<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:foaf="http://xmlns.com/foaf/0.1/" xmlns:rdfs="http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xml:base="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml"><channel><title>National Geographic</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml</link><description>The latest news from National Geographic in National Geographic</description><language>fr-FR</language><lastBuildDate>Fri, 15 May 2026 07:07:06 GMT</lastBuildDate><ttl>3600</ttl><atom:link href="https://www.nationalgeographic.fr/api/rss/latest_contents.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>D'Artagnan : des tests ADN feront-ils parler le squelette du quatrième mousquetaire ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/artagnan-des-tests-adn-feront-ils-parler-le-squelette-du-quatrieme-mousquetaire</link><description><![CDATA[La découverte plus tôt cette année de restes squelettiques qui pourraient être ceux du mousquetaire d’Artagnan a bien sûr captivé la France, mais aussi les Pays-Bas, où les ossements ont été mis au jour.« Si cette découverte venait à être confirmée, ce serait un événement historique majeur », déclare Alina Goebel, conservatrice du musée d’Artagnan de Lupiac, dans le Gers.Hors de France,...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 15 May 2026 07:07:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/artagnan-des-tests-adn-feront-ils-parler-le-squelette-du-quatrieme-mousquetaire</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/2026-03-25t163515z540560242rc2rbkaqqwykrtrmadp3netherlands-musketeers.jpg?w=1600" length="1322773" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La découverte plus tôt cette année de restes squelettiques qui pourraient être ceux du mousquetaire d’Artagnan a bien sûr captivé la France, mais aussi les Pays-Bas, où les ossements ont été mis au jour.</p><p>«&nbsp;Si cette découverte venait à être confirmée, ce serait un événement historique majeur&nbsp;», déclare Alina Goebel, conservatrice du&nbsp;<a href="https://www.lemondededartagnan.org/en/about/dartagnan-museum" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">musée d’Artagnan</a> de Lupiac, dans le Gers.</p><p>Hors de France, d’Artagnan a surtout été popularisé par le cinéma comme légendaire «&nbsp;quatrième mousquetaire&nbsp;». Mais le protagoniste du roman de 1844 <em>Les Trois Mousquetaires</em>, héros romantique bretteur combinant bravoure et panache, occupe une place de choix dans les mythes nationaux français.</p><p>Cependant, on ignore encore beaucoup de choses sur le véritable d’Artagnan, notamment son apparence physique, comme l’explique Alina Goebel&nbsp;: «&nbsp;Grâce aux progrès de la science contemporaine, nous avons peut-être une occasion unique de lever une partie du voile sur ces questions anciennes.&nbsp;»&nbsp;</p><p>Le squelette, que certains pensent être le sien, a été découvert sous le sol de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, dans le quartier de Wolder, à Maastricht, bien qu’il provienne d’une église antérieure située sur le même emplacement. Les restes ont été mis au jour lors de réparations effectuées sur un sol carrelé qui s’était en partie effondré. Lors de la découverte, un diacre du diocèse catholique de la ville, Jos Valke, a d’abord alerté un archéologue retraité de la ville, Wim Dijkman, qui a ensuite informé d’autres experts. Wim Dijkman est depuis longtemps persuadé que d’Artagnan, le vrai, fut enterré dans l’église après avoir été tué non loin de là en 1673.</p><p>Mais la vérification génétique visant à prouver que le squelette est bien celui de d’Artagnan se heurte à des problèmes de bureaucratie (il pourrait y avoir eu des irrégularités dans les fouilles) ainsi qu’à des obstacles scientifiques qui jettent le doute sur le fait que l’on puisse jamais identifier les ossements.</p><p>Mais si l’on parvient à attribuer les restes à d’Artagnan, cela pourrait être «&nbsp;la première fois dans l’Histoire qu’un héros de fiction est en quelque sorte devenu réel&nbsp;», s’amuse&nbsp;<a href="https://sorbonne-universite.academia.edu/JulienWilmart" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Julien Wilmart</a>, historien du Centre Roland-Mousnier, une institution historique parisienne. «&nbsp;Cette découverte nous permettrait enfin de mettre en lumière le vrai d’Artagnan, et non son homologue de fiction, et de revenir à la véritable histoire.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613892_0"><strong>TOUS POUR UN, UN POUR TOUS</strong></h2><p>Il existe deux d’Artagnan. L’un est le personnage de littérature créé par le romancier Alexandre Dumas et par son collaborateur Auguste Maquet, et l’autre est le d’Artagnan historique duquel le personnage est inspiré.</p><p>«&nbsp;Le d’Artagnan de Dumas a presque complètement éclipsé le vrai d’Artagnan&nbsp;», observe Julien Wilmart. Dumas le comparait à Don Quichotte et les critiques voyaient en lui une incarnation de la loyauté, de l’esprit de chevalerie et de la camaraderie&nbsp;: «&nbsp;Tous pour un, un pour tous.&nbsp;»</p><p>Le d’Artagnan de Dumas, cependant, s’inspire en partie d’un soldat français bien réel&nbsp;: Charles de Batz de Castelmore, sieur d’Artagnan. Il avait emprunté ce titre à la famille de sa mère, issue d’une noblesse plus élevée. Certains de ses descendants prirent ensuite le titre de comte d’Artagnan.</p><p>Charles de Batz de Castelmore avait été un mousquetaire distingué de la garde royale, qui se composait de cavaliers formés au maniement des armes à feu et fins ferrailleurs. Mais ce dernier fut mousquetaire sous Louis XIV et non sous son père, Louis XIII, comme dans le roman. Il servit en outre à l’époque du cardinal Mazarin, un ami dévoué, plutôt que le cardinal Richelieu, son ennemi littéraire. &nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613895_0"><strong>OBSTACLES À UNE IDENTIFICATION</strong></h2><p>Dumas écrit que d’Artagnan est né en Gascogne, près de la frontière avec l’Espagne, une région «&nbsp;rustique&nbsp;» qui conférait à son protagoniste une naïveté provinciale séduisante. Cela fait écho à Charles de Batz de Castelmore, qui vit le jour en 1611 dans le village gascon de Lupiac, situé à 145 kilomètres au sud-est de Bordeaux. C’est aujourd’hui un village médiéval pittoresque perché sur une colline qui&nbsp;<a href="https://www.lupiac.fr/?lang=en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">célèbre la réalité historique de d’Artagnan</a> ainsi que son héritage littéraire.</p><p>Le d’Artagnan de fiction aussi bien que le vrai meurent le 25 juin 1673, durant le siège de Maastricht par les Français&nbsp;(Dumas se servit de cet événement historique pour asseoir sa fiction). De plus, les restes squelettiques qui viennent d’être découverts cadrent avec l’Histoire&nbsp;: le véritable d’Artagnan fut tué par une balle de mousquet qui lui transperça la gorge&nbsp;; la tombe contient d’ailleurs des fragments de balle de mousquet près de la poitrine du squelette. La théorie que Wim Dijkman défend veut que les Français aient enterré d’Artagnan dans l’église, qui était alors sous leur contrôle, de sorte que Louis XIV, qui dirigeait le siège, puisse assister aux obsèques.</p><p>Mais si l’archéologie cadre avec ce que l’on sait du d’Artagnan de chair et d’os, aucune vérification scientifique n’a eu lieu à ce jour.</p><p>Selon des articles de presse, des scientifiques analysaient l’ADN des restes dans un laboratoire en Allemagne et prévoyaient de le comparer à celui de deux parents vivants de d’Artagnan en France. Leurs noms n’ont toutefois pas encore été rendus publics. Il est probable qu’il s’agisse d’hommes descendant directement de d’Artagnan, de son père ou de ses nombreux frères, car ils partageraient le même chromosome Y, transmis par les pères à leurs fils.</p><p>On&nbsp;<a href="https://www.dutchnews.nl/2026/03/more-dna-is-needed-to-establish-if-skeleton-is-dartagnan/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">rapporte</a> par ailleurs que les premiers échantillons recueillis sur le squelette sont trop dégradés pour pouvoir être utilisés. Pour ne rien arranger, la municipalité de Maastricht a repris le projet à Wim Dijkman et à ses collègues. Celle-ci avance que les fouilles initiales étaient irrégulières. En vertu du droit néerlandais, l’église est un site patrimonial. «&nbsp;La municipalité, en sa capacité d’autorité compétente, est intervenue pour faire en sorte que la situation soit gérée conformément aux standards archéologiques applicables&nbsp;», explique sa porte-parole, Leentje Sourbon.</p><p><a href="https://www.limburger.nl/regio/limburg/gemeente-maastricht-dna-onderzoek-dartagnan-wordt-in-deventer-gedaan-geen-relatie-met-munchen/146198350.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Selon De Limburger</a>, journal régional néerlandais, la municipalité de Maastricht a indiqué que tout travail effectué par le laboratoire allemand devra désormais être validé par un laboratoire néerlandais. Et même si l’on peut extraire de l’ADN, il est susceptible d’être si dégradé qu’une correspondance précise pourrait s’avérer impossible. Un autre problème potentiel est que les descendants vivants dont l’ADN sera testé pour identifier le squelette pourraient ne pas être liés aux héros vieux de 350 ans de la manière dont ils le pensent.&nbsp;</p><p>Jos Valke, le diacre qui a vu les restes dans l’église et alerté Wim Dijkman, craint que les tests ADN échouent mais pense que d’autres tests pourraient permettre d’attribuer les restes humains à d’Artagnan. Une datation au carbone 14 pourrait par exemple confirmer leur âge, et des isotopes de strontium pourraient permettre de savoir où l’individu a grandi.</p><p>Bien qu’il ne fasse plus partie du projet, Wim Dijkman se dit fier de la découverte&nbsp;: «&nbsp;Sans moi, personne n’aurait jamais rien trouvé dans l’église de Wolder.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Dans les eaux hawaïennes, les attaques de requins sont nombreuses</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-oceans-dans-les-eaux-hawaiennes-les-attaques-de-requins-sont-nombreuses</link><category>Animaux</category><pubDate>Fri, 15 May 2026 06:01:05 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-oceans-dans-les-eaux-hawaiennes-les-attaques-de-requins-sont-nombreuses</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027829_img.jpg?w=1600" length="125985" type="image/jpeg"/></item><item><title>CIA : gagner la confiance d'un terroriste pour en faire un espion</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/pakistan-terrorisme-cia-gagner-la-confiance-dun-terroriste-pour-en-faire-un-espion</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Fri, 15 May 2026 05:02:47 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/pakistan-terrorisme-cia-gagner-la-confiance-dun-terroriste-pour-en-faire-un-espion</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027630_img.jpg?w=1600" length="154514" type="image/jpeg"/></item><item><title>Maharajas’ Express : dans les coulisses de l’un des trains les plus luxueux du monde </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-inde-maharajas-express-dans-les-coulisses-un-des-trains-les-plus-luxueux-du-monde</link><description><![CDATA[Une vague de chaleur m'envahit dès que je pénètre dans la cuisine, et l'air est imprégné d'une odeur d'oignons frits et de fenugrec. Des marmites de dahl doré sont en train de mijoter et une casserole de piments verts bouillonne sur le feu. Les assiettes sont empilées dans des paniers ressemblant à ceux d'un lave-vaisselle, retenues par des barres métalliques alors qu'elles tremblent, au bord de...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 14:51:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-inde-maharajas-express-dans-les-coulisses-un-des-trains-les-plus-luxueux-du-monde</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/tespecialinterest2b4bxe0ukhr.jpg?w=1600" length="1205380" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Une vague de chaleur m'envahit dès que je pénètre dans la cuisine, et l'air est imprégné d'une odeur d'oignons frits et de fenugrec. Des marmites de dahl doré sont en train de mijoter et une casserole de piments verts bouillonne sur le feu. Les assiettes sont empilées dans des paniers ressemblant à ceux d'un lave-vaisselle, retenues par des barres métalliques alors qu'elles tremblent, au bord de la rébellion. Le cliquetis des tasses de thé s'ajoute à la cacophonie tandis que le train atteint sa vitesse maximale en direction de la ville de Fatehpur Sikri, dans le nord de l'Inde.&nbsp;</p><p>Je suis à bord du Maharajas’ Express, l'un des trains les plus luxueux du monde, qui propose des voyages de six nuits de Mumbai à Delhi à partir d'environ 8 000 €. Avec ses wagons rouges et bleus et ses couronnes dorées peintes sur les côtés, c'est un train que je rêve de prendre depuis son lancement en 2010. À l'époque, j'effectuais des recherches pour mon livre <em>Le tour de l'Inde en 80 trains</em>, et j'avais passé trois mois à parcourir plus de 25 500 kilomètres à bord de toutes sortes de trains, de trains postaux à des hôpitaux sur rails. Je m'étais promis de monter un jour à son bord.&nbsp;</p><p>Seize ans plus tard, j'ai l'occasion de le faire et je me trouve rapidement fascinée par la prouesse opérationnelle qui permet à ce train de fonctionner. Lors de mon premier jour à bord, on m'invite dans les coulisses, en cuisine, pour observer les quatorze cuisiniers tout préparer, du rogan josh de mouton aromatique au homard Thermidor dans un cadre qui donne l'impression d'être secoué par un tremblement de terre permanent.&nbsp;</p><p>Autour de moi, ils déposent du caviar sur des œufs mimosas et versent du curry chaud dans des bols katori tandis que le wagon tangue d'un côté à l'autre. John Stone, le chef cuisinier du train, parle d'une voix douce et porte une tenue blanche impeccable. Âgé de cinquante-trois ans et originaire de Shimla, dans le nord de l'Inde, il travaille chaque saison depuis le voyage d'inauguration du train, se réveillant à quatre heures du matin pour préparer les légumes et faire mariner la viande. Il fait du yaourt et du pain à bord, et stocke du riz à sushi provenant du Japon.&nbsp;</p><p>« Si vous vous réveillez en pleine nuit et que vous avez envie de sushis, je ne peux pas vous dire non, ce serait une honte », me dit-il, en se rappelant qu'un client turc avait une fois demandé une mangue fraîche en décembre. Comme il s'agit d'un fruit d'été, « elle a été acheminée par avion depuis les Caraïbes et a coûté 2 300 $ (soit 1 965 €). Nous l'avons commandée à Udaipur et elle a été apportée à bord à Jodhpur trois jours plus tard ».</p><p>Ce soir-là, je me tiens dans le couloir, observant le soleil éclatant dans le ciel. À travers les fenêtres, je vois des cerfs-volants qui virevoltent au-dessus des maisons à terrasses du district d'Agra et des enfants qui jouent au cricket le long de chemins de terre, s'arrêtant pour nous regarder passer. Des hommes âgés jouent aux cartes, accroupis en cercle sous des arbres. Plus tard, alors que d'autres passagers s'initient au carrom dans le wagon-bar, mon regard est attiré par mon valet, Pritpal Singh.</p><p>Lorsque les huit passagers de son wagon sont sortis pour des excursions d'une journée, il passe rapidement dans chaque compartiment et, en vingt minutes, il change les draps, remplace les serviettes, plie les pyjamas et cire même les chaussures. Pendant le dîner, il prépare les lits, regarde la météo prévue et laisse des notes suggérant comment s'habiller le lendemain. S'il y a une occasion spéciale, il cueille des pétales de fleurs pour les déposer sur le lit, et il plie les serviettes en forme de cygnes, de singes ou de chiens. À minuit, il va se coucher dans le wagon réservé au personnel, disponible en un coup de téléphone pour répondre aux demandes nocturnes, pour se lever à nouveau à quatre heures du matin. Avant de travailler à bord du Maharajas’ Express, Pritpal Singh a travaillé dans des hôtels pendant cinq ans. « À l'époque, je n'avais pas l'opportunité de rencontrer des gens. Ici, j'apprends le russe, l'espagnol et le portugais grâce à tous les passagers ».</p><p>Je me dirige vers Mayur Mahal, mon wagon-restaurant préféré, où je sirote un lassi à la mangue, entourée de cristal tintant et de teck de Birmanie étincelant. Tout autour se trouvent de la soie brute provenant de la ville indienne de Thanjavur et des tapis cachemire tissés à la main, un décor très éloigné des intérieurs de trains spartiates auxquels je suis habituée. Nous ralentissons à la hauteur d'une rangée de maisons en terre avec des toits de chaume et l'odeur de leurs poêles à bois s'infiltre dans le wagon. Le chef John Stone passe et me demande si je souhaite un autre verre. Il m'explique que dans un mois, le train sera entièrement démonté et transporté dans un atelier à Jagadhri, dans l'État d'Haryana, pour un contrôle technique complet. Pour le personnel, cela marque la fin de la saison, jusqu'à ce que le mois de septembre arrive et que tout recommence.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Des centaines de lignes de Nazca découvertes avec l’aide de l’IA </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/des-centaines-de-lignes-de-nazca-decouvertes-avec-aide-intelligence-artificielle</link><description><![CDATA[La découverte de géoglyphes dans le sud du Pérou a été stimulée par l'intelligence artificielle (IA). En seulement six mois, plus de trois cents nouveaux motifs ont été identifiés, doublant presque le nombre de lignes qui étaient connues jusqu'alors. Gravés dans le désert, ces glyphes en relief représentent des animaux domestiques, des formes anthropomorphes et des têtes humaines. Une équipe de...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 12:11:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/des-centaines-de-lignes-de-nazca-decouvertes-avec-aide-intelligence-artificielle</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nas4.jpg?w=1600" length="1743341" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La découverte de géoglyphes dans le sud du Pérou a été stimulée par l'intelligence artificielle (IA). En seulement six mois, plus de trois cents nouveaux motifs ont été identifiés, doublant presque le nombre de lignes qui étaient connues jusqu'alors. Gravés dans le désert, ces glyphes en relief représentent des animaux domestiques, des formes anthropomorphes et des têtes humaines.&nbsp;</p><p>Une équipe de l'Institut Nazca de l'université Yamagata, dirigée par l'archéologue Masato Sakai et soutenue par le centre IBM Research, a entraîné un modèle d'IA de détection d'objets à l'aide d'images haute résolution afin d'affiner leurs recherches sur la répartition des géoglyphes dans le désert de Nazca. Les glyphes récemment identifiés sont relativement petits et pourraient avoir rempli des fonctions assez différentes des grands géoglyphes tentaculaires qui font la renommée du désert de Nazca. Ces dernières découvertes constituent non seulement un ajout remarquable au catalogue mais également une aide précieuse pour percer une partie du mystère qui entoure ces dessins énigmatiques.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613874_0">UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION&nbsp;</h2><p>Les lignes de Nazca sont d'immenses géoglyphes représentant des animaux, des personnes, des plantes et des formes géométriques qui ornent le désert d'altitude du sud du Pérou. Parmi les exemples les plus remarquables, on peut citer les célèbres représentations d'un colibri, d'une araignée et d'un singe doté d'une longue queue en spirale.&nbsp;</p><p>Datant, d'après les estimations, d'au moins l'an 100 avant notre ère, ces célèbres géoglyphes figuratifs mesurent en moyenne 90 mètres de long, certains étant reconnaissables même depuis le sol. On estime que ceux qui ont été découverts récemment remontent à peu près à la même période et, en comparaison aux premiers, mesurent environ 9 mètres, sont plus difficiles à repérer et se nichent dans les pentes et les sentiers du paysage désertique.&nbsp;</p><p>Lorsque Masato Sakai a entrepris d'étudier les géoglyphes, il avait pour objectif de comprendre leur véritable fonction. Il a commencé ses recherches en 1994 et, à partir de 2004, il a constitué une équipe qui a mené des recherches sur le terrain en combinant des images satellites, des photographies aériennes et des images prises par drone. L'étendue de la zone étudiée, couvrant près de 650 kilomètres carrés, a rendu le processus fastidieux jusqu'en 2018, date à laquelle ils ont commencé à recourir à l'IA sur les recommandations d'un professeur de sciences.&nbsp;</p><p>Masato Sakai, en collaboration avec IBM à New York, a utilisé un modèle d'IA de reconnaissance d'images pré-entraîné pour analyser des images aériennes de l'ensemble de la pampa de Nazca et des déserts environnants à partir d'un vaste ensemble de données d'images. Les suggestions du modèle d'IA ont été examinées par des archéologues, qui ont sélectionné 1 309 sites susceptibles d’être authentiques. Une étude de terrain a ensuite été menée, permettant à l'équipe de recherche d'examiner les potentiels sites de géoglyphes <em>in situ</em> et d'utiliser la photographie par drone à des fins de vérification.&nbsp;</p><p>Cette méthode a été une « véritable révolution », écrit Masato Sakai. Les nouveaux géoglyphes étaient plus difficiles à détecter, non seulement en raison de leur taille mais aussi en raison de l'érosion et de leur contraste plus subtil avec la surface tachetée du désert. Ils auraient été difficiles à repérer lors des survols effectués dans le passé.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613878_0">DES MESSAGES DU DÉSERT</h2><p>Les géoglyphes de Nazca suscitent l'intérêt des scientifiques depuis un siècle. L'archéologue péruvien Toribio Mejía Xesspe et l'anthropologue américain Alfred L. Kroeber ont été les premiers à mener des études systématiques sur ces lignes dès 1926, bien avant qu'elles ne soient portées à la connaissance du grand public lorsque les premiers avions commerciaux ont survolé le Pérou dans les années 1930. Certains des premiers chercheurs pensaient que ces lignes avaient un lien avec l'astronomie ou le calendrier, mais une étude ultérieure a suggéré qu'il s'agissait probablement de lieux rituels destinés à favoriser la fertilité des cultures.&nbsp;</p><p>Les découvertes récentes ont joué un rôle crucial pour expliquer la fonction des glyphes et les relations qui les unissent. L'équipe de Masato Sakai a conclu que les grands géoglyphes représentant des animaux ont tendance à être regroupés aux points de départ et d'arrivée des pèlerinages vers des sites et des temples sacrés, et que ces dessins correspondaient probablement à des places où se déroulaient des rituels communautaires.&nbsp;</p><p>En revanche, les glyphes en relief ont été découverts à proximité de sentiers de marche et semblent avoir été créés par des individus ou des petits groupes. Leurs sujets : des humains, des lamas, des poissons, des plantes et même des orques portant des armes, laissent à penser qu'ils étaient destinés à faire passer un message aux voyageurs.&nbsp;</p><p>Selon Masato Sakai, l'utilisation de l'IA dans le domaine de l'archéologie pourrait s'avérer aussi révolutionnaire que l'apparition de la photographie aérienne au début du 20<sup>e</sup> siècle. Bon nombre des glyphes de Nazca ont été endommagés, que ce soit accidentellement ou intentionnellement, et sont aujourd'hui menacées par la multiplication des crues soudaines liées au changement climatique. Masato Sakai espère que le catalogage et la cartographie rapides de ces œuvres d'art fragiles contribueront à les préserver pour le futur.&nbsp;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Reportage : les derniers lions d'Asie</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/photographie-animaux-en-danger-reportage-les-derniers-lions-asie</link><description><![CDATA[La plupart d’entre nous pensent que les lions vivent uniquement en Afrique. Mais c’est parce qu’ils ont été éliminés presque partout ailleurs. Il y a des dizaines de milliers d’années, ces félins étaient présents dans de vastes régions du globe, comme nous. Sauf que la population humaine a augmenté et s’est organisée, exerçant une pression sur les prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire....]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 08:49:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/photographie-animaux-en-danger-reportage-les-derniers-lions-asie</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/spi-678116.jpg?w=1600" length="1329749" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La plupart d’entre nous pensent que les lions vivent uniquement en Afrique. Mais c’est parce qu’ils ont été éliminés presque partout ailleurs. Il y a des dizaines de milliers d’années, ces félins étaient présents dans de vastes régions du globe, comme nous. Sauf que la population humaine a augmenté et s’est organisée, exerçant une pression sur les prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire. L’aire de répartition des lions ne représente désormais plus qu’une fraction de ce qu’elle était, et les lions d’Asie, une sous-espèce du lion d’Afrique qui serait apparue il y a 100&nbsp;000&nbsp;ans, n’occupent plus qu’une minuscule fraction de leur ancien territoire. L’Inde abrite environ 300 de ces félins, qui vivent majoritairement dans un sanctuaire de 1&nbsp;450&nbsp;km².</p><p>Il m’aura fallu un an et demi pour obtenir l’autorisation permettant d’explorer l’entièreté du parc national de Gir. En revanche, j’ai immédiatement compris pourquoi les lions étaient devenus des symboles de royauté et de grandeur. Si un tigre se déplace furtivement dans la forêt sans être vu, un lion ne cherchera nullement à se cacher et se montrera curieux et sans peur, vaillant en somme. S’ils m’ont subtilement fait comprendre quand je m’approchais trop, les lions de Gir m’ont offert un aperçu unique de leur vie au cours des trois mois que j’ai passés dans la forêt. Il est curieux de se dire qu’ils sont menacés d’extinction&nbsp;; le parc de Gir abrite autant de ces félins qu’il peut en accueillir. Ils y sont même trop nombreux. Leur territoire devenant trop petit, les lions rôdent en périphérie de la forêt et la quittent, ce qui donne souvent lieu à des confrontations avec les habitants de la région.</p><p>C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Inde crée une seconde réserve, les autres étant les catastrophes naturelles ou les épidémies. En effet, en&nbsp;1994, plus d’un tiers des lions du Serengeti, en Afrique, soit un millier d’animaux, a succombé à la maladie de Carré. Un sort qui pourrait facilement advenir aux lions de Gir. Ces félins, sauvés par un prince au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, sont particulièrement vulnérables aux maladies du fait qu’ils descendent d’une dizaine d’individus seulement. «&nbsp;Le profil génétique des lions d’Asie s’apparente à celui de vrais jumeaux&nbsp;», explique Stephen&nbsp;O’Brien, généticien qui les a étudiés. Mais leur population fait face à des dangers cachés, que l’on ne soupçonnerait pas en les observant. Ces lions dégagent une certaine vitalité et savent vous charmer.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613919_0">UN MOMENT DE TRANQUILLITÉ</h2><p>La lionne n’était qu’à un ou deux bonds du photographe Mattias&nbsp;Klum, lequel n’était pas très rassuré, jusqu’à ce que le félin roule sur le dos. Elle se sentait bien dans la forêt indienne du Gir, mais une menace invisible pesait sur elle. Il suffisait d’une maladie ou d’une catastrophe naturelle pour décimer le petit groupe isolé de lions d’Asie à deux doigts de l’extinction.</p><p>Cette lionne et son petit installés en sécurité dans la forêt n’ont aucune idée de leur importance. En Grèce, le dernier lion est mort peu de temps après la naissance du Christ, soit cinq siècles après que le félin a fait son apparition sur les pièces de monnaie grecques. L’aire de répartition du lion d’Asie a régulièrement diminué jusqu’au 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, l’espèce ayant été chassée jusqu’au bord de l’extinction.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613925_0">UNE ESPÈCE PLUS PETITE</h2><p>Si la douceur observée pendant le jeu disparaît à l’heure du repas, celui-ci ne nécessite pas forcément de montrer les crocs à Gir. Qu’il s’agisse d’une mère et de son petit partageant un cerf ou d’un jeune mâle se nourrissant d’une antilope, il n’y a généralement pas besoin de se battre pour manger un bout. Les animaux de proie sont plus petits à Gir qu’en Afrique&nbsp;; par conséquent, les groupes de chasse sont composés d’un nombre d’individus plus restreints. Les lions d’Asie sont moins imposants que les lions d’Afrique, arborent des crinières plus courtes et présentent un long pli de peau sur les flancs que bon nombre de leurs cousins du continent africain n’ont pas.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613927_0">UN TERRITOIRE SURPEUPLÉ</h2><p>Repue, une lionne s’abreuve dans un précieux ruisseau situé dans une forêt asséchée de teck. Les points d’eau et les troupeaux de bétail deviennent des sites d’observation clés au moment du recensement des lions de Gir, qui se produit tous les cinq ans environ. Le dernier recensement a fait état de 40&nbsp;lions ayant quitté la réserve surpeuplée, ce qui pose un problème, puisque cette dernière est entourée de fermes et d’usines. Le transfert de quelques individus dans la réserve faunique de Kuno, située à plus de 800&nbsp;km, est prévu, mais il pourrait s’avérer difficile de trouver d’autres sites adaptés. En Inde, pays le plus peuplé au monde, les aires protégées assez grandes et abritant des proies en nombre suffisant pour les fauves sont rares.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613929_0">LA MENACE DE LA CONSANGUINITÉ</h2><p>Perpétuer l’espèce est loin d’être simple. Les lions copulent environ 500&nbsp;fois pour chaque portée arrivant à terme. Une fois qu’une femelle persuade un mâle de s’accoupler, les deux animaux font leur petite affaire en un clin d’œil. La lionne veille à ce que le processus ne s’éternise pas en grognant et en griffant son partenaire. Puis, ils remettent le couvert, après une courte pause. En raison du faible patrimoine génétique des lions d’Asie, 70 à 80&nbsp;% de leurs spermatozoïdes sont déformés. Un taux qui peut causer des problèmes d’infertilité lorsque les zoos les font se reproduire entre eux. Conformément à un rigoureux programme de reproduction, les zoos européens ont augmenté la population de ces félins vivant en captivité&nbsp;: ils sont désormais presque 60.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Une des plus anciennes preuves de fabrication du feu aurait été découverte</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sciences/prehistoire-une-des-plus-anciennes-preuves-de-fabrication-du-feu-aurait-ete-decouverte</link><description><![CDATA[Les archéologues ont découvert ce qui pourrait être la plus ancienne preuve de production volontaire de feu.Sur un site appelé East Farm en Angleterre, des fouilles récentes ont révélé du limon rougi, des haches en silex déformées par la chaleur, et des fragments d’un minéral, la pyrite de fer, qui aurait pu être utilisé pour faire des étincelles sur de l’amadou. Ensemble, ces découvertes...]]></description><category>Sciences</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 07:01:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sciences/prehistoire-une-des-plus-anciennes-preuves-de-fabrication-du-feu-aurait-ete-decouverte</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/artists-impression-of-fire-at-barnham-around-400000-years-ago-by-craig-williams-the-trustees-of-the-british-museum_0.jpg?w=1600" length="338544" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les archéologues ont découvert ce qui pourrait être la plus ancienne preuve de production volontaire de feu.</p><p>Sur un site appelé East Farm en Angleterre, des fouilles récentes ont révélé du limon rougi, des haches en silex déformées par la chaleur, et des fragments d’un minéral, la pyrite de fer, qui aurait pu être utilisé pour faire des étincelles sur de l’amadou. Ensemble, ces découvertes suggèrent <a href="https://www.nationalgeographic.com/history/article/who-were-the-neanderthals" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">qu’un groupe ancien de Néandertaliens</a> allumait délibérément et de manière répétée des feux dans un foyer à cet endroit, il y a environ 400 000 ans.</p><p>« En plus de trente-six ans de travail sur le terrain et d’études géologiques dans la région, nous n’avons jamais trouvé de pyrite auparavant », explique <a href="https://www.britishmuseum.org/collection/term/BIOG170191" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nick Ashton</a>, archéologue au British Museum et auteur principal d’une étude publiée <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-025-09855-6" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">dans la revue <em>Nature</em></a>. « Et maintenant, la seule fois où nous en trouvons, c’est aux côtés de haches fragmentées par la chaleur et de sédiments cuits ».</p><p>Bien que ces différents éléments distincts, une fois assemblés, constituent une preuve solide, déterminer si les premiers humains allumaient des feux volontairement reste difficile, car les traces archéologiques de feux spontanés et de feux d’origine humaine se ressemblent beaucoup. Mais si ces découvertes se confirment, elles repousseraient la première production de feu de plus de 250 000 ans et ajouteraient aux preuves que les Néandertaliens maîtrisaient le feu indépendamment des premiers humains modernes.</p><h2  id="header_5608980_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5608980_1">LA PYRITE, L'OR DES FOUS</h2><p>Le site d’East Farm, situé à environ 110 km au nord-est de Londres, près du village de Barnham, a été découvert il y a plus de cent ans. Les premières fouilles ont révélé des outils en pierre datant de plus de 400 000 ans, durant le Paléolithique inférieur. Les scientifiques pensent que des groupes de chasseurs-cueilleurs, ancêtres des premiers humains (potentiellement <em>Homo heidelbergensis</em>), vivaient dans la région ; et que toute la Grande-Bretagne était alors reliée au continent européen par un pont terrestre connu sous le nom de Doggerland. Nick Ashton affirme que le site d’East Farm pourrait ainsi être les vestiges d’un camp saisonnier.</p><p>Certains sites préhistoriques voisins montrent également des preuves que les premiers hominines utilisaient le feu, mais les chercheurs ne peuvent pas déterminer si ces feux étaient allumés volontairement ou s’ils provenaient de départs de feux naturels. Les preuves que les humains capturaient le feu issu d’incendies spontanés pour leurs propres usages remontent <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1117620109" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">à plus d’un million d’années</a>, jusqu’à <em>Homo erectus</em>, l’un des premiers hominines. Mais les fouilles d’East Farm sont les premières de la région à avoir mis au jour des fragments de pyrite de fer qui semblent provenir d'outils d’allumage, avance Nick Ashton. De plus, quelques fragments de crânes anciens mis au jour sur d’autres sites suggèrent que de jeunes Néandertaliens pourraient avoir vécu là à cette époque, bien que l’équipe ne puisse exclure la possibilité que la pyrite ait appartenu à <em>Homo heidelbergensis</em>.</p><p>La pyrite, parfois appelée « or des fous » à cause de son éclat doré, est une forme minérale du disulfure de fer. Lorsqu’elle est frappée vivement avec du silex, les substances réagissent pour créer des étincelles brillantes capables d’allumer des feux sur un amadou spécialisé ; des copeaux de bois ou des champignons séchés étaient souvent utilisés, précise Ashton.</p><p>Le minéral peut aussi se former naturellement à partir de substances chimiques présentes dans le sol, note <a href="https://www.universiteitleiden.nl/en/staffmembers/andrew-sorensen#tab-1" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Andrew Sorensen</a>, co-auteur de l’étude et spécialiste du feu préhistorique à l’Université de Leiden. Mais cela se produit généralement à des centaines de mètres sous la surface à East Farm, alors que ces fragments ont été trouvés seulement à quelques mètres de profondeur. « Aucun affleurement ou dépôt géologique contenant de la pyrite n’est connu dans cette région, [ce qui] suggère qu’elle a été apportée par des hominines », dit-il.</p><p>Nick Ashton relève que les changements observés dans le géomagnétisme des sédiments autour du foyer suggèrent que le feu y a été allumé de manière répétée ; la spectroscopie infrarouge montre des signes clairs que les sédiments ont été chauffés, parfois à plus de 700 °C ; et il existe des traces de produits chimiques appelés hydrocarbures aromatiques polycycliques, généralement formés par la combustion du bois. « Tous ces éléments confortent notre hypothèse, selon laquelle il ne s’agissait pas d’un feu naturel », dit-il.</p><p>Les preuves de la maîtrise du feu à East Farm sont cohérentes, estime <a href="https://scholar.google.co.th/citations?user=_PyMe2oAAAAJ&amp;hl" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Ségolène Vandevelde</a>, archéologue à l’université du Québec, qui n’a pas participé à l’étude mais <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-025-03735-9" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en a rédigé une analyse pour <em>Nature</em></a>. « La force de cette recherche réside vraiment dans la combinaison efficace de différents types d’expertises et de méthodes complémentaires », déclare-t-elle. Et elle souligne que les preuves suggèrent que cette technique d’allumage du feu était déjà bien connue. « Si la capacité d’allumer des feux est si ancienne, on peut supposer que la maîtrise du feu et son usage habituel remontent encore plus loin ».</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5608983_0">LA PRÉHISTOIRE DU FEU</h2><p>Les chercheurs ont longtemps pensé que nos ancêtres avaient exploité des feux de brousse et utilisé soigneusement ces flammes pour des feux de camp, avant que <em>Homo sapiens</em> ne maîtrise ensuite l’allumage du feu volontaire. Le véritable contrôle du feu a été un « tournant » dans l’histoire humaine, qui a touché presque tous les aspects de la vie et permis les transformations ultérieures de l’agriculture et de la métallurgie, comme l'a souligné <a href="https://www.researchgate.net/profile/Robert-Davis-34" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Robert Davis</a>, archéologue au British Museum et auteur principal de l’étude, lors d’une conférence de presse en ligne.</p><p>Il souligne que la capacité à fabriquer du feu « aurait eu un impact sur les tendances évolutives, en particulier sur l’évolution biologique, mais aussi sur l’évolution sociale et les développements sociaux ». Le feu était important pour de nombreuses raisons évidentes : se protéger des prédateurs, fournir lumière et chaleur, et cuire la nourriture. Mais le feu apparaît aussi dans de nombreux systèmes de croyances humains, et il aurait permis aux premiers hommes de vivre dans des endroits plus froids.</p><p>Les preuves précédentes d’allumage du feu avaient également été trouvées sur des sites néandertaliens, <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-018-28342-9" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">notamment un en France datant d’environ 50 000 ans</a>, qui constituait jusque‑là la preuve la plus ancienne. Mais <em>Homo sapiens</em> vivait déjà en Europe à cette époque, et les scientifiques pensaient donc que les Néandertaliens avaient pu apprendre à faire du feu grâce à eux. Les preuves anciennes d’East Farm, cependant, indiquent que les Néandertaliens allumaient volontairement des feux <a href="https://humanorigins.si.edu/evidence/human-fossils/species/homo-sapiens" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">avant l’apparition de notre espèce en Afrique</a>, il y a environ 300 000 ans.</p><p>« C’est quelque chose que nous partagions avec nos cousins évolutifs », relève Robert Davis.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5608983_1">UNE CRITIQUE PRUDENTE</h2><p>Avant que les Néandertaliens puissent partager le mérite de cette innovation, davantage de preuves sont nécessaires.</p><p>Wil Roebroeks, archéologue à l’université de Leiden et expert de l’usage préhistorique du feu, qui n’a pas participé à la récente étude, considère cette découverte comme « une nouvelle contribution aux premières traces de feu », mais n’est pas convaincu que les premiers feux à East Farm aient été volontaires. « Les auteurs ont fait un excellent travail avec leur analyse des données de Barnham, mais ils semblent interpréter les preuves de manière extensive », estime-t-il.</p><p>D’autres espèrent que les chercheurs pourront approfondir l’analyse d’East Farm. « J’aimerais étudier davantage [le site] pour voir si cela peut être confirmé d’une manière ou d’une autre », déclare Dennis Sandgathe, archéologue à l’université Simon Fraser, qui étudie l’usage du feu par les Néandertaliens mais n’a pas pris part aux récents travaux. Bien qu’il considère avec scepticisme de nombreuses affirmations concernant l’allumage ancien du feu, il a trouvé le nouvel article « assez convaincant ».</p><p>Même si les preuves récoltées à East Farm étaient confirmées, Dennis Sandgathe insiste sur le fait que l’allumage du feu n'était pas répandu à cette époque : « les preuves actuelles suggèrent encore que cela aurait été une chose extrêmement rare ».</p>]]></content:encoded></item><item><title>La bioluminescence attire de nombreux organismes, dont des prédateurs</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-planctons-oceans-la-bioluminescence-attire-de-nombreux-organismes-dont-des-predateurs</link><category>Animaux</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 06:02:51 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-planctons-oceans-la-bioluminescence-attire-de-nombreux-organismes-dont-des-predateurs</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027830_img.jpg?w=1600" length="87968" type="image/jpeg"/></item><item><title>Lors d'une opération, les services secrets capturent le jeune esclave sexuel d'un taliban</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/crimes-esclavage-pedophilie-lors-dune-operation-les-services-secrets-capturent-le-jeune-esclave-sexuel-dun-taliban</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Thu, 14 May 2026 05:01:29 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/crimes-esclavage-pedophilie-lors-dune-operation-les-services-secrets-capturent-le-jeune-esclave-sexuel-dun-taliban</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027621_img.jpg?w=1600" length="75295" type="image/jpeg"/></item><item><title>Pourquoi les médecins de la peste portaient-ils ces drôles de masques ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/epidemie-culture-generale-europe-pourquoi-les-medecins-de-la-peste-portaient-ils-ces-droles-de-masques</link><description><![CDATA[La peste était autrefois le mal le plus redouté au monde, capable d'anéantir des centaines de millions de personnes, promettant à ses victimes d'atroces souffrances, du gonflement des ganglions lymphatiques au noircissement de la peau, entre autres symptômes.Dans l'Europe du 17e siècle, les médecins qui soignaient les victimes de la peste portaient un costume qui a aujourd'hui des connotations...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 16:15:38 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/epidemie-culture-generale-europe-pourquoi-les-medecins-de-la-peste-portaient-ils-ces-droles-de-masques</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/plague-doctors-reference-og.jpg?w=1600" length="934210" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/science/health-and-human-body/human-diseases/the-plague/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">peste</a>&nbsp;était autrefois le mal le&nbsp;plus redouté&nbsp;au monde, capable d'anéantir des centaines de millions de personnes, promettant à ses victimes d'atroces souffrances, du gonflement des&nbsp;ganglions lymphatiques&nbsp;au noircissement de la&nbsp;peau, entre autres symptômes.</p><p>Dans l'Europe du 17<sup>e</sup> siècle, les médecins qui soignaient les victimes de la peste&nbsp;portaient un costume qui a aujourd'hui des connotations bien&nbsp;sinistres : ils se couvraient de la tête aux pieds et portaient un masque doté d'un long bec d'oiseau.&nbsp;Les masques des médecins de la peste correspondait à une idée erronée que l'on se faisait alors de cette terrible maladie.</p><p>Au cours de cette période de flambée de peste bubonique - une pandémie qui a sévi en Europe pendant des siècles - les villes touchées par la maladie ont fait appel à des&nbsp;<a href="https://books.google.com/books?id=FBQICAAAQBAJ&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PT106&amp;dq=plague%20doctor%20responsibilities&amp;pg=PT144#v=onepage&amp;q=medicus%20pestis&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">médecins de la peste</a>&nbsp;qui pratiquaient les rudiments de la médecine d'alors et traitaient indifféremment&nbsp;riches et pauvres.&nbsp;Ces médecins prescrivaient ce que l'on croyait être des concoctions protectrices et des antidotes contre la peste, se faisaient&nbsp;témoins testamentaires&nbsp;et pratiquaient des autopsies - pour beaucoup d'entre eux, parés de ce masque à long bec.</p><p>On attribue volontiers l'invention de ce costume à&nbsp;<a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/imj.14285" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Charles de Lorme</a>, un médecin français qui officiait dans les cours européennes du 17<sup>e</sup> siècle, y compris la cour de Louis XIII&nbsp;et auprès de Gaston de France, troisième fils d'Henri IV et de Marie de Médicis. Charles de Lorme a décrit une tenue qui comprenait un manteau recouvert de cire parfumée, une culotte reliée à des bottes, une chemise rentrée dans ladite culotte, un chapeau et des gants en cuir de chèvre.&nbsp;Les médecins de la peste étaient également munis d'une tige qui leur permettait de toucher (ou de repousser) les victimes.</p><p>Ces masques aux airs d'oiseaux étaient particulièrement inhabituels : les médecins de la peste portaient des lunettes et un masque allongé,&nbsp;« d'une dizaine de centimètres de long, en forme de bec, rempli d'herbes et de parfum et percé de&nbsp;seulement deux trous, un de chaque côté près des narines, suffisants pour respirer. »</p><p>Aux premières heures, seuls les médecins de la peste portaient ces tenues en Europe, mais bien vite cette allure impressionnante devint si&nbsp;emblématique en Italie que le « médecin de la peste&nbsp;» devint un incontournable de la commedia dell'arte&nbsp;et des célébrations du carnaval - et est encore aujourd'hui un costume populaire.&nbsp;</p><p>Mais cette austère tenue n'avait pas pour seule fonction de faire planer l'ombre de la mort au-dessus des lits des patients visités. Elle devait surtout protéger les médecins des <a href="http://books.google.com/books?id=AppsDAKOW3QC&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PA344&amp;dq=miasma%20poisoned%20air%20plague&amp;pg=PA88#v=onepage&amp;q=miasma&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">miasmes</a>.&nbsp;À une époque où les mécanismes de transmission des germes était encore inconnue, les médecins pensaient que la peste se propageait dans un air devenu toxique, ce qui pouvait créer un déséquilibre dans les humeurs ou les fluides corporels de leurs patients.&nbsp;On pensait que les parfums doux et piquants pouvaient fumiger les zones touchées par la peste et&nbsp;<a href="https://books.google.com/books?id=n7kPBAAAQBAJ&amp;newbks=1&amp;newbks_redir=0&amp;lpg=PA274&amp;dq=miasma%20plague%20perfume%20spices&amp;pg=PA161#v=onepage&amp;q=plague&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">protéger</a>&nbsp;le visiteur ;&nbsp;de petits bouquets de fleurs, des encens et autres parfums étaient&nbsp;<a href="https://wtamu-ir.tdl.org/bitstream/handle/11310/103/PANNELL-THESIS-2016.pdf?sequence=1&amp;isAllowed=y" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">courants</a>&nbsp;à l'époque.</p><p>Les médecins de la peste remplissaient par ailleurs leurs masques de thériaque,&nbsp;célèbre contrepoison hérité de la Rome antique composé de plus de 55 herbes médicinales et de poudre de peau de vipères, de cannelle, de myrrhe et de miel. De Lorme considérait que la forme du masque était suffisamment allongée pour laisser aux herbes bienfaisantes le temps de purifier l'air inspiré avant que celui-ci n'atteigne les narines et les poumons des soignants.</p><p>En&nbsp;vérité, la peste est causée par&nbsp;<em>Yersinia pestis</em>, une bactérie qui peut être transmise de l'animal à l'Homme, notamment par des morsures de puces, un contact avec des fluides ou des étoffes contaminés, ou en inhalant les projections de personnes infectées éternuant, toussant ou crachant.</p><p>Trois grandes pandémies de peste ont balayé la surface du globe avant que ses origines et causes ne soient découvertes : la&nbsp;Peste de Justinien, qui a fait jusqu'à&nbsp;10 000 victimes par jour&nbsp;vers 561 après J.-C., la&nbsp;Peste noire qui a tué jusqu'à un tiers des Européens entre 1334 et 1372 et a duré par&nbsp;épidémies intermittentes jusqu'en 1879 ;&nbsp;et la Peste de Chine, qui a ravagé une grande partie de l'Asie entre 1894 et 1959.</p><p>En fin de compte, les tenues et les méthodes des médecins de la peste n'ont n'ont eu que peu d'incidences.&nbsp;« Malheureusement »,&nbsp;écrit l'&nbsp;historien Frank M. Snowden, « les stratégies thérapeutiques des premiers médecins modernes de la peste n'ont guère contribué à prolonger la vie de leurs patients, ni même&nbsp;à les soulager, encore moins les&nbsp;guérir ».