<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:foaf="http://xmlns.com/foaf/0.1/" xmlns:rdfs="http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xml:base="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml"><channel><title>National Geographic</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml</link><description>The latest news from National Geographic in National Geographic</description><language>fr-FR</language><lastBuildDate>Thu, 12 Mar 2026 13:22:47 GMT</lastBuildDate><ttl>3600</ttl><atom:link href="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Antigone, celle qui a dit non</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-mythologie-grece-antique-antigone-celle-qui-a-dit-non-litterature-legende</link><description><![CDATA[Œdipe est le fils de Laïos, roi de Thèbes, qui, informé par un oracle que, s'il a un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère, n'entretient aucune relation intime avec son épouse, Jocaste. Une seule fois, en état d'ébriété, il couche avec elle. Œdipe, le fils né de cette brève nuit d'amour, est immédiatement éloigné du royaume. FATAL CARREFOURAbandonné sur le mont Cithéron, il est...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 13:22:47 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-mythologie-grece-antique-antigone-celle-qui-a-dit-non-litterature-legende</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/1280px-the_plague_of_thebes.jpg?w=1600" length="315820" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Œdipe est le fils de Laïos, roi de Thèbes, qui, informé par un oracle que, s'il a un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère, n'entretient aucune relation intime avec son épouse, Jocaste. Une seule fois, en état d'ébriété, il couche avec elle. Œdipe, le fils né de cette brève nuit d'amour, est immédiatement éloigné du royaume.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5598530_0">FATAL CARREFOUR</h2><p>Abandonné sur le mont Cithéron, il est recueilli par des bergers et amené à Polybe, roi de Corinthe, qui l'élève comme un fils. Devenu adulte, Œdipe consulte l'oracle de Delphes, qui lui conseille de ne pas revenir dans sa patrie, de crainte que la prophétie, qu'elle lui révèle, ne s'accomplisse. Croyant que Polybe et Mérope, son épouse, sont ses vrais parents, il s'éloigne de Corinthe. Sur la route, à un carrefour, il se querelle avec un viel homme et le tue, ignorant qu'il s'agit de Laïos. En continuant son chemin, Œdipe arrive à Thèbes, où il affronte victorieusement la Sphinge qui terrorise la ville. En récompense, il obtient le trône de Thèbes, vacant depuis la mort de Laïos, et épouse la veuve de ce dernier, Jocaste. Ensemble, ils ont deux fils, Étéocle et Polynice, et deux filles, Antigone et Ismène.</p><p>Un jour, une épidémie de peste se déclare dans la ville. Pour la conjurer, l'oracle, une nouvelle fois consulté, ordonne d'expulser de la cité le meurtrier de Laïos. Œdipe, au cours de l'enquête qu'il mène pour le découvrir, comprend peu à peu le secret de sa naissance.</p><p>Apprenant la vérité, Jocaste, désespérée, se pend. Œdipe se crève les yeux et, accompagné d'Antigone, la seule de ses enfants à lui être restée fidèle, erre sur les routes, puis parvient à Colone, près d'Athènes, où il meurt.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5598530_1">EN MÉMOIRE DE POLYNICE</h2><p>Rentrée à Thèbes, Antigone assiste, impuissante, à la lutte que se livrent ses frères pour le trône. Étéocle ayant chassé Polynice de la ville, celui-ci revient assiéger la cité à la tête d'une armée. Les deux frères en viennent à s'affronter directement et se tuent mutuellement. Régent du royaume, Cléon, le frère de Jocaste, interdit alors que le corps de Polynice, qu'il considère comme traître à sa patrie, reçoive une sépulture.&nbsp;</p><p>Mais Antigone, qui fait prévaloir la loi divine sur les décrets humains, décide de rendre les honneurs funèbres à son frère. Surprise par les gardes du roi, elle est amenée devant Créaon qui la condamne à être emmurée vivante dans le tombeau des Labdacides, ses ancêtres. C'est en tout cas la version donnée par Eschyle dans sa tragédie <em>Les Sept contre Thèbes</em>.</p><p>Dans son <em>Antigone</em>, Sophocle donne un autre récit de la mort d'Antigone. En présence de son oncle, elle persiste à justifier son geste et l'accuse de tyrannie. Apprenant sa condamnation à être enterrée vivante, son fiancé Hémon, le fils de Créon, et le devin Tirésias interviennent auprès du roi et parviennent à infléchir la sentence. Mais Antigone, dans son tombeau, s'est déjà pendue avec sa ceinture, ce qui provoque le suicide d'Hémon et de sa mère, Eurydice, qui se tranche la gorge.&nbsp;</p><p>Incarnant la voix féminine qui souffre et qui combat face à la voix masculine de Créon qui déploie le discours supposé de la raison et celui des impératifs du pouvoir, Antigone est une héroïne dont la revendication de justice a trouvé un écho à chaque époque dans les œuvres de nombreux écrivains, dramaturges, peintres et compositeurs de musique.</p><p>À partir du 16<sup>e</sup> siècle, la traduction en latin, en italien et en français de la pièce de Sophocle suscite un regain d'intérêt pour le personnage d'Antigone. Jean Racine s'inspire du texte antique pour composer sa première tragédie en vers, <em>La Thébaïde </em>ou <em>Les frères ennemis</em>, créée en 1664 au Palais-Royal. Dans cette œuvre de jeunesse, Antigone n'apparaît pas comme une rebelle : en effet, elle se suicide par amour pour Hémon, mortellement blessé en s'interposant dans le duel entre Étéocle et Polynice. Bien plus tard, Jean Anouilh et Bertold Brecht raconteront à leur tour le destin tragique d'Antigone, propice à de nombreuses réflexions sur la justice et sur la philosophie de l'action humaine.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le nettoyage de printemps remonte à l'Antiquité</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-origines-culturelles-anciennes-nettoyage-de-printemps-remonte-a-antiquite</link><description><![CDATA[Alors que l’hémisphère nord entre dans le printemps, une envie contagieuse d’épousseter les toiles d’araignée et de mettre de l'ordre se fait sentir. Le nettoyage de printemps, qui consiste à nettoyer sa maison de fond en comble, est une tradition ancrée dans les sociétés du monde entier, qui remonte à l’Antiquité.Cette tradition revêt également une signification symbolique. Considérée comme un...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 10:34:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-origines-culturelles-anciennes-nettoyage-de-printemps-remonte-a-antiquite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nationalgeographic_2793937.jpg?w=1600" length="2306551" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Alors que l’hémisphère nord entre dans <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/pourquoi-equinoxe-annonce-t-il-arrivee-du-printemps-automne-changement-systeme-solaire">le printemps</a>, une envie contagieuse d’épousseter les toiles d’araignée et de mettre de l'ordre se fait sentir. Le nettoyage de printemps, qui consiste à nettoyer sa maison de fond en comble, est une tradition ancrée dans les sociétés du monde entier, qui remonte à l’Antiquité.</p><p>Cette tradition revêt également une signification symbolique. Considérée comme un nouveau départ, elle symbolise la transition entre la léthargie de l’hiver et la croissance dynamique du printemps. En désencombrant sa maison et en y mettant de l’ordre, on crée un espace de vie plus propre et on libère son espace mental.</p><p>«&nbsp;À chaque coup de balai et de chiffon, nous honorons une tradition qui transcende le temps, nous unissant aux générations passées dans une quête commune de renouvellement et de rajeunissement&nbsp;», raconte Danielle&nbsp;Patten, directrice des programmes créatifs et des collections au&nbsp;<a href="https://www.museumofthehome.org.uk/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Museum of the Home</a> de&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/london" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Londres</a>.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5581543_0">LES AVANTAGES DU NETTOYAGE DE PRINTEMPS</h2><p>Le comportement humain est&nbsp;<a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/17456916231178695" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">fortement influencé</a> par les cycles de la nature. Pendant les mois les plus froids, nous avons moins d’énergie à consacrer à des tâches comme un nettoyage approfondi. Nous ne sommes pas paresseux&nbsp;: le manque de lumière du jour stimule&nbsp;<a href="https://edition.cnn.com/2024/03/04/health/transition-to-daylight-saving-time-wellness/index.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">la mélatonine</a>, une hormone qui favorise l’endormissement.</p><p>«&nbsp;À cause de cette importante production de mélatonine, nous avons plus de mal à nous mettre à la tâche. Au changement de saison, notre apathie diminue, nous retrouvons de l’énergie et nous trouvons la motivation pour nous lancer dans un grand nettoyage de notre espace de vie&nbsp;», explique&nbsp;<a href="https://www.eloiseskinner.com/therapy" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Eloise Skinner</a>, autrice et psychothérapeute. «&nbsp;Lorsque nous donnons un coup de frais à notre environnement, nous pouvons avoir l’impression d’entamer un nouveau départ, ou de ressentir un regain d’énergie et d’ambition.&nbsp;»</p><p>Des études ont également démontré que le ménage pouvait être&nbsp;<a href="https://www.news-medical.net/health/Investigating-the-Link-between-Cleaning-and-Mental-Health.aspx#:~:text=Research%20has%20demonstrated%20that%20cleaning,activity%20is%20the%20most%20notable" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">thérapeutique</a>, comme en témoigne la nouvelle génération de «&nbsp;<a href="https://www.telegraph.co.uk/interiors/home/rise-of-the-cleanfluencers-laura-mountford/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>cleanfluencers</em></a>&nbsp;» (contraction des mots anglais <em>clean</em> et <em>influencer</em>, soit les influenceurs ménage) qui prend d’assaut les réseaux sociaux. Des millions de personnes les regardent fourrager des maisons crasseuses et donner des conseils de nettoyage.</p><p>«&nbsp;Lorsque nous faisons le ménage, nous devons souvent être présents à la tâche, ce qui peut nous amener à vivre le moment présent et à nous sentir plus conscients, plus engagés et plus observateurs. Sans oublier que le caractère répétitif de l’activité peut avoir des effets apaisants&nbsp;», explique Skinner.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5581543_1">DES ORIGINES RELIGIEUSES ET CULTURELLES&nbsp;</h2><p>On trouve l’une des premières références à un grand nettoyage dans la tradition juive de la <a href="https://www.nationalgeographic.com/premium/article/passover-feast-jewish-holiday-ancient-empire-babylon-egypt" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Pâque</a>, dite Pessa’h, qui a lieu chaque année en mars ou en avril. Les juifs enlèvent toute trace de <em>hametz</em>, ou pain levé, qui est interdit pendant la fête. Cette chasse au <em>hametz</em> symbolise la hâte avec laquelle&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/pessah-la-fete-juive-qui-celebre-la-resilience-face-a-ladversite">les Israélites ont fui l’Égypte</a>, incapables d’attendre que leur pain lève avant leur voyage vers la liberté.</p><p>De même, les catholiques nettoient les autels dans les églises&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/topic/Maundy-Thursday" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">le Jeudi saint</a> avant le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/article/150404-pictures-easter-bunny-eggs-good-friday-holiday" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Vendredi saint</a>, qui a lieu chaque année au printemps, en mars ou en avril. Pour les Iraniens, <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/tradition-fete-norouz-celebrer-le-printemps-nouvelle-annee-du-calendrier-persan">Norouz</a>, célébré vers l’équinoxe de printemps en mars, nécessite de suivre une tradition appelée khane-takani, soit littéralement le fait de «&nbsp;secouer la maison&nbsp;». Pour se préparer à cette fête vieille d’environ 3 000&nbsp;ans, qui remonte au zoroastrisme, l’une des premières religions monothéistes du monde, ils lavent leurs vêtements, les couvertures et les textiles.</p><p>En&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/china" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Chine</a>, avant le&nbsp;<a href="https://archive.nytimes.com/well.blogs.nytimes.com/2009/01/26/cleaning-up-for-chinese-new-year/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nouvel An lunaire</a>, il est courant de nettoyer la maison pour la purifier de la malchance et du malheur. Ce rituel de nettoyage traduit littéralement par «&nbsp;balayer la poussière&nbsp;», fait place à la chance et à la prospérité pour la nouvelle année, explique Patten. Ce nettoyage doit être effectué avant la fête, généralement en janvier ou février, car faire le ménage après les festivités serait synonyme de perte de chance. En&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/thailand" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Thaïlande</a>, pendant la fête du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/calendar-new-year-celebrations-around-world" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Songkran</a>, en avril, il est de coutume de procéder à un grand nettoyage dans les maisons, les écoles et les espaces publics pour les purifier avant le Nouvel An thaïlandais. Les Thaïlandais se jettent de l’eau dans les rues pour se débarrasser de la malchance de l’année précédente et aspergent également les statues de Bouddha pour s’assurer la bonne fortune pour l’année à venir.</p><p>Bien que le concept de nettoyage de printemps précède la technologie moderne, des progrès tels que l’électricité et les appareils ménagers ont influencé sa pratique. Par exemple, avant l’arrivée de l’électricité, on utilisait le feu provenant de la combustion du charbon, du pétrole et du bois pour s’éclairer et se chauffer, ce qui occasionnait une quantité importante de suie. Les fenêtres étaient solidement fermées pour éviter qu’un courant d’air mortel ne s’engouffre dans les habitations.</p><p>Au printemps, il était pragmatique d’ouvrir les fenêtres pour aérer les maisons, enlever la saleté et réparer les dégâts survenus pendant les mois d’hiver. Depuis, des inventions telles que l’aspirateur, la machine à laver et les produits d’entretien ont rendu le processus plus efficace et plus commode, permettant un nettoyage plus poussé et plus complet des espaces de vie.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ce serpent est parvenu à s'échapper de la gueule de la couleuvre qui l'avait avalé </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/predation-comment-ce-serpent-est-il-parvenu-enfuir-de-la-gueule-de-la-couleuvre-avait-avale</link><description><![CDATA[Cette mystérieuse affaire a eu lieu en 2011, sur l'île grecque de Corfou. Un serpent est parvenu, chose incroyable, à s'échapper de la gueule d'un serpent beaucoup plus grand qui l'avait avalé tout entier.Cette couleuvre de Dahl (Platyceps najadum), a réussi à s'échapper de la gueule de son prédateur, une couleuvre à quatre raies (Elaphe quatuorlineata), répandue en Grèce, elle-même tuée plus...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 09:45:33 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/predation-comment-ce-serpent-est-il-parvenu-enfuir-de-la-gueule-de-la-couleuvre-avait-avale</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/87945.jpg?w=1600" length="1442335" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Cette mystérieuse affaire a eu lieu en 2011, sur l'île grecque de Corfou. Un serpent est parvenu, chose incroyable, à s'échapper de la gueule d'un serpent beaucoup plus grand qui l'avait avalé tout entier.</p><p>Cette couleuvre de Dahl (<em>Platyceps najadum</em>), a réussi à s'échapper de la gueule de son prédateur, une couleuvre à quatre raies (<em>Elaphe quatuorlineata</em>), répandue en Grèce, elle-même tuée plus tard par un chat domestique.</p><p>Le propriétaire du chat, le Néerlandais Dick Mulder, a filmé l'événement dans sa maison de Corfou, après avoir récupéré le serpent mort dans son jardin.</p><p>« Ma femme, qui n'aimait pas l'idée d'un serpent mort sur sa véranda, a crié que le serpent n'était pas mort - elle venait de le voir bouger » a-t-il déclaré. « Je l'ai rassurée en lui disant qu'il était vraiment mort », se souvient M. Mulder... jusqu'à ce qu'il y regarde de plus près.</p><p>« Je suis allé chercher mon appareil photo et quand je suis revenu, j'ai vu la tête d'un petit serpent. »&nbsp;</p><p>La couleuvre de Dahl s'est finalement libérée et est retournée dans la nature, apparemment indemne.</p><p>« Pour autant que je sache, il n'a pas croisé son sauveur, Demon le Chat », a plaisanté Mulder.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5568951_0">UNE AFFAIRE COMPLEXE</h2><p>Andrew Gray, conservateur d'herpétologie au musée de Manchester, au Royaume-Uni, a rapporté pour la première fois cet étrange incident en janvier 2015.</p><p>M. Gray, spécialiste des serpents de Corfou, estimait que la spectaculaire échappée du plus petit serpent était rare. Il ne connaît qu'un seul autre exemple de serpent s'échappant après être devenu le dernier repas d'un autre - dans ce cas, le reptile s'était extirpé de la blessure d'un serpent abattu par des chasseurs.</p><p>Il est également inhabituel qu'une couleuvre de Dahl réussisse à sortir de la bouche d'un serpent mort, étant donné que les serpents avalent généralement leur proie en commençant par la tête, « en particulier pour les rongeurs dont les pattes peuvent se mettre en travers du chemin », souligne Gray. Cela dit, « il s'agissait d'un petit serpent, qui a donc probablement été mangé de la manière dont il se présentait ».</p><p>Et si la couleuvre de Dahl a dû faire demi-tour dans le ventre de son prédateur pour s'échapper, Gray estime qu'elle était « suffisamment petite et agile pour réaliser ce tour ».</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5568951_1">COMMENT A-T-IL SURVÉCU ?</h2><p>Agile ou non, comment un serpent pourrait-il survivre à l'intérieur d'un autre ? La seule réponse est que le plus gros serpent venait de manger sa proie avant que le chat n'intervienne.</p><p>Dans le cas contraire, les effets des fluides digestifs du plus gros serpent auraient été fatals au plus petit, une cause de décès plus probable que la suffocation ou l'écrasement par constriction, compte tenu de la minceur du serpent proie.</p><p>Le serpent dévoré a également eu la chance d'être la proie d'une couleuvre à quatre raies, le plus grand serpent originaire d'Europe dont la morsure n'est pas venimeuse.</p><p>Dans l'ensemble, il s'agit donc d'un serpent très chanceux, qui doit son salut à un chat. Avec neuf vies, il pouvait peut-être se permettre d'en partager une.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Kraken : le calamar géant qui a fait trembler les mers</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/legende-mythe-monstre-marint-kraken-le-calamar-geant-qui-a-fait-trembler-les-mers</link><description><![CDATA[Les chroniques et les sagas nordiques du Moyen-Âge décrivent un terrifiant monstre marin qui faisait la taille d’une île et se déplaçait dans les mers séparant la Norvège de l’Islande. Au XIIIe siècle, la saga islandaise Örvar-Oddr parle du « monstre le plus grand de la mer », capable d’avaler « des hommes, des bateaux et même des baleines ».Cette intrigante apparition revient dans des textes...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 08:36:00 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/legende-mythe-monstre-marint-kraken-le-calamar-geant-qui-a-fait-trembler-les-mers</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/iStock-933906804.jpg?w=1600" length="2481335" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les chroniques et les sagas nordiques du Moyen-Âge décrivent un terrifiant monstre marin qui faisait la taille d’une île et se déplaçait dans les mers séparant la Norvège de l’Islande. Au XIIIe siècle, la saga islandaise Örvar-Oddr parle du « monstre le plus grand de la mer », capable d’avaler « des hommes, des bateaux et même des baleines ».</p><p>Cette intrigante apparition revient dans des textes ultérieurs, comme la chronique du Suédois Olaus Magnus, qui décrit au XVIe siècle de colossales créatures, capables de couler un bateau. Ce type de récits continue de circuler au XVIIIe siècle, époque à&nbsp;laquelle ce monstre commence à être connu sous le nom de <em>kraken</em>, un terme norvégien désignant une réalité pour le moins fantasque. Dans son <em>Histoire naturelle de la Norvège</em> (1752), Erik Ludvigsen Pontoppidan, évêque de Bergen, décrit en effet le kraken comme « une bête d’un mille et demi de long qui, si elle s’accroche au plus grand navire de guerre, le fait couler jusqu’au fond » et précise qu’il « vit dans les fonds marins, dont il ne remonte qu’une fois réchauffé par les feux de l’enfer ».</p><p>Pourtant, ces descriptions ne sortaient pas totalement de l’imagination de leurs auteurs. Erik Ludvigsen Pontoppidan nota par exemple&nbsp;que « les décharges de l’animal troublaient l’eau » ; il pourrait donc s’agir d’un calamar géant. L’histoire du kraken est liée aux péripéties vécues dans des mers inconnues par des marins qui les relataient à leur retour. Si les marins nordiques s’étaient limités à l’Atlantique Nord, l’entrée dans la modernité a toutefois étendu le champ d’observation à l’ensemble du Pacifique.</p><p>Certains marins ont parlé d’un « diable rouge », un calamar qui attrapait et dévorait des naufragés ; d’autres ont évoqué des animaux marins insatiables, mesurant de 12 à 13 m de longueur. La succession de témoignages d’officiers de marine racontant&nbsp;avoir été confrontés à ces créatures déconcertait les scientifiques. Si le célèbre naturaliste suédois Carl von Linné, le père de la taxonomie moderne, inclut le kraken dans son <em>Systema naturae</em> (1735), la plupart des scientifiques n’étaient pas prêts à assumer l’existence du terrible monstre nordique.</p><p>Le sort injuste que subit le Français Pierre Denys de Montfort illustre cette fermeture d’esprit. Dans son <em>Histoire naturelle générale et particulière des mollusques</em>, le naturaliste consigna en 1801 l’existence des animaux « [les plus grands] de la Nature quant à notre planète » : le « poulpe colossal » et le « poulpe kraken ». Il se fondait sur des récits nordiques et des témoignages de marins contemporains, qu’il mit en relation avec un animal similaire cité par le naturaliste romain Pline l’Ancien. Il inclut dans son oeuvre une illustration représentant l’attaque d’un navire par un poulpe géant au large de l’Angola, qui devint l’image&nbsp;emblématique du kraken, mais suscita le rejet unanime de la communauté scientifique et le discrédita à vie.</p><p>Or, les témoignages sur l’existence de cet animal légendaire continuaient à se succéder. Le capitaine de baleinier Frank Bullen raconta ainsi qu’il avait sans l’ombre&nbsp;d’un doute assisté au combat d’un « énorme cachalot » avec un « gigantesque calmar ». Selon sa description, les yeux de l’animal étaient situés à la base de ses tentacules, corroborant l’idée qu’il s’agissait plutôt d’un calamar (pieuvre et poulpe possédant des bras, mais pas de tentacules).</p><p>L’épisode qui marqua un tournant dans l’histoire des calamars géants se produisit en 1861, lorsque le navire&nbsp;français Alecton se trouva confronté à un céphalopode de 6 m de long au nord-est de Ténériffe, dans l’Atlantique. Son commandant, le capitaine de frégate Frédéric Bouyer, relata cette rencontre dans un rapport qu’il soumit à l’Académie des sciences : l’animal « semblait vouloir éviter le navire », mais le capitaine se disposa à le chasser en lui lançant des harpons et en lui tirant des coups de&nbsp;fusil. Il ordonna même de le « garrotter […] et de l’amener le long du bord », mais la créature finit par s’enfoncer dans les profondeurs. Frédéric Bouyer conserva ainsi un morceau du calamar, qu’il fit parvenir au prestigieux biologiste Pierre Flourens.</p><p>Le calamar géant devint un personnage littéraire à part entière au travers d’œuvres telles que <em>Les Travailleurs de la mer</em> de Victor Hugo ou <em>Vingt Mille Lieues sous les mers </em>de Jules Verne. Toujours avide de nouvelles découvertes scientifiques, Jules Verne décrivit dans son roman l’épisode de l’Alecton et toutes les références&nbsp;mythiques et historiques à l’animal ; il y inclut aussi l’attaque d’un calamar contre le Nautilus lui-même. Les scientifiques analysèrent pour leur part les témoignages de marins et les restes de calamars récupérés en mer ou échoués, et conclurent&nbsp;qu’il s’agissait d’une espèce particulière, qu’ils baptisèrent Architeuthis dux.</p><p>Le mystère continue de planer autour de cet animal. On ne sait presque rien de son cycle de vie ni de ses habitudes, ni même s’il s’agit d’une seule espèce de calamar. Seules une équipe de scientifiques japonais et une chaîne nord-américaine ont pu le filmer de manière brève respectivement en 2006 et 2012. On sait malgré tout que les mâles mesurent environ 10 m de long et les femelles 14. Son oeil, le plus grand du règne animal, peut mesurer jusqu’à 30 cm de diamètre.</p><p>L’habitat de cet animal se situe dans des profondeurs extrêmes, surtout dans l’océan Pacifique, mais aussi dans l’Atlantique. Il trouve par exemple refuge dans le canyon d’Avilés, à 5 000 m de profondeur au large des Asturies. Habitués à en rencontrer lorsqu’ils partent en mer, les pêcheurs locaux n’ont guère accordé d’importance à la controverse autour&nbsp;de son existence. Cet animal leur est si familier qu’ils lui ont même donné un nom : le peludín (« petit velu ») ; un musée, qui lui est consacré, a par ailleurs ouvert ses portes en 1997 à Luarca, sur la côte des Asturies.</p><p>Qu’on l’appelle peludín ou Architeuthis dux, on sait désormais avec certitude que cet animal existe, même s’il n’est pas aussi sauvage que la créature sortie de l’imagination nordique et des bestiaires de la Renaissance. Il est désormais si réel que seuls notre abandon de l’exploration sous- marine et l’absence de progrès de la science entravent encore&nbsp;son étude et la connaissance que nous en avons. D’ici là, le mystère qui l’entoure continuera d’alimenter des légions de cryptozoologues résolus à ressusciter le kraken, mais aussi les créatures les plus romantiques de nos vieilles légendes marines.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le serpent roi noir du Mexique : un redoutable prédateur non venimeux</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-reptiles-le-serpent-roi-noir-du-mexique-un-redoutable-predateur-non-venimeux</link><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:02:49 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-reptiles-le-serpent-roi-noir-du-mexique-un-redoutable-predateur-non-venimeux</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/serpent-mexique.png?w=1600" length="3041900" type="image/png"/></item><item><title>Au Laos, le bouddhisme est un pilier de l'identité</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-religion-au-laos-le-bouddhisme-est-un-pilier-de-lidentite</link><category>Voyage</category><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 06:02:22 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-religion-au-laos-le-bouddhisme-est-un-pilier-de-lidentite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/6-moines-essor.png?w=1600" length="2888727" type="image/png"/></item><item><title>Baisse de la fertilité masculine : démêler les causes réelles des idées reçues</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/baisse-de-fertilite-masculine-demeler-les-causes-reelles-des-idees-recues</link><description><![CDATA[Sur YouTube, un influenceur aux millions d’abonnés pose un diagnostic pour expliquer la chute de la fertilité chez les hommes. Selon lui, les responsables seraient les téléphones portables, surtout lorsqu’ils se trouvent dans la poche avant des pantalons. Un biohacker, suivi par des millions de personnes sur Instagram, désigne un autre coupable : « l’infertilité est surtout causée par les...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 18:33:56 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/baisse-de-fertilite-masculine-demeler-les-causes-reelles-des-idees-recues</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/c0487801-50mb.jpg?w=1600" length="1116369" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Sur YouTube, un influenceur aux millions d’abonnés pose un diagnostic pour expliquer la chute de la fertilité chez les hommes. Selon lui, les responsables seraient les téléphones portables, surtout lorsqu’ils se trouvent dans la poche avant des pantalons. Un <a href="https://www.youtube.com/shorts/OK6GyLJNMWo" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">biohacker</a>, suivi par des millions de personnes sur <a href="https://www.instagram.com/humangarage/?hl=en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Instagram</a>, désigne un autre coupable : « l’infertilité est surtout causée par les véhicules électriques. » Des millions de personnes visionnent et apprécient des vidéos comme celles-ci. Elles donnent l’impression que la fertilité masculine est mise à mal par la technologie moderne. Le secret pourrait donc frevenir à éviter de transporter son téléphone dans sa poche et de ne pas conduire ou monter dans une voiture électrique. La réalité est toutefois plus complexe que cela. Et les études en cours ne montrent aucun lien entre les téléphones portables, les véhicules électriques et la baisse de la fertilité.</p><p>Certes, les experts s’accordent généralement sur le fait que la fertilité masculine décline, mais les urologues et les épidémiologistes ne parviennent pas à isoler une cause unique. Les experts insistent également sur un point&nbsp;: on ignore encore si cette baisse partielle ou aussi grave que ce que les influenceurs dépeignent. Les études existantes pointent plusieurs causes potentielles, telles que de meilleures méthodes de dépistage, les effets environnementaux, comme l’exposition à la chaleur, la consommation d’alcool et l’obésité.</p><p>Si les réseaux sociaux ne tiennent pas compte de l’approche mesurée des experts face à la fertilité masculine, la vérité est bien plus complexe.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5612087_0">SPERMATOZOÏDES ET FERTILITÉ</h2><p>Les discussions autour de la fertilité peuvent donner le tournis, mais le contexte est primordial. Dans le bureau d’un urologue, la fertilité masculine correspond à la capacité individuelle d’un homme à concevoir. Lorsque les démographes et les gouvernements se réfèrent au taux de fertilité, ils calculent le nombre de naissances et le comparent au nombre de femmes en âge de procréer. Ce calcul ne prend pas en compte la fertilité individuelle ou le désir d’un individu d'avoir des enfants.</p><p>La fertilité globale, le nombre de naissances, a chuté. <a href="https://www.researchgate.net/scientific-contributions/Allan-Pacey-39380616" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Allan Pacey</a>, doyen adjoint de la faculté de biologie, de médecine et de santé de l’université de Manchester, étudie la santé reproductive masculine depuis plus de trente&nbsp;ans. Pour lui, l’utilisation accrue des moyens de contraception, le fait que les hommes attendent plus longtemps avant d’avoir des enfants ou encore, que certains ne manifestent pas l’envie de devenir pères, pourrait en partie expliquer ce déclin.</p><p>Le nombre de spermatozoïdes et leur qualité sont, sont quant à eux affectés par d'autres facteurs. Quand on parle de fertilité masculine, et notamment en ligne, le nombre de spermatozoïdes et la fertilité sont des concepts souvent confondus. Les études sur le nombre de spermatozoïdes et leur qualité peuvent être complexes à analyser à cause de résultats contradictoires. Les experts du domaine ne sont pas parvenus à « convaincre le public qu’il s’agit d’une question importante », et cela fait partie du problème, estime Allan Pacey. « Par conséquent, nous sommes dans le brouillard et ne pouvons pas distinguer le vrai du faux. » Selon lui, le déclin de la fertilité masculine est le résultat d’une précision accrue des analyses de sperme.</p><p>« En améliorant les méthodes de dénombrement, on obtient des valeurs plus basses, car les mauvaises approches surestiment toujours le nombre [de spermatozoïdes] », explique le scientifique. Il avance que le nombre de spermatozoïdes ne baisse pas, mais que nous avons simplement « <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3739163/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">changé de lunettes</a> » alors que la technologie, le niveau d’éducation et les contrôles qualité se sont améliorés.</p><p>Une <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6455044/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">méta-analyse</a> largement diffusée en 2017 et publiée dans la revue scientifique <em>Oxford Journals: Human Reproduction Update</em> continue d’alimenter le débat actuel autour de la fertilité masculine. Cette étude avait annoncé que le nombre de spermatozoïdes dans les pays occidentaux avait diminué de presque 60&nbsp;% à l’échelle mondiale depuis 1973. En 2023, une mise à jour fournie par les mêmes auteurs a confirmé cette découverte et un déclin de la fertilité masculine en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Afrique et en Asie. L’épidémiologiste Hagai Levine, le principal auteur de cette étude, a averti que, si l’on ne faisait rien, cette tendance pourrait mener à l’extinction de l’humanité.</p><p>« C’est le canari dans une mine de charbon », dit-il. « Cela signifie que quelque chose ne va vraiment pas dans notre environnement actuel. La diminution du nombre de spermatozoïdes annonce la morbidité et la mortalité. »</p><p>Bien que son avertissement puisse sembler de mauvais augure, des études rétrospectives l’ont contredit. En 2025, la Cleveland Clinic a annoncé qu’il n’y avait <a href="https://consultqd.clevelandclinic.org/no-cause-for-panic-as-sperm-counts-found-to-be-steady" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">aucune raison de paniquer</a> après la publication d’une revue systématique montrant que le nombre de spermatozoïdes restait constant. Les scientifiques ont analysé des études publiées au cours des cinquante-trois dernières années. « Aucune preuve ne suggère que ce déclin est la cause d’une baisse drastique de nos capacités&nbsp;à enfanter », rassure Scott Lundy, urologue spécialisé en reproduction de la Cleveland Clinic et principal auteur de l’étude. « La plupart des hommes, même avec un nombre modeste de spermatozoïdes, ne rencontreront aucun problème à concevoir. »</p><p>Malgré ces découvertes, la prévalence du facteur de l’infertilité masculine, l’incapacité à concevoir, doit être reconnue, déclare Scott Lundy. Un couple sur six dans le monde est infertile. Et pour la moitié de ces couples, l’infertilité est masculine. Mais aucune preuve ne suggère qu'un déclin du nombre de spermatozoïdes mènerait à une baisse spectaculaire de notre capacité à concevoir.</p><p>Une méta-analyse, publiée dans la revue scientifique <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36709405/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Andrology</em></a>, ne rapporte aucun changement d’importance dans le taux de spermatozoïdes dans les pays d’Europe occidentale et aux États-Unis entre 1993 et 2018. Toutefois, ces découvertes n’ont pas attiré l’attention du public, comme l’a fait l’étude de Hagai Levine. Elles n’ont d’ailleurs pas été aussi diffusées.</p><p>Une grande partie des preuves attestant d’une crise de la fertilité masculine repose sur des études rétrospectives, comme le souligne Allan Pacey. Dans le cadre de telles études, des données préexistantes provenant de sources disparates sont combinées et analysées avant que les chercheurs ne tentent de « tracer une ligne » pour déterminer une tendance. Selon lui, c’est une approche « qui présente, par définition, des défauts » qui demande d’émettre des hypothèses sur les données.</p><p>Les études prospectives sur le nombre de spermatozoïdes sont plus rares, et plus onéreuses, car elles demandent de suivre des participants sur une durée souvent longue, au lieu d’analyser des données déjà existantes. Mais elles ont tout de même lieu. Des chercheurs danois ont conduit une <a href="https://academic.oup.com/humrep/article/33/6/998/4967751" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude</a> prospective auprès de 6 000&nbsp;jeunes hommes en 2018 et n’ont trouvé aucun changement important dans le nombre de spermatozoïdes. Allan Pacey affirme que plus d’études prospectives sont nécessaires pour le confirmer. Celles-ci permettraient de mieux comprendre l’ampleur et les causes de la baisse du nombre de spermatozoïdes.</p><p>« Malheureusement, notre domaine en général est rongé par les données de mauvaise qualité », déplore Scott Lundy. « Une partie de mon travail consiste à mener plus d’études de haute qualité pour répondre à ces questions. Ne pas avoir de réponses à apporter est une source de frustration pour nous tous. »</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5612089_0">LES MICROPLASTIQUES, LA CIGARETTE ET LES TÉLÉPHONES SONT-ILS DANGEREUX ?</h2><p>Les facteurs liés au mode de vie, comme la cigarette, la forte consommation d’alcool ou de marijuana, contribuent au déclin de la fertilité. Lorsqu’un patient est fumeur, Scott Lundy est capable d’identifier des cellules présentes dans ses échantillons de sperme ; un résultat direct d’inflammation due à la fumée de cigarette. Les médecins recommandent souvent de changer ses habitudes, d’arrêter de fumer, de faire du sport, de perdre du poids et de réduire sa consommation d’alcool, afin d’améliorer son niveau de fertilité. Évidemment, d’autres facteurs contribuent à la baisse de la fertilité, des facteurs environnementaux, par exemple, mais, comme avec beaucoup d’études menées dans ce domaine, les résultats varient.</p><p>Les réseaux sociaux citent souvent les microplastiques, car on en a bel et bien retrouvés dans les <a href="https://www.theguardian.com/environment/article/2024/may/20/microplastics-human-testicles-study-sperm-counts" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">testicules</a>, mais on ignore encore quels effets cela entraîne. Ces études inquiètent moins Scott Lundy, qui les décrit comme étant « limitées par leur méthodologie ». Récemment, les <a href="https://www.theguardian.com/environment/2026/jan/13/microplastics-human-body-doubt" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">études</a> montrant des microplastiques dans le corps humain, y compris dans les testicules, ont été remises en question en raison de faux positifs.</p><p>On a beaucoup plus de preuves que les perturbateurs endocriniens (PE) altèrent la fertilité masculine, continue Scott Lundy. Ces substances, que l’on trouve dans beaucoup de plastiques réutilisables et dans des produits jetables, sont associées à des altérations des spermatozoïdes. Les mécanismes et l’échelle des effets des PE sur la santé reproductive sont <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12565704/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en cours d’étude</a>.</p><p>En fin de compte, les facteurs environnementaux et génétiques « s’additionnent d’une manière synergétique » qui affecte la fertilité, déclare le scientifique.</p><p>Certains de ces mêmes influenceurs qui mettent en garde contre les risques engendrés par les téléphones portables sur le nombre de spermatozoïdes vantent également les mérites des thérapies de remplacement de la testostérone (TRT). Les thérapies de remplacement de la testostérone peuvent, en effet, traiter un grand nombre de symptômes, dont la dysfonction sexuelle. Toutefois, les hommes y ont de plus en plus accès via des vendeurs qui ne précisent pas toujours les effets que le traitement engendre sur la fertilité masculine.</p><p>Les hommes qui prennent de la testostérone ont, le plus souvent, un nombre de spermatozoïdes égal à zéro, explique Scott Lundy. La plupart des hommes dont le traitement est supervisé par un médecin peuvent récupérer une partie ou une majorité de leur production de spermatozoïdes s’ils arrêtent le traitement. Cependant, le nombre de spermatozoïdes pourrait ne jamais atteindre le niveau qu’il avait avant le début de la thérapie de remplacement de la testostérone.</p><p>Certains médecins ne connaissent pas les effets de la testostérone sur la fertilité. Un sondage, mené en <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22264467/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">2012</a> auprès d’urologues, a montré que 25&nbsp;% d’entre eux prescrivaient de la testostérone à un patient infertile qui tentait de concevoir. « Nous ignorons s’ils avaient bien lu le sondage ou s’ils étaient mal informés. Mais qu’un urologue déclare cela est, sans aucun doute, profondément problématique », déclare Scott Lundy.</p><p>« En tant qu’experts, nous devons mieux agir pour diffuser les bonnes informations et déterminer comment mieux les communiquer, à la fois aux prescripteurs et aux patients », affirme-t-il.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5612089_1">LES MYTHES SUR L'INFERTILITÉ</h2><p>Certaines des idées reçues en rapport avec les problèmes de fertilité ne sont pas prouvées. « Le téléphone dans la poche est un exemple courant », explique Scott Lundy. Cela pourrait affecter la fertilité, mais aucune donnée ne l’atteste encore. Les obstacles à la fertilité masculine se résument souvent à un poids trop important et un mode de vie qui pourrait être plus sain. Scott Lundy croit qu’une baisse subtile du nombre de spermatozoïdes s’est produite au fil du temps, ce qui montre que « dans notre société, la santé générale empire ».</p><p>De façon similaire, « les inflammations systémiques, les infections ou les maladies peuvent entraîner des effets importants et profonds sur le statut actuel de la fertilité », explique Scott Lundy. Par exemple, le nombre de spermatozoïdes d’un homme qui a récemment souffert de la grippe ou du COVID sera beaucoup plus bas durant environ trois mois. C’est la durée nécessaire à la production de nouveaux spermatozoïdes. Au cours d’un épisode de fièvre, la température du corps augmente, y compris dans les testicules, ce qui peut affecter la production de spermatozoïdes.</p><p>« Parfois, nous rencontrons des hommes qui sortent d’une grippe et qui s’inquiètent de leur fertilité. Leurs résultats montrent des paramètres spermatiques médiocres », continue Scott Lundy. « Nous les réexaminons trois mois plus tard et tout est revenu à la normale. »</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5612089_2">STIGMATES ET SOLUTIONS</h2><p>Pour beaucoup d’hommes, exprimer son inquiétude quant à sa fertilité peut être complexe. « Ce qu’il se passe, c’est que nous décourageons les hommes à exprimer leur inquiétude et leur suggérons de garder pour eux leurs émotions et leurs sentiments », déplore Scott Lundy. Paradoxalement, remarque-t-il, le stress peut avoir des conséquences néfastes sur la fertilité. Mais des solutions existent pour évaluer et parler de l’infertilité masculine.</p><p>Avoir une conversation avec un urologue peut paraître inquiétant pour deux raisons. La première, c’est qu'on compte peu d’urologues spécialistes en reproduction avec ce niveau de connaissances à jour. La deuxième raison concerne le stigmate lié à la part masculine de l’infertilité.</p><p>Au lieu de cela, les hommes se tournent vers Internet pour des examens virtuels ou pour faire analyser leur sperme par correspondance. Scott Lundy ne critique pas ces options, car elles peuvent ouvrir le dialogue. Si les tests de sperme par correspondance ou les autres options à faire chez soi offrent discrétion et résultats rapides, ils <a href="https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/low-sperm-count/expert-answers/home-sperm-test/faq-20057836" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ne prennent pas en compte</a> la liste exhaustive des facteurs de santé spermatique qu’un urologue analyserait.</p><p>Pour les hommes souffrant d’infertilité, plusieurs voies de traitement sont possibles. La gonadotrophine chorionique humaine (HCG) est une injection qui « piège » les testicules et leur fait produire du sperme. Cela peut restaurer un degré de fertilité chez les patients suivant une thérapie de remplacement de la testostérone ou souffrant de certains maux, comme l'hypogonadisme hypergonadotrope. Les modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM) sont des médicaments oraux utilisés pour traiter le cancer du sein et - souvent hors autorisation de mise sur le marché - pour traiter l’infertilité masculine et la faible production de testostérone, ou hypogonadisme.</p><p>Les inhibiteurs de l’aromatase, également développés pour traiter le cancer du sein, sont une autre forme de médication orale utilisée pour améliorer la fertilité masculine. Il y a environ 10&nbsp;% de risques que les inhibiteurs de l’aromatase provoquent un déclin de la fertilité, avertit Scott Lundy. Et prédire qui subira les effets de cette réaction est aujourd’hui impossible. C’est pourquoi les hommes doivent suivre ce traitement sous contrôle médical.</p><p>La varicocélectomie est une opération commune que Scott Lundy effectue des centaines de fois par an. Lorsqu’un réseau de veines au-dessus des testicules, le plus souvent le gauche, se dilate au cours de la puberté, on appelle cela une varicocèle. Près de 15&nbsp;% <a href="https://www.hopkinsmedicine.org/health/conditions-and-diseases/varicocele" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">des hommes</a> en ont une, et beaucoup ne manifestent aucun symptôme. Elle peut cependant entraîner une infertilité et certains ne découvrent leur varicocèle que lorsqu’ils ont des problèmes pour concevoir. En 2024, Scott Lundy et son équipe ont multiplié par 100 les chances de conception d’un couple en réparant une varicocèle bilatérale. Un <a href="https://www.cbsnews.com/news/ohio-dad-male-infertility-experience/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bébé en bonne santé</a> est né quelques mois après.</p><p>« Nous avons de nombreuses options. Je pense que nous aimerions tous avoir plus d’outils, mais nous avons la possibilité d’aider beaucoup d’hommes qui viennent en consultation », conclut Scott Lundy.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Marie Stuart : martyre ou manipulatrice ? Le destin d’une reine en sursis</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ecosse-marie-stuart-martyre-ou-manipulatrice-le-destin-une-reine-en-sursis</link><description><![CDATA[Rares sont les femmes au cours de l’histoire à avoir été une source d’inspiration aussi importante pour la littérature et l’art que Marie Stuart. Sa vie a captivé les artistes à travers les siècles, comme en attestent la pièce de théâtre de Friedrich von Schiller, l’opéra de Gaetano Donizetti ou encore les innombrables films et biographies sur la souveraine écossaise. Dans une biographie écrite...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 16:41:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ecosse-marie-stuart-martyre-ou-manipulatrice-le-destin-une-reine-en-sursis</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/mary5.jpg?w=1600" length="2099329" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Rares sont les femmes au cours de l’histoire à avoir été une source d’inspiration aussi importante pour la littérature et l’art que Marie&nbsp;Stuart. Sa vie a captivé les artistes à travers les siècles, comme en attestent la pièce de théâtre de Friedrich&nbsp;von&nbsp;Schiller, l’opéra de Gaetano&nbsp;Donizetti ou encore les innombrables films et biographies sur la souveraine écossaise. Dans une biographie écrite par Stefan&nbsp;Zweig, l’auteur autrichien fait remarquer que la vie de Marie et sa force de caractère ont été façonnées par la controverse dont elle faisait l’objet depuis sa naissance&nbsp;: «&nbsp;Il ne lui a jamais été permis de développer son égo sans entrave. Pendant toute sa vie, elle a été un pion politique, reine ou héritière du trône, alliée ou ennemie, mais jamais un simple enfant, une fille ou une femme&nbsp;». Deux rôles opposés ont été attribués à Marie&nbsp;Stuart&nbsp;: martyr aux yeux de l’Église catholique&nbsp;; hérétique aux yeux des anglicans. Paradoxalement, ce que les historiens savent de sa vie obscurcit la vérité à son sujet.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5612058_0"><strong>UNE ENFANCE PASSÉE EN FRANCE</strong></h2><p>La vie de Marie&nbsp;Stuart a été inextricablement liée à la lutte pour le pouvoir dès son tout premier souffle. Née en&nbsp;1542 à Linlithgow Palace, Marie perd son père, Jacques V, quelques jours après sa venue au monde et devient reine d’un royaume en sang, frappé par les rivalités entre les clans et la menace grandissante d’une annexion par les Anglais. Avant sa mort, après avoir appris qu’il venait d'avoir une fille, le roi Jacques aurait eu les mots prophétiques qui suivent&nbsp;: «&nbsp;Elle est arrivée avec une femme et elle partira avec une femme&nbsp;», prévoyant ainsi que la couronne serait perdue lorsqu’une femme serait sur le trône.</p><p>Marie devint rapidement un enjeu politique pour les monarques d’Angleterre et de France. Henri&nbsp;VIII, son grand-oncle par alliance, voulait la marier à son fils pour unir les maisons Tudor et Stuart. Mais la mère de Marie, Marie de Guise, une femme de la noblesse française et fervente catholique qui détestait les Anglais, préféra une alliance avec l’héritier du royaume de France, Henri&nbsp;II.</p><p>En&nbsp;1548, alors qu’elle n’avait que cinq ans, Marie fut donc envoyée en France pour être élevée par la cour française. Là-bas, elle reçut une éducation humaniste de la Renaissance. Pour ne pas oublier ses racines, la jeune Marie avait sa propre petite cour écossaise, composée de deux demi-frères et de quatre «&nbsp;Marie&nbsp;», des filles ayant à peu près son âge et issues de familles nobles écossaises. Connue pour sa beauté et ses bonnes manières, Marie épousa en&nbsp;1558 le dauphin de France à la cathédrale Notre-Dame. L’année suivante, ce dernier devint le roi François II, après la mort de son père, survenue à la suite d’une blessure reçue lors d’un tournoi de joute. Mais le jeune monarque, qui bégayait, manquant d’assurance et d’expérience politique, fut manipulé par les oncles de Marie, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine. Il mourut en&nbsp;1560, après avoir régné pendant seulement dix-sept&nbsp;mois.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5612062_0">UN RETOUR SUR LE TRÔNE MOUVEMENTÉ</h2><p>Après la mort de François, Marie retourna en Écosse en&nbsp;1561. En son absence, les lords protestants d’Écosse s’étaient révoltés contre sa mère, qui avait régné en tant que régente jusqu’à sa mort en&nbsp;1560. À son arrivée à Édimbourg, la jeune reine catholique aux manières françaises trouva le pays profondément changé. L’Écosse avait adhéré au protestantisme, et Marie était désormais considérée comme une étrangère.</p><p>Les pasteurs protestants détenaient la majorité dans son conseil privé et John&nbsp;Knox, l’impétueux pasteur calviniste, a très vite soulevé l’opinion publique à son encontre. Son seul allié fiable était son demi-frère illégitime, Lord&nbsp;James&nbsp;Stuart, qui deviendra par la suite comte de Moray.</p><p>Dans le même temps, Elizabeth&nbsp;Ire, cousine de Marie et fille d’Henri&nbsp;VIII et d’Anne&nbsp;Boleyn, accéda au trône d’Angleterre. Les deux femmes, non mariées, devinrent les reines les plus courtisées d’Europe. Elles avaient des prétendants en Espagne, en France, en Autriche, en Suède et au Danemark. Un mariage royal pouvait garantir la domination de l’une ou l’autre des reines sur les îles britanniques et l’Europe. Mais ce n’est pas l’éventualité seule d’un mariage qui les mit en désaccord. En tant que petite-fille de la sœur d’Henri&nbsp;VIII, Marie&nbsp;Stuart pouvait prétendre au trône d’Angleterre si Elizabeth mourait sans enfant. Les catholiques anglais considéraient également la reine écossaise comme leur monarque légitime, eux qui rejetaient la légitimité de la naissance d’Elizabeth.</p><p>Plutôt que d’épouser un prince européen, ce qui aurait constitué un choix politiquement avantageux, Marie tomba amoureuse d’un noble anglais, Lord&nbsp;Darnley, un catholique de sang royal et son cousin. Leur mariage en&nbsp;1565 souleva un tollé. Le pape fit part de sa désapprobation quant au fait qu’il ne lui avait pas été demandé de dérogation. Le comte de Moray trahit la reine et mena un soulèvement protestant. Elizabeth&nbsp;Ire, alarmée par les implications, voyait ce mariage d’un œil suspicieux.</p><h2    id="header_5612069_0">&nbsp;</h2><h2    id="header_5612069_1"><strong>UNE FIN VIOLENTE</strong></h2><p>Lord&nbsp;Darnley était aussi beau qu’il était impulsif. Moins d’un après leur mariage, aveuglé par la jalousie, il organisa l’assassinat du secrétaire privé de la reine, David&nbsp;Rizzio. À partir de ce moment, le couple royal mena des vies séparées. Lord&nbsp;Darnley passa de longues périodes dans des châteaux reculés, loin d’Édimbourg, tandis que la reine commença à rendre visite au comte de Bothwell, le chef de ses partisans, qui était en convalescence après avoir été blessé par des bandits à la frontière, au château de l’Hermitage. Des rumeurs comme quoi tous deux étaient amants se répandirent rapidement. Rien ne permit au couple de se réconcilier, pas même la naissance d’un héritier, Jacques, en&nbsp;1566. Finalement, un groupe de nobles catholiques, dont faisait partie le comte de Bothwell, décida d’éliminer Lord&nbsp;Darnley. Il mourut dans des circonstances mystérieuses sur le site de l’église collégiale de Kirk o’Field. Bien que les lords du conseil pensaient que Bothwell avait commandité cet assassinat, il fut acquitté après un procès devant le Parlement. Quelques semaines plus tard, il épousa Marie.</p><p>Ce mariage a marqué un autre chapitre profondément controversé de la vie de la reine. Alors que Marie retournait à Édimbourg après être allée voir son fils Jacques, qui avait été placé au château de Stirling pour sa sécurité, Bothwell kidnappa Marie et l’emmena au château de Dunbar où, selon le témoin James&nbsp;Melville, «&nbsp;il la viola&nbsp;». Selon certains, la souveraine était de mèche avec Bothwell, organisant son propre kidnapping, consommant volontiers l’union pour n’avoir d’autre choix que de l’épouser, puisque se marier de bon gré avec le principal suspect de la mort de son mari aurait été scandaleux. Aujourd’hui encore, la participation - réelle ou supposée - de la reine à son propre enlèvement est l'objet de débats.</p><p>Le mariage de Marie et Bothwell fut mal vu et désastreux. Pour les catholiques, il était illégitime, puisque la cérémonie avait eu lieu selon les rites protestants et parce que Bothwell était divorcé. Mais protestants et catholiques s’accordaient à dire que cette union était très suspecte. Profitant de la situation, les lords protestants prirent les armes. Lors de l’affrontement à Carberry, Marie se rendit et Bothwell fut autorisé à partir. Il finira par se réfugier en Norvège. Quant à Marie, elle fut emprisonnée au château de Lochleven et contrainte d’abdiquer au profit de son fils âgé d'un an, tandis que le comte de Moray assumait la régence.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5612071_0">UNE REINE EMPRISONNÉE EN ÉCOSSE</h2><p>En&nbsp;1568, Marie prit la fuite en direction de l’Angleterre, où elle espérait que sa cousine la reine Elizabeth l’aiderait à récupérer le trône d’Écosse. Grave erreur. Au lieu d’être reçue comme une souveraine, elle fut retenue captive par Elizabeth dans plusieurs châteaux de Londres et de la frontière écossaise, pendant que l’on enquêtait sur son implication dans le meurtre de Lord&nbsp;Darnley. La légalité de ce procès fait toujours débat parmi les spécialistes. Marie refusa de témoigner, déclarant qu’en tant que reine consacrée, elle ne pouvait être jugée par aucun tribunal. Le comte de Moray présenta le Coffret de lettres, des documents soi-disant écrits par Marie la mettant en cause dans l’assassinat de son deuxième époux. Le tribunal, sur les ordres d’Elizabeth&nbsp;Ire, décida de ne ni l’acquitter ni la condamner.</p><p>Au cours de sa longue captivité, les partisans de Marie conspirèrent pour la libérer. En&nbsp;1569, de nobles catholiques du nord de l’Angleterre se rebellèrent dans l’espoir de la secourir, de la marier au duc de Norfolk et de rétablir le catholicisme dans le pays. Mais la révolte échoua. Au début de l’année&nbsp;1571, Philippe&nbsp;II d’Espagne envisagea de marier son demi-frère illégitime, don Juan d’Autriche, à Marie. Juan était commandant militaire dans les Pays-Bas espagnols, soit de l’autre côté de la mer du Nord et Marie constituerait une menace directe à Elizabeth, mais le plan tomba à l’eau. Marie s’impliqua dans d’autres complots, communiquant avec ses partisans au moyen de lettres codées dissimulées dans des pochettes en cuir elles-mêmes cachées dans des couvercles de fûts de bière.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5612076_0">CONDAMNÉE À L’ÉCHAFAUD</h2><p>En&nbsp;1586, le chef des services de renseignements d’Elizabeth, Sir&nbsp;Francis&nbsp;Walsingham, bien informé de ces machinations, mit au jour un complot mené par le catholique Anthony&nbsp;Babington visant à assassiner Elizabeth pour placer Marie sur le trône d’Angleterre. Les ennemis de Marie attendaient depuis longtemps une occasion de l’accuser de haute trahison. Les conspirateurs furent arrêtés et exécutés&nbsp;; Marie, quant à elle, comparut devant un tribunal convoqué d’urgence qui la condamna à la peine de mort. L’exécution eut lieu le 8&nbsp;février&nbsp;1587 dans la grande salle du château de Fotheringhay. Elle était âgée de 44&nbsp;ans.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les piscines islandaises inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/les-piscines-islande-inscrites-au-patrimoine-culturel-immateriel-unesco</link><description><![CDATA[Baignée dans la lumière du soleil matinal, la chaîne de montagnes de Kerlingarfjöll se pare de rouges et d’orange. Des volutes de fumée s’élevant des fumerolles s’enveloppent autour des montagnes. « Cette région, Hveradalir, elle est vivante », me confie mon guide, Boris Baniar, en désignant du menton un sentier qui descend dans la vallée à nos pieds. « Des sources d’eau bouillonnantes, des...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 15:03:05 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/les-piscines-islande-inscrites-au-patrimoine-culturel-immateriel-unesco</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/e7jecg.jpg?w=1600" length="1233140" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Baignée dans la lumière du soleil matinal, la chaîne de montagnes de Kerlingarfjöll se pare de rouges et d’orange. Des volutes de fumée s’élevant des fumerolles s’enveloppent autour des montagnes. « Cette région, Hveradalir, elle est vivante », me confie mon guide, Boris Baniar, en désignant du menton un sentier qui descend dans la vallée à nos pieds. « Des sources d’eau bouillonnantes, des torrents, des piscines de boue. On peut déjà sentir le soufre. » Un rire lui échappe alors que la senteur suffocante des œufs pourris chatouille mes narines.</p><p>« L’Islande dépend, en tout sens, de l’activité géothermale », explique Boris en enfilant une salopette imperméable avec, par-dessus, un pull en laine pour se protéger du froid mordant des Hautes Terres centrales. « Que l’on cuise du pain dans le sol chaud, que l’on chauffe des habitations avec de l’eau naturellement chauffée ou que l’on traite les maladies de la peau dans les piscines d’eau riche en minéraux, elle a de profonds effets sur le quotidien d’ici. »</p><p>Je passe mon après-midi plongée dans les bains extérieurs de la Highland Base Kerlingarfjöll, un centre de luxe reculé de la vallée d’Ásgarður. J’y passerai les deux prochaines nuits. Prises entre l’air frais et la chaleur dégagée par l’eau, mes jambes picotent en remontant à la surface de l’eau trouble et orange.</p><p>« Les bains sont alimentés par de l’eau riche en fer qui provient du plus profond de la vallée », explique Joanna Lagosz, responsable des équipes de Kerlingarfjöll. « Le fer donne sa teinte riche à l’eau, et sa composition légèrement acide est réputée apaiser les rougeurs et les irritations de la peau. » Ce sont ces propriétés curatives qui m’ont attirée ici. Les bains, s’ils sont très relaxants, ouvrent une fenêtre sur cette culture de la piscine qui fait partie intégrante du quotidien. Au point qu’elle a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2025.</p><p>Installée confortablement près d’un poêle, j’apprends que les Islandais tiennent en haute estime les bienfaits physiques des piscines géothermales. Ceux-ci sont nombreux et vont de la circulation améliorée au repos des muscles. Mais c’est surtout le sens de la communauté qui garde ce rituel en vie. « Même en se baignant nus, les Islandais embrassent la tradition de se retrouver ensemble dans la nature », déclare Joanna tout en jetant un regard à l’extérieur. L’eau dorée des piscines scintille dans le noir.