée, un employé de la plantation de palmiers à huile d’Okomu, voisine du parc, avait aperçu le jeune animal errant seul, une situation tout à fait inhabituelle. S'ensuivit une véritable course contre la montre et un apprentissage accéléré pour tous ceux qui prenaient part à sa prise en charge. C'est le premier éléphanteau orphelin dont le sauvetage a été documenté avec succès au Nigeria, ainsi qu’un symbole national porteur d’espoir pour la conservation de la faune sauvage.</p><p>« Je ne m’étais jamais imaginé devenir le parent d’un éléphanteau », raconte Peter Abanyam. « C’est le premier cas de sauvetage d’un éléphant au Nigeria. Lorsque cela s’est produit, nous n’avions absolument aucune expérience en la matière. » Jusqu’alors, son équipe travaillait principalement à la lutte contre le braconnage et l’exploitation forestière illégale dans le parc, et non aux soins apportés aux animaux.</p><p>« Mais la vie nous confronte parfois à des défis inattendus, et nous devons être à la hauteur », ajoute-t-il.</p><p>Le jeune animal était un <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://www.iucnredlist.org/species/181007989/292481365" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">éléphant de forêt d’Afrique</a>, une espèce en danger critique d’extinction. Plus petits que les éléphants de savane, ces pachydermes se distinguent par leurs oreilles plus arrondies, leurs défenses plus courtes et plus droites, ainsi qu’un habitat beaucoup plus restreint. Aujourd’hui, on estime que le Nigeria abrite encore quelque 400 éléphants de forêt, dont environ 30 à 40 vivent dans le parc national d’Okomu, une étendue protégée de forêt tropicale du sud du pays cogérée par le Service des parcs nationaux du Nigeria et la fondation ANI.</p><p>« Okomu est l’un des derniers refuges forestiers pour les éléphants de forêt et de nombreuses autres espèces menacées », explique Morakinyo.</p><p>On ignore toujours comment le jeune éléphant, alors âgé d’environ huit mois et pas encore sevré, s’est retrouvé séparé de son groupe. Tunde Morakinyo soupçonne toutefois que le troupeau a pu croiser des chasseurs et se disperser, apeuré par des coups de feu, des machettes et des pièges métalliques. « Lorsqu’on voit un éléphanteau errer seul, c’est vraiment bouleversant », confie-t-il.</p><p>Après avoir échoué à retrouver la famille de l’éléphanteau dans l’épaisse forêt tropicale, l’équipe a décidé de le prendre en charge. À cet âge, il n’aurait pas survécu seul ni trouvé suffisamment de nourriture, souligne Peter Abanyam, qui craignait également qu’il ne tombe aux mains de chasseurs alimentant le commerce de viande de brousse.</p><p>Les soigneurs ont transporté le jeune éléphant, encore petit, à l’arrière d’un pick-up. « Notre vie au poste de surveillance a complètement changé après son arrivée », raconte Peter Abanyam. « Nous avons passé de très nombreuses nuits blanches. »</p><p>Les premiers jours ont été particulièrement critiques. Des vétérinaires spécialisés dans la faune sauvage, plus expérimentés, ont recommandé aux soigneurs novices de ne pas encore lui donner de nom, afin de ne pas rendre une éventuelle perte encore plus douloureuse. Quelques jours seulement après son arrivée, l’éléphanteau n’avait presque plus d’énergie pour se déplacer ou s’alimenter. « Nous avions très peur », se souvient Abanyam.</p><p>Selon Liz O’Brien, consultante basée en Zambie et spécialiste de la prise en charge des éléphants orphelins, qui a rejoint l’opération de sauvetage en tant que conseillère, lorsqu’un jeune éléphant « s’effondre », cela est généralement dû à plusieurs facteurs : l’épuisement, la perte de sa mère et de son lait, ainsi qu’une montée brutale d’adrénaline suivie d’une chute tout aussi soudaine. « C’est comme si l’animal n'avait plus d’énergie », explique-t-elle. « Il n’a plus la force de se lever, de manger ni même de faire quoi que ce soit. »</p><p>À un moment donné, après que des analyses ont révélé une hypoglycémie, l’équipe a envoyé un véhicule chercher les vétérinaires les plus proches, situés à environ une heure de route, dans la plantation de palmiers à huile. Ils ont administré à l’éléphanteau des perfusions intraveineuses et du dextrose afin de faire remonter son taux de sucre sanguin. « Pendant deux jours, nous avons surveillé en permanence sa glycémie et ajusté continuellement les perfusions », se souvient Liz O’Brien.