</p><p>Les médecins de la peste étaient peut-être immédiatement reconnaissables, mais jusqu'à la révolution de la théorie microbienne et la mise au point d'antibiotiques modernes, leurs costumes n'offraient pas une réelle protection contre la maladie.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Quelle est la bonne manière d'arrêter les antidépresseurs ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-mentale-psychiatrie-quelle-est-la-bonne-maniere-pour-arreter-les-antidepresseurs-progressivement</link><description><![CDATA[Quand les personnes sous antidépresseurs arrêtent d’en prendre, les médecins s’inquiètent souvent que leurs troubles mentaux puissent ressurgir. Beaucoup de praticiens oublient un problème important : les symptômes débilitants du manque, parmi lesquels on trouve à la fois des affections physiques et psychologiques et qui sont plus répandus et ont un effet plus radical sur la qualité de vie qu’on...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 13:51:28 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/sante-mentale-psychiatrie-quelle-est-la-bonne-maniere-pour-arreter-les-antidepresseurs-progressivement</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1333447780.jpg?w=1600" length="687754" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Quand les personnes sous antidépresseurs arrêtent d’en prendre, les médecins s’inquiètent souvent que leurs troubles mentaux puissent ressurgir. Beaucoup de praticiens oublient un problème important&nbsp;: les symptômes débilitants du manque, parmi lesquels on trouve à la fois des affections physiques et psychologiques et qui sont plus répandus et ont un effet plus radical sur la qualité de vie qu’on ne le pense.</p><p>Dans une enquête publiée récemment dans la revue <em>Journal of Affective Disorders Reports,&nbsp;</em>des chercheurs ont interrogé 1&nbsp;100 personnes souffrant de symptômes de sevrage et ont découvert que ceux-ci&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666915324000519" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">entravaient la capacité à travailler</a> de la plupart d’entre elles&nbsp;: 20&nbsp;% avaient perdu leur travail à cause de cela&nbsp;; et 25&nbsp;% des sondés affirmaient que leurs relations personnelles s’en étaient trouvées affectées. Parmi leurs symptômes figuraient notamment agitation, brouillard cérébral, palpitations cardiaques, acouphènes, sensations de brûlure ou électriques, et des dizaines d’autres.</p><p>«&nbsp;On dit aux patients&nbsp;: "Vous êtes à 20 milligrammes, descendez à 10, puis à 5, puis à 0." Mais l’effet sur le cerveau n’est pas linéaire, et cette dernière baisse, c’est comme sauter du haut d’une falaise&nbsp;», explique Mark Horowitz, chargé de recherche clinique au National Health Service britannique, co-auteur de l’étude parue dans la revue <em>JAD Reports</em> et partisan d’un régime de sevrage beaucoup plus progressif.</p><p>Les spécialistes s’accordent à dire qu’il faut davantage de données pour déterminer précisément le nombre de personnes en manque et la durée de leurs symptômes. Toutefois, selon un article paru dans une revue scientifique, plus de la&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0306460318308347" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">moitié des personnes sous antidépresseurs subissent des effets perturbants</a> lorsqu’elles cessent le traitement, et parmi celles-ci, près de la moitié disent souffrir de symptômes graves. Dans l’étude des <em>JAD Reports,</em> qui se limite à l’étude de personnes touchées par le manque, 40&nbsp;% des participants ont dit avoir souffert de leurs symptômes pendant deux ans au moins.</p><p>Les antidépresseurs peuvent présenter des bénéfices pour la santé,&nbsp;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2805805" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en particulier dans les cas de troubles dépressifs graves</a>. Mais&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/nchs/products/databriefs/db377.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">13&nbsp;% des adultes américains</a> sont actuellement sous antidépresseurs pour une multitude de raisons physiques et mentales, et les problèmes liés au sevrage pourraient finir par toucher des millions de personnes.</p><p>Selon Bryan Shapiro, psychiatre du Centre médical d’Irvine de l’Université de Californie ayant suivi des personnes souffrant d’un sevrage lié aux antidépresseurs, on a trop insisté sur (et trop investi dans) le fait de faire commencer des traitements antidépresseurs aux patients et pas assez sur le fait d’arrêter sans danger.</p><p>«&nbsp;On a insisté sur le fait de prescrire, prescrire, prescrire, et moins sur la stratégie de sortie&nbsp;», déplore Bryan Shapiro.</p><p>D’après Mark Horowitz, les médecins attribuent fréquemment les symptômes du manque à un retour du trouble mental qui a conduit le patient vers le médicament, mais pour beaucoup de personnes ce n’est pas le cas. Son enquête publiée dans les <em>JAD Reports</em> a mis en évidence des problèmes de sevrage similaires, notamment de l’anxiété et des sautes d’humeur, chez les personnes qui s’étaient vu prescrire des traitements pour des problèmes physiques tels que des migraines, de la fatigue chronique ou des douleurs.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5582381_0">LE CERVEAU S’ACCOUTUME AU TRAITEMENT</h2><p>Les antidépresseurs fonctionnent en partie en faisant augmenter le taux de neurotransmetteurs comme la sérotonine, bien qu’il soit apparu au fil des années que des mécanismes plus complexes sont également à l’œuvre.</p><p>Une certaine classe d’antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), bloque l’absorption de la sérotonine (un neurotransmetteur) et en laisse ainsi davantage au cerveau pour envoyer des messages d’un neurone à un autre. Une fois que le cerveau s’adapte au médicament, le nombre et l’activité de ses propres récepteurs de sérotonine diminue.</p><p>Quand le traitement cesse, le nombre plus faible de récepteurs de la sérotonine engendre un déséquilibre. «&nbsp;Quand vous arrêtez le traitement et que les récepteurs n’ont pas eu le temps de se reconstituer, il y a une carence majeure qui conduit au manque&nbsp;», explique Bryan Shapiro.</p><p>S’il ne faut que quelques jours au médicament pour être évacué du corps, le cerveau peut, lui, prendre plus longtemps pour s’adapter. Cela ressemble aux défis auxquelles sont confrontées les personnes alcooliques depuis longtemps pour réorienter leur cerveau vers l’absence d’alcool.</p><p>Bien entendu, certaines personnes n’ont aucun symptôme ou presque lors de l’arrêt d’un antidépresseur et les spécialistes tentent encore de comprendre l’ensemble des mécanismes impliqués dans la sensation de manque.</p><p>C’est l’arrêt de la toute fin du traitement qui a le plus d’impact, même lorsque celui-ci est faiblement dosé. Une revue d’études sur les récepteurs de la sérotonine réalisée par Shapiro a mis en évidence le fait que&nbsp;<a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00213-018-4995-4" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">80&nbsp;% environ de l’activité d’un antidépresseur se produit aux doses de traitement les plus faibles</a>. «&nbsp;Ce qui semble aux psychiatres une dose thérapeutique minimale a un effet profond sur le récepteur&nbsp;», affirme Bryan Shapiro.</p><p>Dans certains cas, les symptômes psychologiques subis lors de l’arrêt peuvent provenir d’une rechute, signe qu’il faut immédiatement consulter son médecin.</p><p>Mais selon Mark Horowitz, quand les symptômes sont physiques ou que les symptômes psychologiques sont nouveaux ou plus graves qu’avant le traitement, alors le manque est probablement avéré.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5582381_1">DES ANNÉES POUR GUÉRIR</h2><p>Pour Peter Eliasberg, avocat de soixante-trois ans de Los Angeles qui a commencé à prendre un inhibiteur de la recapture de la sérotonine-noradrénaline&nbsp;lors d’une grave dépression au début de la trentaine, le sevrage s’est transformé en problème majeur. Après vingt-trois années de traitement et deux tentatives infructueuses de se sevrer, Peter Eliasberg a décidé il y a sept ans qu’il se sentait suffisamment bien pour arrêter. Son psychiatre lui a demandé de réduire par deux sa dose, et ce plusieurs fois de suite sur une période de six semaines avant d’arrêter pour de bon.</p><p>Peter Eliasberg a eu beau décider de prendre le double de temps, cela s’est tout de même avéré trop rapide pour son cerveau. Il a vite fait de graves insomnies, il avait l’impression que ses nerfs étaient en feu, et est tombé dans une dépression plus grave encore que ce qu’il avait connu&nbsp;; des symptômes qui, en plus de problèmes de mémoire et du brouillard cérébral subséquents, l’ont accablé pendant des années.</p><p>Son psychiatre était pourtant formel&nbsp;: l’arrêt des ISRS n’était pas à blâmer, car son système avait depuis longtemps évacué le médicament. Il lui a donc prescrit d’autres médicaments.</p><p>Finalement, Peter Eliasberg a progressivement arrêté tous les médicaments en suivant une chronologie bien plus incrémentielle. Ce n’est qu’au cours de l’année passée que l’ensemble de ses symptômes ont disparu. «&nbsp;En tout, il aura fallu six ans pour que je sois totalement guéri&nbsp;», commente-t-il.</p><p>Selon Mark Horowitz, sur les réseaux sociaux, de plus en plus de groupes dédiés au sevrage des antidépresseurs regorgent de témoignages similaires de patients. Il ajoute qu’il existe des dizaines de groupes comptant en tout 180&nbsp;000 membres et dont la croissance est de 25&nbsp;% par an. Certains groupes se concentrent sur des antidépresseurs spécifiques, comme celui dédié à la&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/groups/324433844869045" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mirtazapine</a> (près de 6&nbsp;000 membres) ou celui dédié à l’<a href="https://www.facebook.com/groups/1561911910508981" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">escitalopram</a> (là encore 6&nbsp;000).</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5582385_0">LE ROYAUME-UNI A MODIFIÉ SES DIRECTIVES</h2><p>Au Royaume-Uni, les directives psychiatriques ont évolué ces dernières années pour <a href="https://www.rcpsych.ac.uk/mental-health/treatments-and-wellbeing/stopping-antidepressants" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">aller dans le sens d’une approche de sevrage plus graduelle</a>.</p><p><a href="https://www.prescrire.org/fr/3/31/60910/0/NewsDetails.aspx" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">En France, la directive</a> est de « limiter l'apparition d'un syndrome de sevrage lors de l'arrêt d'un médicament antidépresseur [ce qui] passe&nbsp;par&nbsp;une&nbsp;diminution des doses par paliers, sur plus de 4&nbsp;semaines. »</p><p>Selon Jonathan Alpert, psychiatre de la Faculté de médecine Albert-Einstein de New York et président du Conseil sur la recherche de l’Assocation américaine de psychiatrie, réduire sur une période de «&nbsp;quelques jours à quelques semaines est généralement suffisant&nbsp;». Il fait toutefois remarquer que les recommandations de l’Association américaine de psychiatrie (APA) sont en train d’être réévaluées.</p><p>Jonathan Alpert admet cependant que ce conseil trouve son origine dans des études dans le cadre desquelles les patients ont consommé un tel médicament pendant des courtes périodes uniquement. Dans certaines études, les participants suivaient un traitement de&nbsp;<a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013495.pub2/full" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">quatre semaines seulement</a>, voire moins. Pourtant les patients restent généralement sous antidépresseurs bien plus longtemps, souvent pendant des décennies.</p><p>Les recommandations de l’APA mettent toutefois bien en garde contre un arrêt abrupt sans réduction progressive, ce dans le but d’éviter un «&nbsp;syndrome d’interruption&nbsp;». Cependant, on peut y lire que celui-ci se résout presque toujours&nbsp;«&nbsp;au bout d’une ou deux semaines&nbsp;».</p><p>Comme l’enquête parue dans les <em>JAD Reports</em> l’a mis en évidence, pour certaines personnes, l'importance du problème est grandement minimisée. En plus des plaintes courantes, les patients interrogés pour l’enquête avaient des trous de mémoire, des chocs électriques cérébraux, des spasmes musculaires, un besoin pressant de bouger leur corps, une sensibilité accrue au bruit et à la lumière, des problèmes de libido, etc.</p><p>Josef Witt-Doerring, psychiatre dont le cabinet en ligne se spécialise dans le sevrage des antidépresseurs, dit recevoir chaque semaine des appels de dizaines de nouveaux patients qui continuent de lutter des mois, voire des années, après avoir arrêté. Selon lui, la croyance des psychiatres selon laquelle les symptômes sont généralement de courte durée et légers vient de comités de consensus, comme celui qui s’est tenu en 2004, plutôt que du vécu des patients.</p><p>Le comité de 2004 était financé par une entreprise pharmaceutique et plusieurs de ses spécialistes ont reçu de l’argent de divers fabricants d’antidépresseurs, comme on peut le lire dans&nbsp;<a href="https://www.psychiatrist.com/jcp/antidepressant-discontinuation-syndrome-consensus/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’article de journal décrivant</a> l’événement.</p><p>D’après une étude, les effets du manque semblent plus fréquents et graves&nbsp;<a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40263-022-00960-y" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">chez les personnes qui prennent des antidépresseurs depuis un an ou plus</a>. Certains, comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline et la paroxétine, sont associés à des risques plus élevés de rencontrer des problèmes.</p><p>Dans le cabinet de Josef Witt-Doerring, les personnes âgées mettent plus de temps à guérir que les jeunes. Mais il est pour l’instant impossible de prédire qui pourrait être à risque.</p><p>Phil, cadre d’entreprise du New Jersey âgé de 32 ans qui a souhaité que son nom de famille ne soit pas divulgué, a été sous antidépresseurs tétracycliques pendant trois mois seulement en 2022 avant de décider d’arrêter le traitement en suivant les instructions de son médecin&nbsp;: réduire progressivement sur quatre semaines.</p><p>Plus d’un an plus tard (bien qu’il ait en fin de compte repris le traitement, qu’il prenne de nouveaux médicaments et qu’il ait entamé un nouveau régime de sevrage plus lent), il continue de lutter contre l’épuisement, les problèmes de mémoire et une incapacité à éprouver du plaisir. «&nbsp;Les symptômes du manque m’ont complètement dépossédé de toute qualité de vie. Mon ancienne personnalité ­­­– j’étais sociable et extraverti – est complètement partie&nbsp;», déplore-t-il.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5582385_1">UN RÉGIME DE SEVRAGE PROGRESSIF DIFFÉRENT</h2><p>Le Royal College of Psychiatrists, en Angleterre, recommande un sevrage progressif et de travailler avec un médecin pour commencer à réduire la dose de 10&nbsp;% seulement, voire de 5&nbsp;%.</p><p>Des recommandations similaires apparaissent dans un nouveau livre écrit par Mark Horowitz et le psychopharmacologue David Taylor,&nbsp;<a href="https://www.amazon.com/Maudsley-Guidelines-prescribing-Prescribing/dp/111982298X" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>The Maudsley Deprescribing Guidelines&nbsp;: Antidepressants, Benzodiazepines, Gabapentinoids et Z-Drugs</em></a><em>.</em> Ils fondent leurs recommandations sur une étude du <em>Lancet</em> portant sur des&nbsp;<a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30032-X/abstract" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">résultats d’imagerie cérébrale</a> dont ils sont les auteurs et qui se penchait sur les effets des antidépresseurs à divers dosages.</p><p>Plutôt que de réduire par quantités équivalentes, ils conseillent de procéder en fonction de la façon dont chaque dosage affecte le cerveau. Chaque dose devient infinitésimalement plus petite à la fin du traitement, ce qui fait qu’il faut parfois plusieurs années pour en voir le bout. Des suspensions liquides, ou des pilules provenant de pharmacies spécialisées, sont généralement nécessaires pour effectuer ce type de réductions incrémentielles.</p><p>Bryan Shapiro conseille aux patients de rester sur chaque nouvelle dose diminuée pendant au moins un mois, «&nbsp;soit la durée nécessaire aux récepteurs pour s’adapter&nbsp;», explique-t-il.</p><p>Ce régime est souvent recommandé dans les groupes en ligne, endroit où Mark Horowitz l’a découvert il y a plusieurs années après avoir tenté d’arrêter ses propres ISRS sans succès pendant onze ans. Sa dépression, qu’il évalue à 4 sur 10 avant traitement, a rapidement atteint 10 sur 10 et était accompagnée d’une anxiété intense et d’un besoin de bouger constamment.</p><p>«&nbsp;Je me suis dit, c’est complètement ridicule. Comment se fait-il que j’aie six diplômes, dont un doctorat en antidépresseurs, et que ce soient un ingénieur informatique à la retraite et un camionneur qui me donnent des conseils sur la façon de me sevrer de mon traitement sur un site d’entraide entre particuliers&nbsp;», se souvient-il.</p><p>La plupart des patients&nbsp;<a href="https://dl.acm.org/doi/abs/10.1145/3479564" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ne sont pas informés par leur médecin</a> des potentiels problèmes de sevrage quand ils commencent à prendre un antidépresseur, c’est ce qu’a découvert Bryan Shapiro en analysant des milliers de publications sur le groupe de soutien «&nbsp;<a href="https://www.survivingantidepressants.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Surviving Antidepressants</a>&nbsp;» («&nbsp;Survivre aux antidépresseurs). Selon lui, cela doit changer.</p><p>Il souhaite également que les patients soient conscients à la fois des avantages et des inconvénients potentiels des antidépresseurs. «&nbsp;La décision de prendre un traitement psychiatrique est une décision importante et ne devrait pas être prise avec désinvolture&nbsp;», prévient Bryan Shapiro.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Insolite : 5,6 millions d’abeilles découvertes dans un cimetière</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insolite-56-millions-abeilles-decouvertes-dans-un-cimetiere-americain-etats-unis</link><description><![CDATA[Le terrain meuble d'un cimetière du nord de l'État de New York bourdonne. Des immenses essaims viennent d'y être découverts. Il s'agit de la plus grande colonie d'abeilles nichant dans le sol jamais recensée à l'échelle mondiale. « C'est un énorme rassemblement de nids d'abeilles » affirme Bryan Danforth, professeur d'entomologie à l'université Cornell. Ces 5,6 millions d'abeilles, récemment...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 09:54:01 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/insolite-56-millions-abeilles-decouvertes-dans-un-cimetiere-americain-etats-unis</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/andrenaregularisdsc4646cropped-a.jpg?w=1600" length="714034" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le terrain meuble d'un cimetière du nord de l'État de New York bourdonne. Des immenses essaims viennent d'y être découverts. Il s'agit de la plus grande colonie d'abeilles nichant dans le sol jamais recensée à l'échelle mondiale. « C'est un énorme rassemblement de nids d'abeilles » affirme Bryan Danforth, professeur d'entomologie à l'université Cornell.&nbsp;</p><p>Ces 5,6 millions d'<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/animaux/invertebres/insectes/abeille">abeilles</a>, récemment découvertes dans un cimetière d'Ithaca, ont permis d'enrichir les connaissances des chercheurs sur les types d'habitats que ces abeilles indigènes préfèrent. Cette découverte met également en lumière la pollinisation qui contribue à la production de pommes dans le verger voisin de l'université Cornell.&nbsp;</p><p>« Ces [vieux cimetières] constituent des sites vraiment propices aux abeilles nichant dans le sol », affirme Bryan Danforth. « Les abeilles et les humains apprécient ce sol pour les mêmes raisons ».</p><p>Ces abeilles, de l'espèce <em>Andrena regularis</em>, sortent généralement de leurs terriers au printemps pour s'accoupler. Cependant, jusqu’à ce que quelqu’un tombe dessus par hasard, les scientifiques ignoraient l’existence même de ces nids d’abeilles, malgré leur nombre impressionnant.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613861_0">UN MYSTÈRE VIEUX DE DIX ANS</h2><p>Bryan Danforth étudie les abeilles dans l'État de New York depuis des années. Il y a environ dix ans, il faisait partie d'une équipe qui a découvert que les abeilles <em>Andrena regularis</em> étaient la troisième espèce d'abeilles présente dans les vergers de pommiers de l'État. Cependant, dans le verger de l'université Cornell, elles étaient plus nombreuses que toute autre espèce d'abeilles. Et Bryan Danforth ignorait d'où elles venaient.&nbsp;</p><p>Puis, au printemps 2022, Rachel Fordyce, technicienne au laboratoire d'entomologie de Bryan Danforth, s'est retrouvée entourée d'une véritable orgie d'abeilles <em>Andrena regularis</em>. Elle garait souvent sa voiture de l'autre côté du campus de l'université et devait passer par un cimetière pour rejoindre le laboratoire d'entomologie de Bryan Danforth.</p><p>Dans le cimetière, Rachel Fordyce a vu des mâles « se jeter sur des femelles » et des femelles disparaître, chargées de pollen et de nectar, dans leurs nids creusés dans le sol. Elle en a capturé quelques-unes dans un bocal pour les apporter au laboratoire. L'équipe de recherche s'y est rendue et y a découvert « un nuage d'abeilles » en pleine « effervescence », décrit Bryan Danforth. « C'est amusant à regarder, c'est l'une des choses les plus géniales auxquelles on puisse assister ».</p><p>Le cimetière d'East Lawn se trouvait à environ 800 mètres du verger de pommiers, une distance tout à fait accessible pour une abeille de cette famille. « La découverte de Rachel a en quelque sorte résolu ce mystère qui me trottait dans la tête depuis une dizaine d'années », explique Bryan Danforth.</p><p>L'équipe a ensuite parcouru le périmètre du site de nidification, remarquant que la plupart des nids se situaient dans une zone d'environ 0,6 hectare au total. Ils ont attendu le printemps suivant pour pouvoir effectuer un recensement complet des abeilles sur le site.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613862_0">UNE BIOMASSE DE 4,5 TONNES</h2><p>Bien que le site de nidification soit dense, ce rassemblement ressemble plus à un quartier de maisons individuelles qu'à une ruche bondée comme celles des abeilles mellifères. Les abeilles <em>Andrena regularis</em> creusent généralement chacune leur propre trou pour y pondre leurs œufs. « Les femelles creusent très bien, elles construisent à l'aide de leurs mandibules et de leurs jambes », relève Bryan Danforth.</p><p>Dans un puits vertical de 15 à 25 centimètres de profondeur, elles creusent une galerie latérale et créent un couvain, un compartiment fermé recouvert de sécrétions imperméables. Elles y déposent une boule de pollen et de nectar, puis pondent un seul œuf dessus avant de sceller l'alvéole et de refermer la galerie. Elles répètent cette opération jour après jour, pondant six à huit œufs dans différentes galeries latérales du même puits vertical, avant de tout recouvrir. Lorsqu'une larve éclot, elle se nourrit des provisions pendant les mois suivants, passant par plusieurs stades avant de se transformer en nymphe. À l'arrivée de l'automne, elle a atteint l'âge adulte mais passe l'hiver à se reposer de ses efforts dans un état semblable à l'hibernation, appelé diapause, au cours duquel son métabolisme ralentit considérablement.&nbsp;</p><p>Bryan Danforth ne sait pas exactement ce qui sort les abeilles de leur sommeil souterrain. Il soupçonne toutefois qu'il s'agit d'une sorte d'horloge biologique car elles commencent toutes à sortir à peu près au même moment pour s'accoupler lorsque la température atteint environ 20 °C.&nbsp;</p><p>En 2023, l'équipe de recherche était prête pour la nouvelle génération d'abeilles <em>Andrena regularis</em> dans le cimetière. Ils avaient placé de petites tentes en filet à divers endroits du site de nidification, qu'ils avaient délimité l'année précédente. Au-dessus de chaque tente se trouvait un bocal rempli d'alcool où les abeilles venaient se poser. L'équipe comptait les abeilles, identifiait leur sexe et répertoriait toutes les autres espèces présentes dans les pièges.&nbsp;</p><p>À l'aide de modèles utilisés dans leur <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s13592-026-01256-6#Abs1" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude</a>, récemment publiée dans la revue <em>Apidologie</em>, ils ont estimé la population à environ 5,6 millions d'abeilles sur cette zone de 0,6 hectare, soit près de quatre fois la population humaine de Manhattan. Les calculs ont révélé que la biomasse de toutes ces abeilles s'élèverait à près de 4,5 tonnes, soit le poids de deux girafes adultes.</p><p>Selon Bryan Danforth, ces 5,6 millions d'abeilles correspondraient à environ 140 à 180 colonies d'abeilles mellifères de taille moyenne. « Ces chiffres étaient assez stupéfiants » affirme-t-il. « Aucun apiculteur sensé ne mettrait 140 à 180 colonies d'abeilles mellifères dans un champ de 0,6 hectare ».</p><p>Sam Droege, biologiste de la faune sauvage au U.S. Geological Survey’s Native Bee Lab dans le Maryland qui n'a pas participé à l'étude de Bryan Danforth, dit avoir été surpris par ces chiffres lorsqu'il a pris connaissance de cette étude. « C'était incroyable, d'une ampleur jamais vue auparavant », affirme-t-il. « C'est tout à fait singulier car ils ont vraiment quantifié tout cela ».</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613862_1">SCELLÉ PAR LA MORT&nbsp;</h2><p>L'équipe d'entomologistes de l'université Cornell ne s'est pas arrêtée là : elle a découvert une autre forme d'activité macabre souterraine dans le même sol que les cadavres humains. Dans leurs pièges, les chercheurs ont capturé des abeilles coucous (<em>Nomada imbricata</em>), une espèce dont les mères profitent du dur labeur des abeilles <em>Andrena regularis</em>. Au printemps, elles sortent un peu après les abeilles <em>Andrena regularis</em>, à peu près au moment où les femelles creusent des trous pour y pondre des œufs. Une femelle abeille coucou s'introduit alors dans un trou et pond ses œufs dans le couvain d'une abeille <em>Andrena regularis</em>, en les camouflant dans la paroi de la cellule.&nbsp;</p><p>« Une fois l'œuf pondu, c'est comme une bombe à retardement », affirme Bryan Danforth. Une larve dotée d'une carapace très résistante sort de l'œuf pondu par l'abeille coucou et tue rapidement l'abeille <em>Andrena regularis</em>, puis vole toute la nourriture, avant d'atteindre l'âge adulte dans le couvain de son hôte.&nbsp;</p><p>Les abeilles <em>Andrena</em> <em>regularis </em>sont également menacées par les coléoptères de la famille des méloïdés (<em>Meloidae</em>), un insecte parasite qui pond ses œufs dans les fleurs, d'où sortent des larves mobiles lorsqu'elles éclosent. Ces larves s'accrochent aux abeilles <em>Andrena regularis </em>pour se faire transporter jusqu'à leurs couvains où elles tuent les larves d'abeilles <em>Andrena regularis </em>qui s'y trouvent. Outre ces coléoptères, les chercheurs ont également observé des mouches appartenant à la famille des <em>Conopidae</em>, qui pondent leurs œufs directement sur les abeilles <em>Andrena regularis</em>. Ces œufs éclosent puis s'enfoncent dans le corps des adultes. « Elles volent partout autour des femelles adultes puis leur foncent dessus », explique Bryan Danforth.&nbsp;</p><p>Aucun de ces parasites ne porte atteinte à la population d'abeilles <em>Andrena regularis </em>à grande échelle. Mais la documentation claire établie par les scientifiques sur les relations entre les espèces est « unique », selon Sam Droege, car les entomologistes ne comprennent pas toujours bien les relations entre les abeilles et leurs parasites.&nbsp;</p><p>Sur la base de cette découverte de 5,6 millions d'abeilles, Bryan Danforth a lancé une étude à l'échelle de l'État de New York portant sur les cimetières, ainsi qu'un projet iNaturalist qui s'appuie sur les observations de citoyens scientifiques pour tenter de découvrir d'autres sites de nidification d'abeilles. « Je ne serais pas du tout surpris de découvrir des regroupements encore plus importants » indique-t-il. Jusqu'à présent, il a constaté que les anciens cimetières étaient des lieux de nidification idéaux car ils sont souvent situés dans des zones au sol sableux. Ce facteur était important pour faciliter le creusement, que ce soit pour les abeilles ou pour les fossoyeurs.&nbsp;</p><p>Les cimetières n'utilisent pas non plus beaucoup de pesticides par rapport à ceux utilisés dans les fermes ou même sur les pelouses, et les plus anciens ont tendance à être plus envahis par la végétation, ce qui peut être bénéfique pour les pollinisateurs. « Ce sont des refuges à l'abri des pesticides, ils possèdent la bonne texture de sol ainsi qu'une assez bonne diversité florale, et ils sont calmes et peu fréquentés », précise Bryan Danforth.</p><p>Selon Sam Droege, les cimetières ne constituent peut-être pas l'habitat idéal pour les abeilles en général mais, dans un milieu urbain, ils peuvent tout de même présenter un certain intérêt pour les pollinisateurs. « De nombreux chercheurs mènent des études sur les cimetières car ils regorgent de plantes rares et peut-être même d'espèces d'abeilles rares », explique-t-il. Il ajoute que les propriétaires peuvent tirer des leçons de ces découvertes afin d'améliorer l'habitat des pollinisateurs dans leur jardin en évitant les pesticides et en renonçant à tondre leur pelouse aussi régulièrement qu'un terrain de golf. « Nous avons l'occasion d'aider la nature de la manière la plus insolite qui soit ».</p>]]></content:encoded></item><item><title>Sissi, l'impératrice anticonformiste</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-europe-autriche-hongrie-elisabeth-sissi-imperatrice-anticonformiste-royaute-histoire</link><description><![CDATA[Au milieu des années 1950, le cinéma présentait l’impératrice Élisabeth d’Autriche comme l’icône d’une Vienne vibrant au rythme de la valse. Mais la personnalité de « Sissi » était très controversée à son époque, et les sphères les plus conservatrices des cours européennes la jugeaient extravagante et irresponsable. 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Les films ne montrent pas certains aspects de ce personnage, que soulignent des biographies ultérieures plus rigoureuses : ses problèmes de santé, ses tourments, son intérêt pour la culture classique et la poésie. Élisabeth d’Autriche était un esprit fin et lucide, qui avait compris bien avant son entourage qu’une&nbsp;époque touchait à sa fin. C’était une femme profondément malheureuse, condamnée à vivre une vie qu’elle n’avait pas désirée et à surmonter de nombreuses souffrances, la plus grande étant probablement la mort tragique de son fils Rodolphe, héritier de la Couronne, dans le pavillon de chasse de Mayerling.&nbsp;</p><p>Élisabeth, que la cour de Vienne surnommait Sissi, est la quatrième des 10 filles de Maximilien Joseph de Wittelsbach et de la princesse Ludovica, fille du roi Maximilien Ier de Bavière. Elle naît à Munich le 24 décembre 1837, mais grandit à Possenhofen, sur les rives du lac de Starnberg. Elle y est heureuse et mène une vie libre, au contact de la nature et dans un milieu décontracté, qui conditionnera&nbsp;le tempérament de la future impératrice et de la plupart de ses frères et sœurs.</p><p>Hélène, l’aînée élégante, discrète, dévote et très disciplinée, semble la candidate idéale pour prétendre au rang d’impératrice. C’est du moins ce qu’estiment sa mère et Sophie, sa tante et la mère du futur époux, l’empereur d’Autriche François-Joseph. En 1853, une rencontre est organisée à Bad Ischl, la résidence d’été de la famille impériale, afin d’entériner cette alliance. Initialement, la mère et la fille doivent voyager seules, mais l’on décide au&nbsp;dernier moment qu’Élisabeth les accompagnera. Affectée par un chagrin d’amour, Sissi souffre en effet de la première des dépressions qui l’accableront sa vie durant ; son entourage pense que le voyage permettra de guérir ce jeune cœur meurtri.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5493863_0">L'EMPEREUR FOU AMOUREUX</h2><p>Personne, et encore moins la principale intéressée, n’imagine alors ce qui va se passer. Lorsque Francois-Joseph revoit sa cousine Sissi, dont il avait gardé le souvenir d’une enfant, il découvre une svelte et jolie jeune fille au visage ovale, dotée de splendides cheveux châtains, et il décide immédiatement d’en faire son épouse. François-Joseph, qui vient d’avoir 23 ans, est un homme droit et accompli. Sissi est une adolescente qui, bien que flattée par son attention, est&nbsp; suffisamment lucide pour évaluer l’étendue de la disparité d’intérêts et de tempéraments qui la sépare de son cousin. Mais elle est également consciente que l’empereur d’Autriche n’acceptera jamais de réponse négative.</p><p>Elle n’est pas la seule à pressentir que ce mariage ne correspond pas aux normes de la cour impériale. Tout le monde, à commencer par l’archiduchesse Sophie, s’emploie à&nbsp;ce que l’empereur renonce à son projet. Il est évident que la jeune fille n’a pas l’étoffe d’une impératrice. Elle n’a jamais été soumise au protocole strict de la cour, n’a jamais évolué dans les cercles de la noblesse, et ses 16 ans sont une garantie bien fragile pour ceindre une couronne et partager une telle responsabilité. Rien n’y fait. L’empereur écrit à son cousin Albert de Teschen qu’il est « amoureux comme un cadet », et le mariage est célébré solennellement à Vienne le 24 avril 1854, dans l’église des Augustins.</p><p>Une fois installée au palais impérial, à la Hofburg, Élisabeth comprend que ses craintes&nbsp;étaient fondées. Sa nouvelle vie n’a rien à voir avec le milieu dans lequel elle a grandi. À la cour, l’étiquette interdit toute spontanéité et ne laisse aucune place à la timidité. La jeune impératrice se retrouve isolée dans un environnement avec lequel elle n’a aucun lien, ni affectif, ni intellectuel. Ses dames de compagnie, sélectionnées parmi la haute aristocratie, sont d’âge mûr et d’esprit affreusement conservateur. Quant à l’archiduchesse Sophie, elle critique constamment ses mœurs, ses vêtements, ses goûts. Par ailleurs, si François-Joseph est probablement très amoureux, ses obligations ne lui permettent pas de consacrer beaucoup de temps à son épouse, et l’autoritarisme de sa mère devient un véritable cauchemar pour Élisabeth dès les premières années de son mariage.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5493865_0">UNE BELLE-MÈRE ENVAHISSANTE</h2><p>Son emprise est telle que, lorsque Élisabeth donne le jour à sa première fille, Sophie, après un an de mariage, l’archiduchesse prend en charge l’enfant, car elle estime que la jeune femme est incapable de l’élever. Le même scénario se répète l’année suivante à la naissance de Gisèle, la deuxième fille. Sophie organise tout et s’occupe de tout. Mais Élisabeth&nbsp;réussit à s’imposer et, 15 jours après la naissance de l’enfant, les fillettes sont transférées dans ses appartements de la Hofburg. La victoire est cependant éphémère. Au printemps 1857, François-Joseph et Élisabeth partent en Hongrie. L’archiduchesse Sophie s’oppose fermement à ce que les enfants les accompagnent, mais Élisabeth défend sa position avec une fermeté inhabituelle et peut emmener ses filles. Malheureusement, c’est sans compter sur l’insalubrité de certaines&nbsp;régions de Hongrie, qui aura des conséquences funestes puisque la petite Sophie contracte la dysenterie et meurt à Budapest le 29 mai 1857.</p><p>Élisabeth se sent coupable de la mort de sa fille et confie alors à sa belle-mère la responsabilité de l’éducation de Gisèle. L’impératrice sombre dans une profonde dépression, qu’elle n’a toujours pas surmontée à la naissance de son fils Rodolphe, le 21 août 1858. Prétextant des raisons médicales, elle embarque pour Madère, où elle donne l’impression de se rétablir. Elle revient à la cour quelques mois plus tard, mais le retour à la réalité est brutal. Reprendre la vie de la cour, se soumettre à l’étiquette et supporter de nouveau l’incompréhension de son entourage l’anéantit, et l’on en vient à craindre sérieusement pour sa vie. On lui prescrit de nouveau de s’éloigner de Vienne ; elle choisit cette fois Corfou pour destination. C’est ainsi que débute son idylle avec la culture grecque classique et sa passion pour la Méditerranée. Parfaitement rétablie, elle retourne à Vienne au mois d’août 1862. Élisabeth a mûri, sa beauté&nbsp;est à son apogée et devient légendaire. Elle convient avec l’empereur de ne pas se soumettre à la discipline de la cour au-delà du strict nécessaire. Elle accomplira ses devoirs<br />d’impératrice, mais en se réservant un espace où elle pourra développer sa personnalité.</p><p>Cela n’implique pas pour autant que Sissi reste à l’écart des affaires de l’État. La Hongrie, bien que faisant partie de l’Empire, lutte alors pour retrouver ses privilèges ancestraux. Vienne avait supprimé toutes les prérogatives constitutionnelles en réponse au soulèvement nationaliste et libéral de 1848. Élisabeth éprouve de la sympathie pour les aristocrates hongrois, qui ne laissent pas une minute de répit aux mentalités conservatrices de l’Empire. Sa soif de connaissance du pays et de sa culture l’incite à embaucher comme lectrice une jeune Hongroise, Ida Ferenczy, qui deviendra sa meilleure amie. Grâce à elle,<br />Sissi rencontre le beau Gyula Andrássy, un colonel&nbsp;de l’armée magyare. Profondément libéral, il s’entend immédiatement très bien avec Élisabeth, et une solide amitié naît entre eux. L’impératrice se fait l’avocate de la cause hongroise, ce qui lui attire inévitablement l’inimitié implacable de la cour viennoise.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5493867_0">DEUX ÉTATS POUR UNE COURONNE&nbsp;</h2><p>C’est pourtant Élisabeth qui réussit à préserver l’union de la Hongrie à l’Empire. En 1866, après la défaite de Sadowa, quand les armées prussiennes avancent sur Vienne, Élisabeth choisit de se réfugier à Buda avec ses enfants. La confiance dont fait preuve l’impératrice en recherchant une protection dans ce pays freine toute velléité d’insurrection. Peu de temps après, Andrássy et l’empereur entament des négociations destinées à redonner au pays magyar son statut d’État constitutionnel et à délimiter l’Empire austro-hongrois en deux états souverains avec des régimes et des gouvernements distincts, mais unis sous une même couronne. Le 8 juin 1867, François-Joseph et Élisabeth sont solennellement&nbsp;couronnés roi et reine de Hongrie en l’église Notre-Dame de Budapest. Le peuple hongrois leur témoigne sa reconnaissance en leur faisant cadeau du château baroque de Gödöllõ, proche de la capitale. C’est là que naît, un an plus tard, leur dernière fille, l’archiduchesse Marie-Valérie, la préférée de Sissi. Élisabeth et ses enfants passent de longues périodes à Gödöllõ. Sissi se consacre à la chasse, fait de longues promenades à cheval et lit pendant des heures. Quelques années plus tard, après le mariage de Gisèle et le début de la formation militaire de Rodolphe, elle entame un cycle de voyages en compagnie de Marie-Valérie.</p><p>À partir de 1874, Sissi, qui a pris le nom de comtesse de Hohenembs pour préserver son anonymat, et sa fille séjournent en Méditerranée, dans les îles britanniques et dans une grande partie de l’Europe centrale.</p><p>Avec la naissance de Marie-Valérie, le couple impérial est entré dans une nouvelle phase. Malgré leurs différences, il existe entre Sissi et l’empereur une relation cordiale et amicale, fondée sur une affection sincère et une profonde générosité. Lorsqu’en 1885 Katharina Schratt, une actrice du Burgtheater de Vienne, fait irruption dans la vie de François-Joseph, c’est avec le consentement d’Élisabeth, qui l’appelle affectueusement « l’amie ». Élisabeth appréciait l’actrice et avait de longues conversations avec elle et l’empereur, car elle savait que Katharina apportait à son mari la compagnie, l’affection et la passion qu’elle-même n’avait jamais pu lui donner.</p><p>Marie-Valérie ne se marie pas avant 1890. Son choix se porte sur l’archiduc François-Salvator de Habsbourg. Ce candidat n’est pas du goût de l’empereur, mais il peut compter sur le soutien d’Élisabeth, qui défend ardemment le droit de ses enfants à se marier par amour. L’impératrice assiste aussi à la désagrégation progressive du mariage de l’héritier du trône, Rodolphe, avec Stéphanie de Belgique, une jeune femme qu’Élisabeth juge arriviste et ambitieuse. Stéphanie est&nbsp;très conservatrice et traditionaliste, l’exacte antithèse de son époux cultivé, libéral et anticonformiste. Les sombres pressentiments d’Élisabeth se vérifient lorsque Rodolphe est retrouvé mort dans le pavillon de chasse de Mayerling le 30 janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse, Marie Vetsera. Tout semble indiquer que le prince a d’abord tiré sur Marie avant de se suicider. La version officielle parle d’une aliénation mentale de l’héritier, mais l’ombre d’un crime d’État plane.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5493869_0">LE VISAGE TOUJOURS DISSIMULÉ</h2><p>Après le décès de Rodolphe, Élisabeth n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle accuse la cour de Vienne d’être responsable de la mort de son fils et ne portera plus jamais de vêtements de couleur. Désormais drapée de deuil, elle voyage sans relâche, se dissimulant toujours derrière un grand éventail ou un voile, ou sous un pseudonyme qui lui permet de penser qu’elle passe inaperçue. Ce qui a toujours été considéré comme les « extravagances » de l’impératrice prend des proportions extrêmes lorsque le destin se révèle d’une cruauté implacable. Elle ne reviendra quasiment jamais à la Hofburg. Quand elle séjourne à Vienne, elle loge, seule, dans la villa Hermès,&nbsp;un petit palais construit dans le parc de Lainz sur ordre de François-Joseph, qui voulait disposer d’une résidence plus accueillante et plus commode pour la famille impériale.</p><p>Lors de l’un de ses nombreux voyages, le 8 septembre 1898, Élisabeth réside à l’hôtel Beau-Rivage de Genève. Deux jours plus tard, alors qu’elle s’apprête à monter sur le ferry qui doit l’amener à Montreux, elle est heurtée par un autre passager. Elle ressent une forte douleur au côté et s’évanouit une fois montée à<br>bord. Elle meurt l’après-midi même. Le voyageur maladroit est en réalité un anarchiste italien, Luigi Lucheni, qui lui a enfoncé une lime tout près du cœur. L'empereur refuse qu’Élisabeth repose là où elle le souhaitait, sur les rives de la Méditerranée, à Corfou ou à Ithaque. Sa condition d’impératrice exige en effet qu’elle soit inhumée dans la crypte de l’église des Capucins. C’est donc là qu’elle repose depuis, dans cette Vienne qu’elle n’aimait&nbsp;pas et qui ne la comprit jamais.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Tianducheng, la ville chinoise qui copie Paris</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-chine-tianducheng-la-ville-chinoise-qui-copie-paris</link><description><![CDATA[À plus de 9 600 km de la Ville lumière, sur la côte est de la Chine, une réplique de la Tour Eiffel domine la ville de Tianducheng du haut de ses 107 mètres.Surnommé le « Paris de l'est », ce développement immobilier de luxe dans la province de Zhejiang a été conçu pour évoquer le charme classique de l'Europe. Tout est là : l'Arc de Triomphe, le rond-point des Champs-Elysées, l'architecture...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 07:50:56 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/asie-chine-tianducheng-la-ville-chinoise-qui-copie-paris</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/eiffel-tower-paris-france-tianducheng-china_.jpg?w=1600" length="1371483" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>À plus de 9 600 km de la Ville lumière, sur la côte est de la <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/asia/china/?beta=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Chine</a>, une réplique de la Tour Eiffel domine la ville de Tianducheng du haut de ses 107 mètres.</p><p>Surnommé le « <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/france/paris/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Paris</a> de l'est », ce développement immobilier de luxe dans la province de Zhejiang&nbsp;a été conçu pour évoquer le charme classique de l'Europe. Tout est là : l'Arc de Triomphe, le rond-point des Champs-Elysées, l'architecture néo-classique française, une fontaine des Jardins du Luxembourg et, cerise sur le gâteau, la deuxième plus grande réplique au monde de la Tour Eiffel,&nbsp;devancée par&nbsp;celle du Paris Las Vegas Hotel dans le Nevada, aux États-Unis.</p><p>Il y a dix ans, lorsque Tianducheng a ouvert ses portes, il s'agissait d'une ville fantôme. De nombreux logements sont toujours vides, mais la population s'élève à plusieurs milliers d'habitants et reçoit un flux constant de touristes chinois et internationaux, ainsi que de jeunes mariés&nbsp;à la recherche&nbsp;du décor parfait pour leurs photos de mariage.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5507542_0">LE PHÉNOMÈNE DE LA&nbsp;« DUPLITECTURE »</h2><p>En Chine, Tianducheng n'est pas la seule ville à paraître familière.</p><p>En banlieue de Pékin, parmi les cowboys et une&nbsp;Route 66, vous trouverez une réplique du Jackson Hole du Wyoming. Près de Shanghai, les cabines téléphoniques rouges, les pubs et les statues de Winston Churchill&nbsp;ont investi les quatre coins de la ville de Thames.</p><p>Une réplique de Stratford-upon-Avon est en construction à Fuzhou en hommage à Shakespeare, tandis que Fuyang a érigé son propre Capitole américain et que la ville <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/europe/austria/?beta=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">autrichienne</a> de <a href="https://whc.unesco.org/en/list/806" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Hallstatt</a>, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, a une soeur jumelle à Guangdong.</p><p>« Des villes et des villages entiers semblent avoir été acheminés par les airs depuis l'Angleterre, la France, la Grèce, les États-Unis et le Canada&nbsp;et soudés point par point en périphérie des villes chinoises », écrit Bianca Bosker, auteure du livre <a href="http://www.uhpress.hawaii.edu/p-8759-9780824836061.aspx" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>Original Copies Architectural Mimicry in Contemporary China</em></a><em> (L'imitation architecturale d'originaux&nbsp;dans la Chine contemporaine).</em></p><p>Bianca Bosker désigne ce phénomène par le terme de « duplitecture ». Alors que certaines personnes estiment qu'il ne s'agit que d'imitations kitsch, les architectes chinois à l'origine de ces constructions estiment que cette capacité à recréer les plus grandes merveilles architecturales au monde est une preuve de leurs compétences et de leurs avancées technologiques.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5507544_0">ET LES VALEURS FONDAMENTALES DU SOCIALISME ?</h2><p>« La Chine, qui pensait autrefois être le centre du monde, est en train de devenir l'endroit où se concentre le monde », poursuit Bianca Bosker.</p><p>Les touristes peuvent désormais&nbsp;visiter pendant un même séjour des monuments culturels authentiques comme la <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/world-heritage/great-wall-china/?beta=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Grande muraille de Chine </a>et le <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/world-heritage/mausoleum-first-qin-emperor/?beta=true" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Mausolée de l'empereur Qin</a>, ainsi qu'un mini-Versaille ou un mini-Paris. Le gouvernement chinois se dit pour autant opposé à&nbsp;la prolifération de ces copies de villes occidentales.</p><p>Au cours d'un <a href="http://epaper.bjnews.com.cn/html/2015-06/05/content_580437.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">relevé géographique</a> qui se poursuit toujours à l'heure actuelle, des&nbsp;fonctionnaires ont remarqué que les noms chinois traditionnels étaient remplacés par des noms étrangers ou disparaissaient totalement. Plus de 400 000 noms de villages sont notamment concernés. Selon le <a href="https://www.nytimes.com/2016/03/24/world/asia/china-housing-foreign-names.html?_r=0" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">New York Times</a>, il est interdit d'utiliser des noms étrangers pour nommer des lieux en Chine depuis 1996. Cette réglementation a été adoptée pour protéger le patrimoine culturel du pays, mais a eu des effets plutôt limités.</p><p>« [La Chine va] enrayer les irrégularités concernant l'utilisation de noms étrangers pour nommer les routes, les ponts, les bâtiments et les quartiers résidentiels », <a href="https://uk.reuters.com/article/us-china-names/china-to-banish-bizarre-foreign-names-for-residential-compounds-idUKKCN0WO1GM" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">a déclaré Li Liguo, alors ministre des Affaires civiles</a>. « Certains noms seront ciblés, comme ceux qui portent préjudice à la souveraineté et à la dignité nationale, les noms qui violent les valeurs fondamentales du socialisme et la moralité conventionnelle ».</p><p>Donc, même si les statues de marbre, les fontaines décorées et les jardins géométriques ressemblent à ceux de la Ville lumière, n'appelez jamais Tianducheng Paris.