</p><p>En traversant le géoparc de Reykjanes, un vent fort me fouette le visage, sa morsure m’incite à me réfugier à l’intérieur. Des nuages noirs et menaçants flottent bas dans le ciel, et je me sens tout à coup bien loin des cieux cobalt et de l’air calme des terres hautes. L’Islande me rappelle que ses paysages et sa météo peuvent changer abruptement.</p><p>Je me suis rendue à 200&nbsp;kilomètres au sud-ouest, au Silica Hotel, un hôtel spa situé sur la péninsule de Reykjanes. Celle-ci fait partie du complexe géothermique du lagon bleu et se trouve à dix&nbsp;minutes de marche du lagon principal. À cheval sur la dorsale médio-atlantique, la zone est riche en énergie géothermique que transforme la centrale géothermique de Svartsengi, bâtie en 1976. Si je me trouve ici, c’est pour rencontrer Ása Guðmundsdóttir, scientifique en chef de la recherche et du développement. Elle doit m’en apprendre plus sur la composition de l’eau bleue laiteuse, reconnue pour le traitement de maladies chroniques de la peau, comme le psoriasis, la dermatite atopique et l’eczéma.</p><p>« Le lagon s’est formé quand l’excès d’eau de la centrale a été libéré dans le champ de lave qui l’entourait », explique Ása. L’eau, riche en silice, un composé qui renforce la barrière de la peau et qui possède des propriétés anti-âge, a formé un lagon. Ses minéraux en suspension reflètent la lumière et créent cette teinte bleue si distinctive. « Les employés de la centrale ont commencé à s’y baigner », continue la scientifique. « L’un d’eux, atteint d’un psoriasis sévère, a remarqué que sa peau se portait mieux. L’intérêt des scientifiques a été éveillé et cela a mené à l’ouverture d’une clinique dédiée au traitement du psoriasis en 1994. »</p><p>Ce soir-là, au sein du centre de traitement par l’eau du lagon bleu, je me repose sur un matelas gonflable, enveloppée dans une couverture lestée et chaude. Pendant ce temps, une masseuse se sert de ses mains pour me délier la nuque, les épaules et le dos. Ce traitement à base d’une huile pour le corps enrichie d’une microalgue turquoise, un microorganisme connu pour favoriser l’élasticité de la peau, nourrit et revitalise ma peau.</p><p>Le lendemain matin, le lagon de l’hôtel Silica semble encore plus radieux, un véritable miroir du ciel. Le cliquetis rythmique d’un puits d’extraction, acheminant jusqu’à nous de l’eau à 38&nbsp;°C de 2 000&nbsp;mètres de profondeur, est une musique d’ambiance apaisante pour ceux qui se laissent flotter dans l’eau. On m’a confié qu’il s’agissait d’une pratique de méditation qui aide à apaiser le stress et l’anxiété. « En se concentrant pour continuer à flotter, on sent souvent nos problèmes s’envoler », décrit ma thérapeute de flottaison en me donnant un bonnet de bain et un support pour mes jambes. Je suis percluse d’appréhension quand je me plonge dans l’eau. « Imaginez que vous êtes sur un coussin et laissez retomber la pression », me dit-elle. Je me laisse aller à la flottabilité de l’eau et la tension ne tarde pas à disparaître. Guidé tranquillement vers un coin reculé du lagon par ma tête, mon corps se courbe pour former un C. La pluie tombe doucement sur ma poitrine et apaise mon esprit.</p><p>« Si vous vous sentez stressé, la meilleure chose à faire, c’est de vous rendre près de l’eau », m’affirme mon conducteur, Valdemar Valdemarsson, en quittant Silica. Derrière nous, la centrale de Svartsengi disparaît peu à peu. « J’en ai besoin. Je me sens bizarre, sinon. » C’est cette dépendance à l’eau géothermique, à la fois pour le bien-être physique et émotionnel, qui coule dans les veines de la culture islandaise et enrichit son quotidien par son pouvoir élémentaire et restauratif.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612019_0">NOS CONSEILS</h2><p>L’entrée à la <a href="https://highlandbase.is/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Highland Base Kerlingarfjöll</a> coûte 5 500&nbsp;couronnes islandaises (environ 38&nbsp;€). Consultez les horaires d’ouverture, car ils changent au cours de l’année.</p><p>Le prix d’entrée du <a href="https://bluelagoon.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Blue Lagoon</a> débute à 11 497&nbsp;couronnes islandaises (environ 79&nbsp;€) pour une journée. Une autre option est de passer la nuit au Silica Hotel. Les chambres commencent à partir de 103 000&nbsp;couronnes islandaises (environ 709&nbsp;€) la nuit.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Napoléon et Joséphine : la vérité sur leur histoire d’amour tourmentée</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-romance-historique-france-napoleon-et-josephine-la-verite-sur-leur-histoire-amour-tourmentee</link><description><![CDATA[Admiré ou conspué, l’Empereur Napoléon Ier a conduit la France des décombres de la Révolution à la paix et la stabilité politique tout en menant une expansion militaire qui, à son apogée entre 1809 et 1811, lui a fait prendre le contrôle de la majeure partie de l’Europe. Joséphine fut à ses côtés pendant quatorze ans, de son ascension dans les rangs de l’armée à sa nomination en tant que Premier...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 13:26:23 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-romance-historique-france-napoleon-et-josephine-la-verite-sur-leur-histoire-amour-tourmentee</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/bal_158223.jpg?w=1600" length="2319193" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Admiré ou conspué, l’Empereur Napoléon I<sup>er</sup> a conduit la France des décombres de la Révolution à la paix et la stabilité politique tout en menant une expansion militaire qui, à son apogée entre 1809 et 1811, lui a fait prendre le contrôle de la majeure partie de l’Europe. Joséphine fut à ses côtés pendant quatorze ans, de son ascension dans les rangs de l’armée à sa nomination en tant que Premier Consul puis Empereur. Leur relation a longtemps été considérée comme le parangon de la relation amoureuse, en grande partie en raison des <a href="https://archive.org/details/lettresdenapol02napo/page/70/mode/2up" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lettres de l'Empereur à sa femme</a>.</p><p>Bien que certains historiens aient récemment réfuté le mythe entourant leur histoire d’amour, Ridley Scott, réalisateur du film &nbsp;<a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=287126.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Napoléon</em></a><em> </em>dit de Joséphine qu’elle est le « seul grand amour » de l’Empereur. « [Napoléon] est sorti de nulle part et a pris le contrôle de tout. Il menait en même temps une guerre romantique contre sa femme adultère, Joséphine. C’est pour gagner son amour qu'il a conquis le monde et, quand il a échoué, il l’a conquis pour la détruire mais s’est lui-même détruit en chemin », raconte-t-il au magazine <a href="https://deadline.com/2021/01/napoleon-movie-joaquin-phoenix-ridley-scott-apple-studios-kitbag-1234672742/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Deadline</em></a>.</p><p>Joséphine était-elle vraiment le seul grand amour de Napoléon? Était-elle la seule à être adultère? Les ambitions militaires de l’empereur étaient-elles guidées par leur relation? La vérité est aussi complexe que ces deux personnages.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5575041_0">DES ÎLES À PARIS</h2><p>Celle qui allait devenir Joséphine Bonaparte naquit <a href="https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/biographies/beauharnais-josephine-de-1736-1814-imperatrice-des-francais/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie</a> en 1763. Sa famille, qui l’appelait Rose, possédait une plantation en Martinique sous contrôle français et leur fortune était en déclin. Elle arriva à Paris pour un mariage d’intérêt et, quand son mari l’abandonna, Rose polit son allure provinciale et développa des compétences diplomatiques qui lui valurent plus tard des louanges. Elle se fraya un chemin parmi l’entourage, difficile d’accès, de la cour de France et rencontra Napoléon en 1795.&nbsp;</p><p>À trente-deux ans, elle était de six ans l’aînée de Napoléon, noble, veuve et mère de deux enfants. Elle avait été emprisonnée lors du <a href="https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21142/regne-de-la-terreur/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Règne de la Terreur</a> et avait échappé de peu à la guillotine. La future impératrice fut libérée à la fin de la Terreur mais non sans conséquences. Des historiens ont raconté la souffrance psychologique à laquelle son emprisonnement l’avait poussée ainsi que ses répercussions: dépenses frivoles, aventures romantiques et besoin de sécurité.&nbsp;</p><p>Parallèlement, Napoléon venait également d’une famille dont la fortune était en déclin. Il naquit en 1769 dans la noblesse Corse, également sous contrôle français. Il était intelligent et déterminé à améliorer sa situation. Dès son plus jeune âge, il lutta contre ses complexes, liés à sa classe sociale, son argent, son intelligence et, plus tard, au sexe. Son ambition était nourrie par l’ensemble de ces éléments et par sa sensibilité à la critique.</p><p>Son père décida de sa formation militaire et Napoléon gravit les échelons de l’école militaire et de l’armée. Quand il rencontra Joséphine, il était un général d’armée prometteur bien que peu séduisant, toujours rongé par une multitude de complexes d’infériorité et bien loin de l’empereur qu’il allait devenir moins de dix ans plus tard.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5575041_1">DES INTÉRÊTS MUTUELS</h2><p>Napoléon et Rose se rencontrèrent lors d’un dîner mondain fin 1795. Aux yeux d’un Napoléon peu sûr de lui, l’âge de Rose était compensé par son expérience sexuelle, son raffinement dans la vie en société et ses liens avec l’aristocratie. Les éloges qu’elle recevait flattaient la vanité du futur empereur. Rose n’était au départ pas intéressée par le mariage mais au fur et à mesure que s’affirmait la position militaire de Napoléon, cette opposition s’effaçait. Il représentait pour elle sécurité financière et stabilité après son terrible emprisonnement. Napoléon, modifiant le deuxième prénom de Rose, se mit à l’appeler Joséphine.&nbsp;</p><p>Ils se marièrent en mars 1796 lors d’une cérémonie civile. Deux jours plus tard, Napoléon partit en Italie, à la tête de l’armée française. Commençait une campagne décisive qui allait complètement modifier le <a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a><a target="_top" rel="noopener noreferrer nofollow"></a>paysage politique européen et faire sa réputation. Ce fut la première de leurs nombreuses séparations pour des motifs militaires.</p><p>Les nombreuses <a href="https://archive.org/details/lettresdenapol02napo/page/70/mode/2up" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lettres</a> de Napoléon à Joséphine lors de leurs séparations témoignent de sa passion pour elle. Il en écrivait parfois plusieurs par jour et ses mots oscillaient entre manque, désir, possessivité, insultes et accusations. Pour l’historien <a href="https://www.google.fr/books/edition/Napol%C3%A9on/jDH4zgEACAAJ?hl=en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Adam Zamoyski</a>, les lettres de Napoléon en Italie expriment une « frénésie adolescente » que Joséphine trouvait « ridicule et embarrassante ».</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5575044_0">D’UNE ROMANCE RÊVÉE AU DIVORCE</h2><p>On peut se demander si la femme dont il est tombé amoureux a jamais existé. L’historienne Kate Williams <a href="https://www.google.fr/books/edition/Jos%C3%A9phine/ZVQtCAAAQBAJ?hl=en&amp;gbpv=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">décrit comment</a> Joséphine, usant du pouvoir limité dont elle disposait dans un monde sexiste, se créa l’image de l’amante dont il rêvait en jouant de ses attraits féminins tout en mettant de côté son intelligence et son ambition.</p><p>Rares, les réponses de Joséphine agaçaient Napoléon. Elle était occupée, car elle avait pris un amant peu de temps après son départ. Le général aussi s’engagea dans de nombreuses <a href="https://www.google.fr/books/edition/Jos%C3%A9phine/ZVQtCAAAQBAJ?hl=en&amp;gbpv=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">liaisons</a>, ce qui alluma² enfin chez Joséphine une flamme semblable à celle qu’il lui avait témoignée. À la tiédeur de Napoléon, elle répondait par des dépenses somptuaires et un chantage émotionnel. Peu à peu, il s’éloigna et se mit à envisager le divorce.&nbsp;</p><p>Napoléon abandonna ce projet et lui pardonna, non sans intérêt. L’archétype de la famille renforçait son pouvoir politique et les qualités diplomatiques de sa femme étaient considérables. Elle était populaire et avait la grâce et l’étiquette qu’il n’avait pas. Elle incarnait son pouvoir par ses goûts vestimentaires, son comportement, sa collection d’art et ses bijoux, qui rivalisaient avec ceux de Marie-Antoinette. Napoléon déclara à ce sujet : « Je gagne des batailles, Joséphine gagne les cœurs. »</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5575044_1">LES CONSÉQUENCES DE L’ADULTÈRE</h2><p>En 1800, Joséphine avait compris que Napoléon avait pris le pouvoir dans leur relation, qu’il gagne ou non sur les champs de bataille. L'antipathie que lui manifestait la famille du futur empereur et leur mariage civil, par opposition à un mariage religieux, la mettaient dans une position de plus en plus fragile. Elle changea de comportement et s’efforça de le seconder dans ses ambitions, mais son attitude à lui avait changé. Napoléon imposait à Joséphine un contrôle étouffant qui limitait sa liberté sociale. Il lui imposait en public ses hurlements et la tourmentait en lui exposant les détails de ses infidélités.</p><p>Ce n’est cependant pas leur relation tumultueuse, faite de manipulations, ni ses frustrations à l’égard de Joséphine qui ont motivé la politique étrangère expansionniste de Napoléon. Comme l’explique A. Zamoyski à <em>National Geographic</em>, « au départ, les ambitions de Napoléon n’étaient pas militaires... Il voulait gouverner correctement plutôt que gagner des batailles... [Il] croyait en l’importance de bien faire les choses alors à cette époque, dans un monde en guerre, il était déterminé à gagner, mais ce n’était jamais pour le simple plaisir de gagner. »</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5575046_0">SACRE ET SÉPARATION</h2><p>Le couple se soumit à une cérémonie de mariage religieux comme condition de leur couronnement en tant qu’empereur et impératrice, mais la sécurité que pouvait ressentir Joséphine fut éphémère. Ils divorcèrent en 1809 pour n’être pas parvenus à donner naissance à un héritier. Napoléon déclara stoïquement qu’ils se séparaient «&nbsp;dans l’intérêt de la France&nbsp;». Comme l’explique A. Zamoyski, « on ne peut se méprendre sur la sincérité de sa peine quand il a dû la quitter, parce que c’était pour lui un devoir ».</p><p>Par la suite, Napoléon s’assura que Joséphine conserve son titre, son logement et ses revenus. Malgré son mariage avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche et la naissance d’un <a href="https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/biographies/napoleon-ii-1811-1832-roi-de-rome-empereur-des-francais/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">héritier</a>, il continua d’entretenir une correspondance cordiale avec son ex-femme. Elle le soutint jusqu’à son exil sur l'île d'Elbe en avril 1814, dont la nouvelle lui brisa le cœur. À sa mort, probablement due à une pneumonie bien que certains préfèrent l'explication romantique d'un cœur brisé, ses derniers mots furent «&nbsp;Bonaparte… Elbe… Roi de Rome&nbsp;». Ils résonnent avec ceux de Napoléon à sa mort sept ans plus tard alors qu’il était exilé à Sainte-Hélène : « France... tête de l' armée... Joséphine ».</p><p>L’histoire de Napoléon et de Joséphine est celle de deux individus émotionnellement instables, nés dans un climat révolutionnaire et propulsés de l’ombre à la lumière. Bien que les ambitions de conquête de Napoléon soient liées à un désir personnel de gagner et non à leur mariage tumultueux, il est certain que la présence de Joséphine a considérablement renforcé son image politique. Si leur relation a incontestablement été marquée par l’adultère des deux côtés, ils ont tous deux trouvé chez l’autre ce qui leur manquait individuellement, ce qui les a amenés à un respect mutuel. «&nbsp;[Napoléon] a continué d’admirer le style et l’intelligence de Joséphine et il avait confiance en ses opinions&nbsp;», observe A. Zamoyski. «&nbsp;Une fois qu’elle a senti qu’il s’engageait vraiment envers elle et qu’il pouvait lui apporter la sécurité dont elle avait besoin, elle est devenue une compagne loyale et dévouée et une source de force pour lui&nbsp;».&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Qui était vraiment Marie Madeleine ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-religion-christianisme-qui-etait-vraiment-marie-madeleine-jesus-bible-paques</link><description><![CDATA[On l’a dite possédée par des démons, prostituée et femme de Jésus : l’histoire de Marie Madeleine, fidèle de Jésus de Nazareth, a été écrite et revisitée d’innombrables fois au cours des 2 000 dernières années.Marie Madeleine a beau être l’un des personnages les plus connus de la Bible, elle n’en demeure pas moins mystérieuse. Que sait-on réellement d’elle ? Et de quelles preuves les chercheurs...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 10:20:43 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-religion-christianisme-qui-etait-vraiment-marie-madeleine-jesus-bible-paques</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/bal_59428.jpg?w=1600" length="1706258" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>On l’a dite possédée par des démons, prostituée et femme de Jésus&nbsp;: l’histoire de Marie Madeleine, fidèle de Jésus de Nazareth, a été écrite et revisitée d’innombrables fois au cours des 2&nbsp;000 dernières années.</p><p>Marie Madeleine a beau être l’un des personnages les plus connus de la Bible, elle n’en demeure pas moins mystérieuse. Que sait-on réellement d’elle&nbsp;? Et de quelles preuves les chercheurs disposent-ils au sujet de sa vie et du monde qu’elle habita&nbsp;?</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582029_0">DÉMÊLER LE VRAI DU FAUX</h2><p>Les traces textuelles concernant Marie Madeleine proviennent en majorité des Évangiles canoniques&nbsp;: ceux de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean. Ces derniers l’identifient comme faisant partie du cercle rapproché de Jésus et comme une femme s’étant rendue sur sa tombe afin d’oindre sa dépouille le matin de Pâques.</p><p>Cependant, leurs écrits ne concordent pas en ce qui concerne sa vie. Luc affirme par exemple qu’elle était possédée par des démons, tandis que d’autres affirment qu’elle fut témoin de la crucifixion de Jésus.</p><p>Des Évangiles apocryphes (des écrits du christianisme primitif qui ne font pas partie du Nouveau Testament) fournissent en outre des témoignages différents concernant la relation qu’entretenaient Marie Madeleine et Jésus. Ils font notamment&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=9mV0MccBWykC&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PT8&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">allusion</a> à l’existence d’un lien fort entre les deux. Pour certains, ces textes mettent en évidence le fait que les «&nbsp;disciples masculins la rejettent parce qu’elle est une femme&nbsp;», selon James R. Strange, professeur d’études du Nouveau Testament et titulaire de la chaire Charles-Jackson-Granade-et-Elizabeth-Donald-Granade à l’Université Samford, en Alabama.</p><p>Quelles autres informations les chercheurs peuvent-ils glaner dans ces textes&nbsp;? Elizabeth Schrader Polczer, maîtresse de conférences en études du Nouveau Testament à l’Université Villanova, fait observer que «&nbsp;Marie Madeleine n’est jamais nommée par rapport à un autre homme, comme c’était le cas pour la majorité des femmes. Cela tend à montrer que Marie Madeleine était une femme indépendante.&nbsp;»</p><p>Cette absence de certitude dans les textes bibliques en ce qui concerne la vie de Marie Madeleine a nourri de nombreux mythes, idées fausses et spéculations. Au premier rang de ces inventions figure le fait qu’elle aurait été une prostituée. Cette idée trouve son origine en 591, date à laquelle le pape Grégoire I<sup>er</sup>&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=Tlvgp7WggvEC&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PA190&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">confondit</a> par erreur Marie Madeleine et une femme qualifiée de «&nbsp;pécheresse&nbsp;» dans l’Évangile selon Luc. Rien ne prouve que cela soit vrai, mais cette croyance est tenace.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582029_1">À LA RECHERCHE DE PREUVES ARCHÉOLOGIQUES EN TERRES BIBLIQUES</h2><p>Toutefois, les chercheurs ne s’appuient pas uniquement sur des traces textuelles pour examiner le passé. L’archéologie a donné lieu à d’importantes&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/la-veritable-histoire-de-jesus-ce-que-revele-larcheologie">découvertes</a> concernant le monde décrit dans la Bible, malgré les défis que de telles recherches comportent.</p><p>«&nbsp;Une preuve archéologique concernant l’existence d’un personnage antique doit se présenter sous la forme d’une inscription, par exemple sur le sol en mosaïque d’une synagogue ou sur un sarcophage. Comme vous pouvez l’imaginer, nous découvrons généralement des noms de personnes riches ou puissantes, ou les deux, sur des objets antiques&nbsp;», commente James R. Strange.</p><p>A-t-on réalisé une telle découverte en ce qui concerne Marie Madeleine&nbsp;?</p><p>Le point de départ logique pour une exploration du monde qu’habitait Marie Madeleine serait de fouiller ses lieux de naissance et de vie.</p><p>Par automatisme, beaucoup sont partis du principe que le nom «&nbsp;Madeleine&nbsp;» faisait référence à son lieu de naissance&nbsp;: Magdala. Pour cette raison, on l’appelle souvent aussi «&nbsp;Marie de Magdala&nbsp;». Où, exactement, vécut-elle&nbsp;? Les premiers théologiens ne le savaient pas vraiment.</p><p>Peut-être venait-elle d’un village situé près de la mer de Galilée. L’archéologue Marcela Zapata-Meza, directrice du&nbsp;<a href="https://www.magdala.org/archaeological-park/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Magdala Archeological Project</a> de 2010 à 2024, fait remarquer «&nbsp;qu’il existe des histoires de pèlerins qui affirment s’être rendus dans la maison de Marie Madeleine sur les rives de la mer de Galilée&nbsp;».</p><p>Au 6<sup>e</sup> siècle, les chrétiens primitifs commencèrent à&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=_dmXEAAAQBAJ&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PT93&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">appeler</a> «&nbsp;Madgala&nbsp;» un lieu tout&nbsp; à fait particulier&nbsp;: les ruines d’une ancienne ville située en bordure occidentale de la mer de Galilée.</p><p>Cependant, ainsi que l’<a href="https://scholarlypublishingcollective.org/sblpress/jbl/article-abstract/140/4/751/293542/The-Meaning-of-Magdalene-A-Review-of-Literary?redirectedFrom=fulltext" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">affirment</a> Elizabeth Schrader Polczer et l’historienne Joan E. Taylor, rien ne prouve qu’il s’agisse de la maison de Marie Madeleine.</p><p>«&nbsp;Au 1<sup>er</sup> siècle, on appelait cet endroit "Tarichaea" [son nom grec]. On ne l’appelait pas Magdala du temps de Jésus&nbsp;», souligne Elizabeth Schrader Polczer. «&nbsp;C’est une erreur de l’appeler "Marie de Magdala", car aucun des auteurs des Évangiles n’appelle jamais Marie Madeleine ainsi. En fait, les auteurs des Évangiles l’appellent invariablement "Marie la Magdaléenne" ou "la Magdaléenne". "Madeleine" pourrait aussi faire référence à un titre honorifique ("Marie la Tourière") plutôt qu’à sa ville d’origine&nbsp;», ajoute-t-elle.</p><p>Si l’on venait à découvrir des preuves archéologiques, on pourrait théoriquement dissiper le mystère entourant ces questions. Des fouilles réalisées à Magdala offrent un aperçu précieux du monde de Marie Madeleine. En 2009, des chercheurs y ont mis au jour une ancienne synagogue ainsi qu’une pierre sculptée représentant une menorah, autant de possibles témoins des pratiques religieuses des habitants de Magdala au 1<sup>er</sup> siècle. Ils ont également découvert la présence de fontaines dans des espaces publics et privés qui&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=NC5AEAAAQBAJ&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PA234&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">servirent peut-être à la purification rituelle</a> au sein de la communauté juive, et qui furent sans doute un luxe. «&nbsp;Toutes ces installations reçoivent de l’eau souterraine et cela fait d’elles les plus pures d’Israël&nbsp;», indique Marcela Zapata-Meza.</p><p>Toutefois, «&nbsp;il n’existe aucune trace archéologique concernant Marie Madeleine&nbsp;», ajoute-t-elle. Et bien que d’autres chercheurs aient prétendu avoir retrouvé la trace des restes de Marie Madeleine en France ou dans une&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=UheADat4-IYC&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PA158&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">tombe</a> du 1<sup>er</sup> siècle à Jérusalem, les affirmations de ces derniers ne jouissent que de peu de crédit au sein du monde universitaire.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582031_0">DES LACUNES À COMBLER</h2><p>Les spécialistes continuent néanmoins à mettre au jour des indices sur la vie et sur l’œuvre de Marie Madeleine à mesure que d’anciens textes refont surface.</p><p>Fin 2023,&nbsp;<a href="https://portal.sds.ox.ac.uk/articles/online_resource/P_Oxy_LXXXVII_5577_Valentinian_Text_/23610729/1" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">P.Oxy&nbsp;5577</a>, un papyrus égyptien fragmentaire susceptible de révéler des informations cruciales, a ainsi été déchiffré. «&nbsp;Il est tout à fait possible que Marie Madeleine ait été l’une des plus proches disciples de Jésus, prévient Elizabeth Schrader Polczer. Et ce fragment de papyrus qui vient d’être publié étaye cette possibilité, car Jésus enseigne à une femme nommée Marie comment devenir "une image de l’incorruptible et éternelle lumière".&nbsp;» Cependant, le papyrus n’identifie pas explicitement la femme comme étant Marie Madeleine.</p><p>Malgré tout, ajoute-t-elle, les détails élémentaires de sa vie demeurent hors d’atteinte. «&nbsp;Il y a beaucoup de choses qu’on ne connaîtra jamais sur Marie Madeleine. Nous ne pouvons pas déterminer son lieu de naissance avec certitude, ni l’identité des membres de sa famille, ni son âge au moment de la crucifixion, ni ce qui lui est arrivé après les événements du matin de Pâques.&nbsp;»</p><p>On est donc en droit de se demander pourquoi les chercheurs continuent à tenter de dissiper le mystère entourant Marie Madeleine. Potentiellement parce que son histoire nous offre des aperçus de l’histoire du christianisme, et parce que cette femme fut incomprise pendant si longtemps. Si le manque de preuves concernant sa vie a permis la prolifération de mythes pendant des centaines d’années, «&nbsp;le bon côté, c’est que Marie a servi de sainte patronne des travailleuses du sexe et des "femmes déchues" à travers les siècles&nbsp;», selon Elizabeth Schrader Polczer.</p><p>En effet, Marie Madeleine est&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=yEKdEAAAQBAJ&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PA218&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">associée</a> aux personnes historiquement marginalisées, comme les lépreux&nbsp;; au Moyen Âge et au début de l’époque moderne, les hôpitaux de lépreux&nbsp;<a href="https://books.google.fr/books?id=4tXWJDXiuTcC&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PP1&amp;pg=PA8&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">portaient parfois son nom</a>. Nombreux sont ceux qui continuent à voir en elle une représentante de ceux que la société néglige, rejette ou ignore.</p><p>«&nbsp;Le nom de Marie Madeleine résonne profondément chez les nombreuses personnes qui ont l’impression que leurs voix et leurs histoires ne sont pas entendues ou valorisées, affirme Elizabeth Schrader Polczer. En mettant Marie en lumière, nous ravivons des aspects cruciaux et négligés de la vision qu’avait Jésus pour l’humanité.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ce que le jeûne intermittent fait vraiment au corps et au cerveau</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/alimentation-ce-que-le-jeune-intermittent-fait-vraiment-au-corps-et-au-cerveau</link><description><![CDATA[Le jeûne est une pratique courante, que ce soit pour des raisons religieuses ou pour perdre du poids, pour prévenir les maladies chroniques ou même ralentir le vieillissement. Ceux qui jeûnent pour des raisons de santé pratiquent généralement le jeûne intermittent ; ils n’absorbent des calories que lors d’un moment désigné de la journée.Selon certains scientifiques, la popularité croissante du...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 08:05:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/alimentation-ce-que-le-jeune-intermittent-fait-vraiment-au-corps-et-au-cerveau</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/h16213329.jpg?w=1600" length="524387" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le jeûne est une pratique courante, que ce soit pour des raisons religieuses ou pour perdre du poids, pour prévenir les maladies chroniques ou même ralentir le vieillissement. Ceux qui jeûnent pour des raisons de santé pratiquent généralement le jeûne intermittent&nbsp;; ils n’absorbent des calories que lors d’un moment désigné de la journée.</p><p>Selon certains scientifiques, la popularité croissante du jeûne est nourrie par des études qui suggèrent que, pratiquées correctement, certaines formes peuvent favoriser la bonne santé générale. «&nbsp;Le jeûne intermittent peut faire baisser la pression artérielle, améliorer la cognition, prévenir, et même faire reculer, les maladies chroniques, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et les cancers&nbsp;», explique Mark Mattson, neuroscientifique de la Faculté de médecine Johns-Hopkins qui étudie le jeûne intermittent depuis vingt-cinq ans et a co-écrit une grande partie des recherches sur le sujet.</p><p>Cependant, la science reste nuancée, et la pratique pourrait être moins percutante que ce que l’on affirme parfois. «&nbsp;Bien que certaines études aient suggéré que le jeûne pouvait réduire la résistance à l’insuline et l’inflammation, ces bienfaits sont parfois exagérés&nbsp;», prévient Duane Mellor, diététicien spécialisé des Hôpitaux universitaires du NHS Trust de Leicester, en Angleterre.</p><p>En parallèle, certains effets néfastes attribués au jeûne, comme l’affirmation qui voudrait que celui-ci perturbe les hormones, sont souvent tout autant exagérés. «&nbsp;Il y a beaucoup de désinformation à ce sujet qui émane d’influenceurs sur les réseaux sociaux, mais rien ne montre que le jeûne conduise à des perturbations hormonales chez la plupart des femmes&nbsp;», précise Krista Varady, professeure de nutrition à l’Université de l’Illinois, à Chicago, et co-autrice de&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41430-024-01461-5.epdf?sharing_token=huMgIZqFux-zQPV6LVaBqtRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0NbcMCyWSJTmV_rMiC0q2Ug30AQjQgwqBqgPDpNlhBSr3y4VDG1MHcXODQ5625tLj-1iTNmKxBX10hYwJdVg3y8vkSjU-yPycDAqXWpkXMwCqMvUAT9FrqXK_GOeY4SXBt0666vBBmaisZSdQBFoloBzXLyEV4tVEfgLu9G04LEtDm2LawTeNylhGAFQTkHxoc%3D&amp;tracking_referrer=www.nationalgeographic.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherches apparentées</a>.</p><p>Voici ce que dit la science exactement et comment aborder le jeûne en toute sécurité.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_0">LA PERTE DE POIDS EST LE BÉNÉFICE LE PLUS CONSTANT</h2><p>Qu’importe le motif, «&nbsp;le principal bénéfice du jeûne est la perte de poids&nbsp;», rappelle Krista Varady.</p><p>En effet, dans le cadre d’un&nbsp;<a href="https://agingcelljournal.org/Archive/Volume3/when_a_calorie_is_not_a_calorie_metabolic/agingbio.20230013.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">essai clinique évalué par des pairs</a> réalisé par des chercheurs de l’Université de Sydney, «&nbsp;les participants pratiquant le jeûne intermittent ont perdu 8&nbsp;% de leur poids de corps environ et approximativement 16&nbsp;% de masse graisseuse en l’espace de six mois&nbsp;», révèle Luigi Fontana, co-auteur de l’étude et professeur de médecine et de nutrition dans la même université. Une&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7021351/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">revue systématique de vingt-sept essais</a> a, de la même manière, mis en évidence une perte considérable de poids et conclu que «&nbsp;le jeûne intermittent montre des promesses pour le traitement de l’obésité.&nbsp;»</p><p>De plus en plus de preuves suggèrent que le jeûne pourrait être plus facile à tenir sur la durée que les approches traditionnelles de restrictions caloriques. Une&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41598-025-95743-y" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude de petite envergure publiée en 2025</a> est arrivée à la conclusion que les participants en surpoids qui pratiquaient le jeûne intermittent pendant deux mois avaient plus de chances de conserver cette habitude plusieurs années plus tard. «&nbsp;C’est important, car la plupart des personnes qui entament un régime limitant le nombre de calories sont souvent incapables de se tenir à ce régime faible en calories et [finissent par] regagner du poids&nbsp;», explique Mark Mattson.</p><p>Il existe toutefois quelques bémols. «&nbsp;On ne perd du poids de manière significative que si le jeûne intermittent est mis en œuvre correctement sans surcompensation sur les heures ou les jours de ‘festin’&nbsp;», prévient Luigi Fontana. La prise de masse maigre suscite également des inquiétudes. «&nbsp;Quand on jeûne, le corps peut perdre de la masse maigre, comme les os et les muscles, avec le gras&nbsp;», ajoute-t-il. Cependant, on peut souvent compenser cela par un apport adéquat en protéines et en pratiquant la musculation pour préserver les muscles.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_1">CHOLESTÉROL ET BIENFAITS POUR LA SANTÉ CARDIAQUE</h2><p>Krista Varady relève que les avantages du jeûne pour ce qui est de la perte de poids peuvent aider à «&nbsp;réduire les indicateurs de risque de maladie métabolique, comme la tension artérielle et le taux de cholestérol&nbsp;». Un petit&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41467-025-66366-8" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">essai de six mois sur le jeûne intermittent</a> publié en 2025 montre «&nbsp;des améliorations concernant les triglycérides et le cholestérol LDL / non LDL&nbsp;», explique Luigi Fontana, également co-auteur de cette étude</p><p>Ces améliorations se produisent notamment parce que la perte de poids réduit la graisse viscérale (abdominale) et diminue la production par le foie de particules porteuses de graisses qui circulent dans le sang&nbsp;; deux facteurs qui influencent positivement le profil lipidique.</p><p>Mark Mattson ajoute un autre mécanisme potentiellement à l’œuvre pour réduire la tension artérielle&nbsp;: «&nbsp;Le jeûne intermittent accroît l’activité du système nerveux parasympathique&nbsp;», affirme-t-il. Cette branche du système nerveux aide l’organisme à se détendre, à digérer les aliments et à conserver de l’énergie après des périodes de stress ou d’activité, et une activité parasympathique accrue peut faire baisser le rythme cardiaque, réduire la résistance vasculaire et contrer l’activation sympathique chronique de type «&nbsp;combat-fuite&nbsp;» associée à l’hypertension.</p><p>Mais là encore, il y a quelques bémols. «&nbsp;L’amélioration du cholestérol et de la tension artérielle ne se produisent généralement que si un individu perd plus de 5&nbsp;% de son poids de corps et si sa tension artérielle et son taux de cholestérol étaient élevés avant d’entamer le régime&nbsp;», prévient Krista Varady.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_2">GLYCÉMIE ET DIABÈTE&nbsp;: VRAI POTENTIEL ET VRAIS RISQUES</h2><p>La&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8970877/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherche montre également</a> que le jeûne peut influencer la régulation du glucose. Cela se produit notamment parce que le jeûne abaisse le taux d’insuline dans le sang, augmente la sensibilité à l’insuline et favorise une plus grande oxydation des graisses et une plus grande production cétonique, ce qui signifie que l’organisme commence à brûler les graisses stockées pour produire de l’énergie au lieu de se reposer principalement sur le glucose issu des glucides récemment consommés.</p><p>Selon Mark Mattson, le jeûne intermittent peut également améliorer la résistance cellulaire au stress, stimuler l’autophagie (un processus de «&nbsp;nettoyage&nbsp;» cellulaire naturel qui voit l’organisme décomposer et recycler les éléments endommagés ou inutiles) et améliorer la fonction mitochondriale. Ensemble, ces changements sont susceptibles d’améliorer la régulation du glucose et la capacité du corps à conserver une glycémie stable et un équilibre métabolique durant les périodes de stress, de maladie ou de changements alimentaires.</p><p>D’autres&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3314346/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">études mettent en évidence</a> des bienfaits supplémentaires pour les personnes souffrant de résistance à l’insuline ou de diabète de type 2 en particulier, notamment des réductions de la glycémie à jeun, une baisse des taux d’hémoglobine A1c, une diminution de la graisse viscérale et, dans certains cas, un moindre besoin de médicaments contre le diabète.</p><p>Pourtant, le jeûne n’est pas sans risque pour les diabétiques. Duane Mellor avertit que «&nbsp;les personnes qui prennent de l’insuline ou des médicaments qui font produire plus d’insuline à l’organisme devraient consulter un médecin avant d’entamer un jeûne&nbsp;», notamment parce que l’hypoglycémie demeure un vrai risque si les médicaments ne sont pas correctement ajustés.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_3">BIENFAITS POUR LE CERVEAU ET SANTÉ MENTALE</h2><p>De nombreuses personnes font également état d’un affinement de la réflexion ou d’une amélioration de l’humeur, mais «&nbsp;les essais cliniques n’ont pas permis de montrer les mêmes bénéfices&nbsp;» chez les individus en bonne santé, tempère Duane Mellor. Dans le même temps, la&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8470960/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherche montre bel et bien</a> que le jeûne intermittent comporte des bénéfices pour les personnes atteintes d’épilepsie, de la maladie d’Alzheimer et de la sclérose en plaques, à la fois en ce qui concerne les symptômes et la progression des maladies.</p><p>Cela suggère que le jeûne peut avoir une influence sur la santé du cerveau, un effet que Mark Mattson attribue en grande partie à une production accrue de facteurs neurotrophiques tels que le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) et à l’activation de réponses adaptives au stress cellulaire qui renforcent les réseaux neuronaux impliqués dans l’apprentissage et la mémoire.</p><p>Pourtant, «&nbsp;les preuves de bénéfices cognitifs demeurent très limitées&nbsp;», observe Krista Varady, et la recherche mécaniste a en grande partie été menée sur des animaux, ce qui ne se transpose pas nécessairement de manière directe aux humains.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_4">PRUDENCE VIS-À-VIS DU JEÛNE</h2><p>Malgré des bénéfices aussi nets que potentiels, le jeûne ne convient pas à tout le monde. «&nbsp;La prudence est de mise pour les personnes âgées fragiles ou pour toute personne présentant un risque de sarcopénie [une perte de masse musculaire et de force progressive liée à l’âge], car la perte de masse maigre peut être amplifiée sans apport protéinique adéquat et sans entraînement en résistance&nbsp;», explique Luigi Fontana.</p><p>Et parce qu’il est susceptible de déclencher des comportements restrictifs et des pensées obsédantes concernant la nourriture, «&nbsp;les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire devraient également éviter de jeûner&nbsp;», ajoute Valter Longo, directeur de l’Institut de la longévité de l’École de gérontologie Leonard-Davis de l’Université de Californie du Sud.</p><p>Luigi Fontana&nbsp;conseille également aux femmes enceintes ou qui allaitent de s’abstenir de jeûner en raison des besoins accrus en énergie et en nutriments pour soutenir la croissance fœtale et la production de lait.</p><p>Mais les femmes n’ont pas besoin d’éviter de jeûner dans l’absolu. Bien que l’on entende parfois dire en ligne que le jeûne perturbe les hormones, Krista Varady réplique que plusieurs&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9182756/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">essais cliniques de haute qualité</a> réalisés sur des humains ne montrent aucun changement significatif dans les concentrations d’hormones sexuelles, même après un an de jeûne intermittent. Duane Mellor abonde en ce sens et relève que les seules études suggérant que le jeûne peut avoir un effet négatif sur le taux d’hormones sexuelles ont été faites sur des rongeurs,&nbsp;«&nbsp;mais celles sur les humains n’ont pas mis en évidence le même effet&nbsp;».</p><p>Pourtant, selon Luigi Fontana, si le jeûne conduit à «&nbsp;une sous-alimentation chronique, à des troubles du sommeil, à des perturbations du cycle menstruel ou à un stress excessif&nbsp;», quel que soit le sexe de la personne, il convient de le modifier ou de l’interrompre.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5612009_5">COMMENT JEÛNER DE MANIÈRE PLUS INTELLIGENTE</h2><p>L’un des principaux enseignements scientifiques est que le jeûne ne devrait jamais être une mesure isolée. «&nbsp;Aucun type de jeûne ne constitue de solution rapide et magique pour être en bonne santé, prévient Luigi Fontana. Sans amélioration de la qualité de l’alimentation et sans maintien d’une activité physique régulière, on pense notamment à l’entraînement en résistance, le jeûne n’est pas un substitut à un mode de vie global sain et peut entraîner des effets indésirables sur la santé.&nbsp;»</p><p>Duane Mellor est de cet avis et recommande de choisir une approche qui correspond à votre mode de vie&nbsp;: «&nbsp;Si vous essayez de changer votre alimentation, cela doit se faire de telle manière que cela fonctionne pour vous.&nbsp;» Il insiste également sur l’hydratation et recommande d’éviter les jeûnes qui restreignent totalement l’absorption de liquides. Une hydratation adéquate est cruciale pour maintenir la tension artérielle et la circulation sanguine&nbsp;; et la&nbsp;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21736786/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherche</a>&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4207053/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">montre</a> qu’une déshydratation légère suffit à provoquer maux de tête, vertiges, irritabilité et baisse des performances cognitives.</p><p>Pour jeûner plus efficacement, les spécialistes suggèrent de donner la priorité à un apport adéquat en protéines, de consommer des aliments complets riches en fibres lors des fenêtres désignées pour s’alimenter, de surveiller l’apparition de symptômes tels que les vertiges ou une fatigue excessive, et de consulter un professionnel de santé si vous avez des maladies chroniques ou si vous prenez tout traitement.</p><p>Patience et constance sont également la clé. «&nbsp;Un conseil important pour quiconque envisage d’entamer un jeûne intermittent, propose Mark Mattson, est de prendre conscience qu’il faut plusieurs semaines à un mois pour que le cerveau et l’organisme s’adaptent pour que vous n’ayez plus faim pendant la période de jeûne et pour que les améliorations des indicateurs de santé deviennent manifestes.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le crotale cascabelle : un expert de la chasse aux rongeurs</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-serpents-reptiles-le-crotale-cascabelle-un-expert-de-la-chasse-aux-rongeurs</link><category>Animaux</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 07:29:15 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-serpents-reptiles-le-crotale-cascabelle-un-expert-de-la-chasse-aux-rongeurs</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/cascabelle.png?w=1600" length="1807962" type="image/png"/></item><item><title>La ligne de chemin de fer Chine-Laos fait l'objet d'une surveillance quasi-constante</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-tourisme-meteo-la-ligne-de-chemin-de-fer-chine-laos-fait-lobjet-dune-surveillance-quasi-constante</link><category>Voyage</category><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 06:01:03 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-tourisme-meteo-la-ligne-de-chemin-de-fer-chine-laos-fait-lobjet-dune-surveillance-quasi-constante</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/5-conditions-meteo.png?w=1600" length="2511783" type="image/png"/></item><item><title>Irlande : nos conseils pour fêter la Saint Patrick à Dublin</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tradition-irlande-nos-conseils-pour-feter-la-saint-patrick-a-dublin</link><description><![CDATA[Pourquoi célébrer votre fête nationale une seule journée, quand vous pouvez le faire sur quatre jours ? C’est ce que propose le St Patrick’s Festival à Dublin, à l’occasion duquel locaux et touristes se réunissent pour honorer le saint patron de l’Irlande. En plus du défilé principal organisé le 17 mars, une foule d’activités sont également proposées à travers la ville. Au programme : spectacles...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 18:19:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/tradition-irlande-nos-conseils-pour-feter-la-saint-patrick-a-dublin</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/tourismirelanddrurystreetdublincity-4.jpg?w=1600" length="1268468" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi célébrer votre fête nationale une seule journée, quand vous pouvez le faire sur quatre jours&nbsp;? C’est ce que propose le St&nbsp;Patrick’s&nbsp;Festival à Dublin, à l’occasion duquel locaux et touristes se réunissent pour honorer le saint patron de l’Irlande. En plus du défilé principal organisé le 17&nbsp;mars, une foule d’activités sont également proposées à travers la ville. Au programme&nbsp;: spectacles de cabaret, concerts, visites guidées et récits d’histoires. Et si vous en avez eu assez du festival, profitez de la ville comme les Dublinois en visionnant un film dans un cinéma vintage ou en vous délassant dans un sauna en bord de mer.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611933_0">ARPENTEZ DRURY&nbsp;STREET</h2><p>Lorsque le soleil pointe le bout de son nez, cette rue devient l’endroit idéal pour se poser en terrasse. C’est aussi un centre créatif, peu importe la météo. Faites du shopping dans les boutiques d’ameublement et les friperies indépendantes avant de prendre place en terrasse au <a href="https://www.loosecanon.ie/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Loose&nbsp;Canon</a> pour goûter à leur excellentissime «&nbsp;cheese toastie&nbsp;» ou de vous attabler chez Mani pour déguster une part de pizza romaine.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611933_1">FAITES UN FESTIN CHEZ</h2><p><a href="https://chubbyskitchen.ie/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>CHUBBY’S</strong></a></p><p>Lorsque Barry&nbsp;Stephens, l’un des chefs préférés de la ville, a ouvert son restaurant à Clontarf, dans la banlieue de Dublin, celui-ci est rapidement devenu une adresse phare en ville. Les Dublinois s’y retrouvent pour déguster des assiettes de poulet frit au miel, des joues de bœuf fumées pendant 10&nbsp;heures et les meilleurs tacos birria qui existent en dehors du Mexique. L’établissement, niché dans un entrepôt, présente des murs en terracotta rosé et des affiches originales. C’est au niveau du bar incurvé que se trouvent les meilleures places&nbsp;: comme elles donnent sur la cuisine, vous pourrez assister au braisage des pains plats et des côtelettes d’agneau sur le feu et écouter les discussions joviales des chefs.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611936_0">ÉLIMINEZ LES TOXINES AU SAUNA</h2><p>Les saunas ont poussé comme des champignons en Irlande ces dernières années. On en trouve désormais au bord des lacs ou en bord de mer. S’ils sont particulièrement en vogue actuellement, les saunas existent dans le pays depuis le 17<sup>e</sup>&nbsp;siècle, lorsque des tentes de sudation en forme de ruche d’abeilles étaient utilisés à des fins médicinales. Vous trouverez plusieurs bonnes adresses à Dublin. Essayez <a href="https://thehotboxsauna.ie/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">The Hot Box</a> à Inchicore, qui dispose de cinq saunas et de bassins de plongée, en plus d’être situé juste à côté d’une <a href="https://stillgardendistillery.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">distillerie de gin</a> et d’une <a href="https://rascalsbrewing.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">brasserie</a>. Vous pouvez aussi vous rendre à The Hot Box de Killiney pour pouvoir piquer une tête dans la mer entre deux séances de sauna.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611936_1">ÉCOUTEZ DES HISTOIRES</h2><p>La tradition des conteurs traditionnels (ou <a href="https://www.seanchoiche.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>seanchaí</em></a>) est, depuis peu, en plein renouveau à Dublin. Devant les spectateurs, un conteur raconte une histoire tout en tissant du fil. Si vous souhaitez raconter une histoire ou en entendre une, prenez part aux évènements Seanchoíche, qui sont régulièrement organisés au café The Fumbally dans le quartier The Liberties. Vous pouvez aussi vous rendre au <a href="https://www.thedublinstoryslam.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dublin Story&nbsp;Slam</a>, en centre-ville.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611938_0">ALLEZ AU CINÉMA</h2><p>Le <a href="https://www.stellacinemas.ie/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Stella Cinema</a> a ouvert ses portes en&nbsp;1923. Bien qu’il ait été rénové depuis, avec des fauteuils en cuir et des petites tables pour poser votre cocktail, il n’a rien perdu de sa superbe art déco. Les meilleurs films, à savoir les vieux classiques hollywoodiens, sont diffusés ici tous les vendredis après-midi et vous pouvez les regarder en sirotant un verre offert par la maison.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611938_1">FAITES UN TOUR AU MARCHÉ</h2><p>S’il n’existe pas de marché permanent à Dublin, plusieurs marchés font leur apparition le week-end. C’est notamment le cas du marché mensuel <a href="https://www.welovemarkets.ie/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">We Love Markets</a>, situé dans le quartier des Liberties. Installé autour d’un moulin à vent datant du 18<sup>e</sup>&nbsp;siècle, vous y trouverez des food trucks, des étals de vêtements vintage et un DJ jouant des vinyles.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Comment Catherine II de Russie est devenue la "Grande Catherine"</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/empire-russe-histoire-europeenne-comment-catherine-ii-de-russie-est-devenue-la-grande-catherine</link><description><![CDATA[En 1729, dans la lugubre ville de garnison allemande de Stettin (actuelle Szczecin, en Pologne), une enfant vint au monde dans une famille de la noblesse prussienne en déclin. Ses jeunes années manquèrent d’amour parental mais furent marquées par une éducation, et des aspirations sociales, riches. Conviée en Russie à l’âge de quatorze ans, elle dut changer de nom, de religion et de langue pour...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 17:06:03 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/empire-russe-histoire-europeenne-comment-catherine-ii-de-russie-est-devenue-la-grande-catherine</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/catherine6.jpg?w=1600" length="2123235" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En 1729, dans la lugubre ville de garnison allemande&nbsp;de Stettin (actuelle Szczecin, en Pologne), une enfant vint au monde dans une famille de la noblesse prussienne en déclin. Ses jeunes années manquèrent d’amour parental mais furent marquées par une éducation, et des aspirations sociales, riches. Conviée en Russie à l’âge de quatorze ans, elle dut changer de nom, de religion et de langue pour épouser le futur tsar. Un prêté pour un rendu&nbsp;: c’est la Russie qui finit par être transformée par sa nouvelle tsarine.</p><p>Sophie Frédérique Augusta est élevée aux marges du pouvoir dans le royaume de Prusse. Sa mère, Jeanne, est passée maîtresse dans l’art de tirer profit de ses relations sociales et familiales, tandis que son père, le prince Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst, possède un nom plus impressionnant que sa personnalité discrète et austère. Leur mariage, des moins évidents, est un mariage malheureux, et la naissance d’une fille ne présage d’aucune amélioration en ce qui concerne les fortunes de la famille. Des années plus tard, dans ce qui deviendra une somme de 700 pages de correspondances et mémoires pleins de vie, francs et soucieux de se réhabiliter, l’impératrice russe écrira ceci au sujet de son arrivée dans le monde&nbsp;: «&nbsp;Je ne fus pas très joyeusement accueillie.&nbsp;»</p><p>L’excellente éducation qu’on lui donne n’a qu’un but&nbsp;: épouser un bon parti. Lors de ses leçons, elle apprend la philosophie, le français, qui est alors la <em>lingua franca</em> de l’élite européenne, et à faire convenablement des révérences. Elle donne du fil à retordre à ses précepteurs, en particulier lorsque la religion semble primer sur la logique. Lorsque son tuteur luthérien menace de lui donner des coups de bâton, cela ne fait que la confirmer dans son idée que le cerveau est plus persuasif que la force. «&nbsp;Je suis convaincue au plus profond de mon âme que Herr Wagner était un imbécile, écrira-t-elle. Toute ma vie j’ai eu cette propension à ne céder qu’à la gentillesse et à la raison, et de résister à toute forme de pression.&nbsp;»</p><p>Bien qu’angoissée par ce «&nbsp;démon de l’orgueil&nbsp;» présent chez sa fille, Jeanne emmène Sophie avec elle en voyage lors de ses visites dans les cours du nord de l’Allemagne. Ces visites s’inscrivent dès le début dans une campagne dont l’objectif est d’arranger un mariage pour sa fille qui, quoique quelconque en apparence, ne manque pas de charme, tant s’en faut. En 1739, lors de l’une de ces visites, Sophie, qui a alors dix ans, rencontre son cousin issu de germain, Karl Peter Ulrich, orphelin depuis peu et seul petit-fils encore en vie du tsar Pierre Ier, mieux connu sous le nom de Pierre le Grand.</p><p>Attentive aux murmures des ragots de cour, Sophie surprend une conversation&nbsp;: l’enfant-duc est de tempérament impulsif et, bien qu’il n’ait que onze ans, est «&nbsp;porté sur la bouteille&nbsp;». Le jeune Pierre est maltraité physiquement par son tuteur principal et souvent affamé en guise de punition. Il trouve refuge auprès de ses petits soldats et de son violon, dont il joue mal. Personne ne semble prendre son éducation au sérieux. Son «&nbsp;professeur le plus consciencieux&nbsp;», se souviendra-t-elle au sujet de la jeunesse troublée de son futur mari, «&nbsp;était le maître de ballet Landé, qui lui apprit à danser&nbsp;».</p><p>Quelques années plus tard, c’est ce garçon mal adapté et maltraité que l’impératrice russe Élisabeth I<sup>re</sup>, sans enfant et en quête d’un héritier légitime pour la lignée Romanov, va chercher en Prusse. De par ses liens familiaux avec Jeanne, l’impératrice Élisabeth tournera ensuite son regard d’entremetteuse vers son ancienne camarade de jeu à la cour, l’adroite et cultivée Sophie. L’union semble bonne.</p><p>Mais le mariage est voué à l’échec.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5562111_0">FONDER UNE FAMILLE</h2><p>Conviée en Russie, la future mariée traite le jeune duc comme son «&nbsp;maître&nbsp;» et s’efforce de plaire à l’impératrice. Sophie adopte un nom russe, Catherine (Ekaterina), se convertit du luthéranisme au christianisme russe orthodoxe, et passe de longues soirées à mémoriser des mots russes pieds nus en faisant les cents pas sur des sols froids. Ses efforts lui causent non seulement une pneumonie mais également une réputation éclatante de fidèle à sa nouvelle patrie. Son image s’embellit encore un peu plus lorsque, gravement malade, elle chasse un prêtre luthérien au profit d’un prêtre orthodoxe.</p><p>Sa relation avec le juvénile Pierre évolue, mais surtout pour le pire. Au sujet de leur nuit de noces peu romantique en 1745, elle écrit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Il s’est endormi et cela a duré ainsi pendant neuf ans.&nbsp;» Pour passer le temps, elle joue à colin-maillard, au whist et au faro avec ses dames de compagnie. Elle devient cavalière accomplie et se sert de ses longues jupes pour se couvrir lorsqu’elle ne monte pas en amazone. Pierre joue avec ses petits soldats ou «&nbsp;écorche&nbsp;» son violon qui, écrit-elle, «&nbsp;torturait mes tympans du matin au soir&nbsp;». Le couple malheureux fera tout sauf pérenniser la lignée Romanov avec un héritier.</p><p>L’impératrice Élisabeth était de plus en plus frustrée. Bientôt, la première dame de compagnie de Catherine lui souffla qu’en cas de «&nbsp;force majeure&nbsp;» il y avait des exceptions aux règles de la fidélité et qu’elle pouvait «&nbsp;choisir entre S.S. et L.N.&nbsp;» sans être importunée. Ces derniers étaient tous deux des gentilshommes de Pierre&nbsp;; Sergei Saltykov, homme élégant de 26 ans, fut préféré à Lev Naryshkin, et en 1754 un fils vit enfin le jour. L’identité du père demeure à ce jour encore un mystère. L’impératrice nomma l’enfant Paul et le sépara immédiatement de Catherine. Elle fit de même trois ans plus tard, lorsque cette dernière mit au monde une petite fille. Il est invraisemblable que les deux enfants fussent de Pierre qui, selon Catherine, aurait un jour dit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Dieu sait où ma femme tombe enceinte.&nbsp;»</p><p>Mise à l’écart de ses enfants, constamment ramenée aux «&nbsp;dettes&nbsp;» financières qu’elle entretient vis-à-vis de l’impératrice, et semblant perdre son statut à la cour, Catherine passe ses journées, puis des années, à lire. Des philosophes tels que Voltaire, Montesquieu et Tacite, écrit-elle, «&nbsp;donnèrent lieu à une révolution dans ma façon de penser&nbsp;». Elle demande à quitter la Russie, requête rejetée par l’impératrice. Elle reste donc, bien déterminée à «&nbsp;garder la tête haute&nbsp;» et, dorénavant, à laisser les autres deviner «&nbsp;sur quel pied danser&nbsp;» quand ils se trouvent en sa présence.</p><p>En 1762, l’impératrice meurt d’une attaque et Pierre accède au trône. Sa vraie loyauté à la Prusse devient terriblement évidente&nbsp;: il renonce aux territoires durement conquis par la Russie dans sa guerre face au royaume de Prusse et oblige les officiers russes à porter l’embarrassant uniforme bleu des Prussiens. Le nouveau tsar se met à parler d’épouser une autre femme, interroge l’ascendance de Paul et réprimande Catherine en public en la qualifiant de <em>dura</em> (idiote) lors d’un banquet officiel avant d’ordonner brièvement, sous l’influence de l’alcool, son arrestation.</p><p>Catherine doit alors réfléchir, et vite&nbsp;: il est «&nbsp;question de périr avec lui, ou par lui, ou bien de me sauver moi et mes enfants, et peut-être l’État, du désastre&nbsp;» qu’est Pierre III. «&nbsp;Le dernier choix me semble le plus sûr.&nbsp;» Ce choix, l’écarter du pouvoir, est un choix qui bénéficie déjà d’un soutien grandissant.</p><p>À cinq heures du matin, le 28 juin, la tsarine est précipitée avec l’aide de quelques dizaines d’officiers et de partisans à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Pétersbourg et est faite impératrice Catherine II. Les foules se soulèvent. Davantage de soldats s’attroupent et lui offrent des parties de leur uniforme – qu’ils arborent vert par fierté d’être russe et non bleu comme l’uniforme prussien voulu par Pierre – pour qu’elle les porte sur son cheval à la tête de ce qui ne tarde pas à devenir une force de 14&nbsp;000&nbsp;soldats qui se dirigent vers le domaine où Pierre III est en train de se reposer. Ce dernier se rend sans opposer de résistance. Huit jours plus tard, alors qu’il est assigné à résidence à Rophsa, en banlieue de Saint-Pétersbourg, il meurt.