</p><p>L’équipe d’Okomu a appris également à nourrir le jeune animal avec un mélange de lait en poudre, de noix de coco, de flocons d’avoine cuits et d’autres ingrédients soigneusement sélectionnés pour répondre à ses besoins nutritionnels. Elle dut aussi lui apporter un soutien social essentiel pour le réconforter et favoriser son développement en l’absence de sa famille. « Dans la nature, un éléphanteau n’est jamais seul », rappelle O’Brien. « Il est toujours entouré de son groupe familial. »</p><p>Des soigneurs dévoués se sont relayés jour et nuit à ses côtés dans un enclos de fortune aménagé près du principal poste des gardes forestiers. Lorsqu’il dormait, ils le couvraient délicatement d’une couverture de coton brun afin de maintenir sa température corporelle.</p><p>Après plusieurs semaines, l’éléphanteau a commencé à manger davantage, retrouvé de l’énergie et s'est montré progressivement plus joueur et plus confiant. « C’est à ce moment-là que nous avons compris qu’il y avait de l’espoir, que ce petit était prêt à survivre », se souvient Abanyam. L’équipe a alors décidé de lui donner un nom : <em>Agbaibor</em> (prononcé <em>Ah-gba-ibow</em>), un mot de la langue ijaw qui signifie « courage », « force » ou encore « survivant ».</p><p>Aujourd’hui, l’activité préférée d’Agbaibor consiste à prendre des bains de boue en projetant de la terre sur son dos avec sa trompe pour se rafraîchir. « Il est très joueur et un peu espiègle », raconte Joshua Aribasoye, vingt-neuf ans, son principal soigneur, qui travaille avec quatre autres gardiens.</p><p>Pour Aribasoye, l’apprentissage a été rapide. Avant l’arrivée d’Agbaibor, il s’occupait surtout d’animaux domestiques tels que des vaches, des chèvres ou des chiens. Depuis, il sollicite régulièrement les conseils de Liz O’Brien, aussi bien lors de ses visites à Okomu que via un groupe WhatsApp particulièrement actif qu’ils utilisent pour échanger.</p><p>Agbaibor est désormais l’équivalent d’un « tout-petit » chez les éléphants. Âgé d’environ 17 mois, il mesure près de 1 mètre de haut et 1,40 mètre de long. L’équipe ne dispose d’ailleurs pas d’une balance suffisamment grande pour le peser. « Aujourd’hui encore, il essayait de s’asseoir sur ma jambe et de poser sa tête sur mes genoux », raconte Aribasoye en riant. « Maintenant, il est trop grand et trop lourd, mais il continue parfois d’essayer. »</p><p>L’un des comportements préférés du soigneur est ce qu’il appelle la « course de bienvenue » de l’éléphanteau. « Il a une façon très joyeuse de courir lorsqu’il vous voit », explique-t-il. « Il traîne légèrement une patte, lève la tête, rejette sa trompe en arrière, écarte les oreilles et fonce vers vous. » Pour Liz O’Brien, ces liens particulièrement forts sont parfaitement naturels.</p><p>« Un éléphanteau a besoin d’une mère vers qui accourir », explique-t-elle. « Et dans le cas présent, il se trouve que sa mère est un Nigérian de trente ans. »</p><p>L’objectif à long terme n’est pas de garder Agbaibor en captivité, mais de le remettre en liberté lorsqu’il aura dépassé l’âge du sevrage chez les éléphants de forêt, soit vers deux à trois ans. Même s’il est peu probable qu’un éléphanteau orphelin soit adopté et allaité par une autre femelle, ses soigneurs espèrent qu’une fois plus âgé, Agbaibor pourra réintégrer la société des éléphants et rejoindre les mâles qui parcourent le parc national d’Okomu.</p><p>Mais le parc lui-même a besoin d’être protégé. Okomu couvre moins de 200 kilomètres carrés, un îlot de nature sauvage au milieu d’un paysage largement transformé par l’agriculture et l’urbanisation. Selon Abanyam, le parc est également menacé par le défrichement illégal destiné à l’agriculture, qui entraîne la destruction de la forêt, ainsi que par les braconniers qui posent des pièges pour approvisionner le commerce de viande de brousse.</p><p>Les soigneurs d’Agbaibor espèrent que son histoire contribuera à renforcer le soutien aux efforts de conservation, y compris le développement économique des communautés vivant aux abords du parc. « Il ne sert à rien de sauver des éléphanteaux pour les relâcher dans la nature si la nature elle-même a disparu », résume Liz O’Brien.&nbsp;</p><p>L’objectif ultime est de sauver à la fois un individu et l’espèce à laquelle il appartient. « Les éléphants de forêt sont en danger critique d’extinction, nous devons donc essayer de sauver chacun d’entre eux », souligne Amos Hamman, conservateur des parcs nationaux du Nigeria. « Il n’en reste tout simplement plus beaucoup. »</p><p>Récemment, Agbaibor et trois de ses soigneurs ont quitté leur camp à 6 heures du matin, sous une pluie fine, pour parcourir près de huit kilomètres à travers la forêt tropicale jusqu’à un nouvel enclos plus vaste, appelé <em>boma</em>. Entouré d’une clôture en bois, ce nouvel habitat doit lui permettre d’explorer plus librement la forêt, de se nourrir de plantes indigènes et, peut-être, d’entrer en contact avec d’autres éléphants sauvages, tandis que les soigneurs continueront à le nourrir et à surveiller son état de santé.