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Pakistan : lors des opération américaines, la CIA avait des accès spéciaux aux aéroports</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-pakistan-lors-des-operation-americaines-la-cia-avait-des-acces-speciaux-aux-aeroports</link><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 06:02:54 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-pakistan-lors-des-operation-americaines-la-cia-avait-des-acces-speciaux-aux-aeroports</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027622_img.jpg?w=1600" length="95805" type="image/jpeg"/></item><item><title>Mission : traquer Ben Laden sans froisser la population locale</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-mission-traquer-ben-laden-sans-froisser-la-population-locale</link><category>Histoire</category><pubDate>Wed, 13 May 2026 05:01:05 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-mission-traquer-ben-laden-sans-froisser-la-population-locale</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027624_img.jpg?w=1600" length="138506" type="image/jpeg"/></item><item><title>Voyage : sous les remparts de Dubrovnik</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-croatie-voyage-sous-les-remparts-de-dubrovnik</link><description><![CDATA[Mon amie Marija Papak, une habitante de Dubrovnik, est une pionnière. Elle a ouvert un stand de cuisine de rue dans la ville croate, animée d’un objectif radical pour cette cité côtière : des snacks saisonniers et ultralocaux. Je l’accompagne lors d’une tournée des fermes de la région, à la recherche de fromages, saucisses et autres délices dalmates artisanaux difficiles à trouver. Premier arrêt...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 16:35:10 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-croatie-voyage-sous-les-remparts-de-dubrovnik</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ouverture_dubrovnik_ngt23.jpg?w=1600" length="2990623" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mon amie Marija Papak,</strong> une habitante de Dubrovnik, est une pionnière. Elle a ouvert un stand de&nbsp;cuisine de rue dans la ville croate, animée d’un objectif radical&nbsp;pour cette cité côtière : des snacks saisonniers et ultralocaux.&nbsp;Je l’accompagne lors d’une tournée des fermes de la région, à&nbsp;la recherche de fromages, saucisses et autres délices dalmates&nbsp;artisanaux difficiles à trouver.&nbsp;</p><p>Premier arrêt : la ferme de Marko&nbsp;Bede et de sa femme Jele, aux abords du village de Lisac, niché&nbsp;dans les collines escarpées de la côte dalmate, à environ une&nbsp;heure de route au nord de Dubrovnik. Avant de passer aux choses&nbsp;sérieuses – goûter les produits de l’exploitation –, les Bede veulent&nbsp;voir si un New-Yorkais peut traire un animal d’élevage.Vaillamment, je tire encore et encore sur le pis d’une chèvre :&nbsp;rien. Pas la moindre petite goutte de lait. Visiblement, comme&nbsp;fermier je suis nul. Mais comme amateur de cuisine dalmate,&nbsp;je suis exactement au bon endroit.</p><p>Des termes tels que « de la ferme à la table », « du museau à&nbsp;la queue », « locavore » et autres expressions du mouvement&nbsp;pour une nouvelle alimentation qui a transformé les tables à&nbsp;travers le monde au cours de la dernière décennie, viennent à&nbsp;peine de faire leur entrée dans le sud-est de l’Europe.</p><p>Je me rends régulièrement à Dubrovnik depuis vingt ans et je n’ai&nbsp;jamais vraiment bien compris pourquoi la nourriture servie&nbsp;dans les restaurants a toujours été si médiocre : calamars frits&nbsp;à la chair molle, pizzas trop cuites, plats de pâtes insipides.</p><p>Ceci dit, il suffit de jeter un coup d’oeil à Dubrovnik pour se&nbsp;rendre compte que la ville est un régal pour les yeux et n’a guère&nbsp;besoin de servir de bons repas pour attirer les visiteurs.</p><p>La mer&nbsp;Adriatique bleu indigo et ses plages attrayantes forment la toile&nbsp;de fond de cette cité médiévale, entourée de murs de pierre&nbsp;de 25 m de haut et striée de rues aux pavés de calcaire d’une&nbsp;blancheur étincelante. Sa présence au premier plan dans la série&nbsp;Game of Thrones ainsi que dans le film Star Wars :&nbsp;Les Derniers Jedi a aussi grandement contribué à mettre la ville&nbsp;sur la carte du Grand Tour du XXIe siècle.</p><p>La bonne nouvelle, c’est que le paysage culinaire de Dubrovnik&nbsp;évolue rapidement. Ces dernières années, la ville a accueilli&nbsp;son premier café artisanal (le Cogito) et sa première brasserie&nbsp;artisanale (la Dubrovnik Beer Company). Elle a aussi inauguré&nbsp;divers restaurants, faisant la part belle aux produits locaux&nbsp;(comme le 360, récompensé par une étoile Michelin), et des&nbsp;bars à cocktails dignes de ce nom (dont The Bar by Azur).</p><p>Sans&nbsp;compter qu’un groupe de jeunes, passionnés par la bonne chère,&nbsp;est également prêt à changer la façon dont les gens mangent ici.&nbsp;Est-ce la révolution alimentaire que j’attendais ? Dubrovnik et la&nbsp;côte dalmate environnante – qui s’étend sur environ 550 km,&nbsp;de l’île de Rab en Croatie à Kotor au Monténégro – sont-elles&nbsp;réellement sur le point de devenir la prochaine grande&nbsp;destination gastronomique en Europe ?</p><p>L’un des acteurs clés du changement, je l’apprends vite, est&nbsp;Marija Papak elle-même. J’ai rencontré Marija pour la première&nbsp;fois en décembre 2016, lors du festival d’hiver de Dubrovnik,&nbsp;qui dure un mois et demi. Alors que je descendais le Stradun,&nbsp;l’artère principale piétonne de la vieille ville, l’odeur des saucisses&nbsp;grillées se mêlait à celle des huîtres saumâtres et aux airs&nbsp;folkloriques croates qui s’échappaient de haut-parleurs fixés&nbsp;sur les toits.</p><p>J’avais vraiment eu ma dose de viandes et de&nbsp;mollusques, proposés à presque tous les stands de restauration.&nbsp;C’est alors que je suis tombé sur celui de Marija, qui servait&nbsp;des plats dalmates traditionnels qu’elle réinventait en utilisant&nbsp;des produits artisanaux dénichés en parcourant les villages&nbsp;le long de la côte. Elle vendait même quelque chose appelé « oeuf&nbsp;de mer ». Quand je l’ai interrogée sur les aliments en question, elle s’est immédiatement mise à rayonner d’enthousiasme.</p><p>Son objectif, m’a-t-elle répondu, était d’apporter de la vraie&nbsp;nourriture&nbsp;aux habitants de cette ville, de leur faire redécouvrir&nbsp;les plats que mangeaient leurs arrière-grands-parents, et qui&nbsp;trônaient sur les tables des villages les plus reculés.</p><p>Elle&nbsp;détestait&nbsp;le fait qu’un si grand nombre de ses amis de&nbsp;Dubrovnik aient fini par dépendre des deux grandes chaînes&nbsp;de supermarchés,&nbsp;Pemo et Konzum, éparpillés&nbsp;autour de&nbsp;la ville. Elle voulait leur faire découvrir une meilleure façon&nbsp;de manger. « Vous devriez venir avec moi pour rencontrer&nbsp;certains&nbsp;de ces villageois », me dit-elle.</p><p>Et voilà comment je me suis retrouvé à essayer de traire une&nbsp;chèvre. Je suis bientôt relevé de mes fonctions, et nous nous&nbsp;dirigeons tous vers la ferme pour un festin épicurien.&nbsp;Quelques jours plus tard, nous sommes de nouveau à pied&nbsp;d’oeuvre.</p><p>Nous&nbsp;suivons les petites routes qui serpentent dans&nbsp;la fertile vallée de Konavle, dans les collines au sud-est&nbsp;de Dubrovnik. Tandis que&nbsp;notre voiture enchaîne les courbes,&nbsp;Marija m’en dit plus sur son stand de cuisine de rue. « Les&nbsp;asperges sauvages ne sont de saison que pendant environ&nbsp;dix jours. Je n’en servirai que pendant ces dix jours. Je passerai&nbsp;ensuite à ce qui sera alors de saison. »</p><p>Comme Marija et moi faisons halte dans le village de Mihanići,&nbsp;elle m’informe que nous allons chez un de ses fermiers favoris,&nbsp;pour goûter quelques fromages et charcuteries qu’il produit.&nbsp;Quelques minutes après notre arrivée au domicile de Miho&nbsp;Kukuljica, cinquante et un ans, sa femme, Kate, remplit nos verres&nbsp;de travarica maison, une eau-de-vie de raisin aromatisée aux&nbsp;herbes locales.</p><p>Nous levons nos verres et portons un toast,&nbsp;« živjeli ! » – santé ! –, avant de boire cul sec. Leur longue table en&nbsp;bois se couvre bientôt de fromages à pâte molle et aux herbes,&nbsp;faits la veille ou vieux d’un mois, et de fromage mariné à l’huile&nbsp;d’olive. Viennent ensuite les produits à base de porc : assiettes&nbsp;débordantes de pancetta, d’épaisses rondelles de saucisses, de&nbsp;prosciutto, tous issus de dodus porcs noirs. Ils sont accompagnés&nbsp;de tranches moelleuses de pain de campagne, de bouteilles&nbsp;d’huile d’olive et de poivrons marinés. Des carafes de Chardonnay&nbsp;et un vin rouge, assemblage de shiraz, de merlot et de cabernet&nbsp;sauvignon, font aussi leur apparition, ainsi que des&nbsp;pichets de liqueur de noix et de cerise.</p><p>Un étalage d’autant&nbsp;plus remarquable que Miho déclare : « Sur cette table, j’ai tout&nbsp;fait », en passant sa main au-dessus du festin comme une sorte&nbsp;de magicien culinaire. Il ne se vante pas. Il énonce simplement&nbsp;un fait. C’est un repas confectionné par un superman de la&nbsp;gastronomie.&nbsp;« Je vends absolument tout ce que je produis avant&nbsp;même de l’avoir produit », me dit-il tandis que je laisse un&nbsp;morceau&nbsp;de prosciutto fondre dans ma bouche, son goût salé&nbsp;s’attardant sur ma langue longtemps après que je l’ai avalé.</p><p>Miho n’a pas toujours connu un tel succès. « Ces dernières&nbsp;années, les affaires ont repris. J’ai l’impression que les gens&nbsp;d’ici commencent enfin à se rendre compte que la nourriture&nbsp;que nous produisons, nous autres les petits paysans – et nous&nbsp;ne sommes plus qu’une poignée à Konavle – est meilleure. Ils&nbsp;réalisent aussi qu’il est dans l’intérêt de la collectivité de nous&nbsp;soutenir. » Si seulement il lui était possible d’embaucher quelques&nbsp;personnes, il pourrait produire davantage, assure-t-il, mais « tout&nbsp;le monde ici veut travailler dans l’industrie du tourisme ».</p><p>De retour à Dubrovnik, je déjeune au Pantarul, situé dans le&nbsp;quartier Lapad. Ouvert par l’écrivaine culinaire Ana-Marija&nbsp;Bujič, le Pantarul propose une interprétation moderne, aux&nbsp;accents internationaux, de la cuisine traditionnelle dalmate.&nbsp;Alors que je savoure un risotto aux fèves et au poulpe – les fèves&nbsp;sont de saison en ce moment – et un pain plat aux herbes&nbsp;sauvages&nbsp;que l’on trouve surtout sur l’île voisine de Vis,&nbsp;Ana-Marija s’arrête à ma table. « Au début, notre intention était&nbsp;de ne servir que des ingrédients de saison produits localement,&nbsp;que nous pourrions nous procurer au principal marché&nbsp;alimentaire&nbsp;de Dubrovnik et chez les producteurs de la région,&nbsp;explique-t-elle. Mais nous avons vite compris que ce n’était&nbsp;pas possible. »</p><p>Elle admet que seulement 80 % de ce qu’il y a&nbsp;dans ses assiettes provient de petits paysans. Lorsque&nbsp;le Pantarul a ouvert ses portes en 2014, son approche était&nbsp;révolutionnaire&nbsp;pour la ville de Dubrovnik. « Il suffit en général&nbsp;qu’un restaurant fasse quelque chose, et d’autres lui emboîtent&nbsp;le pas », dit Ana-Marija. Et elle a raison. Dans son sillage,&nbsp;de nouveaux restaurants inspirés, notamment&nbsp;le Glorijet,&nbsp;l’Amfora&nbsp;et le Lokal (dans la ville voisine de Župa) ont suivi&nbsp;l’exemple du Pantarul.</p><p>Le Pantarul différait également des restaurants typiques de la&nbsp;ville car il s’adressait à une clientèle locale. « Ici, on est tellement&nbsp;focalisés sur l’industrie touristique. Mais les choses sont en train&nbsp;de changer. La jeune génération s’intéresse de plus en plus à la&nbsp;bonne cuisine. Pour notre brunch du week-end, par exemple,&nbsp;les clients sont presque tous des gens du coin. »</p><p><strong>À quatre-vingt kilomètres</strong> de Dubrovnik,&nbsp;sur la péninsule&nbsp;rurale de Pelješac, je découvre l’endroit où le mouvement en&nbsp;faveur des aliments dalmates se propage peut-être avec la plus&nbsp;grande vigueur. Morana Raguž, membre active de l’association&nbsp;locale Slow Food, est le ciment qui unit toute la communauté&nbsp;culinaire de Pelješac. Avec ses parents, elle tient une auberge&nbsp;gastronomique, la Villa Vatikan, située dans le village côtier&nbsp;de Trpanj.</p><p>Elle me fait découvrir les environs. Au glacier&nbsp;Croccantino, dans la ville d’Orebić, nous mangeons de la crème&nbsp;glacée biologique parfumée avec des ingrédients locaux,&nbsp;comme le thym et la menthe, que Marija Antunović, la jeune&nbsp;propriétaire de vingt-neuf ans, a récoltés dans les collines.&nbsp;Quand je lui demande pourquoi les gens commencent à peine&nbsp;à s’intéresser à des aliments de meilleure qualité, Marija évoque&nbsp;les guerres du début des années 1990. « Cela aide beaucoup que&nbsp;ma génération n’ait pas été aussi affectée par la guerre.&nbsp;Nous sommes plus ouverts sur l’avenir. Quand mon père avait&nbsp;mon âge, la guerre a éclaté à un moment qui devait être l’une&nbsp;des plus belles périodes de sa vie, et son frère est mort dans les&nbsp;combats. Ma génération n’a pas à porter ce fardeau. »</p><p>Un peu plus tard dans la journée, nous buvons du vin biologique&nbsp;– un rouge robuste et fruité –au domaine viticole de Križ. «Lorsque&nbsp;nous avons commencé, la plupart des gens pensaient que nous&nbsp;étions fous de passer au bio, déclare le propriétaire Denis Bogoević&nbsp;Marušić. Il y a une ou deux générations, c’était normal, mais&nbsp;aujourd’hui la plupart des vignobles utilisent des pesticides.&nbsp;Mes grands-parents fabriquaient du vin biologique. C’était tout&nbsp;simplement comme ça qu’on faisait à l’époque. »</p><p>Son épouse, Marijeta Čalić, a contribué à la réintroduction&nbsp;du varenik, un condiment sucré et épais, ressemblant à de la&nbsp;mélasse, fait à partir d’un cépage autochtone, le Plavac mali.&nbsp;Grâce au mouvement Slow Food, elle en produit désormais&nbsp;avec d’autres vignerons. « Ce produit local, qui servait à sucrer&nbsp;les aliments, avait disparu depuis plusieurs générations. Il a&nbsp;été remis au goût du jour, et des chefs de Dubrovnik l’utilisent&nbsp;à nouveau dans leur cuisine. »</p><p>Morana, mon guide, ajoute : « Le varenik illustre parfaitement&nbsp;la manière dont nous devons être fiers de notre nourriture.&nbsp;Dubrovnik est une ville très prisée par les touristes et nous leur&nbsp;donnons des pizzas et des pâtes parce que nous continuons&nbsp;de penser que c’est ce qu’ils veulent »</p><p>Selon Marijeta, la lenteur du changement a ses racines dans la&nbsp;période communiste. « Nous vivions dans la peur que quelqu’un&nbsp;dise aux autorités que nous faisions quelque chose de mal. »</p><p>Les touristes profiteront certainement des mutations qui&nbsp;s’opèrent sur la scène gastronomique de Dubrovnik, mais les&nbsp;Dalmates&nbsp;eux-mêmes en seront les plus grands bénéficiaires.&nbsp;En mangeant bien, ils se connectent à un héritage oublié.</p><p>&nbsp;« C’est ça le truc,&nbsp;dit Morana. Nous avons toujours été Slow&nbsp;Food ; nous l’étions déjà avant que la mouvance Slow Food&nbsp;n’existe.</p><p>Bientôt, j’espère, davantage de gens comprendront&nbsp;que c’est la vraie manière dalmate de se nourrir. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Japon : Cette ancienne route permet de revivre l’époque féodale </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-japon-cette-ancienne-route-permet-de-revivre-lepoque-feodale</link><description><![CDATA[Dans les années 1650, un moine bouddhiste et son compagnon partirent de Tokyo, Edo de son nom d’alors, pour un périple de plusieurs centaines de kilomètres sur le Tokaido, grand axe reliant la capitale japonaise à Kyoto. Voyageant comme beaucoup pour effectuer un pèlerinage, le duo suivit le principal itinéraire de l’époque. Ils longèrent un littoral accidenté, traversèrent des montagnes boisées...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 14:52:22 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-japon-cette-ancienne-route-permet-de-revivre-lepoque-feodale</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/resized-gettyimages-826541976.jpg?w=1600" length="1506560" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans les années 1650, un moine bouddhiste et son compagnon partirent de Tokyo, Edo de son nom d’alors, pour un périple de plusieurs centaines de kilomètres sur le Tokaido, grand axe reliant la capitale <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/asie/japon">japonaise</a> à Kyoto. Voyageant comme beaucoup pour effectuer un pèlerinage, le duo suivit le principal itinéraire de l’époque. Ils longèrent un littoral accidenté, traversèrent des montagnes boisées et enjambèrent des rivières jaillissantes.</p><p>En chemin, ils goûtèrent des délices régionaux et admirèrent des monuments célèbres&nbsp;: des temples, des sanctuaires, des châteaux et la beauté symétrique du mont Fuji. Ils connurent également quelques mésaventures&nbsp;: à un moment donné, ils furent pris en chasse par un chien à queue enroulée.</p><p>Mais à l’inverse d’autres voyageurs, ces deux pèlerins ne sont pas réels&nbsp;; il s’agit des protagonistes d’un ancien guide de voyage romancé en six volumes, le <a href="https://www.britishmuseum.org/collection/object/A_1979-0305-0-178-1" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Tokaido Meishoki</em></a> (les «&nbsp;Sites célèbres sur le Tokaïdo&nbsp;»). Dans celui-ci, l’auteur <a href="https://www.britannica.com/biography/Asai-Ryoi" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Asai Ryoi</a>, moine bouddhiste qui avait parcouru le Tokaïdo, se sert des aventures souvent humoristiques de ses protagonistes pour présenter aux lecteurs la culture et les coutumes de la région ainsi que des informations historiques en rapport avec la route. Il y a également inclus des illustrations aux faux airs de <a href="https://www.britannica.com/art/manga-Japanese-comics" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">mangas</a>, près de 150 ans avant que le terme ne soit inventé, afin d’aiguiser l’appétit des lecteurs voyageant par procuration, assis confortablement sur leur tatami.</p><p>Grâce à l’essor de l’imprimerie et parce que la population japonaise était relativement lettrée, le <em>Tokaido Meishoki</em> et d’autres guides anciens comme le <em>Tōkaidōchū Hizakurige</em> permirent de populariser le voyage à l’époque d’Edo (1603-1868) et ouvrirent la voie aux générations de guides touristiques et de carnets de voyage qui ont suivi. Comme le formule <a href="https://library.princeton.edu/staff/nfperson" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nicole Fabricand-Person</a> dans <em>The Tokaido Road: Journeys through Japanese Books and Prints in the Collections of Princeton University,</em> pendant près de trois siècles, des livres illustrés et, plus tard, des estampes, «&nbsp;créèrent et nourrirent l’idée que le Tokaido était plus qu’une route longeant le littoral oriental du pays, c’était une destination en soi.&nbsp;»</p><p>Bien que le Tokaido en tant qu’axe majeur et unique n’existe plus, son héritage culturel perdure. Qu’il s’agisse de gastronomie ou d’hospitalité, d’art ou de littérature, le Tokaido a donné lieu à toutes sortes de développements dont on peut faire l’expérience de nos jours sur des fragments de la route originale.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5552589_0"><strong>LE GRAND AXE DE L’ÉPOQUE D’EDO</strong></h2><p>Le Tokaido était la plus importante et la plus parcourue des cinq voies majeures de l’époque d’Edo. Ensemble, ces axes gérés de manière centralisée, reliaient Edo, la capitale de facto, à Kyoto, la capitale impériale, ainsi qu’à d’autres endroits importants du Japon. Ces routes bien entretenues étaient essentielles au commerce, aux communications et aux pèlerinages. Ces derniers constituaient généralement la seule raison officiellement valable de voyager lorsque l’on était japonais.</p><p>Ces cinq axes facilitaient également le système de résidence alternée, qui permettait au <a href="https://education.nationalgeographic.org/resource/first-shogunate-japan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">shogunat</a> <a href="https://www.britannica.com/event/Tokugawa-period" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Tokugawa</a> de surveiller de près ses potentiels rivaux en demandant aux plus de 200 seigneurs féodaux (ou daimyo) de résider à Edo une année sur deux. Leurs familles restaient dans la capitale en tant que garantie lorsqu’ils retournaient dans leur province.</p><p>Afin de subvenir aux besoins de tous ces voyageurs, cinquante-trois relais semblables à de petits villages ou à des hameaux (aucun n’est resté entièrement intact) s’installèrent le long du Tokaido pour que les chevaux puissent se reposer ou bien être échangés, pour que les voyageurs fatigués trouvent refuge, se nourrissent et, parfois même, s’amusent un peu.</p><p>(<a href="https://www.nationalgeographic.fr/photographie/ces-passionnes-continuent-de-faire-vivre-la-culture-samourai"><em>Ces passionnés continuent de faire vivre la culture samouraï</em></a><em>.</em>)</p><p>Les établissements modestes que l’on trouvait sur le Tokaïdo étaient des précurseurs des ryokan traditionnels et luxueux qui sont <a href="https://www.ryokan.or.jp/past/english/pdf/origins_and_history.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">encore très populaires de nos jours</a>. Dans ces endroits, les hôtes pouvaient enlever leurs habits du jour pour se glisser dans le confort d’un <em>yukata</em>, mais ils pouvaient aussi loger dans des chambres au sol tapissé de tatamis, se baigner dans des sources chaudes naturelles et s’offrir des dîners somptueux composés de plusieurs plats.</p><p>Ces relais sont peut-être à l’origine de la culture japonaise de l’<em>omiyage</em> (du souvenir). Comme le fait remarquer Nicole Fabricand-Person, «&nbsp;chacun des cinquante-trois relais officiels avait son propre caractère et ses propres spécialités (<em>meibutsu</em>)&nbsp;». Au Japon, presque chaque village et chaque ville a ses propres <em>meibutsu.</em> De même que les guides de l’époque d’Edo les recensaient pour informer les voyageurs, des magazines et brochures de voyages modernes aux couleurs vives expliquent aux voyageurs d’aujourd’hui quels <em>omiyage</em> ramener à sa famille, à ses collègues ou à toute autre personne se trouvant sur sa liste (presque indispensable) de souvenirs.</p><p>(<a href="https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/08/souvenirs-de-vacances-ce-quil-ne-vaut-mieux-pas-rapporter"><em>Souvenirs de vacances&nbsp;: ce qu’il ne vaut mieux pas rapporter</em></a><em>.</em>)</p><p>Pour Llewelyn Thomas, directeur général de <a href="https://walkjapan.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Walk Japan</a>, agence de voyage qui organise des visites guidées sur le Tokaido, les <em>meibutsu</em> qui nous ramènent de la manière la plus efficace à l’époque d’Asai Ryoi sont les plats régionaux. «&nbsp;La culture et l’esprit de la route ont survécu grâce aux boutiques et à la nourriture. D’une certaine manière, le Tokaido devient fondamentalement un lieu de repos entre les différents repas pris en chemin&nbsp;», indique-t-il.</p><p>«&nbsp;Si vous prenez le Tokaido dans la préfecture de Shizuoka, qui est sans doute le meilleur segment à parcourir à pied aujourd’hui, Yui (qui était le relais numéro 16) est célèbre pour ses crevettes <em>sakura-ebi</em>, poursuit-il. Si vous vous arrêtez au relais suivant, Okitsu, le plat célèbre est l’<em>amadai, </em>une daurade au goût sucré. Ensuite vous arrivez à Abekawa et là, vous avez des <em>Abekawa-mochi, </em>des gâteaux de riz, puis vous atteignez Mario et le très célèbre <a href="https://chojiya.info/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">restaurant Choji-ya</a>, qui sert du <em>tororojiru</em> (de la soupe d’igname râpé) depuis plus de 400 ans.&nbsp;»</p><p>(<a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2020/10/okinawa-lile-ou-lon-vit-centenaire"><em>Okinawa, l’île où l’on vit centenaire</em></a><em>.</em>)</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5552594_0"><strong>LE TOKAÏDO HIER ET AUJOURD’HUI</strong></h2><p>Non loin du restaurant Choji-ya, un autre legs du Tokaido s’impose aux touristes&nbsp;: un panneau qui affiche l’une des cinquante-cinq estampes <a href="https://www.britannica.com/art/ukiyo-e" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>ukiyo-e</em></a><em> </em>de l’œuvre emblématique d’<a href="https://www.britannica.com/biography/Hiroshige" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Utagawa Hiroshige</a>, <a href="https://www.metmuseum.org/art/collection/search/57652" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Les Cinquante-trois stations du Tokaido</em></a> (1834). Cette série hautement influente saisit un morceau de chacun des cinquante-trois relais ainsi que le point de départ et d’arrivée du Tokaido à Edo et à Kyoto.</p><p>L’estampe de Mariko montre deux hommes dans un salon de thé au toit de chaume (le Choji-ya originel) en train d’être servis par une femme qui porte un bébé sur le dos. L’actuel Choji-ya a lui aussi un toit de chaume et un décor rustique mais de nos jours, l’ancien relais de Mariko n’est plus, ce grain qui ponctuait le paysage a disparu. C’est aujourd’hui un coin calme et presque rural des environs de la ville de Shizuoka qui s’étend sur le tracé original du Tokaido.</p><p>L’endroit est assez calme pour y entendre le bourdonnement des insectes lorsque l’on s’y promène. La route longe brièvement la rivière. Devant certaines maisons&nbsp;sont disposés des sachets contenant fruits et légumes à l’intention des voyageurs. Personne ne les surveille, il suffit de déposer de l’argent pour les emporter avec soi.</p><p>En parcourant d’est en ouest ce qui était la route allant de Mariko à Tokyo, on s’expose à d’autres visages du Japon. Il y a d’abord Shizuoka, ville de province animée. Puis un mélange de sentiers côtiers pittoresques traversant des vergers d’agrumes à flanc de colline et des étendues urbaines bétonnées où la ligne Shinkansen Tokaido et l’autoroute du Tokaido couvrent le bruit de l’océan. Attendent également des points de vue représentés par Hiroshige, notamment un panorama typique sur le mont Fuji depuis le passage de Satta, lorsque les nuages sont favorables. Ce n’est en rien comparable à un sentier de randonnée conventionnel.</p><p>(<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/climbing-mount-fuji" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Voici pourquoi des centaines de milliers de personnes gravissent le mont Fuji chaque année</em></a><em>.</em>)</p><p>C’est sur la section de Hakone Hachiri que le Tokaido ressemble le plus à un sentier de pleine nature. Celle-ci s’étend sur une trentaine de kilomètres entre la ville de Mishima, à l’est de Shizuoka, et la ville d’Odawara, dans la préfecture de Kanagawa (limitrophe de Tokyo), connue pour son château. Le bourg de <a href="https://hakone-japan.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hakone</a> est célèbre pour le <a href="https://hakone-japan.com/discover/national-park/basic-information/learn-about-the-park/nature-of-lake-ashi/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">lac Ashi</a>, pour ses <a href="https://www.japan.travel/en/things-to-do/relaxation/onsen/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>onsen</em></a><em>, </em>ses <em>ryokan,</em> et ses panoramas rapprochés sur le mont Fuji&nbsp;; c’est une excursion typique lorsque l’on est à Tokyo. Toutefois, le sentier de Hakone Hachiri demeure méconnu.</p><p>Les segments comme celui-ci ne représentent peut-être qu’une fraction de la grande route d’origine mais ils sont encore doués du pouvoir de transporter les touristes vers une autre époque.</p><p>«&nbsp;Le Tokaido est un mélange d’hier et d’aujourd’hui, et Hakone est un des lieux où l’on peut encore sentir l’air d’il y a 400&nbsp;ans&nbsp;», déclare Shin Kaneko, P-DG et guide principal de l’agence <a href="https://explore-hakone.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Explore Hakone</a>. «&nbsp;Vous ne verrez pas de relais parfaitement conservés mais il y a encore des petits villages traditionnels. Le lac Ashi et le mont Fuji ont à peine changé depuis le temps où des gens se promenaient là à l’époque d’Edo.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;Le sentier passe encore par une forêt de cèdres immenses, par des pans historiques du sentier qui sont pavés et, après une montée abrupte, s’arrête au salon de thé Amazake-chaya, vieux de 400 ans, continue celui qui est né à Hakone. Vous avez l’impression de transpirer tout autant que les voyageurs d’hier.&nbsp;»</p><p>Rob Goss est journaliste voyage et vit à Tokyo. Suivez-le sur <a href="https://www.instagram.com/robgosswriter/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Instagram</a>.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les artéfacts les plus spectaculaires de l'ère viking</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-archologie-les-artefacts-les-plus-spectaculaires-de-ere-des-vikings</link><description><![CDATA[Malgré leur influence et leur réputation de conquérants violents et charismatiques, les archéologues ne croulent pas sous les objets provenant de l’ère des Vikings. Les images des drakkars aux extrémités recourbées, des boucliers et des tenues de combat sont célèbres dans nos esprits, mais la plupart des visuels que nous ajoutons à ces mythes reposent sur des pièces détachées, des indices épars...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 13:12:11 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-archologie-les-artefacts-les-plus-spectaculaires-de-ere-des-vikings</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ulfberht.jpg?w=1600" length="1166762" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Malgré leur influence et leur <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-vikings-etaient-ils-aussi-violents-que-nous-limaginons">réputation de conquérants violents</a> et charismatiques, les archéologues ne croulent pas sous les objets provenant de l’ère des Vikings. Les images des <a href="https://www.britannica.com/technology/longship" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">drakkars</a> aux extrémités recourbées, des boucliers et des tenues de combat sont célèbres dans nos esprits, mais la plupart des visuels que nous ajoutons à ces mythes reposent sur des pièces détachées, des indices épars et de nombreux petits fragments trouvés au fil du temps.</p><p>L’histoire de <a href="https://www.britannica.com/topic/Viking-people" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ces pilleurs scandinaves</a>, retracée dans la nouvelle série documentaire de <em>National&nbsp;Geographic</em> intitulée <em>Vikings&nbsp;: Gloire et déclin</em>, dura un peu moins de trois siècles, de 793 à 1066, bien que le contrôle scandinave s’accrocha aux Hébrides écossaises jusqu’en&nbsp;1266. Toutefois, compte tenu du fait que les Vikings furent influencés par des cultures antérieures et qu’ils influencèrent à leur tour celles qui leur succédèrent, il n’est pas toujours facile de trouver des artéfacts qui enrichissent véritablement l’image que nous avons des Vikings et de leurs extraordinaires exploits. Après tout, «&nbsp;Viking&nbsp;» n’était pas un simple titre donné à un peuple, mais <a href="https://www.britannica.com/topic/Viking-people" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un mode de vie</a> à part entière.</p><p>Voici quelques-uns des artéfacts qui survécurent aux Vikings et qui traversèrent les siècles, contribuant ainsi à dresser le portrait d’un peuple devenu légendaire.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546409_0"><strong>L’ÉPÉE ULFBERHT</strong></h2><p>Il ne s’agit pas d’une relique unique mais plutôt d’un type d’armes avancées. <a href="https://core.ac.uk/download/pdf/268620377.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Arborant le mot +VLFBERH+T</a> telle une marque de designer, cet accessoire spécifique était remarquable pour la technologie utilisée pour le créer à l’époque. Loin d’être une épée ordinaire, l’Ulfberht aurait été fabriquée entre le 9<sup>e</sup> et le 11<sup>e</sup>&nbsp;siècles, à partir d’un alliage très pur <a href="https://core.ac.uk/download/pdf/268620377.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">forgé avec de grandes quantités de carbone</a>. Ce matériau exigeait une chaleur intense ainsi qu’une grande habileté, et était généré dans un fourneau de forgeron appelé creuset. L’arme qui en résultait, faite «&nbsp;d’<a href="https://www.britannica.com/technology/crucible-process" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">acier de creuset</a>&nbsp;», était légendaire du fait de sa légèreté et de sa force hors du commun&nbsp;: un atout précieux pour un guerrier.</p><p>Tout comme de nombreux aspects de la culture viking, les origines de l’épée&nbsp;Ulfberht sont obscures. <a href="https://www.kpbs.org/news/arts-culture/2012/10/09/nova-secrets-viking-sword" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Près de 170&nbsp;exemplaires</a> portant cette inscription furent découverts à travers l’Europe, mais les lettres y sont souvent épelées dans le désordre, arborant le dernier «&nbsp;+&nbsp;» après le «&nbsp;T&nbsp;» plutôt qu’avant. Ces exemplaires seraient des contrefaçons fabriquées par des forgerons concurrents pour profiter de la réputation de ce qui était clairement une anomalie technologique de l’époque, construite d’une manière qui n’avait jamais été observée auparavant qui disparut à nouveau après la disparition des Vikings. Une Ulfberht fut analysée et recréée par le maître forgeron Richard&nbsp;Furrer pour le documentaire de <em>National Geographic</em> intitulé <a href="https://www.kpbs.org/news/arts-culture/2012/10/09/nova-secrets-viking-sword" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Secrets of the Viking Sword</em></a>. Furrer décrivit la réplique obtenue comme un travail «&nbsp;rassemblant l’ensemble de mes compétences… dans un morceau d’acier d’un kilogramme&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546410_0"><strong>LE TRÉSOR DE HARROGATE</strong></h2><p>Exhumée d’un champ près de la ville anglaise de Harrogate en 2007 par une équipe père-fils de chercheurs de trésors amateurs, cette étonnante trouvaille, en plus d’être un butin de rêve pour tout passionné, permit de donner un aperçu de la portée du commerce (ou du pillage) des Vikings. Composé de près de 600&nbsp;pièces de monnaie, de lingots et de bijoux assortis, serrés dans un récipient en argent gravé de lions et de cerfs, et doublé d’or, son contenu fut daté aux 9<sup>e</sup> et 10<sup>e</sup>&nbsp;siècles de notre ère.</p><p>«&nbsp;C’est le monde renfermé dans un récipient&nbsp;», <a href="https://www.theguardian.com/uk/2007/jul/20/maevkennedy.martinwainwright" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">déclarait à l’époque Jonathan&nbsp;Williams</a>, du British&nbsp;Museum, au <em>Guardian</em>, en référence à la nature exotique de certains des objets qui s’y trouvaient, provenant de destinations aussi disparates que l’Afghanistan, l’Afrique du&nbsp;Nord et la Russie. Le Trésor de&nbsp;Harrogate est le deuxième plus grand trésor viking découvert en Grande-Bretagne après <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9sor_de_Cuerdale" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">celui de Cuerdale</a>, déterré près de Preston en&nbsp;1840. Ceux qui le découvrirent, David et Andrew&nbsp;Whelan, furent félicités pour la discipline dont ils firent preuve en déterrant la cachette intacte, et <a href="https://www.theguardian.com/uk/2007/jul/20/maevkennedy.martinwainwright" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">partagèrent ensuite une prime</a> d’un million de livres&nbsp;Sterling avec le propriétaire du terrain. Au début de cette affaire, ils pensaient simplement avoir trouvé un vélo rouillé.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546411_0"><strong>LES PIÈCES D’ÉCHECS DE LEWIS</strong></h2><p>L’une des découvertes les plus fascinantes de l’ère Viking <a href="https://www.nms.ac.uk/explore-our-collections/stories/scottish-history-and-archaeology/lewis-chess-pieces/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">fut mise au jour sur une plage d’Uig</a>, sur l'île de Lewis en Écosse, au début du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Quand et comment la découverte eut lieu demeure un mystère contesté, mais elle est souvent attribuée à Malcolm&nbsp;Macleod, du village de Peighinn&nbsp;Dhomhnuill, qui les aurait trouvées dans un banc de sable effondré en&nbsp;1831. Ce qui est sûr, c’est qu’elles finirent par arriver entre les mains de la <a href="https://www.socantscot.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Société des antiquaires d’Écosse</a> d’Édimbourg plus tard cette année-là, où elles devinrent une source de fascination et de spéculation qui perdure encore aujourd’hui. L’étude et l’analyse de ces pièces sculptées dans l’ivoire de dents de baleine et de morses, qui mesurent environ 10&nbsp;centimètres et comptent à notre connaissance près de quatre-vingt-treize objets et accessoires, suggérèrent une origine scandinave, peut-être <a href="https://www.visitnorway.com/places-to-go/trondelag/trondheim/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Trondheim en Norvège</a>, aux alentours de&nbsp;1150 de notre ère.</p><p>Bien que de nombreuses théories concernant son origine aient vu le jour, le jeu d’échecs serait apparu <a href="https://www.britannica.com/topic/chess/History" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">en Inde au 6<sup>e</sup>&nbsp;siècle</a>&nbsp;et aurait été joué par la noblesse et le clergé de la société scandinave. Les figurines de Lewis, qui étaient des articles très convoités et assez nombreux pour constituer quatre jeux distincts, pourraient avoir été cachées par un vendeur ambulant furtif alors qu’il faisait du commerce dans les Hébrides écossaises, alors sous domination nordique. Mais tout ceci n’est que conjecture&nbsp;: les pièces auraient pu être fabriquées n’importe où, de la Norvège à l’Islande, par cinq artisans différents, par un seul fabricant norvégien <a href="https://www.amazon.co.uk/Ivory-Vikings-Marie-Nancy-Brown/dp/1137279370" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ou encore par une femme islandaise</a>. Tout est possible.</p><p>Ce qui confère aux pièces d’échecs leur magie, c’est leur charisme. D’un caractère et d’une forme expressifs, les pièces exagèrent les personnages qu’elles représentent, donnant une vision concentrée, presque satirique, de la culture dont elles sont issues.</p><p>Si les Vikings jouaient aux échecs, ils n’utilisèrent probablement pas ce jeu-là&nbsp;; mais ce que les pièces de Lewis pourraient bien nous offrir, c’est un aperçu de leur peuple. Parmi les dames, les fous et les rois, la pièce la plus ouvertement viking est la tour qui représente un soldat mordant son bouclier et arborant une expression dérangée. <a href="https://www.nms.ac.uk/explore-our-collections/stories/scottish-history-and-archaeology/lewis-chess-pieces/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Les historiens comparèrent cette pièce</a> aux guerriers <a href="https://www.britannica.com/topic/berserker" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">«&nbsp;berserkers »</a> du folklore nordique et germanique, qui auraient porté des peaux d’animaux (le mot signifie «&nbsp;peau d’ours&nbsp;»), consommé des substances psychotropes et abordé la bataille avec une brutalité folle et féroce, et ce afin d’effrayer leurs adversaires.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546412_0"><strong>LE MARTEAU DE THOR</strong></h2><p>Outil emblématique de la mythologie païenne, ce «&nbsp;marteau des dieux&nbsp;», connu sous le nom de <a href="https://www.britannica.com/topic/Mjollnir" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Mjöllnir</a>, était l’arme de <a href="https://www.britannica.com/topic/Thor-Germanic-deity" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Thor, le dieu du Tonnerre</a>. Thor était un personnage populaire dans la théologie nordique de l’époque des Vikings, souvent représenté comme un puissant guerrier qui gardait les portes d’Asgard et conjura les tempêtes de feu de l’enfer.</p><p>Lorsque le christianisme envahit l’Europe, beaucoup s’accrochèrent aux emblèmes de l’ancienne foi, portant le marteau de Thor en amulette ou en collier, peut-être pour imiter les manières chrétiennes, ou pour servir de bénédiction lors des combats. De nombreux bijoux de ce type furent trouvés parmi les objets vikings, des plus simples aux plus ornés, ainsi qu’un moule découvert au Danemark, utilisé par un bijoutier entreprenant (ou indécis), et qui était utilisé pour forger à la fois des croix chrétiennes et des pendentifs de Mjöllnir.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546413_0"><strong>LA CASQUE GJERMUNDBU</strong></h2><p>Aussi tenace que soit cette idée reçue, en réalité, <a href="https://en.natmus.dk/historical-knowledge/denmark/prehistoric-period-until-1050-ad/the-viking-age/weapons/helmets/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">les casques vikings n’avaient pas de cornes</a>. Pas à notre connaissance, en tout cas, car nous n’avons que très peu d’informations sur les casques vikings, si ce n’est la présomption qu’ils en portaient probablement. La plupart des représentations des Vikings furent développées des siècles après leurs premiers pillages (le fameux casque à cornes était <a href="https://www.scribd.com/doc/51267328/Frank-Invention-of-Horned-Helmet" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un accessoire d’opéra</a> du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle). Seules les gravures sur bois et les <a href="https://uni.hi.is/adalh/files/2013/02/Hildr-Eng.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">«&nbsp;pierres à images&nbsp;»</a> arrivées plus tard, parfois utilisées comme pierres tombales, offrent des indices contemporains sur la façon dont les Vikings se percevaient eux-mêmes. Nombre d’entre elles présentent des personnages de profil et suggèrent qu’ils portaient des calottes ou de simples casques en forme de balle fabriqués à partir de morceaux de fer rivetés, dans un style communément appelé <em>spangenhelm</em>. Étant donné que les Vikings considéraient l’armement extravagant comme <a href="https://en.natmus.dk/historical-knowledge/denmark/prehistoric-period-until-1050-ad/the-viking-age/weapons/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un signe de richesse et de prouesse</a>, il est probable que les casques étaient aussi considérés comme des symboles de statut.</p><p>Un indice apparut en&nbsp;1943 avec la découverte d’un casque <em>spangenhelm</em> brisé à Ringerike, en Norvège, et <a href="https://www.khm.uio.no/english/visit-us/viking-ship-museum/viking-age/weapons-and-golden-treasures/weapons/gjermundbu.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">fut longtemps le seul et unique indice</a> à disposition. Trouvé en neuf fragments au sein d’une cache d’armes et d’autres objets funéraires, et baptisé Gjermundbu, du nom de la ferme où il fut trouvé, il fut minutieusement restauré. Avec son aspect cérémoniel et ses lunettes destinées à protéger les yeux du guerrier, il évoque les casques scandinaves (<a href="https://www.britishmuseum.org/collection/object/H_1939-1010-93" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">et anglo-saxons</a>) de l’ère pré-viking, dont certains étaient dotés de «&nbsp;barbes&nbsp;» en cotte de mailles. Un deuxième casque étonnamment similaire, bien que moins garni, fut trouvé dans les années&nbsp;1950 par des ouvriers qui creusaient des tranchées d’égoûts près de Middlesbrough, dans le nord-est de l’Angleterre. Celui-ci fut <a href="https://archaeology.co.uk/articles/news/confirmation-of-britains-first-viking-helmet.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">examiné dans le cadre d’une étude menée en&nbsp;2020</a> par l’université de&nbsp;Durham, permettant de confirmer qu’il s’agissait bien d’un casque viking datant du 10<sup>e</sup>&nbsp;siècle. À l’exception de quelques fragments disparates, cette relique et celle de Gjermundbu sont les deux seuls casques vikings découverts à ce jour.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546414_0"><strong>LES TÊTES D’OSEBERG</strong></h2><p>L’une des découvertes vikings les plus énigmatiques, et sans doute les plus spectaculaires&nbsp;: le <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-mystere-du-bateau-doseberg-navire-viking-decouvert-il-y-a-plus-de-100-ans">navire funéraire mis au jour en&nbsp;1904 dans la ferme d’Oseberg</a>, près de&nbsp;Tønsberg, dans la région de Vestfold, en Norvège. Les Vikings utilisaient souvent des drakkars comme celui-ci pour transporter les défunts fortunés ainsi que leurs biens, en veillant à ce que les occupants disposent de suffisamment d’accessoires pour s’assurer une vie prospère dans l’au-delà, à la manière des traditions d’Égypte antique. Datant de&nbsp;834, la sépulture d’Oseberg était l’équivalent viking de la tombe de&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/qui-etait-toutankhamon">Toutânkhamon</a>. Bien que perturbée dans l’Antiquité, elle regorgeait de trésors culturels. Le navire de 21&nbsp;mètres de long, entièrement fait de chêne et orné de magnifiques sculptures, était rempli de divers objets tels qu’un char, <a href="https://www.researchgate.net/figure/The-Buddha-bucket-from-the-Oseberg-grave-Photo-Museum-of-Cultural-History-Oslo-Eirik_fig8_309751370" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un seau décoré d’une figure en laiton ressemblant à Bouddha</a>, des tentes, des équipements, plusieurs animaux et les corps de deux femmes d’un rang social manifestement élevé.</p><p>Furent également trouvées cinq mystérieuses sculptures de bois représentant des têtes d’animaux fantaisistes ressemblant à des lions, des dragons d’eau ou des mammifères féroces. Liées par une corde passant par les bouches des têtes sculptées, elles sont ornées de bijoux, et gravées de tourbillons baroques et de nœuds en forme de bretzel. Leur fonction est encore plus obscure&nbsp;: bien que fabriquées par cinq artisans différents, on ignore quelle était leur utilité dans la vie (ou dans la mort), ce qui en fait des symboles évocateurs d’une culture qui, malgré sa violence, était également riche en symbolisme et en art.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546415_0"><strong>LE BATEAU DE GOKSTAD</strong></h2><p>Les drakkars étaient des chefs-d’œuvre de conception, et la clé des nombreuses conquêtes des Vikings. Dotés d’une large coque et d’un faible «&nbsp;tirant d’eau&nbsp;», c’est-à-dire que seule une petite partie du navire était immergée sous l’eau lors de la navigation, ils étaient rapides et stables, mais aussi caverneux, capables de transporter de lourdes charges dans des eaux peu profondes, telles que les rivières et les criques.</p><p>Ces navires de pillage avaient un profil incomparable, qui ne tarda pas à devenir <a href="https://ehistory.osu.edu/articles/viking-longboat" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">symbole de terreur</a>. Bien qu’il ne fut pas aussi resplendissant que le navire trouvé dans la sépulture d’Oseberg, le bateau de Gokstad, mesurant presque 24&nbsp;mètres de long, est le plus grand bateau viking jamais découvert. Trouvé en&nbsp;1880 dans un monticule funéraire à Gokstad, dans le Vestfjord en Norvège, il pouvait transporter trente-deux personnes, des moyens de transport ou encore des marchandises&nbsp;: un véritable bateau multifonctions.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5546416_0"><strong>LES PATINS EN OS</strong></h2><p>Outre les bateaux et les épées, l’archéologie permit également de mettre au jour des éléments plus intimes et fantaisistes de la culture viking&nbsp;: peignes, jeux, bijoux… Mais aussi ces patins à glace trouvés <a href="https://www.jorvikvikingcentre.co.uk/about/jorvik-artefact-gallery/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">dans un lot avec quarante-deux autres exemplaires</a> sur le site de Coppergate, à York, et conservés au <a href="https://www.jorvikvikingcentre.co.uk/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Jorvik Viking Centre</a> de la ville.</p><p>Fabriqués en cuir et en os polis, généralement de jambes de chevaux, les patins n’étaient pas des lames conçues pour mordre la glace comme les modèles que nous connaissons aujourd’hui. Ils étaient probablement utilisés comme des skis, avec des bâtons utilisés pour s’équilibrer pendant que celui ou celle qui les portait glissait sur la glace. Ils étaient sans doute utilisés à des fins pratiques, comme la chasse, mais peut-être aussi pour le plaisir, ce qui offre une vision légèrement différente de l’un des peuples conquérants les plus redoutés de l’Histoire.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les dix plus beaux documentaires de Sir David Attenborough</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/environnement/les-dix-plus-beaux-documentaires-de-sir-david-attenborough</link><description><![CDATA[Depuis son premier documentaire, Zoo Quest, diffusé en 1954, Sir David Attenborough a été le visage et la voix d’innombrables documentaires animaliers, célébrant les merveilles du monde naturel ou soulignant les effets nocifs du changement climatique. Par un savant et caractéristique mélange d’images prises sur le vif et de narration captivante, il a influencé de mille façons le genre du...]]></description><category>Environnement</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 09:46:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/environnement/les-dix-plus-beaux-documentaires-de-sir-david-attenborough</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/fdw7wy.jpg?w=1600" length="826710" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis son premier documentaire, <em>Zoo Quest,</em> diffusé en 1954, Sir David Attenborough a été le visage et la voix d’innombrables documentaires animaliers, célébrant les merveilles du monde naturel ou soulignant les effets nocifs du changement climatique. Par un savant et caractéristique mélange d’images prises sur le vif et de narration captivante, il a influencé de mille façons le genre du documentaire naturel.