</p><p>Étranglé et sans doute empoisonné (selon certains témoignages, ceux qui sont allés l’embrasser dans son cercueil sont repartis les lèvres gonflées à cause d’une toxine encore présente sur sa dépouille), la cause officielle du décès de Pierre III est ignominieuse&nbsp;: «&nbsp;une grave attaque de colique hémorroïdaire&nbsp;». Si le tsaricide ne sera jamais directement attribué à Catherine, ce diagnostic fantaisiste deviendra un euphémisme narquois servant à désigner un assassinat.</p><h2  id="header_5562118_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5562118_1">DESPOTE ÉCLAIRÉE</h2><p>Ni Romanov, ni russe, Catherine se retrouve soudain en position de pouvoir suprême sur 20 millions de personnes. Ses trente-quatre années de règne, le plus long pour une dirigeante en Russie, vont être guidées par son désir d’achever ce que Pierre le Grand avait commencé&nbsp;: modernisation, occidentalisation et expansion pour devenir le plus grand empire sur Terre.</p><p>Sur sa liste des tâches impériales, Catherine prend peu de choses à la légère. Levée dès cinq heures du matin tous les jours, elle s’empresse d’apaiser la noblesse russe et de rassurer l’Europe avec des messages de paix et de tolérance. Guidée par les principes des Lumières, elle se veut despote, mais despote bienveillante ou éclairée, préférant la raison au dogme, à la tyrannie ou à la vengeance. Ceux qui l’ont aidée à s’emparer du pouvoir sont généreusement récompensés, et les anciens opposants sont pardonnés. «&nbsp;Vous n’avez fait que votre devoir&nbsp;» assure-t-elle à l’un d’eux qui a exhorté Pierre III à se soulever contre elle.</p><p>Elle demande un dialogue ouvert. «&nbsp;J’affectionne particulièrement la vérité&nbsp;», écrit-elle à un officiel. «&nbsp;Opposez-moi des arguments sans danger aucun si cela conduit à de bons résultats en affaires.&nbsp;» Quand elle s’aperçoit que des membres de son propre Sénat sont incultes en ce qui concerne leur vaste nation, elle leur fournit un atlas. Ses réformes sociales, de santé et d’éducation incluent notamment la création du premier orphelinat du pays.</p><p>Catherine plaide en faveur de la variolisation, progrès scientifique alors terrifiant, et devient l’une des premières personnes de Russie à se faire immuniser contre la variole. Elle fait construire des écoles partout à travers l’Empire et créé la première institution d’instruction publique à destination des femmes, l’Institut Smolny pour jeunes filles nobles, tout à fait consciente que c’est sur la noblesse que repose sa fragile mainmise sur le pouvoir.</p><p>Elle devient selon ses propres dires «&nbsp;avide&nbsp;» d’art et collectionne les œuvres dans toute l’Europe. Pour les accueillir toutes, elle choisit une aile du Palais d’Hiver, qui finira par devenir le plus grand musée du monde après le Louvre. Une plaque accueille alors les visiteurs avec des règles d’étiquette humoristiques&nbsp;: «&nbsp;Tous les rangs devraient être laissés à l’entrée, il en va de même pour les chapeaux et surtout pour les épées&nbsp;» ou encore «&nbsp;Parlez avec modération et pas trop fort afin que les autres personnes présentes n’aient pas mal aux oreilles ou mal à la tête.&nbsp;» Elle nomme Hermitage ce havre destiné à la simplicité intellectuelle qu’elle affectionne.</p><p>En 1763, lors de sa deuxième année sur le trône, elle entame une correspondance qui durera toute sa vie avec Voltaire et avec d’autres philosophes des Lumières. Quand un Denis Diderot sans le sou met sa bibliothèque en vente, elle l’achète mais ordonne qu’il la garde. Les lettres d’idées et de flatteries mutuelles qu’elle échange avec les penseurs les plus modernes d’Europe sont partagées partout, ce qui participe à sa publicité en Russie et à l’étranger. «&nbsp;Qui eût pu soupçonner, il y a cinquante ans de cela, qu’un jour, les Scythes [les Russes] récompenseraient avec tant de noblesse à Paris la vertu, la science et la philosophie auxquelles on fait si honteux traitement chez nous&nbsp;?&nbsp;» On imagine la tsarine ne pas bouder son plaisir à la lecture de cette question de Voltaire.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5562125_0">RÉFORMES EN RUSSIE</h2><p>En 1765, Catherine se lance dans son projet le plus ambitieux jusqu’alors, un projet dont l’écriture nécessitera jusqu’à trois heures par jour pendant deux années. Son <em>Nakaz&nbsp;</em>(ses Instructions) fut conçu comme un guide pour la réorganisation de la totalité du système légal et administratif de la Russie, et largement inspiré de l’ouvrage <em>De l’esprit des lois</em> publié par Montesquieu en 1748. Son guide, animé par des idées humanistes, prône notamment une citoyenneté libre obligée par un ensemble de lois, et désavoue la peine capitale et la torture. Il tente également de soulever la question particulièrement difficile du servage en Russie. Les serfs, rattachés à la terre et traités comme des biens achetables et vendables, constituent alors la moitié de la population de l’empire.</p><p>Pour Catherine, le servage est une institution «&nbsp;insupportable&nbsp;», bien qu’elle ait elle-même octroyé des serfs en guise de récompense à ses soutiens. Le système est si enraciné que l’on mesure la richesse d’un noble au nombre d’«&nbsp;âmes » qu’il possède et non à la taille de ses terres. En échange de serfs, les nobles doivent servir l’État, en général en effectuant un service militaire.</p><p>Une fois achevé, son <em>Nakaz</em> est entravé par sa propre bureaucratie et largement révisé par ses conseillers. Seule une fraction de son œuvre originale est publiée&nbsp;; les sections permettant aux serfs d’acheter leur propre liberté et limitant leur servitude à six années disparaissent. Ce qui est publié est néanmoins assez progressiste pour être traduit dans toute l’Europe… et banni en France.</p><p>Cette poursuite intellectuelle donne également lieu à la première constitution d’une assemblée nationale représentative de toutes les parties de l’Empire. Ses délégués sont libres d’y discuter des besoins de leurs régions, mais ils choisissent également de débattre d’un titre digne de ce nom à attribuer à Catherine en signe de gratitude pour les avoir réunis. Selon l’historien Robert Massie, les titres plus en vogue sont alors «&nbsp;la Grande&nbsp;» et «&nbsp;Très Sage Mère de la Patrie&nbsp;». Catherine les refuse tous. Mais c’est le premier qui recueille le plus de votes.</p><p>(À lire : <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2019/08/la-princesse-tarakanova-lusurpatrice-qui-tente-de-renverser-la-grande-catherine"><em>La princesse Tarakanova, l’usurpatrice qui a tenté de renverser la Grande Catherine</em></a><em>.</em>)</p><p>Le débat lui permet également de légitimer son règne qui a déjà vu poindre la menace. En 1764, des officiers mécontents ont essayé de libérer un Romanov pouvant prétendre au trône&nbsp;: Ivan VI, âgé de 24 ans et emprisonné depuis la naissance par l’impératrice Élisabeth. Il est préventivement tué par ses geôliers. Se faisant passer pour Pierre&nbsp;III, qui serait curieusement en vie, un cosaque du nom d’Emelian&nbsp;Pougatchev mène une importante jacquerie contre Catherine qui durera deux ans avant d’être écrasée en 1775.</p><p>Bien qu’elle ait débuté son règne en envoyant des hérauts porter des messages de paix en Europe, Catherine II répond de plus en plus par la force quand elle décèle une menace ou bien une aubaine dans les alliances géopolitiques changeantes qui l’entourent. Elle annexe la Crimée, qu’elle confisque aux Ottomans, se partage la Pologne avec les Prussiens, et agrandit son empire de plus de 500&nbsp;000&nbsp;kilomètres carrés. Elle sait également quand éviter le conflit et décline une requête formelle du roi George&nbsp;III lui demandant d’envoyer 20&nbsp;000&nbsp;soldats russes et 1&nbsp;000&nbsp;cosaques pour réprimer la guerre d’indépendance qui prend forme dans les colonies américaines de la Grande-Bretagne.</p><p>Ses campagnes militaires sont souvent conduites par un «&nbsp;favori&nbsp;», terme officiel désignant les hommes destinés à être ses amants, ses collaborateurs et ses confidents intellectuels. L’un d’eux, Grigori Grigorievitch Orlov, lui a facilité la tâche lorsqu’il s’est agi de s’emparer du trône&nbsp;; d’un autre elle fera un roi de Pologne à sa botte. Le plus puissant d’entre eux, et vraisemblablement marié à elle en secret, est Grigori&nbsp;Potemkine. Il refonde les confins méridionaux de son empire et met sur pied une flotte navale en mer Noire, l’aidant ainsi à accomplir un autre des objectifs de Pierre le Grand.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5562131_0">ÉPITAPHE POUR UNE IMPÉRATRICE</h2><p>En 1789, Catherine est sur le trône depuis près de trente ans et la violence de la Révolution française marque un tournant drastique dans son histoire d’amour avec les Lumières. Craignant elle-même une révolution, elle commence à censurer les écrits libéraux, notamment une étude sur la souffrance des serfs et même les œuvres de son ami de toujours, Voltaire.</p><p>Catherine a déjà eu l’occasion d’apprendre que certains de ses idéaux sont plus faciles à imaginer qu’à mettre en œuvre. C’est ce qu’elle explique à Diderot venu lui rendre visite en 1773. «&nbsp;Dans vos plans de réforme, vous oubliez la différence entre nos deux positions&nbsp;: vous travaillez exclusivement sur le papier, qui admet tout, est lisse et flexible et n’oppose aucun obstacle que ce soit à votre imagination ou bien à votre plume, tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine, qui est bien plus sensible et chatouilleuse.&nbsp;»</p><p>Dans ses dernières années, tout en continuant à diriger son empire, elle trouve du réconfort en jouant sur le sol avec ses petits-enfants, leur donnant l’affection maternelle qu’elle n’a pas pu donner à ses propres enfants, et se promène avec ses lévriers. D’après Robert Massie, le 5 novembre 1796, «&nbsp;elle se lève à six heures, boit du café noir, et s’assied pour écrire&nbsp;». Quelques heures plus tard, elle est retrouvée inconsciente, très vraisemblablement victime d’une attaque. Le 6 novembre, on annonce la mort de l’impératrice et Sa Majesté Paul lui succède.</p><p>Ce n’est qu’à titre posthume qu’on commença à l’appeler «&nbsp;la Grande&nbsp;». De son vivant, elle s’y était toujours opposée, ainsi qu’elle l’expliquait en 1788 dans une lettre adressée au baron von Grimm, diplomate allemand. «&nbsp;Je vous supplie de ne plus m’appeler Catherine la Grande, de ne plus m’affubler de ce sobriquet, car <em>primo</em> je n’aime pas les sobriquets de quelque nature que ce soit, <em>secundo</em> mon est Catherine II, et <em>tertio</em> je ne veux pas que quiconque dise de moi comme on dit de Louis XV, à savoir qu’il est mal nommé.&nbsp;» Quoiqu’elle aimât faire des listes de trois, elle ajouta un quatrième point en guise de plaisanterie&nbsp;: «&nbsp;Ma taille n’est ni grande ni petite.&nbsp;»</p><p>Ses mémoires, qui révèlent les mécanismes de la cour, les échecs de Pierre III et la possibilité que Paul soit illégitime et peut-être pas un Romanov, deviennent immédiatement un secret d’État. On les cache pendant un siècle puis on les enfouit de nouveau après 1917 lorsque les Bolchéviques installent leur quartier général dans son Institut Smolny et tuent le dernier des tsars.</p><p>Toujours maîtresse de son empire et de sa plume, comme une plaisanterie, elle écrivit son épitaphe de son vivant&nbsp;: «&nbsp;Ci-gît Catherine II, née à Stettin en 1729. Elle arriva en Russie en 1744 pour épouser Pierre III. À quatorze ans, elle eut trois désirs&nbsp;: être aimée par son mari, par l’impératrice Élisabeth et par son peuple. Elle n’omit rien pour y parvenir.&nbsp;»</p><p>Elle accomplit tant de choses encore. À sa manière, on pourrait dire&nbsp;: primo, qu’elle fut une femme en avance sur son temps qui façonna son époque de sorte que celle-ci s’adapte à elle&nbsp;; secundo, qu’elle choisit ses batailles de manière avisée&nbsp;; et tertio, que ses réformes durables furent peut-être son plus grand coup.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Quels sont les meilleurs aliments pour votre cerveau ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/equilibre-nutrition-dietetique-quels-sont-les-meilleurs-aliments-pour-votre-cerveau</link><description><![CDATA[Tout le monde a un jour entendu dire que manger des carottes pouvait améliorer la vue, ou encore que boire du lait riche en calcium était bon pour les dents et les os. Et pour notre cerveau, quel aliment est salutaire ?« Du point de vue des neuroscientifiques, le cerveau fonctionnant littéralement grâce aux nutriments, l'alimentation revêt une importance fondamentale pour sa santé », explique...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 14:24:15 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/equilibre-nutrition-dietetique-quels-sont-les-meilleurs-aliments-pour-votre-cerveau</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/brain-food-new-og.jpg?w=1600" length="1823318" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Tout le monde a un jour entendu dire que manger des carottes pouvait améliorer la vue, ou encore que boire du lait riche en calcium était bon pour les dents et les os. Et pour notre&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/brain-2" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cerveau</a>, quel aliment est salutaire&nbsp;?</p><p>«&nbsp;Du point de vue des neuroscientifiques, le cerveau fonctionnant littéralement grâce aux nutriments, l'alimentation revêt une importance fondamentale pour sa santé&nbsp;», explique&nbsp;<a href="https://www.lisamosconi.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Lisa Mosconi</a>, directrice de la Weill Cornell Women’s Brain Initiative et autrice de <em>Food: The Surprising Science of Eating for Cognitive Power</em>.</p><p>Au fur et à mesure qu’il vieillit, notre cerveau a besoin de différents nutriments. La petite enfance représente une période particulièrement cruciale pour sa croissance, son développement et sa santé.</p><p>«&nbsp;Même au cours des premières années de vie, le cerveau produit des neurones à la vitesse de la lumière&nbsp;», poursuit Lisa Mosconi, également neuroscientifique. «&nbsp;Le cerveau d’un bébé contient plus de neurones, de cellules cérébrales, qu’il n’y a d’étoiles dans la Voie lactée.&nbsp;»</p><p>Dans l’ensemble, les scientifiques ont trouvé environ 45 nutriments essentiels à la santé du cerveau, notamment des protéines, le zinc, le fer, la choline, les folates, l’iode, les acides gras oméga 3 et les vitamines A, D, B6 et B12.</p><p>Bien entendu, personne, enfant ou non, n’a l’eau à la bouche en entendant les mots «&nbsp;folates&nbsp;» et «&nbsp;choline&nbsp;». L’astuce est donc de cibler les aliments naturellement riches en bonnes substances. En plus de ceux énumérés ci-dessous, pensez à ajouter au menu de l’avoine, des noix, des agrumes, des haricots et des légumes de différentes couleurs.</p><p>«&nbsp;Il est essentiel de commencer tôt&nbsp;», indique&nbsp;<a href="https://www.health.harvard.edu/authors" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Claire McCarthy</a>, pédiatre au Boston Children’s Hospital et maître de conférences en pédiatrie à la Harvard Medical School. «&nbsp;Si les enfants ne connaissaient que des aliments sains, ils seraient beaucoup moins susceptibles de refuser d'en manger.&nbsp;»</p><p>En ciblant quelques groupes d’aliments et en expérimentant de nouvelles façons de les préparer, il peut être plus facile que vous ne le pensez de procurer à votre famille les apports nécessaires à la croissance de leur cerveau.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5562811_0">LES BAIES</h2><p><strong>APPORTS&nbsp;: </strong>même des baies communes et accessibles telles que les mûres sauvages et les myrtilles regorgent de vitamine C. Bien qu'on associe souvent ce nutriment au système immunitaire, le cerveau en a également besoin. La vitamine C est un antioxydant, explique Lisa Mosconi, ce qui signifie qu’elle joue un rôle crucial dans la neutralisation des radicaux libres naturels qui endommagent notre ADN et nos cellules.</p><p>«&nbsp;Elle est également importante pour la formation des neurotransmetteurs, substances chimiques utilisées pour la signalisation dans le système nerveux&nbsp;», poursuit-elle. Un apport insuffisant en vitamine C nuit à l’intégrité de nombreux tissus organiques, y compris le cerveau.</p><p>Framboises, cerises noires, mûres blanches et baies de goji brillent également dans cette catégorie. Les baies contiennent aussi un bon mélange de sucres naturels et de fibres, ce qui est important pour le <a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/digestive-system" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">système digestif</a>.</p><p><strong>COMMENT EN FAIRE MANGER AUX ENFANTS&nbsp;:</strong> les baies sont probablement ce qu’ils mangeront le plus facilement dans cette liste. Si toutefois vous souhaitez innover, Lisa Mosconi recommande de les tremper dans du yaourt ou même du chocolat noir, autre aliment qui a des vertus pour le cerveau grâce à un acide aminé essentiel appelé tryptophane. Vous pouvez également les congeler et les mixer en sorbet avec un peu de jus de citron et de sirop d’érable.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5562811_1">LES PRUNES</h2><p><strong>APPORTS&nbsp;:&nbsp;</strong>ce fruit, qu’il soit frais ou séché (ainsi appelé pruneau), est une excellente source de tryptophane, un acide aminé essentiel à un neurotransmetteur appelé sérotonine qui permet de réguler l’humeur. Assurer l’apport du cerveau de vos enfants en tryptophane va également leur permettre de mieux dormir la nuit, moment où cet organe se repose et se répare. Les graines de chia et le cacao cru, ingrédient du chocolat noir, contiennent également du tryptophane.</p><p><strong>COMMENT EN FAIRE MANGER AUX ENFANTS&nbsp;: </strong>la purée de pruneaux, à la fois douce et forte en goût, pourrait être l’un des premiers aliments solides de votre bébé. Lorsque les enfants grandissent, les prunes entières sont une alternative amusante aux pommes dans la boîte à goûter. Pour plus de fantaisie, coupez des pruneaux en deux et badigeonnez-les de beurre d’arachide croustillant pour une collation saine, pleine de fibres et de protéines.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5562812_0">LES PATATES DOUCES</h2><p><strong>APPORTS&nbsp;:&nbsp;</strong>s’il y avait un aliment à privilégier pour la santé du cerveau de vos enfants, ce serait les légumes verts à feuilles sombres, indique Lisa Mosconi, dont le dernier livre s’intitule <em>The XX Brain: The Groundbreaking Science Empowering Women to Maximize Cognitive Health and Prevent Alzheimer's Disease</em>. Elle reste néanmoins honnête&nbsp;: «&nbsp;les enfants ne les mangeront pas&nbsp;». Alors, que diriez-vous d’un tubercule naturellement sucré qui se prête à de nombreuses recettes et chargé d’un autre antioxydant connu sous le nom de vitamine A&nbsp;? Cette vitamine essentielle est importante pour la santé générale du cerveau car une carence sévère peut entraver le développement et le fonctionnement du système nerveux central.</p><p><strong>COMMENT EN FAIRE MANGER AUX ENFANTS&nbsp;: </strong>vous pouvez les faire en purée, les cuire au four, les faire frire, les griller. Il est également possible d’en faire des croquettes, tartes, galettes, ou encore des soupes. Les possibilités sont infinies.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5562812_1">LE POISSON</h2><p><strong>APPORTS&nbsp;:&nbsp;</strong>plus de la moitié de notre cerveau est composé de graisses, il est donc évident que les lipides jouent un rôle dans notre santé neurologique. Le type de graisse que vous consommez a toutefois son importance. Par exemple, un type d’acide gras oméga 3 connu sous le nom de DHA (acide docosahexaénoïque) est extrêmement important pour la construction des cellules nerveuses. Celles-ci sont responsables de la croissance et du développement de notre cerveau, ainsi que des capacités d'apprentissage, indique Lisa Mosconi. Pour s’en procurer, «&nbsp;il faut privilégier les poissons gras d’eau froide&nbsp;». Les poissons parmi les plus riches en DHA sont le saumon, le maquereau, les anchois, les sardines et le hareng&nbsp;; l’acronyme SMASH permet de s’en souvenir facilement.</p><p><strong>COMMENT EN FAIRE MANGER AUX ENFANTS&nbsp;: </strong>elle-même mère d’une petite fille, Lisa Mosconi prépare souvent ce qu’elle appelle le «&nbsp;bâtonnet de poisson amélioré&nbsp;». Plongez d’abord le filet de poisson dans un bol d’œufs, puis dans un autre contenant des pistaches et amandes finement broyées, ainsi que de la chapelure et du sel. Enfin, faites sauter le poisson dans l’huile de coco ou d’olive extra vierge. Bien sûr, si votre enfant ne veut pas toucher à l'un des poissons «&nbsp;SMASH&nbsp;», il peut être utile de l’habituer au goût du poisson que l’on trouve régulièrement en pavés et bâtonnets au rayon surgelés. Le tilapia et le cabillaud contiennent également des acides gras sains, indique Claire McCarthy.</p><p>Celle-ci souhaite prodiguer un dernier conseil&nbsp;: les parents doivent montrer l’exemple.</p><p>«&nbsp;Les enfants observent leurs parents et apprennent d’eux. Si vous voulez qu’ils mangent des aliments sains pour le cerveau, vous devez en manger aussi&nbsp;», assure-t-elle.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Grèce : 31 îles incontournables</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/guide-conseils-tourisme-lent-guide-conseils-voyage-europe-grece-31-iles-incontournables-samothrace-mykonos-syros-naxos</link><description><![CDATA[Des spécialités gastronomiques sur les îles des Cyclades aux ruines énigmatiques du Dodécanèse, chacun des six principaux archipels grecs possède son caractère propre. Pourtant, en y regardant de plus près, vous constaterez qu’il existe davantage d’éléments qui les unissent plutôt qu’ils ne les distinguent : des villes coupées du monde appréciées des gourmets locaux, des criques cachées associées...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 11:05:52 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/guide-conseils-tourisme-lent-guide-conseils-voyage-europe-grece-31-iles-incontournables-samothrace-mykonos-syros-naxos</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/greece14.jpg?w=1600" length="1812598" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Des spécialités gastronomiques sur les îles des Cyclades aux ruines énigmatiques du Dodécanèse, chacun des six principaux archipels grecs possède son caractère propre. Pourtant, en y regardant de plus près, vous constaterez qu’il existe davantage d’éléments qui les unissent plutôt qu’ils ne les distinguent : des villes coupées du monde appréciées des gourmets locaux, des criques cachées associées à nombre de mythes et, surtout, une splendeur naturelle qui a envoûté des artistes et des aventuriers à travers les âges.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582321_0"><strong>1. NISYROS</strong></h2><p>Dans la mythologie grecque, Poséidon a empoigné une grande partie de l’île de Kos et l’a jetée violemment à la tête d’un Titan impétueux appelé Polybotès, créant ainsi l’île volcanique de Nisyros, avec son immense caldera sulfureuse. Le volcan est actif mais les touristes disposent tout de même de la possibilité de marcher sur sa croûte chaude. Surveillé attentivement, sa dernière éruption remonte à 1888. Il est possible de s’y rendre lors d’une excursion d’une journée à partir de l’île voisine de Kos. Néanmoins, cela vaut la peine de rester pour explorer la ville principale de l’île, Mandraki&nbsp;: avec ses maisons colorées et ses églises byzantines ; les sources chaudes de Loutra, non loin de là ; et le village d’Emporios, situé en altitude, avec ses ruines de château byzantin, sa grotte faisant office de sauna naturel et ses vues imprenables sur la caldera.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582321_1"><strong>2. KALYMNOS</strong></h2><p>Pendant longtemps, l’île de Kalymnos a été célèbre pour une seule chose : la pêche aux éponges. En 1996, néanmoins, un autre élément a commencé à attirer l’attention, lorsque le grimpeur italien Andrea di Bari, en vacances avec sa famille, s’est tourné vers les imposantes falaises de calcaire de l’île. Très vite, cette dernière s’est imposée comme une capitale de l’escalade. Kalymnos compte aujourd’hui plus de 4 000 voies, pour tous les niveaux, et des entreprises telles que&nbsp;<a href="https://climbinkalymnos.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Climb in Kalymnos</a> proposent des cours pour débutants. Il n’y est toutefois pas uniquement question de sport car l’île a conservé son charme d’antan. Déambulez dans les ruines du château de Chora, <em>megálokástro</em> en grec, à flanc de montagne, ou dirigez-vous vers l’est jusqu’à Vathys et sa vallée semblable à un fjord, bordée de vergers d’agrumes parfumés.</p><h2     id="header_5582323_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582323_1"><strong>3. KOS</strong></h2><p>L’île de Kos est sillonnée par de nombreuses pistes cyclables, dont un nouveau sentier qui longe la côte sur un peu moins de 13 kilomètres, et propose plus de 6 500&nbsp;<a href="https://www.idealrentals.eu/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">vélos à la location</a>. Lorsque les colons italiens de Kos sont partis en 1943, ils ont laissé derrière eux leurs vélos, qui ont été rapidement adoptés par les personnes habitant l’île. Les ruines de l’Asclépiéion, situées à un peu plus de 3 kilomètres de la ville de Kos et facilement accessibles en deux roues, constituent l’un des meilleurs sites à explorer à vélo. En 430 av. J.-C., Hippocrate, le «&nbsp;père de la médecine&nbsp;», originaire de Kos, a créé ce sanctuaire de guérison, aménagé en terrasses à flanc de coteau. Il n’est cependant pas nécessaire d’aimer le vélo pour profiter de Kos. L’île possède également de nombreuses plages de sable et la ville de Kos est connue pour son architecture ottomane et italienne, couverte de nuages de bougainvilliers fuchsia.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582323_2"><strong>4. TILOS</strong></h2><p>Pendant des siècles, les personnes habitant sur Tilos ont construit leurs maisons à l’intérieur des terres, à l’abri des maraudeurs. Dans les années 1950, toutefois, lorsque la population du village de Micro Horio a vu ses puits se tarir, elle a décidé de s’installer dans la zone portuaire de l’île, emportant même avec elle toits, portes et fenêtres. Jusqu’à récemment, les seuls signes de l’existence de Mikro Chorio étaient l’église blanchie à la chaux et les murs de pierre de couleur fauve qui serpentent à flanc de coteau et servent de terrain de jeu aux chèvres. Aujourd’hui, néanmoins, une des maisons en ruine a été rénovée et transformée en un bar d’ambiance ouvert en été. À partir de 23 heures, lorsqu’il ouvre ses portes, une navette arrive de Livadia, un village tout proche, et le bruit des bavardages et des verres qui s’entrechoquent emplit à nouveau ce village fantôme.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582323_3"><strong>5. RHODES</strong></h2><p>L’île de Rhodes est surtout célèbre pour ses deux sites historiques : la ville médiévale de Rhodes, construite par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en croisade, et Lindos, une jolie ville connue pour ses maisons de capitaines de navire construites entre le 16<sup>e</sup> et le 17<sup>e</sup> siècle, dominée par une vertigineuse acropole datant de l’Antiquité. L’île est néanmoins également appréciée pour ses vastes plages de sable et le fait qu’elle bénéficie de plus de trois cents jours d’ensoleillement par an. Si vous pouvez vous éloigner de la mer, visitez les Sept sources, <em>Eptá Pigés</em> en grec, une oasis boisée rafraîchissante située dans le nord-est de l’île, à laquelle il est possible d’accéder en pataugeant dans une sombre galerie d’amenée d’eau mesurant 180 mètres de long. L’effort en vaut la peine : des baignades rafraîchissantes, une grande cascade et des sentiers de randonnée ombragés par des pins vous attendent, sans oublier une taverna, un restaurant grec, où des paons se promènent en liberté.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582323_4"><strong>6. SYMI</strong></h2><p>De taille modeste et peu connue, Symi attire des touristes en excursion d’une journée venant de Rhodes, l’île voisine, avec sa ville principale colorée, de style néoclassique, et le révéré monastère de Panormitis, orné de fresques, situé à l’autre bout de l’île. Des chemins muletiers presque oubliés, parcourant l’intérieur des terres boisé, relient ces deux endroits. Ceux-ci sont tombés en désuétude après qu’une route traversant toute l’île a été asphaltée dans les années 1960. Passez quelques jours dans l’archipel du Dodécanèse et marchez sur ces chemins de terre chargés d’histoire, qui ne sont parfois à peine plus qu’une suggestion de sentier. Ils vous permettront d’accéder à des points de vue rarement atteints par les touristes, qui s’ouvrent sur des criques coupées du monde, et un promontoire duquel la seule structure en vue ayant été bâtie par l’Homme est une église blanche isolée.</p><h2     id="header_5582325_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582325_1"><strong>7. KARPATHOS</strong></h2><p>L’une des plus hautes montagnes de l’archipel du Dodécanèse divise l’île de Karpathos en deux. À l’extrémité nord de celle-ci, le hameau reculé d’Olympos était isolé de tout jusqu’en 1979, date à laquelle une route a été construite à travers les terres sauvages. Les femmes qui y résident portent encore des foulards fleuris et de longues jupes, ainsi que d’énormes colliers de pièces d’or lors des grandes occasions, et perpétuent également de nombreuses traditions, comme la cuisson du pain dans les fours communaux et la broderie. Passez la nuit ici, dans la résidence douillette d’<a href="https://www.ireneshouse.com/?lang=fr" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Irene’s House</a> ou à l’hôtel&nbsp;<a href="https://archipelagoskarpathos.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">«&nbsp;OLYMPOS ARCHIPELAGOS&nbsp;»</a>, avec vue sur la mer, pour vous imprégner de la magie d’antan d’Olympos, et assistez à un concert traditionnel de laouto, instrument grec de la famille des luths, à la taverna.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582325_2"><strong>8. LEUCADE</strong></h2><p>L’île de Leucade, montagneuse et boisée, avec sa côte escarpée, n’a connu le tourisme que tardivement et peut donc sembler plus authentique que certaines des îles les plus populaires. Pour les personnes qui rêvent de naviguer entre ses îlots, le port de Nidri est le meilleur point de départ : à l’abri du vent, sa baie recèle de criques isolées et possède son propre archipel d’îlots émeraude.&nbsp;<a href="https://ionianboats.com/en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Vous pouvez y louer</a> aussi bien un zodiac ne nécessitant pas de permis qu’un grand voilier, avec lequel vous pourrez explorer les criques cachées.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582325_3"><strong>9. PAXOS</strong></h2><p>La location de bateaux, que ce soit en solo ou avec un skipper, est possible dans certaines zones de la plupart des îles grecques. Cependant, la taille de Paxos, une île de 11 kilomètres sur 3 cachée au large de la côte sud de Corfou, permet d’en faire le tour complet en quelques heures seulement. Il s’agit donc de l’endroit idéal pour sauter d’une plage à l’autre et découvrir certaines des criques les plus isolées de Grèce. Quelques-unes sont bordées d’oliviers et de cyprès, d’autres à peine assez larges pour deux ou trois serviettes, toutes baignées par une eau cristalline ne donnant qu’une envie : s’y baigner. Les journées d’été dans cette partie de la mer Ionienne se passent le plus souvent à jeter l’ancre à l’endroit le plus plaisant, à s’étendre au soleil sur le pont, puis à se rafraîchir en plongeant directement dans l’eau.</p><h2     id="header_5582327_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582327_1"><strong>10. CORFOU</strong></h2><p>Avec sa capitale de style vénitien et ses plages de sable, Corfou est l’une des îles les plus visitées de Grèce. Cela vaut la peine de prendre la direction de ses collines.&nbsp;<a href="https://old-perithia.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Old Perithia</a>, le village de l’île le plus en altitude, a été fondé au 14<sup>e</sup> siècle. Dans les années 1950, la population qui y résidait a toutefois pris le large, ne laissant qu’une taverna pour les randonneurs. En 2010, un couple de Britanniques est tombé amoureux du village et y a acheté une propriété. Ils ont lentement rénové celle-ci qui est aujourd’hui transformée en&nbsp;<a href="https://themerchantshousecorfu.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">maison d’hôte</a> au confort moderne, mais dont le charme historique a été préservé. Au printemps, les fleurs sauvages sont luxuriantes.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582327_2"><strong>11. ZANTE</strong></h2><p>La côte nord de cette île de plages de sable blanc, avec ses falaises abruptes émergeant de la mer, est réellement spectaculaire. Les précipices les plus connus entourent la «&nbsp;baie du Naufrage&nbsp;», où git l’épave rouillée d’un navire cargo, s’enfonçant lentement dans le sable. Celui-ci n’est pas accessible, il n’est possible actuellement que de l’apercevoir de loin, en raison du risque de glissement de terrain. D’autres falaises contribuent à former les Grottes Bleues, un labyrinthe de roches pâles qui reflètent le bleu électrique chatoyant des eaux.&nbsp;Les&nbsp;<a href="https://potamitisbros.gr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bateaux</a> peuvent pénétrer dans la plus grande de ces cavités, à l’intérieur de laquelle vous pouvez plonger pour une immersion totale.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582327_3"><strong>12. CÉPHALONIE</strong></h2><p>La plus grande île ionienne, montagneuse et verte, comme une gigantesque carapace de tortue, est entourée de falaises et de criques, dont la grotte de Melissani sur la côte est, d’un bleu profond. Nombre d’entre elles ne sont accessibles que par la mer. Vous pouvez pagayer en&nbsp;<a href="https://www.seakayakingkefalonia-greece.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">kayak</a> entre les plages à votre guise ou embarquez pour une excursion guidée plus longue, en séjournant dans des hôtels en cours de route. Pour un défi d’un autre genre, grimpez à 1 628 mètres d’altitude sur le mont Ainos, le plus haut sommet de la région, pour avoir une vue imprenable sur les îles ioniennes.</p><h2     id="header_5582329_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582329_1"><strong>13. SAMOTHRACE</strong></h2><p>Samothrace, située à l’extrême nord-est de la mer Égée, est une petite île au passé mythique. Le dieu grec de la mer Poséidon se serait assis sur le mont Fengari, le deuxième plus haut de la mer Égée, atteignant 1 664 mètres d’altitude, pour observer la guerre de Troie. Dans l’Antiquité, de nombreux pèlerins effectuaient le difficile voyage jusqu’à Samothrace pour prier au sanctuaire des Grands Dieux. Aujourd’hui en ruines, ce complexe de temples abritait une religion mystérieuse dont très peu de choses sont connues sur ses rites secrets. N’importe qui, du roi à l’esclave, pouvait être initié, et l’on pense que des personnages historiques en ont fait partie, notamment Philippe II de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand. Dirigez-vous vers le village de Therma, à dix minutes de route, le long de la côte, vers l’est, pour ses sources d’eau chaude et ses chutes d’eau avoisinantes si idylliques que vous vous attendriez presque à y croiser une nymphe.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582329_2"><strong>14. LEMNOS</strong></h2><p>Il peut être difficile de croire que, parmi les jolies villes portuaires, les îles grecques abritent également l’un des seuls déserts d’Europe. Ammothínes, sur Lemnos, l’une des plus grandes îles, ressemble au Sahara à plus petite échelle, ses dunes douces se façonnant constamment au gré du vent. La meilleure façon de l’explorer est de louer un 4x4 dans la grande ville, Myrina, et de partir à l’aube ou au crépuscule, lorsque le sable prend une teinte orangée. Myrina elle-même a été nommée d’après une reine des Amazones : l’île aurait été le lieu de résidence des guerrières et les Argonautes s’y seraient par ailleurs rendus. Vous pouvez passer des heures à explorer ses cafés traditionnels et son port coloré. Ne manquez pas non plus les ruines de Poliochni, que l’on pense plus anciennes que la proche ville de Troie, en Turquie.</p><h2     id="header_5582331_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582331_1"><strong>15. IKARIA</strong></h2><p>Ikaria, à l’extrême est de la mer Égée, est plus proche d’Izmir, en Turquie, que d’Athènes. Elle est connue pour se trouver dans une «&nbsp;zone bleue&nbsp;», une région du monde où les personnes vivent en meilleure santé et possèdent une espérance de vie plus longue, avec environ un individu sur trois atteignant quatre-vingt-dix ans. La liste des raisons possibles est longue, allant du régime alimentaire local sain à l’absence de stress. En visitant cette île entre mai et septembre, il est probable que vous en découvriez une autre : le prochain panigiri, un événement que personne ne souhaiterait manquer. Ces fêtes patronales ont lieu presque tous les jours dans différents villages. Alimentées par le vin naturel capiteux de l’île, elles rassemblent des personnes de tous âges qui dansent ensemble, les mains posées sur les épaules des unes et des autres, tournoyant au rythme des instruments traditionnels. Lorsque vous faites la fête jusqu’à l’aube, vous perdez facilement la notion du temps.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582331_2"><strong>16. LESBOS</strong></h2><p>Le ouzo, spiritueux anisé préféré des Grecs, est essentiellement produit à Lesbos, avec ses villages traditionnels et ses oliveraies noueuses, où seize distilleries spécialisées fabriquent plus de la moitié de la production nationale. Pour les personnes raffolant de cette boisson, Plomari, un village de la côte sud de l’île, constitue un véritable lieu de pèlerinage. C’est là que se trouve l’Ouzo Museum, où l’on peut découvrir l’histoire de cette boisson et les différentes herbes grecques qui entrent dans sa fabrication, tout en cheminant entre les alambics en cuivre. Chaque marque est différente et certaines sont difficiles à trouver en dehors de l’île. C’est donc là votre meilleure occasion de pouvoir les goûter lors de dégustations. Commandez de l’eau à côté pour observer le fameux «&nbsp;effet ouzo&nbsp;» : bien que les deux liquides soient clairs, de leur mélange résulte un blanc laiteux.</p><p>&nbsp;&nbsp;</p><h2     id="header_5582331_3"><strong>17. SANTORIN</strong></h2><p>Cette île est peut-être surtout connue pour ses villages situés à des hauteurs vertigineuses, au bord de la caldera, mais c’est aussi l’un des principaux producteurs de vin en Grèce. Grâce à son sol volcanique, Santorin a été épargnée par les pucerons qui ont décimé les vignobles européens au 19<sup>e</sup> siècle, et ses raisins blancs indigènes, l’assyrtiko, l’athiri et l’aïdani, prospèrent, leurs vignes étant taillées en forme de paniers afin de les protéger du vent. Le vin qui en ressort est sec et riche en minéraux. Vous y trouverez également le vinsanto, naturellement doux, élaboré à partir de raisins séchés au soleil, donnant une boisson alcoolisée qui était populaire au Moyen Âge. À Pyrgos, vous pourrez goûter ces deux types de vin à&nbsp;<a href="https://santowines.gr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Santo Wines</a>, la plus grande cave coopérative de l’île. Il vous est également possible de visiter le domaine viticole biologique&nbsp;<a href="http://www.hatzidakiswines.gr/en.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hatzidakis</a>, situé dans une installation souterraine. &nbsp;&nbsp;</p><h2     id="header_5582333_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582333_1"><strong>18. SYROS</strong></h2><p>Le rebétiko, connu sous le nom de «&nbsp;blues grec&nbsp;» et dont les paroles éloquentes évoquent souvent la migration, la pauvreté, le malheur et l’amour non réciproque, trouve son origine dans les années de chômage de masse qui ont suivi la Grande Catastrophe en 1923. L’un des plus grands compositeurs du genre, Márkos Vamvakáris, est originaire d’Ermoupoli, sur l’île de Syros. Pendant les nuits douces, cette musique résonne encore dans les bars lors de concerts, en particulier pendant l’estival Rebetiko Festival. Visitez Ermoupoli elle-même, la ville principale néoclassique de l’archipel des Cyclades, avec ses quartiers catholiques et orthodoxes au sommet des collines, la place Miaoulis pavée de marbre et l’opéra. Ne manquez pas sa spécialité, le loukoum, introduite sur l’île par les réfugiés des îles de Chios et de Psara, alors sous domination ottomane.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582333_2"><strong>19. SIFNOS</strong></h2><p>C’est à Sifnos qu’est né en 1878 le père de la cuisine grecque moderne, Nikólaos Tselementés. Les spécialités de l’île valent la peine d’être recherchées, notamment le ragoût de pois chiches et le mastelo d’agneau braisé, toujours cuits lentement, de manière traditionnelle, dans des marmites en grès. Apprenez quelques-unes des recettes de l’île en participant à la préparation d’un repas typique à la&nbsp;<a href="http://sifnos-farm-narlis.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ferme Narlis</a>, juste à l’extérieur d’Apollonia, où les agriculteurs cultivent depuis des générations des fruits et des légumes biologiques selon les méthodes traditionnelles de l’archipel des Cyclades, en utilisant très peu d’eau. Sifnos est une île extrêmement belle, avec ses villages blanchis à la chaux tels qu’Apollonia, Artemonas et Kastro, ses plages de sable, ses églises de bord de mer et ses paysages parsemés de chapelles, sillonnés par des kilomètres de sentiers.</p><h2     id="header_5582336_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582336_1"><strong>20. TINOS&nbsp;</strong></h2><p>Ces dernières années, Tinos, une île des Cyclades, est devenue célèbre dans le monde grec en matière de gastronomie. Dotée d’une terre fertile permettant de cultiver les produits locaux en abondance, elle attire les chefs cuisiniers de la ville d’Athènes, non loin de là, qui quittent souvent leurs restaurants pendant les mois les plus chauds pour s’y rendre. Le «&nbsp;Tinos Food Paths&nbsp;», des festivités célébrant le patrimoine gastronomique de l’île, a lieu chaque année pendant la deuxième semaine de mai et marque le début de la saison des plaisirs. Venez participer à ce festin estival : commencez la matinée en sirotant un café grec accompagné d’une pâte filo croustillante ; rechargez vos batteries en milieu d’après-midi avec un bol d’açaï aux fraises des bois ; et terminez la journée en dégustant des spécialités locales, de la <em>froutalia</em>, une omelette légère à base de pommes de terre, à la <em>louza</em>, la viande de porc séchée et épicée de l’île.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582336_2"><strong>21. MILOS&nbsp;</strong></h2><p>Milos est une île volcanique colorée, avec des formations rocheuses dans des tons de rouge, de jaune et d’un blanc aveuglant. Des portes et des fenêtres de couleurs tout aussi vives ornent ses syrmatas traditionnelles, ces cabanes qui ne sont présentes que sur Milos et sur sa voisine Kimolos, taillées dans les falaises volcaniques par les pêcheurs qui y abritaient leurs bateaux pour l’hiver. Certaines ont été transformées en lieux d’hébergement originaux : quelque peu exigus, avec un lit et une salle de bains pour seuls équipements, mais juste au bord de l’eau. Dans les terres, découvrez les&nbsp;<a href="https://www.catacombs.gr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">catacombes</a>, les seules existant sur une île grecque, le théâtre antique et la réplique de la Vénus de Milo, qui marque l’endroit où l’originale a été trouvée.</p><h2     id="header_5582338_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582338_1"><strong>22. NAXOS</strong></h2><p>Sur l’île de Naxos, le marbre blanc et fin est extrait et sculpté depuis la préhistoire. Le&nbsp;<a href="https://archaeologicalmuseums.gr/en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">musée archéologique</a>, situé dans le château vénitien, au sommet de la ville de Naxos, recèle d’idoles cycladiques en marbre, remarquablement bien conservées, datant de 3200 à 2300 avant J.-C., et polies à l’aide de l’émeri indigène de l’île. Ailleurs sur Naxos, des kouros gigantesques, statues représentant des jeunes hommes nus, sculptés au 6<sup>e</sup> siècle avant notre ère, ont été laissés-pour-compte lorsque des défauts dans le marbre ont été découverts : aujourd’hui, deux d’entre eux se trouvent près des carrières d’Apollonas.&nbsp; Sur l’île de Naxos, l’ambiance est détendue et familiale, avec des sentiers de randonnée et des bandes de sable au sud de la ville portant le même nom.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582338_2"><strong>23. AGISTRI&nbsp;</strong></h2><p>À moins d’une heure du Pirée, le port d’Athènes, Agistri est la plus petite des îles Saroniques habitées. Des pins s’accrochent aux falaises qui entourent ses plages, principalement constituées de galets, et surplombent des eaux scintillantes. Rendez-vous sur la petite péninsule d’Aponisos, avec ses criques turquoise parfaites pour la plongée avec masque et tuba, à quelques minutes en bus de Skala et Megalochori, les principales villes d’Agistri. Vous pouvez aussi partir avec&nbsp;<a href="http://interdive.gr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Interdive</a> et naviguer à bord de son bateau traditionnel en bois jusqu’à l’îlot inhabité de Dorousa, dont les eaux poissonneuses et les épaves constituent un terrain passionnant pour les plongeurs expérimentés.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582338_3"><strong>24. POROS</strong></h2><p>L’île de Poros est toute proche du Péloponnèse&nbsp;; seul un étroit bras de mer la sépare de cette péninsule. Dans la charmante ville portant le même nom, l’un des passe-temps favoris consiste à s’attarder dans une taverna au bord de l’eau et à regarder passer tous les bateaux, y compris les ferries qui filent vers Galatas, une ville portuaire située sur la péninsule du Péloponnèse. Non loin de là se trouve une forêt de citronniers dont les effluves enivrants se dégagent en mai, lorsque les arbres sont en fleurs et que le parfum des agrumes se répand au gré de la brise. Pour une journée parfaite, montez jusqu’à la jolie tour de l’horloge bleue et blanche de la ville de Poros, d’où vous pourrez admirez les forêts de citronniers.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582338_4"><strong>25. SPETSES</strong></h2><p>Considérée comme la première femme amirale au monde, Laskarina Bouboulina, qui a grandi à Spetses, a constitué une petite flotte pendant la guerre d’indépendance grecque dans les années 1820 et a remporté la première bataille navale de Grèce à bord de son vaisseau amiral, l’Agamemnon. Sa statue de bronze se dresse près du port et ses descendants gèrent aujourd’hui le charmant&nbsp;<a href="https://bouboulinamuseum.com/en/museum/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Bouboulina Museum</a> dans son ancienne demeure, où elle a été assassinée à la suite d’une querelle familiale. Spetses, couverte de pins, est par la suite devenue le lieu de villégiature des riches Athéniens et, en 1914, la première île grecque à se doter d’un hôtel, le luxueux&nbsp;<a href="https://poseidonion.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Poseidonion Grand Hotel</a>, qui domine toujours le port aujourd’hui. Le reste du front de mer, où trônent encore des canons, est composé de demeures néoclassiques d’anciens capitaines et de villas. On peut y admirer des mosaïques de galets noirs et blancs et s’y promener en calèches. Les touristes peuvent se rendre à vélo sur les plages, dont beaucoup sont sablonneuses, puis dîner dans les bars et restaurants du vieux port.</p><h2     id="header_5582340_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582340_1"><strong>26. ÉGINE</strong></h2><p>En dehors d’Athènes, les temples péristyles antiques qui subsistent sont rares en Grèce, mais vous en trouverez un magnifique à une heure de ferry du Pirée : le temple d’Aphaia, sur l’île d’Égine. Isolé sur une colline couverte de pins et surplombant la plus grande station balnéaire de l’île, Agia Marina, le temple a été construit vers 500 avant notre ère, soit des décennies avant le Parthénon. Malheureusement, comme ce dernier, il a été dépouillé de ses frises de marbre par des antiquaires, inspirés par Thomas Bruce, dit Lord Elgin, qui les ont expédiées à Munich. L’île d’Égine a bien d’autres cordes à son arc : la charmante ville du même nom, première capitale qu’ait connu la Grèce, où l’odeur des pistaches grillées embaume l’air. Un vestige de cette époque peut être exploré sur le site archéologique de Kolona, tout proche, qui contient les ruines du temple d’Apollon et un musée d’archéologie non loin. Les ruines de Paléochora, une ancienne capitale byzantine, se trouvent à l’est, au-dessus d’Agios Nektarios, l’un des plus grands monastères de Grèce, construit en l’honneur du dernier saint orthodoxe grec, décédé en 1920, Nectaire d’Égine.</p><h2     id="header_5582342_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582342_1"><strong>27. HYDRA</strong></h2><p>À première vue, lorsque le ferry s’approche de son port, Hydra ressemble à n’importe quelle autre île grecque : drapeaux blanc et azur flottants, maisons blanchies à la chaux et tavernas animées. Sauf que les propriétaires de chambres d’hôtes qui se rassemblent sur le quai, prêts à accueillir les visiteurs et à les emmener dans leur établissement, n’attendent pas dans leur voiture, comme ils le feraient ailleurs. Cette île montagneuse, au large de la côte est du Péloponnèse, est entièrement piétonne. En vertu d’une loi des années 1950 qui visait à la conserver telle qu’elle a toujours été, les vélos y sont même interdits : l’île, avec son labyrinthe de ruelles, s’explore à pied, en bateau ou, mieux encore, à cheval. En découvrant les monastères au sommet de ses collines, ses sentiers sur les falaises et ses plages de sable, vous vous rendrez compte que c’est une destination où le voyage en lui-même fait réellement partie de l’expérience.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582342_2"><strong>28. SKOPELOS</strong></h2><p>La mer émeraude reflète les pins qui recouvrent Skopelos, une île calme aux criques jonchées de galets, propice aux promenades et qui offre de jolies vues. Près de la ville de Skopelos, blottie le long d’une colline, à l’ombre d’un château vénitien, des sentiers parsemés de fleurs sauvages mènent à six monastères byzantins sur le mont Palouki. Vous pouvez également marcher jusqu’aux tombes néolithiques de Sendoukia ou jusqu’à la chapelle d’Agios Ioannis, célèbre pour le mariage qui y est célébré dans le film <em>Mamma Mia!</em>, perchée sur un rocher surplombant la mer, tout près de Glossa, la deuxième ville de l’île.</p><h2     id="header_5582344_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582344_1"><strong>29. SKYROS</strong></h2><p>L’île de Skyros est isolée par rapport aux autres. Chora, sa ville principale, blanchie à la chaux, s’enroule autour d’un éperon rocheux, couronné d’un château, et surplombe une vaste plage. La moitié nord de l’île est boisée, tandis que le sud, sauvage et rocailleux, abrite les derniers chevaux de Skyros, une espèce de petite taille. Introduits au 5<sup>e</sup> siècle avant J.-C. par des colons athéniens et isolés depuis lors, ils sont les descendants des chevaux représentés sur les marbres du Parthénon. Il n’en reste qu’environ deux cents, ce qui en fait l’une des races les plus rares au monde.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5582344_2"><strong>30. SKIATHOS</strong></h2><p>La cosmopolite île de Skiathos, non loin de celle de Skopelos, doit sa popularité à ses soixante-deux plages, de quoi satisfaire tout un chacun. Koukounaries et Vromolimnos sont les meilleures plages pour pratiquer des sports nautiques ; tandis que celle d’Aselinos est idéale pour les personnes qui recherchent le calme, avec seulement quelques lieux de restauration. La plage de Lalaria, de couleur argentée, est quant à elle spectaculaire. Enfin, celle de Kechria, avec ses chaises longues au milieu des oliviers, est parfaite pour un après-midi de farniente ponctué d’un déjeuner dans une taverna. Au coucher du soleil, la jolie ville de Skiathos, lieu de divertissement, s’anime.</p><h2     id="header_5582346_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5582346_1"><strong>31. ALONNISOS</strong></h2><p>De mai à octobre, des bateaux partent à la journée explorer les eaux du parc national marin d’Alonissos, le plus grand parc naturel marin d’Europe. Les phoques moines (<em>Monachus monachus</em>), menacés d’extinction, y sont protégés, de même que les dauphins et plus de quatre-vingt espèces d’oiseaux. Les plongeurs expérimentés peuvent visiter le «&nbsp;Parthénon des épaves&nbsp;», notamment un navire chargé d’amphores datant du 5<sup>e</sup> siècle avant notre ère, qui a coulé au large de l’îlot voisin de Peristera et qui constitue aujourd’hui le cœur du premier&nbsp;<a href="https://museum.alonissos.gov.gr/en/home/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">musée sous-marin</a> de Grèce.&nbsp;&nbsp;</p><p><strong>À quelle période s’y rendre&nbsp;:&nbsp;</strong><br>Juillet et août sont non seulement les mois les plus chers et ceux voyant passer le plus de touristes, mais sont également les plus chauds, avec des températures pouvant atteindre les 40&nbsp;°C dans l’après-midi. Les mois d’avril, de mai, de juin, de septembre et d’octobre connaissent moins de fréquentation et sont plus doux, avec des températures moyennes variant entre 18 et 27 °C, mais ils peuvent également être humides. À partir du mois de mai, durant cette période, il fait généralement assez chaud pour se baigner dans la mer. Si le choix s’offre à vous, les mois de mai, juin et septembre sont les meilleurs pour se rendre sur ces îles.<br><br><strong>Comment organiser son séjour :</strong><br><a href="https://www.tui.fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Tui</a> propose des forfaits voyage pour certaines îles grecques,&nbsp;<a href="https://www.responsibletravel.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Responsible Travel</a> met en avant un certain nombre d’excursions en voilier et vous pourrez partir à l’aventure avec&nbsp;<a href="https://www.muchbetteradventures.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Much Better Adventures</a>.<br><br><strong>Plus d’informations&nbsp;:&nbsp;</strong><br><a href="https://www.visitgreece.gr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Visit Greece</a></p>]]></content:encoded></item><item><title>La très puissante civilisation hittite a disparu en ne laissant (presque) aucune trace</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/anatolie-antiquite-archeologie-la-tres-puissante-civilisation-hittite-a-disparu-en-ne-laissant-presque-aucune-trace</link><description><![CDATA[À son apogée, l’ancienne cité d’Hattusa, capitale de la civilisation hittite, était à n’en pas douter sublime. Bâtie sur un flanc de colline abrupt de l’actuelle Turquie centrale, celle-ci était ceinte de grands murs de briques. Jusqu’à 7 000 habitants y vécurent, entre de vastes complexes religieux et au milieu d’un imposant rempart de pierre visible à des kilomètres. De nos jours, cette colline...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 09:40:57 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/anatolie-antiquite-archeologie-la-tres-puissante-civilisation-hittite-a-disparu-en-ne-laissant-presque-aucune-trace</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/battleofkadeshillustrationdigital.jpg?w=1600" length="1189813" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>À son apogée,<strong>&nbsp;</strong>l’ancienne cité d’Hattusa, capitale de la civilisation hittite, était à n’en pas douter sublime. Bâtie sur&nbsp;un flanc de colline abrupt de l’actuelle Turquie centrale, celle-ci était ceinte de grands murs de briques. Jusqu’à 7&nbsp;000 habitants y vécurent, entre de vastes complexes religieux et au milieu d’un imposant rempart de pierre visible à des kilomètres. De nos jours, cette colline n’abrite plus qu’une énigme.</p><p>Aucune colonne, aucun mur élevé ne trahissent les ruines du palais et des temples qui se tenaient là autrefois, seules affleurent leurs fondations de pierre à demi recouvertes par l’herbe sèche. Certaines des portes de la cité demeurent, gardées par des statues de lions, de sphinx et d’un dieu à la hache brandie. Mais tout a plus ou moins disparu. Les murs en brique d’adobe se sont effondrés au fil des siècles&nbsp;; inondations et fontes des neiges ont érodé le coteau originel et précipité des édifices regorgeant de tablettes en argile valser en bas des pentes. Plus ténues encore sont les traces susceptibles d’expliquer ce qui arriva aux puissants Hittites, dont l’empire disparu commence tout juste à sortir véritablement de l’ombre grâce à la recherche.</p><p>La disparition des Hittites, vers 1180&nbsp;avant notre ère, représente un numéro de volatilisation sans égal ou presque à travers l’Histoire. Pendant près de 450&nbsp;ans, les Hittites contrôlèrent la plupart de l’actuelle Turquie et de ses environs, des eaux de la Méditerranée aux fleuves de Mésopotamie en passant par les rives de la mer Noire. Ils bâtirent des cités complexes, des temples impressionnants ainsi qu’un palais raffiné dans le paysage accidenté de la campagne anatolienne. Ils créèrent d’immenses archives abritant des tablettes cunéiformes où sont enregistrés d’innombrables langues anciennes et rituels sacrés. Les rois hittites tirèrent profit de routes commerciales qui s’étendaient bien au-delà de leur territoire. Leurs armées parvinrent même à faire une incursion profonde en Mésopotamie. Leur confrontation avec Ramsès&nbsp;II lors de la bataille de Qadesh aboutit d’ailleurs au premier traité de paix de l’Histoire.</p><p>«&nbsp;Ils avaient les moyens de se battre contre les Égyptiens, et les Babyloniens et les Assyriens durent les traiter comme leurs égaux&nbsp;», révèle Andreas Schachner, chercheur à l’Institut archéologique allemand, structure qui entreprend des fouilles sur le site d’Hattusa depuis près d’un siècle. Pourtant, «&nbsp;les Égyptiens, les Assyriens – tous laissèrent une trace dans la mémoire historique. Les Hittites, eux, ont été complètement effacés.&nbsp;»</p><p>La science ne reconnut l’existence des Hittites que 3&nbsp;000 ans après leur disparition lorsque la découverte d’un ensemble de sculptures des temples égyptiens antiques et d’une correspondance diplomatique sur des tablettes d’argile suscita une chasse internationale pour retrouver l’emplacement de leur capitale. Rien ou presque ne subsistait sur le site présumé hormis des fondations monumentales, mais les fouilles réalisées là au début du 20<sup>e</sup> siècle permirent de mettre au jour une kyrielle de tablettes cunéiformes en argile confirmant les soupçons de ceux qui voyaient en Hattusa la capitale perdue des Hittites.</p><p>À partir de ce qui continua à émerger à Hattusa, qui fut une plaque commerciale, culturelle et militaire foisonnante, les chercheurs ont pu dresser une archive éloquente de la vie au sein de l’empire. Ils ont assemblé des détails sur les moindres choses, qu’il s’agisse de querelles royales, de cérémonies religieuses ou de la sanction appropriée à administrer à qui a tué un chien. Malgré cela, les causes de l’effondrement de l’empire demeurent mystérieuses. Comment les redoutables Hittites ont-ils pu disparaître sans laisser de traces&nbsp;? Et quels enseignements tirer aujourd’hui de leur fin abrupte&nbsp;?</p><p>Entre le début du mois de juin et la fin du mois d’octobre, Andreas Schachner passe sept jours par semaine à quadriller Hattusa et à superviser une équipe d’archéologues turcs et allemands, ainsi qu’une multitude d’ouvriers locaux. Il traverse les collines de la cité dans un vieux van en compagnie de Nox, son chien noir qui le suit partout. En sa qualité de directeur des fouilles de l’Institut archéologique allemand, il s’efforce depuis 2006 de donner du sens à l’amas de ruines du site. «&nbsp;Rien n’est à sa place d’origine, soupire-t-il. Il y a eu tant de dégâts.&nbsp;»</p><p>Un jour, voilà peu, je l’ai rejoint au niveau du complexe du Grand temple de la cité, un pôle regroupant espaces rituels, cours, réserves et chambres secrètes non loin des anciennes portes septentrionales d’Hattusa. Je l’ai suivi alors qu’il se faufilait entre des blocs de pierre qui lui arrivaient à la taille, désignant régulièrement de la main les murs qui devaient s’élever là, enduits et possiblement peints, à dix mètres au-dessus nos têtes. Il m’a emmené dans un espace autrefois considéré comme le centre de l’univers hittite&nbsp;: le Grand temple, dédié au dieu de l’orage, Tarhunna, et à sa partenaire, la déesse du soleil, Arinna. Les fondations entourant le temple préservent la silhouette de quatre-vingts réserves qui contenaient des récipients remplis de vin, d’eau et de céréales. Les chercheurs ont découvert des inventaires laissant entrevoir les richesses stockées dans le trésor du temple. «&nbsp;Quand le roi revenait d’une campagne, le butin revenait dans son intégralité au dieu de l’orage, m’a-t-il appris. C’est ici qu’il l’aurait apporté.