</p><p>« Nous espérons qu’avec le temps, il retrouvera sa propre famille », explique Liz O’Brien. « Elle est quelque part là-dehors. »</p><p>D’ici un an environ, lorsqu’Agbaibor sera passé d’une alimentation à base de lait à une alimentation solide, l’équipe du parc commencera progressivement à réduire les contacts humains. Il ne sera plus nourri au biberon mais devra trouver lui-même sa nourriture dans son <em>boma</em>. Selon O’Brien, il devrait peu à peu revenir de moins en moins souvent vers son enclos. À terme, espère-t-elle, le jeune éléphant finira par « oublier les humains ».</p><p>D’ici là, ses soigneurs assurent être prêts à continuer à le nourrir et à veiller sur celui qu’ils considèrent comme leur petit survivant. Lorsqu’il sera enfin temps pour Agbaibor de retrouver définitivement la vie sauvage, Peter Abanyam s’attend à éprouver un mélange de fierté, de soulagement et de tristesse. « On comprend qu’il faut laisser partir quelque chose qui nous est devenu extrêmement cher », confie-t-il. « Je suis certain que ce sera un moment difficile pour chacun d’entre nous. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>ARFID : quand la sélectivité alimentaire cache un trouble psychiatrique</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/equilibre-alimentaire-arfid-quand-la-selectivite-alimentaire-cache-un-trouble-psychiatrique</link><description><![CDATA[Enfant, Sophia Dionisos était souvent qualifiée de « difficile » à table. « J’avais du mal à manger pratiquement tous les types d’aliments », explique aujourd’hui cette jeune femme de vingt-trois ans, qui travaille comme phlébotomiste. Chaque jour, elle devait se forcer à manger. De la classe de quatrième jusqu’à l’âge de vingt et un ans, cette Américaine mesurant 1,63 m ne pesait que 36 kilos et...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Sun, 04 Oct 2026 09:02:03 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/equilibre-alimentaire-arfid-quand-la-selectivite-alimentaire-cache-un-trouble-psychiatrique</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-88305935.jpg?w=1600" length="398014" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Enfant, Sophia Dionisos était souvent qualifiée de « difficile » à table. « J’avais du mal à manger pratiquement tous les types d’aliments », explique aujourd’hui cette jeune femme de vingt-trois ans, qui travaille comme phlébotomiste. Chaque jour, elle devait se forcer à manger. De la classe de quatrième jusqu’à l’âge de vingt et un ans, cette Américaine mesurant 1,63 m ne pesait que 36 kilos et survivait avec environ 600 calories par jour.</p><p>Née en Russie, elle a passé les trois premières années de sa vie dans un orphelinat où elle souffrait de malnutrition. Mais même après son adoption par une famille de l’Ohio, aux États-Unis, et l’accès à une alimentation abondante, elle avait peu d’appétit et trouvait de nombreuses saveurs et assaisonnements insupportables.</p><p>Aujourd’hui, Sophia sait que ses difficultés relevaient d’un trouble du comportement alimentaire, mais pas de ceux que le grand public connaît le mieux. Elle souffre d’un trouble de la prise alimentaire évitant / restrictif (ARFID), un trouble psychiatrique qui peut ressembler à une forme extrême de sélectivité alimentaire.</p><p>De nombreux enfants finissent par dépasser leur aversion pour certains aliments, mais ce n’est généralement pas le cas avec ce trouble. Selon les <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10807227/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">recherches les plus récentes</a>, celui-ci apparaît souvent durant l’enfance, et peut persister tout au long de la vie. Il est aussi fréquent que d’autres troubles du comportement alimentaire et, selon plusieurs <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40956322/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">études</a>, touche des personnes de tous âges.</p><p>Les cas d'ARFID sont en hausse. Selon un <a href="https://s3.amazonaws.com/media2.fairhealth.org/whitepaper/asset/Spotlight%20on%20Eating%20Disorders%20-%20A%20FAIR%20Health%20White%20Paper.