</p><p>Dans son dernier documentaire de soixante minutes, <em>Wild London,&nbsp;</em>Attenborough braque sa caméra curieuse sur sa ville natale et en explore la riche biodiversité qui se niche dans des recoins cachés, des parcs publics aux jardins privés en passant par les toits et le métro.</p><p>Qu’il s’agisse de renards, de rats, de phalènes, de chauve-souris, de faucons pèlerins nichant sur des gratte-ciel ou même de pigeons montant à bord de rames du métro, tous contribuent à former la tapisserie urbaine enchevêtrée, et Attenborough les observe avec le même émerveillement caractéristique que celui manifesté devant les lions de la savane, les baleines des profondeurs et les orangs-outans des forêts tropicales. Son message est puissant&nbsp;: les villes font partie intégrante du monde naturel. Et en leur sein, les humains façonnent et entretiennent des écosystèmes en nourrissant la faune ou encore en créant des étangs et des espaces verts, le tout en devant à la fois gérer les espèces invasives et cohabiter avec elles.</p><p>Dans la foulée, il a réalisé <em>Secret Garden,&nbsp;</em>qui propose un regard tout aussi minutieux sur les écosystèmes cachés qui prospèrent dans les jardins britanniques, des parcelles de campagne idylliques aux espaces reculés qui servent de sanctuaires à la vie sauvage.</p><p>Son centième anniversaire est l’occasion de faire l’expérience de l’extraordinaire diversité des merveilles de la nature en revisitant certaines des séries les plus emblématiques de cette légende du petit écran.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613847_0"><strong>1.&nbsp;L’APPEL DE L’OCÉAN</strong></h2><p>Au cœur du documentaire <em>David Attenborough&nbsp;: L’Appel de l’océan</em> se trouve une réflexion sur le rôle des océans du globe dans le maintien de la vie sur Terre. Le désormais centenaire commence par revenir sur les phénomènes sous-marins les plus saisissants qu’il lui ait été donné de voir tout au long de sa carrière. Ensuite, revisitant les mêmes régions en 2025, avec une perspective plus riche et davantage de connaissances scientifiques, il va plus loin encore et part à la découverte de vastes récifs coralliens, d’herbiers marins et d’espèces marines rares.</p><p>L’ensemble est porté par un commentaire sur l’effet de l’activité humaine sur ces habitats fragiles et sur les populations qu’ils font vivre. Mais Attenborough prend également soin d’insuffler un zeste d’optimisme en mettant en lumière des projets de protection et des exemples de pratiques durables qui aident les océans à recouvrer leur santé et leur biodiversité.</p><p>Salué comme une œuvre cinématographique spectaculaire et comme une ressource pédagogique essentielle, le film s’accompagne d’un livre,&nbsp;<a href="https://www.natgeotv.com/uk/special/ocean-earths-last-wilderness-with-david-attenborough" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Oceans: Earth’s Last Wilderness</em></a><em>,</em> co-écrit avec Colin Butfield.</p><p>Regardez <a href="https://www.disneyplus.com/fr-fr/browse/entity-1d8f1a4a-72dc-4532-a0e0-d35daa00d3a7" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>L'Appel de l'Océan</em></a> sur Disney+</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613849_0">2.&nbsp;<strong>PLANÈTE TERRE I, II ET III</strong></h2><p>Le premier volet de <em>Planète Terre</em> a été diffusé en 2006. Il emmène les spectateurs dans un voyage à travers les dernières véritables étendues sauvages de la planète et attire l’attention sur les effets profonds du changement climatique. Revenant sur ses pas dix ans plus tard dans <em>Planète Terre II</em>, Sir David montre avec quelle rapidité la planète a changé ainsi que les efforts toujours plus extrêmes que les animaux doivent faire pour survivre.</p><p>Sorti près de deux décennies après la série originale, <em>Planète Terre III</em> couvre plus de quarante-trois pays sur une période de cinq ans, des déserts aux prairies en passant par les extrêmes de l’Arctique, et se concentre sur la faune, notamment sur les babouins chacmas (<em>Papio ursinus</em>) du parc naturel de Tasobis, en Namibie, et sur la baleine franche australe (<em>Eubalaena australis</em>), au large de l’Argentine. Dans le dernier épisode, les humains viennent occuper le devant de la scène pour la première fois et présentent des histoires sur des individus inspirants se battant pour la préservation de la faune.</p><p>En plus de la fascinante vitrine sur les défis que présente la réalisation de documentaires animaliers, les épisodes des deux premiers volets comprennent des «&nbsp;Planet Earth Diaries&nbsp;», des petits aperçus des coulisses de l’immortalisation de comportements végétaux et animaux aussi rares qu’imprévisibles.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://Planet%20Earth" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Planète Terre</em></a><em>,&nbsp;</em><a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p02544td/planet-earth-ii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Planète Terre II</em></a> et&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p0gjwxhv/planet-earth-iii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Planète Terre III</em></a> (en anglais).</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613849_1">3.&nbsp;<strong>BLUE PLANET I ET II</strong></h2><p>Présentée comme la série la plus exhaustive sur l’histoire naturelle des océans du globe, <em>Blue Planet,</em> avec ses deux volets sortis en 2001 et 2017, apporte un éclairage fondamental sur la vie marine. Jusqu’à la publication de ces documentaires, plusieurs espèces, dont la pieuvre Dumbo (<em>Grimpoteuthis</em>) et <em>Caulophryne polynema,</em> n’avaient jamais été filmées.</p><p>Des eaux côtières peu profondes aux profondeurs inexplorées des océans, chaque épisode de cinquante minutes se focalise sur un aspect différent de la vie dans les environnements marins, vastes et en constante évolution. Les mers saisonnières et les récifs coralliens deviennent le théâtre de luttes spectaculaires qui voient les espèces rivaliser pour accaparer nourriture et espace.</p><p>Le deuxième volet revisite les mers et océans du globe pour attirer l’attention sur les dangers de l’activité humaine pour la vie marine. Dans le dernier épisode, intitulé «&nbsp;Our Blue Planet&nbsp;», Attenborough s’intéresse au rôle des activités anthropiques et donne tout son poids à une série qui met en lumière les effets du plastique et de la pollution chimique sur les écosystèmes marins et sur la diversité de la vie marine, que nous risquons de perdre en conséquence.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/b008044n/the-blue-planet" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Blue Planet</em></a> et&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p04tjbtx/blue-planet-ii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Blue Planet II</em></a><em>&nbsp;</em>(liens en anglais).</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613851_0">4.&nbsp;<strong>FROZEN PLANET I ET II</strong></h2><p>Les deux volets de la série <em>Frozen Planet</em> («&nbsp;planète gelée&nbsp;»), diffusés en 2011 et 2022, s’intéressent aux climats extrêmes des pôles Nord et Sud et se penchent sur la façon dont les espèces indigènes se sont adaptées pour survivre dans ces environnements hostiles et impitoyables. Suivant les saisons polaires, chaque épisode montre un aperçu de la vie dans les lieux les plus reculés du globe, sensibilise aux menaces auxquelles les animaux sont confrontés dans ces environnements et s’intéresse aux façons dont ils survivent aux longs hivers passés dans l’obscurité.</p><p>Plus de dix ans plus tard, David Attenborough revient pour exhorter les spectateurs à agir sans attendre pour protéger les régions gelées de la planète. Le second volet amplifie ce besoin d’action, notamment en élargissant la focale pour inclure tous les habitats gelés de la Terre (parcs nationaux en Russie, au Kenya et en Nouvelle-Zélande, montagnes en Italie, au Japon et au Chili et les littoraux du Canada et du Groenland).</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/b00mfl7n/frozen-planet" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Frozen Planet</em></a> et&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/b00mfl7n/frozen-planet" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Frozen Planet II</em></a>.</p><h2   id="header_5613853_0">5.&nbsp;<strong>DAVID ATTENBOROUGH : UNE VIE SUR NOTRE PLANÈTE</strong></h2><p>Diffusé pour la première fois en 2020, le documentaire <em>A Life on Our Planet</em> est un témoignage sur l’état de la planète et s’intéresse aux effets aux ramifications étendues du changement climatique d’origine anthropique. Le programme met en lumière la réalité du déclin de la forêt amazonienne, de la destruction des habitats par la montée du niveau des mers et de la dégradation des sols qui cause de l’instabilité alimentaire à travers le monde.</p><p>Dans ce film d’une heure et demie, David Attenborough dresse un bilan de sa vie et fait état de ses inquiétudes pour le monde et de ses espoirs pour l’avenir. Des images issues de sa carrière et certaines de ses interactions les plus poignantes avec des animaux servent de décor émouvant à ses paroles tandis qu’il revient sur la façon dont la planète a changé tout au long de sa vie.</p><p>Mais on y trouve également un message d’espoir&nbsp;; le naturaliste révèle en outre quelques-unes des solutions potentielles pour restaurer la biodiversité du globe et nous rappelle qu’il n’est pas trop tard pour la préserver.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.netflix.com/fr/title/80216393" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Une Vie sur notre planète</em></a> sur Netflix.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613853_1">6.&nbsp;<strong>UNE PLANÈTE, SEPT MONDES SAUVAGES</strong></h2><p><em>Une planète, sept mondes sauvages</em> propose de se pencher sur les divers climats de notre planète et emmène les spectateurs des étendues froides et hostiles de l’Antarctique, où manchots, oiseaux marins et phoques s’épanouissent, à l’Asie, l’un des continents les plus divers et les plus extrêmes du globe. Filmé dans quarante-et-un pays, chacun des sept épisodes d’une heure est dédié à un unique continent et présente la richesse de la vie marine et terrestre dans la région.</p><p>Cette série de 2019 couvre la forêt amazonienne et les volcans des Andes en Amérique du Sud, les changements saisonniers extrêmes en Amérique du Nord et la diversité de la faune africaine, ainsi que les espèces uniques d’Australie. Poussant l’enquête, elle s’intéresse aussi aux animaux qui demeurent dans les poches de nature sauvage de l’Europe, le continent le plus densément peuplé de la planète.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p07dzjwl/seven-worlds-one-planet" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Une planète, sept mondes sauvages</em></a> ici (lien en anglais).</p><h2   id="header_5613855_0">7.&nbsp;<strong>DYNASTIES I ET II</strong></h2><p><em>Dynasties</em> est une série en cinq parties sortie en 2018 qui retrace la vie et les histoires de certaines des espèces les plus vulnérables et les plus menacées. Les épisodes suivent les dernières familles survivantes de différentes espèces, du chimpanzé au manchot empereur (<em>Aptenodytes forsteri</em>) en passant par le lycaon (<em>Lycaon pictus</em>) et le tigre.</p><p>Un mélange d’activité humaine dans leurs habitats et de compétition naturelle entre espèces menace de rayer ces animaux de la carte. Le programme met en lumière les combats dans lesquels ils sont engagés pour engendrer et élever leur progéniture et ainsi assurer la continuité de leur lignée.&nbsp;</p><p>La série a fait son retour en 2022 pour une seconde saison, cette fois-ci pour se concentrer sur des familles de pumas, d’éléphants, de guépards et de hyènes luttant pour survivre et se battant contre des rivaux et contre les cycles naturels de la vie et de la mort pour préserver leurs lignées.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p06mvmmr/dynasties" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Dynasties I</em></a><em>&nbsp;</em>et&nbsp;<a href="https://www.bbcearth.com/shows/dynasties-ii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Dynasties II</em></a> ici (liens en anglais).</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613855_1">8. <strong>WILD ISLES</strong></h2><p>La série <em>Wild Isles,&nbsp;</em>sortie en 2023, propose un aperçu vaste de la fragilité et de l’interconnexion des écosystèmes britanniques.</p><p>Filmés pendant quatre ans, les épisodes se concentrent chacun sur un habitat distinct, des zones intertidales, aux falaises en passant par les écosystèmes marins où phoques, dauphins, macareux et colonies d’oiseaux marins prospèrent et par les landes et montagnes accidentées où vivent milans royaux (<em>Milvus milvus</em>) et loutres. On y découvre également les plantes rares présentes dans les prairies fleuries et les terrains agricoles, ainsi que les jardins urbains dépendants de pollinisateurs infatigables, mais surtout que même les paysages les plus familiers regorgent d’une vie extraordinaire.</p><p>Cette série en cinq épisodes sert de rappel que les habitats britanniques reposent sur la coexistence de l’agriculture et de la vie sauvage et que la pression du changement climatique et des pratiques d’agriculture intensives menace cet équilibre délicat.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/p0f0t5dp/wild-isles" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Wild Isles</em></a> ici (lien en anglais).</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613855_2">9<em>. </em><strong>MAMMIFÈRES, CHAMPIONS DE L’ADAPTATION</strong></h2><p>Dans la série <em>Mammifères, champions de l’adaptation,</em> David Attenborough explore la façon dont différentes espèces se sont adaptées aux environnements complexes et en constante évolution qu’elles habitent. Le fil conducteur, qu’il s’agisse de prédateurs chassant dans la savane ou de minuscules créatures évoluant sur les sols des forêts ou tapies sous les structures urbaines, est la survie.</p><p>Pour «&nbsp;Noctambules&nbsp;», le premier épisode novateur, des technologies de tournage infrarouges, thermiques et de faible luminosité inédites ont été utilisées en 2024 afin d’immortaliser le comportement nocturne avec un niveau de détail jamais vu et documenter, pour la toute première fois, des léopards d’Afrique (<em>Panthera pardus pardus</em>) en train de chasser des babouins, mais aussi des hyènes en quête d’un festin dans une obscurité quasi-totale.</p><p>Au cours des six épisodes, il devient clair que face aux menaces, au changement climatique et à la perte d’habitat due à l’humain, ce ne sont pas juste les refuges, mais les liens sociaux, la coopération et l’adaptation continue qui sont vitaux pour la survie d’une multitude de mammifères.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/m001xxn5/mammals" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Mammifères, champions de l’adaptation</em></a> ici (lien en anglais).</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5613855_3">10. ASIA</h2><p>La série <em>Asia,</em> découpée en sept épisodes, sonde l’immense diversité écologique du continent asiatique et ses environnements souvent extrêmes dans lesquels les animaux ont du mal à survivre. Dans les hautes montagnes de l’Himalaya, des éléphants évoluent sur un terrain escarpé et rocailleux, tandis que plus au nord, un lac gelé est une question de vie ou de mort pour un bébé phoque. Dans toute la région, des courants puissants créent des conditions dangereuses le long des systèmes fluviaux du Mékong et du Gange, où poissons et prédateurs affrontent les forces de la nature et les pressions humaines.</p><p>Des caméras robotisées, des prises de vue sous-marines et des technologies de vision nocturne immortalisent des comportements inédits et offrent un aperçu éthologique rare. Il en résulte un documentaire capital proposant un portrait visuellement saisissant du continent célébrant sa diversité et l’adaptabilité de sa faune, mais aussi un appel désespéré à la poursuite des démarches de conservation.</p><p>Regardez&nbsp;<a href="https://www.bbc.co.uk/iplayer/episodes/m0023h9c/asia" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Asia</em></a> ici (lien en anglais).</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les tout premiers messages vocaux étaient envoyés… dans des enveloppes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-les-tout-premiers-messages-vocaux-etaient-envoyes-dans-des-enveloppes</link><description><![CDATA[« Bonjour Maman, Papa et Blanche », salue une voix douce que l’on distingue parmi les crépitements d’un vieux vinyle. À l’évidence, le disque a été écouté à de nombreuses reprises. « J’espère que tout va bien à la maison. J’enregistre ce message depuis Dallas, dans ce minuscule endroit rempli de flippers et autres jeux… »Le disque est petit, à peine 18 cm de diamètre, et est daté d’octobre 1954....]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 08:50:19 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-les-tout-premiers-messages-vocaux-etaient-envoyes-dans-des-enveloppes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/mm10068_20230118_0012.jpg?w=1600" length="769317" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Bonjour Maman, Papa et Blanche&nbsp;», salue une voix douce que l’on distingue parmi les crépitements d’un vieux vinyle. À l’évidence, le disque a été écouté à de nombreuses reprises. «&nbsp;J’espère que tout va bien à la maison. J’enregistre ce message depuis Dallas, dans ce minuscule endroit rempli de flippers et autres jeux…&nbsp;»</p><p>Le disque est petit, à peine 18&nbsp;cm de diamètre, et est daté d’octobre&nbsp;1954. D’après l’étiquette verte ternie, c’est «&nbsp;Gene&nbsp;» qui s’adresse à ses «&nbsp;parents&nbsp;». Dans son message d’une minute, le jeune homme raconte qu’il voyage, «&nbsp;voit du pays&nbsp;» et demande à sa famille de ne pas se faire de souci pour lui.</p><p>«&nbsp;Mon voyage devrait se terminer aux alentours de Thanksgiving&nbsp;», poursuit Gene dans un second enregistrement effectué à Hot Springs, au Texas, peu de temps après le premier. «&nbsp;J’espère que vous avez reçu ma lettre et que j’en recevrai également quelques-unes que vous m’avez envoyées. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas écrit. J’ai vraiment hâte de vous lire.&nbsp;»</p><p>Ce son, en grande partie oublié, est celui d’un des premiers «&nbsp;messages vocaux&nbsp;» au monde. Au cours de la première moitié du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, ces lettres audio et autres messages étaient majoritairement enregistrés dans des cabines sur des disques métalliques ou des vinyles, avant d’être envoyés par la poste aux quatre coins du monde. Si l’on s’en sert surtout aujourd’hui pour écouter de la musique chez soi, les tourne-disques étaient alors utilisés comme moyens de communication longue distance.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5560766_0">GARDER LE LIEN AVEC SES PROCHES</h2><p>Pendant environ trois siècles, l’idée de transporter la voix d’une personne était une obsession pour certains. Il aura finalement fallu attendre la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle pour y parvenir grâce à l’invention du phonographe. Mais un mystérieux appareil, un cylindre en bois appelé le «&nbsp;haut-parleur d’un millier de kilomètres&nbsp;» existait déjà sous la dynastie Qing, qui régnait sur la Chine au 16<sup>e</sup>&nbsp;siècle, comme le révèlent des documents historiques. Il fallait alors parler dans le cylindre, sceller ce dernier et l’envoyer à son destinataire, qui n’avait plus qu’à l’ouvrir pour entendre l’écho.</p><p>Thomas&nbsp;Edison a inventé le phonographe en&nbsp;1877, après avoir imaginé un appareil capable de reproduire de la musique et même de conserver les paroles. Il s’est toutefois rapidement rendu compte que cette technologie avait le potentiel de révolutionner les affaires, l’enseignement et le chronométrage. Le scientifique avait même mis au point un «&nbsp;Family Record&nbsp;» (<em>enregistrement familial</em> en français), qui consistait en un «&nbsp;enregistrement d’expressions, de souvenirs,&nbsp;etc., racontés par les membres d’une famille, ainsi que des derniers mots d’une personne mourante&nbsp;».</p><p>Mais l’utilisation de son invention à des fins de correspondance occupait une place prépondérante dans son esprit&nbsp;: Edison pensait qu’elle pourrait servir pour la dictée et la rédaction de lettres. À la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, les lettres manuscrites étaient la forme de communication personnelle la plus courante. Le télégramme, devenu populaire au début des années&nbsp;1900, était réservé aux messages plus courts et urgents. Quant au téléphone, il est demeuré onéreux et inaccessible pour la plupart des gens jusque dans les années&nbsp;1950, quand bien même Alexander&nbsp;Graham&nbsp;Bell avait passé le premier appel transcontinental entre New&nbsp;York et San&nbsp;Francisco en&nbsp;1915.</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5560769_0">VOICE-O-GRAPH</h2><p>Le gramophone, sorte de phonographe amélioré créé en&nbsp;1887 par Emile&nbsp;Berliner, a été le premier appareil à rendre possible l’utilisation d’enregistrements sonores pour communiquer à longue distance. Les sons étaient enregistrés et écoutés sur des disques faciles à stocker, à reproduire et à envoyer. Si le premier enregistrement connu utilisé comme moyen de correspondance aurait été envoyé par la poste au début des années&nbsp;1920, c’est dans les années&nbsp;1930 et 1940 que la pratique de l’envoi de messages vocaux s’est répandue dans le monde. Cette technologie rendait les communications plus personnelles et était abordable si les clients avaient accès à un appareil ou une cabine d’enregistrement.</p><p>C’est au début des années&nbsp;1940 que l’entreprise américaine Mutoscope a sorti son Voice-O-Graph, une grande cabine en bois semblable à nos photomatons actuels, qui a largement démocratisé l’envoi de messages vocaux aux États-Unis. Véritable innovation, cette cabine d’enregistrement a commencé à faire son apparition aux quatre coins du pays&nbsp;: on en trouvait dans les parcs d’attractions, sur les promenades, aux abords des attractions touristiques, dans les gares et aéroports, dans les bases militaires ainsi qu’aux évènements de l’USO (United Service Organizations, une organisation à but lucratif fournissant des services de loisirs et de soutien moral aux militaires américains). Il y avait également un Voice-O-Graph au sommet de l’Empire State Building, sur la jetée de San&nbsp;Francisco et au bord du fleuve Mississippi à La Nouvelle-Orléans.</p><p>Une fois dans le Voice-O-Graph et après avoir inséré quelques pièces, les utilisateurs disposaient de quelques minutes pour enregistrer leur message. Celui-ci était retranscrit sur un disque de la taille d’un 45&nbsp;tours à récupérer à l’extérieur de la cabine, suffisamment durable pour être écouté plusieurs fois, mais également assez léger pour être envoyé par la poste à un tarif à peine supérieur à celui d’une lettre classique. Les enveloppes étaient même parfois fournies.</p><h2   id="header_5560776_0">DES MESSAGES D’AMOUR</h2><p>Les messages envoyés exprimaient une palette d’émotions allant de l’excitation à l’anxiété, de la joie à la gêne. Les voyageurs envoyaient des enregistrements à leur famille et leurs amis pour donner de leurs nouvelles pendant leur longue absence. Les soldats utilisaient les messages vocaux pour rassurer leurs proches avec le son de leur voix, même si certains d’entre eux ne sont jamais rentrés chez eux. C’était particulièrement le cas pendant la Seconde Guerre mondiale, les bases militaires établies dans presque chaque zone de guerre disposant de cabines d’enregistrement.</p><p>Nombre d’enregistrements sont des lettres d’amour audio très intimes. La plupart, envoyés de très loin, expriment un certain désir. «&nbsp;Ne perds pas courage&nbsp;», dit la voix de Leland à sa femme dans un enregistrement daté de&nbsp;1945 et réalisé dans une cabine de New&nbsp;York. «&nbsp;Que personne ne perde courage. Mike, nous rentrerons tous à la maison, pour reprendre notre vie d’avant là où nous l’avons laissée&nbsp;». Dans un autre enregistrement réalisé en Argentine dans les années&nbsp;1940, un homme joue du violon avant de fredonner une berceuse&nbsp;: «&nbsp;Dors, dors ma chérie, il se fait tard&nbsp;», chante-t-il.</p><h2   id="header_5560777_0">DES ARCHIVES DE COURRIER PHONOGRAPHIQUES</h2><p>À l’époque, les familles se rassemblaient à la moindre occasion autour du tourne-disque pour écouter en boucle les messages. Elles pouvaient également les faire écouter avec une immense fierté à leurs invités. À terme, le message finissait par devenir inaudible, l’aiguille ayant gratté les fines rainures.</p><p><a href="https://tylevin.scholar.princeton.edu/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Thomas&nbsp;Levin</a>, professeur à l’université de Princeton et théoricien des communications, se consacre aujourd’hui à la préservation des sons du passé. Il gère les seules archives mondiales consacrées à ce qu’il appelle le «&nbsp;<a href="https://www.phono-post.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Phono-Post</em></a><em>&nbsp;</em>», ou courrier phonographique en français. Au plus gros du phénomène, des milliers de Voice-O-Graph étaient en service aux États-Unis et de nombreuses stations d’enregistrement jalonnaient la planète. «&nbsp;Des millions de lettres audio ont été envoyées à travers les États-Unis, l’Amérique du Sud, l’Europe, la Russie et la Chine&nbsp;», raconte Thomas&nbsp;Levin.</p><p>Son bureau est rempli d’objets collectés au fil des années&nbsp;: des livres, des affiches, des souvenirs et bien entendu des disques. Le professeur a numérisé plus de 3&nbsp;000&nbsp;disques, tous glissés dans des pochettes plastiques transparentes et soigneusement catalogués, qu’il range dans des armoires et des bacs de rangement empilables entreposés dans une pièce à température contrôlée.</p><p>Des milliers d’autres enregistrements attendent d’être traités. Cela représente presque sept années de travail pour Thomas&nbsp;Levin, une échéance qui ne cesse de reculer au fur et à mesure que le professeur agrandit sa collection. Pour éplucher les pages eBay et acheter des disques, le théoricien a recours à l’intelligence artificielle. Il explique qu’il lui arrive parfois de tomber sur des personnes qui vendent la voix d’un proche, en toute conscience ou non. «&nbsp;Je leur écris et je leur dis&nbsp;: “Vous vendez vraiment la voix de votre grand-père&nbsp;?”, déclare Thomas&nbsp;Levin. Il n’existe aucune perception de la valeur d’une voix, à tel point que les gens sont prêts à se débarrasser de ces objets&nbsp;». En échange des disques, le professeur propose tout de même aux vendeurs de leur envoyer un fichier MP3 de l’enregistrement. Un geste qu’ils apprécient souvent beaucoup.</p><h2   id="header_5560782_0">LES VOIX DU PASSÉ</h2><p>Les <em>Princeton Phono-Post Archive</em> (Archives de courrier phonographique de Princeton) ne comptent presque aucune voix de célébrités. «&nbsp;La majeure partie des enregistrements qui composent ces archives proviennent de gens tout à fait ordinaires exprimant leurs désirs, leurs souhaits, leurs fantasmes de manière très banale&nbsp;», explique Thomas&nbsp;Levin. Si on les écoute attentivement, ils révèlent toutefois beaucoup de choses. Tout comme les lettres papier, ces missives audio nous livrent des informations sur des moments précis de l’Histoire au moyen de récits de vie individuels auxquels s’ajoute une dimension sensorielle.</p><p>Ces «&nbsp;messages vocaux&nbsp;» présentent un intérêt tout particulier pour les historiens de la linguistique, car ils constituent quelques-uns des premiers exemples&nbsp;enregistrés de la manière dont s’exprimaient des personnes lambdas. Ils livrent ainsi des informations sur le vocabulaire employé pour faire la conversation, leur prononciation et leurs accents, la structure de leurs phrases et leur intonation. «&nbsp;C’est sans montage. Tout est authentique&nbsp;», confie Thomas&nbsp;Levin. «&nbsp;Une fois que l’enregistrement commence, il se poursuit jusqu’à sa fin, que vous ayez quelque chose à dire ou non, dit-il en souriant. Le fait que vous n’ayez rien à dire signifie aussi quelque chose&nbsp;».</p><p>Avec l’avènement des cassettes dans les années&nbsp;1960, les services comme le Voice-O-Graph sont rapidement tombés en désuétude (les cassettes audio ont aussi été utilisées pendant plusieurs décennies pour envoyer des messages à l’autre bout de la planète, une pratique qui s’est répandue chez les soldats américains déployés durant la guerre du Vietnam). Ce phénomène du message vocal, aussi bref fût-il, occupe néanmoins une place importante dans l’histoire des communications mondiales. «&nbsp;Nous récupérons des extraits d’un chapitre de l’histoire des médias, des vestiges d’une pratique culturelle autrefois répandue et significative, mais aujourd’hui tombée dans l’oubli&nbsp;», souligne Thomas&nbsp;Levin.</p><p>Pour beaucoup, ces enregistrements étaient l’occasion d’entendre pour la première fois leur propre voix. Les orateurs semblent nerveux, voire mal à l’aise, tandis que d’autres ont l’air de réciter un texte. Face à leur tout premier enregistrement, d’autres prennent conscience qu’ils sont en train de laisser une trace très personnelle qui leur survivra. «&nbsp;Curieusement, les gens parlent de la mort avec une régularité remarquable, relève le théoricien. Ils s’adressent à l’avenir. Et l’on sait une chose à ce sujet&nbsp;: c’est qu’ils n’en feront pas partie&nbsp;», souffle Thomas&nbsp;Levin.</p><p>Les <a href="https://www.phono-post.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Princeton Phono-Post Archive</a> sont toujours à la recherche de nouvelles lettres à ajouter à leur collection. Si vous ou une connaissance possédez une lettre audio dont vous souhaiteriez faire don, écrivez à l’adresse <a href="mailto:phonopost@princeton.edu">phonopost@princeton.edu</a>. Le professeur Levin la conservera dans les archives et vous transmettra en échange sa version numérisée.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Makarska : 60 km de falaises escarpées au-dessus de la mer Adriatique</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/croatie-makarska-60-km-de-falaises-escarpees-au-dessus-de-la-mer-adriatique</link><description><![CDATA[Le long de la côte dalmate, la riviera de Makarska déploie ses 60 km de falaises et d’à-pics escarpés au-dessus de la mer Adriatique. Une eau cristalline aux mille reflets turquoise, caressant le pied des montagnes. Des villages de pêcheurs et des ports vénitiens au charme authentique. Des îles sauvages où la nature règne en maître. Hissons les voiles et poussons la barre vers Makarska en...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 07:44:47 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/croatie-makarska-60-km-de-falaises-escarpees-au-dessus-de-la-mer-adriatique</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/bd7552fb8ee20a6412fe051401f40bfe.jpg?w=1600" length="4061206" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Le long de la côte dalmate, la riviera de Makarska déploie ses 60 km de falaises et d’à-pics escarpés au-dessus de la mer Adriatique.&nbsp;Une eau cristalline aux mille reflets turquoise, caressant le pied des montagnes. Des villages de pêcheurs et des ports vénitiens au charme authentique. Des îles sauvages où la nature règne en maître.&nbsp;Hissons les voiles et poussons la barre vers Makarska en Croatie.&nbsp;Un petit coin de paradis à 65 km au sud de Split et 150 km au nord de Dubrovnik.</p><p>Entre Rijeka et Dubrovnik, la route Magistrale suit le littoral dalmate au plus près des eaux cristallines de l’Adriatique. Au fil de ses 600 km, elle traverse Zadar et Split puis plonge au sud en direction du Biokovo,&nbsp;une montagne côtière de&nbsp;Croatie&nbsp;au pied de laquelle s’étend Makarska et sa riviera. Brela, Baska Voda, Makarska, Tucepi et Zaostrog sont les étapes obligées de ces rivages enchanteurs où se côtoient falaises, criques secrètes, pinèdes et longues plages de galets. Ici, le soleil brille plus de 2 750 heures par an. Entre mai et octobre, la température de la mer oscille entre 20 et 25 °C. Protégée contre les assauts du climat continental par le massif du Biokovo, la&nbsp;riviera de Makarska bénéficie d’une météo clémente tout au long de l’année.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5507549_0">MAKARSKA : QUE FAIRE ?</h2><p>Parmi les incontournables de la riviera de Makarska&nbsp;:</p><p>-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le musée de malacologie et sa riche collection de coquillages ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le sanctuaire de Vepric et sa grotte naturelle dédiée à Notre-Dame de Lourdes ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;La co-cathédrale de Saint-Marc de style baroque et la fontaine de Venise sur la place Kacic ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le parc de la péninsule de Saint-Pierre ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;La plage de Punta Rata à Brela ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les îles de Dalmatie et en particulier Brač, Hvar, Korcula et Mljet ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le parc naturel du Biokovo et le mont Sveti Jure culminant à 1 762 m, d’où l’on profite d’un panorama époustouflant sur les îles de l’Adriatique. Par temps clair, la vue porte jusqu’au Monte Gargano, en Italie.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5507549_1">ARRIVER À MAKARSKA</h2><p><strong>PAR AVION</strong>&nbsp;<br />Makarska se trouve à 76 km de l’aéroport de Split et à 173 km de celui de Dubrovnik. Des bus et des navettes assurent le transfert jusqu’à Makarska.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong>EN TRAIN</strong>&nbsp;<br />Les gares les plus proches de la riviera de Makarska sont : Split (62 km) et Ploče (55 km).</p><p>&nbsp;</p><p><strong>PAR LA ROUTE</strong>&nbsp;<br />Pour découvrir la riviera de Makarska en voiture, on peut emprunter :<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;l’autoroute A1 jusqu’à Split en venant d’Autriche et de Hongrie (via Zagreb) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;l’autoroute Rijeka-Zagreb en venant d’Italie (via Rijeka et Bosiljevo), puis l’autoroute A1 jusqu’à Split ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;la route Magistrale Adriatique (portion de la route E65 joignant Malmö à La Canée en passant par Zagreb, Rijeka, Split et Dubrovnik) pour profiter des magnifiques paysages côtiers.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong>EN BUS</strong><br />De nombreuses liaisons sont organisées depuis :<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Split, Zagreb, Rijeka, Dubrovnik, Ploče (Croatie) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sarajevo, Banja Luka, Tuzla, Mostar (Bosnie-Herzégovine) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Podgorica, Herceg Novi, Bar (Monténégro) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Zurich, Genève, Bâle (Suisse).</p><p>Plusieurs compagnies de bus assurent le trajet jusqu’à la gare routière de Makarska depuis la France, l’Italie, l’Allemagne…&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><strong>PAR LA MER</strong>&nbsp;<br />En saison estivale, on atteint Makarska en ferry depuis les ports de :<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dubrovnik ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Split ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sumartin (Île de Brač) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sucuraj (Île de Hvar) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Korcula (Île de Hvar) ;<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sobra (ile de Mljet).</p>]]></content:encoded></item><item><title>Qu'est-ce qui a poussé ce terroriste d'Al-Qaïda à vouloir travailler avec la CIA ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-guerre-terrorisme-quest-ce-qui-a-pousse-ce-terroriste-dal-qaida-a-vouloir-travailler-avec-la-cia</link><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 06:01:15 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-guerre-terrorisme-quest-ce-qui-a-pousse-ce-terroriste-dal-qaida-a-vouloir-travailler-avec-la-cia</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027620_img.jpg?w=1600" length="96151" type="image/jpeg"/></item><item><title>Quand Al-Qaïda kidnappe un informateur, les agents de la CIA doivent agir vite</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-quand-al-qaida-kidnappe-un-informateur-les-agents-de-la-cia-doivent-agir-vite</link><category>Histoire</category><pubDate>Tue, 12 May 2026 05:02:51 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-quand-al-qaida-kidnappe-un-informateur-les-agents-de-la-cia-doivent-agir-vite</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027619_img.jpg?w=1600" length="153562" type="image/jpeg"/></item><item><title>Guide mystique de Turin, capitale italienne de l’occultisme </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-italie-guide-mystique-de-turin-capitale-italienne-de-occultisme</link><description><![CDATA[Siège historique de la maison royale de Savoie et première capitale historique de l'Italie, Turin est indéniablement une ville royale, avec ses arcades, son architecture majestueuse et ses cafés historiques. Toutefois, en y regardant de plus près, on découvre une ville universitaire moderne et un pôle du design et de la technologie qui s'appuie sur un grand passé industriel. Turin se nourrit de...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 16:06:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/europe-italie-guide-mystique-de-turin-capitale-italienne-de-occultisme</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/tgtaketwoawlita9485awukhr.jpg?w=1600" length="1738079" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Siège historique de la maison royale de Savoie et première capitale historique de l'Italie, Turin est indéniablement une ville royale, avec ses arcades, son architecture majestueuse et ses cafés historiques. Toutefois, en y regardant de plus près, on découvre une ville universitaire moderne et un pôle du design et de la technologie qui s'appuie sur un grand passé industriel. Turin se nourrit de contradictions, et c'est tout particulièrement vrai pour son identité spirituelle.&nbsp;</p><p>La ville abrite le suaire de Turin, l'une des reliques les plus vénérées du christianisme, et est également connue comme la capitale italienne de l'occultisme. Sa situation géographique sur le 45<sup>e</sup> parallèle, à mi-chemin entre l'Équateur et le pôle Nord, une intersection d'opposés d'un point de vue mystique, a donné naissance à une croyance selon laquelle la ville serait un carrefour entre la magie noire et la magie blanche. Les anciens souverains de la maison de Savoie s'intéressaient particulièrement à l'alchimie, et des mystiques tels que Nostradamus y ont séjourné. Si de nombreux sites peuvent être considérés comme sacrés ou occultes, la lumière et les ténèbres coexistent dans bon nombre des attractions touristiques de Turin, ce qui ne fait qu'ajouter à leur mystère.</p><h2  id="header_5613778_0">LE SACRÉ</h2><p><strong>Admirez une relique</strong></p><p>L'attraction phare de la ville : le suaire de Turin, un linge en lin comportant une représentation floue d'un homme crucifié, que d'aucuns considèrent comme étant le Christ. Rarement exposé, il est conservé derrière une vitre blindée dans la chapelle du Saint-Suaire, juste à côté de la place Castello. Au <a href="https://museireali.beniculturali.it" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Museo Reali</a>, à proximité, vous pourrez en voir une reproduction et découvrir les techniques que les scientifiques ont utilisées pour tenter d'en déterminer l'authenticité.</p><p><strong>Contemplez l'art sacré</strong></p><p>Les salles lumineuses de la <a href="https://museireali.beniculturali.it" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">galerie de Savoie</a>, qui donnent sur les Giardini Reali de la place Castello, abritent une collection d'œuvres d'art datant du 14<sup>e</sup> au 20<sup>e</sup> siècle et réalisées par des maîtres italiens, flamands et néerlandais, dont une grande partie a été rassemblée par les anciens souverains de la maison de Savoie à Turin. <em>La Naissance de Vénus</em> de Sandro Botticelli et la <em>Vierge Gualino</em> de Duccio di Buoninsegna figurent parmi les chef-d'œuvres de la collection.&nbsp;</p><p><strong>Visitez un lieu miraculeux&nbsp;</strong></p><p>On raconte qu'en 1104, un homme aveugle aurait découvert une icône de la Vierge Marie sous les ruines d'un sanctuaire situé dans l'actuel Quadrilatero Romano, l'un des quartiers les plus anciens de Turin. Dès la découverte de l'icône, il recouvra la vue. Reconstruite au fil du temps, cette basilique, que l'on appelle aujourd'hui « <a href="https://laconsolata.org" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">sanctuaire de la Consolata</a> », est sans doute la plus belle de la ville. À l'intérieur, on trouve de nombreuses peintures populaires et votives représentant la guérison miraculeuse de victimes d'accidents, de malades et de miséreux, attribuée à la Vierge Marie.&nbsp;</p><p><strong>Profitez d'une vue paradisiaque</strong></p><p>Le fleuve Pô sépare le centre de Turin des quartiers plus verdoyants sur sa rive est. Traversez un pont et empruntez un sentier boisé vers l'église Notre-Dame du Mont des Capucins, perchée sur une colline au bord de l'eau. À l'intérieur de l'église se trouve un autel somptueux mais le panorama qui s'offre à vous depuis ce point de vue est tout aussi saisissant, dévoilant les monuments emblématiques de la ville et, au loin, les Alpes.&nbsp;</p><h2  id="header_5613780_0">&nbsp;</h2><h2  id="header_5613780_1">L'OCCULTISME&nbsp;</h2><p><strong>Visitez un musée ensorcelant&nbsp;</strong></p><p>Situé derrière de lourdes portes en bois à quelques minutes de la Piazza Statuto, le <a href="https://museodellastregoneriatorino.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Museo della stregoneria</a> (musée de la sorcellerie) est géré par deux ésotéristes désireux de partager leur savoir. Au cours de votre visite, promenez-vous dans les salles débordant d'outils divinatoires, de grimoires, d'animaux momifiés, de potions à base de plantes et de dessins réalisés par le médium et artiste Nicolò Mulè. Les personnes qui le souhaitent peuvent également réserver des séances de divination, de purification énergétique et même de régression à une vie antérieure.&nbsp;</p><p><strong>Empruntez une piste cyclable ensoleillée&nbsp;</strong></p><p>La légende raconte que le char de Phaéton, le fils d'Hélios, dieu grec du Soleil, se serait écrasé dans le Pô. Elle a donné naissance à une croyance selon laquelle le fleuve recèlerait d'énergie solaire. <a href="https://turinbike.com" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Louez un vélo</a> ou participez à une visite guidée dans le parc du Valentino, un parc de près de 50 hectares situé sur la rive ouest du fleuve. Ne manquez pas la Fontana dei Dodici Mesi, une fontaine ornée de statues représentant les douze mois de l'année. On y trouve également un château médiéval classé au patrimoine de l'UNESCO.&nbsp;</p><p><strong>Explorez les deux facettes de Turin</strong></p><p><a href="https://somewhere.it" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Des visites guidées nocturnes en bus et à pied</a> vous permettront de découvrir la manière dont la géographie, la tradition et l'histoire sociale ont forgé le caractère mystique de la ville. Découvrez la sinistre Porte du Diable (Portone del Diavolo), ornée d'un heurtoir représentant deux serpents enroulés sortant de la bouche de Satan ; apprenez-en plus au sujet des grottes alchimiques, situées sous la place Castello et les Giardini Reali, qui auraient servi de lieux de rencontre aux ésotéristes ; et admirez le Genio alado, une statue située sur la Piazza Statuto considérée comme une porte vers l'Enfer.&nbsp;</p><p><strong>Découvrez un aperçu de l'immortalité</strong></p><p>Vingt-deux statues de Sekhmet, déesse de la destruction et de la guérison dans la mythologie égyptienne, occupent de manière impressionnante la première salle du <a href="https://museoegizio.it" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">musée égyptien de Turin</a>, entièrement consacré à la culture de l'Égypte antique. Poursuivez votre visite pour découvrir la tombe de Khâ ; le <em>Livre des morts des anciens Égyptiens,</em> un rouleau de papyrus qui contient des sorts guidant le voyage vers l'au-delà ; ainsi qu'une collection d'amulettes symbolisant la stabilité et la résurrection.</p>]]></content:encoded></item><item><title>La fonte de la banquise menace le refuge des baleines boréales</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/conservation-la-fonte-de-la-banquise-menace-le-refuge-des-baleines-boreales</link><description><![CDATA[Du 17e au début du 20e siècle, des milliers de navires ont sillonné les eaux de l'océan Arctique. Ils chassaient les baleines boréales (Balaena mysticetus), poursuivant ces gentils géants à travers les eaux glaciales. Les baleiniers chassaient les baleines boréales afin de vendre leur graisse, qui servait à éclairer des usines et à lubrifier les machines. Ils vendaient leurs fanons, les brosses...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 14:05:06 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/conservation-la-fonte-de-la-banquise-menace-le-refuge-des-baleines-boreales</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/naturepl01633218unison.jpg?w=1600" length="1230184" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Du 17<sup>e</sup> au début du 20<sup>e</sup> siècle, des milliers de navires ont sillonné les eaux de l'océan Arctique. Ils chassaient les baleines boréales (<em>Balaena mysticetus</em>), poursuivant ces gentils géants à travers les eaux glaciales.&nbsp;</p><p>Les baleiniers chassaient les baleines boréales afin de vendre leur graisse, qui servait à éclairer des usines et à lubrifier les machines. Ils vendaient leurs fanons, les brosses rigides qui filtrent la nourriture dans la bouche des baleines, pour rigidifier les corsets. Les baleiniers ont abattu plus de 250 000 animaux entre 1530 et 1914 et ces baleines ont été chassées jusqu'à frôler l'extinction.&nbsp;</p><p>Certaines baleines ont néanmoins réussi à trouver des refuges, des endroits suffisamment glacés pour garder les chasseurs à distance. Selon une étude récente, ces refuges ont permis de sauver leurs populations pour l'avenir.&nbsp;</p><p><a href="https://www.pnas.org/doi/abs/10.1073/pnas.2523917123" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dans une étude parue dans <em>PNAS</em></a>, des scientifiques ont reconstitué plus de 700 expéditions de chasse à la baleine entre 1700 et 1900 et ont découvert que les baleines évitaient les chasseurs en se réfugiant, l'été, dans des zones recouvertes de glace que les baleiniers ne pouvaient pas percer.&nbsp;</p><p>Plus tard, la chasse commerciale à la baleine boréale a été interdite et ces animaux gigantesques, aussi longs qu'un immeuble de quatre étages et demi, ont été officiellement protégés en 1931. Leurs populations se sont depuis rétablies.&nbsp;</p><p>« Les dernières estimations indiquent que la population a presque quadruplé depuis 1978 et qu'elle pourrait avoir atteint, voire dépassé, l'effectif d'avant le début de la chasse commerciale à la baleine », explique <a href="https://azorka.github.io/cv.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Angela Szesciorka</a>, écologiste spécialiste des mammifères marins au Pacific Northwest National Laboratory à Seattle, dans l'État de Washington.&nbsp;</p><p>La chasse à la baleine a disparu mais les baleines boréales sont confrontées à de nouvelles menaces. Le changement climatique fait fondre la banquise qui leur servait autrefois de refuge, tandis que de grands navires sillonnent de plus en plus les eaux de l'Arctique. Chacun de ces facteurs menace les longues migrations des baleines qui commencent au printemps. Aujourd'hui, à nouveau à cause de l'Homme, les baleines boréales risquent de se retrouver sans refuge.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613761_0">OÙ LES BALEINES BORÉALES MIGRENT-ELLES ?</h2><p>La baleine boréale passe toute sa vie, qui peut dépasser les 200 ans (la plus longue de tous les mammifères), dans les eaux arctiques. Quatre groupes de baleines boréales vivent dans les régions arctiques et subarctiques : les populations des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort, de l'est du Canada et de l'ouest du Groenland, de l'est du Groenland, du Svalbard et de la mer de Barents, et de la mer d'Okhotsk.</p><p>Le groupe des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort est de loin le plus important, avec plus de 17 000 baleines. Au printemps, elles migrent en passant par le détroit de Béring entre le Canada et la Russie, se dirigeant vers le nord sur environ 1 500 kilomètres, puis reviennent vers le sud à l'automne.&nbsp;</p><p>Le groupe de l'est du Canada et de l'ouest du Groenland compte aujourd'hui environ 11 000 baleines. Comme son nom le suggère, ce groupe parcourt plus de 2 700 kilomètres vers l'extrême nord de l'est du Canada en été, et revient dans l'est du Groenland en automne. Les deux dernières populations ne comptent chacune que quelques centaines de baleines.&nbsp;</p><p>Les baleines boréales suivent la banquise, se dirigeant vers le nord à mesure que la glace commence à s'affiner et à craquer. Les baleines suivent les ouvertures dans la glace à la recherche de nourriture.