&nbsp;»</p><p>Toute cette infrastructure était entourée de murs d’enceinte solides, conçus pour composer avec les pentes abruptes et les ravins profonds de ce terrain accidenté et dont le périmètre courait sur 6,5&nbsp;kilomètres. Entre 2003 et 2006, un segment de 64 mètres fut reconstruit à l’aide uniquement de matériaux auxquels les Hittites auraient pu avoir accès, notamment du bois, de la pierre et 3&nbsp;000 tonnes de briques d’adobe. À partir de cette expérience, les chercheurs ont calculé que la construction de 800 mètres de mur aurait pris une année à mille hommes, un exploit logistique impressionnant.&nbsp;</p><p>Lors de ma visite avec Andreas Schachner, je l’ai accompagné dans son van, qui nous menait sur une route sinueuse à une voie en direction du point culminant d’Hattusa. Ici subsiste le plus impressionnant projet d’édifice de la cité&nbsp;: Yerkapı, un long rempart de quarante mètres de hauteur pour 250 mètres de longueur. Ce talus incrusté de pierres blanches comprend une porte étroite ornée de statues de sphinx. Un pan du mur protecteur de la ville court au-dessus de son sommet, ce qui n’enlève rien à son aspect imposant, bien au contraire.</p><p>Par temps clair, cet édifice monumental est visible à 19&nbsp;kilomètres et renvoie une lumière blanche au milieu des sommets verts et gris. «&nbsp;Imaginez l’ambassadeur de Babylone, qui a tout vu, puis il franchit ce virage et aperçoit cet édifice aussi spectaculaire que tout ce que l’on peut trouver en Mésopotamie et en Égypte. J’ai vu beaucoup de sites et il ne m’en vient pas un seul à l’esprit qui soit aussi spectaculaire vu de loin que celui-ci. C’est ainsi qu’ils ont exercé leur pouvoir sur le paysage.&nbsp;»</p><p>Curieusement, Hattusa continue de livrer de nouveaux secrets. Le lendemain de mon excursion au sommet de la montagne avec Andreas Schachner, j’y suis retourné pour retrouver Bülent Genç que j’ai rejoint à l’entrée d’un tunnel qui passe sous le rempart. Il se tenait dans un passage voûté d’un peu moins de trois mètres de haut pour soixante-dix mètres de long et assez large pour que deux personnes puissent y marcher côte à côte.</p><p>En entrant dans ce tunnel sombre, j’ai soudain pris conscience des centaines de tonnes de terre et de roche qui se trouvaient au-dessus de nos têtes. Bülent Genç, petit-fils de maçon, n’était pas inquiet. «&nbsp;Tout cela s’interconnecte, comme une tapisserie faite de pierre&nbsp;», a-t-il dit en désignant les parois du tunnel. «&nbsp;Il faut d’excellents maçons pour faire cela.&nbsp;»</p><p>À mi-chemin, nous nous sommes arrêtés. En se baissant presque au niveau du sol, Bülent Genç m’a montré une peinture rosâtre de la taille d’une paume de main sur la paroi rocheuse, l’un des 249 symboles qu’il a découverts dans le tunnel en 2022. Ces symboles – chaque glyphe représente un mot&nbsp;– étaient étonnamment passés inaperçus. Ni les centaines d’archéologues, ni les centaines de touristes curieux qui ont traversé le tunnel depuis sa redécouverte en 1834 ne les avaient vus.</p><p>Depuis la découverte de Bülent Genç, réalisée grâce à la simple lumière de son téléphone, Andreas Schachner a travaillé avec des spécialistes de l’imagerie pour scanner l’intérieur du tunnel et créer un modèle en 3D qui pourrait aider les scientifiques à se figurer l’importance de ces symboles. Par exemple, certaines marques apparaissent par groupes de trois, comme les glyphes signifiant «&nbsp;montagne&nbsp;» et «&nbsp;chemin&nbsp;» et le symbole représentant la montagne sacrée Tudhaliya ainsi que le dieu du même nom. «&nbsp;Peut-être que cela voulait dire&nbsp;: “Le chemin à travers le mont Tudhaliya.”&nbsp;», se demande Andreas Schachner.</p><p>Loin du tunnel, des symboles d’un mur très différent ont fourni des informations cruciales sur le rayonnement et le pouvoir des Hittites. Quand des archéologues ont mis au jour le temple funéraire de Ramsès&nbsp;II (également Ramsès le Grand), en Égypte, ils ont découvert des allusions à une bataille qui demeure peut-être la contribution la plus durable des Hittites à l’Histoire.</p><p>Dans son temple situé sur les rives du Nil, Ramsès, l’un des souverains les plus puissants que l’Égypte ait connus, fit documenter les épisodes les plus mémorables de son règne, y compris la bataille qu’il livra en 1274 avant notre ère aux forces du roi hittite Muwatalli&nbsp;II, à Qadesh, cité antique située non loin de l’actuelle Damas. Un relief courant du sol au plafond dépeint les prouesses du pharaon face à 50&nbsp;000 guerriers hittites, une estimation du pharaon. Chars égyptiens et hittites font des cabrioles et chargent tandis qu’un Ramsès démesuré contemple le chaos sanglant.</p><p>De nos jours, de nombreux historiens considèrent la bataille de Qadesh comme la plus grande bataille de chars jamais livrée. Plutôt qu’une victoire retentissante pour Ramsès&nbsp;II, les combats aboutirent vraisemblablement dans une impasse&nbsp;: la frontière séparant les deux empires bougea à peine.</p><p>Les relations entre les deux puissances demeurèrent indécises pendant quinze années, jusqu’à ce que Ramsès&nbsp;II et le successeur de Muwatalli concluent le plus ancien traité de parité du monde. Gravé sur des tablettes d’argent, avec des copies en argile, l’accord, signé en 1259 avant notre ère, promettait aide mutuelle en cas d’invasion ainsi qu’une «&nbsp;bonne paix et une bonne fraternité entre la terre d’Égypte et la terre d’Hatti pour l’éternité.&nbsp;»</p><p>L’accord marqua un tournant décisif dans les annales de la diplomatie. «&nbsp;Jusqu’à ce moment-là, la règle était que le gagnant raflait la mise. Les traités de paix, c’était les vainqueurs qui dictaient leur loi aux vaincus, fait observer Andreas Schachner. Les Hittites et les Égyptiens décidèrent de ne pas poursuivre sur cette voie.&nbsp;» Le traité de Qadesh décrit les deux souverains comme des égaux et la paix comme une fin en elle-même. C’est le début de la diplomatie moderne&nbsp;; et l’une des raisons pour lesquelles une copie de l’accord est accrochée au siège des Nations unies, à New York. Un original en argile fragmenté, découvert à Hattusa en 1906, est exposé au musée de l’aéroport d’Istanbul.</p><p>La diplomatie et la religion étaient des outils cruciaux pour les Hittites, qui appelaient leur empire la Terre des Mille Dieux. Quand ils conquéraient ou prenaient le contrôle d’un groupe de personnes, ils autorisaient les vaincus à conserver leurs pratiques religieuses. Plutôt que d’effacer les déités locales, ils les intégraient à l’Empire hittite et à son panthéon. Des statues sacrées issues de temples, qui seraient l’incarnation des dieux eux-mêmes, ont été transportées jusqu’au quartier religieux d’Hattusa et vénérées là comme on les vénérait ailleurs auparavant.</p><p>Les archives des temples témoignent des problèmes qu’impliquait une telle approche, comme le fait que certains dieux ne parlaient pas hittite. Par exemple, après qu’un nouveau dieu fut importé de l’île de Lesbos, les Hittites se rendirent compte que personne ne savait comment s’adresser à lui. On sacrifia alors un mouton et on examina ses entrailles afin de savoir si le nouveau dieu pouvait accepter d’être vénéré à la manière hittite (la réponse discernée dans les intestins du mouton fut apparemment positive). «&nbsp;Ils ne voulaient pas courroucer les dieux&nbsp;», ainsi que l’affirme Willemijn Waal, hittologue de l’Université de Leyde, aux Pays-Bas. «&nbsp;Mais dans le même temps, ils sont très pragmatiques. C’est un peu attendrissant.&nbsp;»</p><p>C’était aussi l’une des clés de leur succès. «&nbsp;Ils étaient capables de réunir des gens, non au moyen d’un despotisme brutal, mais par la persuasion, grâce à la religion et aux croyances, ajoute Andreas Schachner. C’est unique. C’est ce qui les rend si spéciaux.&nbsp;»</p><p>Ce que nous savons des Hittites est, selon les standards de l’Histoire antique, extraordinairement nouveau. L’écriture hittite ne fut pas déchiffrée avant 1915, quand un linguiste de Prague, Bedřich Hrozný, se rendit compte que les tablettes exhumées étaient écrites dans une langue indo-européenne&nbsp;; le plus ancien membre à date d’une famille qui inclut aujourd’hui aussi bien l’anglais que le sanskrit. Au cours du siècle dernier, plus de 30&nbsp;000 vestiges de tablettes d’argile furent recueillis à Hattusa et dans d’autres cités hittites. On en découvre davantage chaque année. Ce flux constant d’informations nouvelles fait de l’hittologie l’un des champs les plus dynamiques et les plus changeants de l’Histoire antique.</p><p>Tard, une après-midi, je trouve Daniel Schwemer, chercheur à l’Université de Wurtzbourg, assis à une table de la «&nbsp;maison des fouilles&nbsp;» de l’Institut archéologique allemand, à Boğazkale, le village situé à côté des ruines d’Hattusa.&nbsp;Daniel Schwemer fait partie d’une petite communauté d’universitaires spécialisés dans la lecture et dans la traduction des textes hittites. Chaque automne, il se rend à Hattusa pour voir ce qui a été découvert durant les fouilles estivales. «&nbsp;C’est un peu comme déballer des cadeaux de Noël, plaisante-t-il. Vous ne savez jamais vraiment ce que vous allez avoir.&nbsp;»</p><p>Chaque nouvelle découverte a le potentiel de bouleverser ce que nous savons sur les empires de l’âge du bronze. C’est «&nbsp;un domaine où l’Histoire est encore en train de s’écrire, explique-t-il. Des documents que personne n’a vus depuis des milliers d’années sont en train de sortir de terre.&nbsp;»</p><p>Bien entendu, les réponses à l’une des questions qui se trouvent au cœur de la recherche sur les Hittites continuent de nous échapper&nbsp;: que leur est-il arrivé&nbsp;? Les théories ne manquent pas (instabilité politique, changements climatiques), mais il semble improbable qu’il n’y ait qu’une raison à leur disparition. «&nbsp;Une raison unique ne peut expliquer pourquoi une société complexe se désintègre et disparaît complètement de l’Histoire&nbsp;», affirme Andreas Schachner. À la place, il est probable qu’un «&nbsp;tourbillon parfait&nbsp;» de facteurs ait poussé les Hittites jusque dans leurs retranchements, avant qu’ils ne sombrent.</p><p>Les pillards représentaient par exemple une menace constante. Des tribus désignées par le nom de Kaska vivant sur le littoral de la mer Noire sont évoquées sur les tablettes. Ils détruisaient les temples, profanaient les statues avant de répartir «&nbsp;les prêtres, les grands prêtres, les prêtresses, les oints, les musiciens, les chanteurs, les cuisiniers, les boulangers, les laboureurs et les jardiniers, et [faisaient] d’eux leurs serviteurs&nbsp;».</p><p>Les catastrophes naturelles mirent, elles aussi, l’Empire hittite à rude épreuve. Des découvertes récentes réalisées sur un site du nom de Şapinuva suggère que de puissants séismes frappaient régulièrement le cœur du territoire hittite. À 65 kilomètres environ au nord-est d’Hattusa, dans le complexe du palais et du temple de Şapinuva, des fouilles ont révélé des murs et des sols ridés comme des vagues. Les archéologues ont découvert des édifices et des entrepôts brûlés dans un incendie géant, autant d’indices qu’un séisme dévastateur frappa la cité.</p><p>Les Hittites surent faire face à ces défis, ainsi qu’à d’autres, durant des années, jusqu’à ce que, soudainement, ce ne soit plus le cas. Dès 1250 avant notre ère environ, les tablettes commencèrent à trahir les tensions qui marquèrent le dernier siècle de l’Empire. Luttes picrocholines au palais et assassinats royaux devinrent endémiques, ce qui compliqua la tâche des chefs d’Hattusa pour ce qui est du maintien de leur pouvoir sur leurs sujets. Les épidémies furent un problème également&nbsp;: sur les tablettes figurent des prières pour repousser les pestes. De plus, des changements dans la langue et dans les styles d’écriture au cours dernières décennies de l’empire témoignent peut-être de conflits ou de bouleversements sociaux et sont de possibles signes que l’État multiethnique des Hittites connaissait des tensions.</p><p>Les derniers résultats en date suggèrent qu’un changement climatique et une série de catastrophes naturelles contribuèrent l’accélération du déclin de l’empire. Dans une étude parue en 2023, des chercheurs ont analysé du bois préservé récupéré à Gordion, cité des confins occidentaux de l’Empire hittite. En mesurant les cernes des arbres, ils ont pu établir que les forêts avoisinantes avaient subi un stress exceptionnel entre 1196 et 1198 avant notre ère, une sécheresse éprouvante de trois ans survenue à peu près au moment où l’Empire hittite touchait à sa fin.</p><p>La sécheresse a pu susciter une famine. Des archéologues ont découvert des dépôts de céréales vides à Hattusa, à Şapinuva et dans d’autres cités hittites abandonnées. Des lettres reflètent le désespoir des rois hittites, qui supplièrent des souverains étrangers d’envoyer de l’orge et du blé, «&nbsp;une question de vie ou de mort&nbsp;». De plus, des envahisseurs que des chroniques égyptiennes appellent «&nbsp;Peuples de la Mer&nbsp;» provoquèrent un chaos qui se propagea dans toute la Méditerranée, affaiblissant de vieilles alliances et déclenchant des migrations de masse. «&nbsp;Ça a été la cerise le gâteau&nbsp;», déclare&nbsp;Bülent Genç.</p><p>Vers 1180 avant notre ère, les Hittites abandonnèrent méthodiquement leur capitale. Il n’y a aucun signe de bataille ou de conquête&nbsp;; pas de fosses communes, pas de tours renversées, ni de bâtiments effondrés. Les réserves du temples, remplies de récipients en or et en argent, de lances dorées et de butins obtenus lors de campagnes militaires fructueuses, soigneusement répertoriées dans des instructions pour des festivals et dans des inventaires, mais aujourd’hui disparues, ont certainement été empaquetées, puis emportées.&nbsp;</p><p>Puis, la cité brûla. Dans une ultime ironie, les flammes qui détruisirent Hattusa préservèrent son histoire&nbsp;: trop lourdes pour être emportées, les milliers de tablettes d’argile que les Hittites avaient accumulées pendant près de quatre siècles furent abandonnées. Le feu les cuisit au point d’en faire des briques, ce qui leur permit d’émerger intactes des siècles qui suivirent. «&nbsp;L’avantage, pour nous, est que toutes ces tablettes d’argiles ont été abandonnées quand tout le monde fuyait la capitale, explique Daniel Schwemer. Ce qui est resté, c’est la paperasse.&nbsp;»</p><p>Jusqu’à ce que soit exhumée une tablette racontant les derniers jours d’Hattusa, l’énigme demeure. Les Hittites réussirent à s’adapter à un environnement rude et à devenir un empire redoutable en dépit de ce cadre, jusqu’à ce que des circonstances échappant à leur contrôle ne fassent basculer un équilibre fragile. L’effondrement des Hittites, et leur redécouverte récente, témoigne de l’importance de la résilience… et de la bonne tenue de ses archives.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Voici comment les cafards ont envahi le monde</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insectes-evolution-adaptation-invasion-especes-invasives-voici-comment-les-cafards-ont-envahi-le-monde</link><description><![CDATA[Si vous vous êtes déjà levé en pleine nuit pour grignoter et avez allumé la lumière de votre cuisine pour découvrir une armée d'insectes marron se précipitant sous votre réfrigérateur, alors vous connaissez déjà la blatte germanique (Blattella germanica).Malgré leur nom, les blattes germaniques peuplent à présent tous les continents, à l'exception de l'Antarctique. Les scientifiques considèrent...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 08:44:00 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insectes-evolution-adaptation-invasion-especes-invasives-voici-comment-les-cafards-ont-envahi-le-monde</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/f0247066-germancockroach.jpg?w=1600" length="767369" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Si vous vous êtes déjà levé en pleine nuit pour grignoter et avez allumé la lumière de votre cuisine pour découvrir une armée d'insectes marron se précipitant sous votre réfrigérateur, alors vous connaissez déjà la <a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/cafards-ne-les-tuez-pas-avec-des-pesticides">blatte germanique</a> (<em>Blattella germanica</em>).</p><p>Malgré leur nom, les blattes germaniques peuplent à présent tous les continents, à l'exception de l'Antarctique. Les scientifiques considèrent l'espèce <em>Blattella germanica</em> comme étant la plus répandue des 4&nbsp;600&nbsp;espèces de cafards connues à ce jour.</p><p>Ce qui est surprenant, puisque ces insectes étaient quasiment inconnus en Europe jusqu'à ce que le biologiste suédois Carl Linnaeus les découvre en 1767. Cela s'ajoute au fait qu'ils n'y ont pas de parents proches et que l'espèce n'existe pas à l'état sauvage.</p><p>Dans ce cas, comment l'hôte le moins apprécié de tous est-il devenu un parasite connu dans le monde entier&nbsp;? D'après une nouvelle étude, la réponse apparaît dans l'ADN de la blatte asiatique.</p><p>Grâce à l'analyse pangénomique de 281&nbsp;cafards provenant de dix-sept pays de six continents différents, ainsi qu'à la mesure des liens de parenté entre ces animaux, des scientifiques ont pour la première fois retracé l'ascension et la propagation rapides de la blatte germanique.</p><p>Tous les signes pointent vers les espèces ayant évolué à partir de la blatte asiatique (<em>Blattella asahinai</em>) il y a environ 2&nbsp;100&nbsp;ans dans ce qui est aujourd'hui l'Inde et le Myanmar.</p><p>Les espèces ont apparemment abandonné la vie sauvage pour une vie passée à l'ombre de l'homme. Les blattes germaniques semblent être arrivées au Moyen-Orient il y a environ 1&nbsp;200&nbsp;ans, probablement en raison de l'intensification du commerce et des mouvements militaires dans les califats islamiques omeyyade ou abbasside, empires qui s'étendaient autrefois de l'Afrique du Nord à l'Asie de l'Ouest.</p><p>Les blattes germaniques ont fait un autre bond géographique quand, il y a environ 390&nbsp;ans, des activités coloniales se sont accélérées et les cafards se sont retrouvés en Europe et, plus tard, dans le reste du monde. Tout ceci est la conséquence de l'amélioration des transports, de la portée du commerce européen et de l'avènement du chauffage domestique, qui permet aux insectes de survivre au froid. Pour être précis, tous ces mouvements et ces migrations auraient été involontairement permis par l'Homme.</p><p>«&nbsp;La blatte germanique ne peut même pas voler&nbsp;», explique <a href="https://www.researchgate.net/profile/Qian-Tang-8" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Qian Tang</a>, biologiste évolutionnaire de l'université d'Harvard et auteur principal de l'<a href="https://www.pnas.org/doi/full/10.1073/pnas.2401185121" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude</a> publiée le 20 mai dans <em>Proceedings of the National Academy of Sciences</em>. «&nbsp;Ils font de l'auto-stop dans des véhicules humains à travers le monde.&nbsp;»</p><p>Mais l'extension spectaculaire de l'aire de répartition de la blatte germanique n'est pas qu'une affaire de hasard. Il est plutôt question de la capacité inégalée de l'espèce à s'adapter et à évoluer.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5583847_0"><strong>LE CAFARD DANS LE MIROIR</strong></h2><p>Pour se faire une idée de l'évolution de la blatte germanique au cours des deux derniers millénaires, il suffit de la mettre en parallèle avec son plus proche parent vivant, la blatte asiatique. Car, bien que les deux espèces soient presque identiques, elles ne pouvaient pas avoir un comportement plus différent.</p><p>Les blattes asiatiques volent vers les sources de lumière, alors que les blattes germaniques s'en éloignent, explique <a href="https://profiles.ucr.edu/app/home/profile/chowyanl" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Chow-Yang Lee</a>, entomologiste urbain à l'université de Californie, à Riverside. De même, si vous lancez les spécimens des deux espèces en l'air, les blattes asiatiques s'envolent, tandis que les blattes germaniques retombent par terre et s'enfuient, explique-t-il.</p><p>«&nbsp;Nous avons longtemps soupçonné la blatte asiatique d'être l'ancêtre de la blatte germanique, mais cet article l'affirme avec force&nbsp;», déclare Lee, qui n'a pas pris part à la nouvelle étude. «&nbsp;C'est incroyablement excitant.&nbsp;»</p><p>L'étude a aussi révélé que la génétique de la blatte germanique reflète les relations humaines.</p><p>Par exemple, les blattes germaniques à Singapour et en Australie sont bien plus proches de leurs cousines américaines que d'autres populations de blattes germaniques d'Indonésie. C'est probablement parce que les États-Unis ont effectué plus d'échanges avec Singapour et l'Australie qu'avec l'Indonésie.</p><p>«&nbsp;C'est un magnifique exemple du lien entre les activités humaines, le commerce, les guerres, la colonisation et la propagation d'un parasite domestique qui s'adapte rapidement&nbsp;», explique par mail <a href="https://cals.ncsu.edu/entomology-and-plant-pathology/people/coby/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Coby Schal</a>, entomologiste urbain, expert en cafards de l'université d'État de la Caroline du Nord et co-auteur de l'étude.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5583848_0"><strong>UN PEU DE RESPECT S'IMPOSE</strong></h2><p>Les blattes germaniques font concurrence aux autres cafards partout où elles vont, dit Tang.</p><p>L'une des raisons du succès de cette espèce est son taux de reproduction plus rapide que celui de la plupart des autres espèces de blattes, ce qui lui permet de développer rapidement une résistance aux pesticides.</p><p>Des <a href="https://schal-lab.cals.ncsu.edu/research-projects/glucose-aversion-in-cockroaches/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">travaux</a> antérieurs menés par le laboratoire de Schal ont révélé qu'après des années passées à attirer des cafards pour qu'ils mangent du poison imbibé de glucose, la population qui a survécu aux appâts sucrés a donné naissance à une nouvelle race de cafards qui rejettent complètement les sucreries.</p><p>«&nbsp;C'est impensable&nbsp;», déclare Lee. «&nbsp;Le glucose est un combustible métabolique important pour tous les organismes.&nbsp;»</p><p>Lee explique que ses collègues et lui travailleront sans doute sur un nouveau composé anti-cafards qui n'a pas encore été commercialisé, mais que le temps pour eux de le développer et de le tester sur des cafards en laboratoire, les insectes seront déjà capables d'y résister.</p><p>Et cela, combiné aux merveilles des transports modernes, l'amène à avoir très peu d'espoir que les humains trouvent un moyen de lutter contre les infestations de cafards dans un avenir proche.</p><p>«&nbsp;Si vous me demandez de citer une espèce ou un organisme que je respecte le plus, c'est probablement la blatte germanique&nbsp;», déclare Lee.</p>]]></content:encoded></item><item><title>La vipère de schlegel, un serpent qui imite les fleurs pour séduire les oiseaux</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-reptiles-la-vipere-de-schlegel-un-serpent-qui-imite-les-fleurs-pour-seduire-les-oiseaux</link><category>Animaux</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 07:02:33 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-reptiles-la-vipere-de-schlegel-un-serpent-qui-imite-les-fleurs-pour-seduire-les-oiseaux</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/vipere-de-shlegel.png?w=1600" length="1820175" type="image/png"/></item><item><title>Laos : plongée dans la vie des Khmus, un peuple en connexion avec la nature</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tvoyage-peuple-culture-laos-plongee-dans-la-vie-des-khmus-un-peuple-en-connexion-avec-la-nature</link><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 10 Mar 2026 06:02:50 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tvoyage-peuple-culture-laos-plongee-dans-la-vie-des-khmus-un-peuple-en-connexion-avec-la-nature</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/4-khmus.png?w=1600" length="1905191" type="image/png"/></item><item><title>Le changement d’heure peut affecter votre santé cardiaque</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/le-changement-heure-peut-affecter-votre-sante-cardiaque-sommeil-equilibre</link><description><![CDATA[Lorsque vient le moment du passage à l’heure d’été et d’avancer nos aiguilles d’une heure, nous sommes nombreux à maudire nos horloges, à les tenir pour responsables de notre somnolence. Mais il n’y a pas que le dynamisme qui en prend un coup lors d’un changement d’heure. Les perturbations du sommeil et du rythme circadien pèsent également sur la santé cardiaque.« Quand nous dormons, le cœur peut...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 16:39:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/le-changement-heure-peut-affecter-votre-sante-cardiaque-sommeil-equilibre</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/unisonstocksyunlicensedcomp5324680.jpg?w=1600" length="870080" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque vient le moment du passage à l’heure d’été et d’avancer nos aiguilles d’une heure, nous sommes nombreux à maudire nos horloges, à les tenir pour responsables de notre somnolence. Mais il n’y a pas que le dynamisme qui en prend un coup lors d’un changement d’heure. Les perturbations du sommeil et du rythme circadien pèsent également sur la santé cardiaque.</p><p>«&nbsp;Quand nous dormons, le cœur peut se reposer et entrer dans un mode de restauration qui lui permet de récupérer, et le système cardiovasculaire tout entier peut se reposer et se réparer&nbsp;», rappelle&nbsp;<a href="https://www.vumc.org/vmac/person/kelsie-m-full-phd-mph" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Kelsie Full</a>, épidémiologiste du comportement au Centre médical de l’Université Vanderbilt. «&nbsp;Donc si nous ne dormons pas correctement et que notre sommeil est perturbé, nous observons une altération ou une dérégulation de ce système cardiovasculaire.&nbsp;»</p><p>Le système cardiovasculaire, comme une grande partie du reste du corps, fonctionne selon le rythme circadien, l’horloge de vingt-quatre heures qui régule les processus biologiques. Lorsque l’on change d’heure, au printemps, nos heures de veille se désynchronisent de ce système régi par les signaux de la lumière naturelle.</p><p>Un décalage d’une heure peut sembler relativement faible, mais la recherche met en évidence des conséquences négatives bien réelles pour la santé cardiaque associées&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/sleep-better-tips" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">au passage à l’heure d’été</a> et au dérèglement de notre rythme circadien qui en résulte. Voici comment les effets que le changement d’heure peut avoir sur la santé cardiaque dans les jours et les mois ensoleillés qui suivent.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611903_0">COMMENT L’HEURE D’ÉTÉ AFFECTE LE RYTHME CIRCADIEN</h2><p>Du 29 mars au 25 octobre 2026, en France et dans la plupart des pays d’Europe, on délaissera l’heure d’hiver pour passer à l’heure d’été et maximiser l’ensoleillement durant les périodes d’éveil pendant sept mois.&nbsp;<a href="https://www.pewresearch.org/short-reads/2023/10/26/most-countries-dont-observe-daylight-saving-time/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Un tiers environ des pays du monde observent</a> également ce changement, bien que le calendrier varie. Les États-Unis ont par exemple déjà changé d’heure, le 8 mars.</p><p>Les Français suivent ce schéma depuis mars 1976 (soit trois ans après le choc pétrolier de 1973), mais la recherche suggère que ce changement, en particulier le saut d’une heure au printemps, peut causer une multitude de problèmes de santé, dont des problèmes cardiaques.</p><p>Il est difficile de ne pas se focaliser sur les effets à court terme du manque de sommeil, surtout lorsque le réveil sonne le dernier lundi de mars. Si de petites études surgissent de temps à autre pour montrer une augmentation des admissions à l’hôpital pour crise cardiaque le lendemain du passage à l’heure d’été, une étude&nbsp;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2838653?guestAccessKey=c72ca16a-3f56-4043-aa24-88b5a0a5fada&amp;utm_source=for_the_media&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=ftm_links&amp;utm_content=tfl&amp;utm_term=090925" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bien plus importante</a> publiée en 2025 réfute cette idée. En examinant les dossiers de près de 170&nbsp;000 patients, les chercheurs n’ont découvert aucune augmentation digne de ce nom des cas de crises cardiaques après le passage à l’heure d’été.</p><p>Ce sont plutôt les mois qui suivent ce changement qui constituent la principale source d’inquiétude. Selon&nbsp;<a href="https://sleep.hms.harvard.edu/faculty-staff/susan-redline" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Susan Redline</a>, spécialiste de médecine du sommeil à la Faculté de médecine de l’Université Harvard, bien que nous nous ajustions aux sentiments initiaux de fatigue sur deux à cinq jours, l’heure d’été ne commence, ni ne s’arrête en un seul jour.</p><p>«&nbsp;Lorsque nous effectuons ce changement d’une heure, l’organisme est en décalage chronique et les processus physiologiques qui s’y produisent ne sont pas alignés avec les signaux environnementaux, qui incluent la lumière naturelle, explique Kelsie Full. Nous restons donc en quelque sorte dans cette phase de décalage chronique pendant huit mois [sept mois en France].&nbsp;»</p><p>La perte d’une heure de sommeil peut sembler sans importance, mais un manque de sommeil général oblige le cœur à travailler plus dur, car cela fait augmenter la production d’hormones du stress, la tension artérielle et l’inflammation, ce qui accroît le risque de&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/heart-disease/about/sleep-and-heart-health.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">maladies cardiaques</a>, de crise cardiaque et d’AVC.&nbsp;<a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2019.07.022" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Une étude</a> a associé le fait de dormir moins de six heures par nuit à une augmentation de 20&nbsp;% du risque de crise cardiaque.</p><p>Une heure en moins ne suffit probablement pas à causer un infarctus, mais ces heures s’accumulent. «&nbsp;Si vous faites cela sur une période de temps, sans observer une bonne hygiène de sommeil, cela peut être corrélé à une&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9031614/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">augmentation du poids</a>, de l’<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11512702/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">apnée obstructive du sommeil</a>, de la&nbsp;<a href="https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/high-blood-pressure/expert-answers/sleep-deprivation/faq-20057959" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">tension artérielle</a>, et peut contribuer à une augmentation des maladies cardiovasculaires&nbsp;», explique Jennifer A. Rymer, cardiologue et autrice principale de l’étude ayant porté sur 170&nbsp;000 personnes. Une autre&nbsp;<a href="https://www.jstage.jst.go.jp/article/circrep/advpub/0/advpub_CR-25-0310/_article" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude, publiée en février 2026</a>, a mis en évidence une corrélation entre un raccourcissement de la durée du sommeil et fibrillation atriale, un battement irrégulier qui peut conduire à la formation de caillots sanguins chez les quinquagénaires.</p><p>La quantité de sommeil est importante (les médecins recommandent sept heures par nuit au minimum), mais la régularité du sommeil est la clé.&nbsp;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32138974/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Une étude</a> menée par Susan Redline et une équipe de chercheurs sur le sommeil à la Faculté de médecine de l’Université Harvard a montré que les participants aux horaires de sommeil irréguliers présentaient un risque deux fois plus élevé de contracter une cardiopathie, indépendamment de la durée du sommeil et des facteurs de risques cardiovasculaires préexistants.</p><p>Dans les études portant sur des adultes de 35 ans et plus, «&nbsp;les individus dont l’heure de coucher&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/health/article/sleep-schedule-health-longevity" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">varie d’une heure d’une nuit à l’autre</a> de façon chronique ont 30 à 50 % de chances en plus de développer une maladie cardiaque et de développer divers problèmes métaboliques liés au diabète&nbsp;», explique-t-elle.</p><p>Cela se fait contre le rythme circadien, qui régule le déclenchement des processus dans l’ensemble de l’organisme, y compris dans le cœur. Les effets de la désynchronisation circadienne reflètent souvent ceux d’une mauvaise qualité, durée et régularité du sommeil. Autant de facteurs qui, conjugués, comme ils le sont fréquemment pendant l’heure d’été, peuvent aggraver les effets sur notre système cardiovasculaire.</p><p>La perturbation de ce cycle naturel de sommeil et d’éveil affecte la capacité à&nbsp;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36448463/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réguler la tension artérielle</a> et est associée à une augmentation des maladies cardiaques,&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/nchs/fastats/leading-causes-of-death.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">principale cause de décès aux États-Unis</a> et deuxième cause de décès en France après les cancers. Nous savons qu’une perturbation à long terme du rythme circadien peut avoir des conséquences sérieuses&nbsp;: des&nbsp;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29247501/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">études montrent</a> que les travailleurs de nuit ont 17&nbsp;% de chances en plus de contracter une maladie cardiovasculaire.</p><p>Ces effets peuvent ne pas sauter aux yeux, mais un sommeil régulier, de qualité et aligné sur le rythme circadien est crucial pour rester en bonne santé, et ce, qu’ils apparaissent au bout d’un jour ou des années plus tard.</p><p>«&nbsp;Beaucoup de gens ont des problèmes de sommeil, rappelle Kelsie Full. Il est normal de rencontrer certains problèmes de sommeil, et c’est également une très bonne chose si vous prenez conscience de cela, que ce soit lors du passage à l’heure d’été ou lors de cette période de huit mois, si vous avez vraiment du mal à dormir, il existe des cliniciens et des spécialistes du sommeil qui peuvent vous aider, et c’est une excellente idée d’aller leur parler.&nbsp;»&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Vous pouvez cloner votre animal de compagnie (mais il n’aura pas la même personnalité)</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/vous-pouvez-cloner-votre-animal-de-compagnie-mais-il-naura-pas-la-meme-personnalite-perte-deuil-sciences</link><description><![CDATA[Lorsque Chai, la chatte ragdoll de Kelly Anderson, est morte de manière inattendue à l'âge de cinq ans, elle était dévastée. Elle ne voulait pas adopter un autre chat... elle voulait que Chai revienne. « C'était mon âme sœur » affirme Kelly Anderson. « Je n'avais jamais eu d'animal dans ma vie, ni même d'être humain, qui me comprenait aussi bien qu'elle. J'avais juste l'impression qu'on m'avait...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 15:09:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/vous-pouvez-cloner-votre-animal-de-compagnie-mais-il-naura-pas-la-meme-personnalite-perte-deuil-sciences</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/img1203.JPG?w=1600" length="598293" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque Chai, la chatte ragdoll de Kelly Anderson, est morte de manière inattendue à l'âge de cinq ans, elle était dévastée. Elle ne voulait pas adopter un autre chat... elle voulait que Chai revienne.&nbsp;</p><p>« C'était mon âme sœur » affirme Kelly Anderson. « Je n'avais jamais eu d'animal dans ma vie, ni même d'être humain, qui me comprenait aussi bien qu'elle. J'avais juste l'impression qu'on m'avait volé du temps avec elle. »</p><p>Elle avait récemment évoqué la tendance du clonage d'animaux domestiques lors d'une conversation avec sa colocataire, et l'idée lui était restée en tête. Elle a passé la nuit suivant la mort de Chai à chercher fébrilement des options et a trouvé une entreprise de clonage située près de chez elle au Texas. « Je ne connaissais rien à ce sujet, à part le fait que c'était possible. J'ai fait beaucoup de recherches et j'ai découvert que cela coûtait 25 000 $ à l'époque, » soit environ 21 500 €, explique Kelly Anderson. « Je me suis dit "tu sais quoi ? C'est comme acheter une voiture".»</p><p>Dès le lendemain matin, en 2017, elle a commencé le processus grâce à un prêt personnel. Aujourd'hui, le processus lui aurait coûté environ 50 000 $, soit environ 43 000 €, mais elle a bénéficié d'une remise importante quand la société de clonage en plein essor cherchait à développer son activité. Kelly Anderson a fait envoyer un échantillon de l'ADN de Chai depuis le cabinet vétérinaire où le chat avait été congelé pendant la nuit. Une nouvelle version de son ancienne meilleure amie a bientôt fait son apparition. Elle raconte son parcours en détail sur <a href="https://clonekitty.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">son site Internet <em>Clone Kitty</em></a> et sur ses réseaux sociaux.&nbsp;</p><p>Mais à quel point ce clone pourrait-il ressembler à Chai ? La question renvoie au débat séculaire entre l'inné et l'acquis : notre patrimoine génétique n'influence qu'en partie notre personnalité, les expériences que nous vivons la façonnent. Alors que des milliers de propriétaires d'animaux domestiques en deuil se tournent vers le clonage pour tenter de ramener leurs compagnons disparus, les scientifiques étudient les différences de personnalité entre les animaux d'origine et leurs clones.&nbsp;</p><p>Le clonage est un domaine en expansion, mais reste une solution de niche. Seules des expériences à petite échelle et à portée limitée ont été menées sur les traits de personnalité et, en réalité, aucune ne s'est focalisée sur les chats clonés et leur comportement par rapport aux chats d'origine. Les preuves limitées dont nous disposons jusqu'à présent indiquent que le clonage peut reproduire certains aspects de la personnalité d'un animal, mais pas tous.&nbsp;</p><p>Les traits de caractère généraux de l'animal d'origine, tels que le niveau d'activité et la sociabilité, ont tendance à assez bien correspondre à ceux du clone. Toutefois, ceux liés à des facteurs d'apprentissage et environnementaux sont moins cohérents. Bien que certaines études rapportent des similitudes de personnalités entre les clones et l'animal d'origine, ces conclusions sont souvent assorties d'un avertissement indiquant que les animaux ont été élevés dans un environnement similaire, ce qui a pu également jouer un rôle.&nbsp;</p><p>« Je pense que ces entreprises de clonage essaient en quelque sorte de commercialiser ce qu'elles font comme une reproduction de l'animal d'origine mais elles n'y parviennent pas » affirme James Serpell, professeur émérite en éthique et bien-être des animaux à l'université de Pennsylvanie (UPenn). « Et ils n'y parviendront jamais car il se passe trop de choses après la conception qui modifient l'expression de l'ADN d'origine. On peut comparer cela à des jumeaux identiques : ils naissent avec un ADN identique mais très vite, ils deviennent des individus distincts, avec des personnalités et des goûts différents. Ils ne sont plus vraiment identiques. »</p><h2  id="header_5611780_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5611780_1">À QUOI FAUT-IL S'ATTENDRE ?&nbsp;</h2><p>La science a fait de grands progrès depuis que la brebis Dolly a été clonée il y a près de trente ans. Aujourd'hui, le clonage d'animaux s'est répandu. Le prix de 43 000 € est élevé mais accessible pour certaines personnes fortunées ou celles qui sont prêtes à contracter un prêt. Des célébrités telles que Paris Hilton, <a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/article/barbra-streisand-clone-pet-dogs-explained-spd" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Barbra Streisand</a> et, plus récemment, Tom Brady ont cloné leurs animaux adorés.&nbsp;</p><p>La procédure n'est pas aussi simple que de faire passer un animal dans une machine réplicatrice tout droit sortie d'une œuvre de science-fiction.&nbsp;</p><p>« Le processus consiste en une extraction des ovules viables des trompes de Fallope » de la femelle clonée, explique James Serpell. « Ils injectent ensuite des hormones à un animal porteur et implantent l'ovule en espérant qu'il s'implante correctement. Malheureusement, un grand nombre de ces embryons ne s'implantent pas correctement, alors de nombreuses chiennes font une fausse couche et certains chiots naissent avec des malformations et ne survivent pas longtemps. »</p><p>Bien que le processus ne soit habituellement pas dangereux pour l'animal porteur, c'est probablement désagréable, comme peuvent en témoigner de nombreuses femmes qui ont subi une FIV. Une étude réalisée en 2022 a révélé un taux de réussite atteignant seulement <a href="https://www.mdpi.com/1422-0067/23/4/1969" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">16 %</a>, bien qu'au moins une entreprise affirme atteindre un taux de réussite de 80 %.&nbsp;</p><p>Un clone créé grâce à ce processus ressemblera probablement davantage à l'animal d'origine qu'un membre aléatoire de la même espèce, tant en termes d'apparence que de comportement. Néanmoins, leurs personnalités ne seront probablement pas parfaitement identiques.</p><p>Une série de preuves provenant d'une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1558787825000826" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude menée en 2025</a> sur des cochons nains clonés révèle que certains traits semblent liés à la génétique, d'autres varient d'un clone à l'autre, ce qui signifie qu'ils sont davantage influencés par les expériences vécues.&nbsp;</p><p>« Si l'on observe les cochons nains, il semble que certains traits de personnalité sont assez cohérents chez les clones, par exemple le niveau d'activité, alors que d'autres traits, tels que l'audace, semblent ne pas être cohérents au sein des lignées de clone » explique Adam Reddon, coauteur de l'étude basé à l'université de Liverpool John-Moores, en Angleterre. « Tous les traits de personnalité résultent d'une interaction entre le bagage génétique d'un animal et son environnement, mais les travaux menés sur les cochons nains clonés suggèrent que certains comportements pourraient être davantage déterminés par la génétique que d'autres. »</p><p>Une <a href="https://actavet.vfu.cz/86/3/0273/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude menée en 2017</a> a révélé que des chiots clonés avaient une personnalité plus stable et prévisible au fil du temps que des chiots non clonés. Lorsqu'ils ont été testés à deux âges différents, les chiens clonés ont eu tendance à garder le même tempérament général tandis que la personnalité des chiens témoins a davantage évolué. Les chiots clonés étaient particulièrement constants dans leur manière d'interagir avec les gens, de réagir aux entraînements et de gérer le stress et la peur.&nbsp;</p><p>Toutefois, bien que leur niveau global de peur semblait plutôt similaire, leur comportement lorsqu'ils avaient peur différait. Ils présentaient également des différences sur certains aspects de leur personnalité liés à l'apprentissage, à l'expérience et à l'évolution des situations sociales, la curiosité par exemple, tout comme chez les cochons nains. Les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0168159114000835?via%3Dihub" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">recherches</a> ont également démontré que les expériences vécues par les chiens pendant leur première année de vie influencent leur caractère et leur tempérament futurs.&nbsp;</p><p>Pour maximiser les chances que la personnalité de votre nouvel animal corresponde à celle de votre animal disparu, il peut être judicieux de simplement chercher un animal qui lui ressemble déjà beaucoup, sans avoir recours au clonage. Au lieu d'investir plus de 40 000 € dans une reproduction génétique, un futur propriétaire d'animal de compagnie pourrait chercher un animal qui ressemble à son animal disparu et qui se comporte de façon similaire, et il pourrait finir par en trouver un qui lui ressemble davantage qu'un clone.&nbsp;</p><p>« Il me semble peu probable que l'animal cloné ait la même personnalité, et même une personnalité similaire, compte tenu de ce que l'on sait de l'importance des expériences dans le développement de la personnalité » affirme Adam Reddon. « Il peut y avoir certaines tendances à forte base génétique auxquelles le clone peut être prédisposé mais, en général, la personnalité résulte des interactions entre les gènes et les expériences. La génétique commune ne représente donc qu'une partie de l'équation. »</p><h2     id="header_5611782_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5611782_1">IL NE S'AGIT PAS D'UN COPIER-COLLER</h2><p>Kelly Anderson a pris la décision de cloner Chai en 2017. Toutefois, le processus a pris tellement de temps, probablement parce que les échantillons d'ADN étaient un peu abîmés à cause de la congélation, que Kelly Anderson n'a pas pu rencontrer son chat cloné avant 2021, ce qui a peut-être été une bonne chose.&nbsp;</p><p>« Ces quatre années ont été vraiment difficiles, mais j'étais dans une meilleure disposition pour accueillir mon nouveau chat, Belle » indique Kelly Anderson. « J'ai eu le temps de faire pleinement le deuil de Chai et j'ai pu mieux apprécier Belle pour ce qu'elle était et non comme une simple copie de mon ancien chat. »</p><p>Kelly Anderson soupçonnait que le clone pourrait se comporter différemment avant même d'avoir rencontré le chaton. « Mon ancien chat est tombé très malade lorsque Chai n'était encore qu'un chaton » explique Kelly Anderson. « Elle a été mise en quarantaine et isolée, et n'a jamais vraiment été socialisée pendant les quatre ou cinq premiers mois où je l'ai eue, ce qui a complètement façonné sa personnalité. Elle a toujours été assez distante avec les gens et ne s'intéressait à personne d'autre qu'à moi. »</p><p>Belle, quant à elle, est immédiatement sortie. Elle s'est rendue dans un champ de citrouilles pour prendre des photos le lendemain de son arrivée chez Kelly Anderson et l'accompagne régulièrement dans des lieux tels que des bars ou des brasseries.&nbsp;</p><p>« En termes de tempérament, ce sont exactement les mêmes » affirme Kelly Anderson. « Ce sont toutes les deux des chattes audacieuses et insolentes qui mènent tous mes autres animaux à la baguette. Mais grâce à sa socialisation supplémentaire, Belle est beaucoup plus extravertie et indépendante que Chai ne l'était. »</p><p>Finalement, Kelly Anderson rejoint les conclusions des scientifiques : les personnes qui souhaitent cloner un animal doivent comprendre que le résultat sera un animal unique et non une copie conforme de l'animal d'origine.&nbsp;</p><p>« Il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une réincarnation ou de ramener votre animal d'entre les morts » insiste-t-elle. « C'est plutôt comme avoir un jumeau identique mais à une date ultérieure. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>La NASA a accidentellement modifié l’orbite d’un astéroïde autour du Soleil</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/espace/actualite-espace-la-nasa-a-modifie-par-accident-orbite-un-asteroide-autour-du-soleil-pour-la-premiere-fois</link><description><![CDATA[Tôt ou tard, l'humanité repérera un astéroïde se dirigeant vers nous, capable de détruire une ville entière voire même un pays tout entier. C'est pourquoi, en 2022, la NASA a organisé une répétition générale de défense planétaire. L'agence spatiale américaine a intentionnellement fait s'écraser un vaisseau spatial sans équipage sur un astéroïde inoffensif pour modifier sa trajectoire. La cible...]]></description><category>Espace</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 13:27:41 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/espace/actualite-espace-la-nasa-a-modifie-par-accident-orbite-un-asteroide-autour-du-soleil-pour-la-premiere-fois</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/20221215-01smaller.gif?w=1600" length="2318379" type="image/gif"/><content:encoded><![CDATA[<p>Tôt ou tard, l'humanité repérera un astéroïde se dirigeant vers nous, capable de détruire une ville entière voire même un pays tout entier. C'est pourquoi, en 2022, la NASA a organisé une répétition générale de défense planétaire. L'agence spatiale américaine a intentionnellement fait s'écraser un vaisseau spatial sans équipage sur un <a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/asteroids-comets" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">astéroïde</a> inoffensif pour modifier sa trajectoire.&nbsp;</p><p>La cible était Dimorphos, un astéroïde lunaire de 160 mètres de long qui orbite autour de Didymos, un astéroïde de 777 mètres de long. Aucun des deux ne représentait une menace pour la Terre et modifier l'orbite du petit astéroïde autour de son compagnon plus grand n'était pas susceptible de changer cela. La mission, connue sous le nom de Double Asteroid Redirection Test (DART) ou en français test de déviation d'un astéroïde double, <a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/nasas-asteroid-smashing-spacecraft-produced-a-few-surprises" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">a été un succès</a>, démontrant qu'il est possible de détourner un astéroïde de la Terre.</p><p>Néanmoins, des observations minutieuses au télescope révèlent désormais que la rencontre kamikaze de DART et Dimorphos a été si violente que le rebond du satellite lunaire a perturbé la gravitation de Didymos, déplaçant les deux astéroïdes sur une orbite différente autour du Soleil.&nbsp;</p><p>Autrement dit, « en frappant la lune aussi fort que nous l'avons fait, nous avons également légèrement déplacé l'objet géant qui se trouvait à côté » explique <a href="https://hub.jhu.edu/experts/profiles/andy-rivkin/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Andy Rivkin</a>, astronome planétaire au Laboratoire de physique appliquée de l'université Johns-Hopkins (JHU) et l'un des auteurs de <a href="http://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aea4259" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">la nouvelle étude</a> publiée le 6 mars dans la revue <em>Science Advances</em>. C'est la première fois que l'humanité modifie l'orbite solaire d'un astéroïde.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611899_0">UNE PUISSANCE DE FRAPPE INATTENDUE</h2><p>Les astéroïdes binaires, tels que Didymos et Dimorphos, partagent un centre gravitationnel commun. Ce centre est dominé par l'objet le plus massif, en l’occurrence Didymos, qui est 200 fois plus massif que Dimorphos. Toutefois, si vous donnez un coup à l'objet le plus petit, son compagnon plus grand le « ressentira » également.&nbsp;</p><p>Avant la collision entre DART et Dimorphos en 2022, les scientifiques ont dû réfléchir à toutes les issues possibles de la mission, y compris plusieurs scénarios relativement sinistres. « Et si cette expérience mettait le système Didymos sur une trajectoire de collision avec la Terre ? » se demande <a href="https://rahil-makadia.github.io/cv/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Rahil Makadia</a>, un autre coauteur de l'étude et chercheur en défense planétaire à l'université de l’Illinois à Urbana-Champaign. « Ce n'est évidemment pas souhaitable. Nous avons donc étudié la question. »</p><p>Ils ont découvert qu'il n'y aurait aucun effet détectable sur Didymos. Ce dernier remarquerait l'impact sur Dimorphos mais lui-même ne bougerait pas.&nbsp;</p><p>À l'époque, la NASA avait déclaré que pour que sa mission soit considérée comme un succès, DART devrait avoir changé l'orbite de Dimorphos autour de Didymos de soixante-treize secondes. Au lieu de cela, le petit vaisseau spatial de la taille d'une camionnette a fini par réduire l'orbite de l'astéroïde de trente-trois minutes, grâce à la puissance de l'impact de DART et à l'<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/nasa-dart-planetary-defense-asteroid-boulders-mars" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">éruption de débris rocheux</a> qui se sont détachés de Dimorphos lors de cet impact.&nbsp;</p><p>Avant la mission, les astronomes soupçonnaient Dimorphos d'être ce que l'on appelle un amas rocheux, plutôt qu'un énorme rocher unique, il s’agirait davantage d’un ensemble de rochers tout juste maintenus ensemble par la faible gravité de l'astéroïde. En le frappant avec un vaisseau spatial lancé à 22 500 kilomètres par heure, une partie de cet amas serait inévitablement projetée dans l’espace.&nbsp;</p><p>Cependant, l'impact de DART a détaché beaucoup plus de débris que prévu. Cette projection a agi comme un propulseur de fusée, propulsant vigoureusement l'astéroïde vers l'arrière, bien plus que la plupart l'avaient prédit.&nbsp;</p><p>Tous ceux qui ont assisté à ce drame ont pensé la même chose : « cela va avoir des conséquences inattendues » affirme <a href="https://www.cfa.harvard.edu/people/federica-spoto" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Federica Spoto</a>, chercheuse en dynamique des astéroïdes au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, qui n'a pas participé à l'étude. Si Dimorphos a été si profondément affecté par le vaisseau spatial, qu'en est-il de Didymos ?&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611899_1"><strong>ESCARGOTS VS ASTÉROÏDES&nbsp;</strong></h2><p>Depuis la disparition de DART en 2022, Rahil Makadia et son équipe ont suivi Didymos et Dimorphos à l'aide d'une technique nommée occultation stellaire. Il s'agit d'une opération délicate qui nécessite d'être au bon endroit, au bon moment, afin d'observer un objet céleste passer devant une étoile lointaine. En fonction de la façon dont l'objet bloque temporairement la lumière de l'étoile, les astronomes peuvent déterminer à quelle vitesse et dans quelle direction il se déplace dans l'espace.&nbsp;</p><p>Grâce à près de deux douzaines d'occultations stellaires, l'équipe de Rahil Makadia a déterminé que les deux astéroïdes avaient ralenti mais seulement d'environ 35,5 kilomètres par heure. Pour mettre les choses en perspective, un escargot de jardin typique se déplace environ 1 000 fois plus vite.&nbsp;</p><p>Contrairement au changement de l'orbite de Dimorphos autour de Didymos, la modification du parcours de Didymos autour du Soleil était minime. D'après <a href="https://cristinathomas.squarespace.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cristina Thomas</a>, astronome planétaire à l'université du Nord de l'Arizona qui n'a pas participé à l'étude, cela représente « l’équivalent du déplacement du système Didymos de la hauteur de la tour Eiffel en un an. »</p><p>« Il s'agit d'un changement infime » affirme Rahil Makadia. Toutefois, avec le temps, des changements subtils peuvent s'accumuler et considérablement modifier les orbites des astéroïdes. Par mesure de sécurité, ils ont effectué des calculs pour déterminer où Didymos et son satellite pourraient finir à long terme.&nbsp;</p><p>Mais il n'y a pas de quoi s'inquiéter. « Didymos ne risque pas de percuter la Terre » assure Rahil Makadia.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611899_2"><strong>L'HÉRITAGE DE DART</strong></h2><p>Les mesures montrent que les astronomes peuvent détecter des changements d'orbite d'astéroïdes d'une précision incroyable au nom de la défense planétaire. « C'est vraiment impressionnant » affirme Cristina Thomas.&nbsp;</p><p>En prime, les mouvements liés de Dimorphos et Didymos ont permis à l'équipe de déterminer de façon précise la densité des deux astéroïdes. Dimorphos a une densité à peine supérieure à celle de l'eau, ce qui explique pourquoi il a <a href="https://www.nature.com/articles/s41550-024-02200-3" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">changé de forme comme un fluide</a> lorsque DART s'est écrasé dessus. Didymos est considérablement plus dense, davantage semblable à une montagne.&nbsp;</p><p>Il est important de connaître la densité de différents astéroïdes si vous espérez sauver le monde. Si vous essayez de dévier imprudemment un amas de débris comme Dimorphos en le frappant trop fort avec un vaisseau spatial comme DART, il pourrait se désintégrer en plusieurs éclats qui se dirigeraient vers la Terre. À l'inverse, un astéroïde rigide comme Didymos ne projettera pas de grandes quantités de débris, ce qui signifie que vous aurez besoin de plusieurs intercepteurs comme DART, ou d'un seul vaisseau spatial<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/asteroid-x-ray-nuclear-bomb-save-earth" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"> équipé d'une bombe nucléaire</a>, pour obtenir la déviation que vous souhaitez.&nbsp;</p><p>Plus tard cette année, la sonde spatiale <a href="https://www.esa.int/Space_Safety/Hera" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hera</a> de l'Agence spatiale européenne atteindra Dimorphos pour examiner <a href="https://www.heramission.space/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les débris laissés par DART</a>. Elle apportera sans aucun doute des révélations sur la première expérience de défense planétaire de l'humanité. Le vaisseau spatial a beau avoir explosé en un million de morceaux en 2022, il a laissé derrière lui une multitude de données scientifiques intéressantes qui pourraient aider à défendre la Terre si, ou quand, l'humanité détecte(ra) un astéroïde en approche.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Pénétrez dans la Cité interdite, domaine de l’empereur de Chine et de sa cour pendant près de 500 ans</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/empire-empire-du-milieu-culture-orient-penetrez-dans-la-cite-interdite-domaine-empereur-de-chine-et-de-sa-cour-pendant-pres-de-500-ans</link><description><![CDATA[Au cœur de l’actuelle Pékin se trouve le plus grand complexe palatial du monde, un lieu assez grand pour contenir cinquante palais de Buckingham et qui s’étire sur plus de 720 000 m2 : la Cité interdite. Celle-ci servit de centre symbolique et politique de la Chine impériale entre 1420 et 1912. La rudesse de son nom reflète combien l’enceinte de ses murs fut inaccessible à la plupart des sujets...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 11:28:11 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/empire-empire-du-milieu-culture-orient-penetrez-dans-la-cite-interdite-domaine-empereur-de-chine-et-de-sa-cour-pendant-pres-de-500-ans</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/forbidden15.jpg?w=1600" length="1755897" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Au cœur de l’actuelle Pékin se trouve le plus grand complexe palatial du monde, un lieu assez grand pour contenir cinquante palais de Buckingham et qui s’étire sur plus de 720&nbsp;000&nbsp;m<sup>2</sup>&nbsp;: la Cité interdite. Celle-ci servit de centre symbolique et politique de la Chine impériale entre 1420 et 1912. La rudesse de son nom reflète combien l’enceinte de ses murs fut inaccessible à la plupart des sujets de l’empire.</p><p>Le complexe est constellé de palais, de jardins, de cours et d’habitations. Il fut construit par l’empereur Yongle (r. 1403-1424), troisième souverain de la dynastie Ming. Il se déclara lui-même empereur et consolida son pouvoir à Pékin, en y déplaçant la capitale, Nankin, distante de 1&nbsp;000&nbsp;km, en 1403. Selon certaines sources, la construction du complexe, à l’endroit même où <a href="https://www.nationalgeographic.com/history/history-magazine/article/kublai-genghis-khan-conquered-china" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Kubilai Khan</a> avait précédemment fait ériger son célèbre palais, aurait nécessité la participation de 100&nbsp;000 artisans et d’un million d’esclaves entre 1406 et 1420.</p><p>Zijincheng, nom mandarin de la Cité interdite, signifie littéralement «&nbsp;cité pourpre interdite&nbsp;». En Chine, l’on considère que la couleur pourpre est de bon augure, elle symbolise la divinité et l’immortalité, mais aussi l’étoile polaire. La Cité interdite fut la demeure et le siège du pouvoir de vingt-quatre souverains&nbsp;: quatorze de la dynastie Ming (1368-1644) et dix de la dynastie Qing (1644-1911). Quand les empereurs mandchous de la dynastie Qing renversèrent les Ming, ils ajoutèrent à la Cité de nouveaux édifices et de nouveaux jardins, mais l’importance du complexe demeura inchangée.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585770_0"><strong>GÉOMÉTRIE SACRÉE</strong></h2><p>La Cité interdite forme un rectangle de plus de 950 mètres de longueur sur 750 de largeur. Son mur d’enceinte mesure plus de 7 mètres de hauteur et est entouré d’une douve dotée d’une source d’eau artificielle, la Rivière d’or. Son agencement suit les préceptes du feng shui (l’art chinois de placer objets et édifices de sorte à favoriser la circulation des énergies positives). Le complexe palatial est aligné selon l’axe Nord-Sud et est symétrique afin d’imiter l’équilibre de l’Univers. Il est de coutume de dire que la Cité interdite abrite 9&nbsp;999,5 pièces. Seul le Dieu du ciel avait droit à 10&nbsp;000 pièces&nbsp;; pas son fils impérial sur Terre. Le nombre 9&nbsp;999 est favorable dans la culture chinoise&nbsp;: il est associé à l’empereur et il se prononce de la même manière que le mot mandarin signifiant «&nbsp;éternel&nbsp;».