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">rapport de <em>FAIR Health</em></a> publié en 2023, leur nombre a augmenté de 305 % entre 2018 et 2022.</p><p>Cela ne signifie pas nécessairement que nous assistons à une épidémie d’ARFID. Il est possible que ce trouble soit simplement mieux reconnu depuis 2013 et son <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8185640/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">intégration au DSM-5</a>, le manuel de référence des diagnostics psychiatriques, &nbsp;et dans la CIM-11 de l'Organisation mondiale de la santé. Auparavant, les personnes concernées étaient souvent considérées comme difficiles ou capricieuses vis-à-vis de la nourriture.</p><p>« De nombreux adultes ne reçoivent toujours pas l’aide dont ils ont besoin », explique Cynthia Bulik, professeure spécialisée dans les troubles alimentaires à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill. « Beaucoup de gens refusent de croire qu’il s’agit d’un trouble psychiatrique. Pourtant, c’en est un, et à long terme il peut entraîner des carences nutritionnelles, affecter les relations sociales et perturber profondément la vie quotidienne. »</p><p>Sophia n’a bénéficié d’une prise en charge ciblée qu’au début de l'année 2026, lorsqu’elle a intégré le <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://emilyprogram.com/conditions-we-treat/avoidant-restrictive-food-intake-disorder/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">centre d’excellence pour adultes atteints d’ARFID du Emily Program</a>, à Durham, en Caroline du Nord. Ouvert en janvier, il s’agit du premier programme d’hospitalisation aux États-Unis consacré exclusivement au traitement de l’ARFID.</p><p>Également atteinte d’un trouble dépressif majeur, Sophia y a passé cinq mois. Elle y a suivi une psychothérapie, appris à manger des aliments solides et travaillé à surmonter sa peur de la sensation de satiété. « Comprendre que je ne voulais plus vivre ainsi m’a aidée à accepter progressivement la sensation de satiété », raconte-t-elle.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618636_0">UN TROUBLE TRÈS DIFFÉRENT DE L’ANOREXIE</h2><p>Contrairement à d’autres troubles alimentaires, l’ARFID n’est pas motivé par des préoccupations liées au poids ou à la silhouette.</p><p>« Il peut toucher des personnes de toutes morphologies », explique Bulik. Le trouble semble être déclenché par des hypersensibilités sensorielles liées à l’odeur, au goût ou à la texture des aliments ; une peur de s’étouffer ou de vomir par exemple, un faible appétit ou un manque d’intérêt pour la nourriture.</p><p>Ces trois mécanismes constituent les principaux sous-types de l’ARFID, même si certaines personnes présentent plusieurs formes simultanément. « Nous découvrons progressivement que l’ARFID possède de nombreuses caractéristiques neurobiologiques », explique Jennifer J. Thomas, professeure de psychologie à la Harvard Medical School.</p><p>Par exemple, des recherches montrent que les personnes atteintes d’ARFID présentent des niveaux plus élevés de <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13348274/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">cholécystokinine (CCK)</a>, une hormone impliquée dans la sensation de satiété, même lorsqu’elles sont à jeun. Des <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2830346" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">études</a> ont également montré que les personnes souffrant de la forme anxieuse de l’ARFID présentent une activité accrue de l’amygdale, région cérébrale impliquée dans le traitement de la peur et des émotions, lorsqu’elles regardent des images d’aliments.</p><p>De même, une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11836757/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">autre étude</a> a révélé que les personnes présentant une forme sensorielle montrent une activation plus importante des régions cérébrales associées au traitement sensoriel, tandis que celles qui manquent d’intérêt pour la nourriture présentent une activité réduite dans l’hypothalamus, région clé de la régulation de l’appétit.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618636_1">DES LIENS AVEC D’AUTRES TROUBLES</h2><p>Certaines pathologies semblent augmenter le risque de développer un trouble de la prise alimentaire évitant / restrictif.