&nbsp;</p><p>Lorsque la chasse était à son apogée, certaines baleines ont trouvé refuge en dessous de la banquise épaisse où les baleiniers ne pouvaient pas aller, explique <a href="https://adelaide.edu.au/people/nicholas.freymueller" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Nicholas Freymueller</a>, biologiste spécialisé en biologie de la conservation à l'université d'Adélaïde en Australie. Ses collègues et lui ont reconstitué les résultats de plus de 700 expéditions de chasse à la baleine, couvrant 72 000 jours de chasse, afin de déterminer exactement où les baleines avaient été tuées.&nbsp;</p><p>Selon Nicholas Freymueller, les populations de baleines de l'est du Canada et de la mer du Béring au large des côtes de l'Alaska ont peut-être pu se rétablir car elles disposaient de plus de refuges. Mais le groupe de l'est du Groenland, du Svalbard et de la mer de Barents a été chassé pendant plusieurs siècles de plus que les autres, tandis que les baleines du groupe de la mer d'Okhotsk ne disposaient que de peu de banquise derrière laquelle se cacher lorsque des baleiniers venaient les chasser. Cela pourrait expliquer pourquoi leurs populations restent si peu nombreuses, explique-t-il.&nbsp;</p><p>Dans leurs zones d'alimentation estivales, les baleines trouvent d'immenses populations de minuscules invertébrés, notamment des krills, de petits animaux ressemblant à des crevettes, et des copépodes, de petits crustacés. Elles ouvrent leur bouche, qui peut atteindre un tiers de la longueur de leur corps, aspirent de l'eau pleine de nourriture, puis la filtrent à travers leurs fanons épais.&nbsp;</p><p>Toutefois, ce schéma migratoire est en train de changer. <a href="https://scholar.google.com/citations?view_op=view_citation&amp;hl=en&amp;user=wLueBAYAAAAJ&amp;citation_for_view=wLueBAYAAAAJ:KlAtU1dfN6UC" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dans une étude de 2024</a>, Angela Szesciorka et ses collègues ont utilisé des enregistrements sonores afin de suivre les déplacements des baleines boréales. Ces dernières, en particulier le groupe des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort, chantent en continu lorsqu'elles migrent vers le nord en passant par le détroit de Béring, ce passage étroit de 85 kilomètres de large qui sépare l'Alaska de la Russie. « C'était parfait car l'hydrophone situé juste au nord du détroit de Béring pouvait capter les vocalisations de tout animal passant par là », explique Angela Szesciorka.&nbsp;</p><p>Les chercheurs ont révélé qu'entre 2008 et 2022, les baleines boréales ont modifié leurs habitudes migratoires. Elles ont commencé à se diriger vers le sud pour l'hiver quarante-cinq jours plus tard. Certaines ont également passé plus de temps dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, ce qui pourrait indiquer que ces zones contiennent plus de nourriture. Et l'hiver, certaines baleines ne passent plus par le détroit de Béring, préférant rester juste au nord, dans la mer des Tchouktches.&nbsp;</p><p>Selon Angela Szesciorka, ce changement est dû au déclin de la banquise provoqué par le changement climatique. « En raison du déclin de la banquise en hiver, les baleines restent plus au nord », explique-t-elle. « La superficie minimale de la banquise a diminué de 13 % par décennie depuis 1979 et son volume a diminué de 63 % depuis 1982. L'Arctique subit des changements très rapides ».&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613809_0">LES MENACES D'UN OCÉAN ANIMÉ ET BRUYANT</h2><p>Les baleiniers ont disparu mais la circulation maritime s'intensifie dans l'Arctique.&nbsp;</p><p>Le changement climatique réduit la couche de glace sur l'océan et, plus il y a d'océan à découvert, plus il y a de bateaux. « On observe une augmentation massive du trafic maritime de gros navires » indique <a href="https://explorers.nationalgeographic.org/directory/morgan-j-martin" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" dir="ltr">Morgan Martin</a>, exploratrice National Geographic et <a href="https://www.researchgate.net/profile/Morgan-Martin-2" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bioacousticienne spécialisée en mammifères marins</a> au Bureau of Ocean Energy Management en Virginie. « Il y a du trafic maritime partout ».</p><p>Une partie de ce trafic emprunte le détroit de Béring et, grâce au déclin de la banquise, les bateaux peuvent utiliser le détroit 20 % plus souvent chaque année, selon Angela Szesciorka. « Le trafic a plus que doublé entre 2013 et 2022 ». Ces grands pétroliers, qui peuvent mesurer <a href="https://orbitshub.com/container-ship-dimensions/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">jusqu'à 400 mètres de long</a>, paraissent gigantesques face à une baleine de 16 mètres.&nbsp;</p><p>La multiplication du nombre de bateaux augmente le risque de collision entre navires et baleines et, jusqu'à présent, Morgan Martin&nbsp;a constaté que les baleines <a href="https://www.sciencedirect.com/org/science/article/pii/S2368746023000303" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">n'ont pas tendance à éviter ces navires</a>. Morgan Martin et d'autres scientifiques craignent qu'avec l'augmentation du nombre de bateaux, les baleines boréales ne subissent le même sort que la baleine franche de l'Atlantique nord (<em>Eubalaena glacialis</em>), à laquelle elles sont étroitement apparentées et pour laquelle les collisions avec des bateaux représentent la principale cause de mortalité.</p><p>Les hélices des bateaux couvrent également le chant des baleines, constituant une menace supplémentaire pour leur survie. Les baleines boréales chantent souvent et leur chant est grave, avec des fréquences qui se situent majoritairement en dessous d'un kilohertz. « Les mysticètes utilisent principalement cette bande de fréquences pour émettre des sons et se localiser les unes les autres » souligne Morgan Martin.&nbsp;</p><p>Mais au cours des dernières décennies, les baleines boréales sont passées d'un océan calme à une discothèque bruyante dans laquelle il est difficile de s'entendre chanter. Les bateaux qui passent émettent des bruits dans la même gamme de fréquences (autour de 1 kilohertz) que celle utilisée par les baleines boréales, ce qui accroît le niveau sonore de l’océan. Celui-ci « augmente de quelques décibels en moyenne tous les dix ans » affirme Morgan Martin. « Cela peut entraîner ce que l'on appelle un "masquage acoustique" », lorsqu'un son empêche d'en entendre un autre. Le bruit rend plus difficile pour les baleines de se repérer les unes les autres et de rester à l'affût des orques, leur principal prédateur.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613809_1">CONTINUER DE NAGER...&nbsp;</h2><p>Aujourd'hui, la plupart des gens « chassent » les baleines lors de croisières d'observation. Mais certains groupes inuits sont autorisés à les chasser de manière durable à des fins de subsistance et leur connaissance de ces animaux est essentielle à la fois pour le succès de la chasse et pour leur conservation. « Les communautés autochtones qui dépendent des baleines boréales pour leur subsistance nutritionnelle, culturelle et spirituelle connaissent parfaitement les déplacements de ces animaux » indique Angela Szesciorka. « De nombreuses communautés qui vivent et travaillent sur la glace et sur l'eau sont souvent les premières à remarquer des changements dans leurs déplacements et leur comportement ».</p><p>De plus en plus de scientifiques écoutent donc ce que les communautés inuites ont à dire et installent plus de microphones dans l'eau pour écouter les baleines. Cela pourrait leur permettre de mieux comprendre où et quand les animaux se déplacent, et comment ces déplacements évoluent au fur et à mesure que la banquise fond et que le trafic maritime s'intensifie.&nbsp;</p><p>Si la banquise continue de fondre, les baleines boréales pourraient bien se retrouver privées du refuge qui les a sauvées, selon la dernière étude de Nicholas Freymueller. « D'un point de vue purement climatique, les perspectives ne sont pas bonnes : nous savons que la superficie des habitats propices dans l'ensemble de l'Arctique devrait diminuer de 64 à 75 % selon les estimations, pour des émissions de carbone modérées à importantes » rappelle-t-il.&nbsp;</p><p>Et bien que deux populations de baleines boréales se portent bien actuellement, les deux autres restent menacées. Toute pression supplémentaire, du changement climatique à l'augmentation du trafic maritime, pourrait rendre leur vie un peu plus difficile.&nbsp;</p><p>Selon Nicholas Freymueller, l'extinction d'une espèce ou d'une population ne se résume pas à la mort du dernier animal. « Il vaut mieux considérer l'extinction comme un parcours, un processus et des facteurs qui, on le sait, engagent les espèces sur cette voie souvent des siècles, voire des millénaires, avant que la dernière population ne s'éteigne ». D'autres activités humaines pourraient achever ce que la chasse à la baleine a initié.&nbsp;</p><p>Mais il est possible que les baleines boréales soient suffisamment sensibles au bruit pour se déplacer encore une fois, cette fois-ci hors des voies de navigation. Morgan Martin&nbsp;espère pouvoir les écouter pour le découvrir. &nbsp;</p><p>« Soit elles vont suivre la même voie que la baleine franche de l'Atlantique nord et cela va très mal se terminer pour elles », suppose-t-elle, « soit elles vont se montrer très sensibles au bruit, comme nous le pensons, et elles essaieront alors probablement de rester bien à l'écart avant même que le navire ne s'approche d'elles. Ce serait le meilleur scénario pour tout le monde ».</p>]]></content:encoded></item><item><title>Ces 10 marchés alimentaires feront rêver les voyageurs les plus gourmands</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/ces-10-marches-alimentaires-feront-rever-les-voyageurs-les-plus-gourmands-turquie-caraibes-finlande</link><description><![CDATA[Partout dans le monde, les marchés alimentaires sont des lieux de rassemblement qui permettent aux visiteurs de s’immerger dans la culture et l’histoire de leurs destinations, tout en dégustant de succulents, et souvent d’originaux délices culinaires. Les dix marchés en plein air, halles alimentaires et bazars suivants représentent de merveilleuses opportunités de découvrir les saveurs locales de...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 12:12:56 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/ces-10-marches-alimentaires-feront-rever-les-voyageurs-les-plus-gourmands-turquie-caraibes-finlande</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/market8.jpg?w=1600" length="1562620" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Partout dans le monde, les marchés alimentaires sont des lieux de rassemblement qui permettent aux visiteurs de s’immerger dans la culture et l’histoire de leurs destinations, tout en dégustant de succulents, et souvent d’originaux délices culinaires. Les dix marchés en plein air, halles alimentaires et bazars suivants représentent de merveilleuses opportunités de découvrir les saveurs locales de vos destinations de voyage.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_5553685_0"><strong>BAZAR AUX ÉPICES D’ISTANBUL, EN TURQUIE</strong></h2><p>Officiellement connu sous le nom de Bazar égyptien, ce marché vieux de plusieurs siècles abrite des dizaines de vendeurs d’épices exotiques. Vous pourrez ramener dans vos valises des petits sacs de sumac citronné, d’Urfa Biber, mais aussi de nombreux autres souvenirs savoureux tels que du thé ou du <em>loukoum</em>.</p><h2 id="header_5553687_0"><strong>MARCHÉ DE CASTRIES, À SAINTE-LUCIE</strong></h2><p>Ce marché coloré des Caraïbes offre un vaste choix de fruits et de légumes tropicaux, dont de l’arbre à pain, de la mangue et du corossol, mais aussi des épices cultivées sur l’île. L’eau de coco, directement extraite d’une jeune noix de coco, est également un régal.</p><h2 id="header_5553689_0"><strong>VIEILLE HALLE DU MARCHÉ ET PLACE KAUPPATORI D’HELSINKI, EN FINLANDE</strong></h2><p>Les vendeurs de la place du marché emblématique de Kauppatori à Helsinki servent du hareng au bord de la mer, et vendent des pâtisseries finlandaises à base de viande. Non loin de là, dans la vieille halle rénovée, on trouve des pains artisanaux, de la viande fumée et des sucreries classiques.</p><h2 id="header_5553691_0"><strong>RUE DE WANGFUJING DE PÉKIN, EN CHINE</strong></h2><p>Remplie d’étals de nourriture, de stands de souvenirs et de magasins de bonbons, cette ruelle étroite offre un éventail vertigineux d’en-cas populaires originaires des quatre coins de la Chine. Les plus audacieux pourront y déguster des scorpions en brochettes, des insectes frits et même des hippocampes.</p><h2 id="header_5553693_0"><strong>HALLES CENTRALES DE BUDAPEST, EN HONGRIE</strong></h2><p>La splendide architecture de la plus grande halle de Budapest, ouverte tous les jours sauf le dimanche, n’est rien en comparaison de sa large sélection de classiques culinaires hongrois&nbsp;: les saucisses, le vin&nbsp;Tokay ou encore le paprika. Vous pourrez explorer trois étages entiers ; le deuxième contient des souvenirs artisanaux ainsi qu’un stand populaire de lángos, une pâte frite savoureuse.</p><h2 id="header_5553695_0"><strong>BOROUGH MARKET DE LONDRES, EN ANGLETERRE</strong></h2><p>L’histoire du Borough&nbsp;Market de Londres remonte au 13<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Aujourd’hui, les acheteurs s’y rendent pour les produits et viandes haut de gamme, les producteurs illustres tels que Neal’s Yard Dairy, et les options de repas qui peuvent aller des œufs écossais à la paella, en passant par le börek, une pâte farcie cuite au four.</p><h2 id="header_5553697_0"><strong>MARCHÉ ST.&nbsp;LAWRENCE DE TORONTO, AU CANADA</strong></h2><p>Le samedi, c’est le jour du marché des agriculteurs dans le centre-ville de Toronto&nbsp;: une tradition qui remonte à&nbsp;1803, et qui réunit 120&nbsp;vendeurs de produits alimentaires spécialisés et artisanaux. Pensez à garder un peu de place pour déguster un sandwich au bacon de porc, une spécialité locale.</p><h2 id="header_5553699_0"><strong>FERRY BUILDING DE SAN FRANCISCO, EN CALIFORNIE</strong></h2><p>Tous les jours de la semaine, vous pouvez préparer un repas extraordinaire en faisant le tour des restaurants et des vendeurs de produits gastronomiques du Ferry&nbsp;Building. Le samedi, toutefois, lorsque le Ferry Plaza Farmers Market est installé tout autour du bâtiment, attendez-vous à un véritable festin.</p><h2 id="header_5553701_0"><strong>MARCHÉ DE LA MERCED DE MEXICO, AU MEXIQUE</strong></h2><p>La caractéristique la plus frappante du Mercado de la Merced, c’est sa taille&nbsp;: l’équivalent de huit pâtés de maisons remplis de piments, de fruits de cactus, de <em>chapulines</em> (des criquets) et d’innombrables autres ingrédients mexicains.</p><h2 id="header_5553703_0"><strong>MARCHÉ AUX POISSONS DE TSUKIJI À TOKYO, AU JAPON</strong></h2><p>Le marché aux poissons de Tokyo, le plus grand du monde, a été remplacé par le nouveau marché de Toyosu. Le marché extérieur de Tsukiji, très animé, reste cependant un lieu incontournable pour les amateurs de sushis. Vous pourrez trouver du sashimi fraîchement tranché dans plus de 300&nbsp;boutiques et restaurants (généralement fermés le mercredi et le dimanche).</p>]]></content:encoded></item><item><title>Pourquoi la civilisation maya s'est-elle effondrée ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/mystere-archeologie-pourquoi-la-civilisation-maya-s-est-elle-effondree-uxmal-palenque-chichen-itza</link><description><![CDATA[La civilisation maya s’étendait autrefois sur un vaste territoire en Méso-Amérique, dans ce qui correspond aujourd’hui au sud du Mexique et à l’Amérique centrale. Bien qu’elle abritât des villes prospères et des milliers d’habitants, en l’espace de deux siècles, les principales cités de cette civilisation furent désertées, ses grands temples abandonnés et ses œuvres d’art éclatantes laissées...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 10:09:38 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/mystere-archeologie-pourquoi-la-civilisation-maya-s-est-elle-effondree-uxmal-palenque-chichen-itza</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/maya7.jpg?w=1600" length="1799167" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La civilisation maya s’étendait autrefois sur un vaste territoire en Méso-Amérique, dans ce qui correspond aujourd’hui au sud du Mexique et à l’Amérique centrale. Bien qu’elle abritât des villes prospères et des milliers d’habitants, en l’espace de deux siècles, les principales cités de cette civilisation furent désertées, ses grands temples abandonnés et ses œuvres d’art éclatantes laissées inachevées.</p><p>Dater précisément le début de la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/mayas-les-secrets-de-cette-extraordinaire-civilisation">culture maya</a> s’avère aussi ardu que déterminer sa chute. Selon de nombreux chercheurs, elle aurait commencé à se constituer entre 7000 et 2000 avant J.-C., après que des chasseurs-cueilleurs d’Amérique du Sud se furent installés en Méso-Amérique. La culture du maïs, leur aliment de base, aurait explosé vers 4000 avant J.-C., permettant ainsi à la culture maya de s’épanouir et de s’étendre.</p><p>Ses interactions avec la civilisation olmèque voisine auraient stimulé les progrès de l’architecture maya, comme en témoigne la construction d’immenses complexes rituels bordés de villes. Parmi les centres urbains les plus importants, citons Uxmal, Palenque, Chichén Itzá, Tikal, Copán et Calakmul. Construits pendant la période classique (200-900 apr. J.-C.), les temples mayas pyramidaux et autres bâtiments grandioses (considérés par certains comme des palais), étaient décorés d’innombrables œuvres d’art dédiées aux dieux.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5569635_0">LES LUTTES POUR LE POUVOIR</h2><p>Les chercheurs ont démontré que la civilisation Maya n’était pas un empire unifié, mais qu’il s'agissait plutôt d’une société partagée. Des luttes pour le pouvoir eurent bien lieu, mais celles-ci furent menées par des cités-États rivales ou des <em>ajaws</em> (dirigeants) locaux. Cancún (dans l’actuel Mexique) était l’une de ces prospères enclaves mayas. Elle occupait une position stratégique sur les routes commerciales de la région et était politiquement liée à la puissante cité maya de Calakmul. De nombreuses inscriptions ont été retrouvées sur les monuments, mais aucune n’est postérieure à l’an&nbsp;800.</p><p>Selon les preuves archéologiques, la ville aurait cette année-là été la cible d'une violente attaque. La famille royale et d’autres membres de la noblesse furent assassinés et leurs cadavres ainsi que les emblèmes du pouvoir et leurs bijoux en jadéite furent jetés dans trois espaces funéraires improvisés. Dans le plus grand d’entre eux, les archéologues ont mis au jour trente-huit corps portant des traces de traumatismes brutaux.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-mystere-de-la-reine-rouge-de-palenque"><em>(À lire&nbsp;: Le mystère de la Reine Rouge de Palenque)</em></a></p><p>Si une telle violence n’avait rien d’inhabituel dans la région, cet incident s’inscrit lui dans un contexte plus large. Au cours des premières décennies du 9e&nbsp;siècle, une crise politique et sociale toucha presque toutes les villes mayas. À la fin de la période classique, les sculpteurs mayas avaient cessé de tailler des monuments, les scribes avaient cessé d’enregistrer les actes de leurs souverains et les ouvriers avaient interrompu la construction des palais et des temples. Les villes furent abandonnées. La chute de l’empire maya ne faisait que commencer.</p><p>Cet effondrement, un déclin qui s’est étendu de ville en ville, dura plus de cent ans. Il commença dans la région de Petexbatún et traversa les terres près du fleuve Usumacinta.</p><p>Les villes tombant comme des dominos, la jungle commença à reprendre du terrain sur la civilisation maya,&nbsp;les racines et les vrilles des plantes envahissant palais, temples et places.</p><h2  id="header_5569640_0">À LA RECHERCHE D’INDICES</h2><p>Cachés dans la jungle, les vestiges de l’architecture maya fournissent des indications intéressantes sur la rapidité de cet effondrement. Sur les murs de l’un des derniers bâtiments érigés dans la ville de Bonampak, dans la région du fleuve Usumacinta, des peintures murales aux couleurs flamboyantes illustrent une bataille victorieuse livrée par les <em>ajaws&nbsp;</em>en 791, ainsi qu’une cérémonie royale spectaculaire.&nbsp;</p><p>Reste que cette œuvre d’art n’a jamais été achevée. On distingue sur les murs des esquisses incomplètes&nbsp;; c’est comme si les artistes avaient posé leurs outils et puis quitté les lieux en plein travail.</p><p>Il existe un exemple tout aussi dramatique à Yaxchilán, une cité proche de Bonampak. En 800, le roi fit ériger un imposant bâtiment qu’il décora de nombreuses sculptures. Les linteaux, les stèles et les escaliers de l’édifice furent minutieusement sculptés de scènes et de textes royaux, mais huit ans plus tard seulement, l’œuvre fut abandonnée. Le dernier texte retrouvé sur le site fut écrit en 808.</p><p>Au début du 9e&nbsp;siècle, les bâtisseurs commencèrent à travailler sur un magnifique temple dans la cité d’Aguateca, dans l’actuel Guatemala. Mais en 810, les travaux s’arrêtèrent brusquement, laissant le temple à moitié achevé. Les stèles qui avaient été lissées pour être sculptées, furent laissées telles quelles. Si l’on en croit les palissades et les fortifications défensives construites, les habitants d’Aguateca étaient victimes d’une menace extérieure. Quelques années plus tard, la cité était déserte&nbsp;: ce qui frappa les cités comme Aguateca, le fit brutalement.</p><p>L’effondrement de la civilisation maya a été étudié par d’innombrables chercheurs qui ont élaboré des théories fascinantes pour résoudre ce mystère. Beaucoup s’accordent à dire que ce qui provoqua la chute de la société maya fut une combinaison complexe de facteurs, et non un événement particulier.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5569642_0">CONTRAINTES ET TENSIONS</h2><p>Il existe de nombreuses théories pour expliquer l’effondrement des Mayas, et la plupart d’entre elles s’appuient sur plusieurs facteurs communs. L’une de ces théories soutient que la surpopulation&nbsp;des cités mayas aurait contribué à déclencher cette crise par la surexploitation des ressources locales. Au début du 9e&nbsp;siècle, la civilisation maya atteignit le sommet de sa courbe démographique. Tikal, dans l’actuel Guatemala, était la plus peuplée de toutes les cités mayas et comptait environ 50 000&nbsp;habitants. Selon certains chercheurs, même si l’agriculture locale s’était étendue, elle aurait eu du mal à subvenir aux besoins de la population. En termes de démographie, on ne sait pas exactement comment les populations se sont réparties après avoir abandonné leurs villes.</p><p>Il se pourrait également que la sécheresse soit à l’origine de l’effondrement. Des études récentes sur le paléoclimat mésoaméricain suggèrent qu’aux alentours du 9e&nbsp;siècle, certaines régions des basses-terres mayas auraient souffert d’une pénurie d’eau prolongée, qui aurait alors entraîné des pertes de récoltes et des famines localisées. Les pénuries alimentaires pourraient avoir remis en cause le contrôle de la région par les dirigeants mayas et les populations pourraient alors avoir fui à la recherche de terres plus fertiles, ou s’être rebellées contre leurs <em>ajaws</em>.</p><p>Les conflits armés résultant des luttes pour le pouvoir contribuèrent eux aussi sans doute à l’effondrement des Mayas. Les combats bloquèrent les routes et les voies commerciales, empêchant la circulation rapide des marchandises, ce qui entraîna des pénuries, un effondrement de l’économie et des migrations massives de population. On note une augmentation au 9<sup>e</sup>&nbsp;siècle du nombre de textes faisant allusion à des guerres entre cités. Différents panneaux sculptés représentent des <em>ajaws</em> qui retiennent leurs ennemis prisonniers, les noms des souverains vaincus étant gravés sur leurs jambes et leurs tuniques.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/lempire-cache-des-mayas"><em>(À lire&nbsp;: L’empire caché des Mayas)</em></a></p><h2  id="header_5569648_0">L’AGITATION POLITIQUE</h2><p>Plus étrange encore, les cités mayas des régions septentrionales de la péninsule du Yucatan connurent un effondrement similaire près d’un siècle et demi plus tard. La cité d’Uxmal, par exemple, était devenue au 10e&nbsp;siècle le principal centre de pouvoir de la région de Puuc. Un énorme palais servait à la fois de résidence royale et de lieu de réunion pour la noblesse. S’y trouvaient également un terrain de jeu de balle, ainsi qu’un complexe cérémoniel appelé Quadrilatère des Nonnes. Les reliefs, les peintures et les inscriptions de cette période évoquent des scènes de guerre, avec des guerriers en tenue de combat et des prisonniers sacrifiés.&nbsp;</p><p>Pourtant au 11e&nbsp;siècle, Uxmal connut un déclin dramatique. La construction de plusieurs ouvrages monumentaux ne fut jamais achevée. Cette crise semble avoir été directement liée à l’expansion de la ville voisine de Chichén Itzá. Parallèlement, la région orientale du Puuc se dépeupla de plus en plus jusqu’à être totalement abandonnée au début du 11e&nbsp;siècle.</p><p>Les chercheurs ont tenté de dépasser la thèse simpliste du catastrophisme pour s’intéresser à la myriade de complexités et d’idiosyncrasies régionales qui pourraient expliquer l’effondrement de la civilisation maya. Une chute qui signa la fin d’un système politique et économique et provoqua d’abord l’abandon des villes des basses-terres du sud puis celui des villes des basses-terres du nord, 150&nbsp;ans plus tard.&nbsp;</p><p>La civilisation maya ne s’est jamais rétablie, du moins sous sa forme classique. Cependant, les descendants des nobles, des prêtres, des guerriers et des agriculteurs mayas habitent aujourd’hui les mêmes terres que leurs ancêtres et perpétuent leur culture à travers les langues indigènes encore parlées et les rituels religieux. Les pratiques agricoles ancestrales ne sont pas tombées dans l’oubli, pas plus que les styles traditionnels de vêtements et de bijoux. Bien que l’effondrement des Mayas ait semblé sonner le glas de la civilisation maya, la culture maya continue bel et bien de prospérer.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/palenque-la-glorieuse-et-puissante-cite-maya"><em>(À lire&nbsp;: Palenque, la glorieuse et puissante cité maya)</em></a></p>]]></content:encoded></item><item><title>Écosse : cette forêt légendaire a-t-elle réellement existé ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/environnement/kinlochewe-ecosse-cette-foret-legendaire-a-t-elle-reellement-existe</link><description><![CDATA[En partant de Kinlochewe, dans les Highlands du nord-ouest de l’Écosse, dirigez-vous vers le nord et vous verrez bientôt apparaître les eaux lisses bordées de montagnes du Loch Maree. Près de soixante-cinq îles inhabitées parsèment ce loch, qui est le quatrième plus grand d’un pays qui en compte des dizaines de milliers.Sur les îles du Loch Maree, des pins sylvestres aux troncs élancés, devenus...]]></description><category>Environnement</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 06:35:32 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/environnement/kinlochewe-ecosse-cette-foret-legendaire-a-t-elle-reellement-existe</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/01_cf2gre.jpg?w=1600" length="617099" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En partant de Kinlochewe, dans les Highlands du nord-ouest de l’Écosse, dirigez-vous vers le nord et vous verrez bientôt apparaître les eaux lisses bordées de montagnes du <a href="https://www.visitscotland.com/info/see-do/loch-maree-islands-p333771" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Loch&nbsp;Maree</a>. Près de soixante-cinq îles inhabitées parsèment ce loch, qui est le quatrième plus grand d’un pays qui en compte des dizaines de milliers.</p><p>Sur les îles du Loch&nbsp;Maree, des pins sylvestres aux troncs élancés, <a href="https://www.scotsman.com/arts-and-culture/scots-pine-selected-scotlands-national-tree-1546372" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">devenus en&nbsp;2014 l’arbre national écossais</a>, se reflètent dans les eaux calmes du loch&nbsp;: une vision qui reflète tout le romantisme de l’Écosse. Et si ces saisissants arbres à l’écorce rouge sont encore omniprésents dans le pays, ils ne représentent plus qu’un petit fragment de ce qu’ils étaient autrefois.</p><p>Selon la légende, <a href="https://www.abebooks.co.uk/servlet/BookDetailsPL?bi=31136620355&amp;cm_mmc=ggl-_-UK_Shopp_RareStandard-_-product_id=bi:%2031136620355-_-keyword=&amp;gclid=Cj0KCQjwpImTBhCmARIsAKr58cwCUhWtDHgy8vx70xdJknACWOWUDOpi3aMxmXFZwfvkZmGevNveOowaAr1REALw_wcB" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">une ancienne forêt sauvage</a>, principalement composée de pins sylvestres, couvrait une grande partie du territoire écossais, faisant fuir les envahisseurs et abritant les prédateurs (lynx, loups, ours) aujourd’hui disparus. Ceux qui connaissent l’histoire de ce bois l’appellent par le nom <a href="https://www.bbc.co.uk/bitesize/topics/zqtf34j/articles/zxv6pv4#:~:text=In%20Roman%20times,%20there%20was,groups%20of%20people%20or%20tribes." target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">que les Romains donnaient à l’Écosse</a>&nbsp;: <em>the Great Wood of Caledon</em>, le Grand Bois de Caledon. Et bien que son histoire soit obscure et imprégnée de légendes, selon les experts, le bois n’était peut-être pas si redoutable, ni si étendu.</p><h2 id="header_5547158_0"><strong>«&nbsp;UNE ESPÈCE ASSEZ SPECTACULAIRE&nbsp;»</strong></h2><p>Bien qu’intrinsèquement lié à l’histoire du grand bois «&nbsp;disparu&nbsp;», le pin sylvestre (<a href="https://scholar.google.co.uk/scholar?q=Pinus+silvestris+var.+scotica&amp;hl=en&amp;as_sdt=0&amp;as_vis=1&amp;oi=scholart" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>Pinus&nbsp;sylvestris</em></a>)&nbsp;est une espèce remarquablement adaptable et opportuniste. Et elle est présente dans de nombreuses autres régions du monde.</p><p>«&nbsp;D’un point de vue écologique, c’est une espèce assez spectaculaire&nbsp;», estime Tom&nbsp;Ovenden, écologiste forestier et doctorant à l’université de Stirling. «&nbsp;Sa distribution est incroyablement étendue&nbsp;».</p><p>Il indique une carte qui <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pinus_sylvestris#/media/File:Pinus_sylvestris_range-01.png" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">dépeint une zone verte</a>, dénotant la distribution du pin sylvestre, sur une grande partie de l’hémisphère nord&nbsp;: d’une partie de l’Écosse à toute la Scandinavie, l’Europe de l’Est et la Russie centrale, en passant par la côte nord du Pacifique aux États-Unis. «&nbsp;C’est l’un des conifères les plus largement distribués au monde. L’enveloppe écologique et environnementale qui est englobée dans cette aire de répartition est énorme.&nbsp;»</p><p>Selon Ovenden, l’arbre est une <a href="https://www.nature.com/scitable/knowledge/library/succession-a-closer-look-13256638/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">espèce à succession précoce</a>, «&nbsp;comme le bouleau, l’un des [arbres] qui sont les premiers à apparaître dans les zones fraîchement défrichées », en raison de ses graines légères qui se dispersent facilement. «&nbsp;Ils sont adaptés pour grandir rapidement dans des conditions de lumière relativement élevées, et se débrouillent bien dans les sols à drainage libre, plutôt sablonneux.&nbsp;»</p><p>Il est également résistant, et pourrait être capable de mieux gérer le réchauffement du climat que d’autres arbres. «&nbsp;Le pin sylvestre est considéré comme une espèce relativement résistante à la sécheresse&nbsp;», explique Ovenden. «&nbsp;L’écorce des arbres plus anciens est épaisse et résistante au feu, de sorte que si des incendies courts, chauds et intenses balayaient le sous-étage, l’écorce isolerait la partie vivante de l’arbre.&nbsp;»</p><p>Aussi dispersé que soit le pin sylvestre, aujourd’hui, le principal arbre à bois d’œuvre d’Écosse est <a href="https://forestryandland.gov.scot/learn/trees/sitka-spruce" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">l’épicéa de Sitka</a>. Originaire du climat humide de la côte nord-ouest des États-Unis, cet arbre exceptionnellement bien adapté a été <a href="https://www.woodlandtrust.org.uk/trees-woods-and-wildlife/british-trees/a-z-of-british-trees/sitka-spruce/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">introduit en masse pour constituer une réserve nationale de bois après la Seconde Guerre mondiale</a>, et prospère désormais en Écosse, ses régiments denses contrastant fortement avec son ami indigène plus flamboyant.</p><h2 id="header_5547163_0">&nbsp;</h2><h2 id="header_5547163_1"><strong>UN ARBRE QUI LAISSE SA TRACE</strong></h2><p>Bien qu’il s’agisse d’une espèce ancienne, le pin sylvestre n’est pas si vieux que l’on pourrait le croire. On trouve <a href="https://ati.woodlandtrust.org.uk/what-we-record-and-why/what-we-record/oldest-trees-in-uk" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">des chênes millénaires</a> en Angleterre&nbsp;; de nombreux séquoias de la forêt géante de Californie <a href="https://www.visitsequoia.com/explore/spring-summer-fall-activities/giant-forest" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">datent d’avant l’ère du Christ</a>. Un if se dresse encore dans le village écossais de Fortingall, et pourrait être un <a href="https://www.visitscotland.com/info/see-do/fortingall-yew-p2568631" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">lien vivant avec l’âge du bronze</a>. L’arbre le plus ancien de tous est peut-être un pin&nbsp;: un <a href="https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/oldest-living-individual-tree" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">pin Bristlecone de Californie</a> qui, avec ses 4&nbsp;800&nbsp;ans, poussait à la même époque de la construction de <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/decouverte-stonehenge-faisait-partie-un-vaste-complexe-ceremoniel">Stonehenge</a>. Les pins sylvestres n’ont pas une telle longévité, ayant une durée de vie typique d’environ 250&nbsp;ans, mais qui peut aller jusqu’à environ 500&nbsp;ans. Ce qui perdure, en revanche, c’est l’environnement cultivé par sa présence.</p><p>«&nbsp;Parce que le pin sylvestre est là depuis longtemps, beaucoup d’autres espèces existent dans l’habitat qu’il crée&nbsp;», explique Ovenden.&nbsp;«&nbsp;Les fourmis des bois <em>Formica</em>, entre autres.&nbsp;»</p><p>La superficie exacte que couvrait l’ancienne forêt en Écosse n’est presque que spéculations, mais lorsqu’il arrive de trouver des indices, ces derniers peuvent être spectaculaires. «&nbsp;Les meilleures indices trouvés sont les restes de troncs d’arbres ou de racines conservés dans la tourbe&nbsp;», explique Richard&nbsp;Tipping, ancien professeur de l’université de Stirling dont les travaux de recherche ont porté sur l’archéologie environnementale de l’Écosse et les changements de végétation au fil du temps. «&nbsp;Les pins poussaient parfois sur des surfaces de tourbe sèche, où ils avaient un avantage concurrentiel sur les autres espèces d’arbres. Comme la tourbe en croissance réduit l’oxygène et donc la décomposition, les "os" blanchis sont des preuves tangibles de l’endroit où les arbres se tenaient autrefois.&nbsp;»</p><p>Peu de parcelles vivantes de la forêt ancienne demeurent. Ces vestiges, trente-huit fragments substantiels, <a href="https://treesforlife.org.uk/docs/079_485__cpisitestest_1_1523539724.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">quatre-vingt-quatre si l’on compte les peuplements individuels</a>, sont généralement classés comme des forêts de pins calédoniennes. Ce terme n’est cependant pas tout à fait exact, car si certaines zones des anciennes forêts sont dominées par le pin, d’autres sont dominées par le bouleau ancien et, le long de la côte atlantique, par le chêne.</p><p>Mais si l’idée d’une forêt sauvage ancienne et contiguë est une légende qu’il est tentant de croire, la véritable histoire de la grande forêt écossaise pourrait être bien moins captivante.</p><h2 id="header_5547166_0">&nbsp;</h2><h2 id="header_5547166_1"><strong>UNE HISTOIRE OU UN MYTHE&nbsp;?</strong></h2><p>«&nbsp;Je ne pense pas du tout que le Grand Bois de Caledon soit une œuvre de la nature. Je pense qu’il a été construit par les Romains. Ou du moins, sa réputation l’a été&nbsp;». C’est ce qu’affirme <a href="https://www.jimcrumleynature.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Jim&nbsp;Crumley</a>, un écrivain écossais spécialiste de l’histoire naturelle et dont le livre <a href="https://www.amazon.fr/Great-Wood-Ancient-Forest-Caledon-ebook/dp/B006WBZ5Q0" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow"><em>The Great Wood</em></a> a approfondi la légende de Caledon.</p><p>Selon Crumley, les Romains ont exagéré la grandeur du bois pour expliquer à leurs supérieurs pourquoi, après avoir atteint la <a href="https://www.worldhistory.org/article/851/the-extent-of-the-roman-empire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">frontière septentrionale de leur empire</a> dans le sud de l’Écosse actuelle, ils ne sont pas parvenus à aller plus loin dans un territoire aux terrains cahoteux, au climat furtif et aux <a href="https://www.scotsman.com/whats-on/arts-and-entertainment/who-were-nine-tribes-ancient-scotland-865992" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">tribus sauvages qui défiaient toute répression</a>. Ce qu’il fallait à ces conquistadors nerveux, c’était une excuse que même les généraux de leur pays pourraient accepter.</p><p>«&nbsp;Ce témoignage a été rapporté à Rome par des soldats qui avaient trouvé, dans les Highlands écossaises, un royaume au-delà de leur zone de confort… mais qui préféraient ne pas l’admettre&nbsp;», écrit Crumley dans un e-mail adressé à <em>National&nbsp;Geographic (UK)</em>. En réalité, ces murmures «&nbsp;dissimulaient leur retraite sous des histoires de forêt impénétrable. Tacite l’a écrit, et <a href="https://www.webarchive.org.uk/wayback/archive/20190625125243/http:/www.bl.uk/onlinegallery/onlineex/unvbrit/p/001hrl000007182u00060vrb.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Ptolémée a inscrit les mots "Caledonia Silva"</a> [forêt écossaise] sur une carte&nbsp;».</p><p>Mais malgré toutes ces rumeurs de forêt impénétrable, il est probable que, au moment où les Romains l’ont vue, elle n’était déjà plus que l’ombre de ce qu’elle était auparavant.</p><p>Les forêts de pins s’étaient progressivement établies dans les paysages dénudés de l’Écosse après <a href="https://www.nature.scot/landforms-and-geology/scotlands-rocks-landforms-and-soils/landforms/ice-age-landforms/ice-age#:~:text=This%20last%20glacial%20period,%20known,south%20as%20England&amp;apos;s%20Midlands%20area." target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">le dernier retrait glaciaire, il y a environ 13 000 ans</a>, une époque où la mousse était presque le seule à recouvrir cet environnement semblable à de la toundra. La <a href="https://www.scottishforestrytrust.org.uk/userfiles/file/projects/p13-243%20inaugural%20rsfs%20annual%20lecture/scots%20pine.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">couverture d’arbres était probablement à son apogée il y a environ 6&nbsp;000&nbsp;ans</a>, et déjà considérablement réduite par différents facteurs lorsque les Romains l’ont découverte, près de 3&nbsp;000&nbsp;ans plus tard.</p><p>Selon l’écrivain, l’emplacement de la forêt sur les cartes romaines a été reproduit à partir du 16<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Mais il existe d’autres raisons de douter de la perception de la forêt comme un fourré infranchissable&nbsp;: il est possible qu’elle n’ait été étendue que pour survivre.</p><p>«&nbsp;L’idée ancienne d’une forêt sauvage sombre, humide, dense et interdite s’est estompée, principalement parce que de nombreux arbres ne montent pas en graine dans leur propre ombre&nbsp;», explique Richard Tipping. «&nbsp;Pour la régénération, il faut des espaces ouverts.&nbsp;»</p><h2 id="header_5547168_0"><strong>UNE DÉFORESTATION PROGRESSIVE</strong></h2><p>Quoi qu’il en soit, la forêt est beaucoup moins grande qu’elle ne l’était autrefois&nbsp;: <a href="https://www.scottishforestrytrust.org.uk/userfiles/file/projects/p13-243%20inaugural%20rsfs%20annual%20lecture/scots%20pine.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">environ 18&nbsp;000&nbsp;hectares d’habitat de pins seulement, contre 150&nbsp;000&nbsp;hectares</a> estimés à son apogée. En conséquence, il y a moins de couverture pour les prédateurs, moins de biodiversité et moins d’ordre naturel que ce dont la nature a besoin. «&nbsp;L’être humain… est à l’origine de la majeure partie de ce déclin. Les communautés agricoles ont besoin de terrains ouverts&nbsp;», explique Tipping.</p><p>Cette déforestation progressive de la forêt a probablement commencé à l’âge du bronze, il y a environ 4&nbsp;000&nbsp;ans, avec l’abattage des arbres pour ouvrir le paysage, d’abord pour la chasse, puis pour le pâturage. Cette réduction s’est poursuivie à l’âge du fer, puis au Moyen&nbsp;Âge, alors que la demande de bois était en constante augmentation pour les navires et les bâtiments, les terres ouvertes pour les établissements humains et le combustible pour les forges.</p><p>Au fil des siècles, la chasse a fait disparaître les derniers grands prédateurs de la forêt. Puis, à partir de la fin du 18<sup>e</sup>&nbsp;siècle, l’expulsion forcée des habitants des Highlands, appelée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Highland_Clearances#:~:text=Les%20Highland%20Clearances%20(en%20anglais,1708%20et%20de%20l&amp;apos;Acte" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">«&nbsp;Highland Clearances&nbsp;»</a>, a vu d’immenses étendues de terres utilisées pour l’élevage de moutons. Cela a détruit toute chance de régénération des semis et a rapidement fait disparaître les jeunes arbres, ne laissant que les arbres plus âgés.</p><p>L’exploitation des pins a alimenté la <a href="https://www.economie.gouv.fr/facileco/revolution-industrielle" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">révolution industrielle</a>, lorsque le bois d’œuvre permettait la construction navale à Glasgow et Édimbourg. Les arbres ont tapissé les tranchées des Alliés pendant la Première Guerre mondiale. La <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/histoire/violence/guerres/seconde-guerre-mondiale">Seconde Guerre mondiale</a> a galvanisé le désir de la Grande-Bretagne de disposer d’une source autosuffisante de bois, et c’est ainsi que l’épicéa de Sitka a fait son arrivée depuis l’Amérique du Nord. Sa croissance rapide a conduit à un défrichement généralisé pour la création de plantations, qui a atteint son apogée dans les années&nbsp;1960 et 1970, détruisant la forêt ancienne et mettant en danger de nombreuses espèces indigènes, dont l’écureuil roux, le grand tétras et la martre des pins, qui prennent désormais part à des programmes de conservation.</p><p>D’autres, tels le <a href="https://www.nationalgeographic.co.uk/animals/2020/09/amidst-hybridisation-and-habitat-disruption-the-highland-tiger-is-clinging-on-by-a" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">chat sauvage écossais</a>, ne tiennent plus qu’à un fil. Le sanglier et le castor, l’ours brun, le lynx boréal et le loup, ont été rayés de la carte des espèces indigènes il y a bien longtemps. Et des plantes telles que la lumineuse et délicate <a href="https://www.plantlife.org.uk/uk/discover-wild-plants-nature/plant-fungi-species/twinflower" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">linnée boréale</a> (<em>Linnea&nbsp;borealis</em>), une relique de l’ère glaciaire, n’existent plus que dans une poignée de fragments de pin.</p><p>La plupart des anciens vestiges de la forêt de pins occupent aujourd’hui des sites élevés, éloignés ou inaccessibles. Des projets de conservation ont vu le jour dans les années&nbsp;1990 pour contribuer à la restauration et à l’extension des bois. Le contrôle de la répartition des cerfs et une approche moins invasive de la croissance du bois (l’épicéa de Sitka et le pin sylvestre sont toujours plantés comme arbres à bois) jouent également un rôle dans cette entreprise. Mais l’espoir de recréer un paysage d’une autre époque serait vain, et ce même si quelqu’un savait&nbsp;à quoi ce paysage ressemblait.</p><p>Quant au Grand Bois de Caledon, s’il suscite l’émerveillement et l’appréciation, le fait que sa nature spécifique relève du mythe importe-t-il réellement&nbsp;? «&nbsp;Ça me dérange car ce que nous savons de la vérité de la nature est infiniment plus fascinant&nbsp;», déclare Jim&nbsp;Crumley. «&nbsp;Mais ce que je sais, c’est qu’une meilleure compréhension de cette vérité nous aidera à entreprendre la seule tâche qui importe dans le paysage [du Grand Bois]&nbsp;: le guérir.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Lors d'une rencontre avec un informateur, les agents de la CIA doivent être à l'affût des filatures</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-espionnage-lors-dune-rencontre-avec-un-informateur-les-agents-de-la-cia-doivent-etre-a-laffut-des-filatures</link><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 06:03:46 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-terrorisme-espionnage-lors-dune-rencontre-avec-un-informateur-les-agents-de-la-cia-doivent-etre-a-laffut-des-filatures</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027617_img.jpg?w=1600" length="69346" type="image/jpeg"/></item><item><title>CIA : comment se débarrasser d'un élément compromettant après avoir été kidnappé ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/thistoire-espionnage-terrorisme-cia-comment-se-debarrasser-dun-element-compromettant-apres-avoir-ete-kidnappe</link><category>Histoire</category><pubDate>Mon, 11 May 2026 05:02:04 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/thistoire-espionnage-terrorisme-cia-comment-se-debarrasser-dun-element-compromettant-apres-avoir-ete-kidnappe</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027618_img.jpg?w=1600" length="58705" type="image/jpeg"/></item><item><title>Reconnectez-vous avec la nature en découvrant ces cinq destinations sous-estimées</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/conseils-voyage-reconnectez-vous-avec-la-nature-en-decouvrant-ces-cinq-destinations-sous-estimees</link><description><![CDATA[Quelle sera votre prochaine destination ? Vous êtes nombreux à vous poser la question. Après une reprise frénétique du tourisme post-pandémie, beaucoup se demandent comment profiter de l’euphorie de la découverte sans avoir à subir des hordes de touristes. Voici une liste resserrée de lieux gratifiants pour les voyageurs de tous les âges, où l’émerveillement est omniprésent, et qui bénéficient...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 19:14:17 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/conseils-voyage-reconnectez-vous-avec-la-nature-en-decouvrant-ces-cinq-destinations-sous-estimees</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/gettyimages-1334181334.jpg?w=1600" length="1823289" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Quelle sera votre prochaine destination&nbsp;? Vous êtes nombreux à vous poser la question. Après une reprise frénétique du tourisme post-pandémie, beaucoup se demandent comment profiter de l’euphorie de la découverte sans avoir à subir des hordes de touristes.&nbsp;Voici une liste resserrée de lieux gratifiants pour les voyageurs de tous les âges, où l’émerveillement est omniprésent, et qui bénéficient aux communautés comme aux écosystèmes locaux. Décrites par nos rédactions du monde entier et réparties en cinq catégories (<a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2022/12/en-2023-adoptez-le-tourisme-lent-a-travers-cinq-destinations-de-choix">Communauté</a>, <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/best-of-the-world-2023-adventure" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Aventure</a>, Nature, <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/best-of-the-world-2023-family" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Famille</a>&nbsp;et <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/best-of-the-world-2023-culture" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Culture</a>), ces destinations avant-gardistes et éloignées du feu des projecteurs n’attendent qu’une chose : que vous veniez les explorer.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5557131_0"><strong>Les Açores</strong></h2><p><em><strong>Ces îles de l’Atlantique comptent parmi les meilleures régions du monde où observer des baleines</strong></em></p><p>Terres créées par les flammes et aujourd’hui envahies par la verdure, les Açores s’efforcent d’assurer leur avenir. Cette chaîne d’îles volcaniques située au beau milieu de l’Atlantique est une région autonome du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2020/10/le-portugal-terre-de-lumiere">Portugal</a>, située à environ 1&nbsp;600&nbsp;km des côtes du pays.</p><p>«&nbsp;Les Açores, ce sont neuf îles qui abritent différents accents et habitudes, qui changent d’une île à l’autre&nbsp;», explique <a href="https://explorer-directory.nationalgeographic.org/miriam-cuesta-msc" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Miriam&nbsp;Cuesta&nbsp;Garcia</a>, exploratrice <em>National&nbsp;Geographic</em> et biologiste marine qui étudie le comportement nocturne des oiseaux marins nouveau-nés sur l’île de Pico. «&nbsp;Mais les Açores ont également une même vision unifiée de la durabilité. Elles savent qu’elles doivent [protéger] leur environnement unique, et rester les mêmes, et ce même lorsque des changements se produisent.