</p><p>Au sein de la Cité interdite, les espaces principaux furent répartis le long d’un axe central qui scindait le domaine en deux. Vu du dessus, le complexe prend une forme qui coïncide avec l’ordre cosmique idéal de l’idéologie confucéenne et qui évoque un point d’équilibre situé entre le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest. Sur ce point d’équilibre central se tient le pavillon de l’Harmonie suprême qui héberge le principal trône impérial, le trône du Dragon. Le placer ainsi au centre de la Cité interdite, c’était faire symboliquement de l’empereur le centre même de l’Univers, le point focal de toute la hiérarchie sociale et naturelle autour de laquelle l’empire tout entier tournait.</p><p>Selon la tradition chinoise, ceux qui se trouvent au nord et qui regardent vers le Sud jouissent d’une position supérieure. De même, ceux qui se trouvent à l’intérieur d’un bâtiment ou dans un espace élevé sont supérieurs à ceux qui se trouvent à l’extérieur ou dans un espace plus bas. Ces relations spatiales furent répercutées de manière explicite dans l’architecture de la Cité interdite. L’empereur se tenait toujours dans le cadre d’une porte ou dans une salle surélevée et regardait en direction du Sud depuis sa position avantageuse, tandis que ses sujets se tenaient en contrebas dans des cours à ciel ouvert et regardaient en direction de l’empereur, vers le Nord.</p><p>Les appartements privés de l’empereur se situent dans la cour intérieure, à l’extrémité septentrionale&nbsp;de la Cité&nbsp;; en plus de sa souveraine personne, seules des femmes et des eunuques y étaient admis. Les salles d’État, où l’empereur accordait des audiences et menait des travaux officiels en compagnie de ses ministres, étaient au sud, dans la cour extérieure. C’est là que la cour impériale chinoise régentait ses rapports avec le monde extérieur, en se servant de l’architecture magnifique de la Cité interdite comme d’une scène pour afficher le pouvoir de l’empereur.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585774_0"><strong>CÉRÉMONIES ET RITUELS</strong></h2><p>Dans la tradition impériale chinoise, on considérait l’empereur comme le seul habitant officiel de la Cité interdite&nbsp;; les ministres et les nobles qui représentaient le peuple n’étaient vus que comme de simples visiteurs. Cette distinction avait son importance lorsque l’on organisait des cérémonies - l’accession de l’empereur au trône, les vénérables audiences qu’il accordait, ses fêtes d’anniversaire et la publication de décrets gouvernementaux.</p><p>Les cérémonies de ce type suivaient la même organisation rituelle. L’empereur ouvrait la marche pour se rendre là où la cérémonie allait avoir lieu, ses ministres et les nobles suivaient en franchissant des portes et en traversant des ponts en respectant un ordre strict prescrit par la hiérarchie sociale. Nulle part, à aucun moment, qui que ce soit était autorisé à se tenir au nord de l’empereur.</p><p>Les descriptions historiques des audiences impériales reflètent la façon dont ces protocoles stricts soulignaient l’ordre social. Les participants se rassemblaient à l’aube à l’extérieur de la cour du pavillon de l’Harmonie suprême. Les membres de la famille de l’empereur se tenaient sur les marches menant au pavillon, placés selon leur proximité de sang avec l’empereur. Officiers militaires et civils formaient des rangées dans la cour extérieure, de nouveau selon leur rang. Tous regardaient en direction du Nord vers l’empereur qui, vêtu des plus beaux atours impériaux, ornés de la silhouette d’un dragon, était conduit au trône par une procession. Une fois tout le monde en place, au cri de «&nbsp;Kowtow&nbsp;!&nbsp;» les participants s’agenouillaient et rendaient hommage à l’empereur en touchant le sol de la tête trois fois, effectuant trois séries de trois prosternations.</p><p>L’empereur assistait en personne aux cérémonies les plus importantes. En son absence, le trône du Dragon était vénéré et traité comme son substitut. De même, lorsque l’empereur publiait un décret, le document impérial lui-même était traité avec beaucoup de pompe. Chacune de ces cérémonies dénotait, par leur caractère rituel, la vision d’un Univers composé de strates hiérarchiques distinctes. Ainsi la Cité interdite consolidait le pouvoir et la mainmise de chaque dynastie sur la Chine.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585774_1"><strong>LA CITÉ INTERDITE DE NOS JOURS</strong></h2><p>Malgré les défis rencontrés pendant des siècles, qu’il s’agisse de bouleversements politiques extrêmes et de guerres brutales ou d’incendies majeurs, le complexe est toujours là. Après la chute de la dynastie Qing, le dernier empereur chinois, Puyi, vécut dans la Cité interdite jusqu’en 1924, année où il en fut expulsé par Feng Yuxiang, chef de guerre et plus tard cadre du Kuomintang, le parti nationaliste chinois. L’année suivante, la République de Chine fit du site un musée national.</p><p>En 1949, du haut de la porte de la Paix céleste (Tiananmen), Mao Zedong décréta la création de la République populaire de Chine. En 1966, durant la révolution culturelle, Mao Zedong donna l’ordre à des gardes rouges de se poster à cette même porte. En 1987, la Cité interdite fut inscrite avec&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/photography/2022/05/chine-les-21-plus-beaux-sites-classes-au-patrimoine-mondial-de-lunesco">d’autres monuments au Patrimoine mondial de l’UNESCO</a> sous le nom de «&nbsp;Palais impériaux des dynasties Ming et Qing à Beijing et à Shenyang&nbsp;». Au printemps 1989, les manifestations pro-démocratie de la place Tiananmen, plus vaste espace public du monde, située dans l’ombre élancée de la Cité interdite, fascinèrent le monde entier.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585778_0"><strong>FRANCHIR LA PORTE DU MIDI</strong></h2><p>Wufeng Lou (la tour des Cinq phénix) est l’imposante entrée méridionale de la Cité interdite. On l’appelle également «&nbsp;porte du Midi&nbsp;», car on croyait que la ligne méridienne de Pékin traversait le complexe palatial. C’est dans cet endroit des plus auspicieux que l’empereur publiait ses décrets. Cette entrée se situe au centre du mur extérieur et des ailes s’étirent de part et d’autre. Son style est conforme à celui qui servait à décorer les entrées des palais, des temples et des tombes lors de la dynastie Zhou (11<sup>e&nbsp;</sup>- 3<sup>e</sup> siècles avant notre ère).</p><p>Cinq portes s’ouvrent dans la tour de la porte du Midi qui permettent d’accéder au complexe. La porte centrale était réservée à l’empereur. Les seules exceptions étaient faites pour l’impératrice le jour de son mariage et pour les trois meilleurs étudiants de l’empire. D'une hauteur de près de 40 mètres, la structure centrale mesure près de 60 mètres de long et possède un double toit de tuiles vernissées. À chaque extrémité se trouvent des supports de cloches et de tambours. Chaque fois que l'empereur quittait la Cité interdite pour se rendre à l'autel, les cloches sonnaient. Lorsque les cérémonies les plus importantes étaient célébrées dans le pavillon de l'Harmonie Suprême, les tambours se joignaient aux cloches.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585780_0"><strong>TRAVERSER LA RIVIÈRE D’OR</strong></h2><p>Selon les principes du feng shui, de l’eau doit s’écouler devant chaque montagne. La zone qui se trouve au-delà de la porte du Midi est fidèle à ce principe. La cour qui s’y trouve est divisée d’ouest en est par la Rivière d’or, qui s’écoule devant la monumentale porte de l’Harmonie suprême. La rivière artificielle entre dans la cité depuis le nord-ouest et se jette dans la douve au sud-est. Large de 4,50 mètres environ, la Rivière d’or est peu profonde mais ses eaux avaient une raison d’être aussi pratique que symbolique. En effet, elle servait aussi de réservoir en cas d’incendie, une menace à prendre au sérieux pour une ville principalement faite de bois.</p><p>À l’endroit où la Rivière d’or passe devant la porte de l’Harmonie suprême, elle prend la forme d’un arc mongol. Cinq ponts enjambent la rivière, chacun symbolisant l’une des cinq vertus confucéennes que l’empereur attendait de ses sujets&nbsp;: bienveillance (<em>ren</em>), rectitude (<em>yi</em>), sagesse (<em>zhi</em>), fiabilité (<em>xin</em>) et droiture rituelle (<em>li</em>). Les cinq ponts sont comme cinq flèches qui font émaner ces vertus du centre impérial pour irradier le monde. En plus de leur valeur symbolique, ces ponts servaient à rappeler la stricte hiérarchie sociale de la civilisation chinoise&nbsp;: le pont central ne pouvait être franchi que par l’empereur, les deux qui l’encadraient par la famille royale, et le plus éloigné était réservé aux fonctionnaires de la cour.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585780_1">P<strong>AVILLONS SACRÉS DE L’HARMONIE</strong></h2><p>Au centre de la Cité interdite, érigés sur une terrasse de marbre à trois étages, se trouvent les trois plus importants édifices du complexe&nbsp;: le pavillon de l’Harmonie suprême, le pavillon de l’Harmonie centrale et le pavillon de l’Harmonie préservée. Ces trois pavillons de la cour extérieure possèdent un toit en tuiles vernissées jaunes&nbsp;; le jaune est la couleur impériale. Chaque pavillon est doté d’un trône duquel l’empereur présidait aux cérémonies et aux célébrations. Le plus important était le pavillon de l’Harmonie suprême, qui abritait le trône du Dragon. Des rituels publics y prenaient place, intronisations et mariages royaux y compris.</p><p>Le pavillon de l’Harmonie centrale, plus petit et plus septentrional, était utilisé dans le cadre d’actes impériaux, par exemple pour recevoir des hommages ou pour l’examen de documents gouvernementaux. Plus au nord encore se trouve le pavillon de l’Harmonie préservée, nom qui fait référence à la fonction impériale du partage de l’harmonie sous les cieux. Sous les Ming, il servit à l’empereur de lieu où se parer de ses habits de cérémonie. Sous les Qing, on y donnait des banquets en compagnie de chefs d’État, de nobles et de ministres.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585780_2"><strong>ROYAUME DU DRAGON</strong></h2><p>Dans de nombreuses cultures, on voit les dragons comme des monstres cracheurs de feu, mais les dragons chinois sont de puissants et bienveillants donneurs de vie, des créatures suprêmes contrôlant les eaux et la pluie. Dans la longue histoire chinoise, on a également associé le dragon au pouvoir impérial, et ce dès le règne du premier empereur de la Chine unifiée, Qin Shi Huangdi (r. 221-210&nbsp;avant notre ère). Le rapport entre empereurs et dragons est rendu manifeste à l’intérieur du pavillon de l’Harmonie suprême où se trouve le trône du Dragon. L’empereur Jiajing de la dynastie Ming (r. 1521-1567) aurait été le premier souverain à s’en servir.</p><p>Entouré de dragons, le trône surélevé est richement décoré avec de l’or et des pierres précieuses. Cinq dragons enroulés figurent à l’arrière, ils représentent les cinq éléments (métal, bois, eau, feu et terre). Derrière se trouve un panneau sculpté où figurent neuf dragons. Juste au-dessus, l’image d’un dragon enroulé orne un plafond à caissons sophistiqué. Quand un empereur, vêtu d’une robe de cérémonie ornée d’un emblème figurant un dragon, prenait place sur le trône, il était considéré comme se trouvant au centre de la Chine, mais également au centre du monde civilisé. Cela se reflète dans le nom de la Chine&nbsp;: Zhongguo, «&nbsp;pays central&nbsp;» ou «&nbsp;empire du milieu&nbsp;».</p><h2      id="header_5585786_0">&nbsp;</h2><h2      id="header_5585786_1"><strong>BALADE DANS LE JARDIN IMPÉRIAL</strong></h2><p>Au nord du complexe palatial se trouve un jardin décoratif de bambous, de cyprès et de pins qu’émaillent des édifices tels que de petits pavillons. Le Jardin impérial fut construit au 15<sup>e</sup> siècle lors du règne de Yongle pour que le souverain suprême et son épouse officielle s’y divertissent. Conçu comme un espace paisible permettant de se rapprocher de la nature, le jardin fut par la suite agrandi et finit par couvrir près de quatre hectares. Il s’agit de l’un des quatre jardins du complexe et ses coins accueillent quatre pavillons qui représentent les quatre saisons.</p><p>L’un d’eux, le pavillon des Dix-Mille Printemps est dédié au printemps. Sa base carrée représente la terre, tandis que son toit arrondi est le ciel orné de dragons et de phénix. Au milieu de cet environnement tranquille se tient le pavillon de la Paix impériale, un temple taoïste où les empereurs Ming pratiquaient l’alchimie et la divination. Le pavillon principal était dédié à Xuanwu (ou Zhenwu en version occidentale), puissant dieu de la guerre taoïste associé au Nord et à l’eau. Ce pavillon est le seul temple taoïste situé sur l’axe principal de la Cité interdite.</p><p>Le Jardin impérial abrite un autre édifice remarquable, le Kiosque de la neige cramoisie, qui tire son nom des pommiers sauvages en fleurs qui poussaient là autrefois&nbsp;; en tombant, leurs pétales évoquaient, dit-on, des flocons de neige rougeâtres (de nos jours, des seringats de Pékin [<em>Philadelphus pekinesis</em>] y sont plantés). Deux empereurs Qing en particulier, Kangxi (r. 1661-1722) et Qianlong (r. 1735-1796) appréciaient tant la beauté de la pergola qu’ils la considéraient comme leur endroit favori pour composer des poèmes.</p><p>&nbsp;</p><h2      id="header_5585786_2"><strong>DEVANT LA PORTE</strong></h2><p>Construite en 1420, la porte de la Divine puissance (Shenwumen) est l’entrée septentrionale de la Cité interdite. Elle ouvrait sur la résidence privée de l’empereur et était empruntée par les personnes qui travaillaient au palais, par les concubines de l’empereur et par les membres de la famille impériale. D’abord nommée porte de la Tortue noire (Xuanwumen), elle changea de nom au 17<sup>e</sup> siècle parce que le nom de naissance de l’empereur Kangxi, de la dynastie Qing, était Xuanye. Il était tabou de donner à quoi que ce fut un nom à la sonorité trop proche de celle du nom de l’empereur.</p><p>La porte de la Divine puissance est rectangulaire, mesure 30 mètres de hauteur et se laisse traverser en trois points. Elle repose sur une base Xumi de jade blanc, fondation typique des tours bouddhistes. Une tour au toit en tuiles vernissées jaunes surmonte d’ailleurs la porte. Une cloche et un tambour étaient conservés dans la tour. Lors des dynasties Ming et Qing, on sonnait la cloche 108 fois à la tombée du jour. Ensuite, on faisait résonner la cloche et le tambour toutes les deux heures de sept heures du soir à cinq heures du matin. À l’aube, la cloche sonnait de nouveau. Mais quand l’empereur était chez lui, seul le tambour était frappé. En 1924, c’est par cette porte que l’on expulsa le dernier empereur Qing, Puyi. Quand le complexe fut transformé en musée en 1925, on plaça au fronton de la porte un panneau sur lequel on pouvait lire «&nbsp;Musée palatial&nbsp;».&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Rien n'est plus dangereux qu'une maman ourse qui défend ses petits</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/survie-sauvage-predateurs-attaques-animales-combat-rien-n-est-plus-dangereux-qu-une-maman-ourse-qui-defend-ses-petits</link><description><![CDATA[L'impressionnant ours brun vit dans les forêts et les montagnes du nord de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'Asie. C'est l'ours le plus répandu au monde.Les plus grands ours bruns du monde se trouvent sur les côtes de la Colombie-Britannique et de l'Alaska, ainsi que sur des îles comme l'île Kodiak.Ces géants omnivores ont tendance à être des animaux solitaires, à l'exception des femelles...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 09:22:13 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/survie-sauvage-predateurs-attaques-animales-combat-rien-n-est-plus-dangereux-qu-une-maman-ourse-qui-defend-ses-petits</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ee0gbj.jpg?w=1600" length="1926558" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>L'impressionnant ours brun vit dans les forêts et les montagnes du nord de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'Asie. C'est l'ours le plus répandu au monde.</p><p>Les plus grands ours bruns du monde se trouvent sur les côtes de la Colombie-Britannique et de l'Alaska, ainsi que sur des îles comme l'île Kodiak.</p><p>Ces géants omnivores ont tendance à être des animaux solitaires, à l'exception des femelles et de leurs petits, mais ils se rassemblent parfois. Des rassemblements spectaculaires peuvent être observés sur les principaux sites de pêche d'Alaska, lorsque les saumons remontent le courant pour frayer en été. À cette saison, des dizaines d'ours peuvent se rassembler pour se régaler de poissons, en quête de graisses qui leur permettront de passer le long hiver qui les attend. À l'automne, un ours brun peut manger jusqu'à 40 kilogrammes de nourriture par jour, et il peut peser deux fois plus avant l'hibernation qu'au printemps.</p><p>Les ours bruns creusent des tanières pour l'hibernation, souvent à flanc de colline. Les femelles, ou ourses, font leur tanière pendant la gestation et mettent bas deux oursons pendant ce repos hivernal. Les oursons se nourrissent du lait de leur mère jusqu'au printemps et restent avec elle pendant environ deux ans et demi, de sorte que les femelles ne se reproduisent qu'une fois tous les trois ans.</p><p>Les ours bruns adultes sont de puissants prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, mais ils se nourrissent essentiellement de noix, de baies, de fruits, de feuilles et de racines. Les ours mangent également d'autres animaux, des rongeurs à l'élan.</p><p>Malgré sa taille énorme, l'ours brun est extrêmement rapide, puisqu'on l'a vu atteindre une vitesse de 50 kilomètres par heure. Ils peuvent être dangereux pour l'Homme, en particulier s'ils sont surpris ou si une personne s'interpose entre une mère et ses petits. L'ours mâle agressif dans la vidéo ci-dessus va l'apprendre à ses dépens. Il profite de l'éloignement de leur mère pour attaquer les oursons. Mais très vite, leur mère s'interpose. Le vieux mâle fait 230 kilogrammes de plus qu'elle, mais très vite, il recule, car rien ici ne peut surpasser le courage de cette maman ourse.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Jane Austen, la romancière du mariage qui préféra le célibat</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/arts-litterature-angleterre-culture-generale-jane-austen-la-romanciere-du-mariage-qui-prefera-le-celibat</link><description><![CDATA[« Nous avons une autre fille, une partenaire de jeu pour sa sœur Cassy et une future camarade. Nous allons l’appeler Jenny, mais j’ai l’impression qu’elle sera comme Henry, comme Cassy ressemble à Neddy ». C’est en ces mots que le révérend George Austen annonça la naissance de sa fille Jane, la septième d’une fratrie de huit enfants (six garçons et deux filles) qu’il eut avec sa femme, Cassandra...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 08:36:32 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/arts-litterature-angleterre-culture-generale-jane-austen-la-romanciere-du-mariage-qui-prefera-le-celibat</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/jane-austen_cover.jpg?w=1600" length="1154324" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Nous avons une autre fille, une partenaire de jeu pour sa sœur Cassy et une future camarade. Nous allons l’appeler Jenny, mais j’ai l’impression qu’elle sera comme Henry, comme Cassy ressemble à Neddy&nbsp;». C’est en ces mots que le révérend George&nbsp;Austen annonça la naissance de sa fille Jane, la septième d’une fratrie de huit enfants (six garçons et deux filles) qu’il eut avec sa femme, Cassandra&nbsp;Leigh. Personne ne se doutait que la petite fille, née en&nbsp;1775 à Steventon, petit village situé en <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/qui-etaient-les-prisonniers-de-la-tour-de-londres">Angleterre</a>, deviendrait l’une des autrices les plus célèbres de tous les temps. Morte à l’âge de quarante-et-un&nbsp;ans, Jane&nbsp;Austen repose désormais dans la cathédrale de Winchester.</p><p>Jane&nbsp;Austen passa sa vie dans la sphère domestique, vivant toujours avec des membres de sa famille immédiate et ne travaillant jamais en dehors de chez elle. Elle vécut à Steventon, dans le Hampshire (Angleterre) pendant vingt-cinq&nbsp;ans (sauf lors de brefs passages à l’école des filles), dans la ville de Bath, le port et la station navale de Southampton et enfin à Chawton. Elle connut la guerre d’indépendance des États-Unis, la Révolution française, les guerres napoléoniennes et une grande partie de la régence du roi George&nbsp;IV. L’autrice, qui n’a jamais quitté le sud de l’Angleterre et est morte à Winchester, ne s’est jamais mariée - bien qu’on lui ait demandé sa main plus d’une fois.</p><p>Grâce à son grand sens de l’observation, Jane&nbsp;Austen dépeignit la société anglaise de l’époque avec force détails, avec délice et en usant souvent d'ironie. Ses six romans les plus connus portent sur les histoires des salons distingués de la haute société et des membres de la bourgeoisie et ont pour personnages principaux des femmes. Faisant preuve d’esprit et de perspicacité, Jane&nbsp;Austen mit en lumière les obstacles colossaux auxquels celles-ci étaient confrontées dans leur recherche d’une indépendance minimale.</p><p>À l’époque de la Régence <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2022/10/grace-aux-tailleurs-de-pierre-nos-monuments-les-plus-anciens-tiennent-debout">anglaise</a>, la liberté d’expression n’était pas vraiment encouragée et ceux qui dénonçaient le statu&nbsp;quo de la société étaient sévèrement punis. Les femmes, en particulier, ne bénéficiaient pas de la plupart des protections juridiques, comme le droit de posséder des biens ou de prendre des décisions juridiques ou financières en leur propre nom. Les romans de Jane&nbsp;Austen, au style unique, perspicace et subversif, traitent de ces sujets et d’une foule d’autres problématiques sociales et politiques, comme la primogéniture, la substitution héréditaire et l’héritage&nbsp;; la royauté, la richesse, la pauvreté et les classes sociales, l’adultère et les naissances hors mariage&nbsp;; le colonialisme et l’esclavage, sans oublier l’égalité des droits.</p><p>Jane et sa sœur, Cassandra, reçurent une éducation brève et classique dans des pensionnats. À l’époque de Jane&nbsp;Austen, les jeunes femmes de la bourgeoisie étaient éduquées pour leur permettre de faire un bon mariage. Une jeune femme était plus susceptible de recevoir une demande en mariage décente si elle avait quelques talents. Certaines jeunes filles allaient dans une école de filles, d’autres étaient éduquées chez elles par une gouvernante. La plupart apprenaient à jouer d'un instrument, à dessiner, à broder et à danser. Elles devaient aussi avoir quelques notions de français, considéré comme une langue sophistiquée. Les études de géographie et d’histoire, jugées superficielles, servaient seulement à faire la conversation.</p><p>Dans son roman <em>Emma</em>, publié en&nbsp;1815 soit un an et demi avant sa mort, Jane&nbsp;Austen décrit l’établissement de Mrs&nbsp;Goddard comme «&nbsp;un vrai pensionnat, à l'ancienne, où l'on vendait une quantité raisonnable <em>d'accomplishments</em> pour un prix raisonnable, et où l'on pouvait envoyer des jeunes filles pour s'en débarrasser, car elles pourraient, par leurs efforts, y acquérir un peu d'éducation, sans le moindre risque qu'elles en reviennent en étant devenues de petits prodiges&nbsp;».&nbsp;À l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, parfois plus tôt, les filles des familles de la classe moyenne faisaient leur entrée dans la société et sur le marché du mariage. Pour les filles de familles aristocratiques ou privilégiées, cela passait par la présentation devant un membre de la famille royale au Court of St.&nbsp;James’s. Les jeunes femmes issues de familles plus modestes se contentaient de participer à une soirée privée ou à un bal local. Après son entrée dans la société, une jeune femme devait prendre part à une foule d’évènements sociaux, des promenades, des bals, des thés, dans le but de rencontrer un homme de qualité disposé à demander sa main.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5586295_0"><strong>UN DROIT DE SUCCESSION INJUSTE</strong></h2><p>Pour certaines femmes et leur famille, une telle demande pouvait être un filet de sécurité. Le destin de bon nombre d’entre elles était marqué, dès la naissance, du droit inexorable des successions. Lorsque l’homme chef de famille mourait, tous ses biens étaient transférés à son fils aîné, par la substitution héréditaire. S’il n’avait que des filles, des conditions légales entraient souvent en vigueur. Ses biens n’étaient alors pas transmis aux femmes de la famille, mais au prochain héritier mâle dans l’ordre de succession&nbsp;; la famille proche du défunt se retrouvait alors sans aucun revenu. Dans le livre <em>Orgueil et Préjugés</em>, la propriété de la famille Bennett est soumise à une telle substitution héréditaire. Après le décès de Mr. Bennet, ce n’est ni la femme de ce dernier ni ses filles qui héritent de Longbourn, mais Mr.&nbsp;Collins, un cousin éloigné.</p><p>Souvent, la seule part de la fortune familiale que possédaient les femmes était leur dot de mariage. Pour de nombreuses femmes, la seule façon d’atteindre la stabilité financière était donc de se marier. Dans le livre <em>Orgueil et Préjugés</em>, Charlotte&nbsp;Lucas fait ouvertement part de sa détresse lors d’une conservation difficile avec son amie Elizabeth&nbsp;Bennet au sujet de la demande en mariage de Mr.&nbsp;Collins&nbsp;: «&nbsp;[U]n foyer confortable est tout ce que je désire&nbsp;; or, en considérant l’honorabilité de Mr. Collins, ses relations, sa situation sociale, je suis convaincue d’avoir en l’épousant des chances de bonheur que tout le monde ne trouve pas dans le mariage.&nbsp;»</p><p>Les mariages bourgeois impliquaient une transaction entre les deux familles. Le marié devait pouvoir subvenir aux besoins de son épouse, tandis que cette dernière devait verser la dot mise de côté pour elle par sa famille.</p><p>La plupart des relations se terminaient non pas par un changement d’affection, mais par le manque d’argent. Dans <em>Raison et Sentiments</em>, l’un des premiers romans de Jane&nbsp;Austen publié en&nbsp;1811, Marianne&nbsp;Dashwood tombe amoureuse d’un bel homme, John&nbsp;Willoughby, et lui d’elle. Marianne n’a cependant qu’une dot modeste. Après la révélation de l’implication de John dans un scandale, ce dernier est déshérité par sa riche tante et il abandonne cruellement Marianne pour épouser une riche héritière.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5586298_0"><strong>À LA RECHERCHE D’UNE BONNE SITUATION</strong></h2><p>À l’époque de Jane&nbsp;Austen, de nombreuses jeunes femmes rêvaient d’épouser l’héritier d’un grand domaine. Une telle union était synonyme de garantie de leur position économique et sociale. Dégoter un membre de l’aristocratie, avec un titre, des privilèges et des biens, était un plus. Fitzwilliam&nbsp;Darcy, célèbre personnage d’<em>Orgueil et Préjugés,</em> est sans doute le plus connu de tous les gentlemen célibataires des romans de Jane&nbsp;Austen. Propriétaire d’un vaste domaine familial situé dans le Derbyshire, ses revenus annuels s’élèvent à 10&nbsp;000&nbsp;livres (l’équivalent aujourd’hui d’un peu plus de 910&nbsp;000&nbsp;euros par an).</p><p>Si le fils aîné héritait habituellement du domaine familial, ses frères cadets devaient, eux, travailler. Il était impensable, pour les classes supérieures et la bourgeoisie, d’exercer un métier manuel. Les métiers dans le commerce, potentiellement lucratifs, étaient considérés comme vulgaires. Un homme pouvait faire fortune dans ce domaine, mais il ne serait jamais considéré comme un égal par les membres de la noblesse. Les seuls choix de carrière respectables pour ceux qui voulaient conserver leur statut social étaient de devenir membre du clergé, d’exercer le droit ou d’intégrer les forces armées.</p><p>Traditionnellement, rares sont ceux qui ont fait fortune dans les forces armées comparé aux fils aînés. Mais certains d’entre eux sont devenus riches lors des guerres napoléoniennes (1803-1815), en particulier les officiers de la marine qui se sont partagé le butin pillé aux Français. Dans le roman <em>Persuasion</em> de Jane&nbsp;Austen, le personnage principal, Anne&nbsp;Elliot, accepte la demande en mariage de Frederick&nbsp;Wentworth, un marin, mais ses proches la forcent à rompre ses fiançailles. Huit ans plus tard, Frederick, devenu capitaine, revient de guerre avec une immense fortune et finit par épouser Anne.</p><p>Le second fils pouvait aussi devenir pasteur. À l’époque de la Régence anglaise, le clergé anglican était très respecté et passait sans difficulté d’une classe sociale à l’autre. Avec les bonnes relations, dans l’idéal, un mécène issu de la haute aristocratie, un pasteur pouvait obtenir une paroisse ou une chapellenie ainsi qu’une maison et un revenu certes modeste, mais garanti.</p><p>Pourtant, certaines jeunes femmes restaient sceptiques face aux prétendants ecclésiastiques. Dans <em>Mansfield&nbsp;Park</em>, le troisième roman de Jane&nbsp;Austen à être publié de son vivant en&nbsp;1814, Edmund&nbsp;Bertram, fils cadet d’un riche propriétaire terrien, décide d’être ordonné à l’âge de vingt-quatre ans pour administrer une paroisse sur les terres de son père. Edmund est amoureux de la charismatique Mary&nbsp;Crawford, qui n’est pas impressionnée par son projet&nbsp;: «&nbsp;Alors, vous allez vous faire homme du clergé, monsieur Bertram&nbsp;? dit-elle. J’en suis très étonnée&nbsp;». Ce à quoi l’intéressé répond&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi&nbsp;? Vous supposiez bien que j’adopterais une profession et comme je ne suis pas un avocat, ni un soldat, ni un marin&nbsp;». Mary est toutefois catégorique&nbsp;: «&nbsp;Les hommes aiment à se distinguer et dans toutes les carrières ils peuvent y arriver, mais non dans l’Église. Un pasteur n’est rien du tout&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5586302_0"><strong>LE CÉLIBAT PLUTÔT QU’UN MARIAGE SANS AMOUR</strong></h2><p>Étant donné la vision transactionnelle du mariage typique de cette période, il est frappant pour certains lecteurs que Jane&nbsp;Austen défende de manière répétée, que ce soit dans ses romans ou sa correspondance personnelle, le mariage d’amour. «&nbsp;Oh&nbsp;! Lizzy&nbsp;! Tout plutôt qu’un mariage sans amour !&nbsp;», plaide Jane&nbsp;Bennet auprès de sa sœur Elizabeth dans <em>Orgueil et Préjugés</em>. Des convictions que partageait Jane&nbsp;Austen dans la vraie vie. Elle a ainsi écrit à sa nièce Fanny&nbsp;: «&nbsp;Rien n’est comparable au malheur d’être lié sans amour — lié à quelqu’un tout en en préférant un autre&nbsp;; il s’agit là d’un châtiment que vous ne méritez pas&nbsp;». De fait, plusieurs protagonistes des romans de Jane&nbsp;Austen refusent les demandes en mariage de gentlemans fortunés alors même qu’il leur est offert une vie de luxe et de confort.</p><p>La tentation est forte, lorsque l’on s’intéresse à la vie de Jane&nbsp;Austen, de penser que ces situations sont plus que de simples intrigues romantiques. L’autrice semble avoir suivi son propre précepte lorsqu’Harris Bigg-Wither, frère d’une amie proche et héritier du manoir de Manydown, lui a demandé sa main. Alors qu’elle avait accepté, elle revint sur sa décision le lendemain. Pour une autrice souvent décrite à tort comme écrivant des romans d’amour à l’époque de la Régence, elle a toujours su ce que le mariage impliquait et ce qu’elle voulait.</p><p>Jane&nbsp;Austen et sa sœur ne se marièrent jamais, une situation peu enviable comme elle le reconnaissait elle-même. C’est avec son ironie et sa perspicacité habituelles qu’elle écrivit à sa nièce Fanny la phrase suivante&nbsp;: «&nbsp;Les femmes non mariées ont une fâcheuse propension à être pauvres. C’est un argument de poids en faveur du mariage&nbsp;». Les opportunités professionnelles pour une femme célibataire distinguée étaient assez limitées. À moins de disposer de ressources privées, grâce à un héritage ou à l’aide d’un membre de la famille, la façon la plus courante pour une femme dans cette situation de gagner sa vie était d’enseigner dans une école de filles ou d’être gouvernante d’une famille noble. Jane&nbsp;Fairfax était dans cette situation dans le roman <em>Emma</em>. Cette jeune femme aux nombreuses qualités, qui n’avait ni argent ni relations, a été contrainte de devenir gouvernante, ne s’est jamais mariée et a déménagé loin de chez elle.</p><p>Le roman <em>Emma</em> évoque également la malheureuse Miss&nbsp;Bates, une femme célibataire d’âge mûr qui s’occupe de sa mère âgée. Toutes deux subsistent grâce aux maigres économies laissées par le défunt Mr.&nbsp;Bates. Fille d’un pasteur, Miss&nbsp;Bates appartient à la bourgeoisie, mais n’ayant que peu de ressources, elle dépend de ses voisins pour vivre décemment. Mr&nbsp;Kinghtley, l’un de ses principaux bienfaiteurs, décrit la situation désespérée de Miss&nbsp;Bates lors d’un échange acerbe avec Emma&nbsp;: «&nbsp;[Elle] est pauvre&nbsp;; elle a perdu tous les avantages que sa naissance lui avait conférés, et sa situation deviendra plus précaire encore avec les années&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5586304_0">DES CIRCONSTANCES TRANSCENDANTES</h2><p>Jane&nbsp;Austen était une femme et une autrice à une époque où être l’un ou l’autre posait problème. De même que sa mère et sa sœur Cassandra, elle a connu les épreuves et la dépendance financière après le décès de son père. Toutes trois furent contraintes de quitter Steventon et n’avaient nulle part où aller avant que son frère Edward ne leur propose de venir habiter à Chawton&nbsp;Cottage.</p><p>Mais plutôt que de vitupérer ouvertement contre l’ordre social et les valeurs de son époque, Jane&nbsp;Austen s’est servie de son sens de l’observation pour mettre en évidence leurs limites. Elle a porté son regard curieux et inquisiteur sur les personnes et les situations l’entourant, édulcorant ses critiques et soulevant des problèmes sociaux avec passion, perspicacité et, par-dessus tout, humour. Elle était le plus intéressée par les personnages qu’elle partageait avec ses lecteurs et qui reflétaient les différents types de personnalités et d’attitudes de son cercle social. Ses observations intemporelles de la nature humaine et la manière dont le monde transcende n’importe quelle limitation de l’univers dans lequel elle évoluait sont devenues des classiques.</p><p>Sir&nbsp;Walter&nbsp;Scott a ainsi salué «&nbsp;la touche exquise [de Jane&nbsp;Austen] qui rend des choses et des personnages ordinaires intéressants, mais aussi la véracité des descriptions et des sentiments ». Il poursuit, regrettant sa mort au nom de tous ses lecteurs&nbsp;: «&nbsp;Quel dommage qu'une femme si douée soit morte si tôt&nbsp;!&nbsp;».</p>]]></content:encoded></item><item><title>La maintenance constante de la ligne ferroviaire Chine-Laos</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-commerce-la-maintenance-constante-de-la-ligne-ferroviaire-chine-laos</link><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 07:02:44 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-commerce-la-maintenance-constante-de-la-ligne-ferroviaire-chine-laos</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/3-rails.png?w=1600" length="1957867" type="image/png"/></item><item><title>Dans le nord du Canada, cet homme a décidé d'acheter et de rénover seul une maison en ruines</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/voyages-exploration-dans-le-nord-du-canada-cet-homme-a-decide-dacheter-et-de-renover-seul-une-maison-en-ruines</link><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 09 Mar 2026 06:01:13 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/voyages-exploration-dans-le-nord-du-canada-cet-homme-a-decide-dacheter-et-de-renover-seul-une-maison-en-ruines</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/1-matty-maison.png?w=1600" length="3522485" type="image/png"/></item><item><title>Nos plus beaux portraits de femmes à travers le monde et les âges</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/photographie/nos-plus-beaux-portraits-de-femmes-a-travers-le-monde-et-les-ages-feminisme-histoire</link><description><![CDATA[En 1907, les frères Auguste et Louis Lumière concevaient la première forme de photographie en couleur commercialement viable. Leur procédé, appelé l’autochrome, reposait sur l’utilisation de plaques de verres enduites de millions de filtres microscopiques de couleur, chacun consistant -croyez-le ou non – en une couche de grains de fécule de pomme de terre teintée.La fécule de pomme de terre...]]></description><category>Photographie</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 19:39:19 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/photographie/nos-plus-beaux-portraits-de-femmes-a-travers-le-monde-et-les-ages-feminisme-histoire</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/Portraits%20de%20femmes.JPG?w=1600" length="164526" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En 1907, les frères Auguste et Louis Lumière concevaient la première forme de photographie en couleur commercialement viable. Leur procédé, appelé l’autochrome, reposait sur l’utilisation de plaques de verres enduites de millions de filtres microscopiques de couleur, chacun consistant -croyez-le ou non – en une couche de grains de fécule de pomme de terre teintée.</p><p>La fécule de pomme de terre transformait pour ainsi dire la plaque en un écran de verre teinté de points rouges, verts et bleus, qui filtrait la lumière du soleil sur une émulsion photosensible. Au plus près, les photographies obtenues ressemblaient à des formes constituées de points teintés de rouge, de bleu et de vert. Mais à distance, les yeux des observateurs se chargeaient de mélanger ces couleurs pour donner des tons plus doux, oniriques – l’autochrome ressemblait finalement à de la peinture en pointillés.</p><p>« C’est une des choses qui rendent les autochromes uniques par rapport aux photos modernes : leurs airs de magnifiques peintures », raconte Bill Bonner, archiviste en charge de la collection d’images de National Geographic.</p><p>Les photographes de l’époque se sont enthousiasmé pour les autochromes, comme le déclarait Edward Steichen en 1908 : « je ne dispose d’aucun appareil capable de me donner des couleurs d’une telle luminosité. »</p><p>Peu de publications ont produit d’aussi beaux effets que les clichés des photographes National Geographic qui utilisaient des autochromes. La première photo aux couleurs naturelles qui a été publiée dans le magazine était un autochrome montrant un jardin fleuri en Belgique, en 1914. Les archives de National Geographic conservent près de 15 000 plaques de verre d’autochromes ; il s’agit d’une des collections les plus importantes au&nbsp;monde.</p><p>Mais à la fin des années 1930, quasiment toutes les publications de l’époque, y compris National Geographic, ont choisi le Kodachrome comme standard de photographie couleur. Ses pellicules étaient devenues un support plus facile à utiliser. L’autochrome demandait aux photographes de transporter de lourdes valises remplies de plaques de verre bien fragiles. Quant aux pellicules Kodachrome, associées à un appareil 35 mm, elles étaient légères et simples à transporter.</p><p>Aujourd’hui, si la photographie numérique règne en maître, les autochromes conservés dans nos archives offrent un regard unique sur notre passé.</p><p>« Nous sommes tous tellement familiers des images en noir et blanc que nous avons tendance à penser que les photos des années 1900 étaient exclusivement en noir et blanc », déclare Adrian Coakley, éditeur photo chez National Geographic. « Avec les autochromes, il est possible de regarder ces images comme personne ne l’aurait imaginé. L’Histoire n’est pas qu’en noir et blanc. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Partout dans le monde, les femmes prennent leur avenir en mains</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/culture/photographie-partout-dans-le-monde-les-femmes-prennent-leur-destin-en-main-droits-feminisme</link><description><![CDATA[Cet article a initialement dans le magazine National Geographic de novembre 2019. Theresa Kachindamoto se souvient du premier mariage précoce auquel elle a mis fin, quelques jours après être devenue la première femme cheffe suprême de son peuple, les Ngonis, au Malawi. Elle était passée devant des filles et des garçons qui jouaient au football. Spectacle banal, jusqu’à ce que l’une des filles...]]></description><category>Photographie</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 19:29:13 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/culture/photographie-partout-dans-le-monde-les-femmes-prennent-leur-destin-en-main-droits-feminisme</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nairobi-goat-herder1.jpg?w=1600" length="2160555" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote>Cet article a initialement dans le magazine <em>National Geographic</em> de novembre 2019.</blockquote><blockquote>&nbsp;</blockquote><p>Theresa Kachindamoto se souvient&nbsp;du premier mariage précoce auquel elle a mis fin, quelques jours après être devenue la première femme cheffe suprême de son peuple, les Ngonis, au Malawi. Elle était passée devant des filles et des garçons qui jouaient au football. Spectacle banal, jusqu’à ce que l’une des filles quitte le match pour allaiter son&nbsp; bébé.</p><p>« J’ai eu un choc, se souvient Kachindamoto. Cela m’a fait de la peine. La mère avait 12 ans, mais elle m’a menti, m’assurant qu’elle en avait 13. » Theresa Kachindamoto a alerté les anciens qui l’avaient nommée cheffe sur le cas de la jeune mère, appelée Cecilia. « Ils m’ont répondu : “Ah oui, ici, c’est très courant, mais maintenant que vous êtes cheffe, vous pouvez faire tout ce que vous voulez.” » Theresa Kachindamoto a annulé le mariage et renvoyé la jeune mère sur les bancs de l’école. C’était en 2003.</p><p>La cheffe a réglé les frais de scolarité de l’adolescente jusqu’à la fin du lycée. Aujourd’hui, Cecilia tient une épicerie. Chaque fois qu’elle lui rend visite, raconte Theresa Kachindamoto, « elle vient toujours [me] dire : “Merci cheffe, merci !” »</p><p>Depuis, la cheffe suprême, aujourd’hui âgée de 60 ans, a mis un terme à 2 549 unions et renvoyé autant de filles à l’école.</p><p>Kachindamoto est l’une des nombreuses voix qui militent pour les droits des femmes à travers le monde. « La voix d’une femme est une révolution », scandaient les manifestants de la place Tahrir, au Caire, en Égypte. Un slogan repris d’une campagne de 2013 contre les viols et les agressions sexuelles, afin de briser le silence qui, souvent, sert le statu quo – en Égypte et, comme l’a montré le mouvement #MeToo, ailleurs sur la planète.</p><p>Ces dernières années, des femmes se sont senties plus libres de critiquer les actes répréhensibles commis par les hommes, entraînant un débat mondial sur le sexisme, la misogynie, ainsi que sur la dynamique du pouvoir à laquelle les femmes sont soumises.</p><p>À bien des égards, notre monde reste un monde d’hommes. Mais, de la sphère politique à celle des arts, des femmes s’efforcent de changer la situation à l’échelon local. Leur mission porte sur plusieurs fronts : les institutions gouvernementales ; le lieu de travail et le foyer ; les initiatives militantes dans la rue ; et, enfin, l’aptitude à raconter leur propre histoire et à modeler la société où elles vivent. Dans des pays comme le Rwanda et l’Irak, des quotas législatifs ont garanti une forte présence des femmes au Parlement. Au Malawi, comme dans d’autres pays africains ne disposant pas de mandats législatifs permettant une meilleure représentation des femmes, le changement se prépare sur le terrain.</p><p>Mais cela va rarement sans mal. Le statu quo patriarcal est profondément enraciné, en particulier dans les États autoritaires où la remise en cause du système, que l’on soit un homme ou une femme, se paie très cher. À l’heure actuelle, aucun pays du monde ne peut se targuer d’avoir atteint la parité hommes-femmes. Des pays nordiques, comme l’Islande et la Norvège, ouvrent la voie, obtenant le meilleur classement sur l’Indice mondial de l’écart entre les genres, publié chaque année par le Forum économique mondial. Pondéré suivant la population, l’indice mesure les disparités de genre dans quatre domaines essentiels : la santé, l’éducation, l’économie et la politique. La moitié de la liste la moins performante comprend le Malawi et la plupart des autres pays d’Afrique subsaharienne.</p><p>Mais on observe d’importantes variations au sein d’une même région. Deux États subsahariens figurent dans les dix premiers de la liste : le Rwanda (6e) et la Namibie (10e). Le bon score du Rwanda est dû en grande partie à la génération de lois favorables aux femmes qui ont été adoptées après le génocide dévastateur de 1994.</p><p>L’inégalité entre les genres ne tient donc pas (ni ne se limite) à un lieu, à une ethnie ou à une religion. Ainsi, le Canada arrive au 16e rang de l’indice mondial, tandis que les États-Unis sont 51e, plombant le classement général pour l’Amérique du Nord. Les classements nous aident à mieux comprendre l’influence qu’ont les femmes et les difficultés qu’elles rencontrent à travers le monde, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique (deux zones que l’on considère trop souvent de façon uniforme).</p><p>« Il n’existe pas un seul type de femme au Moyen-Orient », observe l’actrice&nbsp;et réalisatrice libanaise, Nadine Labaki. Elle est entrée dans l’histoire hollywoodienne l’an dernier, en&nbsp; devenant la première femme cinéaste arabe nommée aux Oscars, pour son film Capharnaüm. « Il y a beaucoup de femmes différentes, mais la plupart d’entre elles, y compris dans les circonstances les plus difficiles, sont fortes. Les femmes trouvent la force de se battre à leur façon, que cela soit au sein de leur famille ou, à une plus grande échelle, au travail. Elles ont tant de pouvoir. »</p><p>Il est « colonialiste » de penser qu’une femme arabe acceptera, par exemple, moins de droits qu’une Occidentale, estime la députée tunisienne et avocate des droits de l’Homme Bochra Belhaj Hamida. Mais sa démarche pour les obtenir différera peut-être.</p><p>En Iran, des militantes continuent avec audace de prôner le changement à travers des actes individuels – sur les réseaux sociaux ou à la maison –, par exemple contre l’obligation de porter le hidjab (le foulard islamique). Nasrin Sotoudeh, l’avocate qui a représenté un grand nombre des femmes qui ont été arrêtées, a été elle-même condamnée en mars 2019 à trente-huit années et demie de prison et 148 coups de fouet.</p><p>Pourtant, en mai 2019, après des années de campagne menée par des militantes, les dirigeants cléricaux ont commencé à étudier la possibilité d’autoriser les Iraniennes à transmettre leur nationalité aux enfants nés de père étranger – un droit que des États plus progressifs du Moyen- Orient n’ont jamais envisagé d’adopter, malgré des pressions soutenues.</p><p>En général, l’idée de progrès en matière de droits des femmes concerne moins ce qu’une femme porte que sa possibilité de choisir ce qu’elle porte et de contrôler les autres aspects de sa vie.</p><p>Jusqu’à récemment, en Arabie saoudite, les femmes et les filles devaient obtenir l’autorisation d’un « gardien » masculin pour voyager, se marier ou suivre des études. En août dernier, de nouvelles lois ont assoupli ce système de tutelle qui traitait les femmes comme des mineures. En 2018, les autorités saoudiennes ont levé l’interdiction de conduire pour les&nbsp;femmes, alors qu’elles avaient auparavant fait emprisonner certaines des militantes les plus en vue qui avaient réclamé ce même droit. Un grand nombre de ces femmes restent incarcérées. Ces dernières auraient même subi, selon leurs familles, des passages à tabac, des actes de torture et de harcèlement sexuel, ainsi qu’un isolement cellulaire.</p><p>Le message envoyé par les autorités est clair : en Arabie saoudite, les droits des femmes sont accordés par les dirigeants, et non obtenus par la base. Les femmes n’ont aucun poids ni choix en la matière.</p><p>Dans ces conditions, quels moyens les femmes mettent-elles en oeuvre pour obtenir l’égalité ? Les expériences menées dans plusieurs États africains et arabes mettent en lumière certaines méthodes employées par les femmes pour révolutionner leur société.</p><p><strong>En 2012 Joyce Banda</strong> est devenue la première présidente du Malawi, un pays de 18 millions d’habitants qui compte parmi les plus pauvres d’Afrique. Banda n’appartient pourtant à aucune famille politique et il n’existe pas de quota de femmes au Parlement malawite. De multiples tentatives pour instaurer un pourcentage minimal d’élues (la dernière date de décembre 2017) ont échoué. Mais Joyce Banda, elle, a réussi à s’imposer.</p><p>Elle se souvient que, quand elle avait 8 ans, un ami de la famille a dit à son père qu’il percevait un grand potentiel chez elle : « C’est resté. Il a semé une graine, et j’ai eu de la chance, car mon père me rappelait tout le temps ce que cet ami avait dit. J’ai toujours su que j’allais faire quelque chose. »</p><p>Joyce Banda a été ministre du Genre, de la Protection de l’enfance et des Services communautaires du Malawi, puis ministre des Affaires étrangères, avant d’être élue vice-présidente en 2009. En 2012, elle a succédé au président, brutalement décédé, et a exercé la fonction jusqu’en 2014.</p><p>L’Afrique a connu plusieurs présidentes, « alors que les États-Unis essaient encore, remarque Joyce Banda. Il doit bien y avoir quelque chose que nous faisons correctement. »</p><p>Selon elle, les progrès de l’Afrique en la matière sont dus à la fois au souvenir de son histoire précoloniale (avec des femmes cheffes et des systèmes de pouvoir matrilinéaires, balayés par les colonisateurs patriarcaux occidentaux) et à une conception conciliante du féminisme.</p><p>« Le féminisme à l’occidentale ne peut pas fonctionner ici, ajoute Joyce Banda, en le qualifiant de provocateur. Ici, en Afrique, des femmes ont déjà dirigé, et elles ne l’ont pas fait en contraignant les hommes, mais en les impliquant et en les convainquant de nous laisser de la place. » Elle poursuit : « Tout est dans l’approche. Nous devons donc nous pencher sur nos propres traditions et faire les choses à notre manière. »</p><p>Le combat de Joyce Banda pour les droits des femmes résulte de son expérience personnelle. Sa meilleure amie a arrêté l’école après le primaire, ses parents ne pouvant pas payer les frais de scolarité (l’équivalent de 5 euros). Cela a incité l’ex-présidente à créer une fondation, qui a notamment scolarisé 6 500 filles. Et, ayant survécu à une décennie de violences conjugales, elle a monté une association qui accordait aux femmes des prêts pour démarrer un petit commerce – car, souligne Banda, l’indépendance financière leur ouvre de nouvelles possibilités.</p><p>En 2006, à son premier poste ministériel, Joyce Banda a défendu une loi contre les violences conjugales. Puis, en 2013, sous sa présidence, le Malawi a promulgué sa loi sur l’égalité des genres. Pendant ses deux années de mandat, le taux de mortalité maternelle a diminué. Joyce Banda, qui avait elle-même souffert d’une hémorragie du post-partum, attirait depuis longtemps l’attention sur ce problème. Elle s’est assuré le concours des chefs masculins, les persuadant d’encourager les accouchements sous surveillance médicale à l’hôpital plutôt que les naissances traditionnelles à domicile.</p><p>La population malawite, majoritairement rurale, est profondément conservatrice, explique Joyce Banda. « Les trois quarts des chefs dans ce pays sont des hommes, et ils sont machistes, ajoute-t-elle sur un ton écoeuré. Ils sont traditionalistes et patriarcaux à un point inimaginable ! 85 % des habitants appartiennent à des communautés rurales où ils sont<br />sous l’autorité de ces chefs. C’est pourquoi il faut nouer le dialogue avec&nbsp;ceux-ci et les rallier à notre cause. C’est ce que j’ai fait. » Il est plus efficace de changer une culture de l’intérieur en faisant appel à des personnes d’influence, comme les chefs coutumiers, souligne-t-elle. Et quand ces chefs sont des femmes, le retentissement peut être considérable.</p><p>Certaines femmes accèdent également au pouvoir par héritage. C’est le cas de Theresa Kachindamoto, qui a pris le relais de son défunt père. Sa juridiction englobe 551 villages et 1,1 million d’habitants. Depuis 2003 et son accession aux responsabilités, elle a tenté de faire évoluer des pratiques culturelles des Ngonis – dont l’initiation lors de laquelle les filles perdent leur virginité avec un inconnu.</p><p>Elle s’est heurtée à la résistance (allant jusqu’à des menaces de mort) des chefs de rang inférieur, des chefs de village, mais aussi de chefs de même statut qu’elle. Elle raconte que d’autres grands chefs lui ont déclaré : « Cette culture nous a été léguée pour que nous continuions à la pratiquer. Qui es-tu pour la changer ? »</p><p>Quand il était chef, son père avait déjà essayé, en vain, d’interdire le rituel d’initiation des filles. Mais la peur du sida, dans un pays où un adulte sur onze entre 15 et 49 ans est infecté par le VIH, a aidé Kachindamoto dans ses efforts. Elle a aussi interdit le mariage précoce et renvoyé les jeunes filles à l’école bien avant que le Malawi ne décrète une loi relevant l’âge légal du mariage de 15 à 18 ans, en 2015. Deux ans plus tard, un amendement a mis la Constitution en conformité avec la nouvelle loi.</p><p>Au début, raconte Theresa Kachindamoto, puisque les gens ne voulaient pas l’écouter, elle a monté un groupe de musique, qui profitait des tournées pour faire passer au public son message contre le mariage précoce et les rituels d’initiation sexuelle. Depuis, elle a promulgué des arrêtés contre ces pratiques dans sa juridiction et mis à la porte publiquement des chefs qui perpétuaient les rituels. Dans le même temps, elle a nommé quelque 200 femmes à des postes de responsabilité. Quand elle est devenue cheffe, dit-elle, « il n’y avait pas de femme cheffe de village, rien que des hommes. Donc, j’ai fait évoluer la culture. »</p><p>Le mariage précoce étant lié à la pauvreté, Kachindamoto tente de combattre les deux. Dans sa région agricole, les frais de scolarité sont un gros obstacle pour que les filles continuent l’école : « J’ai parlé aux instituteurs et leur ai dit : “Si ces filles ne paient rien, ne les renvoyez pas car, si vous le faites, leurs parents les amèneront directement à un mari.” »</p><p>La voix de Theresa Kachindamoto n’est pas la seule à faire évoluer le paysage culturel du Malawi. Dans toute la région de Mwanza (district de Salima), Chalendo McDonald, 67 ans, plus connue comme cheffe Mwanza, a également interdit les rituels d’initiation sexuelle et le mariage précoce. Elle a la charge de 780 villages et quelque 900 000 membres de l’ethnie Chewa. Elle aussi s’est donné pour mission de transformer le Malawi, en faisant accéder 320 femmes à la fonction de cheffe dans son district – car, dit-elle, « les femmes cheffes plaident pour les problèmes des femmes ».</p><p>Depuis quinze ans qu’elle est cheffe, elle a annulé 2 060 mariages précoces. Mais, ajoute Chalendo McDonald, malgré les lois nationales et les arrêtés locaux interdisant cette pratique, celle-ci perdure. Je lui demande à quand remonte la dernière fois qu’elle a sauvé une fillette d’un mariage précoce. « Hier, répond-elle. Et, avant-hier, il y a eu un autre cas de mariage précoce. Donc, cela arrive encore. »</p><p>En Tunisie, un État du monde arabe d’environ 11,5 millions d’habitants, les femmes jouent un rôle majeur en politique et dans la société civile depuis les années 1950 et la présidence de Habib Bourguiba. Mais pas toutes les femmes. En 1981, Bourguiba, fervent défenseur de la laïcité, a interdit aux femmes et aux jeunes filles de porter le hidjab dans les institutions&nbsp;publiques, laissant littéralement les femmes voilées à la porte des écoles publiques, de la fonction publique et des autres espaces publics.</p><p>La révolution tunisienne de 2011 (le premier soulèvement du Printemps arabe) a détrôné le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali et ouvert la scène politique à de nouveaux visages, dont des femmes voilées. Les rues de Tunis ont ostensiblement changé après son départ : davantage de femmes portent le voile, peut-être autant par défi que par conviction religieuse.</p><p>Ayant couvert la révolution tunisienne, j’ai été frappée par ce changement soudain. Cela m’a rappelé un vieux proverbe arabe : « Tout ce qui est interdit est désiré. »</p><p>Promulgué en 1956, le Code du statut personnel tunisien a été l’un des plus progressifs dans la région. Il interdisait la polygamie, garantissait l’égalité dans le divorce, fixait un âge minimum ainsi que le consentement&nbsp;mutuel pour le mariage. L’avortement a été légalisé en 1965 pour les femmes ayant cinq enfants ou plus, sous réserve de l’accord du mari, puis pour toutes les femmes en 1973. Les Tunisiennes ont conservé ces acquis dans les décennies suivantes, en grande partie parce que leur pays a été épargné par les guerres, les sanctions et les violences des milices qui détruisent l’État et ont ravagé l’Irak comme d’autres pays.</p><p>Députée et avocate des droits de l'Homme, Bochra Belhaj Hamida s’est tout d’abord inquiétée de ce qui pourrait arriver avec la révolution. « Nous, les militantes, avions peur que la révolution ne ramène les femmes en arrière, mais c’est exactement le contraire qui s’est produit. » Ses craintes reposaient notamment sur le fait que le parti islamiste Ennahdha était à la tête du premier gouvernement tunisien post-révolution.</p><p>« Sans la révolution, les réformes seraient peut-être arrivées, mais beaucoup plus lentement, estime-t-elle. Elles ont été catalysées par la révolution et la peur des femmes de perdre leur place et leurs droits. »</p><p>Les changements ont été aussi rapides que profonds. En 2014, une nouvelle Constitution a sauvegardé les droits énumérés dans le Code du statut personnel et a instauré l’égalité entre les hommes et les femmes.</p><p>En 2017, malgré une forte opposition, les Tunisiennes ont également obtenu le droit de se marier avec des non-musulmans – une décision qui brisait un tabou en vigueur dans toute la région. Auparavant, une nouvelle loi sur la violence conjugale avait été adoptée, et une autre a garanti que les mères n’avaient plus besoin de l’autorisation du père pour voyager seule à l’étranger avec leurs enfants.</p><p>En vertu de la loi sur la « parité horizontale et verticale », tous les partis politiques doivent présenter un nombre égal de femmes et d’hommes aux scrutins locaux. Résultat, les femmes ont gagné 48 % des sièges aux élections municipales de 2018, et elles occupent 79 des 217 sièges du Parlement tunisien, soit le taux le plus élevé (36,4 %) du monde arabe.&nbsp;Des postes administratifs faisant traditionnellement l’objet d’une nomination à caractère politique, comme le puissant président du conseil municipal de Tunis (le maire), ont été soumis au vote. Lors du premier scrutin, l’an dernier, Souad Abderrahim a été élue présidente du conseil. Elle est la première femme à exercer cette fonction depuis sa création, il y a 160 ans. « Le jour où le pouvoir et le choix ont été donnés au peuple, dit Souad Abderrahim, il a choisi une femme. »</p><p>Sa conception de la gouvernance a aussi constitué une rupture avec le passé. Au lieu de prendre des décisions unilatérales, Souad Abderrahim a adopté un système consultatif incluant la totalité des soixante membres du conseil local. Le conseil de Tunis, la capitale, constitue « comme une mère pour tous les autres », rappelle Souad Abderrahim, car il supervise les 350 conseils éparpillés dans le pays. « J’ai le pouvoir de signer certains accords, mais je n’en signerai pas un seul sans en discuter avec les membres du conseil, dit-elle. La démocratie, c’est l’inclusion. »</p><p>Bochra Belhaj Hamida et d’autres défenseurs des droits se battent maintenant pour changer des traditions culturelles ancestrales, ancrées dans la religion, concernant les questions d’héritage. Selon le droit&nbsp;successoral tunisien, les femmes héritent de la moitié de ce que touchent les hommes. C’est une coutume largement répandue dans le monde arabe. La remettre en question signifie s’opposer à une institution religieuse qui fonde les lois sur l’interprétation des textes islamiques.