</p><p>Les recherches suggèrent notamment une fréquence plus élevée chez les personnes souffrant de <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38798326/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">TDAH</a>, de <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11833662/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">troubles du spectre de l’autisme</a>, de <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13432419/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">troubles obsessionnels compulsifs</a> ou de <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36695305/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">troubles anxieux ou dépressifs</a>.</p><p>Les symptômes du trouble de la prise alimentaire évitant / restrictif sont également fréquents chez les adultes atteints de troubles digestifs chroniques, comme le syndrome de l’intestin irritable ou la dyspepsie fonctionnelle. L'ARFID possède aussi une <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2801119" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">forte composante génétique</a>. Son héritabilité est estimée à 79 %, soit davantage que celle de l’anorexie mentale, de la boulimie ou de l’hyperphagie boulimique. « Les vrais jumeaux ont davantage de risques de partager ce trouble que les faux jumeaux », note Jennifer Thomas.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5618636_2">DES CONSÉQUENCES PHYSIQUES ET SOCIALES</h2><p>Quelle qu’en soit l’origine, l’ARFID peut avoir des répercussions importantes. « Lorsque la variété des aliments diminue fortement, des carences nutritionnelles peuvent apparaître », explique Kayla Warechowski, diététicienne au Emily Program. Chez les enfants, les <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7911718/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">recherches</a> montrent des déficits fréquents en vitamines B1, B2, C et K, ainsi qu’en zinc, fer et potassium.</p><p>Les adolescents et jeunes hommes présentent parfois des conséquences médicales particulières, comme un <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11716252/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">ralentissement du rythme cardiaque</a>, un taux de cholestérol plus faible et des niveaux plus élevés d’hémoglobine. Les effets sociaux peuvent également être considérables.</p><p>Les enfants rapportent souvent des moqueries lors des colonies de vacances ou des soirées entre amis. Chez les adultes, la honte et la stigmatisation peuvent être particulièrement fortes. « Les adultes ont souvent conscience que les autres les jugent », explique Jennifer Thomas. Mais à mesure que ce trouble gagne en visibilité, de nouvelles possibilités apparaissent pour mieux l’identifier et accompagner les personnes qui en souffrent.</p><p>L’ARFID est généralement diagnostiqué à partir d’entretiens cliniques, au cours desquels le patient décrit son alimentation quotidienne et les obstacles qui l’empêchent de consommer d’autres aliments. Cette évaluation est complétée par un examen médical visant à détecter d’éventuelles carences nutritionnelles ou des <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38877582/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">retards ou ralentissements de croissance</a>.</p><p>Eric Pascarelli, réalisateur indépendant de trente-sept ans installé à Indianapolis, a reçu un diagnostic d’ARFID en 2020. Son alimentation se limitait à moins d’une douzaine d’aliments, notamment la pizza au fromage, les hamburgers, les frites, les bananes, les pancakes, le lait et la crème glacée. Non seulement il n’avait aucun intérêt à essayer de nouveaux aliments, mais, explique-t-il, « certaines textures déclenchaient immédiatement un réflexe nauséeux lorsqu'[il] les mettait dans ma bouche ».</p><p>Après son diagnostic, Eric a trouvé en ligne une communauté d’adultes atteints du même trouble. Il a également commencé à travailler avec un thérapeute spécialisé dans l’alimentation, qui l’a aidé à élargir légèrement son régime alimentaire en y intégrant certains types de pâtes et des smoothies.</p><p>« Même après tout ce travail, la plupart des aliments continuent de me rebuter », explique Eric, qui a par ailleurs produit et réalisé le documentaire <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tMUBSHF6mLc" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Not Just a Picky Eater</em></a>, consacré à l’ARFID et sorti en 2023. « Je suis très heureux de manger mes aliments “sûrs” tous les jours. Mon cerveau fonctionne tout simplement différemment lorsqu’il s’agit de nourriture. »</p><h2  id="header_5618722_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5618722_1">COMMENT TRAITER L’ARFID ?