&nbsp;»</p><p>Quatre des neuf îles figurent dans la liste des réserves de biosphère de l’UNESCO et sont reconnues par le WWF comme <a href="https://eu.heraldnews.com/story/news/local/ojornal/2022/02/18/report-azores-oasis-atlantic-greatest-diversity-marine-mammals-worldwide/6848309001/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un refuge</a>&nbsp;pour vingt-huit espèces de baleines et de dauphins. Les Açores prennent donc le tourisme durable au sérieux, et sont devenues le premier archipel au monde à être certifié par EarthCheck, un conseil consultatif international établi en Australie et leader de <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/voyages-et-aventures/tourisme/ecotourisme">l’écotourisme</a>, qui a <a href="https://azoresgetaways.com/en-us/destination/azores/general-articles/sustainable-tourism-destination" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">décerné</a> le <a href="https://sustainable.azores.gov.pt/en/timeline/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">prix</a> en&nbsp;2019.</p><p>Le territoire se concentre désormais sur <a href="https://sustainable.azores.gov.pt/wp-content/uploads/2021/09/EC08_01PlanoAcao2019-2030_EN_s.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">la conservation et la protection de la biodiversité</a>, la qualité de l’air et de l’eau, et la préservation du patrimoine des communautés natives. En guise d’exemple, les autorités limitent le nombre de randonneurs par jour sur le mont Pico, qui le plus haut sommet du Portugal, et ce afin que les visiteurs puissent continuer à profiter du paysage volcanique spectaculaire de l’île de Pico dans les années à venir.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5557133_0"><strong>Le parc national de Big&nbsp;Bend, au Texas</strong></h2><p><em><strong>Ce parc désertique abrite des merveilles aussi bien naturelles que culturelles</strong></em></p><p>S’il est situé dans le célèbre&nbsp;<em>Lone Star State</em>, seulement 400&nbsp;000&nbsp;personnes visitaient chaque année le parc national de Big&nbsp;Bend avant la pandémie, soit près de dix fois moins que le parc de <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/etats-unis/wyoming/parc-national-de-yellowstone">Yellowstone</a>, <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/voyage-dans-le-mythique-texas">selon Robert&nbsp;Draper</a>, collaborateur <em>National&nbsp;Geographic</em>. Cette région isolée et aride de l’ouest du Texas abrite plus d’espèces de cactus que tout autre parc national, mais aussi des oiseaux tels que le grand géocoucou et l’oriole jaune-verdâtre, et des mammifères tels que les pécaris. Dans le désert, les rencontres avec les animaux sauvages semblent toutefois avoir une tout autre signification.</p><p>«&nbsp;Elle vous rappelle que la vie est précieuse et qu’elle surgit là où vous vous y attendez le moins&nbsp;», écrit Draper. «&nbsp;Surtout, la vie dans le désert de Chihuahua, qui comprend les 3&nbsp;243&nbsp;km<sup>²</sup>&nbsp;de Big&nbsp;Bend, est rude, facilement incomprise, mais aussi inoubliable.&nbsp;»</p><p>La nature n’est pas la seule caractéristique marquante de Big&nbsp;Bend. Le Rio&nbsp;Grande forme une frontière de 190 km entre le Big&nbsp;Bend et le <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/mexique">Mexique</a>, et diverses cultures traversent la ligne de partage des eaux. Les petites villes situées aux alentours du parc forment un grand ensemble de divers goûts et perspectives, de la communauté frontalière mexicaine d’Ojinaga aux cow-boys d’Alpine, en passant par les peintres avant-gardistes de Marfa. Ces habitants divers et variés ont toutefois une chose en commun : les vastes panoramas qui leur sont si familiers.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5557135_0"><strong>Le Botswana</strong></h2><p><em><strong>Un nouveau type de safari qui donne une place centrale à la conservation et à la communauté</strong></em></p><p>Le <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/afrique/botswana">Botswana</a>, pays d’Afrique australe, continue de faire face à une série de menaces. Du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/sujet/animaux/faune/criminalite-liee-aux-especes-sauvages/braconnage">braconnage</a> au <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2022/11/le-patrimoine-mondial-de-lunesco-peut-il-sauver-les-sites-les-plus-menaces">surtourisme</a>, ces dernières pèsent sur ses vastes parcs nationaux et réserves naturelles, riches en faune sauvage. De nouveaux efforts de lutte contre le braconnage, comme le volontourisme et la sensibilisation des communautés contribuent cependant à atténuer cette pression.</p><p>Dans le Tuli&nbsp;Block, une région sauvage située à la frontière orientale du Botswana et qui abrite des léopards, des hyènes brunes et tachetées et une importante population d’éléphants, les gardes forestiers s'attèlent à installer des technologies de pointe dans la <a href="https://www.smartparks.org/news/central-tuli-game-reserve-becomes-first-smart-parks-in-botswana/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réserve de chasse de Central&nbsp;Tuli</a>, qui s’étend sur près de 700&nbsp;kilomètres carrés. L’organisation néerlandaise Smart&nbsp;Parks a mis au point des <a href="https://www.fastcompany.com/90765199/smart-parks-lora-wireless-poaching" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">capteurs</a> à faible puissance permettant de transmettre des données radio à une station centrale, et d’ainsi alerter les gardes forestiers de la présence de braconniers et de leurs véhicules, et même de suivre les mouvements des animaux eux-mêmes.</p><p>Le Botswana reçoit également une nouvelle génération de visiteurs. «&nbsp;Depuis le COVID, les voyageurs milléniaux portent davantage d’intérêt et d’importance aux relations humaines profondes », explique <a href="https://www.nationalgeographic.com/expeditions/experts/koketso-mookodi/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Koketso «&nbsp;Koki&nbsp;» Mookodi</a>, exploratrice <em>National&nbsp;Geographic</em>. «&nbsp;Attendez-vous à voir davantage de visites guidées liées à l’artisanat régional, et de séjours chez l’habitant dans les villages.&nbsp;»</p><p>Mookodi, directrice générale du <a href="https://www.wildbirdtrust.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Wild&nbsp;Bird&nbsp;Trust</a> au Botswana, est en train de mettre en place un programme éducatif dans dix villages reculés de la partie orientale du delta de l’Okavango. Appelé <a href="https://blog.education.nationalgeographic.org/2022/10/06/meet-koki-mookodi-whos-inspiring-educators-in-her-native-botswana/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Educator Expeditions</em></a>, ce programme emmène les enseignants des villages en safari dans le delta et leur montre comment intégrer l’environnement et la culture locale dans leurs cours. «&nbsp;C’est l’occasion d’utiliser la nature comme un tableau noir de salle de classe&nbsp;», explique Mookodi, qui espère étendre le programme à des éducatrices et éducateurs étrangers désireux de travailler bénévolement à leurs côtés.</p><p>Les voyageurs peuvent s’inscrire à des cours de courte durée au camp Kwapa de <a href="https://www.guidetrainingcourses.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’African Guide Academy</a>, un quartier général et une école de formation de guides. Sont par exemple proposés des cours d’une semaine sur le pistage des empreintes d’animaux et les techniques de survie dans le bush, et un cours de 28&nbsp;jours de guidage dans la nature, qui permet aux participants d’acquérir une connaissance approfondie de la nature sauvage africaine.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5557137_0"><strong>La Slovénie</strong></h2><p><em><strong>Le pays le plus innovateur en termes de tourisme durable propose désormais un itinéraire pour les cyclistes gourmets</strong></em></p><p>Reconnue comme <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/la-slovenie-reine-du-tourisme-durable">la reine du tourisme durable</a>, la <a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/europe/slovenie">Slovénie</a> a déjà mis au point un certain nombre de tours guidés écoresponsables dans le cadre de son programme <a href="https://www.slovenia.info/en/business/green-scheme-of-slovenian-tourism" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Green&nbsp;Scheme</em></a>, lancé il y a sept ans dans tout le pays. Aujourd’hui, un nouvel élément vient s’ajouter au menu&nbsp;: la <a href="https://www.slovenia.info/fr/histoires/slovenia-green-gourmet-route-un-circuit-a-velo-avec-des-haltes-culinaires" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Slovenia Green Gourmet Route</em></a>, un&nbsp;circuit gastronomique de onze jours et dix destinations qui a été spécialement conçu pour les cyclistes.</p><p>«&nbsp;Les cyclistes peuvent se rendre dans de nombreux endroits reculés, et ainsi découvrir que chaque pâturage [de vache] produit un fromage unique&nbsp;», explique Jan&nbsp;Klovara, l’un des concepteurs de la <em>Gourmet Route</em>. L’itinéraire traverse le pays, depuis la capitale, Ljubljana, à la vallée de la Soča, en passant par le plateau du Karst et ses nombreuses grottes, et le long des rivières Drava et Sava.</p><p>Les cyclistes utilisent le système ferroviaire slovène pour aller d’un point à l’autre, et leur propre force de pédalage pour parcourir les routes rurales sécurisées, puis se posent pour dîner dans des restaurants étoilés dans des villes comme Maribor, célèbre pour sa cuisine locale. Ils peuvent déguster du <em>pršut</em> (ou prosciutto) à Štanjel, ou encore siroter des millésimés dans une <a href="https://klet-brda.si/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cave à vin</a> à Brda, la région agricole productrice de raisins, souvent surnommée la «&nbsp;Toscane slovène&nbsp;». Les touristes peuvent suivre l’itinéraire ou le personnaliser en fonction de leurs propres intérêts et appétits. Selon Jana&nbsp;Apih, de la <em>Gourmet Route</em>, «&nbsp;ce circuit a été conçu pour être durable&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5557139_0"><strong>Les Highlands d’Écosse</strong></h2><p><em><strong>Des paysages emblématiques qui font l’objet de grands projets de réensauvagement</strong></em></p><p>La région écossaise des Highlands&nbsp;est célèbre pour sa beauté austère et&nbsp;balayée par les vents ; mais,&nbsp;en réalité, les paysages sont le résultat de l’intervention humaine. Il y a bien longtemps, les vallons et les collines d’<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/europe/royaume-uni/ecosse">Écosse</a> étaient couverts par la grande forêt calédonienne. Les pins, les sorbiers et les chênes abritaient toutes sortes d’espèces sauvages aujourd’hui disparues, telles que des loups, des ours et des aurochs.</p><p>Des siècles d’exploitation forestière et de surpâturage ont dévasté cet écosystème. En réintroduisant la flore et la faune d’antan, une initiative vise désormais à refaire des terres des Highlands la grande forêt qu’elles étaient autrefois. Cette mission de réensauvagement prend de l’ampleur, et des avancées majeures sont prévues en 2023.</p><p>L’organisation à but non lucratif <a href="https://treesforlife.org.uk/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Trees&nbsp;for&nbsp;Life</a> ouvre un centre à Dundreggan afin de sensibiliser le public au concept de réensauvagement. Située au-dessus d’Inverness, le projet de la&nbsp;<a href="https://alladale.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">réserve naturelle d’Alladale</a>, qui s’étend sur plus de 9&nbsp;000&nbsp;hectares, a déjà planté près d’un million d’arbres, gère un programme d’élevage visant à réintroduire le chat sauvage écossais (<em>Felis silvestris grampia</em>) et prévoit, à plus long terme, de faire revenir les loups. Plus ambitieux encore, le <a href="https://rewildingeurope.com/landscapes/affric-highlands/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">projet Affric&nbsp;Highlands</a>&nbsp;prévoit la restauration de plus de 200&nbsp;000&nbsp;hectares du <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2021/02/ecosse-laventure-au-fil-de-leau">loch&nbsp;Ness</a> à la côte ouest, dans le cadre d’une initiative sur trente ans qui pourrait bien faire de l’Écosse la première nation réensauvagée de la planète.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Îles des Apôtres, une destination réservée aux aventuriers</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/aventure-iles-des-apotres-une-destination-reservee-aux-aventuriers-ile-sauvage</link><description><![CDATA[Sur un lac notoirement hostile aux humains, les îles des Apôtres constituent un endroit relativement abrité. Mais cela ne signifie pas qu’elles sont sûres. « Ce n’est pas un lieu pour les amateurs », estime Dave Cooper. Il est à la barre de l’Ardea, une barge de 7,5 m spécialement conçue pour l’océan Pacifique, et navigue sur les eaux agitées du lac Supérieur, de retour de l’île Devils, à 26 km...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 16:00:36 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/aventure-iles-des-apotres-une-destination-reservee-aux-aventuriers-ile-sauvage</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/cabane-de-pecheurs-sources-sauvages-ng282.jpg?w=1600" length="1639848" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Sur un lac notoirement hostile aux humains, les îles des Apôtres constituent un endroit relativement abrité. Mais cela ne signifie pas qu’elles sont sûres. « Ce n’est pas un lieu pour les amateurs », estime Dave Cooper. Il est à la barre de l’Ardea, une barge de 7,5 m spécialement conçue pour l’océan Pacifique, et navigue sur les eaux agitées du lac Supérieur, de retour de l’île Devils, à 26 km de la terre ferme. Le vent du nord-est souffle en rafales de 20 ou 25 noeuds et les vagues s’élèvent à 1,5 m de hauteur. Responsable des ressources culturelles du parc national des îles des Apôtres (Apostle Islands National Lakeshore), Dave Cooper négocie les creux et surfe sur les crêtes.</p><p>En plus de trente ans en tant qu’archéologue sur le lac Supérieur, il a participé à des dizaines de missions de recherche et de sauvetage harassantes. Les Apôtres sont « un chapelet d’îles qui attire les gens prêts à pagayer sur de longues distances », explique-t-il. « En théorie, un archipel offre une plus grande protection, mais il peut également en amener certains à prendre des risques inconsidérés. »</p><p>D’autres menaces se profilent à l’horizon. Ainsi, avec le changement climatique, le lac se réchauffe au rythme alarmant d’au moins 0,5 °C par décennie. De plus en plus violentes, les tempêtes endommagent les infrastructures comme les jetées, provoquent l’érosion des rives et augmentent la quantité de sédiments dans le lac, avec le risque de voir les algues proliférer.</p><p>Mais les Apôtres ont leurs adeptes, dont Tom Irvine, directeur général de la Fondation des parcs nationaux du lac Supérieur (National Parks of Lake Superior Foundation). Son arrière-grand-père et son arrière-arrière-grand-père ont travaillé ensemble comme gardiens de phare sur l’île Outer. « Quand vous les avez dans la peau, les Apôtres ne vous lâchent pas », confirme-t-il.</p><p>À l’automne 2020, Tom Irvine a fait découvrir les îles au photographe et Explorateur pour National Geographic David Guttenfelder. Kayakiste expérimenté, celui-ci a décidé de tester leurs eaux dans un ambitieux voyage de dix-huit jours, au cours duquel il comptait relier à la rame le plus d’îles possible sur les vingt-deux que compte l’archipel. « Le lac a une force d’attraction incroyable, note-t-il. Je suis devenu accro. »</p><p>C’est ainsi que, en août 2021, je l’ai rejoint pour une partie de son aventure en kayak et ai exploré d’autres îles seule. En chemin, j’ai rencontré des écologistes, des scientifiques et des membres des communautés locales. Bien que d’origines diverses, tous partagent la même profonde vénération pour les îles des Apôtres.</p><p>« On éprouve facilement un sentiment d’humilité ici », fait remarquer Neil Howk. Garde et guide-conférencier à la retraite, il a travaillé dans le parc pendant trente-cinq ans. Dans la forêt primaire de l’île Outer, les peuplements de pruches du Canada, de pins blancs, de bouleaux jaunes et de thuyas d’Occident sont si denses que les rayons de soleil filtrant à travers le sous-bois ressemblent aux rais de lumière éclairant une cathédrale. À quelques centaines de mètres, les vagues du lac Supérieur s’écrasent sur la rive.</p><p>Plus tôt dans l’après-midi, nous avons laissé nos kayaks à l’extrémité nord de l’île Outer, d’une superficie de 32,37 km<sup>2.</sup> Située à 45 km des rives du lac Supérieur, elle est l’une des moins visitées de l’archipel. Pourtant, malgré son éloignement, cette île a fait l’objet d’une exploitation forestière intensive débutant autour de 1883. Entre 1942 et 1963, des bûcherons ont débarqué en avion de tourisme pour couper les bouleaux jaunes et les érables argentés destinés à fabriquer des berceaux. Lorsqu’ils ont cessé de venir, leur campement a été laissé à l’abandon.</p><p>Les arbres imposants qui nous entourent ont toutefois été épargnés. « Ils offrent probablement le même spectacle qu’il y a quatre cents ans », suppose Neil Howk.</p><p>Si on prend la définition du Wilderness Act de 1964 [ndlr : loi fédérale de protection de la nature], la nature est « une zone où la terre et sa communauté de vie ne sont pas entravées par l’homme ». Mais, de fait, les îles des Apôtres ont été entretenues, utilisées et domestiquées par l’homme durant des siècles. Il en résulte une nature sauvage postmoderne, l’un des rares endroits qui, avec le temps et une gestion appropriée, ont recouvré une grande part de leur splendeur originelle.</p><p>Toutefois, considérer les Apôtres uniquement comme une région sauvage désormais intacte, c’est faire l’impasse sur la façon dont les Ojibwés ont prospéré durant des siècles sur ces terres accidentées ; sur les tentatives, souvent vaines, des colons européens de les dompter et, plus tard, sur leur exploitation des ressources locales qui ont permis la construction de grandes villes.</p><p>Les strates de l’histoire humaine débutent ici avec les chasseurs-cueilleurs nomades qui suivaient les caribous des bois autour du bassin du lac Supérieur, il y a 11 000 ans. Les premières traces archéologiques de camps saisonniers dans les îles des Apôtres datent de 5 000 ans. Il y a plus de 400 ans, suivant une prophétie, les Ojibwés ont migré vers l’ouest à partir de la vallée du Saint-Laurent pour s’installer sur Mooningwanekaaning-minis (ou « la maison du pic flamboyant »), l’actuelle île Madeline.</p><p>« L’île Madeline est notre patrie », proclame Christopher D. Boyd, qui est le président du Red Cliff Band du lac Supérieur chippewa (autre nom anglicisé des Ojibwés), dont la réserve de 58,85 km<sup>2</sup> jouxte la limite continentale du parc. « Elle constitue le centre de notre nation, mais toutes les îles sont notre pays. »</p><p>La plus grande île de l’archipel, Madeline, d’une superficie d’un peu plus de 62 km<sup>2</sup>, est la seule à ne pas faire partie du parc national des îles des Apôtres. À la fin du XVII<sup>e</sup> siècle, les négociants en fourrure français y avaient établi un comptoir et l’île est ainsi devenue un important centre de commerce sur le lac Supérieur.</p><p>C’est également ici, vers 1759, que le chef ojibwé Kechewaishke est né. En 1852, il embarqua à bord d’un canot en écorce de bouleau pour Washington. Il y rencontra le président Millard Fillmore dans le but de protester contre le déplacement par le gouvernement américain des Ojibwés vers des réserves plus à l’ouest. Ce voyage fut considéré à l’époque comme un « succès » : Millard Fillmore autorisa en effet les Ojibwés à rester sur le lac Supérieur.</p><p>En 1855, une vague d’immigrants européens commença à arriver jusqu’aux îles des Apôtres quand les écluses du Sault ouvrirent les Grands Lacs à la navigation et à l’expansion vers l’ouest. Pour guider les navires dans les eaux dangereuses du lac Supérieur, le service des phares des États-Unis bâtit neuf phares en soixante ans dans la région des Apôtres. Tous étaient équipés de lentilles de Fresnel complexes ; la seule qui subsiste est exposée en haut de celui de l’île Devils.</p><p>À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, les eaux poissonneuses entourant les îles devinrent l’une des plus importantes sources de pêche commerciale de harengs et de ciscos de lac de l’extrémité ouest du lac Supérieur. L’intérieur des îles, lui, était mis en coupe réglée par les compagnies forestières, exploité pour ses carrières de grès, ou cultivé. Avec l’arrivée du chemin de fer, le nord-ouest du Wisconsin devint aussi une destination touristique courue.</p><p>Malgré leur attrait comme havre de paix loin des villes, les îles des Apôtres ne répondaient pas aux normes exigeantes du Service des parcs nationaux (NPS). En 1930, l’architecte paysagiste Harlan Kelsey s’y rendit pour évaluer l’archipel en vue d’une éventuelle protection. Durant sa visite, des incendies firent rage sur certaines îles et il prédit que la région deviendrait bientôt « une terre désolée et fumante ». Il écrivit dans son rapport : « La main de l’homme a impitoyablement et, dans une certaine mesure, irrévocablement détruit la beauté vierge [des îles]. »</p><p>Mais, après l’arrêt de l’exploitation forestière intensive, aux environs de 1930, une chose surprenante se produisit. Une fois laissées à l’abandon, les forêts isolées commencèrent à se régénérer. Il fallut encore trois décennies de repousse et le plaidoyer inlassable du sénateur du Wisconsin Gaylord Nelson pour convaincre le Congrès que la région méritait d’être protégée. En 1970, le président Richard Nixon signa finalement la loi faisant des îles des Apôtres un littoral lacustre national (« National Lakeshore »).</p><p>Aujourd’hui, l’archipel constitue un habitat prospère pour plus de 800 espèces de plantes, dont la primevère du lac Mistassini, le seneçon sans rayons, ainsi que des orchidées du genre <em>Corollarhyza</em> qui se plaisent particulièrement en milieu forestier. De nombreuses forêts présentent un sous-bois luxuriant et délicat d’ifs du Canada – un arbuste vert aux arilles rouges surnommés « friandises des cerfs » <em>(deer candy)</em> –, qui ont pratiquement disparu sur le continent.</p><p>La population de cerfs sur l’archipel a été étroitement surveillée par le NPS. Il en résulte une abondance d’ifs du Canada, qui offrent un habitat idéal pour la martre d’Amérique. Ce petit mammifère en voie de disparition fait toutefois un timide retour sur les îles. En effet, on le trouve désormais sur onze d’entre elles. Compte tenu de leur biogéographie complexe, elles abritent aussi une population étonnamment variée d’autres prédateurs, dont l’ours noir, le lynx roux, le coyote et le loup.</p><p>Les îles des Apôtres hébergent aussi une avifaune riche et variée. Elles abritent environ 140 espèces d’oiseaux nicheurs et 200 espèces d’oiseaux migrateurs.</p><p>Durant l’été 2021, les plages de sable et de gravier des îles Long et Outer ont servi de sites de nidification à cinq des soixante-quatorze couples nicheurs connus de la fragile mais croissante population de gravelots siffleurs des Grands Lacs.</p><p>Les îles servent même de refuge à un petit groupe d’hommes. Il reste cinq familles – deux sur Sand et trois sur Rocky – qui ont négocié des accords d’utilisation et d’occupation à vie avec le NPS. Les cabanes de pêche, embarcadères et autres constructions appartiennent au NPS, mais les familles les entretiennent selon les règles de conservation du patrimoine. En échange, elles en ont l’usage exclusif jusqu’à la mort de la dernière personne citée dans l’accord.</p><p>En juin 2021, Jim Pete, l’un des anciens du Red Cliff Band du lac Supérieur chippewa, dont le nom ojibwé est Guyaushk (ce qui signifie « mouette »), nous a invités à nous joindre à un groupe de neuf garçons de Red Cliff, âgés de 13 à 18 ans, qui comptaient camper pendant cinq jours sur l’île Sand. Située à environ 6 km du continent, Sand est l’une des îles les plus faciles d’accès et les plus fréquentées, notamment pour son phare de 1881 et ses grottes. Des années 1890 à 1944, une communauté dynamique de pêcheurs et d’agriculteurs norvégiens et leurs familles vivaient ici, à l’époque seuls résidents à l’année du parc national. À l’extrémité sud de l’île se trouve le village de la pointe Shaw, qui est, lui, toujours habité.</p><p>En arrivant, nous trouvons les campeurs en train de jouer et Scott Babineau, chef de tribu et directeur du camp, occupé à faire frire du poisson avec trois autres employés. Si les campeurs sont ici, explique-t-il, c’est pour trouver « un sens à leur vie ». Les activités traditionnelles comme édifier des wigwams et allumer des feux, pêcher et identifier les plantes, mais aussi les discussions autour de sujets délicats tels que les traumatismes intergénérationnels, ont pour objectif d’aider les jeunes à « voir plus loin », précise Scott Babineau. « Je veux les amener à comprendre que leurs actes ont des conséquences. »</p><p>Les îles des Apôtres sont au coeur de l’histoire des migrations des Ojibwés, l’endroit où « la tribu a d’abord grandi, puis, comme un arbre, étendu ses branches dans toutes les directions », écrivait au XIX<sup>e</sup> siècle l’historien des Ojibwés William Warren. Or, malgré l’importance des îles, beaucoup de ces jeunes n’avaient jamais eu l’occasion d’y mettre les pieds avant ce voyage.</p><p>« Je pense que 90 % des membres de notre tribu ne sont jamais allés sur les îles », m’a confié plus tard le président du Red Cliff Band Christopher D. Boyd. « C’est un paradis pour les touristes, mais il faut avoir accès à un bateau, ce qui n’est pas simple. » Et, a-t-il ajouté, le groupe ne s’est pas toujours senti bien accueilli par le NPS. Mais les choses sont en train de changer. En juin 2021, pour la première fois dans l’histoire du parc, une cérémonie a eu lieu durant laquelle le drapeau du Red Cliff Band a été hissé au centre d’accueil des visiteurs de la baie de Little Sand.</p><p>Après le dîner autour du feu de camp, Scott Babineau annonce que le voyage doit prendre fin prématurément le lendemain matin, les vents devant se renforcer l’après-midi, ce qui rendrait trop dangereux le retour à la rame vers la terre ferme. Les adolescents rouspètent. Quand je leur demande ce qu’ils ont préféré dans cette expérience, les réponses fusent, de « surfer » et « nager » à « être libéré des jeux vidéo et de l’électricité ». Pour Cody Engels, c’était surtout « une meilleure version de l’école, et la nourriture était vraiment bonne ». Il ajoute : «En plus, j’ai appris à survivre dans la nature. »</p><p>« C’est la sagesse transmise par les anciens, me confie Guyaushk. C’est important que nous parlions de ce que nous sommes censés être. »</p>]]></content:encoded></item><item><title>Comment observer des baleines (sans les mettre en danger) ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/conservation-preservation-cetaces-comment-observer-des-baleines-sans-les-mettre-en-danger</link><description><![CDATA[Partir sur la piste des orques à lors d’un circuit touristique baleinier peut donner lieu à des photos de vacances qu’on n’aura l’occasion de prendre qu’une seule fois dans sa vie. Quoique mémorables pour les touristes, de telles entreprises peuvent forcer les cétacés à abandonner des terrains de chasse cruciaux pour eux, à se séparer de leurs petits et même les accabler d’un stress débilitant.La...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 10:43:19 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/conservation-preservation-cetaces-comment-observer-des-baleines-sans-les-mettre-en-danger</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/nationalgeographic_2677090.jpg?w=1600" length="1504593" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Partir sur la piste des orques à lors d’un circuit touristique baleinier peut donner lieu à des photos de vacances qu’on n’aura l’occasion de prendre qu’une seule fois dans sa vie. Quoique mémorables pour les touristes, de telles entreprises peuvent forcer les cétacés à abandonner des terrains de chasse cruciaux pour eux, à se séparer de leurs petits et même les accabler d’un stress débilitant.</p><p>La <a href="https://iwc.int/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Commission baleinière internationale</a> (qui supervise la pêche à la baleine et le tourisme baleinier dans le monde entier) répertorie une&nbsp;<a href="https://whaleheritagesites.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">cinquantaine de pays</a> qui se sont dotés de règles pour encadrer le tourisme maritime, qu’il s’agisse de distances de sécurité à respecter ou bien de durées maximales que les bateaux peuvent passer auprès d’un groupe de cétacés. Si le tourisme baleinier connaît un essor dans le monde entier, les touristes ont du mal à savoir si les guides locaux sont au courant des régulations qui encadrent la pratique, ni s’ils les respectent.</p><p>Étant donné que les espèces et les communautés côtières sont diverses et variées, les régulations et les ressources varient selon les régions&nbsp;: ce qui fonctionne à Tromsø, en Norvège, peut ne pas fonctionner à Baja California, au&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/mexique">Mexique</a>. Ainsi, il est difficile d’imposer des restrictions homogènes dans le monde entier et de les faire appliquer de manière uniforme.</p><p>Ces facteurs peuvent grandement compliquer la tâche des touristes qui attendent avec impatience depuis longtemps une telle virée en mer. Il existe cependant des choses que vous pouvez faire avant de vous lancer pour faire en sorte que votre expérience soit inoubliable tout en participant à la protection des animaux et à la pérennisation de leur avenir. Voici ce qu’il faut savoir.</p><h2    id="header_5563220_0">&nbsp;</h2><h2    id="header_5563220_1">L’ESSOR DU TOURISME BALEINIER</h2><p>L’observation des baleines n’est devenue une activité touristique que dans les années 1950, période à laquelle l’ancien avant-poste militaire&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/etats-unis/californie">californien</a> du&nbsp;<a href="http://npshistory.com/publications/cabr/origin/index.htm" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cabrillo National Monument</a> est devenu le&nbsp;<a href="https://www.researchgate.net/publication/260038432_The_whale-watching_industry_Historical_development" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">premier site de tourisme baleinier du monde à ouvrir au public</a>. D’autres postes d’observation sont apparus sur le littoral. Ceux-ci longent la route migratoire des baleines grises (<a href="https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/gray-whale#:~:text=The%20gray%20whale%20is%20one,the%20warmer%20waters%20off%20the" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Eschrichtius robustus</em></a>). Des propriétaires de bateau à l’esprit d’entreprise (pour beaucoup pêcheurs) n’ont pas tardé à se mettre à embarquer des personnes pour quelques heures entre les saisons de pêche.</p><p>Dans les années 1990, la belle réussite du sauvetage des baleines grises, qui avaient été chassées&nbsp;<a href="https://www.fisheries.noaa.gov/species/gray-whale" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">jusqu’à l’extinction ou presque</a>, a contribué à l’essor du tourisme baleinier dans le pays. Essor qui se poursuit dans le monde entier aujourd’hui&nbsp;encore ; ce secteur d’activités touche&nbsp;<a href="https://awionline.org/content/whale-watching" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">13 millions de personnes par an</a> en moyenne et génère au total plus de deux milliards d’euros. En 2019, dans le seul État d’<a href="https://www.nationalgeographic.fr/thematique/lieux/terre/amerique-du-nord/etats-unis/alaska">Alaska</a>, un demi-million de visiteurs ont&nbsp;<a href="https://www.fisheries.noaa.gov/feature-story/new-study-shows-economic-importance-alaskas-whale-watching-industry" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">déboursé 78&nbsp;millions d’euros</a> pour aller admirer des baleines à bosse (<em>Megaptera novaengliae</em>) et des baleines de Minke (<em>Balaenoptea acutorostrata</em>) en train de chasser et de socialiser dans des fjords majestueux.</p><p>Désormais, plus d’une centaine de pays proposent une excursion en catamaran ou en hors-bord pour tenter d’aller apercevoir une vaporisation soudaine de fines goutelettes à l’horizon, une nageoire caudale gracieuse se glissant sous la surface de l’océan ou, graal parmi les graals, une baleine à bosse surgissant hors de l’eau.</p><p>Depuis que la conservation des baleines a repris du poil de la bête dans les années 1980, les baleines ont accédé à un statut de quasi-célébrité (une baleine à bosse en plein saut hors de l’eau a même&nbsp;<a href="https://www.fisheries.noaa.gov/feature-story/humpback-whale-photo-postage-stamp#:~:text=The%20U.S.%20Postal%20Service%20selected,featuring%20a%20breaching%20humpback%20whale." target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">figuré sur un timbre américain en 2022</a>). Outre leur qualité de stars, elles sont également protégées par la loi américaine, fait observer Elliot Hazen, écologiste marin de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) qui a pris la photo imprimée sur le timbre postal et dont le travail consiste notamment à réduire le risque de collision entre bateaux et baleines et à faire en sorte que ces dernières s’empêtrent le moins possible dans du matériel de pêche.</p><p>«&nbsp;Les baleines offrent d’innombrables avantages, notamment de par le rôle qu’elles jouent dans les écosystèmes, de par le fait qu’elles piègent du [dioxyde de] carbone et qu’elles [participent] au cycle du carbone en plus [de générer] du tourisme, des investissements et de l’importance culturelle, déclare Elliot Hazen. Il est donc vraiment difficile de quantifier réellement l’importance des baleines, mais il ne fait aucun doute qu’elles constituent une part importante de notre culture côtière.&nbsp;»</p><p>Ces «&nbsp;<a href="https://www.ted.com/talks/asha_de_vos_why_you_should_care_about_whale_poo?language=en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ingénieures des écosystèmes</a>&nbsp;», ainsi que les appelle&nbsp;<a href="https://explorer-directory.nationalgeographic.org/asha-de-vos" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Asha de Vos</a>, biologiste marine et exploratrice National Geographic, favorisent le maintien d’environnements marins en bonne santé. Les plongées et remontées d’une baleine remuent toutes sortes de nutriments savoureux des profondeurs de l’océan jusqu’à la surface. Libérés sous forme de panaches, leurs excréments nourrissent le phytoplancton, source alimentaire fondamentale pour l’ensemble de la vie marine. Au cours de sa vie, une baleine peut&nbsp;<a href="https://www.worldwildlife.org/species/whale#:~:text=Whales%20are%20at%20the%20top,the%20fight%20against%20climate%20change." target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">piéger 33&nbsp;tonnes de CO<sub>2</sub> environ</a>. Lorsqu’elle meurt, son corps coule au fond de la mer où le CO<sub>2</sub> reste piégé et ne peut aller réchauffer l’atmosphère.</p><p>«&nbsp;Ne serait-ce qu’un pourcent d’augmentation de la productivité du phytoplancton [peut permettre de] piéger une quantité de CO<sub>2</sub> équivalente à celle [que peuvent piéger] deux milliards d’arbres&nbsp;», affirme par e-mail Jean-Michel Cousteau, président d’honneur d’<a href="https://www.oceanfutures.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ocean Futures Society</a> et président de la&nbsp;<a href="https://worldcetaceanalliance.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">World Cetacean Alliance</a>. «&nbsp;Davantage de baleines c’est davantage d’engrais baleinier qui accroît la productivité de la pêche et l’améliore et alimente l’oxygène de l’atmosphère pour nous tous.&nbsp;»</p><p>Depuis l’adoption par le Congrès des États-Unis du <em>Marine Mammal Protection Act</em> et de l’<em>Endangered Species Act</em> dans les années 1970, les populations de baleines ont rebondi. Elles demeurent toutefois menacées par d’autres facteurs tels que les&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2020/05/lextreme-maigreur-des-baleines-franches-de-latlantique-nord-inquiete-les">lignes de pêche dans lesquelles elles s’empêtrent</a>, mais aussi la pollution océanique due aux métaux toxiques et au bruit, le changement climatique et les collisions avec des bateaux&nbsp;; ce dernier facteur étant particulièrement meurtrier pour les baleines bleues (<em>Baaenoptera musculus</em>) et les rorquals communs (<em>Baaenoptera physalus</em>), selon Elliot Hazen.</p><p>Le tourisme baleinier responsable peut permettre de mieux connaître ces facteurs. Sur les navires d’observations de baleines, des spécialistes sensibilisent le public et suscitent parfois chez celui-ci un amour de la vie marine qui durera toute une vie. Dans de nombreux cas, les excursions en bateau constituent la première ligne de défense en ce qui concerne le repérage et le signalement de baleines prises au piège ou blessées. Ces spécialistes recueillent également des données importantes, généralement sous la forme de photos de nageoires caudales que les scientifiques pourront étudier, mais aussi en rendant tout simplement compte des espèces qu’ils aperçoivent.</p><p>D’après Elliott Hazen, cela s’est produit récemment lors d’une excursion dans la baie de Monterey, en Californie. Un groupe de touristes venus observer des baleines a repéré une baleine franche du Pacifique Nord (<em>Eubalaena japonica</em>), une des populations de grandes baleines les plus menacées au monde avec seulement 30&nbsp;à&nbsp;35 spécimens encore en vie. «&nbsp;C’est une autre occasion de progresser, car les bateaux d’observation de baleines sont en mer bien plus souvent que nous autres scientifiques pouvons l’être, reconnaît Elliott Hazen. Il s’agit donc d’une ressource importante pour comprendre comment l’environnement évolue, et comment ces grands prédateurs qui nous préoccupent la plupart du temps y réagissent.</p><p>Mais cela n’est pas parfait. Selon Elliott Hazen, si les excursions pour aller admirer les baleines donnent globalement un «&nbsp;résultat positif&nbsp;», les bateaux peuvent tout de même contribuer à des problèmes tels que la pollution sonore, qui peut stresser les animaux quand ils se nourrissent ou se reposent. En outre, il s’agit d’une activité de loisir onéreuse excluant potentiellement un grand nombre de personnes, qui ne seront donc pas sensibilisées à la cause.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5563222_0">COMMENT LES TOURISTES PEUVENT AIDER LES BALEINES</h2><p>Comment faire en sorte que votre prochaine excursion baleinière fasse plus de bien que de mal&nbsp;? Tout d’abord, les touristes devraient se familiariser avec les règles en vigueur là où ils se rendent.</p><p>«&nbsp;Beaucoup de pays ont soit un programme de certification ou bien des recommandations d’observation accessibles sur Internet, indique Jean-Michel Cousteau. Le&nbsp;<a href="https://www.fisheries.noaa.gov/topic/marine-life-viewing-guidelines" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Guide d’observation de la vie marine</a> de la NOAA est suivi par la plupart des acteurs baleiniers aux États-Unis.&nbsp;» La Commission baleinière internationale fournit une&nbsp;<a href="https://wwhandbook.iwc.int/en/responsible-management/guidelines-and-regulations" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">liste de recommandations</a> à suivre à l’étranger ainsi qu’un&nbsp;<a href="https://wwhandbook.iwc.int/en/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">guide</a> général qui sont tous deux mis à jours régulièrement.&nbsp;</p><p>Whale Sense, groupe du secteur de la formation volontaire, possède son propre programme certifiant et répertorie des&nbsp;<a href="https://whalesense.org/sense-ible-whale-watches/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">guides touristiques responsables</a> en Alaska et dans l’Atlantique sur son site web. Vous pouvez aussi dénicher des pourvoyeurs près des sanctuaires marins ou des sites «&nbsp;<a href="https://whaleheritagesites.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Whale Heritage</a>&nbsp;». Ces derniers ont été certifiés par un programme de la&nbsp;<a href="https://worldcetaceanalliance.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">World Cetacean Alliance</a>, association de défense des cétacées qui distingue actuellement six destinations dans le monde. Si ces endroits n’ont pas de régulations ou ne les appliquent pas, ils «&nbsp;mettent en avant des politiques mondiales d’ores et déjà mises en place [afin de] réduire les effets du changement climatique, les collisions avec les bateaux [et] l’empêtrement&nbsp;», explique Jean-Michel Cousteau.</p><p>Toutefois, le changement climatique peut contraindre les mammifères qui migrent à sortir des sanctuaires&nbsp;; et ces zones de sécurité ne bénéficient pas toutes des mêmes niveaux de protection, souligne Elliott Hazel. Le contact peut être interdit, par exemple, mais les activités telles que la pêche au crabe peuvent être tout de même autorisées, ce qui peut conduire à des empêtrements. «&nbsp;Ce n’est pas du fait des sanctuaires eux-mêmes, c’est un sous-produit de la législation sur les sanctuaires qui n’octroie pas tous les avantages des ‘zones protégées’&nbsp;», déplore-t-il.</p><p>Si vous avez encore des doutes, contactez des musées côtiers régionaux comme l’<a href="https://oceaninstitute.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ocean Institute</a>, sanctuaire marin et site «&nbsp;Whale Heritage&nbsp;» de Dana Point, en Californie, ou renseignez-vous sur le&nbsp;<a href="https://www.pacificwhale.org/research/community-science/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">programme scientifique citoyen</a> de la&nbsp;<a href="https://www.pacificwhale.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Pacific Whale Foundation</a> pour découvrir des façons responsables d’aller observer les baleines. Vous pouvez également contribuer à leur santé par le biais d’applications pour smartphones comme&nbsp;<a href="https://www.inaturalist.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">iNaturalist</a> et&nbsp;<a href="https://www.fisheries.noaa.gov/resource/tool-app/whale-alert" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Whale Alert</a>, qui signalent les baleines mortes ou en détresse à la NOAA.</p><p>Si tout cela ne parvient pas à vous convaincre, guettez museaux et nageoires caudales depuis la terre ferme. Depuis la&nbsp;<a href="https://eu.capecodtimes.com/story/news/2022/04/18/whale-watch-from-shore-cape-cod-provincetown-race-point-beach-light/7330741001/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plage de Cape Cod</a>, dans le&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/massachusetts" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Massachussetts</a>, par exemple, ou bien dans des hôtels comme le&nbsp;<a href="https://www.turtlebayresort.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Turtle Bay Resort</a>, situé au sein du&nbsp;<a href="https://hawaiihumpbackwhale.noaa.gov/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sanctuaire marin national des baleines à bosse des îles hawaïennes</a>. En Amérique du Nord, le&nbsp;<a href="https://thewhaletrail.org/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Whale Trail</a>, un sentier côtier, mène les randonneurs le long d’un parcours qui compte une centaine de postes de guet (dont certains sont dotés d’hébergements gérés par des communautés locales), de la&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/british-columbia" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Colombie-Britannique</a> jusqu’au lieu où le tourisme baleinier a vu le jour en Californie du Sud.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Sigirîya, l'ancienne capitale royale sri lankaise protégée par la jungle</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/archeologie-sigiriya-ancienne-capitale-royale-sri-lankaise-protegee-par-la-jungle</link><description><![CDATA[Perchée sur un immense rocher qui domine de façon spectaculaire les forêts du centre du Sri Lanka, Sigirîya est aussi imposante aujourd'hui qu’elle l'était à l'époque de sa construction au Ve siècle de notre ère. Le site aussi appelé Simhagîri, ou rocher du lion, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982. On y accède par des passages creusés dans la paroi rocheuse entre deux pattes...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 08:17:41 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/archeologie-sigiriya-ancienne-capitale-royale-sri-lankaise-protegee-par-la-jungle</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/03-sigiriya-rock.jpg?w=1600" length="1328419" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Perchée sur un immense rocher qui domine de façon spectaculaire les forêts du centre du&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/asia/sri-lanka/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Sri Lanka</a>, Sigirîya est aussi imposante aujourd'hui qu’elle l'était à l'époque de sa construction au Ve siècle de notre ère. Le site&nbsp;aussi appelé Simhagîri, ou&nbsp;<em>rocher du lion</em>,&nbsp;est classé&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/lists/new-unesco-world-heritage-sites-2019/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">au patrimoine mondial de l'UNESCO</a>&nbsp;depuis 1982. On y accède par des passages creusés dans la paroi rocheuse entre deux&nbsp;pattes de lion monumentales.</p><p>La forteresse a par la suite été engloutie par la forêt et n'était connue que des autochtones.&nbsp;Les étrangers, et notamment les archéologues et historiens britanniques, ont consulté&nbsp;des anciens textes bouddhistes pour partir en quête du&nbsp;site antique.&nbsp;Ils ont redécouvert le site et ses somptueuses fresques au XIXe siècle.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5361084_0">UN ROYAUME DEVENU COLONIE</h2><p>Sigirîya a été construite par le roi Kashyapa Ier au Ve siècle. Ce souverain&nbsp;est le deuxième de&nbsp;la dynastie cinghalaise des Moriya et l'imposante forteresse a été la capitale du royaume cinghalais jusqu'à la défaite de Kashyapa en 495 après J.-C.</p><p>Après Kashyapa, des&nbsp;dynasties se sont formées et déformées, leur&nbsp;sort&nbsp;étant conditionné par les luttes de pouvoir internes et les conflits qui opposaient les envahisseurs&nbsp;<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/asia/india/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">indiens</a>&nbsp;et cinghalais.</p><p>Plusieurs villes ont récupéré&nbsp;le statut de capitale après Sigirîya, comme Polonnaruwa.&nbsp;Au 12e siècle, toutefois, le contrôle général du Sri Lanka s'est progressivement affaibli.&nbsp;Le pouvoir cinghalais s’est retiré au sud-ouest de l’île, abandonnant la région de Rajarata, et les anciens centres administratifs, y compris Sigirîya, sont tombés&nbsp;en désuétude.</p><p>La position du Sri Lanka dans l'océan Indien l'exposait particulièrement aux attaques européennes.&nbsp;Au milieu des années 1500, les Portugais ont pleinement exploité les tensions dynastiques de l'élite dirigeante du sri lankaise pour prendre le contrôle d'une grande partie de l'île.</p><p>Un siècle plus tard, les colons hollandais ont remplacé les colons portugais, avant d'être à leur tour remplacés par les Britanniques à la fin des années 1700.&nbsp;En 1815, le royaume de Kandy, le dernier État indépendant de l'île, faisait partie intégrante de l'empire britannique.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5361088_0">LE SAVOIR,&nbsp;C'EST LE POUVOIR</h2><p>L'extension de l'empire&nbsp;britannique amena&nbsp;le&nbsp;fonctionnaire George Turnour sur l'île.&nbsp;Aristocrate, érudit et historien passionné, Turnour collabora avec un moine bouddhiste pour traduire une ancienne chronique du Ve siècle, le&nbsp;<em>Mahavamsa,</em>&nbsp;du <em>pali </em>à l'anglais.&nbsp;Sur la base de ce texte et d’autres textes, il identifia deux anciennes capitales : Anuradhapura et Polonnaruwa.</p><p>Turnour étudia également une nouvelle chronique de l'histoire du Sri Lanka, la&nbsp;<em>Culavamsa,</em>&nbsp;qui raconte l'histoire du roi Kashyapa.&nbsp;À la fin du Ve siècle, ce prince cinghalais a assassiné son père, le roi Dhatusena, pour s'emparer du&nbsp;trône qui revenait de droit&nbsp;à son frère, qui est parvenu à s'enfuir en Inde.&nbsp;Craignant des représailles, il fit édifier&nbsp;la forteresse de&nbsp;Sigirîya - mais en vain :&nbsp;son frère est revenu, l'a défait et a déchu&nbsp;Sigirîya de son statut de capitale.</p><p>En 1827, Jonathan Forbes, un officier écossais, se lia d'amitié avec Turnour et, découvrant l'histoire de Kashyapa et de son palais, se mit en tête de le retrouver.&nbsp;En 1831, il se rendit&nbsp;à l'endroit où on lui avait indiqué qu'il retrouverait les vestiges d'une ville antique.</p><p>Son mémoire,&nbsp;<em>Onze ans à Ceylan</em>,<em>&nbsp;</em>décrit « le rocher de Sirigi [sic]...&nbsp;surplombant&nbsp;les modestes champs et la vaste forêt de la plaine environnante. » En s'approchant d'un peu plus près, il pouvait voir des plates-formes et des galeries creusées dans le roc.&nbsp;Deux membres de son groupe d'expédition&nbsp;ont réussi à se frayer un chemin, mais ont délogé des rochers, « qui se sont écrasés entre les branches des arbres en contrebas.&nbsp;»</p><p>Ne sachant pas qu'il avait trouvé l'antique Sigirîya mentionnée dans les textes bouddhistes, Forbes abandonna l'expédition.&nbsp;En revenant quelques années plus tard, il traça&nbsp;le fossé qui entoure les jardins au pied du rocher, sans pour autant tenter d'escalader la falaise.&nbsp;Il ne faisait pas le rapport entre Sigirîya et des&nbsp;lions, car ses recherches ne lui permettait pas de faire lien étymologique.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5361092_0">DE SOMPTUEUSES FRESQUES</h2><p>Des alpinistes britanniques ont finalement atteint le sommet de l'immense édifice rocheux en 1851, sous la direction de&nbsp;Harry CP Bell, fonctionnaire britannique et&nbsp;premier commissaire à l'archéologie de Ceylan.