</p><p>Le coeur de notre différend concerne la famille, souligne Hamida. Leur conception de la famille est patriarcale, à l’exact opposé de la nôtre. »</p><p>Elle évoque là des personnes comme Halima Maalej. Cette conservatrice et militante islamiste, tout en soutenant la plupart des réformes favorables aux femmes, s’arrête à l’égalité successorale : « Pourquoi veulent-elles changer le fondement de notre société et ses traditions ? »</p><p>Sympathisante du parti Ennahdha, Halima Maalej se souvient qu’elle a été réduite au silence sous les dictatures laïques de Bourguiba et de Ben Ali. Elle a eu du mal à trouver une place dans une école parce qu’elle était voilée, avant d’être acceptée par une école chrétienne. « Nos voix étaient faibles, rappelle-t-elle, presque inaudibles. »</p><p>Aujourd’hui, ses amies voilées et elle veulent se faire entendre. Elle pense que l’égalité devant l’héritage contredit la charia (loi islamique) et que c’est une « question secondaire » mise en avant par des femmes « bourgeoises » qui ne la représentent pas. Comme toute idéologie politique, l’islamisme n’est pas tout d’un bloc, et les points de vue sont divers jusque dans les rangs d’Ennahdha. Meherzia Labidi est députée de ce parti et ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale constituante. Comme Halima Maalej, elle porte le voile et se souvient de la répression religieuse qui les privait de parole avant la révolution – mais les similitudes entre les deux femmes s’arrêtent à peu près là.</p><p>Meherzia Labidi, qui se décrit comme post-féministe, pense que les Tunisiennes doivent s’écouter les unes les autres : « Je pense que ce dont nous avons besoin en Tunisie et dans le monde musulman arabe, c’est de reconquérir notre voix au sein de ces deux tendances – l’ultralaïque et l’ultrareligieuse. » La députée est fière des&nbsp;progrès réalisés par la Tunisie en matière de droits des femmes et du fait qu’en débattant de questions fondamentales comme l’égalité devant l’héritage, le pays constitue, une fois de plus, un exemple pour le reste du monde arabe.</p><p>« Partout où la démocratie progresse, les droits des femmes progressent, parce qu’on peut parler, on peut agir. Mais, dans les lieux où il n’y a aucune démocratie, même s’il y a quelques changements en faveur des femmes, ils sont imposés par tout ce qui représente l’autorité – le gouvernement, le président, le roi, affirme Meherzia Labidi. Par conséquent, ces changements ne sont pas inculqués, ils ne sont pas adoptés et restent très superficiels. Ce que nous sommes en train de réaliser est très difficile : nous essayons de pénétrer le tissu social. »</p><p>L’héritage universel » du féminisme est ce qui peut relier les femmes ayant des positions politiques différentes, comme Bochra Belhaj Hamida et Halima Maalej, estime Meherzia Labidi. Cela implique notamment que les Occidentales ne parlent pas en leur nom.&nbsp;Elles disent qu’on devrait nous accorder des libertés, mais nous n’avons pas le droit d’exprimer clairement ce que nous voulons. Est-ce cela la liberté ? Est-ce cela le féminisme ? », interroge Meherzia Labidi. Elle adresse un message aux féministes occidentales : « Je vous en prie, arrêtez de parler en notre nom et à notre place, car, quand vous parlez à ma place, vous étouffez ma voix. »</p><p>La réalisatrice Nadine Labaki, nommée aux Oscars, est, elle aussi, fermement convaincue du pouvoir et de la nécessité pour les femmes de raconter leur histoire. Ses trois films (dont son premier, Caramel, en 2007, qui décrit la vie de cinq Libanaises dans un salon de beauté de Beyrouth) explorent les thèmes universels du patriarcat et de maux sociaux tels que la pauvreté.&nbsp;La réalisatrice raconte que Caramel est né de son « obsession personnelle » à sonder les stéréotypes sur les femmes libanaises (« qui sont soumises, incapables d’exprimer qui elles sont, mal à l’aise avec leur corps, qui ont peur des hommes, sont dominées par les hommes – des femmes qui avaient peur »), alors qu’elle était confrontée à la réalité plus complexe de femmes fortes dans son entourage – en premier lieu dans sa famille. « J’ai senti que j’essayais, d’une certaine façon, de trouver ma place, explique Nadine Labaki. Qui suis-je au milieu de tous ces stéréotypes ? »</p><p>Dans son dernier film, Capharnaüm, sorti en 2018 et nommé aux Oscars, Nadine Labaki s’est intéressée aux enfants qui vivent dans la rue : « Nous les entraînons dans nos guerres, nos conflits, nos décisions, et nous leur avons créé un tel chaos, un tel capharnaüm. »</p><p>Elle a commencé à se documenter pour le film en 2013 et a été en partie inspirée par l’image dévastatrice du petit Alan Kurdi, un Syrien d’origine kurde, retrouvé mort et échoué, face contre terre, sur une plage turque alors que sa famille fuyait la guerre en Syrie. L’image, dit-elle, a marqué un « grand tournant » pour elle. « J’ai vraiment pensé : “Si cet enfant pouvait parler, que dirait-il ? Quelle colère ressent-il après tout ce qu’il a traversé et tout ce que nous lui faisons subir ?” »</p><p>Quand les gens lui disent qu’après avoir vu ses films, ils sentent qu’il y a une femme derrière la caméra, Nadine Labaki le prend comme un compliment : « Cela ne veut pas dire que c’est un meilleur point de vue que celui d’un homme. Non. C’est un point de vue différent, un vécu différent. » Elle a réalisé Capharnaüm afin d’ouvrir les yeux des spectateurs sur le sort des enfants qui souffrent et parce qu’elle a « besoin de montrer ce qui se passe ». Mais cette responsabilité va au-delà de la réalisation de films. En 2016, Nadine Labaki a brigué un siège au conseil municipal de Beyrouth – qu’elle n’a pas remporté.</p><p>« Il arrive un moment où on devient militant sans même le vouloir, observe-t-elle. Pour moi, ce n’est pas une question de choix : c’est mon devoir, à présent. Je ne sais pas encore si je m’engagerai en politique ou si je militerai simplement pour faire changer certaines choses. »</p><p>« Par où commencer pour vraiment changer les choses ? », se demande la cinéaste libanaise, qui affirme : « Je veux mener les choses à ma façon, de mon point de vue, à travers ma voix, parce que, parfois, notre voix porte plus que celle d’un homme ou d’une femme politique, et qu’elle résonne beaucoup plus fort que n’importe quel discours politique dans un film ou une courte vidéo. Je ne peux pas me contenter de réaliser un film de plus. Il faut que cela aille plus loin […]. J’ai besoin d’utiliser ma voix de cette manière, et je dois me mettre vraiment au travail. »</p><p>&nbsp;</p><blockquote><em>La photojournaliste&nbsp;<strong>Lynn Johnson</strong> a reçu en&nbsp;<a href="https://blog.nationalgeographic.org/2019/07/01/meet-lynn-johnson-national-geographic-photographer-and-2019-eliza-scidmore-award-recipient/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">2019 le prix Eliza Scidmore</a>. <strong>Rania Abouzeid</strong> est l'autrice de&nbsp;<a href="https://www.amazon.com/No-Turning-Back-Wartime-Syria-ebook/dp/B073VXDZ6T" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">No Turning Back: Life, Loss, and Hope in Wartime Syria</a>.</em></blockquote>]]></content:encoded></item><item><title>Ces femmes ont risqué leur vie pour devenir les premières aviatrices de l'Histoire</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/ces-femmes-ont-risque-leur-vie-pour-devenir-les-premieres-aviatrices-histoire-feministe</link><description><![CDATA[L’histoire des premières aviatrices est marquée par une bravoure étonnante et des vies fauchées trop tôt.Le 8 mars 1910, il y a 113 ans, l’ancienne actrice de théâtre Raymonde de Laroche est devenue la première femme à obtenir sa licence d’aviatrice au monde. Neuf ans plus tard, elle est morte dans le crash d’un avion expérimental qu’elle pilotait.La journaliste de renom Harriet Quimby est...]]></description><category>Photographie</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 13:15:39 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/ces-femmes-ont-risque-leur-vie-pour-devenir-les-premieres-aviatrices-histoire-feministe</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1321319296.jpg?w=1600" length="1419497" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire des premières aviatrices est marquée par une bravoure étonnante et des vies fauchées trop tôt.</p><p>Le 8&nbsp;mars&nbsp;1910, il y a 113&nbsp;ans, l’ancienne actrice de théâtre Raymonde&nbsp;de&nbsp;Laroche est devenue la première femme à obtenir sa licence d’aviatrice au monde. Neuf ans plus tard, elle est morte dans le crash d’un avion expérimental qu’elle pilotait.</p><p>La journaliste de renom Harriet&nbsp;Quimby est devenue la première Américaine à obtenir sa licence de pilote en&nbsp;1911. Elle est morte un an plus tard, lorsque son nouvel avion s’est écrasé dans le port de Boston.</p><p>Après avoir été obligée de quitter les États-Unis et de se rendre en France pour apprendre à piloter des avions, Bessie&nbsp;Coleman est devenue en&nbsp;1921 la première aviatrice noire. Elle a perdu la vie cinq ans plus tard, dans le crash de son avion après qu’une clé à molette a glissé dans les commandes de l’appareil, les bloquant.</p><p>Voler n’était pas sans risques au début de l’aviation. Selon l’historienne Eileen&nbsp;Lebow, aujourd’hui décédée, les aéronefs étaient «&nbsp;des engins fragiles fabriqués avec du bambou, du fil de fer et du tissu&nbsp;». Il n’y avait pas de ceinture ni même de toit pour retenir le pilote si l’avion venait à se retourner. Cela n’a cependant pas empêché des femmes comme Raymonde&nbsp;de&nbsp;Laroche, Harriet&nbsp;Quimby ou encore Bessie&nbsp;Coleman de risquer leur vie pour la liberté promise par ces vols.</p><p>«&nbsp;L’aviation était une nouvelle profession apparemment libérée des attentes liées au genre et au sexe qui limitaient l’accès des femmes à d’autres postes&nbsp;» a déclaré en&nbsp;2022 l’historienne Susan&nbsp;Ware lors d’une conférence sur <a href="https://airandspace.si.edu/whats-on/events/amelia-earhart-pioneering-feminist" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Amelia&nbsp;Earhart et l'histoire de l'aviation</a> au National Air and Space Museum (musée national de l’air et de l’espace). «&nbsp;Les femmes accédaient à cette profession au début&nbsp;».</p><p>C’était, pour la plupart des pilotes, l’occasion de vivre des émotions enivrantes, mais aussi d’être appréciées individuellement. «&nbsp;Ces femmes voulaient être jugées en tant qu’êtres humains et non comme femmes&nbsp;», a ajouté Susan&nbsp;Ware.</p><p>Bessie&nbsp;Coleman considérait l’aviation comme un moyen d’atteindre l’égalité raciale et l’égalité des sexes. «&nbsp;Je savais qu’il n’y avait aucun aviateur ou aviatrice de couleur noire et qu’il était très important que nous soyons représentés&nbsp;», avait-elle confié peu après son retour aux États-Unis en&nbsp;1921. «&nbsp;Il était de mon devoir de risquer ma vie en apprenant à piloter et d’encourager les hommes et femmes noirs laissés pour compte à voler&nbsp;». Elle avait pour projet d’ouvrir une école d’aviation pour les Afro-Américains lorsqu’elle est morte.</p><p>Les premières aviatrices s’imaginaient pour beaucoup qu’elles gagneraient en indépendance si elles faisaient leurs preuves dans ce domaine. Une journaliste et pilote amatrice a ainsi écrit en&nbsp;1930&nbsp;: «&nbsp;Une femme qui s’épanouit dans le ciel n’aura plus jamais sa vie dictée par le temps libre d’un homme&nbsp;».</p><p>Cette indépendance devait en partie provenir de la facilité avec laquelle l’aviation permettrait de voyager. Bon nombre de personnes, dont <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/pourquoi-amelia-earhart-nous-fascine-t-elle-toujours-autant">Amelia&nbsp;Earhart</a>, pensaient que les familles finiraient par posséder des avions comme elles possédaient déjà des vélos ou des voitures.</p><p>D’autres femmes étaient séduites par l’idée d’indépendance financière promise par le secteur. Neta&nbsp;Snook, qui a effectué son premier vol en solitaire dans un aéronef qu’elle avait reconstruit, a gagné sa vie en proposant ses services pour la publicité aérienne, en réalisant des essais de vol avec des aéronefs expérimentaux, en proposant des sorties en avion et en enseignant le pilotage à des aviateurs novices, dont Amelia&nbsp;Earhart. Elle a quitté le monde de l’aviation alors qu’elle était âgée d’une vingtaine d’années après être tombée enceinte. Gladys&nbsp;Roy, quant à elle, a gagné sa vie en tant que cascadeuse de cirque volant. Elle a ainsi dansé le Charleston et joué au tennis sur les ailes d’avions en plein vol lors de shows aériens sous le regard émerveillé des spectateurs. Elle est décédée à l’âge de 25&nbsp;ans, après avoir accidentellement percuté l’hélice en rotation d’un avion.</p><p>Les sœurs Katherine et Marjorie&nbsp;Stinson ont, quant à elles, vu à plus long terme. Avec leur mère et leur frère, elles ont fondé une école de pilotage basée au Texas, où se sont notamment entraînés les pilotes canadiens à l’approche de la Première Guerre mondiale. Lorsque les États-Unis sont entrés en guerre, tous les établissements d’aviation civile du pays, y compris l’école de vol Stinson, ont été fermés. Katherine est partie pour l’Europe où elle a servi comme ambulancière tandis que Marjorie est devenue rapporteuse aéronautique pour la Navy.</p><p>La guerre et le développement de l’aviation commerciale ont eu raison des espoirs d’égalité hommes-femmes dans le secteur. Alors que des aviatrices chevronnées comme Raymonde&nbsp;De&nbsp;Laroche et Katherine&nbsp;Stinson voulaient s’engager pour servir dans l’armée de l’air naissante de leur pays respectif lors de la Grande Guerre, elles ont été écartées, l’administration militaire préférant entraîner des hommes sans expérience. Il en a été de même lors de la Seconde Guerre mondiale, bien que les aviatrices du <em>Women&nbsp;Airforce&nbsp;Service&nbsp;Pilots</em> (Service de pilotes féminines de l’armée de l’air, ou WASP) aient transporté des avions militaires américains en tant que pilotes civiles pendant le conflit. Les régiments de combat aérien de l’Union soviétique comptaient eux trois femmes dans leurs rangs.</p><p>Le rêve de chaque famille de posséder un avion privé ne s’est jamais réalisé, notamment en raison du coût trop élevé des infrastructures nécessaires. En lieu et place, c’est l’aviation commerciale qui s’est développée, recrutant des hommes pour la plupart formés comme pilotes par l’armée. Comme l’a fait remarquer Amelia&nbsp;Earhart, si les femmes «&nbsp;avaient reçu la même formation et bénéficié des mêmes équipements que les hommes, [elles auraient] certainement fait aussi bien&nbsp;».</p><p>Devenue la première femme pilote de ligne en&nbsp;1934, Helen&nbsp;Richey a par la suite été contrainte de quitter son poste. Sous la pression d’un syndicat de pilotes exclusivement masculins, le département du Commerce des États-Unis avait décrété que les femmes n’étaient pas autorisées à emprunter certains itinéraires par mauvais temps (il avait précédemment envisagé «&nbsp;d’empêcher les pilotes féminines de voler neuf jours par mois, pendant leur menstruation&nbsp;», a rapporté Susan&nbsp;Ware).</p><p>Il faudra attendre&nbsp;1973 et le recrutement d’Emily&nbsp;Howell&nbsp;Warner par la compagnie aérienne américaine Frontier pour qu’une autre femme accède à un poste de pilote de ligne.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Canada survie en terre sauvage | Bande annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv-canada-survie-en-terre-sauvage-bande-annonce</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 09:04:14 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv-canada-survie-en-terre-sauvage-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ng306-rennes-du-canada_renne-face--motoneige.jpg?w=1600" length="2295042" type="image/jpeg"/></item><item><title>Le monde merveilleux des serpents | Bande annonce</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/tv-le-monde-merveilleux-des-serpents-bande-annonce</link><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 08:59:19 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/tv-le-monde-merveilleux-des-serpents-bande-annonce</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11023932_img.jpg?w=1600" length="148129" type="image/jpeg"/></item><item><title>Qui étaient les femmes conquistadoras parties pour les Amériques ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-qui-etaient-les-femmes-conquistadoras-parties-pour-les-ameriques-colonies-europeens</link><description><![CDATA[Peu de personnes le savent, mais les femmes espagnoles ont joué un rôle clé dans la colonisation de l’Amérique grâce à leur capacité à affirmer leur pouvoir dans le Nouveau-Monde. Tout a commencé avec la reine Isabelle 1re de Castille, la première reine d’Espagne, qui finança l’expédition de 1492 de Christophe Colomb, celle-là même qui conduisit à la découverte des Amériques.Au total, des...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 08:47:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-qui-etaient-les-femmes-conquistadoras-parties-pour-les-ameriques-colonies-europeens</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/conquis7.jpg?w=1600" length="1532526" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Peu de personnes le savent, mais les femmes espagnoles ont joué un rôle clé dans la colonisation de l’Amérique grâce à leur capacité à affirmer leur pouvoir dans le Nouveau-Monde. Tout a commencé avec la reine Isabelle 1<sup>re</sup> de Castille, la première reine d’Espagne, qui finança l’expédition de&nbsp;1492 de Christophe&nbsp;Colomb, celle-là même qui conduisit à la découverte des Amériques.</p><p>Au total, des milliers de femmes espagnoles quittèrent leur Europe natale pour participer à des voyages transatlantiques vers le Nouveau-Monde. Tout comme leurs homologues masculins, elles durent affronter les épreuves en mer et faire face à de nombreux dangers à leur arrivée&nbsp;; pourtant, les historiens et les fonctionnaires de la Couronne espagnole les mentionnent très rarement. Aux côtés des expéditionnaires masculins, elles ouvrirent les jungles, traversèrent des chaînes montagneuses et des déserts et naviguèrent sur des fleuves puissants. Elles contribuèrent à la construction de villes, s’investirent dans les affaires politiques et fondèrent des hôpitaux et des écoles. Certaines d’entre elles combattirent également contre les populations autochtones. Elles étaient mères de <em>criollos</em> (personnes de descendance européenne, nées dans les colonies espagnoles), mais aussi de <em>mestizos</em> (personnes métisses nées d’un parent espagnol et d’un autre d’origine autochtone) comme de nombreuses femmes autochtones.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590511_0"><strong>DES FEMMES DÉCOUVREUSES</strong></h2><p>S’il est assez facile de retrouver le nom des hommes partis d’Espagne aux 16<sup>e</sup> et 17<sup>e</sup>&nbsp;siècles, c’est loin d’être le cas pour leurs homologues féminines. Selon les registres de la Casa de Contratación de Séville, qui s’occupait des affaires administratives en lien avec les voyages vers le Nouveau-Monde, quatre femmes faisaient partie des 1&nbsp;500&nbsp;personnes ayant embarqué pour la seconde expédition de Christophe&nbsp;Colomb en&nbsp;1493&nbsp;: María&nbsp;Fernández, «&nbsp;servante de l’amiral [Colomb]&nbsp;»&nbsp;; María&nbsp;de&nbsp;Granada, dont on ne connaît que le nom&nbsp;; et les marchandes Catalina&nbsp;Rodríguez, «&nbsp;originaire de Sanlúcar&nbsp;» et Catalina&nbsp;Vázquez.</p><p>Elles étaient trente lors de la troisième expédition de Colomb, qui est partie de Sanlucár de Barrameda, dans le sud de l’Espagne, en mai&nbsp;1498. Certaines d’entre elles étaient les épouses d’expéditionnaires, à l’instar de Catalina&nbsp;de&nbsp;Sevilla, qui semble s’être déclarée avec son mari, Pedro&nbsp;de&nbsp;Salamanca. Les fonctionnaires de la Casa de Contratación délivrèrent également des licences d’embarquement à des voyageuses plus atypiques, dont une prostituée, Gracia&nbsp;de&nbsp;Segovia, et, aussi étonnant soit-il, deux femmes roms, Catalina et María&nbsp;d’Égypte (alors que leur groupe ethnique était persécuté dans l’Espagne du 16<sup>e</sup>&nbsp;siècle, celles-ci faisaient partie des premières personnes à quitter l’Espagne pour les Amériques).&nbsp;</p><p>Il s’avère que Catalina et María étaient des prisonnières ayant accepté d’embarquer en tant que blanchisseuses et d’effectuer dix&nbsp;années de travail d’intérêt général dans les Amériques en échange d’une réduction de leur peine. Le cas de ces deux femmes déroge à la règlementation espagnole, la couronne souhaitant que les territoires «&nbsp;nouvellement découverts&nbsp;» soient peuplés par «&nbsp;de bonnes personnes&nbsp;», car elle voulait que les traditions espagnoles régissent la vie dans les Amériques. Les autorités étaient aussi enclines à autoriser les femmes célibataires à se joindre aux expéditions, dans l’espoir qu’elles finiraient par épouser les hommes espagnols non mariés qui tentaient leur chance dans le Nouveau-Monde.</p><p>Un bon exemple est sans doute l’expédition organisée pour faire venir des femmes célibataires et des familles espagnoles dans la nouvelle ville d’Asunción, au Paraguay. L’afflux d’hommes célibataires en provenance d’Espagne avait conduit à une situation décrite comme suit par un jésuite&nbsp;: «&nbsp;un homme espagnol vit avec jusqu’à dix&nbsp;femmes guaranis&nbsp;». En avril&nbsp;1550, une expédition incluant soixante&nbsp;femmes partit de Sanlúcar&nbsp;de&nbsp;Barrameda. Celle-ci était organisée par Mencía&nbsp;Calderón&nbsp;de&nbsp;Sanabria, une aristocrate de Badajoz, dans le sud-ouest de l’Espagne. Son défunt mari, Juan&nbsp;Sanabria, avait été nommé <em>adelantado</em> (gouverneur) du Río&nbsp;de&nbsp;la&nbsp;Plata et avait conclu un accord avec la couronne espagnole pour organiser et diriger l’expédition jusqu’à Asunción, mais il mourut avant de pouvoir la mener à bien et son titre d’<em>adelantado</em> fut transmis à son fils adolescent, né d’un précédent mariage. Le plan était de «&nbsp;transporter, à bord de six navires, quatre-vingts&nbsp;hommes mariés accompagnés de leur épouse et de leurs enfants, vingt&nbsp;jeunes femmes à marier et deux cent cinquante&nbsp;hommes et femmes célibataires de tous âges&nbsp;». Malgré l’argent emprunté sur la valeur de la ferme qu’elle possédait, la famille Sanabria&nbsp;Calderón n’eut pas assez de fonds pour satisfaire à l’ensemble de ces demandes contractuelles. Elle parvint néanmoins à faire partir pour Asunción trois cents&nbsp;personnes à bord de trois navires.</p><p>Le voyage ne fut pas de tout repos. Les trois embarcations se dispersèrent lors d’une tempête, avant que la patache à bord de laquelle voyageaient les femmes ne soit attaquée par un corsaire. Les voyageurs connurent ensuite la famine sur l’île de Sainte-Catherine, au large du Brésil, et furent emprisonnés dans le fort portugais de Santos (aujourd’hui la ville de São&nbsp;Paulo). Ils se battirent contre des cannibales tamoios et connurent cinq années de maladie et de désespoir avant d’atteindre leur destination. Seuls vingt-deux&nbsp;hommes et vingt-et-une&nbsp;femmes arrivèrent finalement à Asunción en mai&nbsp;1556, au terme de six années et un mois de voyage et de 16&nbsp;900&nbsp;kilomètres parcourus sur terre et en mer.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590516_0"><strong>DES FEMMES EXPLORATRICES</strong></h2><p>L’histoire en parle peu, mais de nombreuses femmes prirent part aux expéditions espagnoles de découverte. Rares sont ceux qui savent que Franscisco&nbsp;de&nbsp;Orellana était accompagné de son épouse, Ana&nbsp;de&nbsp;Ayala, ainsi que d’un grand groupe de femmes originaires de Trujillo, dans l’ouest de l’Espagne, lorsqu’il remonta l’Amazone. 400&nbsp;personnes faisaient partie de l’expédition d’Orellano lorsque leurs navires quittèrent Sanlúcar le 11&nbsp;mai&nbsp;1545. Mais le voyage tourna à la catastrophe lorsque les provisions vinrent à manquer. De nombreuses personnes descendirent des navires aux îles Canaries et au Cap Verde, et certaines embarcations firent naufrage. En décembre, les survivants arrivèrent sur l’île de Marajó, située sur la côte brésilienne, dans le delta de l’Amazone, prêts à «&nbsp;entrer dans l’embouchure du fleuve et à explorer ce dernier jusqu’à la région frontalière avec le Pérou&nbsp;».</p><p>Pendant onze&nbsp;mois, les membres de l’expédition parcoururent près de 900&nbsp;km le long des affluents et des canaux sans issue tout en souffrant de la faim, de maladies et en se battant contre les peuples autochtones. Nombreux furent ceux qui succombèrent. C’est en retournant à l’embouchure du fleuve et en entrant dans un village à la recherche de nourriture qu’Orellana fut abattu d’une flèche dans le cœur par un autochtone. En novembre&nbsp;1546, Ana&nbsp;de&nbsp;Ayala et quarante-trois<strong> </strong>hommes, seuls survivants de l’expédition, construisirent un navire et rallièrent l’île Marguerite (qui fait désormais partie du Venezuela). Bien qu’elle ait survécu à son mari, Ana ne fut que peu mentionnée dans les récits de l’expédition.</p><h2   id="header_5590520_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5590520_1"><strong>DES FEMMES COLONS</strong></h2><p>Les femmes qui arrivèrent en Amérique comme colons rencontrèrent les mêmes difficultés que leurs homologues masculins et combattirent souvent à leurs côtés contre les peuples autochtones qu’ils croisaient. En&nbsp;1536, des colons sous le commandement de Pedro&nbsp;de&nbsp;Mendoza arrivèrent dans l’estuaire du Río de la Plata, sur la côte sud-est de l’Amérique latine, et y établirent le fort d’Espíritu&nbsp;Santo, devenu par la suite la ville de Buenos&nbsp;Aires. Certains membres de l’expédition de Mendoza voyageaient avec leur famille, mais il y avait aussi des veuves et des femmes célibataires parmi les expéditionnaires masculins. C’était notamment le cas de María&nbsp;Dávila, la «&nbsp;compagne&nbsp;» de Mendoza, ou encore d’Elvira&nbsp;Pineda, la «&nbsp;servante aimante&nbsp;» du capitaine Osorio. D’autres femmes, comme Isabel&nbsp;de&nbsp;Guevara, se distinguèrent par leur courage et leur patience lors du siège du fort d’Espíritu&nbsp;Santo et du port de Buenos&nbsp;Aires en juin&nbsp;1536, mené par 23&nbsp;000&nbsp;querandis.</p><p>Les assiégés furent nombreux à mourir de dysenterie, de faim et du manque d’eau potable. Au milieu de l’hiver dans l’hémisphère sud, alors que la situation devenait désespérée, les Espagnols commencèrent à manger leurs chevaux. Ayant mangé jusqu’au dernier rat, serpent et brin d’herbe, ils se mirent à ronger leurs ceintures et leurs chaussures en cuir. Le poète franciscain Luis&nbsp;de&nbsp;Miranda décrit les horreurs de la famille dans son poème élégiaque sur la fondation de Buenos&nbsp;Aires&nbsp;: «&nbsp;le crottin et les excréments que certains ne pouvaient digérer étaient consommés par de nombreux désespérés&nbsp;». «&nbsp;[I]ls ont également mangé de la chair humaine… Les abats mêmes d’un frère&nbsp;!&nbsp;»</p><p>Certains survivants parvinrent à s’enfuir par bateau et à remonter le fleuve. La plupart des hommes étant malades ou blessés, les femmes gouvernèrent l’embarcation et repoussèrent les attaques des peuples autochtones. Elles choisirent un endroit où s’installer et y fondèrent la ville de Nuestra Señora Santa María de la Asunción, désormais connue sous le nom d’Asunción et devenue la capitale du Paraguay. Dans une lettre adressée à la princesse Jeanne d’Autriche, Isabel&nbsp;de&nbsp;Guevara décrit la fondation d’Asunción dans les termes suivants&nbsp;: les femmes devaient travailler, «&nbsp;défrichant de leurs propres mains, grattant, raclant, ensemençant et récoltant les provisions sans aucune aide. Elle se plaignit ensuite du fait qu’elle n’avait pas reçu du gouverneur d’Asunción les parcelles qui lui étaient dues en tant que l’une des premières Espagnoles à être arrivées à Río de la Plata.</p><p>La guerre faisait partie intégrante de la vie des hommes et femmes espagnols qui cherchaient à <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-definition-colonialisme-colonisation">coloniser le Nouveau-Monde</a>. Certaines femmes prirent les armes, à l’image de María&nbsp;de&nbsp;Estrada lors de la conquête du Mexique. Avec <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/decouverte-de-nouveaux-indices-sur-les-navires-perdus-du-conquistador-hernan-cortes">Hernán&nbsp;Cortés</a> et Pedro&nbsp;de&nbsp;Alvarado, elle entra dans Tenochtitlán en&nbsp;1519. Après la bataille d’Otumba, l’historien franciscain Fray&nbsp;Juan&nbsp;de&nbsp;Torquemada écrivit que la guerrière, armée «&nbsp;d’une épée et d’un bouclier, fit des merveilles et affronta l’ennemi avec un tel courage et une telle détermination qu’elle aurait pu être l’un des hommes les plus braves au monde&nbsp;». Elle joua également un rôle majeur dans l’approvisionnement de l’armée espagnole avant l’assaut final sur la capitale de l’Empire aztèque.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590525_0"><strong>DES FEMMES GUERRIÈRES</strong></h2><p>L’année&nbsp;1541 fut marquée par le début de la guerre du Mixtón dans le royaume de Nouvelle-Galice (dans l’ouest du Mexique). Alors que les Chichimèques en assiégeaient la capitale, Guadalajara, l’un de ses habitants, Beatriz&nbsp;Hernández, agit avec détermination. Comme le raconte l’historien jésuite Mariano&nbsp;Cuevas, elle s’adressa à toutes les femmes terrifiées qui pleuraient dans l’église, leur disant «&nbsp;qu’il n’était pas le moment de s’évanouir&nbsp;» avant de les conduire en lieu sûr et de les y enfermer. Beatriz enfila ensuite une armure légère et s’empara d’une courte lance. Pendant la bataille, elle protégea l’entrée du bâtiment où étaient réfugiés les femmes et les enfants. La charte fondatrice de Guadalajara mentionne le nom des soixante-trois&nbsp;colons qui survécurent à la bataille contre les Chichimèques&nbsp;; parmi eux figure celui de Beatriz&nbsp;Hernández.</p><p>Une autre femme courageuse, Doña&nbsp;Mencía&nbsp;de&nbsp;los&nbsp;Nidos, assura la défense de la ville de Concepción, dans le sud du Chili. Et lorsqu’en&nbsp;1554, le gouverneur Francisco&nbsp;de&nbsp;Villagrá ordonna l’évacuation de la place principale de peur des Mapuches, elle refusa de se retirer. Le soldat et poète Alonso&nbsp;de&nbsp;Ercilla raconte les évènements dans son poème <em>La&nbsp;Araucana</em>&nbsp;:</p><p><em>«&nbsp;Elle entendit un grand vacarme et fut galvanisée, S’emparant d’une épée et d’un bouclier, elle poursuivit ses voisins du mieux qu’elle put… «&nbsp;Revenez&nbsp;! Je m’offre ici, à être la première à me présenter aux fers ennemis&nbsp;!&nbsp;»</em></p><p>Malgré leur courage, les Espagnols qui survécurent à la bataille durent se réfugier à Santiago&nbsp;du&nbsp;Chili.</p><p>La plus célèbre des guerrières de la conquête espagnole de l’Amérique est sans aucun doute Catalina&nbsp;de&nbsp;Erauso, également connue comme La Monja&nbsp;Alférez (La nonne lieutenante). Adolescente, la jeune fille s’enfuit d’un couvent de San&nbsp;Sebastián en se faisant passer pour un garçon et servit comme page pour plusieurs figures illustres. En&nbsp;1603, à l’âge de dix-huit&nbsp;ans, elle embarqua à bord d’un navire à Sanlúcar en partance pour le Nouveau-Monde. Une fois à Lima, elle changea de nom et devint Alonso&nbsp;Díaz.&nbsp;En&nbsp;1606, elle s’enrôla pour combattre les Araucans (aujourd’hui connus comme les Mapuches), qui se rapprochaient de la ville de Concepción et du fort de Valdivia au Chili.</p><p>Au cours d’une des nombreuses batailles qui ponctuèrent la guerre, les Araucans tuèrent le capitaine et le lieutenant de la compagnie de Catalina&nbsp;de&nbsp;Erauso. Avec deux autres soldats, cette dernière grimpa sur sa monture et se lança à la poursuite du groupe d’autochtones qui s’étaient emparés du drapeau espagnol. Les deux hommes blessés, Erauso continua seule la poursuite. Elle écrivit dans son autobiographie&nbsp;: «&nbsp;Malgré un mauvais coup à la jambe, j’ai tué le chef de la tribu qui tenait [le drapeau] et je le lui ai pris des mains. J’ai continué la poursuite avec mon cheval, renversant, tuant et blessant d’innombrables autochtones&nbsp;; mais gravement blessée et transpercée de trois flèches et d’une lance dans l’épaule gauche… je suis tombée de ma monture&nbsp;». Catalina&nbsp;de&nbsp;Erauso resta dans cet endroit avec quelques compagnons pendant neuf mois, avant de retourner au campement espagnol avec le drapeau. C’est à ce moment que la jeune femme devint sous-lieutenante (le grade de lieutenant lui ayant été refusé, car, plutôt que de remettre le chef de la tribu aux Espagnols comme l’avait demandé le gouverneur, elle l’avait pendu).</p><p>Dans son autobiographie, Catalina&nbsp;de&nbsp;Erauso relate comment, après une rixe, elle finit par raconter sa vie à l’évêque de Guamanga, près de Cuzco. «&nbsp;Voilà la vérité&nbsp;», dit-elle. Après s’être enfuie du couvent et s’être fait passer pour un homme, «&nbsp;j’ai pris la mer, j’ai contribué, j’ai apporté des choses, j’ai tué, j’ai blessé, j’ai persécuté et j’ai couru dans tous les sens, jusqu’à ce que je m’arrête aujourd’hui à vos très illustres pieds&nbsp;». Après deux ans et demi passés dans un couvent de Lima où elle purgea ses crimes, Catalina fut autorisée par les autorités à rentrer en Espagne au vu de son manque d’intérêt pour la vie religieuse. Habillée comme un homme, elle arriva à Cádiz le 1<sup>er</sup>&nbsp;novembre&nbsp;1624 et fut chaleureusement accueillie par la foule. Le roi l’autorisa à se faire appeler Antonio plutôt que Catalina et lui donna une <em>encomienda</em> (une parcelle de terre gérée par des ouvriers agricoles qui n’étaient pas asservis, mais étaient exploités) à Veracruz, au Mexique. Antonio&nbsp;de&nbsp;Erauso mourut à l’âge de soixante-cinq&nbsp;ans à Cuitlaxtla, non loin de son <em>encomienda</em>.</p><p>Les femmes espagnoles qui arrivaient en Amérique pouvaient se voir attribuer des fonctions de commandement. En l’absence de leurs époux ou après la mort de ces derniers, de nombreuses femmes leur succédèrent à certains postes, à l’instar d’Isabel&nbsp;Barreto, qui était <em>adelantada</em> (gouverneure) des mers du Sud.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590535_0"><strong>DES FEMMES GOUVERNEURES</strong></h2><p>Avec sa dot, qui s’élevait à 40&nbsp;000&nbsp;ducats, Isabel&nbsp;Barreto aida son mari, le capitaine et gouverneur Álvaro&nbsp;de&nbsp;Mendaña, à financer et à affréter quatre navires qui quittèrent Piura, au Pérou, en juin&nbsp;1595, pour rejoindre les îles Salomon, situées au beau milieu de l’océan Pacifique sud. Deux cent quatre-vingts&nbsp;hommes et quatre-vingt-dix-huit femmes et enfants prirent part à cette expédition.</p><p>Pendant le voyage, Mendaña tomba gravement malade. Selon la chronique du pilote de navire, Fernández&nbsp;de&nbsp;Quiróz, Mendaña désigna dans son testament Barreto comme son «&nbsp;héritier universel, gouverneure des terres découvertes et de celles qu’il reste à découvrir&nbsp;». À la mort de son époux, Isabel&nbsp;Barreto prit la tête de l’expédition, ordonnant l’exploration des archipels voisins dans l’espoir d’y trouver de l’or et des perles. Les quatre navires naviguèrent pendant plusieurs mois avant d’atteindre les Philippines, où l’exploratrice fut reçue comme la «&nbsp;Reine Sheba des îles Salomon&nbsp;».</p><p>Isabel s’installa aux Philippines, où elle épousa le neveu du gouverneur de Manille. En août&nbsp;1597, le couple partit pour Acapulco. Après un court passage au Mexique, il s’installa à Castrovirreyna, au Pérou, où l’exploratrice mourut en septembre&nbsp;1612.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5590538_0"><strong>DES PROFESSIONNELLES</strong></h2><p>La législation qui régulait l’émigration des femmes espagnoles était stricte&nbsp;; elle visait à protéger leur réputation et à garantir l’unité de la famille. En général, les autorisations de voyager n’étaient pas octroyées aux femmes célibataires, sauf si elles embarquaient en tant que servantes ou pour rejoindre de la famille. C’était cependant une tout autre histoire pour l’immigration au Nouveau-Monde&nbsp;: on considérait en effet que la présence d’un plus grand nombre de femmes espagnoles aurait un effet positif sur les nouvelles colonies et permettrait d’augmenter la population.</p><p>Qu’elles aient été riches ou pauvres, issues de la noblesse ou de la société paysanne, les femmes espagnoles qui voyageaient en Amérique avaient tendance à jouir de davantage d’autonomie et de liberté que celles restées en Europe. La plupart firent carrière en tant que commerçantes, infirmières, sages-femmes, enseignantes et écrivaines. D’autres occupèrent des postes traditionnellement réservés aux hommes, comme capitaines d’expéditions, soldates, conseillères coloniales, gouverneures et même vices-reines, façonnant ainsi leur propre avenir et celui du Nouveau-Monde.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le boa constricteur : un prédateur à l'étreinte mortelle</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-serpents-le-boa-constricteur-un-predateur-a-letreinte-mortelle</link><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 07:01:32 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-serpents-le-boa-constricteur-un-predateur-a-letreinte-mortelle</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/boa-constricteur.png?w=1600" length="1777067" type="image/png"/></item><item><title>La route du thé et des chevaux : une route commerciale cruciale traversant l'Asie</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-commerce-la-route-du-the-et-des-chevaux-une-route-commerciale-cruciale-traversant-lasie</link><category>Voyage</category><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 06:01:43 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/voyage-commerce-la-route-du-the-et-des-chevaux-une-route-commerciale-cruciale-traversant-lasie</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/2-route-du-the.png?w=1600" length="4352575" type="image/png"/></item><item><title>Italie : les plus beaux sites naturels classés au patrimoine mondial de l’UNESCO</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-voyage-italie-les-plus-beaux-sites-naturels-classes-au-patrimoine-mondial-de-lunesco</link><description><![CDATA[Une balade en gondole sur les canaux de Venise, les combats de gladiateurs dans le Colisée de Rome ou peut-être la pizza napolitaine. Ce sont les premières idées qui nous viennent quand on pense à l’Italie. Un patrimoine culturel immense qui peut reléguer au second plan les trésors de la nature qu’offre le pays en forme de botte.  LES PICS DES DOLOMITES DES ALPES ITALIENNESDix-huit sommets de...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 17:01:37 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-voyage-italie-les-plus-beaux-sites-naturels-classes-au-patrimoine-mondial-de-lunesco</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/dolomites-italy.jpg?w=1600" length="1571383" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Une&nbsp;balade en gondole sur les canaux de&nbsp;Venise, les combats de gladiateurs dans le Colisée de&nbsp;Rome&nbsp;ou peut-être la pizza napolitaine. Ce sont les premières idées qui nous viennent quand on pense à l’Italie. Un patrimoine culturel immense qui peut reléguer au&nbsp;second&nbsp;plan&nbsp;les trésors de la nature qu’offre le pays en forme de botte.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5509566_0">LES PICS DES DOLOMITES DES ALPES ITALIENNES</h2><p>Dix-huit sommets de plus de 3 000 mètres. Voilà pourquoi&nbsp;<a href="http://web.archive.org/web/20191217114204/https://www.voyage.fr/boussole-et-sac-dos/5-randonnees-dans-les-dolomites-pour-decouvrir-la-plus-belle-region-ditalie" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">la chaîne de montagnes des Dolomites</a>&nbsp;est célèbre dans le monde entier. Mais c’est surtout sa géomorphologie avec ses nombreuses falaises abruptes de couleurs claires qui interpellent une fois sur place. Cette teinte blanchâtre est due à sa roche,<strong>&nbsp;</strong>la dolomie, qui peut prendre des tons rougeâtres quand le soleil l’illumine. Le site couvre 141 903 hectares et a été classé en 2009 au patrimoine mondial de l’UNESCO</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5509566_1">L’ETNA, LE VOLCAN SICILIEN</h2><p>C’est le plus haut volcan actif d’Europe.&nbsp;L’Etna&nbsp;qui culmine à 3 300 mètres à l’Est de la Sicile est devenu célèbre pour son activité régulière depuis plus de 500 000 ans. Ses nombreuses éruptions venant de 4 grands cratères à la cime du volcan font de l’Etna un terrain privilégié pour l’étude de la vulcanologie et de la géologie. Sa formation viendrait notamment de la rencontre entre les plaques terrestres eurasienne et africaine. À son sommet, la vue est dégagée pour observer&nbsp;la baie de Taormine. Un environnement qui lui a donné sa place au sein du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2013.&nbsp;</p><h2 id="header_5509568_0">L’ARCHIPEL VOLCANIQUE DES ÎLES ֤ÉOLIENNES</h2><p>L’archipel des&nbsp;îles Éoliennes&nbsp;à une heure de bateau au nord de la Sicile est situé dans la mer Tyrrhénienne. Composé de 7 îles habitées : Lipari la « capitale », Alicudi, Filicudi, Panarea, Salina, Stromboli et Vulcano, toutes de nature volcanique. En effet, l’archipel est la partie émergée&nbsp;<a href="http://web.archive.org/web/20191217114204/https://www.voyage.fr/sur-la-route/les-volcans-de-sicile-stromboli-et-litalie-en-eruption-naturelle" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">d’un arc volcanique sous-marin de 200 km</a>. Quatre des sept îles possèdent encore une activité volcanique,&nbsp;le Stromboli&nbsp;étant un des volcans les plus actifs d’Europe. De nombreux vestiges archéologiques, notamment depuis la colonisation par les Grecs autour de 580 avant J-C, ont pu être conservés par la lave refroidie. Aujourd’hui, l’archipel offre encore un terrain d’étude fécond pour la volcanologie. Pour toutes ces richesses, les Îles Éoliennes sont inscrites depuis l’an 2000 a<a href="http://web.archive.org/web/20191217114204/https://www.voyage.fr/programmes/merveilles-de-lunesco" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">u patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco</a></p><h2 id="header_5509572_0">FORÊTS PRIMAIRES ET ANCIENNES DE HÊTRES D’ITALIE</h2><p>Les forêts de&nbsp;hêtres&nbsp;s’étendent sur 12 pays d’Europe notamment en Roumanie et en Ukraine où ils sont apparus. Une des richesses du hêtre est de pouvoir s’adapter à différentes conditions physiques et climatiques. On le retrouve ainsi dans&nbsp;les forêts primaires d’Umbra&nbsp;sur la côte adriatique d’Italie ou dans les&nbsp;Abruzzes&nbsp;à l’est de Rome. &nbsp;Les forêts primaires jouent un rôle important dans la conservation d’une grande variété de faune et de flore car elles n’ont, par définition, jamais été détruites ou exploitées par l’homme. Elles sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007.&nbsp;</p><h2 id="header_5509570_0">LE MONTE SAN GIORGIO, PARADIS DES PALÉONTOLOGUES</h2><p>Imaginez un lagon à l’eau turquoise comme l’on peut voir dans les Bahamas. C’était ce paysage qui était présent au sud de la Suisse dans le&nbsp;canton du Tessin, il y a 245 millions d’années lors de l’ère du Trias. C’est désormais une montagne de 1100 mètres d’altitude qui s’est dressée. &nbsp;Pour son incroyable richesse fossilifère de la vie marine préhistorique, le mont a été classé en 2003 au patrimoine mondial de l’Unesco. Les deux pays frontaliers, l’Italie et la Suisse se partagent sa protection et les chercheurs y ont découvert plus de 20 000 fossiles, du reptile aux végétaux.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les espaces naturels les plus menacés devraient-ils être interdits aux touristes ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/protection-environnement-les-espaces-naturels-les-plus-menaces-devraient-ils-etre-interdits-aux-touristes</link><description><![CDATA[Le nombre de destinations touristiques menacées par la perte d'habitat, le surtourisme et le changement climatique ne cesse d'augmenter, même après le répit accordé par la pandémie aux lieux autrefois assaillis par les touristes.Face à ce constat, nous avons souhaité poser une question à nos lecteurs via notre newsletter et notre page Facebook : « Serait-il préférable que certaines destinations...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 14:57:41 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/protection-environnement-les-espaces-naturels-les-plus-menaces-devraient-ils-etre-interdits-aux-touristes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/pe35mr.jpg?w=1600" length="1971838" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre de destinations touristiques menacées par la perte d'habitat, le surtourisme et le changement climatique ne cesse d'augmenter, même après le répit accordé par la pandémie aux lieux autrefois assaillis par les touristes.</p><p>Face à ce constat, nous avons souhaité poser une question à nos lecteurs via notre newsletter et notre page Facebook&nbsp;: «&nbsp;Serait-il préférable que certaines destinations soient inaccessibles aux visiteurs&nbsp;? Doit-on restreindre l'accès à la nature d'une façon ou d'une autre&nbsp;?&nbsp;»</p><p>Un déluge de réponses a inondé notre boîte de réception, la plupart en faveur d'une restriction du tourisme. «&nbsp;Ces dernières décennies nous ont montré ce qui arrivait à la nature lorsqu'elle était piétinée par l'Homme,&nbsp;» écrit Margaret Cervarich, en référence aux déchets qui jonchent le camp de base de l'Everest.</p><p>«&nbsp;Je pense que les humains ne devraient pas avoir accès aux zones vierges et protégées. Seules quelques personnes seraient autorisées à y pénétrer pour des études scientifiques,&nbsp;» écrit Charlisa Cato. D'autres, comme Alper Takci, pousseraient les restrictions encore plus loin&nbsp;: «&nbsp;On devrait fermer toute la planète aux humains.&nbsp;»</p><p>D'autres destinations ont déjà fermé leurs portes aux visiteurs, comme le canyon de Fjaðrárgljúfur en <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/iceland" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Islande</a>, <a href="https://www.cnn.com/travel/article/iceland-canyon-closing-overtourism-justin-bieber/index.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">rendu célèbre</a> par une vidéo de Justin Bieber. En Thaïlande, sur l'archipel des îles Phi Phi, les <a href="https://www.dw.com/en/thailand-saving-a-beach-paradise-from-mass-tourism/a-57230396" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">touristes ont envahi</a> la baie de Maya et détruit ses coraux suite à la sortie du film <em>La Plage</em> en 2000. La plage en question, foulée par l'acteur Leonardo di Caprio, est fermée depuis 2018 et pourrait réouvrir bientôt avec des conditions d'accès plus strictes. Certaines destinations préfèrent interdire des activités spécifiques&nbsp;: à <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/hawaii" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Hawaï</a>, une <a href="https://www.westhawaiitoday.com/2021/09/29/hawaii-news/rule-banning-swimming-with-spinner-dolphins-goes-into-effect-oct-28/?fbclid=IwAR0rIofTySaPXWG3LltO7frZofOFBsDUbE1kYebLK8_BzA0D-CF7GT-s2z8" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">nouvelle loi</a> entrée en vigueur le 28&nbsp;octobre interdit la nage avec les dauphins à long bec.</p><p>Nous avons posé la même question aux experts. La plupart s'accordent à dire que la fermeture au public n'est pas la bonne solution. «&nbsp;Je suis opposé à l'idée que l'on puisse interdire, de but en blanc, le tourisme dans les zones vulnérables,&nbsp;» déclare Jeremy Sampson de <a href="https://www.thetravelfoundation.org.uk/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Travel Foundation</a>, une organisation à but non lucratif basée au Royaume-Uni, dédiée à l'amélioration de l'industrie du tourisme. «&nbsp;Le fait est que certains types de tourisme contribuent à la protection des ressources naturelles et la conservation du patrimoine.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5511753_0"><strong>DES SITES SURPEUPLÉS</strong></h2><p>Il existe de nombreux cas pour lesquels l'intervention des autorités a permis de limiter l'encombrement. En juillet dernier, <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/italy" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">l'Italie</a> a <a href="https://www.nytimes.com/2021/07/13/world/europe/venice-italy-cruise-ship-ban.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">interdit l'entrée des grands bateaux de croisière </a>dans les eaux de <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/venice" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Venise </a>et déclaré monument national la lagune de la ville. Depuis des dizaines d'années, le <a href="https://www.nationalgeographic.com/expeditions/get-inspired/videos/bhutan-kingdom-in-the-clouds/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Bhoutan </a>mène une stratégie à <a href="https://goodtourismblog.com/2021/04/high-value-low-volume-tourism-is-bhutans-old-normal-the-worlds-new-normal/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">«&nbsp;haute valeur ajoutée et faible volume&nbsp;»</a>, avec des tarifs accessibles uniquement aux voyageurs les plus fortunés, tout en investissant dans la conservation de la nature et de la culture. Certaines destinations, comme <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/top-activities-things-to-do-61" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Amsterdam</a>, ont pratiquement mis un terme à leur promotion auprès des touristes afin de se concentrer sur des objectifs de «&nbsp;gestion de la destination&nbsp;» donnant la priorité au bien-être des locaux.</p><p>«&nbsp;Les exemples de systèmes de gestion des visiteurs permettant de limiter l'encombrement des destinations les plus fragiles sont nombreux,&nbsp;» indique Greg Klassen, stratège en tourisme basé à Vancouver. «&nbsp;Par exemple, plusieurs parcs nationaux disposent de zones ouvertes au public selon le principe du "premier arrivé, premier servi" ou par tirage au sort.&nbsp;»</p><p>De plus en plus de destinations se laissent séduire par ce type de mesure. En 2017, le <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/peru" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Pérou</a> a ainsi limité l'accès au <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/secrets" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Machu Picchu</a> à deux créneaux par jour et cantonné les randonneurs à des sentiers spécifiques. Certaines des restrictions induites par la pandémie, comme l'obligation pour les visiteurs de <a href="https://www.cnbc.com/2021/09/06/what-to-know-about-planning-a-trip-to-machu-picchu-after-the-pandemic.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">réserver un horaire de visite précis</a>, vont probablement devenir permanentes. Aux États-Unis, les parcs nationaux des <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/national-parks/article/rocky-mountain-national-park" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">montagnes Rocheuses </a>et du <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/national-parks/article/yosemite-national-park" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Yosemite </a>ont <a href="https://www.5280.com/2020/09/8-ways-to-ease-overcrowding-at-our-national-parks/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">récemment mis en place </a>un système de ticket avec réservation de créneau horaire pour la gestion des foules pendant la pandémie. Bien que temporaires, ces solutions sont autant de stratégies potentielles pour lutter contre le surtourisme à l'avenir.</p><p>La réservation de créneaux et le tirage au sort ont également été suggérés par notre lecteur Wayne Woodman, qui écrit&nbsp;: «&nbsp;Je pense que nos régions sauvages et nos parcs nationaux sont surchargés et doivent faire l'objet de restrictions. Donc oui, je suis pour un contrôle strict des accès basé sur un tirage au sort pour ne pas léser les moins fortunés.&nbsp;»</p><p>Cela dit, les files et les tirages au sort ne résoudront pas tous les problèmes. «&nbsp;Ce n'est pas qu'une question de maths. La plupart veulent introduire une notion de capacité, mais je pense que c'est trop simpliste. Il peut y avoir d'autres solutions plus nuancées,&nbsp;» déclare Sampson. Par exemple, les touristes pourraient être amenés à promettre de mieux se comporter. Depuis quelques années, l'Islande, <a href="https://tiakinewzealand.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">la Nouvelle-Zélande</a>, les <a href="https://haidagwaiipledge.ca/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">îles de la Reine-Charlotte</a> et <a href="https://www.ponopledge.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Hawaï</a> demandent à leurs visiteurs de signer une charte à leur arrivée ou avant même d'entrer sur le territoire. La formulation varie, mais la plupart demandent aux touristes de faire attention, de protéger la nature et de respecter la culture.</p><p>«&nbsp;La plupart des voyageurs à Palaos n'avaient pas conscience de ce que signifiait avoir un comportement raisonnable,&nbsp;» indique Klassen, qui a contribué à l'élaboration de la charte pour ce pays du Pacifique. «&nbsp;Une aire marine protégée couvre l'ensemble de l'archipel, ce qui n'empêchait pas les touristes de repartir avec des coraux du récif, de laisser leurs déchets derrière eux ou de se comporter de façon inappropriée.&nbsp;»</p><p>La charte décrit ce que les visiteurs peuvent ou ne peuvent pas faire, par exemple&nbsp;: ne pas emporter de <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/wildlife-souvenirs-not-to-buy-on-your-trip" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">souvenirs </a>de la vie aquatique, mais s'intéresser à la culture et à la population. Contrairement à d'autres destinations, le simple fait de violer ces règles à Palaos peut entraîner des amendes allant jusqu'à 1&nbsp;million de dollars. «&nbsp;Même dans les pays où la charte reste bénévole, elle favorise la sensibilisation et l'implication du voyageur&nbsp;; toute modification, même modeste, du comportement des voyageurs peut être utile,&nbsp;» ajoute Klassen.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5511755_0"><strong>ÉCONOMIE ET CONSERVATION</strong></h2><p>Dans certaines régions et notamment en <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/africa" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Afrique</a>, un tourisme strictement contrôlé est essentiel à la conservation de la faune et les revenus générés par le secteur sont indispensables à la survie des résidents qui risqueraient autrement de se tourner vers les industries extractives.</p><p>«&nbsp;Au <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/rwanda" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Rwanda</a>, le tourisme à forte valeur ajoutée génère chaque année plus de 18&nbsp;millions de dollars, ce qui a contribué à la repopulation des gorilles, d'un maigre 254&nbsp;en 1981 à 600 en 2019,&nbsp;» indique Tiffany Misrahi, vice-présidente Politiques et recherches pour le <a href="https://wttc.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">World Travel and Tourism Council.</a></p><p>Le tourisme est donc crucial pour la préservation de ces destinations sauvages. «&nbsp;Si les forêts vierges au cœur de l'Afrique perdent cette connexion avec les différents peuples de la planète, elles pourraient finir par disparaître complètement,&nbsp;» déclare Praveen Moman, fondateur de l'agence <a href="https://volcanoessafaris.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Volcanoes Safaris</a> qui emmène depuis 25&nbsp;ans un nombre limité de visiteurs en Ouganda et au Rwanda pour admirer les gorilles et les chimpanzés des montagnes.</p><p>Bien souvent, les grands absents des débats sur la protection de la nature sont les peuples autochtones, ceux-là mêmes qui pendant des millénaires ont veillé à l'équilibre de la planète.</p><p>«&nbsp;Si vous superposez une carte mondiale des points chauds environnementaux et une carte des régions où la culture est menacée, où les peuples autochtones, leurs langues et leurs traditions luttent pour survivre, vous constaterez qu'elles sont presque identiques,&nbsp;» indique <a href="https://www.nationalgeographic.org/find-explorers/elizabeth-kapuuwailani-lindsey-ph-d" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Elizabeth Kapu’uwailani Lindsey</a>, réalisatrice polynésienne, anthropologue et exploratrice National Geographic.</p><p>«&nbsp;Donc lorsque nous parlons d'un lieu, nous devons également parler de son peuple. Nous avons besoin de la sagesse de ceux qui ont veillé sur la terre pendant des milliers d'années. Nous devons apprendre de ces peuples et nourrir notre propre interconnexion avec le monde naturel.&nbsp;»</p><p>Au fil des fjords côtiers de la province<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/canada" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"> canadienne </a>de <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/british-columbia" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Colombie-Britannique</a>, en plein cœur de la forêt pluviale du Grand Ours, un territoire de la taille de l'Irlande protège des arbres millénaires et l'ours le plus rare au monde. Sur ces terres, un établissement détenu et opéré par la Première Nation Kitasoo Xai’xais, le <a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/article/wildlife-watch-hunting-great-bear-rainforest-spirit-bear" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Spirit Bear Lodge</a>, accueille les voyageurs du monde entier, des visiteurs dont les dépenses contribuent à revitaliser les villages locaux et financer les efforts de conservation, notamment une initiative qui a permis de <a href="https://www.raincoast.org/2017/08/ndp-moves-to-end-sport-hunting-of-bears-in-great-bear-rainforest/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">mettre un terme à la chasse à l'ours</a>.</p><p>«&nbsp;Les aînés nous répètent souvent&nbsp;: "Ce que nous avons ici n'est pas à nous, nous n'en sommes que les gardiens pour les générations futures" et c'est un principe fondamental dans tout ce que nous faisons,&nbsp;» déclare Douglas Neasloss, conseiller en chef de la Nation Kitasoo Xai’xais. «&nbsp;La communauté a clairement indiqué que l'objectif n'était pas l'argent, mais bien l'avenir. Nous avons pu revitaliser notre culture et créer un modèle durable dans lequel nous ne prélevons aucun poisson et n'abattons aucun arbre.&nbsp;»</p><p>Afin de connecter les initiatives sociales et écologiques aux voyageurs qui autrement convergeraient vers les mêmes sites fragiles, la <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/unexpected-things-what-to-do" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Jordanie </a>a créé une carte de voyage responsable en partenariat avec l'organisation à but non lucratif Tourism Cares. Cette carte recense 12 expériences respectueuses de l'environnement qui dispersent les voyageurs et ont un impact important sur les communautés. Le programme a connu un tel succès qu'une carte similaire est prévue pour la <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/colombia" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Colombie</a>.</p><p>La fermeture au public devrait plutôt être perçue comme une solution de dernier recours et certaines réponses à notre question initiale partageaient ce point de vue. «&nbsp;Pour que les lieux menacés soient préservés, il faut qu'un nombre minimum de personnes soient autorisées à les admirer et à se laisser subjuguer par leurs merveilles,&nbsp;» écrivait Ebrahim Hamad. «&nbsp;La population ne protégera pas ce qu'elle ne connaît pas.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5511758_0"><strong>PARTIR DE ZÉRO</strong></h2><p>Autre idée&nbsp;: bâtir une destination de A à Z. En <a href="https://www.nationalgeographic.com/environment/article/saudi-arabia-water-use" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Arabie Saoudite</a>, au beau milieu d'un désert bordant la <a href="https://www.nationalgeographic.com/photo-of-the-day/photo/coral-reef-red-sea-peschak" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">mer Rouge</a>, émergent les premières pierres de la future Neom, ville en devenir de la taille de la Belgique. Il est prévu que la <a href="https://www.neom.com/en-us/whatistheline" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">construction préserve 95&nbsp;% de la nature</a> «&nbsp;avec zéro voiture, zéro rue et zéro émission carbone.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;C'est l'une des premières destinations au monde entièrement fondées sur les principes du tourisme régénératif,&nbsp;» indique Paul Marshall, responsable environnemental du projet Neom. La ville prévoit de mettre à profit la technologie pour transformer la façon dont les visiteurs perçoivent la nature et la conservation, au lieu de les cantonner à un office du tourisme.</p><p>«&nbsp;Nous voulons un office du tourisme inversé utilisant des technologies comme la réalité augmentée ou virtuelle pour projeter une image alors que les visiteurs sont en pleine nature,&nbsp;» explique Marshall. «&nbsp;Pas en essayant d'intégrer la nature à un bâtiment, mais plutôt en projetant des informations éducatives sur le paysage réel.&nbsp;»</p><p>La technologie peut être utilisée de différentes façons. Tout comme Instagram et d'autres réseaux sociaux contribuent à la destruction des lieux fragiles, notamment lorsque des utilisateurs suivent leurs influenceurs préférés dans ces lieux «&nbsp;juste pour Insta'&nbsp;», certains utilisent les mêmes méthodes pour inverser la tendance.