</h2><p>L’une des approches thérapeutiques qui gagne du terrain est la <a class="fui-Link fai-bebop ___1myvvpj f2hkw1w f3rmtva f1ewtqcl f16muhyy f1k6fduh f1w7gpdv f1mo0ibp fjoy568 ff5ikls f1s184ao f1mk8lai fnbmjn9 f1o700av f13mvf36 f33ey8m f9n3di6 f1ids18y f1tx3yz7 f1bwia3u f1eh06m1 f1xeumsx fhgqx19 f1olyrje f1p93eir f1nev41a f132whgj f1v74mp6 f1tsf1ni fnq52rx f16zlvvm" href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11093700/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">thérapie cognitivo-comportementale adaptée à l’ARFID</a> (<em>CBT-AR</em>), développée par l’équipe de Jennifer Thomas au Massachusetts General Hospital. Cette méthode repose sur l’exposition progressive à des aliments ou à des caractéristiques sensorielles que les patients ont tendance à éviter.</p><p>Le programme de traitement du Emily Program inclut également la CBT-AR ainsi que la thérapie comportementale dialectique (DBT), une forme de psychothérapie centrée sur la pleine conscience, la tolérance à la détresse, la régulation des émotions et l’amélioration des compétences relationnelles. Le programme comprend aussi une thérapie somatique, qui utilise des exercices de respiration, le balayage corporel et d’autres techniques destinées à aider les patients à mieux prendre conscience des sensations physiques et des tensions qu’ils associent à l’alimentation.</p><p>Des séances de pleine conscience, d’éducation nutritionnelle et des repas thérapeutiques font également partie de la prise en charge, explique Kayla Warechowski. « L’objectif principal est de comprendre ce qui empêche une personne de manger et de l’aider à progresser vers ses propres objectifs. » La thérapie familiale peut également être bénéfique chez les enfants.</p><p>Une étude publiée en 2026 dans le <a href="https://www.jaacap.org/article/S0890-8567(26)00150-4/fulltext" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Journal of the American Academy of Child &amp; Adolescent Psychiatry</em></a> a montré qu’un traitement impliquant la famille était plus efficace qu’une thérapie individuelle pour favoriser la prise de poids chez les enfants en insuffisance pondérale âgés de six à douze ans.&nbsp;</p><p>« Plus l’intervention est précoce, mieux c’est », souligne Tracy Richmond. « Certains schémas comportementaux s’installent avec le temps et deviennent plus difficiles à modifier. » Les spécialistes insistent toutefois sur un point essentiel : l’ARFID peut être traité, et une prise en charge adaptée peut entraîner une amélioration significative des symptômes.&nbsp;</p><p>Dans certains cas, des médicaments peuvent également aider à traiter l’anxiété, la dépression ou les troubles digestifs associés, ou encore stimuler l’appétit lorsqu’il est insuffisant. Comme elle souffrait d’un trouble dépressif majeur, Sophia Dionisos a commencé à prendre des antidépresseurs pendant son séjour au Emily Program. Les quatre premiers traitements essayés se sont révélés inefficaces, mais elle a finalement trouvé un médicament qui lui convenait.&nbsp;</p><p>Lorsqu’elle a quitté l’établissement en mai, Dionisos avait retrouvé un sentiment de contrôle sur ses choix alimentaires et augmenté ses apports à au moins 2 000 calories par jour. « J’ai envie de manger, mais je n’éprouve toujours aucun plaisir à le faire. Je me force à manger, généralement en me distrayant avec de la musique ou un film, pour rester en bonne santé et survivre », explique celle qui pèse désormais cinquante-et-un kilos. « Je suis très fière de tout ce que j’ai accompli. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Bangkok : comment ce python birman a-t-il pu sortir des toilettes ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/serpents-thailande-bangkok-comment-ce-python-birman-a-t-il-pu-sortir-des-toilettes</link><description><![CDATA[Cela ressemble à une légende urbaine... et pourtant. Dans la vidéo ci-dessus vous pourrez voir un python birman sortir des toilettes à Bangkok. Les serpents comme celui-ci suivent parfois leur proie dans les égoûts et remontent dans les canalisations.Bien que rare, le phénomène des serpents qui se faufilent dans les toilettes est bien documenté. Des serpents sont apparus dans les toilettes du...