&nbsp;Son enquête à la fin du 19e siècle a constitué la base de toutes les études ultérieures.</p><p>Bell examina minutieusement le tracé de la ville de Kashyapa et décrivit en détail la magnifique sculpture des pattes de lion à l'entrée du site.</p><p>En plus des jardins aquatiques élaborés au pied du rocher, l'étude de Bell a&nbsp;attiré l'attention des historiens sur les galeries décorées de peintures murales somptueuses, qui comptent parmi&nbsp;les objets les plus prisés du patrimoine artistique sri lankais.&nbsp;Un total de vingt-et-une&nbsp;fresques subsistantes donne à voir&nbsp;des nymphes&nbsp;<em>apsaras,&nbsp;</em>des chanteurs célestes et des danseurs.&nbsp;</p><p>À proximité, également sur les parois rocheuses, se trouvent plus de 1 000 dessins, égratignés par les moines et les pèlerins qui ont visité le site entre le VIIIe et le XIIIe siècle. Parmi ces messages du passé, on peut notamment lire&nbsp;: « À Sigirîya, d’une véritable splendeur, située sur l’île du [Sri Lanka], nous avons vu, heureux,&nbsp;le rocher qui captive l’esprit de toutes les personnes qui viennent ici.&nbsp;»</p>]]></content:encoded></item><item><title>Durant la Guerre froide, cette espionne a joué un rôle clé, sans jamais être découverte</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-durant-la-guerre-froide-cette-espionne-a-joue-un-role-cle-sans-jamais-etre-decouverte</link><category>Histoire</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 06:02:02 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-durant-la-guerre-froide-cette-espionne-a-joue-un-role-cle-sans-jamais-etre-decouverte</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027626_img.jpg?w=1600" length="59857" type="image/jpeg"/></item><item><title>5 mètres de long : dans les eaux polynésiennes vit une femelle requin-tigre géante</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-5-metres-de-long-dans-les-eaux-polynesiennes-vit-une-femelle-requin-tigre-geante</link><category>Animaux</category><pubDate>Sun, 10 May 2026 05:02:54 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-5-metres-de-long-dans-les-eaux-polynesiennes-vit-une-femelle-requin-tigre-geante</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027121_img.jpg?w=1600" length="66091" type="image/jpeg"/></item><item><title>Ce nouveau sentier de 360 km explore les contrées les plus sauvages d'Europe</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/voyage/high-scardus-trail-ce-nouveau-sentier-de-360-km-explore-les-contrees-les-plus-sauvages-europe-unesco</link><description><![CDATA[Pendant longtemps, les chaînes de montagnes des Balkans occidentaux ont été fermées au reste du monde. Aujourd’hui, un nouvel itinéraire de trekking permet aux voyageurs les plus curieux de découvrir l’héritage de ces magnifiques terres touchées par une série de conflits au 20e siècle.Le High Scardus Trail s’étend sur 362 kilomètres, et longe les frontières du Kosovo, de l’Albanie et de la...]]></description><category>Voyage</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 18:52:04 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/voyage/high-scardus-trail-ce-nouveau-sentier-de-360-km-explore-les-contrees-les-plus-sauvages-europe-unesco</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/_dsc9676.jpg?w=1600" length="1127050" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Pendant longtemps, les chaînes de montagnes des Balkans occidentaux ont été fermées au reste du monde. Aujourd’hui, un nouvel itinéraire de trekking permet aux voyageurs les plus curieux de découvrir l’héritage de ces magnifiques terres touchées par une série de conflits au 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle.</p><p>Le High Scardus Trail s’étend sur 362&nbsp;kilomètres, et longe les frontières du Kosovo, de l’Albanie et de la Macédoine du Nord jusqu’à l’un des lacs les plus profonds et les plus anciens du continent. À plus de 2&nbsp;700&nbsp;mètres d’altitude, ce royaume brumeux est parsemé de pics verts et de pâturages bordés de ruisseaux. Un bon nombre des chemins empruntés aujourd’hui sont l’œuvre du passage des caravanes romaines au 2<sup>e</sup>&nbsp;siècle avant notre ère.</p><p>En phase de développement depuis plusieurs années, le High Scardus Trail vient tout juste d’ouvrir son accès aux amateurs de randonnée et de trekking. Les étapes sont cartographiées, les balises peintes, les gîtes restaurés et les maisons transformées en chambres d’hôtes. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau sentier qui explore les magnifiques contrées sauvages des Balkans occidentaux.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5564208_0"><strong>UN SENTIER NATUREL ET CULTUREL</strong></h2><p>Les crêtes des Balkans occidentaux constituaient des points d’observation militaires stratégiques pendant les conflits qui ont frappé la Yougoslavie à la fin du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. La guerre du Kosovo (1998-1999) a vu des milliers de mines envahir les terres alpines qui constituaient la frontière du pays avec l’Albanie. En 2001, l’annonce a été faite&nbsp;: grâce aux nombreux programmes de déminage mis en place après la fin de la guerre, le Kosovo était désormais exempt de mines. Mais la situation n’était pas pour autant revenue à la normale dans les montagnes, qui étaient encore loin de pouvoir accueillir des touristes.</p><p>Désormais, vingt ans plus tard, la situation a évolué. «&nbsp;Nous voulons que tout le monde sache que, oui, même si le Kosovo a connu un passé trouble, nous travaillons dur pour devenir une destination de voyage et pour faire découvrir notre nature et notre culture magnifiques au reste du monde&nbsp;», affirme Taulant&nbsp;Hoxha, qui était enfant pendant la guerre du Kosovo et vivait dans la ville de Prizren. Il est aujourd’hui copropriétaire du service de guides de montagne <a href="https://en.tripadvisor.com.hk/Attraction_Review-g304090-d24176691-Reviews-Superxplorers-Prizren.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">SuperXplorers</a> et a participé à la création du High Scardus Trail.</p><p>Le sentier traverse certaines des montagnes les moins visitées d’Europe, et passe par six parcs nationaux&nbsp;: deux en Macédoine du Nord, un au Kosovo et trois en <a href="https://www.nationalgeographic.fr/voyage/2020/09/armenie-nos-conseils-pour-decouvrir-erevan">Albanie</a>.</p><p>«&nbsp;L’objectif était de créer ce qui pouvait devenir le meilleur sentier au monde qui réunirait plusieurs pays et environnements&nbsp;», confie Ekrem&nbsp;Hyseni, chef de projet pour <a href="https://www.giz.de/en/html/index.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">GIZ</a>, un organisme de développement international du gouvernement allemand qui a contribué à l’élaboration de l’itinéraire.</p><p>Bien qu’il soit recommandé de parcourir les vingt étapes avec des guides, l’aventure s’étendrait sur vingt jours. En outre, chaque pays n’autorisant que les citoyens locaux à travailler sur leur partie du sentier, les voyageurs devraient engager plusieurs guides pour réaliser le parcours en entier.</p><p>Celle-ci commence en Macédoine du Nord, à <a href="https://www.instagram.com/pkljuboten1925/?igshid=9vcxgi59lrtq" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Mountain&nbsp;Hut&nbsp;Ljuboten</a>, un refuge des années&nbsp;1930 récemment restauré, situé dans le petit village de Staro&nbsp;Selo. De là, l’itinéraire suit la frontière entre le Kosovo et la Macédoine du&nbsp;Nord dans les monts&nbsp;Šar, et mène jusqu’à <a href="https://www.skiresort.info/ski-resort/brezovica/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Brezovica</a>, une station de ski qui offre un aperçu de l’époque socialiste du Kosovo. Les randonneurs suivent les petits sentiers, souvent décorés par les tourbières qui longent les flancs nord des montagnes.</p><p>La marche continue dans les plaines et les plateaux jusqu’au sommet du mont Korab qui, avec ses 2&nbsp;752&nbsp;mètres d’altitude, est le plus haut sommet d’Albanie et de Macédoine du Nord. Des bergers semi-nomades, qui y gardent leur bétail afin de les protéger des ours et des loups, offrent des refuges aux randonneurs.</p><p>Le long de la route, des maisons d’hôtes comme <a href="https://sabriu.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sabriu</a> et <a href="https://www.instagram.com/guest_house_korabi/?hl=en" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Korabi</a> en Albanie proposent de découvrir les coutumes locales et de déguster, après un copieux dîner, des tranches de fromage de brebis et du raki, une eau-de-vie sucrée.</p><p>La dernière étape permet d’explorer le <a href="http://galicica.org.mk/en/homepage/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">parc national de Galičica</a>, en Macédoine du Nord, jusqu’au <a href="https://www.discoveringmacedonia.com/2018/the-magnificent-monastery-of-st-naum/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Sveti&nbsp;Naum</a>, un monastère construit sur les rives du lac d’Ohrid. La région d’Ohrid est l’un des vingt-huit lieux du monde à avoir été inscrits au patrimoine mondial <a href="https://whc.unesco.org/fr/list/99/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">naturel <em>et</em> culturel</a> de l’UNESCO pour son lac vieux de 1,36&nbsp;million d’années et sa vieille ville, qui est «&nbsp;l’un des plus anciens établissements humains d’Europe&nbsp;».</p><p>Le sentier abrite d’autres vestiges de l’histoire des Balkans occidentaux au 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, tels que les <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/repurposed-bunkers-and-urban-art-help-albania-move-beyond-communism" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">bunkers «&nbsp;nucléaires&nbsp;»</a> de l’ancien dictateur Enver&nbsp;Hoxha en Albanie, un porte-mitrailleuse en Macédoine du Nord et des structures abandonnées de l’ère soviétique au Kosovo.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5564213_0"><strong>POUR UNE ÉCONOMIE DURABLE</strong></h2><p>Si l’objectif du High Scardus Trail est de mettre en valeur les nombreuses merveilles des Balkans occidentaux, ce dernier constitue également un projet de développement durable. L’espoir est que grâce à lui, un écosystème d’entreprises pourra voir le jour et ainsi améliorer la qualité de vie des habitants et leur donner des raisons de rester.</p><p>«&nbsp;Nous espérons surtout que les jeunes verront leur pays sous un nouveau jour, et qu’ils pourront en être fiers&nbsp;», explique Stefan&nbsp;Lieb-Lind, concepteur principal de sentiers pour Trail&nbsp;Angels, consultant pour le High&nbsp;Scardus Trail.</p><p>Bien que susciter l’enthousiasme au niveau gouvernemental soit un processus de longue haleine, des programmes de formation et des subventions ont permis de développer les hébergements le long du parcours, et ont permis d’appeler les acteurs locaux à investir dans les zones rurales environnantes.</p><p>«&nbsp;Après des années de planification, de sélection des pistes, d’élaboration des itinéraires et de discussions avec les propriétaires de maisons et de terrains pour les encourager à se tourner vers le tourisme, nous avons enfin l’impression que notre travail devient réalité&nbsp;», se réjouit M.&nbsp;Lieb-Lind. «&nbsp;Le High&nbsp;Scardus&nbsp;Trail n’est plus une simple idée&nbsp;; le train est bel et bien en marche.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5564215_0"><strong>CE QU’IL FAUT SAVOIR</strong></h2><p><strong>Comment s’y rendre&nbsp;:&nbsp;</strong>Le point de départ du parcours se trouve à Staro&nbsp;Selo, à une heure de voiture de Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord. Le point d’arrivée est le monastère de Sveti Naum (ou Saint-Naum), au bord du lac d’Ohrid, à 40&nbsp;minutes de bus ou de bateau de la ville d’Ohrid.</p><p><strong>Quand y aller&nbsp;:</strong> La meilleure période est de mi-juin à mi-octobre. En dehors de celle-ci, les champs de neige peuvent bloquer l’accès au sentier (sauf au début du mois de juin dans les étapes de basse altitude).</p><p><strong>Tours guidés&nbsp;:</strong> Plusieurs compagnies touristiques, telles que <a href="https://sharoutdoors.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Shar&nbsp;Outdoors</a>, <a href="https://elitetravel-albania.com/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Elite&nbsp;Travel&nbsp;Albania</a> et SuperXplorers, proposent des expéditions guidées pour des trekkings de plusieurs jours.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Kamehameha Ier, le roi impitoyable qui unifia le royaume d’Hawaï</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/kamehameha-le-roi-impitoyable-qui-unifia-le-royaume-hawai-contre-colons-europeens</link><description><![CDATA[Rude. Redoutable. Autoritaire. Ces trois qualificatifs ont pu être utilisés pour décrire Kamehameha Ier, premier roi du royaume unifié mais éphémère d’Hawaï. Kamehameha, qui ne trahit pas la promesse faite par son nom, que l’on peut traduire par « le mis à part », s’affranchit des règles de l’aristocratie hawaïenne dans laquelle il était né à la fin du 18e siècle et poursuivit des ambitions qui...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 15:09:49 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/kamehameha-le-roi-impitoyable-qui-unifia-le-royaume-hawai-contre-colons-europeens</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/hawaii2.jpg?w=1600" length="1699948" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Rude. Redoutable. Autoritaire. Ces trois qualificatifs ont pu être utilisés pour décrire Kamehameha&nbsp;I<sup>er</sup>, premier roi du royaume unifié mais éphémère d’Hawaï. Kamehameha, qui ne trahit pas la promesse faite par son nom, que l’on peut traduire par «&nbsp;le mis à part&nbsp;», s’affranchit des règles de l’aristocratie hawaïenne dans laquelle il était né à la fin du 18<sup>e</sup> siècle et poursuivit des ambitions qui le placèrent à la tête non d’un unique clan ou d’une unique île, mais à la tête d’une nation entière du Pacifique précédemment composée d’îles indépendantes.</p><p>Dévoué au dieu de la guerre de son peuple, Kamehameha fut loué pour sa révérence, sa taille et sa force physique, son bon sens militaire mais aussi sa bravoure au combat. Mais il fallut plus que des muscles, et plus que des armes occidentales modernes, pour unifier ces îles distinctes en un unique royaume d’Hawaï. Émaillé de prophéties et de légendes, le déroulé de sa vie témoigne d’une histoire captivante&nbsp;: celle d’un chef tout en muscles, désormais connu autant pour ses compétences de dirigeant que pour son habileté physique, qui parvint à ses fins et à unifier les îles de l’archipel d’Hawaï malgré la menace du colonialisme et les prétentions de ses rivaux au trône.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583321_0"><strong>HISTOIRE HAWAÏENNE</strong></h2><p>Tel qu’il se présente aujourd’hui, l’État américain d’Hawaï comprend les huit anciennes îles qui constituaient autrefois le royaume d’Hawaï – et notamment le principal chapelet d’îles de l’archipel, qui se compose d’Hawaï (l’île principale), Maui, Oahu, Kauai, Molokai, Lanai, Niihau et Kahoolawe, ainsi que d’autres îles et atolls plus petits de la région. Mais avant le 19<sup>e</sup> siècle, chacune de ces îles était une entité à part entière, et beaucoup étaient dirigées par des parents aristocratiques de l’homme qui deviendrait Kamehameha le Grand.</p><p>Peuplées pour la première fois par des Polynésiens vers 1100-1200 de notre ère, les îles de l’archipel hawaïen furent initialement administrées par des chefferies distinctes et autonomes, des <em>mokus.</em> Ces petits royaumes englobaient parfois une île entière, tandis que d’autres domaines ne couvraient que de plus petits pans de territoire sur une île donnée. Par exemple, les îles d’Hawaï, Maui et Oahu, plus grandes, abritaient chacune plusieurs mokus qui coexistaient.</p><p>Chaque moku était régi par un code hiérarchique et profondément religieux, l’<em>askanawai.</em> L’épithète <em>kapu</em> servait à désigner les aliments, comportements, pratiques et lieux proscrits par ces règles. Faire quoique ce soit de «&nbsp;kapu&nbsp;» pouvait conduire à d’importantes sanctions, et notamment à la mort. Ce code permettait de garantir un comportement approprié de la part des sujets du chef et aidait à protéger les ressources d’un moku par les instructions qu’il donnait concernant les périodes de plantaison et de récolte des cultures mais aussi par les limites qu’il instaurait concernant le nombre et le type de poissons que l’on pouvait pêcher.</p><p>Ces sociétés verticales considéraient que leurs chefs n’étaient subalternes que des dieux, même si leur tâche était à la fois de gouverner et de servir. Bien que l’héritage familial ait eut son importance, un chef devait gagner et conserver du mana (une puissante combinaison de pouvoir religieux et politique) pour commander.</p><p>«&nbsp;Il n’était pas facile de préserver la stabilité politique au sein d’une chefferie féodale&nbsp;», écrit l’historien William H. Davenport, qui remarque que le pouvoir «&nbsp;ne découlait pas nécessairement d’un rang sacré hérité&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583325_0"><strong>PROPHÉTIES ANTAGONISTES</strong></h2><p>Bien que sa date de naissance exacte soit inconnue, l’enfant qui allait devenir Kamehameha&nbsp;I<sup>er</sup> vit vraisemblablement le jour dans les années 1750 à North Kohala, sur l’île principale d’Hawaï. Bien que la plupart des historiens pensent que le grand chef Keōua fut son père, sa mère, la cheffe Keku‘iapoiwa&nbsp;II, affirma un jour qu’un autre chef, Kahekili&nbsp;II de Maui, était son père biologique. Quoiqu’il en soit, Keōua reconnut l’enfant, qui s’appelait alors Pai‘ea, comme son fils. Indépendamment de l’identité de son père biologique, l’extraction aristocratique du nouveau-né semblait le destiner à un avenir de grand chef.</p><p>Les prophéties qui coïncidèrent avec la naissance de l’enfant le placèrent sur une trajectoire unique. Selon une ancienne légende hawaïenne, un enfant né sous la lueur d’une étoile brillante ressemblant à un oiseau deviendrait un chef capable d’un règne suprême sur Hawaï. Cette légende aurait, dit-on, cadré avec la réapparition prévue de la comète de Haley, qui traversa le ciel en 1758, année où, selon certains, le futur Kamehameha vit le jour.</p><p>D’autres donnèrent une interprétation moins indulgente de cette prophétie. Certains ennemis virent dans la légende, et dans l’irrépressible envie de la mère enceinte de manger un œil de requin, la preuve que l’enfant était extrêmement dangereux. Ils étaient persuadés qu’il deviendrait un conquérant belliqueux et un magnicide. Ce soupçon mit en danger la vie du nourrisson et sa mère le cacha pour sa sécurité. Le jeune Pai‘ea passa donc les premières années de son enfance dans la clandestinité, protégé par des prêtres et par des parents adoptifs à Waipi‘o, vallée côtière reculée et sacrée de l’île principale.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583328_0"><strong>TENSIONS FAMILIALES</strong></h2><p>Cinq ans plus tard, après la mort de son père, Pai‘ea réintégra son foyer où il fut choyé par son oncle, le puissant chef Kalani‘ōpu‘u. Par le droit d’aînesse, c’est au cousin le plus âgé du garçon, Kīwala‘o, qu’aurait dû exclusvement échoir cette faveur. Mais l’oncle partagea son affection, et son enseignement politique et religieux, entre son propre fils et son neveu. En conséquence, les deux cousins devinrent des opposants politiques alors même qu’ils avaient été élevés ensemble, formés à l’art de la guerre dans le même giron et tous les deux préparés à une vie de pouvoir et de privilège.</p><p>Grand et fort, Kamehameha était guerrier par nature. On dit qu’il se comportait déjà comme un prince alors qu’il n’était encore qu’un jeune chef. Selon l’historien Gavan Daws, le jeune homme affichait «&nbsp;une impériosité qui égalait, voire excédait, celle de son rang&nbsp;». Il absorba les leçons politiques de son oncle, prit part à une multitude de batailles et apprit également l’art du leadership politique.</p><p>Kamehameha se forma même aux affaires étrangères grâce à ses interactions avec des visiteurs anglais tels que le capitaine James Cook. L’explorateur britannique posa pour la première le pied dans l’archipel hawaïen en 1778 dans le cadre d’une quête acharnée pour découvrir le passage du Nord-Ouest, voie reliant les océans Atlantique et Pacifique. Sa première visite sur l’île s’était faite en paix, et les insulaires l’avaient accueilli à bras ouverts. Mais l’opinion que ces derniers s’étaient initialement faite du capitaine Cook et de son équipage se dégrada bientôt.&nbsp;</p><p>Barrières de langues et habitus culturels différents donnèrent lieu à des faux pas et à des malentendus, imputables aux Britanniques, qui se traduisirent par des insultes envers la propriété et envers les pratiques des insulaires.</p><p>James Cook et ses hommes s’en allèrent mais revinrent pour effectuer des réparations sur leur bateau, le <em>Resolution.</em> Lors de sa deuxième visite, les tensions entre Britanniques et Hawaïens s’exacerbèrent.</p><p>En 1779, les Hawaïens volèrent une chaloupe du <em>Resolution.</em> En guise de représailles, James Cook tenta de kidnapper Kalani‘ōpu‘u. Une bataille s’ensuivit et les Anglais se trouvèrent cernés par des milliers d’Hawaïens. Kamehameha aurait combattu en personne durant ce conflit. Bien que les récits des événements varient, James Cook fut finalement tué par un guerrier du nom de Nuaa. Sa mort brutale inspira la crainte et ne fit rien pour apaiser les tensions de longue date entre insulaires et colons européens.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583330_0"><strong>RIVALITÉS ROYALES</strong></h2><p>Quelques années plus tard, sur son lit de mort, Kalani‘ōpu‘ulay fit part de ses derniers souhaits à son cortège. Kīwala‘ō, son aîné, hérita de la chefferie. Mais, décision inhabituelle aux dires des spécialistes, il confia à son neveu le soin des offices religieux dus au dieu de la guerre Ku.</p><p>En faisant de Kamehameha le gardien du dieu de la guerre, le vieux chef venait de le doter d’un grand potentiel politique. De plus, d’autres signes et augures semblaient indiquer l’avenir glorieux de Kamehameha. Adolescent, il avait réussi à retourner une grande pierre volcanique sacrée, le Naha. Selon la légende, l’homme qui serait capable de retourner la pierre sacrée pourrait unir l’ensemble des îles hawaïennes et régner sur elles. En déplaçant la pierre lors d’un rituel, le robuste jeune homme obtint célébrité, pouvoir et crédit dans tout l’archipel. Cette prouesse exacerba la haine déjà prononcée que se vouaient les deux cousins. Le fossé qui les séparait s’agrandit encore lorsqu’ils se disputèrent lors de libations rituelles en lien avec les obsèques de Kalani‘ōpu‘u.</p><p>Bien que le déroulé des événements déclenchés par la mort de cet oncle soit sujet à controverse, il n’en résulta pas moins un contentieux sur la façon dont ses terres allaient être réparties entre les membres de sa famille. Kamehameha pouvait compter parmi ses alliés d’autres puissants oncles et membres de l’élite qui l’encouragèrent à rechercher davantage de pouvoir politique.</p><p>Bien que le peuple de Kamehameha se soit en effet procuré des armes européennes, il s’agissait principalement de rebuts de piètre qualité des guerres napoléoniennes qui étaient, selon Paul d’Arcy, «&nbsp;hautement imprécis&nbsp;». Ces fusils servirent principalement à mener des combats de type guérilla qui ne ressemblaient pas aux batailles auxquelles s’attendaient ses homologues européens. Plutôt que de mener des batailles uniques et décisives, Kamehameha et un petit groupe de guerriers d’élite affrontèrent régulièrement des groupes ennemis similaires. «&nbsp;Tout tournait autour de l’honneur et du fait de prouver sa valeur au combat&nbsp;», indique-t-il.</p><p>Kamehameha lui-même aurait attribué ses victoires aux faveurs du dieu de la guerre, et non aux armes européennes. En 1791, lors de la guerre civile qu’il avait contribué à faire éclater, Kamehameha acheva d’ériger un temple, Pu‘ukoholā Heiau (Temple sur la Colline de la Baleine), dont il avait ordonné la construction en réaction à une prophétie selon laquelle il conquerrait l’ensemble des îles hawaïennes s’il faisait bâtir un nouveau temple en l’honneur du dieu Ku. Cet édifice rocheux gigantesque, construit à l’aide d’une chaîne longue de près quarante kilomètres servant à tracter les rochers, tient encore de nos jours et est classé monument historique national.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583335_0">UN POUVOIR LÉGITIMÉ PAR LE PEUPLE</h2><p>Ainsi que l’explique Paul d’Arcy, dans les cultures polynésiennes comme celle d’Hawaï, le pouvoir ne provient pas uniquement de la force physique. «&nbsp;Leurs doctrines de l’État impliquaient d’être un dirigeant pour le peuple plutôt que de dominer celui-ci&nbsp;», affirme-t-il. Au début de son règne, Kamehameha et ses alliés faisaient jeu égal avec son cousin et d’autres rivaux. Ainsi, il «&nbsp;lui fallut être davantage diplomate que chef militaire&nbsp;».</p><p>Malgré tout, Kamehameha dut bel et bien se livrer à des opérations militaires et à des combats pour gagner territoires et sujets. En 1782, il affronta directement son cousin lors de la bataille de Moku‘ōhai lors de laquelle deux armées constituées d’hommes ayant prêté allégeance à Kamehameha et à Kīwala‘o, respectivement, se livrèrent un combat à mains nues sur une plage rocheuse. Finalement, l’un des guerriers les plus révérés de Kamehameha tua Kīwala‘o d’un coup de lance et offrit par là sa première victoire majeure à Kamehameha. L’issue de la bataille le vit prendre le contrôle de la majorité du nord et de l’ouest de l’île principale.</p><p>Cet épisode ne fut que le début de l’ascension stratosphérique de Kamehameha. Au fil des années, il se battit pour obtenir l’île entière d’Hawaï, et il y parvint. En 1795, il prit les îles de Maui et de Moloka‘i.</p><p>Mais Kamehameha ne s’arrêta pas là&nbsp;: aidé de son armée aux rangs toujours plus garnis, de son sens politique aiguisé et du mana généré par ses sacrifices spirituels, il porta son attention sur O‘ahu. Il fut aidé dans ses ambitions par deux Britanniques, Isaac Davis, seul survivant du <em>Fair American,</em> et John Young, enlevé sur un autre navire et amené à terre. Kamehameha en avait fait des prisonniers après un combat entre colons britanniques et guerriers hawaïens. De prisonniers ils ne tardèrent toutefois pas à devenir de précieux conseillers&nbsp;; Davis et Young enseignèrent au roi l’art de la guerre européen et l’aidèrent à se procurer des navires, des armes et des munitions.</p><p>Cette formation au combat et le soutien grandissant dont il faisait l’objet dans tout l’archipel le préparèrent pour sa conquête suivante&nbsp;: Oahu. En 1795, lors de la bataille de&nbsp;Nu‘uanu, mêlée épique qui devait décider du sort de l’île, il déploya entre 10&nbsp;000 et 12&nbsp;000 guerriers équipés de 1&nbsp;500 canons. Ses forces utilisèrent des mousquets et même des canons montés sur des canoës pour l’emporter sur leurs rivaux.</p><p>Les armes occidentales aidèrent bel et bien Kamehameha à s’emparer du pouvoir sur la plupart des îles hawaïennes, mais après sa victoire décisive à Oahu, le chef chercha en fait à se désengager plutôt qu’à amasser davantage d’armes et de pouvoir militaire. En effet, la maladie avait accablé ses partisans, et sa puissance de combat s’en trouvait diminuée.</p><p>Kamehameha aurait pu relever ce défi en enrôlant davantage de guerriers et en se préparant à d’autres grandes batailles. À la place, il se tourna vers le commerce et noua des alliances avec des marchands et des missionnaires européens. En 1810, il organisa une rencontre de paix historique avec son rival de toujours à Kaua‘i, Kaumuali‘i. Lorsqu’il entra dans le port d’<a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/article/city-guide-honolulu-hawaii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Honolulu</a>, il fut accueilli par des tirs de canon. Mais cette fois-ci, ils étaient tirés en son honneur, et non pour l’anéantir. Malgré la rumeur d’un complot visant à l’assassiner, la réunion se déroula paisiblement et le chef de Kaua‘i céda son île à Kamehameha sans qu’une goutte de sang ne soit versée. L’archipel hawaïen était enfin unifié.</p><p>&nbsp;</p><h2    id="header_5583340_0">UNIFICATION</h2><p>Le royaume d’Hawaï était unifié et le règne de Kamehameha dura jusqu’à sa mort en 1819. Le jeune guerrier qu’il avait été était alors devenu, selon Paul d’Arcy, un véritable homme d’État, mature, et dont le pouvoir provenait non de sa puissance physique mais de sa communauté fidèle.</p><p>«&nbsp;L’Europe avait conquis le monde grâce à sa capacité à concentrer le pouvoir&nbsp;», explique-t-il. Mais Kamehameha finit par régner sur l’archipel tout entier car il respectait le pouvoir de son propre peuple, combinant compétences de leadership particulièrement fines et dévotion divine. «&nbsp;En quelque terre que ce soit, il aurait été un chef, se souvint un jour Kalākaua, le dernier roi d’Hawaï. Il accomplit ce qu’aucun n’aurait pu faire en son temps.&nbsp;» Mais ce royaume fut éphémère&nbsp;: il disparut <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/comment-des-colons-blancs-ont-renverse-la-derniere-reine-hawaienne">en 1893 avec l’abdication forcée de la reine d’Hawaï</a>, Lili‘uokalani et avec l’annexion américaine qui suivit.</p><p>Nombreuses sont les histoires sur la vie de Kamehameha à baigner dans la légende, et les détails concernant ses obsèques sont tout aussi insaisissables que ceux qui ont trait à sa vie. Lorsque que le roi mourut, son corps fut enterré dans le secret le plus strict, ainsi que le voulaient les traditions du <em>hūnākele.&nbsp;</em>Ce verbe, qui signifie «&nbsp;cacher en secret&nbsp;», fait référence à la tradition séculaire qui consiste à enterrer la dépouille d’un chef hawaïen dans un lieu où celle-ci ne pourrait être vue, volée, exhumée ou profanée. Si elle venait à être découverte, une dépouille royale était considérée comme privée de son mana, ce pouvoir spirituel auquel les cultures polynésiennes attachent tant d’importance. En raison du secret strict dans lequel Kamehameha fut enterré, sa tombe ne fut jamais découverte.</p><p>Ou alors si… En 1983, une enquête menée par <em>National Geographic</em> permit de mettre au jour la dernière demeure d’un groupe de marchands blancs du <em>Fair American.</em> Isaac Davis, son rescapé unique, et John Young, enlevé sur un autre navire, devinrent des amis et des conseillers proches de Kamehameha et l’aidèrent à mener ses guerres et à utiliser les canons du <em>Fair American.</em> Lors de la séance photo réalisée sur le site, Tyrone Young, descendant hawaïen du membre d’équipage du <em>Fair American,&nbsp;</em>découvrit un squelette intact dans un canoë à l’intérieur d’un complexe de tunnels de lave où les autres hommes étaient enterrés. «&nbsp;J’ai senti dans mon cœur […] c’est lui, c’est Mon Roi&nbsp;; voilà les os perdus du roi Kamehameha le Grand&nbsp;», se remémora-t-il a posteriori. Mais les restes ne furent jamais identifiés comme ceux du roi, et le lieu de sa dernière demeure reste un mystère.</p><p>Aujourd’hui encore, le passé royal de l’île et l’aura du père de cette monarchie éphémère sont palpables. L’actuelle Hawaï commémore encore Kamehameha d’une multitude de façons. On trouve son nom au fronton d’innombrables écoles et commerces. Il a sa statue sur toutes les îles (et même dans le National Statuary Hall au Capitole des États-Unis). Chaque année, le 11 juillet, les Hawaïens célèbrent le Jour de Kamehameha, jour férié qui voit se succéder parades, expositions culturelles et fêtes dans tout l’État. Son règne fut peut-être court, mais Kamehameha le Grand continue de projeter son ombre sur les îles qu’il a unifiées, et avec elle son intelligence et ses qualités d’homme d’État autant que sa force tant vantée.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le gnou, l'improbable roi de la savane</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/migration-animale-le-gnou-improbable-roi-de-la-savane</link><description><![CDATA[La ligne apparut à l'horizon, tel un fil gris tendu sur un patchwork aux tons vert pâle. Alors que l’avion s’en approchait, elle se mua en une colonne de quelques centaines d’animaux, serpentant à travers la plaine. «Des gnous!», cria Charlie par-dessus le bourdonnement du moteur. « C’est un petit groupe. » Nous nous trouvions au nord du cratère du Ngorongoro, en Tanzanie. Comme nous étions...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 10:55:37 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/migration-animale-le-gnou-improbable-roi-de-la-savane</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/NG_mag_267_serengeti_migration_gnous_1_3.jpg?w=1600" length="8309548" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La ligne apparut à l'horizon,&nbsp;tel un fil gris tendu sur un patchwork aux tons vert pâle. Alors que l’avion s’en&nbsp;approchait, elle se mua en une colonne de quelques centaines d’animaux, serpentant à travers la plaine. «Des gnous!», cria Charlie par-dessus le bourdonnement du moteur. « C’est un petit groupe. » Nous nous trouvions au nord du cratère du Ngorongoro, en Tanzanie. Comme nous étions en mars, nous savions que les gnous allaient bientôt se diriger vers le nord-ouest pour traverser le parc national du Serengeti et pénétrer ensuite au Kenya. Et ils étaient là, les uns derrière les autres, formant un convoi parfaitement rectiligne.</p><p>Depuis des milliers d’années, les troupeaux de gnous bleus sillonnent le vaste écosystème du Serengeti dans&nbsp;le sens des aiguilles d’une montre (chaque animal parcourt environ 2 800 km), suivant les pluies, broutant l’herbe, fertilisant la terre et devenant des proies en nombre pour les prédateurs. Et là, foulant les pistes immémoriales de ses ancêtres, ce troupeau allait migrer vers le nord-ouest. Mais pas cette fois.</p><p>« Pourquoi vont-ils vers le sud ?, criai-je à Charlie.</p><p>– Va savoir !, répondit-il. Ils cherchent de l’herbe. Il n’y a pas grand-chose à manger ici. »</p><p>J’étais venu en Tanzanie pour assister à la grande migration des gnous et j’avais rejoint le photographe Charlie Hamilton James, qui couvrait leur longue marche depuis deux ans. Nous avions décollé de la ville d’Arusha avec le Kilimandjaro à l’horizon. La terre s’était d’abord déployée en un luxuriant camaïeu de vert, entre fermes caféières et zones de forêt dense, puis, après notre survol du cratère du Ngorongoro, elle avait laissé place à de vastes plaines.</p><p>Il y a un mois, la zone était encore un tapis d’herbes hautement nutritives. Mais les pluies avaient cessé et le sol paraissait désormais desséché, tout juste ponctué de maigres touffes d’herbes. À découvert, la colonne de gnous ressemblait à une tribu perdue, cible facile pour une troupe de lions ou une meute de hyènes.</p><p>J’aperçus alors un gnou sortir de la file. Il regarda autour de lui et partit dans la direction opposée, comme s’il avait réalisé que le groupe faisait fausse route. Le troupeau ignora le rebelle et poursuivit son chemin. Ce gnou, pensai-je, était condamné.</p><p>Vu le parcours semé d’embûches qui les attendait, beaucoup d’autres gnous du troupeau étaient eux aussi voués à la mort. À la merci de la météo, ils allaient devoir souvent modifier leur itinéraire et parcourir de longues distances pour trouver&nbsp;des pâturages. Ils seraient sans cesse harcelés par les prédateurs. Ces dernières années, ils avaient aussi dû faire face à des obstacles provoqués par les humains (des clôtures érigées pour protéger les cultures et le bétail) et à la concurrence des troupeaux de moutons et de chèvres en pleine expansion.</p><p>Mais le défi le plus redoutable serait sans doute une épreuve séculaire : la rivière Mara, que les animaux doivent franchir pour atteindre les meilleures pâtures, dans la réserve nationale du Masai Mara, au Kenya, puis traverser à nouveau pour retourner en Tanzanie. Charlie Hamilton James, qui filme et photographie le Serengeti depuis plus de vingt ans, a assisté à des dizaines de traversées et vu des milliers de gnous se diriger avec insouciance, les uns derrière les autres, vers une issue fatale. « J’y étais l’année dernière et des centaines de cadavres étaient amassés sur les berges ou flottaient dans la rivière », m’a-t-il raconté. « Un vrai cauchemar ! »</p><p>Les jeunes et les plus faibles sont nombreux à être piétinés quand les gnous dévalent dans un chaos indescriptible les berges boueuses et abruptes de la rivière. Des centaines d’entre eux se noient ensuite ou sont happés par les crocodiles qui infestent ses eaux tumultueuses. Et nombre de ceux qui parviennent à atteindre la rive opposée sont pourchassés par les lions et les hyènes en embuscade.</p><p>Charlie m’a parlé d’une fois où il avait vu un survivant d’une épuisante traversée changer d’avis de façon inexplicable quelques minutes plus tard, repasser par les mêmes épreuves, pour mourir en tentant de retourner à l’endroit qu’il venait de quitter. « Ils ne sont clairement pas très futés », me dit-il.</p><p>Là est la grande énigme des gnous : leur migration annuelle est un magnifique exemple du mécanisme complexe de la nature. Mais, observés de près, ce sont des êtres à l’apparence bizarre, qui peuvent sembler désespérément stupides. Pourtant, depuis des millénaires, ils habitent ces paysages&nbsp;rudes et impitoyables. En repensant à ce gnou solitaire qui avait pris la tangente, je n’ai pu m’empêcher de me demander : comment cette improbable espèce a-t-elle survécu ?</p><p>Peu après le lever du soleil sur le Masai Mara, je buvais un café avec Ekai Ekalale, un guide kényan, en regardant des gnous brouter devant notre Land Rover. Ils étaient assez proches pour que nous puissions les entendre mastiquer l’herbe. Une heure auparavant, nous avions vu deux lionnes tuer un jeune buffle du Cap, avant de se le faire voler par une meute de hyènes. C’était à moins d’un kilomètre. Mais les gnous semblent inconscients de tout danger. Je demandai alors à Ekai Ekalale s’il pensait qu’ils étaient stupides. «Aucun animal n’est stupide, me répondit-il. Certains sont plus intelligents que d’autres. » Mais il me fit remarquer que je n’étais pas le premier à poser la question. Depuis des siècles, les gnous laissent perplexes ceux qui les côtoient – les Masais, comme d’autres tribus de la région. Selon une légende locale, l’animal aurait été créé à partir de restes d’autres bêtes. « On lui a donné la tête d’un phacochère, le cou d’un buffle, les rayures d’un zèbre et la queue d’une girafe », raconte Ekai. Ce mythe a de nombreuses versions, dont une dans laquelle le gnou reçoit le cerveau d’une puce. Pour être mythique, ce récit n’en constitue pas moins une description appropriée. De près, l’animal a l’air maladroit et simple d’esprit. Ses cornes et ses yeux minuscules semblent beaucoup trop petits pour sa tête très allongée. Son corps, lui, paraît déséquilibré, avec cette grosse bosse derrière les épaules laissant place à un arrière-train incliné. La silhouette du gnou, poitrail massif en équilibre sur des pattes grêles, lui confère une démarche disgracieuse. Et puis, il y a le bruit abrutissant qu’il fait en continu (une combinaison entre un coassement et un beuglement), un son (« guh-nou ») qui a poussé les premiers nomades africains à le nommer « gnou ». Le tout compose une créature si étrange et si effacée que, lorsqu’ils l’ont vue pour la première fois, les colons néerlandais lui ont donné un des noms les moins imaginatifs du lexique animalier : « bête sauvage » (wildebeest). Comment la&nbsp;nature a-t-elle pu créer ce Frankenstein du règne animal ?</p><p>Pour le savoir, j’ai appelé Anna Estes, une écologue du Carleton College (Minnesota) qui travaille en Tanzanie. « Je vous arrête tout de suite », m’a-t-elle lancé. « Mon père prendrait très mal qu’on dénigre le gnou. » Si j’ai contacté Anna, c’est justement parce que son père, Richard Estes, biologiste de la faune sauvage, a écrit&nbsp;The Gnu’s World, une histoire naturelle détaillée du gnou assortie d’une réfutation exhaustive de toutes les inepties circulant à son sujet. Il a commencé ses recherches en 1962 et a été l’un des premiers scientifiques à étudier le comportement des gnous à barbe blanche du Serengeti. Anna a donc grandi ballottée dans un Land Cruiser, à suivre les troupeaux observés par son père. Lui a pris sa retraite il y a quelques années, et elle a continué à étudier l’écologie du Serengeti.</p><p>Anna Estes m’a ainsi expliqué que le succès évolutif d’une espèce pouvait être mesuré sous l’angle de la démographie. De ce point de vue, les gnous, avec une population de plus de 1,3 million d’individus, constituent de loin les grands mammifères les plus prospères du Serengeti. Les éléphants ne sont que 8 500, environ ; les lions seulement 3 000. Les plus proches rivaux des gnous, les gazelles de Thomson et les zèbres, représentent respectivement quelques centaines de milliers d’individus – ensemble, ils restent moins nombreux qu’eux.</p><p>Ce succès, me fit remarquer l’écologue, est directement lié à l’aspect étrange des différentes parties de leur corps. Toutes sont des adaptations réalisées spécifiquement durant un million d’années pour les aider à couvrir d’énormes distances et à profiter pleinement de l’écosystème unique du Serengeti. Leurs petites cornes sont moins lourdes à porter lorsqu’ils marchent ou qu’ils traversent des rivières à la nage, et elles risquent moins de s’empêtrer dans des broussailles. Grâce à leur museau plat, les gnous peuvent brouter comme une tondeuse à gazon. Leur arrière-train incliné favorise une démarche très efficace et leurs chevilles ont une élasticité digne d’un bâton sauteur, qui leur permet de faire des bonds quand ils courent. Ces deux caractéristiques les aident à économiser l’énergie dont ils ont besoin durant leurs longues migrations. Ils peuvent aussi atteindre 80 km/h, une vitesse suffisante pour échapper aux hyènes et distancer les lions. Ils excellent également à savoir où tombe la pluie et à mettre le cap vers les orages lointains qui, à l’arrivée du troupeau, auront produit de l’herbe fraîche.</p><p>Mais l’adaptation la plus impressionnante du gnou réside dans sa stratégie pour mettre au monde la génération suivante. Dès la fin janvier, les troupeaux se rassemblent dans les plaines que Charlie et moi avons survolées, lorsqu’elles sont encore couvertes d’herbes foisonnantes grâce aux pluies saisonnières et au sol volcanique riche en nutriments. Le gnou, contrairement à de nombreuses autres espèces d’antilopes, ne cache pas ses petits, et les femelles gravides mettent bas en même temps, à découvert. Quelque 500 000 petits gnous naissent en trois semaines, soit environ 24 000 par jour. Sept minutes après sa naissance, un petit se tient debout et, au bout de vingt-quatre heures, il peut courir avec sa mère. Les lions, hyènes et autres prédateurs attendent ce festin annuel et se gavent de nouveau-nés. Mais ils ne peuvent en consommer qu’une infime partie et, en quelques semaines, jeunes et adultes auront commencé à migrer vers la prochaine étape, leurs effectifs ayant augmenté de près d’un tiers.</p><p>Après avoir discuté avec Anna Estes, je partis à la recherche d’autres exemples de l’ingéniosité des gnous. J’appris ainsi qu’ils mettent toujours bas en plein jour, ce qui pourrait sembler les rendre plus vulnérables, mais les lions et les hyènes&nbsp;chassent généralement entre le crépuscule et l’aube. Les glandes odorantes de leurs sabots laissent par ailleurs une traînée d’hormones qui les aident à trouver leur chemin.</p><p>Une autre découverte me rappela ma virée en avion et ce gnou qui semblait ne vouloir en faire qu’à sa tête. Si une mère est séparée de son petit, elle sort de la colonne et se dirige vers l’arrière, où les petits se rassemblent naturellement lorsqu’ils sont perdus.</p><p>Avant de partir pour le Serengeti, j’avais lu l’histoire d’un jeune écologue, Tony Sinclair, qui a changé à jamais la vision des scientifiques au sujet des gnous. Il a grandi en Tanzanie, étudié la zoologie à Oxford, puis passé plus de dix ans à dénombrer les populations animales du Serengeti. Lors d’un rassemblement de défenseurs de l’environnement, en avril 1982, en Afrique du Sud, Tony Sinclair annonça qu’avec un autre écologue, Mike Norton-Griffiths, ils avaient recensé le plus grand troupeau d’ongulés encore jamais répertorié. Avoir calculé avec précision la taille d’un si grand troupeau migrateur (avant l’utilisation de satellites et d’autres technologies de pointe) relevait déjà de l’exploit. Mais le fait que ce troupeau ait été formé par les gnous du Serengeti était encore&nbsp;plus stupéfiant.</p><p>Dans les années 1890, les gnous avaient été décimés par des épidémies d’un virus connu sous le nom de peste bovine, apparenté au virus de la rougeole. Inoffensive pour les humains, la peste bovine peut être mortelle pour les espèces domestiques ou sauvages de bovidés, dont le buffle d’Afrique et le gnou.</p><p>Un vaccin, largement administré au début des années 1960, a mis fin aux épidémies parmi les bovins, et la population de gnous du Serengeti a connu un rebond extraordinaire. Avant que le vaccin n’éradiquât en grande partie le virus, elle comptait environ 260 000 individus. Et en dix-sept ans à peine, de 1961 à 1977, elle a plus que quintuplé pour atteindre 1,4 million.</p><p>Mais, à Pretoria, les collègues scientifiques de Tony Sinclair ne partageaient pas son enthousiasme. « Certaines personnes se sont levées pour dire: “C’est la chose la plus irresponsable que j’aie jamais entendue” ou bien encore “Nous devrions tuer la moitié des gnous” », m’a-t-il raconté lors d’une conversation sur Zoom.</p><p>C’était en effet le dogme dominant défendu alors par de nombreux scientifiques en Afrique, mais aussi dans des lieux comme le parc national de Yellowstone, m’a précisé l’écologue. Ces scientifiques pensaient en effet que les populations d’animaux sauvages devaient être régulées pour rester à l’équilibre. Selon cette doctrine, « elles devaient être contrôlées, au risque de devenir ingérables et de tout détruire ». Pourtant, Tony Sinclair n’était pas convaincu. « Il m’est venu à l’idée qu’il nous serait possible de démontrer pourquoi ce n’était pas le cas de la population des gnous du Serengeti. »</p><p>Il retourna donc sur place et, au cours des années suivantes, lui et ses collègues remarquèrent des changements significatifs. D’abord, les populations de prédateurs&nbsp;étaient en augmentation. Ce n’était guère surprenant – davantage de proies signifiait plus de nourriture pour les lions, les hyènes, les guépards et les léopards. Mais Mike Norton-Griffiths remarqua aussi qu’il y avait moins d’incendies. Avec Tony Sinclair, ils comprirent que le grand troupeau de gnous maintenait l’herbe plus rase, si bien que les feux étaient moins fréquents ou moins intenses, ce qui permettait aux arbres de pousser. Du coup, de vastes zones restées à l’état de prairie depuis près d’un siècle se sont reboisées.</p><p>Davantage d’arbres signifiait aussi davantage d’insectes, d’oiseaux et d’animaux se nourrissant de leurs feuilles, notamment les girafes et les éléphants. En se déplaçant, les gnous répandaient leurs excréments, ce qui amendait les sols et permettait de produire plus d’herbe pour eux et pour les autres espèces. Les populations d’éléphants augmentèrent, les papillons proliférèrent, et même les modestes espèces de bousiers prospérèrent.</p><p>Tony Sinclair se rendit compte que le Serengeti était en train de se transformer en un lieu dont peu d’humains vivants, sinon aucun, ne pouvaient se souvenir. Et le moteur de ce changement était l’humble gnou. À l’époque, le concept d’espèce clé (un animal crucial pour la structure et la santé d’un écosystème) était relativement nouveau. Jusque-là, toutes les espèces clés identifiées avaient été des grands prédateurs. Or, dans le Serengeti, ce n’était pas le lion qui était le roi, mais sa proie. Autrement dit, « il n’y a pas de Serengeti ou, du moins, pas celui que nous connaissons, sans le gnou », a ainsi résumé l’écologue.</p><p>En roulant dans les plaines, même sans voir les gnous, j’apercevais souvent leurs restes – des amas de côtes décolorées, des vertèbres désarticulées et des os de pattes&nbsp;d’un blanc d’albâtre –, tous identifiables grâce à un crâne reposant non loin, portant les cornes distinctives de l’animal.</p><p>Un des protégés de Sinclair, Grant Hopcraft, écologue à l’université de Glasgow, étudiait leurs restes. Je pensais que la plupart des animaux avaient été tués, mais il m’a détrompé. « Les gens pensent que les gnous meurent à cause des lions, des hyènes ou des crocodiles », m’a- t-il expliqué. « Mais les prédateurs sont seulement à l’origine de 25 à 30 % environ des morts chez les gnous adultes. » La cause de mortalité numéro un, c’est la faim.</p><p>Grant Hopcraft et son équipe étudient les os des gnous, en particulier les fémurs. « Nous analysons notamment la composition de la moelle osseuse », précise-t-il, m’expliquant que, même après la mort, elle contient encore les dernières réserves de graisse de l’animal.</p><p>Si la teneur en graisse de la moelle est très faible, cela indique que l’animal a métabolisé toute l’énergie stockée dans les couches de graisse sous sa peau et autour de ses organes, et même certains de ses tissus musculaires, avant de puiser dans les réserves ultimes de ses os. À ce stade, dit-il, « ils sont ce que nous appellerions un cadavre avec un pouls ». Un prédateur a peut-être pu porter le coup fatal, mais seulement parce que l’animal était déjà affaibli par la faim.