</p><p>L'organisation <a href="https://lnt.org/new-social-media-guidance/?gclid=Cj0KCQjw18WKBhCUARIsAFiW7JzxFF_jOd-kqLwicutz-i65DtetprK1xO-F-2ud_1Ic7QIbqX7GSPoaAjtzEALw_wcB" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Leave No Trace</a>, ainsi que des destinations comme <a href="https://www.visitjacksonhole.com/sustainabilityhttps:/www.nationalgeographic.com/travel/article/jackson-hole-yellowstone-grand-teton-struggle-with-record-breaking-coronavirus-tourism" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Jackson Hole</a>, encouragent les voyageurs à utiliser des géotags génériques au lieu des géotags spécifiques pour éviter le déferlement de touristes sur le site photographié. En outre, la réalité virtuelle qui a permis à tant de voyageurs de continuer à s'évader pendant la pandémie pourrait facilement être déployée sur les sites les plus fragiles pour leur <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/can-virtual-reality-replace-real-tourism-during-pandemic-and-beyond" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">éviter les conséquences du surtourisme</a>. En France, les visiteurs peuvent admirer l'art préhistorique remarquable des célèbres<a href="https://archeologie.culture.fr/lascaux/en" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"> grottes de Lascaux, </a>fermées en 1963, grâce à une réplique, une exposition à la pointe de la technologie et des visites virtuelles sur le site Web du musée.</p><p>«&nbsp;Construire un avenir qui permettrait d'accéder à des lieux sans les endommager n'est pas chose facile. Malgré les bonnes volontés individuelles, avez-vous déjà croisé un groupe de personnes absolument d'accord sur tout&nbsp;?&nbsp;» interroge Barbara Cool, l'une de nos lectrices. Peut-être, mais agir est aujourd'hui essentiel.</p><p>«&nbsp;La question que nous devrions tous poser est de savoir comment le voyage peut être utilisé comme outil pour résoudre tous ces problèmes. Parce que oui, c'est possible,&nbsp;» déclare Sampson.</p><p>&nbsp;</p><blockquote><p><strong>VOUS VOULEZ AIDER&nbsp;?</strong></p><p>Sur la route, gardez à l'esprit <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/how-to-travel-sustainably-in-new-year" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">ces astuces pour un voyage responsable</a>. Évitez les destinations surpeuplées lorsque c'est possible. Limitez l'affluence dans les zones fragiles lorsque vous utilisez les médias sociaux. L'organisation <a href="https://lnt.org/new-social-media-guidance/?gclid=Cj0KCQjw18WKBhCUARIsAFiW7JzxFF_jOd-kqLwicutz-i65DtetprK1xO-F-2ud_1Ic7QIbqX7GSPoaAjtzEALw_wcB" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Leave No Trace</a> et diverses destinations encouragent les voyageurs à utiliser des géotags génériques au lieu des géotags spécifiques pour éviter le déferlement de touristes sur le site visité. Lorsque vous voyagez en Islande, en <a href="https://tiakinewzealand.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Nouvelle-Zélande,</a> sur les<a href="https://haidagwaiipledge.ca/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"> îles de la Reine-Charlotte</a> ou à <a href="https://www.ponopledge.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Hawaï</a>, assurez-vous de signer la charte puis de respecter votre engagement à être prudent, à protéger la nature et à respecter la culture.</p><p><a href="https://www.noriequintos.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Norie Quintos</a> écrit et alimente un blog sur le monde du voyage d'un point de vue culturel. Retrouvez-la sur <a href="https://twitter.com/NorieCicerone" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Twitter.</a></p><p><!--StartFragment -->Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.</p><p><!--EndFragment -->&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></blockquote>]]></content:encoded></item><item><title>Le rat-taupe nu détiendrait-il le secret de la longévité ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/sciences-observations-le-rat-taupe-nu-detiendrait-il-le-secret-de-la-longevite</link><description><![CDATA[Il a la taille d'un doigt, est presque aveugle et pas particulièrement agréable à regarder. Mais il pourrait détenir le secret de la quasi-immortalité : le rat-taupe nu vit des décennies sans jamais vraiment vieillir.Alors que notre obsession pour la longévité grandit, portée par une industrie qui devrait dépasser les 38 milliards d’euros d’ici à 2030, les chercheurs se concentrent sur la...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 09:41:05 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/sciences-observations-le-rat-taupe-nu-detiendrait-il-le-secret-de-la-longevite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/mm1038625110501252.jpg?w=1600" length="865230" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il a la taille d'un doigt, est presque aveugle et pas particulièrement agréable à regarder. Mais il pourrait détenir le secret de la quasi-immortalité : le rat-taupe nu vit des décennies sans jamais vraiment vieillir.</p><p>Alors que notre obsession pour la longévité grandit, portée par une industrie qui devrait dépasser les 38 milliards d’euros d’ici à 2030, les chercheurs se concentrent sur la jeunesse mystérieusement éternelle du modeste rat-taupe nu. Tandis que des sociétés de biotechnologie financées par des fonds d’investissement débauchent les meilleurs scientifi ques et leur donnent carte blanche dans des laboratoires privés, ce minuscule rongeur détiendrait les antidotes à tous les fléaux du vieillissement – cancer, infarctus, accident vasculaire cérébral, déclin cognitif.</p><p>Plus d’une centaine de laboratoires dans le monde étudient désormais ces créatures inhabituelles. Pratiquement tous les individus concernés partagent un seul « parent » : Rochelle Buff enstein. Elle est « la reine humaine du monde des rats-taupes », selon Ewan St. John Smith, directeur de la Naked Mole-Rat Initiative de l’université de Cambridge, un laboratoire qui étudie leur résistance au cancer et leur tolérance à la douleur.</p><p>Rochelle Buff enstein, Exploratrice National Geographic, a commencé ses recherches il y a plus de quarante ans. La jeune étudiante zimbabwéenne en zoologie sillonne alors le Kenya dans un camping-car dans le cadre d’une expédition fi nancée par une bourse National Geographic visant à collecter des rats-taupes nus dans leurs colonies<br>(un indice : de petits monticules de terre). À la clé, une nouvelle fascinante : il s’agit du premier mammifère eusocial connu, ce qui signifi e qu’ils vivent dans une structure coopérative avec division du travail. Mais c’est la découverte suivante de Rochelle Buffenstein qui change tout.</p><p>En 1987, certains de ses rats atteignent les 7 ans – un âge remarquable pour une créature si petite. Et dix ans plus tard, ses rats adolescents grandissent encore, ce qui pousse Rochelle Buffenstein à demander unebourse pour mener une étude comparative sur le vieillissement. En 2002, elle publie un article détrônant le porc-épic de son titre de rongeur qui vit le plus longtemps au monde.</p><p>Plus incroyable encore : son rat-taupe nu le plus âgé, un mâle, ne présente aucune diminution notable de la masse musculaire, de la densité osseuse ou du métabolisme. Sa fonction vasculaire reste robuste. Ce rat a vécu jusqu’à près de 40 ans, sa cause de décès demeurant un mystère.</p><p>Au milieu des années 2000, Google recrute Rochelle Buffenstein chez Calico Life Science, qui réunit des scientifiques de tous horizons pour étudier la biologie du vieillissement et développer des médicaments pour le combattre. Ils cherchent la fontaine de jouvence, soutenus par le budget illimité de la firme californienne.</p><p>Chez Calico, Rochelle Buffenstein étudie 7 000 descendants des rats collectés au Kenya. Ses créatures ne montrent que peu ou pas de signes d’accident vasculaire cérébral, de neurodégénérescence, de fonction cardiaque diminuée ou de cancer. Elle quitte Calico au bout de sept ans, convaincue que le développement de médicaments est prématuré. Elle offre 6 000 de ses petites bêtes à d’autres laboratoires et en emmène environ 2 000 dans le monde académique de la recherche, où elle peut se concentrer sur la façon de saisir les secrets des rats-taupes nus.</p><p>Aujourd’hui nichés dans un labyrinthe de laboratoires à l’université de l’Illinois à Chicago, Rochelle Buff enstein et son collègue Thomas Park supervisent la plus grande collection de rats-taupes nus au monde. Près de 3 000 rongeurs y vivent en colonies de deux à plus d’une centaine d’animaux, chacune gouvernée par une reine. Leurs cages en plastique sont reliées par des tubes. Les équipements incluent un nid, un garde-manger parsemé d’ignames et de maïs rongés, et des toilettes, où les rats jettent également la nourriture indésirable<br>et enterrent leurs morts.</p><p>Dans les salles à rats-taupes de Rochelle Buffenstein, le son des gazouillements (chaque colonie a son propre dialecte) et des dents grattant les parois des cages emplit l’air. Dans une colonie, un rat-taupe – le préposé au nettoyage des toilettes de la colonie – se tient en équilibre sur ses pattes avant tandis qu’il repousse furieusement des excréments dans un coin.</p><p>Les rats-taupes nus sont « plutôt mignons quand on apprend à connaître leurs personnalités », admet Rochelle Buff enstein. Lorsqu’on soulève les couvercles de leurs cages, des dizaines de museaux pointent vers le ciel, renifl ant frénétiquement l’air et exhibant quatre énormes dents. Certaines créatures sont bavardes, d’autres violentes ; certaines sont désordonnées, d’autres propres. Il y a des coureurs et des rongeurs, des artistes de l’évasion et des comploteurs de coup d’État.</p><p>La colonie la plus ancienne, numéro 3111, est dirigée par une reine de trente-six ans. Ses toilettes sont impeccables et son nid douillet rempli d’essuie-tout rien que pour elle. Des découvertes incroyables proviennent de ces logis en plastique. Rochelle Buff enstein pu constater que les rats-taupes nus continuent de se reproduire jusqu’à leur mort, ce qui défie l’un des principes clés de la biologie.</p><p>Les femelles ne connaissent jamais la ménopause. La reine – la seule femelle à produire une descendance dans une colonie – vieillit encore plus lentement que ses sujets. Les recherches de Rochelle Buffenstein ont même montré qu’au fil des années, les rats-taupes nus conservent des caractéristiques biologiques juvéniles – voire foetales –, internes comme externes.</p><p>Elle attrape un mâle de sa colonie. « Salut, beau gosse », roucoule-t-elle, avant de le placer dans une petite boîte dans laquelle est vaporisé un anesthésique. Ses recherches se concentrent actuellement sur les maladies cardiaques et la neurodégénérescence. C’est là, croit-elle, que réside le secret de la longévité des rats-taupes nus. Le coeur humain commence à décliner à dix-sept ans. Même deux fois plus âgé, le rat-taupe nu ne montre aucune réduction de sa fonction cardiaque.&nbsp;</p><p>Rochelle Buff enstein attend que la petite créature s’endorme pour pouvoir effectuer une échographie, mais elle rencontre une complication. Les rats-taupes nus peuvent survivre 18 minutes sans oxygène sans séquelles. Rien que comprendre ce seul talent pourrait débloquer des traitements pour les dommages à long terme causés par les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques chez les humains. Mais pour l’instant, le superpouvoir du rat est un problème. Cinq minutes se sont écoulées et il trottine encore partout. « Il retient sa respiration », explique Rochelle Buffenstein. L’anesthésique est inutile contre ce Houdini rose et ridé. Elle finit par abandonner.</p><p>De retour dans son bureau, Rochelle Buffenstein compare deux des personnes les plus âgées de l’histoire connues : Jeanne Calment qui a fumé des cigarettes presque jusqu’à sa mort à 122 ans et un habitant du Cap qui détient le record du sprint sur 100 mètres le plus rapide pour un centenaire (30,86 secondes). Pourquoi certaines personnes vivent-elles si longtemps et restentelles si robustes physiquement ?</p><p>Rochelle Buffenstein pense qu’il est inutile de vivre plus longtemps si notre santé ne suit pas, et toutes ses recherches posent une grande question : comment les rats-taupes nus évitent-ils si bien les périls du vieillissement ? Leur coeur, leurs muscles, leur digestion, leur reproduction – rien ne semble se dégrader. Ont-ils un secret unique, ou s’agit-il de milliers de petits détails génétiques s’additionnant pour former un système plus performant ? « Si nous pouvions comprendre de quoi il s’agit et l’imiter dans des médicaments humains, peut-être pourrions-nous aussi améliorer notre durée de vie en bonne santé », espère-t-elle.</p><p>Bien sûr, Rochelle Buffenstein n’est pas la seule chercheuse à tenter de convaincre les rats-taupes nus de nous livrer des réponses. Un laboratoire japonais a récemment découvert le système par lequel ces rongeurs purgent les cellules problématiques, empêchant les dommages liés à l’âge. En Allemagne, des scientifiques ont réalisé qu’ils réagissent à peine à la douleur thermique sur leur peau, y compris celle causée par l’acide. Des chercheurs de Cambridge ont révélé comment le système immunitaire de ces animaux empêche les cellules cancéreuses de se transformer en tumeurs.&nbsp;</p><p>« Dans dix ans, je pense que nous aurons déjà des traitements pour les humains basés sur ce qui a été découvert chez les rats-taupes nus », affirme Vera Gorbunova, codirectrice du Rochester Aging Research Center à New York. Vera Gorbunova explore la capacité des rats à guérir efficacement le cancer avant qu’il ne s’installe. Elle s’est concentrée sur la production accrue d’acide hyaluronique chez ces rongeurs, un sucre présent dans les tissus qui semble supprimer leurs tumeurs cancéreuses. Les humains produisent moins d’acide hyaluronique, et il se dégrade plus rapidement dans nos organismes. Vera Gorbunova estime que si nous pouvons ralentir la dégradation, nous<br>pourrions aussi ralentir la métastase du cancer. En 2023, son laboratoire a réussi cette prouesse chez les souris.</p><p>Mais même des percées incontestables comme celle de Vera Gorbunova laissent planer un mystère fondamental : le rat-taupe nu vieillit-il lentement, ou ne vieillit-il tout simplement pas ? Dans une étude datée de 2021, Rochelle Buffenstein écrivait que « la mort et la maladie semblent toutes deux le fait du hasard et indépendantes de l’âge chronologique » chez les rats-taupes nus, et qu’ils pourraient donc – au moins, jusqu’à la<br>trentaine – « être classés comme un mammifère “sans vieillissement” ».</p><p>En 2013, alors qu’il était à UCLA, le généticien et biostatisticien Steve Horvath invente une méthode baptisée horloge épigénétique, utilisée pour tester les biomarqueurs du vieillissement dans nos cellules. Il cherche depuis longtemps un mammifère qui ne vieillit pas. « Tout le monde misait sur le rat-taupe nu », reconnaît-il. Mais quand il collecte des centaines d’échantillons de tissus et d’organes de ces animaux pour ses tests, ce qu’il découvre est à la fois décevant et incroyable. Au niveau moléculaire, le rat-taupe nu vieillit bel et bien.</p><p>Seulement, en chemin, sa biologie résiste à presque toutes les maladies dont souffrent les mammifères – en particulier les humains – en vieillissant. Au cours de quatre décennies passées à étudier des milliers et des milliers de rats-taupes nus, seulement dix de ceux de Rochelle Buffenstein ont succombé à un cancer. Quand on lui demande de quoi meurent la plupart des rats-taupes nus, elle lève les mains : « C’est la question à un million de dollars ! »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Cette croisade meurtrière signa la chute de Constantinople</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/histoire-religion-christianisme-cette-croisade-meurtriere-signa-la-chute-de-constantinople</link><description><![CDATA[La croisade des rois, mieux connue sous le nom de troisième croisade, fut une victoire tactique qui permit la conquête de villes clés mais qui échoua dans son objectif principal : reprendre possession de Jérusalem pour la rendre aux chrétiens. Toutefois, celle-ci permit une trêve avec le sultan Saladin et les Chrétiens purent accéder librement à Jérusalem. Néanmoins, la Ville sainte, conquise par...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 08:02:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/histoire-religion-christianisme-cette-croisade-meurtriere-signa-la-chute-de-constantinople</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/cons1.jpg?w=1600" length="2425468" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La croisade des rois, mieux connue sous le nom de troisième croisade, fut une victoire tactique qui permit la conquête de villes clés mais qui échoua dans son objectif principal&nbsp;: reprendre possession de Jérusalem pour la rendre aux chrétiens. Toutefois, celle-ci permit une trêve avec le sultan Saladin et les Chrétiens purent accéder librement à Jérusalem. Néanmoins, la Ville sainte, conquise par Saladin en 1187, resta aux mains des musulmans. Dès 1198, le pape Innocent&nbsp;III appela à la quatrième croisade pour reprendre Jérusalem.</p><p>En novembre 1199, le comte Thibaut&nbsp;III de Champagne, noble puissant et magnat féodal, organisa un tournoi dans la ville d’Écry-sur-Aisne, actuelle Asfeld, dans le nord-est de la France. Inspiré par les prêches de Foulques de Neuilly dans toute la région et par l’appel à prendre la croix, un groupe de nobles d’Écry, conduit par Thibaut décida de lancer une nouvelle croisade pour récupérer Jérusalem. Parmi eux se trouvaient trois personnages éminents&nbsp;: Geoffroi de Villehardouin, qui deviendrait l’auteur de l’un des principaux récits de cette campagne, laquelle allait devenir, avec le temps, la quatrième croisade&nbsp;; Boniface de Montferrat, qui prendrait la tête des croisés après la mort prématurée de Thibaut en 1201&nbsp;; et Simon de Montfort, qui jouerait un rôle important dans une autre croisade, celle des Albigeois, menée contre les Cathares.</p><h2     id="header_5611852_0">&nbsp;</h2><h2     id="header_5611852_1"><strong>DES CROISÉS AUX MERCENAIRES</strong></h2><p>Atteindre Jérusalem par voie de terre à cette époque était impensable, car les Balkans, sous domination byzantine, étaient bien trop instables. Les croisés envisagèrent de naviguer jusqu’en Égypte, puis de gagner la Terre sainte par la route à partir de là, mais ils ne disposaient pas des ressources suffisantes pour obtenir navires et provisions. Ils sollicitèrent donc l’aide des républiques marchandes prospères de Gênes et de Venise.</p><p>Bien que déjà vieux et aveugle, Enrico Dandolo, le rusé doge vénitien, conclut un accord avec les croisés en 1201 pour transporter leurs hommes, leurs chevaux et leurs provisions vers l’Égypte en échange de 85&nbsp;000 marcs d’argent. Mais lorsque vint le moment pour les croisés d’embarquer, ils n’avaient pas réussi à réunir la somme et leur entreprise demeura en suspens jusqu’à ce qu’un nouvel accord soit trouvé.</p><p>Pressés de payer, les croisés décidèrent de modifier leur itinéraire et de faire route d’abord vers la cité dalmate de Zara (actuelle Zadar, en Croatie). Rivale commerciale de Venise sur l’Adriatique, Zadar faisait partie du royaume catholique de Hongrie. Le nouveau plan des croisés était de conquérir la cité prospère et de la remettre à Venise pour solder leur dette.</p><p>Le doge Dandolo cherchait depuis longtemps à contrôler le littoral dalmate, ce qui lui aurait conféré un pouvoir sur le commerce florissant qui se faisait à travers l’Adriatique. Les croisés étant ses débiteurs, Dandolo vit là l’occasion idéale de les utiliser pour exploiter leur potentiel et faire gagner Zara à Venise. En novembre 1202, les croisés attaquèrent Zara la catholique&nbsp;; c’était la première fois qu’une croisade ciblait une communauté chrétienne. Cela rendit fou de rage le pape Innocent&nbsp;III, qui excommunia promptement l’expédition tout entière. Peu après, il leva cette excommunication pour tous, à l’exception des Vénitiens, qu’il jugeait responsables de cet outrage.</p><p>L’épisode de Zara portait peut-être en germe les événements d’avril 1204 à Constantinople, capitale de l’Empire byzantin. Quand la quatrième croisade débuta, Byzance était en plein chaos. Des années auparavant, l’empereur byzantin Isaac&nbsp;II avait été rendu aveugle et emprisonné par son frère Alexis&nbsp;III. Le fils d’Isaac, également prénommé Alexis, appela les croisés à l’aide. À Zara, il leur offrit 200&nbsp;000 marcs d’argent, ainsi que des soldats et des provisions, s’ils le soutenaient face à Alexis&nbsp;III. Il promit également que tout l’Empire byzantin ferait allégeance au pape de Rome. Les croisés acceptèrent le marché et la quatrième croisade changea de nouveau de plan&nbsp;: hormis une poignée de chevaliers français qui poursuivirent leur chemin vers la Terre sainte pour accomplir leur mission originelle, la majorité des participants à la quatrième croisade firent route vers Constantinople, capitale de l’Empire byzantin.</p><p>Les croisés arrivèrent à Constantinople à la fin de juin 1203, avec Alexis, fils d’Isaac et futur empereur, dans leurs bagages. La capitale leur fit grande impression, comme l’écrit Geoffroi de Villehardouin&nbsp;: «&nbsp;Ils ne pouvaient se persuader qu’en tout le monde il y eût cité si belle et si riche&nbsp;: particulièrement quand ils aperçurent ses hautes murailles et ses belles tours, dont elle était revêtue et fermée tout à l’entour, et ses riches et superbes palais, et ses magnifiques églises, qui étaient en si grand nombre qu’à peine on se le pourrait imaginer si on ne les voyait de ses yeux, ensemble la belle assiette tant en longueur que largeur de cette capitale de l’Empire. […] Il n’y avait là cœur si assuré, ni si hardi qu’il ne frémît.&nbsp;»&nbsp;</p><p>En juillet, les croisés assiégèrent et attaquèrent la cité magnifique. Les Vénitiens parvinrent à percer les murs et Alexis&nbsp;III s’enfuit dans la terreur. Au début d’août 1203, Alexis&nbsp;IV fut couronné co-empereur aux côtés de son père Isaac&nbsp;II.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5611857_0"><strong>ASSAUT VICTORIEUX</strong></h2><p>Quelques mois plus tard, en février 1204, Alexis Doukas, gendre de l’empereur déposé Alexis&nbsp;III, parvint à faire emprisonner Alexis&nbsp;IV et à monter sur le trône impérial en tant qu’Alexis&nbsp;V, que l’on surnomma Murzuphle en raison de ses sourcils broussailleux. Alexis&nbsp;V avait déjà attisé l’opposition envers les occidentaux en général et s’en prenait violemment à Alexis&nbsp;IV pour les dettes qu’il avait contractées auprès des croisés et pour leur pacte visant à placer l’empire orthodoxe sous le contrôle de la Rome catholique.</p><p>Avec l’emprisonnement d’Alexis&nbsp;IV par Alexis&nbsp;V, les croisés se trouvèrent affaiblis et privés des fonds sur lesquels ils comptaient. Ils commencèrent à rencontrer des problèmes de ravitaillement également, car Alexis&nbsp;IV avait fermé les marchés de Constantinople aux croisés. Alexis&nbsp;V leva une armée pour attaquer leurs forces. Le patriarche de Constantinople accompagna les troupes de l’empereur, emportant avec lui une icône de la Vierge Marie et d’autres reliques révérées.</p><p>Bien que l’attaque surprise ait d’abord secoué les croisés, ils s’en remirent, attaquèrent le patriarche et lui confisquèrent ses reliques sacrées. Alexis&nbsp;V et ses hommes se trouvèrent plongés dans la confusion et s’enfuirent, abandonnant l’étendard impérial, ce qui, conjugué à la perte des reliques, constitua une immense humiliation. Dans son récit de témoin direct, le chevalier et chroniqueur français Robert de Clari en décrivit l’effet sur les troupes byzantines&nbsp;: «&nbsp;Ils ont une si grande foi dans cette icône qu’ils ont la certitude absolue que quiconque la porte au combat est invincible et nous croyons que c’est parce que [Murzuphle (Alexis&nbsp;V)] n’avait aucun droit de la porter qu’il fut vaincu.&nbsp;»</p><p>Alexis avait été humilié devant son propre peuple. Après diverses attaques ratées, il tenta de négocier avec Dandolo, le doge rusé de Venise, mais ne parvint à aucun accord. La guerre semblait désormais inévitable. Alexis V continuait de se sentir menacé par le jeune Alexis&nbsp;IV qu’il avait usurpé et fait emprisonner, mais qui avait encore le soutien des croisés. Alexis&nbsp;V fit donc assassiner Alexis&nbsp;IV, et le chaos s’empara de Constantinople. Avec la mort d’Alexis&nbsp;IV, les croisés venaient de perdre leur seul allié byzantin ainsi que les fonds qu’il leur avait promis. Ils ne virent d’autre choix que de prendre la ville par la force, et dès avril 1204, ils se préparèrent à prendre d’assaut les remparts imposants de Constantinople.</p><p>Les Vénitiens armèrent leurs navires et y stationnèrent des troupes en vue d’une attaque en mer, les équipèrent de pierriers (des engins de siège propulsant des pierres) et les couvrirent de peaux trempées dans le vinaigre pour qu’ils ne prennent pas feu. En haut des mâts, ils installèrent des «&nbsp;ponts volants&nbsp;» pour aider les soldats à atteindre le sommet des remparts de la ville. Les croisés français se concentrèrent sur l’offensive terrestre, préparant leurs propres machines de guerre et amassant les outils et armes nécessaires aux sapeurs (ingénieurs de combat) pour qu’ils ouvrent une brèche dans les défenses au sol.</p><p>De l’autre côté de la muraille, les armées byzantines se préparaient également au combat. Elles renforcèrent leurs défenses et installèrent des machines de guerre et des tours en bois au sommet des tours en pierre de la ville pour gagner en hauteur et en puissance de feu.</p><p>Les forces occidentales s’étaient entendues pour rassembler, en cas de succès, l’ensemble du butin à un seul endroit et le distribuer à partir de là. Les Vénitiens en recevraient les trois quarts, et les Français le reste. De cette manière, les croisés prévoyaient de régler leur dette envers Venise. Ils avaient également décidé de la façon dont ils nommeraient un empereur occidental à la tête de l’Empire byzantin&nbsp;: celui-ci serait élu par six Vénitiens et six Français.</p><p>L’attaque débuta aux petites heures le 9 avril et les Byzantins parvinrent d’abord à repousser leurs assaillants. Mais la fortune changea le 12 avril. Un vent soudainement favorable permit à l’un des doubles navires des croisés (deux navires joints pour accroître leur portée et leur puissance) de manœuvrer de telle sorte qu’il se retrouva à côté d’une tour du rempart de la ville, qu’il commença à attaquer. Pendant ce temps, le navire du seigneur Pierre d’Amiens se plaça le long d’une autre tour. Pierre mit ses hommes au travail sur l’une de ses portes latérales qui était murée par des briques. Ils réussirent à ouvrir une petite brèche assez large pour que l’on puisse s’y faufiler un soldat à la fois. Les défenseurs firent pleuvoir des projectiles sur les croisés&nbsp;: pierres, poissons bouillants et dispositifs incendiaires. Selon Robert de Clari, ce fut son propre frère, un clerc nommé Aleaumes de Clari, qui, pris d’une ferveur religieuse et nullement intimidé par le danger, se faufila le premier par la brèche, épée à la main.</p><p>Les assiégés, choqués par l’ouverture de cette brèche miraculeuse, s’enfuirent de terreur, suivis par Alexis&nbsp;V, qui prit la fuite à bord d’un bateau de pêche mais qui fut plus tard capturé par les croisés et tué. L’élite de Constantinople s’empressa d’élire un nouvel empereur, mais lui aussi prit la fuite. Alors, dans une ultime tentative d’empêcher le sac de leur ville, une délégation de dignitaires de l’Église vint offrir la reddition de la cité. Les croisés acceptèrent, mais mirent tout de même la ville à sac.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5611862_0"><strong>ASSAUT ET VENGEANCE</strong></h2><p>Geoffroi de Villehardouin rapporte les événements qui se produisirent une fois les croisés entrés dans la ville&nbsp;: «&nbsp;Alors s’ensuivit une scène de massacre et de pillage. De toutes parts, les Grecs étaient abattus […] Si grand était le nombre de tués et de blessés que nul ne pouvait les compter.&nbsp;» Avant la conquête, les croisés avaient juré de ne pas tuer, violer ou piller des églises, mais à partir du 13 avril, ces promesses furent ignorées. Les chroniqueurs croisés passèrent le chaos sous silence, mais l’historien byzantin Nicétas Choniatès ne se retint pas. Les croisés étaient des «&nbsp;hommes abominables&nbsp;», se comportant comme les «&nbsp;précurseurs de l’antéchrist, auteurs et hérauts de ses actes infâmes que nous attendons d’un moment à l’autre&nbsp;».</p><p>Les églises richement ornées devinrent des cibles de choix pour les pillards. Nicolas Mésaritès, un autre chroniqueur byzantin, décrivit le pillage perpétré par des «&nbsp;hommes d’épée rendus fous par la guerre, respirant le meurtre, couverts de fer et portant des lances, porteurs d’épées et de piques, archers, cavaliers, autant de fanfarons sinistres, aboyant comme Cerbère et soufflant comme Charon, pillant les lieux de Dieu, piétinant les choses divines, se déchaînant sur les objets sacrés, jetant au sol les images saintes (des murs ou des panneaux) du Christ et de Sa sainte Mère et des saints qui, de toute éternité, ont plu au Seigneur Dieu.&nbsp;»</p><p>Le pillage dura plusieurs jours et s’accompagna de meurtres, de viols et d’enlèvements contre rançon. Comme le raconte Mésaritès&nbsp;: «&nbsp;Lamentations, gémissements et malheur étaient partout […] Ils massacrèrent les nouveau-nés, tuèrent [les matrones] prudentes, dépouillèrent les femmes âgées et outragèrent les vieilles dames&nbsp;; ils torturèrent les moines, les frappèrent à coups de poing et leur donnèrent des coups de pied dans le ventre, flagellant et déchirant leurs corps vénérables à coups de fouet. Un sang de mort fut versé sur les autels sacrés, et sur chacun, en lieu et place de l’Agneau de Dieu sacrifié pour le salut de l’univers, beaucoup furent traînés comme des moutons et décapités.&nbsp;»</p><p>On pilla Sainte-Sophie, on la dépouilla de ses ornements, de ses objets liturgiques, de ses autels, de ses habits précieux et de tout ce qui était fait d’argent ou d’or. On saccagea également un autre édifice sacré, le monastère du Christ Pantocrator, dans le centre de la ville, où les trésors des monastères voisins avaient été apportés dans le but de les protéger des croisés. Des évêques et des clercs occidentaux prirent part au pillage et rapportèrent plus tard des trésors et des reliques dans leurs diocèses.</p><p>Les croisés avaient déjà accepté de réunir le butin dans une église de la ville et, l’ayant amassé là, ils furent stupéfaits par l’ampleur de la prise. Robert de Clari écrivit&nbsp;: «&nbsp;Depuis la création du monde, on n’a vu, ni acquis si grand trésor, si noble ou si riche, ni au temps d’Alexandre, ni au temps de Charlemagne, ni avant, ni ensuite.&nbsp;» Les Vénitiens prélevèrent les 150&nbsp;000 marcs promis par Alexis&nbsp;IV et les chefs français en reçurent 50&nbsp;000. Il était nécessaire de nommer un nouvel empereur, de préférence l’un des chefs de la croisade. Le soutien d’Enrico Dandolo fit pencher la balance du côté du comte de Flandres, qui fut couronné au mois de mai et devint Baudouin I<sup>er</sup>. L’Empire latin de Constantinople venait de voir le jour et devait durer jusqu’en 1261.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le durian : un des produits phares de l'axe commercial Laos-Chine</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/fruits-exotiques-voyage-le-durian-un-des-produits-phares-de-laxe-commercial-laos-chine</link><category>Voyage</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 07:02:27 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/fruits-exotiques-voyage-le-durian-un-des-produits-phares-de-laxe-commercial-laos-chine</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/1-durian.png?w=1600" length="2582429" type="image/png"/></item><item><title>Vivre en pleine nature et faire face aux climats extrêmes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/environnement-vivre-en-pleine-nature-et-faire-face-aux-climats-extremes</link><category>Environnement</category><pubDate>Sat, 07 Mar 2026 06:02:44 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/environnement-vivre-en-pleine-nature-et-faire-face-aux-climats-extremes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11023154_img.jpg?w=1600" length="181086" type="image/jpeg"/></item><item><title>Dans la préfecture de Hokkaido, ces parcs nationaux japonais invitent à la sérénité</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-japon-dans-la-prefecture-de-hokkaido-ces-parcs-nationaux-invitent-a-la-serenite</link><description><![CDATA[Les sept parcs nationaux d'Hokkaidō contrastent avec la Golden Route, très fréquentée par les touristes. Trois de ces parcs, les parcs nationaux de Daisetsuzan, de Shikotsu-Tōya et de Rishiri-Rebun-Sarobetsu, sont façonnés par des forces volcaniques, regorgent d'animaux sauvages, et sont imprégnés des traditions spirituelles du peuple autochtone des Aïnous. C'est également le lieu idéal pour un...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 17:25:28 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-japon-dans-la-prefecture-de-hokkaido-ces-parcs-nationaux-invitent-a-la-serenite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/spi-2677153.jpg?w=1600" length="1693900" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les sept parcs nationaux d'Hokkaidō contrastent avec la <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/how-to-plan-a-classic-two-week-trip-in-japan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Golden Route</a>, très fréquentée par les touristes. Trois de ces parcs, les parcs nationaux de Daisetsuzan, de Shikotsu-Tōya et de Rishiri-Rebun-Sarobetsu, sont façonnés par des forces volcaniques, regorgent d'animaux sauvages, et sont imprégnés des traditions spirituelles du peuple autochtone des Aïnous. C'est également le lieu idéal pour un bain relaxant dans une source d'eau chaude pour atténuer la rudesse de l'hiver. Voici comment explorer une partie du <a href="https://www.nationalgeographic.com/search?q=japan&amp;location=inline&amp;type=manual&amp;typeaheadId=0&amp;typedTerm=Japan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Japon</a> méconnue et moins visitée en hiver.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611576_0">PARC NATIONAL DE DAISETSUZAN&nbsp;</h2><p><a href="https://www.japan.travel/national-parks/parks/daisetsuzan/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Le plus grand parc national d'Hokkaidō</a> s'étend sur plus de 225 000 hectares de paysages volcaniques, avec des sommets enneigés fumants et de vieilles forêts d'épicéas du Japon (<em>Picea jezoensis</em>) et de sapins qui abritent l'une des faunes japonaises les plus rares. On y trouve notamment des ours bruns d'Ezo (<em>Ursus arctos lasiotus</em>), des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Stoat" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hermines</a> (<em>Mustela erminea</em>), des pikas (<em>Ochotona</em>) et de rares papillons alpins tels que l'Apollon d'Eversmann (<em>Parnassius eversmanni</em>) aux ailes jaunes translucides.&nbsp;</p><p>Le Mont Asahidake, le plus haut sommet de l'île, domine la chaîne de montagnes de Daisetsuzan. Les Aïnous le surnomment le « terrain de jeu des dieux. »</p><p>« Pour les Aïnous, cette région montagneuse a offert beaucoup de bénédictions » affirme Kazuhiro Arai, cofondateur de <a href="https://www.adventure-hokkaido.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Adventure Hokkaido</a>. « Au sommet du mont Asahidake se trouvent de nombreux animaux, notamment des ours bruns considérés comme l'incarnation des divinités. » C'est un lieu spécial où des prières étaient faites pour demander une bonne chasse, dans l'espoir que les divinités continueraient de subvenir aux besoins du peuple.&nbsp;</p><p>Pour explorer le parc, les visiteurs peuvent monter dans le <a href="https://www.visit-hokkaido.jp/en/spot/detail_10355.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">téléphérique d'Asahidake</a>, qui représente le seul moyen d'accéder aux sentiers en haute altitude. Il permet de monter 1,4 kilomètre jusqu'à la station Sugatami en seulement dix minutes. À partir de là, les sentiers serpentent sur la zone volcanique active de Jigokudani où des panaches de vapeur sortent toute l'année de la vingtaine de cheminées qui bordent les chemins escarpés.&nbsp;</p><p>« En seulement un jour, vous pouvez découvrir quatre environnements totalement différents dans une région compacte : la zone alpine, les marécages, une grotte et sa cascade de plus de 250 mètres de haut, ainsi que les forêts profondes au pied du mont » explique Kazuhiro Arai.&nbsp;</p><p>L'hiver transforme le parc national de Daisetsuzan en paradis de la poudreuse entre décembre et février. La saison dure longtemps, les skieurs et snowboardeurs peuvent profiter d'étendues de poudreuse secrètes ou d'endroits reculés jusqu'en juin.&nbsp;</p><p>« Entre le mois de mars et le mois de mai, les non-skieurs peuvent explorer les paysages hivernaux en randonnée guidée à raquettes à travers le plateau de Sugatami, notamment une randonnée spectaculaire d'une heure sur la boucle du <a href="https://www.visit-hokkaido.jp/en/spot/detail_11432.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lac de Sugatami</a> et jusqu'aux fumerolles » indique Kazuhiro Arai. « Le ciel plus bleu, les températures plus douces et la neige épaisse créent les conditions parfaites pour des marches pittoresques et des descentes en luge dans un paysage alpin blanc et calme. »</p><p>Les voyageurs peuvent envisager d'organiser une randonnée de six jours ou opter pour une excursion d'une journée pour découvrir le parc national de Daisetsuzan avec <a href="https://www.adventure-hokkaido.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Adventure Hokkaido</a>.</p><p><strong>Où séjourner ?&nbsp;</strong><br><a href="https://www.bearmonte.jp/english/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Hotel Bearmonte</a>, à Higashikawa : situé à seulement quinze minutes du téléphérique d'Asahidake, cet hôtel propose cinquante-six chambres avec lave-linge et sèche-linge, et certaines chambres disposent d'une kitchenette pour les séjours prolongés. Les commodités proposées sur place incluent également un onsen avec bain froid et sauna pour soulager les muscles endoloris.&nbsp;</p><p><a href="https://ronenaibase.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Rourenai Base</a>, à Biei : les hôtes auront le choix entre des chambres dans le style occidental avec lits ou des chambres dans le style japonais avec tatami et futons. Un sauna et un bain chauffé au bois vous permettront de bien récupérer après vos randonnées. Située près des célèbres champs de fleurs de Biei, cet maison d'hôtes est le lieu idéal entre le parc national de Daisetsuzan, la <a href="https://www.snowfurano.com/ski-resort/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">station de ski de Furano</a> et la ville d'Asahikawa.&nbsp;</p><p><strong>Comment s'y rendre ?&nbsp;</strong><br>Quatre bus relient chaque jour la gare d’Asahikawa et l’aéroport au mont Asahidake. Des agences de voyage proposent également des navettes depuis les aéroports d'Asahikawa et de Shin-Chitose.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611578_0">PARC NATIONAL DE SHIKOTSU-TŌYA</h2><p>Plus de 2,4 millions de personnes visitent chaque année le parc national de Shikotsu-Tōya où elles peuvent découvrir des lacs caldeiras, notamment les lacs Tōya et Shikotsu, des volcans actifs tels que le mont Usu, et des sources chaudes naturelles à Noboribetsu et à Jōzankei.&nbsp;</p><p>« Ce parc national est facile d'accès depuis Sapporo et l'état des routes est idéal pour faire du vélo » affirme Yuya Ishizuka, guide cycliste pour <a href="https://hokkaido-cycling.jp/company_en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Cycling Frontier</a>.</p><p>Le géoparc UNESCO Tōya-Usu, une zone délimitée à l'intérieur du parc, offre aux visiteurs un moyen accessible de découvrir l'histoire des volcans japonais, des grottes et des formations semblables tout autour du mont Usu, un volcan actif qui est entré en éruption en 2000.&nbsp;</p><p>« Ici, vous pouvez ressentir le pouvoir des volcans et de l'histoire du Japon, y compris des cultures aïnoue et jōmon » indique Mihoko Sasaki, guide des volcans pour <a href="https://www.instagram.com/hioyoy_toyoura?igsh=MTdsaG01ZnRiMHNrbw==&amp;utm_source=qr" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">HIO'OY</a>. Mihoko Sasaki fait partie des quelques guides agréés autorisés à effectuer des visites guidées sur les sites archéologiques de la période Jōmon qui sont autrement fermés au public.&nbsp;</p><p>Shingo Arakawa, garde-forestier dans le parc national de Shikotsu-Tōya, recommande aux observateurs d'oiseaux la <a href="https://www.toya-usu-geopark.org/english/trails/osaru" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Osaru River Route</a> dans le géoparc afin de voir des pygargues à queue blanche (<em>Haliaeetus albicilla</em>), des rapaces impressionnants classés comme monument naturel au Japon.&nbsp;</p><p>Pour une pause relaxante, les visiteurs peuvent profiter de plusieurs sources chaudes dispersées dans tout le parc national de Shikotsu-Tōya. Des onsen riches en sodium sont disponibles dans les hôtels et, fait inhabituel au Japon, dans des établissements indépendants ouverts la journée qui permettent aux voyageurs de s'essayer aux bains chauds traditionnels sans passer une nuit sur place. Des bains de pieds gratuits sont aussi accessibles le long du sentier pour de petites trempettes. <a href="https://jozankei.jp/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Jozankei</a>, la plus grande ville thermale d'Hokkaidō, se situe à l'intérieur du parc national à moins d'une heure de Sapporo, une excursion faisable en une journée.&nbsp;</p><p><a href="https://jozankei.jp/en/oneday/qjitsuyu/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Kyujitsu</a> propose des accès d'une journée pour profiter d'un cinéma et d'un salon DJ, et une option avec bière et vin à volonté. Au <a href="https://www.morino-uta.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Jozankei Tsuruga Resort Spa</a>, les visiteurs peuvent se laisser tenter par un massage shiatsu traditionnel avant de se baigner dans les bains intérieurs et extérieurs.&nbsp;</p><p>Au lac Shikotsu, connu pour avoir l'une des eaux les plus claires du Japon, les visiteurs du parc peuvent pratiquer toute l'année le stand up paddle, le canoë, le kayak, la plongée avec tuba et la plongée sous-marine.</p><p>« Grâce à sa profondeur et à sa chaleur géothermique, il ne gèle jamais » explique Junya Narumi, guide pour <a href="https://gh-canoa.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Canoa</a>, une entreprise lacustre qui propose des excursions et des locations.&nbsp;</p><p><strong>Où séjourner ?&nbsp;</strong><br><a href="https://www.toyouraoceanhouse.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Toyoura Ocean House</a>, à Toyoura-chō : pour un séjour privé et tranquille en bord de mer, les visiteurs peuvent louer cette maison entière à quelques pas de la baie d'Uchiura. La maison se situe à l'intérieur du parc national de Shikotsu-Tōya et à environ quinze à vingt minutes en voiture du lac Tōya.&nbsp;</p><p><a href="https://www.mizunouta.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Shikotsu Tsuruga Resort Spa Mizu No Uta</a>, lac Shikotsu : les hôtes ont le choix entre des chambres traditionnelles avec tatami en paille de riz et futons sur le sol et des chambres dans un style occidental avec lits et jacuzzi privé dans lequel s'écoule directement de l'eau thermale. Ce complexe haut de gamme est situé à l'intérieur du parc, au bord du lac Shikotsu.</p><p><a href="https://sappolodge.sapporo-hotel.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Sappolodge</a>, à Sapporo : gérée par le guide de montagne Wataru Nara, cette maison d'hôte se trouve à une heure du parc et sert de rassemblement pour les voyageurs aventuriers. Les options abordables qui y sont proposées vont de la chambre privée au dortoir, avec des commodités telles qu'un bar restaurant au rez-de-chaussée où les hôtes échangent leurs récits de randonnées et organisent leurs expéditions.&nbsp;</p><p><strong>Comment s'y rendre ?&nbsp;</strong><br><a href="https://www.japan.travel/national-parks/parks/shikotsu-toya/how-to-get-there/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Des bus et des trains publics</a> relient Sapporo et l'aéroport Shin-Chitose aux principaux centres du parc. Depuis l'aéroport, Jozankei et Noboribetsu, deux villes thermales connues, sont accessibles en soixante à quatre-vingt-dix minutes en bus ou en train. L'aéroport est situé à environ quarante minutes en voiture du lac Shikotsu et à une heure et demie du onsen de Toyako.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5611580_0">PARC NATIONAL DE RISHIRI-REBUN-SAROBETSU</h2><p>S'étendant sur plus de 240 kilomètres carrés répartis sur deux îles et une plaine côtière, ce parc abrite des plantes alpines qui poussent exceptionnellement près du niveau de la mer. Rebun est renommé pour sa concentration inhabituelle de végétation qui lui vaut le surnom d'« île flottante aux fleurs. » Plus de 300 espèces de fleurs sauvages fleurissent entre le mois de mai et le mois d'août, y compris des espèces endémiques telles que le sabot de Vénus (<em>Cypripedium calceolus</em>), tandis que le mont Rishiri domine le paysage et que la plaine côtière de Sarobetsu, avec son sol humide fait d'argile, s'étend à l'horizon.&nbsp;</p><p>« Ces fleurs ne peuvent être observées que sur cette île. L'itinéraire de randonnée le plus populaire est celui de l'observatoire de Momoiwa. À partir de là, vous pouvez également apercevoir le mont Rishiri qui semble flotter sur la mer » indique Yuko Fujimori, traductrice et guide basée à Hokkaidō.&nbsp;</p><p>À Rishiri, Hitoshi Nakamura, garde-forestier, recommande aux visiteurs de découvrir le parc à vélo. « Le parcours de près de 60 kilomètres qui fait le tour de l'île offre un panorama du mont Rishiri qui change d'apparence selon l'angle. Entre juillet et septembre, vous pourrez même voir des habitants de l'île qui font sécher du varech » explique-t-il. « Le mois de juillet est la saison idéale pour les activités de plein air, avec une végétation en pleine floraison. Il y a moins de fleurs en septembre mais la météo est stable. »</p><p>Pour des balades en solitaire, les visiteurs peuvent louer des vélos à <a href="https://rishiri-activity.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Rishiri Activity</a> ou faire une excursion guidée avec <a href="https://hokkaido-cycling.jp/company_en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Cycling Frontier</a> qui propose un parcours de cinq jours combinant le cap Sōya, la plaine de Sarobetsu et l'Île Rishiri.&nbsp;</p><p><strong>Où séjourner ?&nbsp;</strong><br><a href="https://rebun.by-onko-chishin.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Rebun Hotel Saryo</a><strong>,</strong>&nbsp;sur l'Île Rebun : les hôtes ont le choix entre des chambres dans le style occidental et d'autres dans le style japonais, avec vue directe sur le mont Rishiri de l'autre côté de la mer du Japon. Situé à l'intérieur du parc national et à une distance raisonnable de marche du port de ferries, cet hôtel saisonnier, qui propose 100 chambres entre mai et octobre, n'est pas seulement le plus grand hébergement de Rebun, il bénéficie également d'un positionnement central pour visiter le reste de l'île.&nbsp;</p><p><a href="https://www.rishirihotel.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Island Inn Rishiri</a><strong>,</strong>&nbsp;à<strong> </strong>Kutsugata, sur l'île Rishiri : situées à l'intérieur du parc sur la côte ouest de l'île, ces chambres d'hôtes au style occidental ont vue sur le mont Rishiri ou sur la mer du Japon, offrant une vue magnifique sur le coucher du soleil. Les hôtes ont accès à des locations de vélo et à un service de navettes gratuit.&nbsp;</p><p><strong>Comment s'y rendre ?&nbsp;</strong><br>Atterrissez à l'aéroport de Wakkanai, la ville la plus au nord d'Hokkaidō, situé à seulement 42 kilomètres de l'île russe Sakhaline. <a href="https://www.japan-guide.com/e/e6878.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Prenez ensuite un ferry</a> en direction de Rishiri ou de Rebun. Le bus ou le vélo conviennent pour visiter <a href="https://www.japan-guide.com/e/e6876.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Rishiri</a> tandis qu’il est préférable de visiter <a href="https://www.japan-guide.com/e/e6877.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Rebun</a> avec une voiture de location ou <a href="https://www.japanbusonline.com/en/CourseDetail/index/10100410060" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Soya Bus tours</a> (excursions en japonais).&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les apôtres ont façonné le christianisme. Mais ont-ils réellement existé ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-religion-monotheiste-christianisme-les-apotres-ont-faconne-le-christianisme-mais-ont-ils-reellement-existe</link><description><![CDATA[Dans la Bible, Jésus-Christ nomme douze apôtres chargés de répandre sa Parole. Le christianisme primitif doit son essor rapide à leur zèle missionnaire. Pourtant, pour la plupart des douze apôtres, il existe peu de preuves de leur existence en dehors du Nouveau Testament.Dans le livre Apôtres : Sur les pas des Douze, l'auteur Tom Bissell a entrepris de découvrir si les douze apôtres avaient...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 15:27:49 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-religion-monotheiste-christianisme-les-apotres-ont-faconne-le-christianisme-mais-ont-ils-reellement-existe</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/01apostle.jpg?w=1600" length="1705121" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans la Bible, Jésus-Christ nomme douze apôtres chargés de répandre sa Parole. Le christianisme primitif doit son essor rapide à leur zèle missionnaire. Pourtant, pour la plupart des douze apôtres, il existe peu de preuves de leur existence en dehors du Nouveau Testament.</p><p>Dans le livre <a href="https://www.amazon.fr/Ap%C3%B4tres-Sur-Douze-Tom-Bissell/dp/2226393161" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Apôtres&nbsp;: Sur les pas des Douze</em></a>, l'auteur Tom Bissell a entrepris de découvrir si les douze apôtres avaient réellement existé ou s'ils se révélaient simplement être des personnages fictifs. Au cours de son voyage, il a parcouru un peu plus de 800 kilomètres sur le&nbsp;<a href="https://www.caminoadventures.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle</a> dans le nord de l'Espagne, visité l'endroit où Judas Iscariote se serait pendu et cherché en vain un mystérieux monastère au Kirghizstan où les ossements de Matthieu seraient enterrés. Son périple a été parsemé de faux départs, d'impasses et d'énigmes irrésolues qui l'ont laissé aussi perplexe qu'au premier jour.</p><p>Depuis Vancouver, Tom Bissell explique pourquoi le film «&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=y8YyfvINTWc" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Monty Python&nbsp;: La Vie de Brian</em></a>&nbsp;» a été l'une des sources d'inspiration de son livre et comment son point de vue sur le christianisme a changé au cours de son voyage.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Si au premier siècle de notre ère avait existé la liste des meilleurs livres selon le </strong><em><strong>New York Times</strong></em><strong>, dans quelle colonne le </strong><em><strong>Nouveau Testament</strong></em><strong> aurait-il dû figurer&nbsp;? Fiction ou non-fiction ?</strong></p><p>Je ne suis pas sûr que cette distinction aurait eu beaucoup de sens pour quiconque au premier siècle. Il n'y en avait aucune entre la propagande évangélique et ce que les auteurs eux-mêmes croyaient être vrai. D'un point de vue moderne, il est difficile de considérer les Évangiles comme des récits véridiques qui n'ont pas été enjolivés. Le journalisme d'impact n'existait pas à cette époque. Les croyances partisanes selon lesquelles la magie et la Divinité étaient à l'œuvre dans le monde primaient. Aujourd'hui, nous parlerions de «&nbsp;<em>narrative non-fiction</em>&nbsp;», en insistant sur le mot «&nbsp;<em>narrative</em>&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Vous avez grandi dans le catholicisme, puis vous avez remis en question votre foi. Remontez à cette période et expliquez comment vous en avez tiré de l'inspiration pour écrire ce livre.</strong></p><p>Je n'ai pas remis en question ma foi, j'ai simplement lu quelques livres qui m'ont fait réaliser que tout cela n'était probablement pas aussi vrai que je le pensais. J'ai pourtant continué à m'intéresser de près aux histoires que contenaient la <em>Bible hébraïque</em> et le <em>Nouveau Testament</em>. Mais je dois avouer que ce qui m'a davantage inspiré pour ce livre, c'est le film «&nbsp;<em>Monty Python&nbsp;: La Vie de Brian</em>&nbsp;». Il s'agit notamment de cette scène dans laquelle Brian fuit les Romains, saute d'une tour, atterrit au milieu d'une place de marché remplie de prophètes qui déclament n'importe quoi et se met à captiver un auditoire en récitant des choses au hasard. Après avoir fait mon éducation dans une école catholique et regardé tous ces films chrétiens éducatifs aseptisés, cette partie du film m'a dépeint un portrait du premier siècle plus vivant, plus réaliste et plus crédible sur le plan psychologique que tout ce que j'avais vu jusqu'à présent&nbsp;!</p><p><strong>Vous dites que «&nbsp;l'attrait particulier pour le christianisme tient en grande partie à ses prétentions à la légitimité historique… même si l'existence des témoins oculaires les plus importants de la foi est incertaine&nbsp;».</strong></p><p>Quelques-uns des noms cités dans le <em>Nouveau Testament</em> représentent probablement des personnes qui ont existé. Il y a sûrement eu un Thomas, un Pierre et un Jean, et certainement un Jacques, frère de Jésus. En dehors de cela, aucune preuve historique n'étaie leur existence en dehors des évangiles eux-mêmes. Je pense donc qu'il s'agit d'un mélange de réalité et de fiction.</p><p>Ce qu'il y a de plus mystérieux dans l'histoire du christianisme primitif, c'est qu'elle donne un certain nombre d’éléments sur Paul et qu'elle permet de dire que Jacques, le frère de Jésus, a réellement existé. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'est membre des Douze. Les douze apôtres ont été les premiers disciples de Jésus mais il n'existe rien à leur sujet dans aucune source séculière. Les lettres de Paul mentionnent néanmoins Pierre et Jean, ce qui suggère qu'il s'agissait de personnes historiques réelles et non de simples noms de personnages.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Vous avez commencé vos recherches à Jérusalem pour trouver la dernière demeure de Judas Iscariote, que vous appelez «&nbsp;l'électro-aimant de la méchanceté&nbsp;». Parlez-nous de ce voyage et dites-nous si vous pensez que Judas a réellement existé.</strong></p><p>C'est une question très épineuse. Selon la tradition, bien que les Écritures ne soient pas claires à ce sujet, Judas s'est pendu à un endroit appelé&nbsp;Hakeldama dans la vallée de Hinnom, qui est une zone rocheuse et désertique située dans la partie sud de Jérusalem. Lorsque l'on s'y rend, on a vraiment l'impression qu'il s'agit d'un lieu maudit. C'est le pouvoir qu'ont ces histoires. On ressent des siècles de haine et de dégoût pour cette personne qui a trahi Jésus.</p><p>Que Judas ait existé ou non, je pense qu'il est probablement vrai que Jésus a été trahi par quelqu'un. Quant à savoir si cette personne s'appelait Judas, c'est une question beaucoup plus complexe. Je pense que les grandes lignes de l'histoire de Judas, telles qu'elles ont été décrites par les auteurs des évangiles, sont probablement fictives. Pour beaucoup d'autres histoires autour de Jésus, les auteurs des évangiles semblent s'accorder. Mais dans le cas de Judas, je pense qu'ils disposaient de beaucoup moins de matière première pour travailler et qu'ils ont donc tous traité le sujet à leur manière. Cela me laisse penser qu'il s'agissait davantage d'un personnage fictif que d'une personne réelle.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>En 2006, une équipe de traducteurs et de chercheurs travaillant pour </strong><em><strong>National Geographic</strong></em><strong> a publié ce que l'on appelle l'«&nbsp;</strong><em><strong>Évangile de Judas</strong></em><strong>&nbsp;». Cela a-t-il apporté un éclairage supplémentaire sur le sujet&nbsp;?</strong></p><p>L'<em>Évangile de Judas</em> est un objet ancien datant du&nbsp;<a href="https://www.newworldencyclopedia.org/entry/Sethianism" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">gnosticisme séthien</a>, une forme très controversée de christianisme qui était minoritaire au deuxième siècle. Selon celle-ci, Judas aurait suivi une voie légèrement différente de celle que l'on lui prête conventionnellement. Il serait à la fois un objet de condamnation et d'illumination. Les adeptes du gnosticisme croyaient en un Dieu complètement différent de celui des chrétiens proto-orthodoxes de leur époque et détestaient le modèle de l'autorité apostolique que les autres formes du christianisme suivaient. Au cours des deux cents premières années de la foi, de nombreuses formes très diverses de christianisme existaient. Certaines d'entre elles étaient très étranges.</p><p><strong>Le&nbsp;</strong><a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/kyrgyzstan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>Kirghizstan</strong></a><strong> n'est pas un endroit que la plupart d'entre nous associent aux récits bibliques. Pourtant, vous y êtes allé à la recherche de la tombe de&nbsp;</strong><a href="https://www.dailymail.co.uk/news/article-3219706/Riddle-lost-city-lake-one-Jesus-disciples-laid-rest-ancient-metropolis-Kyrgyzstan.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><strong>Matthieu</strong></a><strong>. Racontez-nous votre voyage et dites-nous si vous l'avez trouvée.</strong></p><p>Aujourd'hui, l'Asie centrale ne semble pas être la région du monde la plus accueillante pour les chrétiens alors que, jusqu'au Moyen-Âge, ceux-ci y étaient présents en grand nombre. Il n'étaient pas Romains ou Grecs, il s'agissait de chrétiens du Moyen-Orient qui continuaient à migrer vers l'est.</p><p>Selon une carte médiévale espagnole, les reliques de Matthieu ont été enterrées dans un monastère arménien qui se trouverait sur les rives du&nbsp;<a href="https://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/kirghizistan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lac Issyk-Koul</a>, cette magnifique étendue d'eau située au milieu des montagnes du Kirghizstan. Un archéologue russe ayant affirmé l'avoir trouvé en 2006, je suis parti à sa recherche. J'ai vite découvert qu'il n'y avait jamais eu de monastère arménien à cet endroit mais seulement un monastère russe du 19<sup>e</sup> siècle. Cela reste néanmoins l'un de mes voyages préférés car le monastère était vraiment difficile à trouver et que c'est l'un des endroits les plus enchanteurs que j'aie jamais visités, même si ma quête s'est achevée de manière décevante.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Vous qualifiez l'apôtre Jacques de «&nbsp;personnage particulièrement insaisissable&nbsp;». En 2002, un ossuaire a fait surface en Israël, semblant confirmer son existence. Y a-t-il quelque chose de vrai dans cette histoire&nbsp;?</strong></p><p>Nous savons que Jacques, le frère de Jésus, existait réellement. Il est mentionné par&nbsp;<a href="https://josephus.org/home.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Flavius Josèphe</a>, un historien juif du premier siècle. Certains affirment que l'ossuaire est réel mais que l'inscription qui dit «&nbsp;Jacques, frère de Jésus&nbsp;» en araméen ne l'est pas. Personne n'a retrouvé son corps mais il s'agissait manifestement d'un personnage bien connu au premier siècle. Il apparaît très souvent dans les écrits des premiers chrétiens. Le fait que Flavius Josèphe et d'autres aient considéré la destruction de Jérusalem par les Romains comme une vengeance divine pour la mort de Jacques, qui a été tué vers l'an 66 juste avant la&nbsp;<a href="https://www.britannica.com/event/First-Jewish-Revolt" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Grande Révolte juive</a> contre Rome, souligne l'importance de ce personnage.&nbsp;</p><p>Je n'ai pas vu l'ossuaire et je ne suis pas archéologue de formation mais je suis tout à fait disposé à croire que Jacques aurait pu se trouver dans une tombe secrète, avec un ossuaire. Ses disciples lui auraient certainement donné un lieu de sépulture important. Mais le problème avec Jacques, c'est qu'il anéantit tout ce que les chrétiens orthodoxes acceptent au sujet de la naissance virginale. S'il était le frère aîné de Jésus, il s'agirait là d'un gros problème car Marie était censée être vierge. Je soupçonne Jacques d'avoir existé, il y a de fortes chances qu'il ait été le frère aîné de Jésus, et d'avoir été le personnage le plus important du christianisme du premier siècle. Mais la naissance virginale n'a pas vraiment de sens. Les lois connues de l'univers ne s'arrêtent généralement pas de fonctionner ainsi.