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 04 Oct 2026 07:16:54 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/serpents-thailande-bangkok-comment-ce-python-birman-a-t-il-pu-sortir-des-toilettes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/10903096_img.jpg?w=1600" length="57578" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Cela ressemble à une légende urbaine... et pourtant. Dans la vidéo ci-dessus vous pourrez voir un python birman sortir des toilettes à Bangkok. Les serpents comme celui-ci suivent parfois leur proie dans les égoûts et remontent dans les canalisations.</p><p>Bien que rare, le phénomène des serpents qui se faufilent dans les toilettes est bien documenté. Des serpents sont apparus dans les toilettes du monde entier, notamment en <a href="http://www.cnn.com/2015/09/16/asia/australia-snakes-found-in-toilet/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Australie</a>, en <a href="http://www.9news.com/news/weird/agitated-venomous-cobra-pulled-from-toilet/360972459" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Afrique du Sud</a> et aux <a href="http://www.cnn.com/2013/09/05/us/starbucks-snake/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">États-Unis</a>. Mais selon Brad Schaffer, professeur d'écologie et de biologie évolutive à l'université de Californie à Los Angeles, les serpents entrent plus souvent dans les toilettes en grimpant dans la cuvette, plutôt qu'en rampant dans la tuyauterie.&nbsp;</p><p>Ce n'est pas la première fois qu'un serpent sort des toilettes en Thaïlande et fait la une de l'actualité internationale. En mai 2016, un python s'est glissé dans la cuvette des toilettes d'un homme de la province de Chachoengsao et lui a mordu le pénis. Danupol Tapo, responsable local des secours, <a href="http://www.cnn.com/2016/05/27/asia/thailand-snake-toilet/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">a déclaré à CNN</a> qu'il avait vu des serpents dans les toilettes « à de nombreuses reprises » et que, bien qu'il ait vu des cas où des serpents avaient attaqué les jambes et les fesses des malheureuses personnes qui venaient de s'y asseoir, il n'avait jamais rencontré de serpent qui avait mordu les parties génitales d'une personne.&nbsp;</p><p>Une fois qu'il est à l'intérieur, il peut être désagréable de retirer un serpent des toilettes. Geoff Jacobs, qui dirigeait une entreprise de capture de serpents à Brisbane, en Australie, <a href="http://www.bbc.com/news/magazine-36397505" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">a déclaré à la BBC</a> qu'il recevait quatre ou cinq appels par an pour retirer des toilettes des mambas verts, des serpents communs, des pythons tapis ou d'autres types de serpents.</p><p>Alors pourquoi les serpents pénètrent-ils dans les toilettes ? Selon Lin Schwarzkopf, professeur à l'université James Cook de Townsville, en Australie, ils sont probablement à la recherche d'un peu de nourriture et peut-être d'un peu de tranquillité.</p><p>« Les serpents boivent de l'eau, comme les autres vertébrés, et ont besoin d'eau pour survivre. Ils sont probablement à la recherche d'eau », a-t-elle écrit par mail. « De plus, les serpents évitent le bruit, la lumière et les perturbations, et les pièces où se trouvent des toilettes sont généralement petites et sombres et offrent de bonnes cachettes. »</p><p>Et comme les rats et les grenouilles « ont également besoin d'eau et aiment les endroits calmes et sombres », les serpents peuvent entrer dans les toilettes à la recherche d'une proie.&nbsp;</p><p>Shaffer pense cependant que la plupart des serpents trouvés dans les toilettes s'y sont probablement glissés parce qu'ils avaient peur. Si un serpent pénètre accidentellement dans la maison d'une personne, il peut essayer de trouver un endroit sombre, comme les toilettes, pour se cacher.</p><p>« Je suis pratiquement certain que [le serpent de la vidéo thaïlandaise] essayait simplement de se cacher », déclare-t-il. « Il a probablement été effrayé à l'idée de se trouver dans la maison de quelqu'un. »</p><p>Si vous voyez un serpent dans vos toilettes, restez calme, rabaissez le couvercle des toilettes et la porte de la salle de bains, et appelez l'organisme comme SOS Serpents ou les pompiers pour que l'animal soit prélevé.</p><p>« Il est facile de paniquer avec les serpents, mais je pense qu'il est également important de réaliser que les populations de serpents dans le monde entier sont vraiment en difficulté », explique M. Shaffer. « Il faut espérer que les gens n'utiliseront pas ces très rares cas de serpents entrant dans les maisons ou dans les toilettes comme une raison d'avoir encore plus peur d'eux ou de les tuer. »</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>