</p><p><strong>Votre voyage vous a-t-il convaincu de la véracité historique de l'existence des apôtres&nbsp;? Ou bien vous a-t-il rendu encore plus perplexe&nbsp;?</strong></p><p>Je n'ai pas été convaincu, à vrai dire. L'une de mes bêtes noires est cette idée qu'il est bon de croire en quelque chose. J'ai beaucoup de mal à l'accepter car, que se passe-t-il si l'on croit en quelque chose de monstrueux&nbsp;? De nombreuses croyances issues des religions monothéistes abrahamiques sont assez dérangeantes d'un point de vue moderne. La façon dont elles considèrent les femmes, les enfants et l'autorité&nbsp;: tout cela n'a pas vraiment sa place dans la société laïque d'aujourd'hui.</p><p>Mais je suis devenu beaucoup moins hostile au christianisme au fil de ce livre. Quiconque aime l'opéra, le cinéma ou la fiction n'a pas beaucoup de raisons de remettre en question le sens que l'on tire de la religion. La recherche de sens dans les mots ou les images, ces désirs que nous avons d'être convaincu, ému ou inspiré par des œuvres tirées de l'imaginaire, ont bien plus en commun les uns avec les autres que le contraire. Les histoires des douze apôtres représentent en grande partie la façon dont le monde occidental a décidé d'expliquer ce qu'on entendait à travers les termes de communauté et de narration, et ce que signifiaient vérité, amitié et loyauté.</p><p>Je me suis rendu compte que se mettre en colère contre des personnes croyantes pour leur croyances, c'est un peu comme s'énerver face à une pluie torrentielle qui mouille tout sur son passage. Il est préférable d'essayer de trouver un terrain d'entente sur l'importance du sens que l'on tire de la littérature ou d'œuvres issues de l'imaginaire. Je sais qu'il serait insultant pour la plupart des personnes chrétiennes de considérer le Nouveau Testament comme ce type d'œuvre. Je n'entends pas que tout est faux mais plutôt qu'il faut tirer une consolation de la tentative d’une autre personne d’ordonner l’univers. Peut-être qu'il est préférable que ce ne soit qu'une histoire.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Reportage : les peuples de la mer </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/les-peuples-de-la-mer-afrique-benin-cote-ivoire-gambie-ghana</link><description><![CDATA[Le long de cette côte qui est la nôtre, rien n’est étrange. Si vous vous levez assez tôt pour croiser les pirogues au fur et à mesure qu’elles débarquent – que ce soit à Port-Bouët, en Côte d’Ivoire, à Ngleshi ou à Apam, au Ghana, à Old Jeswang, en Gambie, à Grand-Popo, au Bénin –, vous entendrez les pêcheurs parler le fanti, le ga, l’éwé, c’est-à-dire toutes les langues natives du Ghana.Alors...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:11:00 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/les-peuples-de-la-mer-afrique-benin-cote-ivoire-gambie-ghana</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ouverturepeuple-de-la-merng271.jpg?w=1600" length="3099318" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le long de cette côte qui est la nôtre, rien n’est étrange. Si vous vous levez assez tôt pour croiser les pirogues au fur et à mesure qu’elles débarquent – que ce soit à Port-Bouët, en Côte d’Ivoire, à Ngleshi ou à Apam, au Ghana, à Old Jeswang, en Gambie, à Grand-Popo, au Bénin –, vous entendrez les pêcheurs parler le fanti, le ga, l’éwé, c’est-à-dire toutes les langues natives du Ghana.</p><p>Alors que les hommes débarquent sous le soleil naissant, tirant leurs filets, leurs chants s’intensifient : « <em>Ee ba ei, ee ba ke loo</em> (Elle est arrivée, elle est pleine de poissons). » Les mailles sont remplies de ce que les profondeurs ont à offrir. Les poissons tombent, battent l’air de la queue, tressautent sur le sable. Des mains rapides les trient ensuite dans de grandes bassines en métal.</p><p>Les prises ne sont jamais les mêmes. Bien sûr, il y a les espèces commerciales facilement reconnaissables : vivaneau, mérou, thon, maquereau, <em>kpanla</em> (une sorte de merlu). Mais, à chaque fois, s’y trouvent aussi les plus&nbsp;prisées : langoustes, anguilles, raies et d’autres de forme et de taille étranges, dont les caractéristiques feraient le bonheur des auteurs d’histoires fantastiques ou d’horreur. Mais là, pas de cri d’épouvante, juste des épices qui rendront le tout délicieux.</p><p>Les Gas, le peuple auquel j’appartiens, n’ont pas peur de l’inconnu. Le dicton <em>Ablekuma aba kuma wo</em> (« Puissent les étrangers trouver chez nous un foyer ») est l’un des fondements philosophiques de notre culture. C’est pourquoi mon patronyme européen, Parkes, hérité d’un grand-père sierra-léonais d’origine jamaïcaine, est considéré comme un nom ga. C’est une attitude que partagent la plupart des peuples côtiers d’Afrique de l’Ouest : ils voyagent sans hésitation, serrent les voyageurs dans leurs bras. Comme les vagues, ils vont, ils viennent.</p><p>Toutefois, dans les familles de pêcheurs, les Ghanéens jouissent d’une réputation sans égale. En 1963, le magazine West Africa, aujourd’hui disparu, les qualifiait de « pêcheurs panafricains » en raison du nombre de pays – du Nigeria au Sénégal – où Fantis, Éwés et Gas exerçaient leur savoir-faire.</p><p>Ayant été élevés le long des côtes par quelques-unes des mers les plus agitées qui soient, les pêcheurs parlant la langue fanti des régions de l’ouest et du centre du Ghana ne sont pas seulement devenus les meilleurs nageurs en mer du monde, mais aussi des experts en canotage.</p><p>Même parmi les Gas, les pêcheurs les plus vénérés, les <em>woleiatse</em>, sont souvent issus de l’<em>akutso</em> (réseau de familles) Abese-Fanti, un groupe de Fantis naturalisés Gas. Ce changement d’identité a été facilité par des valeurs&nbsp;communes, liées à une quête dont l’objectif est de préserver leurs moyens d’existence. Aucun des deux groupes ne pêche en mer le mardi ou en eau douce le jeudi. C’est tabou. Une pause hebdomadaire permet aux esprits de l’eau de reconstituer les populations de poissons – un acte de conservation ancré dans leur culture.</p><p>Dans les faits, l’idée de conservation oriente les compétences mises en oeuvre par les communautés de pêcheurs ghanéennes. Parmi eux, beaucoup sont agriculteurs à temps partiel et retournent à la terre une ou deux fois par an, lorsque le poisson est moins abondant. Les autres s’adaptent aux schémas de migration des principales espèces consommées là où ils vivent. Ou bien ils vont là où ils pourront en trouver d’autres. Le poisson-machette, par exemple, pêché au Sénégal et en Gambie, peut remplacer la banane de mer, mets délicat du centre du Ghana. Le flux de poissons disponible a également contribué à la maîtrise du saumurage et du fumage le long de la côte. Des stocks suffisants de poisson fumé garantissent en effet l’apport en protéines, base des régimes alimentaires côtiers, en toutes saisons.</p><p>La réalité de l’homme parfois perdu en mer et l’imprévisibilité de la pêche signifient que les rêves des familles de pêcheurs dépendent des vicissitudes du destin. Les pêcheurs remettent leurs prises aux femmes de leurs villages. Lesquelles les vendent et font des miracles avec ce qu’elles en tirent : commerce, agriculture,&nbsp; nourriture et éducation des enfants. Même quand les hommes ne rentrent pas, ils laissent quelque chose derrière eux.</p><p>Mon cousin fut l’un de ces hommes. Ce qu’il m’a dit en 1992, alors que je faisais mon premier voyage loin d’Accra, la capitale, dans le nord du Ghana, reste gravé dans ma mémoire : « Tu n’as aucune raison de t’inquiéter. Nous sommes des Gas. Avec l’eau derrière nous, nous n’avons rien à craindre. » Maintenant, où que j’aille, en terre inconnue, je ferme les yeux et j’écoute l’eau.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les origines des Vikings révélées par des analyses ADN</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/etude-sciences-datatation-les-origines-des-vikings-revelees-par-de-nouvelles-analyses-adn</link><description><![CDATA[Dans l'imaginaire populaire, les Vikings étaient de robustes guerriers scandinaves aux cheveux blonds qui pillaient les côtes du nord de l'Europe. Mais malgré les récits et autres sagas qui célèbrent ces farouches marins aux lignées complexes, il demeure un mythe moderne persistant et pernicieux selon lequel les Vikings auraient été un groupe ethnique ou régional distinct de personnes avec une...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 11:26:02 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/etude-sciences-datatation-les-origines-des-vikings-revelees-par-de-nouvelles-analyses-adn</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/viking-skeleton-mass-grave.jpg?w=1600" length="667024" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans l'imaginaire populaire, les Vikings étaient de robustes guerriers scandinaves aux cheveux blonds&nbsp;qui pillaient les côtes du nord de l'Europe.&nbsp;Mais malgré les récits et autres sagas qui célèbrent ces farouches&nbsp;marins aux lignées complexes, il demeure&nbsp;un mythe moderne persistant et pernicieux selon lequel les Vikings auraient été un groupe ethnique ou régional distinct de personnes avec une lignée génétique « pure ».&nbsp;Comme l'<a href="https://ingebretsens-blog.com/wp-content/uploads/2018/07/51267328-frank-invention-of-horned-helmet.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">emblématique casque « Viking »</a>, c'est une fiction qui a surgi dans les mouvements nationalistes de l'Europe de la fin du XIXe siècle.&nbsp;Ce mythe reste célébré aujourd'hui parmi divers groupes suprémacistes blancs qui utilisent la prétendue supériorité des Vikings comme un moyen de justifier la haine.</p><p>Une étude tentaculaire d'ADN ancien a été&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s41586-020-2688-8" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">publiée dans la revue&nbsp;<em>Nature</em></a>&nbsp;; elle révèle la grande diversité génétique de ceux que nous appelons les Vikings, confirmant et enrichissant ce que les preuves historiques et archéologiques suggéraient déjà&nbsp;sur ce groupe cosmopolite de commerçants et d'explorateurs.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5498643_0">DES ORIGINES TROUBLES</h2><p>Qui étaient les Vikings ?&nbsp;La réponse n'a jamais été claire.&nbsp;Le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/culture/people/reference/vikings/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">terme «<em> Viking</em> »</a>&nbsp;est lui-même contesté ; il est dérivé de&nbsp;<em>víking</em>, un mot de langue nordique&nbsp;avec une variété de significations qui vont du raid à l'exploration en passant par la piraterie.&nbsp;Il décrivait des groupes de marins scandinaves qui parcouraient les mers entre 750 et 1 050 après J.-C.&nbsp;- la période maintenant connue sous le nom d'ère viking.</p><p>L'étude publiée dans&nbsp;<em>Nature</em>&nbsp;rassemble des données génétiques tirées des restes de&nbsp;442 individus distincts, datés&nbsp;d'environ 2 400 avant J.-C. à 1 600 après J.-C. -&nbsp;enterrés dans des zones où les Vikings ont vécu comme le Groenland&nbsp;;&nbsp;d'autres ont été enterrés le long d'artefacts de style scandinave comme des pièces de monnaie, des armes et même des bateaux entiers.</p><p>Rassembler les centaines d'échantillons anciens a été un véritable défi logistique. Ils provenaient&nbsp;de plus de 80 sites archéologiques du nord de l'Europe, de l'Italie et du Groenland. Venait ensuite la lourde tâche d'analyser le volume d'informations extraites de ces restes humains.&nbsp;« Je n'aurais pas pu imaginer les défis informatiques que pouvait générer cet ensemble de données », déclare le généticien évolutionniste&nbsp;Eske Willerslev, professeur d'écologie et d'évolution à l'Université de Copenhague et directeur du centre de recherche génétique qui a dirigé le projet de génome Viking.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5498645_0">DE LOINTAINES CONNEXIONS</h2><p>Les analyses ADN ont révélé que les Vikings étaient un groupe diversifié, avec des ancêtres chasseurs-cueilleurs, agriculteurs et des populations de la steppe eurasienne.&nbsp;La recherche identifie également trois principaux points chauds génétiquement diversifiés où les Vikings se sont mélangés avec des personnes originaires d'autres régions&nbsp;: un point chaud au niveau du Danemark moderne, et un dans chacune des îles de Gotland et d'Öland, en Suède moderne.&nbsp;On pense que ces trois endroits étaient à l'époque des carrefours&nbsp;commerciaux.</p><p>Mais si les Vikings ont quitté la Scandinavie&nbsp;et dans certains cas sont rentrés chez eux, l'analyse génétique révèle qu'ils ont plus interagi à l'extérieur qu'à l'intérieur de la région&nbsp;scandinave, se mêlant à un large éventail de peuples rencontrés durant leurs voyages.</p><p>« Il est assez clair d'après l'analyse génétique que les Vikings ne sont pas un groupe homogène de personnes », déclare Willerslev.&nbsp;Beaucoup ont des ancêtres originaires du sud de l'Europe et de la Scandinavie, par exemple, ou même un mélange d'ascendance sami (natifs scandinaves) et européenne.</p><p>« Nous avons&nbsp;même mis au jour des restes humains enterrés en Écosse avec des épées et des éléments de combat vikings qui ne sont pas du tout scandinaves d'un point de vue génétique&nbsp;», ajoute-t-il.</p><p>Willerslev indique par ailleurs&nbsp;que les résultats prouvent que la vague viking n'était pas purement scandinave.&nbsp;« Elle trouve ses origines en Scandinavie, mais elle s'est répandue et s'est associée à d'autres peuples à travers le monde. »</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5498647_0">ABSENCE DE LIEN ETHNIQUE</h2><p>Les sujets étudiés ne présentaient pas non plus autant de points communs avec les Scandinaves modernes que nous pourrions&nbsp;le penser.&nbsp;Seuls 15 à 30 % des Suédois modernes partagent un capital génétique semblable aux&nbsp;individus étudiés qui vivaient dans la&nbsp;région il y a 1 300 ans, ce qui suggère encore plus de migrations et de mélanges de peuples après l'ère viking.&nbsp;Les habitants de la région sous l'ère viking ne se conformaient pas non plus à l'apparence scandinave stéréotypée : les anciens étudiés, par exemple, avaient en moyenne les cheveux et les yeux plus foncés qu'un groupe de Danois modernes sélectionnés au hasard.</p><p>Les nouvelles données génétiques confirment ce que les chercheurs et les archéologues soupçonnaient depuis longtemps : les Vikings étaient un groupe diversifié non lié par la nationalité ou l'ethnie.&nbsp;« C'est une étude merveilleuse », déclare l'archéologue&nbsp;<a href="http://www.viking.ucla.edu/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Jesse Byock</a>, professeur à l'Université de Californie à Los Angeles, qui dirige le projet archéologique Mosfell en Islande et n'a pas pris part à la présente étude.&nbsp;« Elle fournit de nouvelles informations, mais renforce presque tout ce que nous savions déjà sur l'ère&nbsp;viking.&nbsp;»</p><p><a href="https://www.baylor.edu/history/index.php?id=870882" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Davide Zori</a>, professeur adjoint d'histoire et d'archéologie à l'Université Baylor, qui n'a pas pris part à l'étude, le rejoint.&nbsp;« Nous commençons à penser que les Vikings n'étaient pas&nbsp;un groupe d'hommes&nbsp;blonds et barbus qui se ressemblaient tous », dit-il.&nbsp;« Nous le savions déjà d'une certaine manière. »</p><p>Pour&nbsp;<a href="https://www.researchgate.net/profile/Miguel_Vilar" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Miguel Vilar,</a>&nbsp;ancien responsable des programmes de la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">National Geographic Society</a>, il n'est pas surprenant que les résultats brossent un tableau aussi complexe de l'héritage viking, qui va à l'encontre des notions modernes de nationalisme et d'identité culturelle.&nbsp;« L'ADN ne rentre pas toujours bien dans les boîtes [préconçues] », dit-il.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5498647_1">FRERES D'ARMES</h2><p>Si on l'a compris, les&nbsp;Vikings avaient des origines diverses et mêlées,&nbsp;l'étude a également révélé des liens de parenté étroits entre certains des individus étudiés.&nbsp;Dans une sépulture de Salme, en Estonie, où 41 individus suédois ont été excavés avec deux&nbsp;bateaux et&nbsp;leurs armes, quatre frères ont été identifiés, couchés côte à côte.&nbsp;Les chercheurs ont également découvert un lien familial au deuxième degré entre un Viking dans un cimetière danois et un autre à Oxford, en Angleterre, preuve de la mobilité des membres d'une même famille à l'époque.</p><p>La question à laquelle&nbsp;cette impressionnante étude ADN ne peut cependant pas répondre est la suivante : comment le phénomène viking a-t-il commencé en premier lieu ?&nbsp;Si l'appartenance ethnique n'était pas le lien qui les unissait, quel était-il ?&nbsp;Était-ce la capacité technologique de construire des bateaux&nbsp;et de mener des attaques navales redoutablement efficaces, ou d'autres facteurs étaient-ils en jeu ?</p><p>« Les gens peuvent adopter et s'adapter aux modes culturels dominants de survie », dit Zori.&nbsp;« Pour une raison quelconque, être un Viking était l'un des principaux moyens de survivre et de réussir économiquement et politiquement. »</p><p>Avec cette nouvelle confirmation qu'au moins 442 Hommes de l'ère Viking étaient génétiquement diversifiés, les historiens peuvent maintenant élargir leurs recherches.&nbsp;« Il s'agit d'une étude d'une grande ampleur, mais il ne s'agit en réalité que de 450 squelettes », déclare Byock.&nbsp;« C'est une grande étape, mais une étape initiale. »&nbsp;Il espère que ce n'est que le début d'un examen plus large de l'histoire génétique de l'époque.</p><p>« On peut sans doute dire que la génétique est un peu plus crédible que les sagas vikings », ajoute Zori.&nbsp;Mais seuls le temps et des recherches supplémentaires, dit-il, peuvent compléter nos connaissances.</p><p>Maintenant, le travail&nbsp;consistant à étudier les&nbsp;implications de cette nouvelle étude&nbsp;- et à combiner des preuves textuelles et archéologiques avec les nouvelles analyses ADN - peut commencer.&nbsp;Il reste encore beaucoup à apprendre sur la façon dont&nbsp;les Vikings ont vécu et se sont déplacés, étendant leur influence au gré de leurs aventures.&nbsp;« La migration a toujours été un facteur de l'histoire humaine », déclare Zori.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>1945 : les États-Unis prévoyaient d’envoyer une troisième bombe atomique sur le Japon</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/conflits-armes-seconde-guerre-mondiale-1945-les-etats-unis-prevoyaient-denvoyer-une-troisieme-bombe-atomique-sur-le-japon</link><description><![CDATA[La guerre changea à jamais pendant l’été 1945, lorsque les États-Unis ont fait exploser les premières bombes atomiques de l’Histoire. L’une a été testée dans le désert du Nouveau-Mexique et les deux autres ont dévasté les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki.Des villes entières et leurs populations pouvaient désormais être anéanties en une seule frappe. Mais il a fallu attendre l’annonce...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 09:54:56 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/conflits-armes-seconde-guerre-mondiale-1945-les-etats-unis-prevoyaient-denvoyer-une-troisieme-bombe-atomique-sur-le-japon</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/map-pacific-theater.jpg?w=1600" length="1162980" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La guerre changea à jamais pendant l’été&nbsp;1945, lorsque les États-Unis ont fait exploser les premières bombes atomiques de l’Histoire. L’une a été testée dans le désert du Nouveau-Mexique et les deux autres ont dévasté les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki.</p><p>Des villes entières et leurs populations pouvaient désormais être anéanties en une seule frappe. Mais il a fallu attendre l’annonce de la capitulation finale du Japon, cinq jours après le bombardement de Nagasaki, pour que la réputation de la bombe atomique comme arme «&nbsp;pouvant mettre fin à la guerre&nbsp;» ne se confirme réellement. Pendant cette période, la question de savoir comment la prochaine bombe atomique serait utilisée était bien réelle.</p><p>L’une des affirmations les plus persistantes sur la fin de la Seconde Guerre mondiale est que les États-Unis n’avaient plus de bombes atomiques après la deuxième attaque et que le président Harry&nbsp;Truman bluffait lorsqu’il promettait d’en larguer de nouvelles sur le Japon si celui-ci ne capitulait pas sans conditions. Mais ces affirmations relèvent du mythe&nbsp;: ce n’était pas du bluff.</p><p>Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis produisaient autant de bombes atomiques qu’ils le pouvaient. À seulement quelques jours de disposer d’une nouvelle bombe pour une troisième attaque, les États-Unis commençaient à se préparer à la déployer. Quelques heures avant d’apprendre la capitulation finale du Japon, le 14&nbsp;août&nbsp;1945, Truman confia avec regret à un diplomate britannique qu’il n’avait «&nbsp;pas d’autre choix&nbsp;» que d’ordonner une troisième attaque à la bombe atomique. Si la <a href="https://www.nationalgeographic.com/magazine/graphics/map-shows-nine-moments-that-defined-world-war-ii-feature" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Seconde Guerre mondiale</a> avait duré quelques jours de plus, les probabilités qu’une troisième bombe soit lancée, voire plusieurs autres, étaient très élevées.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516250_0"><strong>LA FABRICATION DES BOMBES</strong></h2><p>Les premières armes nucléaires, ou atomiques, ont été construites dans le cadre du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/einstein-est-il-le-pere-de-la-bombe-atomique">projet&nbsp;Manhattan</a>, une action top secrète autorisée par le président américain Franklin&nbsp;Roosevelt à la fin de l’année&nbsp;1942. Des centaines de sites et d’établissements répartis dans tous les États-Unis (et quelques-uns dans d’autres pays) ont aidé à la construction de cette nouvelle arme.</p><p>La partie la plus difficile du processus, qui était la fabrication du combustible pour les bombes, c’est-à-dire de l’uranium enrichi et du plutonium, a absorbé la quasi-totalité des dépenses et de la main-d’œuvre. En juillet&nbsp;1945, les États-Unis avaient produit suffisamment de combustible pour trois bombes complètes&nbsp;: «&nbsp;Gadget&nbsp;» (plutonium), «&nbsp;Little&nbsp;Boy&nbsp;» (uranium) et «&nbsp;Fat Man&nbsp;» (plutonium), et il restait presque assez de plutonium pour en fabriquer une quatrième. Les usines du projet&nbsp;Manhattan pouvaient produire suffisamment de combustible pour un peu moins de trois bombes et demie par mois, mais des modifications de la conception des bombes étaient envisagées afin de leur permettre, si la guerre venait à se poursuivre, de produire plusieurs bombes supplémentaires par mois.</p><p>Le 16&nbsp;juillet&nbsp;1945, la bombe Gadget explosa dans le désert du Nouveau-Mexique, dans le cadre d’un essai baptisé «&nbsp;Trinity&nbsp;». Ce fut une grande réussite&nbsp;: l’explosion fut plusieurs fois plus puissante que ce qu’avaient prévu les scientifiques. Juste après Trinity, le général Leslie&nbsp;R.&nbsp;Groves, le directeur militaire du projet&nbsp;Manhattan, prédit à J.&nbsp;Robert&nbsp;Oppenheimer, le directeur scientifique du projet, qu’il serait probablement nécessaire de lancer non seulement deux bombes, mais aussi une troisième, «&nbsp;comme nous l’avions initialement prévu&nbsp;». Il pensait même que quatre bombardements pouvaient être nécessaires.&nbsp;</p><p>Le point de vue du général&nbsp;Groves n’était pas inhabituel. Les Américains n’avaient jamais prévu que deux bombes atomiques suffiraient à mettre fin à la guerre&nbsp;; les responsables pensaient qu’ils devraient recourir à la guerre nucléaire et envahir le Japon. Ils croyaient que la bombe atomique serait une nouvelle arme puissante, mais ils n’étaient pas certains qu’elle serait vue comme une arme décisive. Il était impossible de savoir comment elle allait affecter la volonté du gouvernement japonais à se battre.</p><p>Les Américains savaient, grâce à des communications interceptées des services de renseignements japonais, que le cabinet du Japon était divisé. Les militaristes japonais, qui détenaient la majorité du cabinet au milieu de l’année&nbsp;1945, estimaient qu’ils devaient «&nbsp;saigner&nbsp;» les États-Unis dans l’espoir vain que le public américain se lasserait de la guerre. Une faction «&nbsp;pacifiste&nbsp;» voyait que cette tactique était une pure folie, et qu’elle allait entraîner la destruction du Japon.</p><p>Si les États-Unis voulaient que le Japon se rende, ils devaient trouver un moyen de surmonter la domination militariste. Les bombardements conventionnels ne suffiraient pas. Les bombes incendiaires américaines détruisaient des villes japonaises à un rythme régulier depuis mars&nbsp;1945. Les premiers raids nocturnes massifs contre Tokyo tuèrent plus de 100&nbsp;000&nbsp;personnes et laissèrent un million de citoyens sans abri, et ce en l’espace d’une nuit. En juillet, les États-Unis avaient bombardé plus de soixante autres villes japonaises en suivant ce mode opératoire, et les Japonais ne changeaient pas d’avis concernant leur capitulation. Pour que la bombe atomique ait un effet immédiat, il fallait qu’il soit clair qu’il s’agissait d’une arme révolutionnaire.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516255_0"><strong>CHOISIR UNE CIBLE</strong></h2><p>Les planificateurs américains souhaitaient que les implications de la bombe nucléaire soient claires : ils réfléchirent donc soigneusement à la manière dont elle serait utilisée pour la première fois. Le comité cible du projet&nbsp;Manhattan, dirigé par des scientifiques américains et des membres majeurs de l’armée, se réunit au printemps&nbsp;1945 pour discuter des villes qui pourraient devenir les premières cibles de cette nouvelle arme. Lors de la première réunion, fin avril&nbsp;1945 (environ une semaine avant la <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/pourquoi-lallemagne-a-du-capituler-deux-fois-en-1945">capitulation de l’Allemagne</a>), ils définirent les villes candidates comme «&nbsp;de grandes zones urbaines d’au moins [5&nbsp;kilomètres] de diamètre dans les régions les plus peuplées… entre les villes japonaises de Tokyo et Nagasaki…&nbsp;[qui] devaient avoir une haute valeur stratégique&nbsp;». Plus précisément, ils envisagèrent dix-sept possibilités&nbsp;: la baie de Tokyo, Kawasaki, Yokohama, Nagoya, Osaka, Kobe, Kyoto, Hiroshima, Kure, Yamata, Kokura, Shimosenka, Yamaguchi, Kumamoto, Fukuoka, Nagasaki et Sasebo.</p><p>Au début du mois de mai&nbsp;1945, après une nouvelle réunion du comité cible, la liste avait été modifiée et révisée. Elle ne comprenait désormais plus que cinq villes&nbsp;: Kyoto, Hiroshima, Yokohama, Kokura et Niigata (par ordre d’intérêt). Kyoto était le premier choix car il s’agissait d’une grande ville qui n’avait pas encore été touchée par les bombardements. Hiroshima, une autre ville intacte, fut ajoutée en raison de la grande base militaire située en son centre, et de sa géographie&nbsp;: les collines environnantes «&nbsp;concentreraient&nbsp;» l’explosion, ce qui augmenterait sa puissance destructrice.</p><p>À la fin du mois de juin, le comité inscrit Kyoto, Hiroshima, Kokura et Niigata sur une liste de «&nbsp;cibles réservées&nbsp;» afin de les «&nbsp;protéger&nbsp;» de tout futur raid de bombardements incendiaires (ayant été touchée par une bombe incendiaire à la fin du mois de mai, Yokohama n’était plus éligible). Kyoto fut retirée de la liste des villes candidates pour toutes les attaques (nucléaire ou autre) peu de temps après, car le secrétaire à la Guerre américain Henry&nbsp;Stimson, pour des raisons à la fois stratégiques et sentimentales, décida de sauver <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/nos-conseils-pour-decouvrir-kyoto">l’ancienne capitale japonaise</a>. Groves protesta vigoureusement, faisant valoir à plusieurs reprises que Kyoto était une cible valable et importante, mais Stimson convint finalement Truman de lui donner raison. Kyoto n’était donc plus sur la liste.&nbsp;</p><p>Lors de la conférence de Potsdam en juillet&nbsp;1945, Truman et Stimson apprirent que l’essai Trinity avait eu lieu, ce qui électrisa le président. Alors qu’il s’était jusque-là désintéressé des travaux scientifiques effectués au Nouveau-Mexique, il vit alors dans cette nouvelle arme un moyen de mener la guerre contre le Japon et d’envoyer un message à l’Union soviétique.</p><p>La liste des cibles fut finalisée par le biais de communications cryptées entre Stimson, à Potsdam, et Groves, à Washington. Groves décida que, pour chaque cible principale, une ville de rechange viable devait être prévue en cas de météo défavorable ou d’autres complications. Le général Lauris&nbsp;Norstad, responsable de la planification des objectifs pour les forces aériennes de l’armée américaine, lui donna les noms de ces villes. Une fois Kyoto éliminée de la liste, il leur fallait une autre solution de rechange dans la région d’Hiroshima et de Kokura. Malgré le fait qu’elle avait une topographie défavorable et qu’elle contenait un camp de prisonniers de guerre, Nagasaki, une ville portuaire sur l’île japonaise de Kyushu qui abritait deux usines de munitions, fut ajoutée à la liste.</p><p>L’ordre final d’attaque fut rédigé par Groves, montré à Truman, approuvé par Stimson et le général George&nbsp;Marshall, chef d’état-major de l’armée de terre américaine, et délivré le 25&nbsp;juillet. Une directive fut envoyée par le lieutenant-général Thomas&nbsp;Handy, chef d’état-major remplaçant, au général Carl&nbsp;Spaatz, commandant des forces aériennes stratégiques dans le Pacifique. Celle-ci stipulait que «&nbsp;après le 3&nbsp;août&nbsp;1945 environ&nbsp;», la 20th&nbsp;Air&nbsp;Force livrerait sa première «&nbsp;bombe spéciale&nbsp;» sur Hiroshima, Kokura, Niigata ou Nagasaki (une version antérieure indiquait clairement qu’il s’agissait de&nbsp;l’ordre de priorité). Le bombardement serait effectué visuellement (pas par radar), et le bombardier ne serait accompagné que de quelques avions d’observation. En outre, «&nbsp;des bombes supplémentaires seront livrées sur les cibles ci-dessus dès que le personnel du projet les aura préparées&nbsp;». De nouvelles cibles seraient choisies une fois les quatre premières éliminées. Il ne s’agissait pas d’un ordre de largage pour une seule bombe atomique, mais d’un ordre permettant le largage d’autant de bombes atomiques qui étaient ou deviendraient disponibles pour les États-Unis.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516261_0"><strong>LA PREMIÈRE ATTAQUE</strong></h2><p>Le point de départ des bombardements contre le Japon, dont les raids atomiques et les bombardements incendiaires, était la petite île de Tinian dans les Mariannes du Nord. Prise aux Japonais à l’été&nbsp;1944, la totalité de l’île fut transformée en une base aérienne&nbsp;: la plus grande de toute la guerre.&nbsp;</p><p>À partir de mai&nbsp;1945, à peu près à la période du début de la programmation des cibles, l’infrastructure nécessaire à l’assemblage des bombes atomiques fut installée sur Tinian. Tout fut planifié pour permettre un acheminement&nbsp;sans incident des précieux composants de la bombe sur l’île. Le 16&nbsp;juillet, le jour de l’essai Trinity, les composants de Little&nbsp;Boy entamèrent leur voyage vers Tinian. Toutes les pièces arrivèrent sur place le 29&nbsp;juillet et, à la fin du mois, la bombe était prête à être larguée. Les composants de Fat&nbsp;Man arrivèrent le 2&nbsp;août, et l’assemblage de cette deuxième bombe fut achevée le 7&nbsp;août. Les ordres précisaient que les cibles devaient être visées visuellement, de peur que le ciblage radar n’engendre des erreurs. Instinctivement, on ne penserait pas pouvoir «&nbsp;rater&nbsp;» sa cible avec une bombe atomique, mais pour des armes de la taille de celles utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale, une erreur de plusieurs kilomètres (très facile avec un ciblage radar) pouvait faire toute la différence entre toucher ou frôler une cible.</p><p>Le ciblage visuel impliquait que le ciel devait être relativement dégagé, de sorte que des B-29 solitaires se rendaient chaque jour vers les villes cibles et transmettaient par radio des rapports météorologiques. Le 5&nbsp;août, le ciel fut finalement jugé suffisamment clair pour permettre un bombardement le lendemain. Cette nuit-là, Little&nbsp;Boy fut chargée dans un bombardier&nbsp;B-29, appelé&nbsp;<em>Enola&nbsp;Gay</em>, et envoyée pour bombarder une ville&nbsp;: Hiroshima, Kokura ou Nagasaki.</p><p>Vers 1&nbsp;heure du matin, le 6&nbsp;août, l’avion décolla. La couverture nuageuse était légère au-dessus d’Hiroshima, et peu après 8&nbsp;h, la ville était dans le viseur des bombardiers. À 8&nbsp;h&nbsp;15, Little&nbsp;Boy fut larguée, fit une chute d’une durée de 44&nbsp;secondes, puis explosa avec une puissance équivalant à celle d’environ 15&nbsp;000&nbsp;tonnes de TNT. Presque instantanément, Hiroshima explosa en un tourbillon de feu et de destruction. Des dizaines de milliers de personnes perdirent la vie en l’espace de quelques minutes, et environ 100&nbsp;000&nbsp;autres succombèrent par la suite des conséquences de la bombe. L’Enola&nbsp;Gay observa l’explosion à une altitude de 10&nbsp;kilomètres, tourna en rond pendant moins d’une heure et retourna sur Tinian.&nbsp;</p><h2  id="header_5516265_0"><strong>LA DEUXIÈME ATTAQUE</strong></h2><p>Lorsque Truman eut vent de l’attaque sur Hiroshima, il était à bord du cuirassé USS&nbsp;Augusta pour rentrer de Potsdam. Il fut ravi de ce succès et annonça qu’il s’agissait de «&nbsp;la plus grande chose de l’histoire&nbsp;». La nouvelle de la bombe nucléaire fut communiquée à la presse presque immédiatement, et une annonce radio fut diffusée au sein même du Japon.</p><p>Les militaires japonais savaient qu’Hiroshima avait fait l’objet d’une attaque majeure le 6&nbsp;août, mais n’en connaissaient pas la nature particulière. Après avoir entendu l’annonce radio américaine, le haut commandement du pays se réunit et décida d’envoyer une équipe scientifique pour enquêter. Un physicien nucléaire japonais de renom, le professeur Yoshio&nbsp;Nishina, déclara le 8&nbsp;août depuis Hiroshima qu’il ne restait «&nbsp;presque plus aucun bâtiment&nbsp;» et que, d’après ce qu’il pouvait voir, «&nbsp;la bombe dite de type nouveau est en réalité une bombe atomique&nbsp;».</p><p>Alors que les Japonais confirmaient ce qu’il s’était passé à Hiroshima, la mission de bombardement suivante commençait déjà. Le 8 août, les météorologues prévoyaient que le 10 août, date prévue pour la deuxième attaque, serait défavorable pour la mission. Au lieu de cette date, les responsables américains de Tinian, sans consulter quiconque à Washington (y compris Truman ou même Stimson), décidèrent qu’ils avaient l’autorité, en vertu de l’ordre de lancement, d’utiliser l’arme suivante. Ainsi, ils se dépêchèrent d’assembler Fat&nbsp;Man, la chargèrent dans un autre B-29, le <em>Bockscar</em>, et l’envoyèrent vers sa destination.</p><p>Kokura, une ville arsenal située à l’extrémité nord de l'île de Kyūshū, au sud du Japon, était la cible principale. La visibilité y était terrible, car Kokura était couverte de nuages ou de fumée (peut-être des deux&nbsp;: la veille, la ville voisine de Yawata avait été la cible de bombes incendiaires). Après avoir passé 45&nbsp;minutes à chercher Kokura sans succès, le Bockscar se dirigea vers Nagasaki. À 11&nbsp;h&nbsp;02, le 9&nbsp;août&nbsp;1945, Fat&nbsp;Man explosa sur Nagasaki avec une puissance équivalant à 20&nbsp;000&nbsp;tonnes de TNT. Plus de 70&nbsp;000&nbsp;personnes furent tuées. Bockscar examina brièvement les dégâts, puis rentra à la base.&nbsp;</p><p>Le haut commandement japonais se réunissait pour discuter de la récente déclaration de guerre de l’Union soviétique au Japon et de son invasion de la Mandchourie lorsqu’ils apprirent, ce même jour, que Nagasaki avait été bombardée. Il est difficile de savoir si les Japonais pensaient que d’autres attaques atomiques allaient avoir lieu. De toute évidence, l’utilisation d’une deuxième bombe anéantit tout espoir que les États-Unis n’en aient qu’une à leur disposition. Mais ni la deuxième bombe atomique, ni l’invasion soviétique ne suffirent à pousser les Japonais à capituler sans condition&nbsp;: les responsables n’étaient prêts à offrir qu’une capitulation conditionnelle aux Américains, qui permettrait de conserver le rôle et le pouvoir de l’empereur.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516267_0"><strong>L’ATTENTE ET LA PRÉPARATION</strong></h2><p>Le chaos régnait dans la capitale américaine. Le 10&nbsp;août, l’offre de capitulation conditionnelle du Japon fut examinée de près par Truman et son cabinet, tandis que le général&nbsp;Groves envoyait une lettre au général&nbsp;Marshall, le chef d’état-major, signalant que «&nbsp;la prochaine bombe&nbsp;» serait prête plus tôt que prévu. À Los&nbsp;Alamos, au Nouveau-Mexique, les scientifiques travaillaient jour et nuit pour finaliser les composants de la prochaine bombe à envoyer à l’île de Tinian. Ils prévoyaient d’expédier les derniers composants depuis le Nouveau-Mexique le 12 ou le 13&nbsp;août afin d’être prêts à larguer la bombe sur une ville japonaise sous une semaine environ.&nbsp;</p><p>Truman en fut informé, et sa réponse fut immédiate. Marshall répondit à Groves&nbsp;: «&nbsp;Elle ne doit pas être larguée sans l’autorisation expresse du président&nbsp;». Truman joua peut-être un rôle très secondaire dans l’ordre de lancement de la bombe atomique – son rôle principal, comme Groves l’affirma plus tard, étant de ne pas interférer avec les plans déjà en cours – mais il joua un rôle direct pour empêcher l’utilisation de nouvelles bombes par la suite.</p><p>Pourquoi Truman, qui avait proclamé que l’attaque d’Hiroshima était «&nbsp;la plus grande chose de l’Histoire&nbsp;», ordonna-t-il soudainement l’arrêt des opérations&nbsp;? Certains estiment qu’il craignait qu’une nouvelle bombe atomique ne vienne freiner les efforts pour mettre fin à la guerre, plutôt que de les encourager. Selon d’autres historiens, Truman voulait mettre fin au carnage. Comme le relate le journal d’Henry&nbsp;Wallace, son secrétaire au Commerce et ancien vice-président des États-Unis, il déclara à son cabinet ce matin-là qu’il avait ordonné l’arrêt des opérations car «&nbsp;l’idée d’exterminer 100&nbsp;000&nbsp;personnes supplémentaires était trop horrible&nbsp;». Selon ses mots, il n’aimait pas l’idée de tuer «&nbsp;tous ces enfants&nbsp;».</p><p>Quoi qu’il en soit, Truman cherchait à reprendre le contrôle puisqu’il avait permis aux militaires, peut-être sans s’en rendre compte, d’estimer être totalement maîtres de la manière dont ces nouvelles armes seraient utilisées. Il avait été mis au courant de la première attaque à l’avance, mais pas de la deuxième. Si une troisième devait avoir lieu, elle viendrait de son ordre direct.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516269_0"><strong>UNE TROISIÈME ATTAQUE&nbsp;?</strong></h2><p>L’offre initiale de capitulation du Japon était prometteuse, mais pas suffisante pour Truman et son cabinet. Seule une capitulation inconditionnelle ferait l’affaire, répondit Truman. Plusieurs jours d’attente s’ensuivirent, du 10 au 14&nbsp;août. La presse et l’armée américaines spéculaient sur l’endroit où d’éventuelles autres bombes atomiques pouvaient tomber.</p><p>Après avoir reçu l’ordre de ne pas utiliser la bombe, Groves appela Oppenheimer au Nouveau-Mexique et lui demanda de ne pas envoyer le prochain noyau de plutonium sur Tinian. Au cours de cette discussion, cependant, Oppenheimer dit à Groves qu’il pourrait lui faire part des progrès réalisés sur une nouvelle arme, une bombe à implosion «&nbsp;composite&nbsp;» qui utiliserait à la fois du plutonium et de l’uranium enrichi dans une seule et même arme, ce qui leur permettrait d’améliorer considérablement leur taux de production.</p><p>Même si Truman avait suspendu les bombardements atomiques, les dirigeants des forces aériennes de l’armée américaine pensaient toujours que d’autres bombes seraient nécessaires. Le 10&nbsp;août, le général&nbsp;Spaatz envoya un télégramme au général&nbsp;Norstad, chargé de la planification des cibles, pour lui «&nbsp;recommander vivement&nbsp;» que la prochaine cible de la bombe atomique soit Tokyo. «&nbsp;On obtiendrait plus de destruction en utilisant une cible propre&nbsp;», écrivait-il, «&nbsp;mais on pense que l’effet psychologique sur les fonctionnaires du gouvernement [là-bas] est à ce stade plus important que la destruction.&nbsp;»&nbsp;</p><p>Le même jour, il apprit que sa suggestion était «&nbsp;examinée à un haut niveau&nbsp;». On lui promit que des «&nbsp;décisions finales&nbsp;» seraient prises dans les deux jours suivants. Le même jour, le général&nbsp;Curtis&nbsp;LeMay, qui avait élaboré les campagnes de bombardements incendiaires, présenta une demande urgente d’installation d’équipements capables d’assembler des bombes atomiques à Okinawa, anticipant probablement une utilisation de ces armes pour envahir le Japon.</p><p>Le 13 août, Stimson, le secrétaire à la Guerre, indiqua que les «&nbsp;expéditions&nbsp;» de matériaux nucléaires vers Tinian devraient peut-être reprendre. Groves fut chargé d’obtenir les informations les plus récentes sur le calendrier des futurs bombardements et de veiller à ce qu’elles soient transmises au général&nbsp;Marshall. Marshall se demandait s’il était plus judicieux d’utiliser les bombes dès qu’elles étaient prêtes, ou s’il fallait les collecter et les utiliser pour l’invasion. Le nombre de bombes atomiques susceptibles d’être larguées dans une telle situation était d’une dizaine environ. Quoi qu’il en soit, un représentant de Groves affirma à un représentant de Marshall qu’une troisième bombe était «&nbsp;prête à être expédiée, en attente d’ordre maintenant&nbsp;».</p><p>Le 14&nbsp;août, Spaatz continua à encourager à choisir <a href="https://www.nationalgeographic.com/magazine/article/how-tokyo-japan-became-megacity-by-rebuilding-after-earthquake-war" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Tokyo comme prochaine cible</a>, recommandant avec «&nbsp;la plus grande urgence&nbsp;» de transférer la troisième bombe atomique sur Tinian «&nbsp;afin de la larguer sur Tokyo&nbsp;». Une fois de plus, on lui répondit que la décision était en attente. Groves fut informé que la décision d’utiliser ou non une autre bombe atomique serait prise le jour suivant.</p><p>Plus tard dans l’après-midi, Truman rencontra l’ambassadeur britannique et «&nbsp;nota tristement » que, puisque les Japonais ne semblaient pas disposés à capituler sans condition, «&nbsp;il n’avait désormais d’autre choix que d’ordonner le largage d’une bombe atomique sur Tokyo&nbsp;». S’il avait donné cet ordre, l’opération aurait eu lieu en seulement quelques jours.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5516274_0"><strong>LA FIN DE LA GUERRE</strong></h2><p>Heureusement, ils n’eurent pas à en arriver là. Peu de temps après l’entretien de Truman avec l’ambassadeur britannique, le 14&nbsp;août&nbsp;1945, le Japon annonça accepter de capituler sans condition. Aujourd’hui encore, les historiens sont en désaccord sur les causes exactes de ce revirement, car les rôles des bombes atomiques, de la déclaration de guerre soviétique et des forces internes japonaises sont très difficiles à démêler, et ont probablement tous participé à la prise de décision finale.</p><p>La troisième bombe, et les autres qui auraient pu suivre, ont représenté un élément majeur de la stratégie américaine pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Bien qu’ils aient eu bon espoir que les armes nucléaires puissent mettre fin à la guerre, les responsables américains, le président Truman aussi bien que ses commandants, ne s’attendaient pas à ce que la guerre prenne fin immédiatement. Des signes indiquaient que davantage d’armes atomiques seraient nécessaires, et les dirigeants américains s’empressaient d’ordonner de nouvelles frappes. Si la guerre avait continué, d’autres bombes atomiques auraient très probablement été utilisées.</p><p>Si tel avait été le cas, les bombes atomiques seraient-elles toujours considérées comme des armes «&nbsp;pouvant mettre fin à une guerre&nbsp;»&nbsp;? Dans le cas contraire, auraient-elles été plus susceptibles d’être utilisées pendant la <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022-les-premices-dune-nouvelle-guerre-froide">Guerre froide</a>&nbsp;? Il n’y a bien sûr aucun moyen de le savoir avec certitude. Quoi qu’il en soit, peu imaginent qu'une troisième bombe aurait réellement pu être lancée. Mais rares sont les personnes qui savent qu’il s’en est fallu de peu pour qu'elle le soit.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le Japon comme les locaux : nos conseils pour sortir des sentiers battus</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/conseils-pratiques-asie-voyage-tourisme-guide-le-japon-comme-les-locaux-nos-comment-sortir-des-sentiers-battus</link><description><![CDATA[Le Japon est, à juste titre, une destination très appréciée. Cependant, les touristes se retrouvent souvent à visiter les mêmes sites et passent à côté des endroits reculés, plus calmes, qui ne leur sautent pas aux yeux. Des Japonais et japonaises de tous horizons vous partagent les lieux qu’ils préfèrent et vous font découvrir une facette plus douce du pays. DÉCOUVREZ LA MYTHOLOGIE JAPONAISE EN...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Fri, 06 Mar 2026 08:27:32 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/conseils-pratiques-asie-voyage-tourisme-guide-le-japon-comme-les-locaux-nos-comment-sortir-des-sentiers-battus</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/h500333574.jpg?w=1600" length="1583073" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/destinations/asie/japon">Japon</a> est, à juste titre, une destination très appréciée. Cependant, les touristes se retrouvent souvent à visiter les mêmes sites et passent à côté des endroits reculés, plus calmes, qui ne leur sautent pas aux yeux. Des Japonais et japonaises de tous horizons vous partagent les lieux qu’ils préfèrent et vous font découvrir une facette plus douce du pays.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5597733_0"><strong>DÉCOUVREZ LA MYTHOLOGIE JAPONAISE EN PARTANT RANDONNER</strong></h2><p>Selon Mayu Higa, spécialiste du Japon qui publie des écrits sur les voyages, les randonnées sur le&nbsp;<a href="https://www.gltjp.com/en/mt-takao-plusone/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mont Takao</a> sont sublimes. « J’adore cet endroit. J’y vais au printemps et en automne. Les deux saisons sont vraiment agréables », indique-t-elle. Au printemps, les cerisiers sont en fleur, et à l’automne, le feuillage se teinte de couleurs intenses.&nbsp;</p><p dir="ltr">Cette montagne est un lieu sacré de pèlerinage. D’aucuns la parcourent à pied tous les jours, et ce, pendant un an, se voyant recevoir à chaque fois un&nbsp;<em>goshuin</em>, soit un tampon calligraphié avec la date et le nom du temple, Yakuoin, dans un carnet spécial. La montagne se trouve également être un foyer spirituel pour les mythiques&nbsp;<em>tengu</em>, des créatures surnaturelles qui peuvent prendre la forme d’imposants hommes-oiseaux au visage rouge et au long nez. Les statues et représentations à leur effigie pullulent dans la région.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><h2     id="header_5597736_0"><strong>SKIEZ, DÉGUSTEZ DU RAGOÛT ET ÉMERVEILLEZ-VOUS</strong></h2><p dir="ltr">L’hiver venu, le nord du Japon s’enveloppe d’un manteau de neige et de glace. La population a néanmoins trouvé de nombreuses façons de s’occuper. Rie Miyoshi-Grant, productrice multimédia pour le magazine&nbsp;<em>Outdoor Japan</em>, conseille de se rendre à Kita-Akita, dans la préfecture d’Akita. « Cette région enneigée de Tohoku possède une superbe station de ski :&nbsp;<a href="https://www-aniski-jp.translate.goog/?_x_tr_sl=ja&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ani</a>. Lorsque les conditions sont bonnes, vous pouvez skier sur de la poudreuse et voir les<em> juhyou</em>&nbsp;», explique-t-elle, ces monstres de neige créés par la glace recouvrant les arbres.&nbsp;&nbsp;</p><p dir="ltr">« En automne, faites une randonnée au milieu des feuillages flamboyants et réchauffez-vous avec un&nbsp;<em>kiritanpo nabe</em>, un ragoût accompagné de riz grillé et de légumes ». Cette région est célèbre pour les akita inu, des chiens endémiques du Japon, à la stature massive, avec une tête adorable mais une forte personnalité. Elle recommande de visiter l’Akita Dog Museum et de faire un tour à la station de ski Ani, où l’accueil est soigné par un akita du nom d’Hokuto.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5597736_1"><strong>ALLEZ À LA RENCONTRE DE MACAQUES JAPONAIS ET BAIGNEZ-VOUS DANS DES SOURCES CHAUDES&nbsp;</strong></h2><p dir="ltr">Le Japon compte plus de 27 000&nbsp;<a href="https://www.nippon.com/en/views/b04702/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">sources chaudes</a> naturelles, ou onsens. S’y relaxer est le grand passe-temps national. Rie Nishimura, qui écrit sur le sujet, vous parle de l’un de ses préférés. «&nbsp;<a href="https://en.nozawaski.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nozawa Onsen</a>, dans la préfecture de Nagano, est une ville thermale aux rues pentues bordées d’auberges en bois et les bains publics y sont gérés par les habitants. »</p><p>Vous pouvez vous promener en yukata, léger kimono, et chaussons entre les bains du village, chacun étant rattaché à un établissement de bains et doté au niveau de sa porte d’une boîte dans laquelle déposer quelques pièces. « La culture traditionnelle des sources chaudes est bien vivante ici », déclare-t-elle. Le village est situé près du célèbre parc aux singes de Jigokudani, une source chaude naturelle où les macaques japonais du coin viennent se baigner pour se réchauffer durant les hivers glaciaux enneigés.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5597739_0"><strong>NOURRISSEZ VOTRE CORPS ET VOTRE ÂME</strong></h2><p dir="ltr">Pour une expérience culinaire unique, Yukari Sakamoto, autrice de&nbsp;<a href="https://foodsaketokyo.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Food Sake Tokyo</a>, vous invite à visiter le paisible temple de&nbsp;<a href="http://sankouin.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sankoin</a>, dans la banlieue ouest de Tokyo, au sein duquel vous pourrez nourrir à la fois votre esprit et votre corps.&nbsp;« La cuisine shojin ryori est traditionnelle », précise-t-elle.&nbsp;Il s’agit d’un art culinaire ascétique et végétarien et du régime alimentaire des moines bouddhistes en formation. Simple et rigoureusement rythmée par les saisons, elle est consommée avec dévotion et gratitude.</p><p dir="ltr">« La cheffe cuisinière Koushun Nishii a de nombreux admirateurs qui viennent se nourrir de tofu au sésame, de tofu fumé, qui ressemble à du fromage, de tofu lyophilisé, et d’une grande variété de légumes. Le déjeuner est servi dans une salle spacieuse derrière le temple ». Les convives ont vue sur le jardin, avec ses bosquets de bambous, d’érables et de cerisiers, qui offrent des explosions de couleurs tout au long de l’année.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><h2     id="header_5597739_1"><strong>SAUTEZ D’ÎLES EN ÎLES</strong></h2><p dir="ltr">Tout au sud du pays se trouve un arc formé par l’archipel Nansei, qui s’étend du sud de Kyushu à Taïwan. La plupart des îles font partie de la préfecture d’Okinawa.&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/somyaku/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Kazuhiro Namba</a>, qui lance sa propre activité dédiée à la préservation des mers et des océans, passe souvent ses week-ends sur les&nbsp;<a href="https://visitokinawajapan.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">îles Kerama</a>, reconnues comme parc national. Parmi elles, seules Aka, Geruma, Tokashiki et&nbsp;<a href="https://visitokinawajapan.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Zamami</a> sont habitées.&nbsp;Cette dernière est son île préférée.</p><p dir="ltr">« Un ferry part du port de Tomari. Vous pouvez facilement organiser une excursion d’une journée sans avoir à vous démener pour trouver un hébergement. Il y a des agences de location de motos ou de vélos et [le lieu] est sympa pour faire du snorkeling », poursuit-il. L’endroit est souvent fréquenté par des baleines à bosse en migration et l’océan d’un bleu éclatant abrite des récifs coralliens qui ondulent doucement. Rendez-vous à l’Unajinosachi Observatory pour admirer des couchers de soleil éblouissants.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><h2     id="header_5597739_2"><strong>CONTEMPLEZ LA VOIE LACTÉE ET DÉGUSTEZ DE DÉLICIEUX PRODUITS LAITIERS</strong></h2><p dir="ltr">« Dans ces endroits vivent des ours. Il faut être prudent », avertit Fuminosuke Yamamura, vétérinaire, qui réside à Hokkaido depuis vingt ans. Il fait ici allusion au&nbsp;<a href="https://satsunaigawacamp.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">camping</a> situé non loin du&nbsp;<a href="https://www.google.fr/maps/place/Satsunaigawa+Dam/%4042.5887375,142.9222367,17.75z/data=!4m6!3m5!1s0x5f746d55218a5235:0x24fe41039ad4646f!8m2!3d42.5881954!4d142.9227972!16s%2Fg%2F11dyl9ks9?entry=ttu&amp;g_ep=EgoyMDI1MDMxNi4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">barrage de la rivière Satsunai</a>. S’y trouvent des cascades, ainsi que des sentiers de randonnée menant au mont Kamuiekuuchikaushi. Il est également possible d’y pêcher la truite arc-en-ciel et l’omble.</p><p dir="ltr">« Vous pouvez louer un&nbsp;<a href="https://kankou-nakasatsunai.com/page-2150/?fbclid=IwAR1dauGIkVKag6u9uCL08m4y9JVj-LmUHzmuE8GLSQSxdGWHTLm6SV2Ngyo%23" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">vélo</a> à la gare routière [de Nakasatsunai] et vous aurez peut-être la chance d’apercevoir des cerfs, des renards, des lapins et des écureuils dans les environs ». À l’automne, les saumons remontent la rivière. Quant aux nuits, le lieu étant à l’abri de la pollution lumineuse, la Voie lactée se révèle. Grâce à la patientèle bovine de Fuminosuke Yamamura, Hokkaido est réputée pour ses produits laitiers. Pour une dégustation de glaces et de fromages, il recommande son endroit favori :&nbsp;<a href="https://www.t-fromages.com/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR3Ry81U5-P8LA2pfhoXpwxyO7YS654nVlMr5vOFdhzKfZh_hvoUtAT_IWg_aem_1TPxwHhksdz2iZiEp9mtOA" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Tokachino Fromages</a>.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><h2     id="header_5597739_3"><strong>EN IMMERSION DANS UN LIEU SACRÉ</strong></h2><p dir="ltr">Le photographe&nbsp;<a href="https://tempsgraphie.com/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Isao Naruse</a> est sensible à l’esthétique de Hakone, qui se trouve à seulement une heure et demie de Tokyo en train. Sur les rives du lac Ashi, « le sanctuaire de Hakone, petit mais d’apparence paisible, se fond dans la nature. La beauté des arbres sacrés est à couper le souffle », assure-t-il. Le torii rouge, portail sacré caractéristique du sanctuaire, semble flotter sur l’eau de la berge. « Le col de Mikuni offre une vue panoramique sur la ville de&nbsp;<a href="https://hakone-japan.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hakone</a> et lac, équilibre merveilleux entre l’Homme et la nature », conclut-il.</p><p>Le&nbsp;<a href="https://www.hakone-oam.or.jp/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">musée en plein air de Hakone</a> compte plus de mille œuvres d’art, dont plus d’une centaine de sculptures réparties sur près de sept hectares de verdure montagneuse. Non loin de là, un téléphérique survole Owakudani, une vallée volcanique aux sources chaudes sulfureuses bouillonnantes, dégageant une vapeur à l’odeur étrange. Les mets, ici très appréciés et incontournables, sont les œufs durs cuits directement dans les sources, prenant ainsi une couleur noire.</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5597741_0"><strong>EXPLOREZ À MOTO LA CAMPAGNE JAPONAISE</strong></h2><p dir="ltr">Passionnée de moto, Miwa Kokubun soutient que Fukushima est le plus bel endroit du pays.&nbsp;«&nbsp;À&nbsp;<a href="https://fukushima.travel/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Fukushima</a>, tout est génial : les montagnes, les paysages, l’océan, les lacs, les délicieux ramen, les routes pittoresques, l’horizon, les onsen », catalogue-t-elle.&nbsp;Le meilleur moyen de l’explorer est à deux roues. Elle se déplace sur sa Kawasaki vert émeraude.&nbsp;</p><p dir="ltr">En automne, « les champs de sarrasin [situés sur les] plateaux sont si jolis », tandis qu’au printemps, « depuis le&nbsp;<a href="https://fukushima.travel/destination/mt-bandai/12" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mont Bandai</a>, je peux voir le lac Inawashiro et ses rangées de cerisiers en fleur ». L’air frais vous ouvrira l’appétit. Profitez-en pour faire une excursion à Kitakata afin de goûter aux célèbres ramen de la ville : des nouilles épaisses, un bouillon à base de sauce soja et du porc grillé.</p><h2     id="header_5597741_1">&nbsp;</h2><h2     id="header_5597741_2"><strong>VOYAGEZ À TRAVERS LES ENFERS DE BEPPU</strong></h2><p dir="ltr">Les nombreux points chauds géothermiques de Beppu sont parfois appelés les « sept enfers ». Située dans la préfecture d’Oita, Kyushu possède le plus grand nombre de sources du pays, répertoriées au nombre de 5 000. Mayu Higa, qui publie des écrits sur les voyages, apprécie également les onsens et rapporte ce qui suit : « Au Japon, je me suis rendue dans une multitude de sources chaudes et c’est&nbsp;<a href="http://www.beppu-jigoku.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Beppu</a> que je préfère. J’y ai ressenti l’énergie de la Terre.&nbsp;»</p><p>Vous pouvez entreprendre le&nbsp;<em>Jigoku Meguri</em>, soit le tour des enfers, pour apercevoir un geyser actif, essayer les bains de pieds ou cuisiner un repas en utilisant la vapeur géothermique. L’un des traitements populaires de Beppu est le&nbsp;<a href="https://www.japan.travel/fr/spot/718/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bain de sable</a> en yukata, soit d’être enveloppé dans du sable chaud pour transpirer tout en regardant l’océan.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5597741_3"><strong>RÉGALEZ-VOUS DE&nbsp;</strong><em><strong>WANKO SOBA</strong></em></h2><p dir="ltr">Vers le nord, la région de Tohoku a la réputation d’être isolée et sauvage. Kozue Oka, directrice exécutive de&nbsp;<a href="https://mirai-no-mori.jp/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Mirai no Mori</a>, une organisation à but non lucratif qui propose des programmes d’activités extérieures pour les jeunes en marge de la société, adore&nbsp;<a href="https://iwatetabi.jp/en/spots/90672/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Genbikei</a>, des gorges situées dans la préfecture d’Iwate qui sont bordées de sentiers de randonnée et ponctuées de cascades. « Les paysages sont incroyables à chaque saison, cachés dans les contrées lointaines de Tohoku », décrit-elle.&nbsp;À Iwate, il est également possible de déguster des&nbsp;<em>wanko soba</em>.&nbsp;« C’est l’une des expériences sympas de Morioka », ajoute-t-elle.</p><p dir="ltr">« Les nouilles soba[, à base de farine de sarrasin,] sont servies par petites bouchées dans des bols en laque, avec une goutte de bouillon. L’atmosphère [y] est festive. Un serveur remplit sans cesse votre bol. À la fin du repas, [il] compte leur nombre sur la table. Les convives reçoivent une petite plaque de bois avec le nombre de bols qu’ils ont consommés ». Plusieurs restaurants servent des&nbsp;<em>wanko soba</em>, notamment l’<a href="https://wankosoba.jp/en/wankosoba/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Azumaya</a>.</p><p dir="ltr">&nbsp;</p><h2     id="header_5597741_4"><strong>PARTEZ À LA DÉCOUVERTE DE LA FAUNE ET DE LA CULTURE</strong></h2><p>« Ces&nbsp;<a href="https://visitokinawajapan.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">îles tropicales</a> possèdent certaines des eaux les plus claires du Japon pour faire de la plongée », affirme Rie Miyoshi-Grant du parc national d’Iriomote-Ishigaki.&nbsp;</p><p dir="ltr">&nbsp;« Vous pouvez plonger avec des tortues marines, une grande diversité de poissons tropicaux et, le comble : des raies manta. Il y a [aussi] des plages de sable blanc et des sites pour plonger avec masque et tuba si c’est ce que vous préférez », détaille-t-elle. Depuis l’aéroport de l’île d’Ishigaki, où se trouvent la plupart des hébergements et des restaurants, vous pouvez embarquer sur un ferry afin de vous rendre sur d’autres îles, dont Taketomi, célèbre pour ses chariots tirés par des buffles domestiques, ses villages traditionnels typiques d’Okinawa et ses plages de sable.</p><p dir="ltr">« À titre personnel, j’aime l’île d’Iriomote, essentiellement recouverte de jungle, qui offre des randonnées [aquatiques] au milieu des cascades et des excursions en kayak époustouflantes. Elle abrite également le chat d’Iriomote, une espèce en danger critique, que je n’ai pas encore eu la chance de croiser », révèle Rie Miyoshi-Grant.</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>