</p><p>L’équipe de Grant Hopcraft étudie aussi les poils de la queue des gnous. Longs d’environ 30 cm, ils racontent l’histoire de la dernière année et demie de la vie de l’animal. Les scientifiques les découpent en petits segments représentant environ deux semaines de croissance chacun, puis les analysent, à la recherche d’isotopes et d’hormones qui livreront quantité de données sur l’individu. « C’est comme si l’animal écrivait son journal intime chaque jour », m’a expliqué Grant Hopcraft. « On y trouve des informations comme : “Je suis gravide. J’ai faim. Je suis stressée. Voici où j’ai mangé. Voilà ce que j’ai mangé.”» Et que révèlent ces journaux intimes ? Que les gnous sont toujours désespérément affamés, surtout les femelles : « Elles souffrent de la faim presque toute leur vie. Parce qu’elles se reproduisent sans arrêt. »</p><p>Toute l’année, les femelles sont soit gestantes, soit en train d’allaiter un petit, m’a précisé l’écologue, et, pendant quatre mois, de juin à septembre, elles font les deux tout en migrant, ce qui leur demande beaucoup d’énergie. « Elles doivent consacrer tout leur temps à consommer la plus grande quantité possible des herbes les plus nutritives jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. » Il leur faut alors aussitôt trouver où tombe la pluie, parcourir les 5 ou 6 km les séparant des nouvelles pâtures disponibles, et commencer à manger, rivalisant avec les milliers d’autres gnous qui font exactement la même chose. « C’est le moteur de la migration. »</p><p>Me rappelant le gnou que Charlie avait vu braver l’épreuve de la rivière Mara deux fois en un jour, j’ai demandé à Hopcraft si la faim pouvait pousser un animal à ignorer des dangers aussi évidents. « C’est possible », a-t-il répondu. « Échapper aux prédateurs façonne certains de leurs comportements, mais la faim est la principale force qui les anime. »</p><p>Il y a quelques années, j’avais participé à un safari pour petit budget dans les environs de Nairobi et, en moins d’une heure, nous nous étions retrouvés au milieu d’un troupeau de gnous. L’air était rempli de l’odeur âcre de leurs excréments et de leur perpétuel « gnou-ment ». Le guide nous expliqua que ce troupeau de quelque 20000 bêtes allait migrer vers les plaines d’Athi-Kapiti, non loin de là, pour&nbsp;revenir ensuite à son point de départ. C’était une version miniature de la grande migration entre le Serengeti et le Masai Mara, qui avait lieu plus loin au sud-ouest.</p><p>J’en ai parlé à Joseph Ogutu, qui a hoché la tête d’un air désolé. Il était tard à Nairobi quand nous nous sommes connectés sur Zoom. Né et élevé dans l’ouest du Kenya, Ogutu est statisticien à l’université de Hohenheim à Stuttgart, en Allemagne ; il recense les populations d’animaux sauvages du Kenya et modélise leur évolution dans le temps. Aussi, il ne connaît que trop bien l’histoire du troupeau d’Athi-Kapiti. Au début des années 2000, il a commencé à reconstituer les bases de données du gouvernement kényan sur ces gnous. « Ils ont fait un bon travail de collecte de données », a-t-il reconnu. Mais celles-ci n’étaient pas centralisées.</p><p>Au fur et à mesure qu’il récupérait les informations et les comparait aux chiffres récents, un inquiétant tableau se dessinait. La migration s’était effondrée. Le troupeau était passé d’environ 30 000 têtes au milieu des années 1970 à moins de 3 000 en 2014. Les activités humaines furent mises en cause – notamment l’urbanisation galopante de la région de Nairobi, la multiplication des fermes clôturées, l’expansion du chemin de fer. Tout cela avait fini par couper les routes nécessaires aux gnous pour trouver des pâtures et maintenir leurs effectifs. Sans la possibilité de se déplacer librement, les gnous restants ont cessé de migrer.</p><p>Joseph Ogutu m’a confié qu’une grande partie de ces obstacles entravaient également aujourd’hui la migration des gnous du Serengeti traversant le Masai Mara. Alors qu’il les&nbsp;énumérait – davantage de troupeaux de moutons et de chèvres, davantage de clôtures dans les communautés masais et d’eau captée par les fermes –, je me suis figuré un cardiologue en train d’examiner une IRM révélant l’obstruction de vaisseaux sanguins chez un patient et calculant combien de temps encore son cœur allait continuer de battre. Le nombre de gnous arrivant au Kenya décline, insista Joseph Ogutu. « Ceux qui viennent passent jusqu’à un mois et demi de moins par an dans le Masai Mara. »</p><p>S’ils cessaient de venir, cela altérerait considérablement l’écosystème, mais aussi l’économie kényane – des milliers de touristes étrangers venant dans le Masai Mara pour assister au spectacle.</p><p>J’ai demandé à Ogutu s’il pensait que la tendance pouvait encore s’inverser. Voici ce qu’il m’a répondu : « Les signaux provenant des données que j’ai consultées et les prévisions pour l’avenir laissent peu de place à l’optimisme. À moins de pouvoir mettre des terres de côté et de pouvoir les préserver pour toujours pour les gnous. »</p><p>L'un des derniers jours&nbsp;que j’ai passés dans le Masai Mara, Charlie, Ekai et moi roulions dans la&nbsp;savane quand nous avons aperçu un jeune gnou solitaire. Il ne semblait pas poursuivi. Il courait tout seul, tout simplement – un comportement normal pour un gnou. Nous avons roulé à côté de lui quelques instants. Il nous a ignorés, ses petits yeux fixés sur la route. Où allait-il ? Sur le moment, j’ai pensé qu’il était condamné. Mais maintenant, je n’en suis plus si sûr.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Qui étaient les six reines d'Henri VIII ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-histoire-angleterre-qui-etaient-les-six-reines-henri-viii-barbe-bleue</link><description><![CDATA[Les auteur.ices Toby Marlow et Lucy Moss se sont inspirés de la vie et des amours du roi Henri VIII pour leur comédie musicale à succès : intitulée SIX, cette dernière raconte l’histoire du point de vue de ses épouses. Chaque reine a droit à son moment sous les projecteurs pour expliquer au spectateur son destin de « Divorcée. Décapitée. Morte. Divorcée. Décapitée. Survivante. » DIVORCÉE :...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 09:20:12 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-histoire-angleterre-qui-etaient-les-six-reines-henri-viii-barbe-bleue</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/henrylead7.jpg?w=1600" length="2393694" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Les auteur.ices Toby&nbsp;Marlow et Lucy&nbsp;Moss se sont inspirés de la vie et des amours <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/henri-viii-liaisons-dangereuses-a-la-cour-des-tudors">du roi Henri&nbsp;VIII</a> pour leur comédie musicale à succès : intitulée <em>SIX</em>, cette dernière raconte l’histoire du point de vue de ses épouses. Chaque reine a droit à son moment sous les projecteurs pour expliquer au spectateur son destin de «&nbsp;Divorcée. Décapitée. Morte. Divorcée. Décapitée. Survivante.&nbsp;»</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550562_0"><strong>DIVORCÉE&nbsp;: CATHERINE D’ARAGON</strong></h2><p>Henri&nbsp;VIII, personnage plus grand que nature, régna sur l’Angleterre pendant trente-six ans (1509-1547). En autres réalisations politiques, il fit la guerre à la France et à l’Écosse, se sépara de l’Église catholique et ouvrit la voie à la constitution de l’Angleterre. Cependant, à l’origine, le jeune prince&nbsp;Henri n’était pas destiné à devenir roi. C’est à la mort de son frère aîné, Arthur, âgé de 15&nbsp;ans, qu’Henri devint l’héritier du trône.</p><p>Après le décès d’Arthur, Henri hérita non seulement du trône, mais aussi de la fiancée de son frère, Catherine&nbsp;d’Aragon. Après leur mariage, les deux eurent un fils, qui perdit tragiquement la vie deux mois plus tard&nbsp;; leur fille, Marie, naquit en&nbsp;1516. Cependant, en&nbsp;1526, le mariage n’ayant pas produit l’héritier mâle dont Henri avait besoin pour assurer sa succession, le roi commença à chercher une nouvelle épouse, même si l’Église catholique ne l’autorisait pas à divorcer de Catherine.</p><p>Finalement, le roi trouva une solution à son problème : estimant être un monarque choisi par Dieu, et que c’était donc lui, et non le pape, qui avait l’autorité ultime sur son royaume, il s’accorda sa propre annulation de mariage. Cette décision conduisit à la rupture de l’Angleterre avec l’Église catholique, et à la création de l’Église anglicane.</p><p>Après leur annulation, Catherine reçut le titre de «&nbsp;duchesse douairière de Galles&nbsp;» et passa le restant de ses jours au château de Kimbolton, où elle succomba à un cancer en 1536, à l’âge de 50&nbsp;ans.</p><p>Marie, quant à elle, devint reine d’Angleterre et d’Irlande de&nbsp;1553 à&nbsp;1558, période durant laquelle elle se battit pour annuler la Réforme anglaise, lancée sous le règne de son père.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550564_0"><strong>DÉCAPITÉE&nbsp;: ANNE BOLEYN</strong></h2><p>Alors qu’il était encore marié à Catherine, Henri commença à courtiser une beauté de la cour, Anne&nbsp;Boleyn, qu’il était déterminé à épouser. Dame d’honneur de Catherine, Anne était raffinée, charmante et sûre d’elle. Elle aurait été l’épouse que le roi aima le plus. Pendant que conseillers travaillaient sur «&nbsp;la grande affaire du roi&nbsp;» qu’était le divorce, le couple dut attendre sept ans avant de se marier, bien que leur relation fut ouvertement affichée à la cour. Il lui écrivit des lettres d’amour, que nous avons encore aujourd’hui. «&nbsp;J’espère vous revoir bientôt, ce qui sera pour moi un plus grand réconfort que tous les bijoux précieux du monde&nbsp;», écrivit-il.</p><p>Anne était enceinte de six mois lorsqu’ils se marièrent enfin en juin&nbsp;1533, et trois mois plus tard, elle donna naissance à Elisabeth&nbsp;I<sup>re</sup>. Plus tard, elle eut deux enfants mort-nés et subit une fausse couche en&nbsp;1536&nbsp;; le fœtus semblait être un garçon. Henri n’avait toujours pas d’héritier.</p><p>Au fil du temps, Henri se lassa d’Anne, et son regard se porta sur une nouvelle femme&nbsp;: Jeanne&nbsp;Seymour. Pour mettre fin au mariage, Henri dut trouver une issue. Il la trouva en accusant Anne de haute trahison. Pour les crimes d’adultère, d’inceste et de complot visant à assassiner le roi, Anne fut arrêtée et emprisonnée dans la Tour de&nbsp;Londres. Elle passa en jugement, nia toutes les accusations, mais fut reconnue coupable. Anne fut décapitée le 17&nbsp;mai&nbsp;1536 à la Tour, puis enterrée dans une tombe non marquée sous l’église paroissiale de Londres.</p><p><em><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/anne-boleyn-et-henri-viii-les-liaisons-dangereuses">(À lire&nbsp;: Anne&nbsp;Boleyn et Henri&nbsp;VIII&nbsp;: les liaisons dangereuses.)</a></em></p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550566_0"><strong>MORTE&nbsp;: JEANNE SEYMOUR</strong></h2><p>Toujours marié à Anne, Henri visita la maison des Seymour. C’est à cette occasion qu’il aurait posé les yeux sur Jeanne, qui était la dame d’honneur de Catherine d’Aragon et d’Anne&nbsp;Boleyn. Tout comme avec Anne, Henri commença à courtiser Jeanne alors qu’il était encore marié.</p><p>Belle et réservée, elle marqua un contraste frappant avec ses deux premières épouses. Très vite, les rumeurs de son attirance pour elle se répandirent. Il la demanda en mariage le lendemain de l’exécution d’Anne&nbsp;Boleyn, et ils se marièrent un mois plus tard. Elle donna naissance à un fils, le futur Édouard&nbsp;VI, en&nbsp;1537, mais mourut douze jours après l’accouchement. Elle est la seule épouse d’Henri&nbsp;VIII à être enterrée à ses côtés, dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550568_0"><strong>DIVORCÉE&nbsp;: ANNE DE CLÈVES</strong></h2><p>Les ministres d’Henri cherchèrent avec difficulté une nouvelle épouse pour le roi, dont la réputation maritale était exécrable. Anne&nbsp;de&nbsp;Clèves, la fille d’un duc allemand, entra dans leur ligne de mire pour des raisons diplomatiques&nbsp;: le mariage allierait l’Angleterre à un duché protestant, solidifiant ainsi la réforme religieuse de l’Angleterre.</p><p>Avant d’accepter de&nbsp;l’épouser, Henri souhaitait savoir à quoi elle ressemblait. Ainsi, sur les conseils de Thomas&nbsp;Cromwell, il envoya son peintre de cour préféré, Hans&nbsp;Holbein le&nbsp;Jeune, dans le duché allemand, et il approuva sur la base du portrait.</p><p>Cependant, à l’arrivée d’Anne, il fut très déçu de constater qu’elle n’était pas aussi belle qu’on le disait. À cette époque de sa vie, le roi était disgracieux, obèse, souffrait de douleurs chroniques et avait un tempérament imprévisible. Ils se marièrent malgré tout au palais de Greenwich le 6&nbsp;janvier&nbsp;1540, mais il ne tarda pas à vouloir sortir de cette union. Le mariage fut annulé six mois plus tard, au motif qu’il n’avait pas été consommé. Elle reçut le château d’Hever, l’ancienne résidence d’Anne&nbsp;Boleyn, et le titre de «&nbsp;Sœur aimée du Roi&nbsp;».</p><p>Thomas&nbsp;Cromwell n’eut pas eu la même chance&nbsp;: Henri le fit exécuter pour son erreur de calcul.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550570_0"><strong>DÉCAPITÉE&nbsp;: CATHERINE HOWARD</strong></h2><p>Henri avait 49&nbsp;ans, et Catherine 19 ou 20&nbsp;ans, lorsqu’il la repéra parmi les dames d’honneur de sa précédente épouse, Anne&nbsp;de&nbsp;Clèves. Vive et pleine d’énergie, la jeune Catherine n’eut pas le choix dans l’affaire. Le couple se maria en&nbsp;1540, trois semaines après la séparation du roi avec Anne, et elle devint sa femme-trophée.</p><p>Sans doute rebutée par son mari beaucoup plus âgé (qui souffrait de divers maux tels que des ulcères aux jambes), elle tomba amoureuse de Thomas&nbsp;Culpeper, l’un des jeunes conseillers d’Henri. L’archevêque de Canterbury, Thomas&nbsp;Cranmer, eut vent de cette liaison. Il déconça Catherine à Henri, en mentionnant également les relations qui avaient eu lieu avec d’autres hommes avant leur mariage. Elle fut accusée de dépravation avant son mariage, de dissimulation de ses indiscrétions ainsi que d’adultère&nbsp;: des actes de trahison. Elle fut exécutée le 13&nbsp;février&nbsp;1542.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5550572_0"><strong>SURVIVANTE&nbsp;: CATHERINE PARR</strong></h2><p>Deux fois mariée et deux fois veuve, Catherine fut d’abord réticente à l’idée d’épouser Henri. Qui pourrait lui en vouloir ? Elle connaissait les destins de ses précédentes épouses, mais elle savait aussi que rejeter le roi pourrait avoir des conséquences dramatiques. Elle avait attiré son attention lorsqu’elle était membre de la maison de la princesse Marie, la fille du roi. Ils se marièrent en&nbsp;1543 et, selon tous les témoignages, fut une épouse aimante et pieuse qui réconforta Henri dans sa vieillesse. Elle aida le roi à se réconcilier avec ses deux filles, Marie et Elisabeth, et veilla à ce qu’elles soient éduquées, et que leur légitimité à la succession soit rétablie. Elle survécut au roi et se maria une quatrième fois.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Travailler pour la CIA demande de mener une double-vie en toute circonstance</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/services-secrets-travailler-pour-la-cia-demande-de-mener-une-double-vie-en-toute-circonstance</link><category>Télévision et vidéo</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 06:03:20 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/services-secrets-travailler-pour-la-cia-demande-de-mener-une-double-vie-en-toute-circonstance</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027625_img.jpg?w=1600" length="205636" type="image/jpeg"/></item><item><title>Les requin-tigres géants ont élu domicile dans les eaux polynésiennes</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-les-requin-tigres-geants-ont-elu-domicile-dans-les-eaux-polynesiennes</link><category>Animaux</category><pubDate>Sat, 09 May 2026 05:03:16 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-les-requin-tigres-geants-ont-elu-domicile-dans-les-eaux-polynesiennes</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027122_img.jpg?w=1600" length="179692" type="image/jpeg"/></item><item><title>Comment les guépards arrivent-ils à garder leurs têtes droites quand ils courent ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/animaux/anatomie-animauxcomment-les-guepards-arrivent-ils-a-garder-leurs-tetes-droites-quand-ils-courent</link><description><![CDATA[Qui dit guépard dit vitesse. Mais au-delà de leurs structures minces, quelque chose les aide à courir toujours plus vite.Un rapport publié en 2018 dans le magazine Scientific Reports, révèlait que certaines parties de l'oreille interne du guépard contribuent à en faire un chasseur hors pair. C'était la première étude sur la structure de l’oreille interne de ce grand félin jamais publiée. UN GRAND...]]></description><category>Animaux</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 16:41:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/animaux/anatomie-animauxcomment-les-guepards-arrivent-ils-a-garder-leurs-tetes-droites-quand-ils-courent</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/06-cheetah-gallery-6153384_uploadsmember918207yourshot-918207-6153384jpg_lj4fl6q557hvxhxfgov5is6sxxp3eflutfvvbpyjwjhzlmh4iziq_1920x1281.adapt_.1900.1.jpg?w=1600" length="326510" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Qui dit guépard dit vitesse. Mais au-delà de leurs structures minces, quelque chose les aide à courir toujours plus vite.</p><p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-018-20198-3" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">rapport</a> publié en 2018 dans le magazine <em>Scientific Reports, </em>révèlait que certaines parties<em>&nbsp;</em>de l'oreille interne&nbsp;du&nbsp;guépard&nbsp;contribuent à en faire un&nbsp;chasseur hors pair. C'était la première étude sur la structure de l’oreille interne de ce grand félin jamais publiée.</p><p>&nbsp;</p><h2 id="header_1113906_0"><strong>UN GRAND FÉLIN TOUT OUÏE</strong></h2><p>Si vous observez un guépard courir au ralenti, vous pourrez voir qu’il a tendance à garder sa tête droite et ses yeux fixés sur sa proie même en plein mouvement. Pour en savoir plus la manière dont la structure osseuse de l'animal l'aide&nbsp;à atteindre de tels pics de vitesse, l'auteur principal du rapport&nbsp;<a href="https://www.researchgate.net/profile/Camille_Grohe2" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Camille Grohé</a>&nbsp;s'est tourné s'est penchée sur l'oreille interne.</p><p>L’oreille interne est cruciale pour maintenir l’équilibre et un port de tête stable.&nbsp;Elle est composée de trois canaux semi-circulaires contenant des cellules capillaires fluides et sensorielles qui captent les mouvements.&nbsp;Puisque chaque canal est incliné différemment, ils sont tous sensibles à différents mouvements.</p><p>Les scientifiques ont utilisé une technique d'imagerie nommée&nbsp;micro-tomographie à rayons X : elle permet&nbsp;de reconstituer, en 3D et sans destruction, la structure d'un échantillon. Camille Grohé et son équipe ont scanné 21 crânes de félidés, dont 7 appartenaient à des guépards moderne. Les chercheurs ont aussi scanné le crâne d’un <a href="http://www.prehistoric-wildlife.com/species/a/acinonyx-pardinensis.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">guépard géant disparu</a>, pour savoir comment l’oreille interne avait pu évoluer.</p><p>Les oreilles internes des guépards sont comme les oreilles des autres félidés modernes. Les chercheurs se sont surtout intéressés au système vestibulaire de l'<a href="https://www.sciencesetavenir.fr/tag_defaut/oreille-interne_7783/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">oreille interne</a>&nbsp;de ces spécimens. Le système vestibulaire est un organe essentiel pour le maintien de l'équilibre du corps et pour l'adaptation de la posture de la tête et la direction du regard pendant un mouvement chez la plupart des vertébrés. Spécificité des guépards : des canaux semi-circulaires plus longs que les autres félidés.</p><p>« Cette anatomie singulière de l’oreille interne est caractéristique d'une sensibilité accrue et d'une réponse plus rapide aux mouvements de la tête, »&nbsp;avait expliqué&nbsp;<a href="https://www.amnh.org/exhibitions/extreme-mammals/meet-the-curator/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">John Flynn</a>, co-auteur de l’étude dans un <a href="https://www.amnh.org/about-the-museum/press-center/cheetahs-inner-ear-is-one-of-a-kind" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">communiqué de presse</a>.</p><p>Ces aptitudes physiques&nbsp;n’ont pas été observées chez les espèces de guépards aujourd'hui disparues, ce qui indique une évolution relativement récente de&nbsp;l’oreille interne de ces grands fauves.</p><p>« Les ancêtres des guépards modernes&nbsp;ont évolué, leurs os se sont affinés avec le temps,&nbsp;leur permettant de courir plus vite. Ensuite, leur oreille interne a évolué pour devenir&nbsp;ultra-sensible aux mouvements de la tête, ce qui leur permet aujourd'hui de maintenir leurs têtes fixes pendant une course, même très rapide », ajoute Camille Grohé.</p><p>L’animal le plus rapide du monde est conçu&nbsp;pour courir vite et sur de courtes distances. Sa colonne&nbsp;vertébrale&nbsp;est longue&nbsp;et flexible, ce qui lui permet d'atteindre&nbsp;96 km par heure en seulement trois secondes. Tandis que ses muscles minces et forts aident son corps&nbsp;à se propulser vers l'avant, ses larges cavités nasales l'aident à respirer profondément pour mieux se rétablir après une course.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Comment Hello Kitty a permis au Japon de conquérir le monde après la Seconde guerre mondiale</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/soft-power-asie-comment-hello-kitty-a-permis-au-japon-de-conquerir-le-monde-apres-la-seconde-guerre-mondiale</link><description><![CDATA[Aux yeux du monde, Hello Kitty est une chatte charmante, un personnage de dessin animé portant un nœud rouge à la tête d'un empire de vêtements, accessoires et autres sacs à dos, en un mot une marque pesant plusieurs milliards de yen. Mais l’histoire derrière sa popularité est bien plus complexe.Née en 1974 au cœur des efforts du Japon de se remettre de la dévastation post Seconde Guerre...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 13:29:09 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/soft-power-asie-comment-hello-kitty-a-permis-au-japon-de-conquerir-le-monde-apres-la-seconde-guerre-mondiale</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/hello-kitty-cover.JPG?w=1600" length="337388" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Aux yeux du monde, Hello Kitty est une chatte charmante, un personnage de dessin animé portant un nœud rouge à la tête d'un empire de vêtements, accessoires et autres sacs à dos, en un mot une marque pesant plusieurs milliards de yen. Mais l’histoire derrière sa popularité est bien plus complexe.</p><p>Née en 1974 au cœur des efforts du <a href="https://www.nationalgeographic.com/travel/destination/japan" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Japon</a> de se remettre de la dévastation post <a href="https://www.nationalgeographic.com/related/c21722d8-8748-3ed6-911f-de1ff64391ce/world-war-ii" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Seconde Guerre mondiale</a>, Hello Kitty est devenue l’agente inattendue d’une réinvention nationale. Alors que le pays confrontait son passé impérialiste et cherchait à redorer son blason à l’international, c’est une révolution culturelle silencieuse qui a émergé, aux racines ancrées dans le culte de la mignonnerie, le <em>kawaii</em>.</p><p>C’est avec le personnage d’Hello Kitty que le Japon a commencé à se remontrer au monde, non pas comme une ancienne puissance militaire, mais comme un expert du soft power.</p><h2   id="header_5598708_0">&nbsp;</h2><h2   id="header_5598708_1">LA POPULARITÉ D’HELLO KITTY</h2><p>La capitulation du pays en 1945 a forcé les dirigeants politiques japonais à regarder en face l’histoire impérialiste du pays et à trouver une façon de s’en extirper. Dans les pays occidentaux régnait un puissant sentiment anti-Japon. La déshumanisation systématique des communautés japonaises menait aux États-Unis à des législations discriminatoires et à la relocalisation massive des Nippo-Américains vers des camps d’internement. Le Japon était face à deux choix&nbsp;: accepter son sort ou bien changer fondamentalement son image internationale. Le pays a préféré la deuxième option.</p><p>Entre 1945 et 1952, l’occupation américaine du Japon a restructuré le système politique et économique du pays, alors qu’il commençait à chercher de nouvelles manières moins menaçantes de réintégrer l’imaginaire international. Les exports culturels sont devenus des outils stratégiques, des liens émotionnels qui permettaient d’éviter le conflit.</p><p>C’est une tâche ardue que de changer l’image d’un pays, surtout quand les stigmates de la guerre ternissent sa réputation. La renaissance du Japon a commencé dans les années 1970, grâce à une société de chaussures, lorsque le designer <a href="https://yukoart.com/work/hell-o-kitty/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Yuko Shimizu</a> a dessiné un chat blanc portant un ruban rouge. Dessin qui a changé le cours de l’histoire japonaise.</p><p>Hello Kitty a vu le jour dans les locaux de la société Sanrio Inc. en 1974, une idée des designers de la société japonaise connue pour ses sandales mignonnes en caoutchouc ornées de fleurs. Le personnage a connu un succès fulgurant dans les années 1970 et 1980, <a href="https://corporate.sanrio.co.jp/en/about_sanrio/history/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">surtout en Occident</a>, où des hordes de fans américains et des magasins Sanrio sont apparus un peu partout dans le pays, amenant des milliers de produits dérivés sur le marché. Hello Kitty a porté la culture <em>kawaii</em>, qui se traduit littéralement par «&nbsp;mignon&nbsp;» ou «&nbsp;adorable&nbsp;», sur la scène internationale, pavant le chemin d'une nouvelle identité japonaise.</p><p>«&nbsp;Le <em>kawaii</em> est facile à utiliser en tant qu’une toile vierge sur laquelle on peint ses propres vues de ce qu’est une marque. Son mécanisme repose sur les émotions. Il s’agit d’un moyen discret et pratique d’adoucir l’image des compagnies et des marques.&nbsp;» C’est l’explication qu’offre <a href="https://www.ntu.ac.uk/staff-profiles/art-design/hui-ying-kerr" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Hui-Ying Kerr</a>, maître de conférences de l’université de Trent à Nothingham, dont les travaux de recherche se concentrent sur la culture de consommation au Japon.</p><p>Le <em>kawaii</em>, ancré dans la «&nbsp;culture féminine&nbsp;» japonaise, se caractérise par son aspect visuel simple, hyper-mignon, d’innocence enfantine. Il s’agissait à l’origine d’un espace de sûreté et d’émancipation pour des groupes privés de droits au Japon. Les activistes étudiants des années 1960 ainsi que les femmes fans de <em>shōjo</em>&nbsp;des années 1980 se sont servi de cette <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-asian-studies/article/abs/magic-shojo-and-metamorphosis-magical-girl-anime-and-the-challenges-of-changing-gender-identities-in-japanese-society/AAA8B9C5895D35A48C9EFC28495D4F9B" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">sous-branche légère de la culture</a> pour se rebeller contre des hiérarchies rigides et nationalistes, sources d’agressions, explique la professeure de japonais à l’université de Clemson, <a href="https://www.clemson.edu/cah/about/facultybio.html?id=2149" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Kumiko Saito</a>. Cette première version du <em>kawaii</em> était radicale, un acte de résistance enveloppé dans un cocon de mignonnerie.</p><p>Le pouvoir émotionnel du <em>kawaii</em> n’est cependant pas passé inaperçu. En y regardant de près, les institutions économiques et gouvernementales du Japon ont découvert une opportunité lucrative. Une apparence épurée est devenue une stratégie nationale&nbsp;: la puissance douce se servait du sentiment d’innocence que véhiculait le <em>kawaii</em>, afin de redorer son image internationale. Hello Kitty, sans expression, apolitique et malléable à souhait, était l’ambassadrice idéale.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5598711_0">L’INFLUENCE INTERNATIONALE DU <em>KAWAII</em></h2><p>La Seconde Guerre mondiale a cristallisé de profondes tensions politiques et culturelles entre les États-Unis et le Japon. Et pourtant, en 1983, moins de quarante&nbsp;ans après la fin de la guerre, Hello Kitty était devenue l’ambassadrice officielle de l’UNICEF auprès des enfants américains.&nbsp;</p><p>Au début des années 2000, le gouvernement japonais avait complètement embrassé le <em>kawaii</em> comme un outil de soft power. L'initiative «&nbsp;<a href="https://www.cao.go.jp/cool_japan/english/index-e.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cool Japan&nbsp;</a>» se servait de la culture populaire, comme les animés, la mode et les icônes <em>kawaii</em> telles qu’Hello Kitty, pour «&nbsp;<a href="https://www.cao.go.jp/cool_japan/english/index-e.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">renforcer les liens</a> entre le Japon et les autres pays&nbsp;».</p><p>Grâce à cette campagne, Hello Kitty est devenue Ambassadrice du Tourisme à Taïwan et en Corée du Sud, deux nations qui avaient fait les fraits de l’occupation brutale du régime impérial japonais quelques décennies plus tôt. L’esthétique du <em>kawaii</em> était un tel succès qu'elle permit de draper le Japon d'une cape d’innocence.</p><p><a href="https://www.lcfi.ac.uk/people/dan-white" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dan White</a>, anthropologue culturel et adjoint de recherche à l’université de Cambridge, explique comme la capacité qu’a le Japon de se réinventer : «&nbsp;Tout repose sur la narration, la flexibilité et la façon de raconter des histoires adaptatives sur l’identité de la nation. Les bureaucrates et les politiciens cherchaient à recréer le Japon.&nbsp;»</p><p>Le <em>kawaii</em> n’est pas simplement devenu une apparence&nbsp;mais bien l’entière personnalité du Japon&nbsp;: de l’empire commercial multimilliardaire de Sanrio à la désignation en 2008 par le ministère des affaires étrangères de «&nbsp;<a href="https://japantoday.com/category/features/ambassador-of-cute" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Cute Ambassadors&nbsp;</a>», de jeunes femmes habillées selon la mode <em>kawaii</em> déployées comme des mascottes culturelles lors d’expositions internationales. Au cours d’une interview, l’ambassadrice Aoki Misako a <a href="https://www.huffingtonpost.jp/entry/misako-aoki_jp_5c6b83a8e4b0e8eb46b91a56" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">décrit</a> sa tenue <em>kawaii</em> comme étant «&nbsp;une armure [qui] peut protéger quelqu’un des perceptions négatives de soi&nbsp;».</p><p>La vision <em>kawaii</em> revêt ici deux symboliques&nbsp;: <a href="https://campanthropology.org/2024/06/03/daniel-white-on-his-book-administering-affect/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">l’émancipation des femmes d’une structure patriarcale</a> et l’outil stratégique et diplomatique d’une nation. Même l’ancien premier ministre, Shinzo Abe, connu pour ses idées nationalistes, a penché vers la stratégie <em>kawaii</em> en se <a href="https://apnews.com/article/shinzo-abe-russia-ukraine-winter-olympics-covid-health-8f3e6616fcec3fc9ceef02791dfca34a" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">déguisant</a> en Mario de Nintendo lors des J.O. de Rio en 2016. Une pirouette qui est arrivée après une vague de critiques contre ses vues nationalistes, notamment une <a href="https://eastasiaforum.org/2013/12/30/what-to-make-of-mr-abe-and-his-visit-to-yasukuni/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">visite à un mémorial de la Seconde Guerre mondiale</a> rendant hommage à des criminels de guerre japonais reconnus.</p><p>«&nbsp;Il faut penser aux idées politiques, surtout lorsque l’on parle des institutions ou des nations qui se servent du mignon pour avancer leurs propres buts nationalistes&nbsp;», explique Hui-Ying Kerr. «&nbsp;C’est un peu comme un ingrédient, à l’instar du sucre qui peut rendre certains plats comestibles, mais qui peut aussi rapidement dégoûter en excès ou lorsqu’on s’en sert pour cacher quelque chose.&nbsp;»</p><p>Cette culture de la mignonnerie, ce que l’anthropologue <a href="https://www.asianstudies.org/author/christineyano/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Christine Yano</a> appelle la «&nbsp;performance du mignon&nbsp;», est profondément ancrée dans la vie moderne japonaise. L’anthropologue, autrice de <a href="https://www.goodreads.com/en/book/show/16033311-pink-globalization" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Pink Globalization: Hello Kitty’s Trek Across the Pacific</em></a>, qui n’a pas été traduit en français, remarque que la culture <em>kawaii</em> sert de multiples objectifs. Elle peut être amusante et personnelle, une forme d’expression et d’identité, tout en agissant comme un vaisseau pour l’image de marque et la diplomatie.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Le football, instrument de propagande et de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-le-football-instrument-de-propagande-et-de-resistance-pendant-la-seconde-guerre-mondiale-sport</link><description><![CDATA[Fin de partie pour les championnats de football lors de la saison 2019-2020. Stoppés à la mi-mars 2020, du fait de la crise sanitaire, ils n'ont repris, en France, qu’en août 2020. Une mesure radicale, quasiment sans précédent : même au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, les matchs n’avaient jamais cessé. Un article publié dans la revue Soccer &amp; Society revient sur l’instrumentalisation...]]></description><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 09:57:18 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-le-football-instrument-de-propagande-et-de-resistance-pendant-la-seconde-guerre-mondiale-sport</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/4_fc-start-contre-flakelf.jpg?w=1600" length="153966" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Fin de partie pour les championnats de football lors de la saison 2019-2020. Stoppés à la mi-mars 2020, du fait de la crise sanitaire, ils n'ont repris, en France, qu’en août 2020. Une mesure radicale, quasiment sans précédent&nbsp;: même au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, les matchs n’avaient jamais cessé. Un article&nbsp;<a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/14660970.2020.1755270" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">publié dans la revue <em>Soccer &amp; Society</em></a> revient sur l’instrumentalisation de la pratique du ballon rond pendant le conflit.</p><p>Malgré l’effet dévastateur de la Seconde Guerre mondiale en Europe, en termes de pertes humaines et de destruction d’infrastructures, les footballeurs ont continué à pratiquer leur sport. Parfois dans des conditions extrêmes&nbsp;: l'étude rapporte que des parties officielles se jouaient alors que le bruit des chars était perceptible alentours et que des balles fusaient à proximité du terrain.</p><p>«&nbsp;Tout a été fait pour que les championnats des ligues de football et les autres tournois soient maintenus, tant chez les Alliés que dans les pays de l’Axe, pointe Jorge Tovar, professeur au département économique de l’Université des Andes en Colombie, auteur de l’étude. Il était nécessaire de divertir la population afin qu’elle se focalise sur autre chose que sur les événements tragiques.&nbsp;»</p><p>De plus, pour l’Allemagne nazie, le sport était un outil de propagande, servant à la fois à sympathiser avec les populations vaincues et à démontrer la supériorité des Allemands et de la «&nbsp;race aryenne&nbsp;».</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5496508_0"><strong>LE SPORT COMME BIAIS DE RECRUTEMENT</strong></h2><p>Du côté de l’Axe, des compétitions étaient régulièrement organisées au sein du Troisième Reich et chez ses alliés : l'Italie, la Croatie, la Roumanie, la Finlande et la Hongrie. En Pologne, premier pays envahi en septembre 1939, l’Allemagne a certes annulé le championnat national - qui n’a repris qu’en 1946 -, mais des face-à-face ont continué à avoir lieu en Silésie, une région du sud-ouest, vue par les nazis comme partie intégrante du Troisième Reich.</p><p>Certaines équipes participaient donc à la coupe allemande. «&nbsp;En acceptant de jouer pour l’Allemagne, ces joueurs pouvaient parfois prétendre à des faveurs, par exemple obtenir une protection pour leurs proches&nbsp;», précise Jorge Tovar. Après-guerre, beaucoup d’entre eux furent cependant considérés comme des traîtres et emprisonnés.</p><p>Dans les autres régions polonaises, il arrivait que les soldats allemands affrontent des équipes locales, qui remportaient parfois la victoire, comme à Rybnik en 1943. Des tournois illégaux étaient aussi organisés. À l’automne 1940, le stade national de Varsovie a ainsi accueilli seize équipes polonaises. Lorsqu'ils étaient découverts, ces événements étaient durement réprimés, les soldats n'hésitant pas à tirer sur les supporters (1943, Konstancin) et à envoyer les footballeurs dans les camps&nbsp; de concentration (1943, Milanówek).&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5496508_1"><strong>LE FOOTBALL DANS LES CAMPS</strong></h2><p>Paradoxalement, ces lieux d'enfermement ont aussi donné lieu à des tournois. Des rencontres sportives qui revêtaient une importance particulière pour les prisonniers. Dans son <a href="http://www.revistaaloma.net/index.php/aloma/article/download/226/155" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">étude historique</a>, Jakub Ferenc de l’université privée Collegium Civitas de Varsovie, rapporte les propos des détenus du camp de Gross-Rosen, en Silésie. Ceux-ci sont unanimes : «&nbsp;Jouer au football était une occasion unique de se sentir à nouveau comme un être humain ; c'était le seul moment où tous les gens dans ce lieu mauvais étaient égaux.&nbsp;»&nbsp;</p><p>Comment étaient constituées les équipes&nbsp;? À Gross-Rosen, les joueurs étaient d’abord sélectionnés selon les tâches qu’ils effectuaient dans le camp. On trouvait ainsi l’équipe des travailleurs des carrières ou celle des constructeurs. Puis, à partir de 1943, lorsque le nombre de prisonniers a considérablement augmenté, les tournois se sont transformés en compétition internationale, avec des rencontres entre équipes polonaises, allemandes, tchèques ou soviétiques.</p><p>Las, une fois le coup de sifflet final donné, les nazis&nbsp;n’étaient pas toujours fair-play en cas de défaite. «&nbsp;Quelques heures seulement après un match remporté par les prisonniers polonais contre l'équipe SS du camp de concentration de Gross Rosen (1:0) et peu de temps après avoir bu de la bière ensemble, tous les prisonniers ont été violemment battus (certains d'entre eux - à mort) par leurs tortionnaires allemands&nbsp;», précise Jakub Ferenc.</p><p>&nbsp;</p><h2   id="header_5496510_0"><strong>LE BALLON ROND FAIT DE LA RÉSISTANCE</strong></h2><p>En France également, les compétitions se poursuivent pendant la guerre. Après la reddition en 1940, les équipes sont divisées, comme le reste du pays, en deux zones - le nord, sous contrôle allemand et le reste sous le régime de Vichy -, les gagnantes de chaque zone disputant la finale. Cependant, seul le Championnat de France 1943-1944 ira jusqu’à son terme et donnera lieu à un vainqueur&nbsp;: l'équipe fédérale Lens-Artois.</p><p>En Alsace annexée, le Sporting Club Red Star est, quant à lui, saisi par l'Allemagne et contrôlé par les SS. Comme en Pologne, les joueurs doivent évoluer dans le championnat allemand et portent sur leur maillot la tête de mort et le sigle de la Schutzstaffel. Pour renforcer leur équipe, ses nouveaux dirigeants tentent de recruter Oscar Heisserer, meilleur joueur français et licencié du Racing club de Strasbourg, adversaire historique du Red star. Impensable pour le footballeur&nbsp;: Heisserer refuse la proposition et se voit contraint de fuir en Suisse.</p><p>Ailleurs en Europe, la situation est contrastée, mais, globalement, la pratique du ballon rond reste vivace. Autorisées malgré l’occupation, les rencontres perdurent ainsi aux Pays-Bas. «&nbsp;Le nombre de joueurs et de supporters y a même augmenté durant la guerre&nbsp;», pointe l’étude. Quant à l’Angleterre, après avoir suspendu tous ses matchs au début du conflit, elle décide finalement de relancer les compétitions à des fins de divertissement, mais seulement au niveau régional pour limiter les dépenses en essence des fans et des joueurs. Un succès&nbsp;: 82 équipes sur 88 y participeront.</p><p>Finalement, seule la Norvège fait figure d’exception&nbsp;: le parti nazi norvégien ayant tenté de prendre la direction des clubs du pays, une « grève sportive nationale » est lancée. Les joueurs, les fans et les managers, pour la plupart, choisissent de ne plus pratiquer ou alors seulement lors d’événements sportifs illégaux, durant lesquels avaient d’ailleurs lieu des recrutements pour la résistance.</p><p>En Allemagne et en Italie, en revanche, les manifestations footballistiques perdurent jusqu'aux dernières heures du conflit. En Italie, le championnat national cesse seulement en 1943 lorsque, après des défaites majeures en Afrique, Mussolini est arrêté par le roi Victor Emmanuel III. Même alors qu’elle perd la guerre, l'Allemagne maintient ses matchs officiels. En avril 1945, Hambourg accueille ainsi la dernière rencontre organisée dans l'Allemagne nazie. Hitler se donne la mort le lendemain.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Pourquoi l’Occident ne se laisse-t-il pas séduire par les insectes comestibles ? </title><link>https://www.nationalgeographic.fr/environnement/pourquoi-occident-ne-se-laisse-t-il-pas-seduire-par-les-insectes-comestibles-entomophagie</link><description><![CDATA[En mai 2013, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un rapport de 200 pages consacré au rôle que pourrait jouer la consommation d’insectes pour répondre à la croissance démographique, à la hausse du prix des protéines animales et aux pressions environnementales. Le texte détaillait leurs nombreux avantages et invitait les pays industrialisés à adopter...]]></description><category>Environnement</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 07:08:07 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/environnement/pourquoi-occident-ne-se-laisse-t-il-pas-seduire-par-les-insectes-comestibles-entomophagie</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/ejgfbe.jpg?w=1600" length="3174292" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>En mai 2013, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fopenknowledge.fao.org%2Fserver%2Fapi%2Fcore%2Fbitstreams%2F94739f50-e6ed-40db-ae7c-2dae11a1fdd6%2Fcontent&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598174177%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=Rkwnrf%2FU6tDiZUkaTPnB%2BSfIGy%2BxJp55C4kDlkydYjw%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un rapport</a> de 200 pages consacré au rôle que pourrait jouer la consommation d’insectes pour répondre à la croissance démographique, à la hausse du prix des protéines animales et aux pressions environnementales. Le texte détaillait leurs nombreux avantages et invitait les pays industrialisés à adopter ces usages.</p><p>Si bien que les années suivantes, la consommation d’insectes a connu <a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DQwYuP9U0Qvo&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598213082%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=lArbPi0HCtnhqvYS0PaCmLbAbARkGhGw6mOM63xOQ9Y%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un engouement</a> médiatique en Occident et plusieurs entreprises ont lancé des élevages, notamment en France, <a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/comment-la-france-est-devenue-pionniere-dans-lelevage-dinsectes-1163807" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">pionnière dans le domaine.</a></p><p>Pourtant, treize ans plus tard, la prédiction ne s’est guère traduite dans les rayons des supermarchés occidentaux et la start-up française <a href="https://www.ynsect.com/fr/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Ynsect</a>, l'un des leaders mondiaux de la production d'ingrédients à base d'insectes, a même été placée en&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Feconomie%2Farticle%2F2025%2F12%2F03%2Fclap-de-fin-pour-ynsect-la-start-up-de-proteines-animales-nourrie-aux-levees-de-fonds-et-aux-subventions_6655855_3234.html&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598244419%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=VP7dpcu%2FFXpaWsBeW2oLG0bvEYUoFi2SIO8o6FOMvCs%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">liquidation judiciaire</a> en décembre 2025.&nbsp;&nbsp;</p><p>Christophe Lavelle, biophysicien au CNRS et au Muséum national d'Histoire naturelle, spécialiste des questions alimentaires, explique avoir observé cette évolution sous trois angles distincts.</p><p>Le premier est scientifique, les recherches montrant « que les insectes sont écologiquement et nutritionnellement une source alimentaire intéressante, notamment par leur apport en protéines pour une faible empreinte environnementale » commence-t-il. Le deuxième est culinaire, avec « des ressources et recettes variées, utilisant aussi bien des larves ou des insectes adultes. » Le troisième est culturel et vient tempérer les deux précédents, dans la mesure où, dans de nombreuses sociétés, tous ces efforts se heurtent à des résistances profondes qui risquent de les réduire à néant.</p><p>Le chercheur cite Lévi-Strauss : « il ne suffit pas qu’un aliment soit bon à manger, encore faut-il [qu'on aime y] penser ». Pour lui, « il apparaît clairement qu’aujourd’hui, en Occident ainsi qu’au Moyen-Orient, les insectes ne sont pas [attractifs], et il y a peu de chances que ça change ».&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2     id="header_5613464_0">UNE BASE ALIMENTAIRE AUX MULTIPLES AVANTAGES</h2><p>Dans le reste du monde, <a href="https://www.fao.org/4/i3264f/i3264f00.pdf" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">environ deux milliards de personnes</a> intègrent régulièrement des insectes à leur alimentation, parmi&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fhal.science%2Fhal-01208511v1%2Fdocument&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598273702%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=274z7gNrClaX502irdf%2BiOqVXs%2Bu0SCBJdnrplbdlxs%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plus de 1900 espèces recensées comme comestibles</a>, principalement en Asie, en Afrique et en Amérique latine, où leur consommation s'inscrit dans des pratiques culinaires et culturelles établies de longue date. La Thaïlande compte à elle seule&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsciences%2Fasie-gastronomie-agriculture-de-demain-la-thailande-leader-mondial-de-la-production-dinsectes-comestibles&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598301583%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=3t13KM5BLpdPGm7gFtTSsOWruKukv8MWKLs85%2Btqkg4%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plus de 200 espèces</a> comestibles. Les étals du marché de Bangkok débordent de coléoptères (<em>Coleoptera</em>), cigales (<em>Cicadidae</em>), œufs de fourmis rouges (<em>Formica rufa</em>) cuisinés en friture, en brochettes grillées ou intégrés à des plats traditionnels comme le curry.&nbsp;</p><p>Ces pratiques s'appuient sur des intérêts documentés, à commencer par l'impact environnemental. « À production de protéines égale, l’élevage d’insectes est moins gourmand en ressources que l’élevage bovin » affirme Christophe Lavelle, même si les chiffres restent sujet à débat. «&nbsp;L’augmentation de la part des protéines d'origine entomologique pourrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre habituellement associées à la production animale », <a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/les-insectes-peuvent-ils-remplacer-la-viande_6257916.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">indique</a> le GIEC dans <a href="https://www.ipcc.ch/srccl/chapter/chapter-5/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">un rapport</a> publié en 2019.</p><p>Sur le plan nutritionnel, les insectes apportent des <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sante/dietetique-nutrition-alimentation-equilibre-quelles-sont-les-meilleures-sources-de-proteines">protéines équilibrées</a> en acides aminés, du fer, du zinc, et même des oméga-3 chez certaines espèces, comme le ver à soie (<em>Bombyx mori</em>). Comparés aux légumineuses, ils présentent un meilleur équilibre en acides aminés essentiels, « notamment en méthionine, qui fait défaut dans la plupart des légumineuses », et un apport en vitamine B12 « dont les légumineuses sont totalement dépourvues », précise le chercheur.</p><p>Christophe Lavelle observe qu’« en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, partout où la consommation perdure, les insectes font partie du quotidien. Ils sont récoltés selon les saisons et constituent une ressource abondante, à laquelle sont associées de nombreuses recettes traditionnelles ». Il mentionne notamment l’exemple des termites (<em>Isoptera</em>) capturés après la pluie et celui des criquets (<em>Caelifera</em>) lors des migrations.&nbsp;</p><p>En Europe, la situation est différente : « les insectes sont clairement perçus comme nuisibles, et leur consommation a été encouragée sur des préceptes moraux pour sauver la planète, ce qui ne peut pas faire le poids face à des habitudes culturelles bien ancrées ». Le chercheur fait le parallèle avec <a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/sante-dietetique-mode-manger-uniquement-de-la-viande-ce-que-ce-regime-fait-vraiment-a-votre-corps">la viande</a> : « tout le monde sait aujourd’hui qu’on en mange trop dans les pays occidentaux… mais la consommation ne diminue pas pour autant, car les comportements alimentaires sont toujours très difficiles à faire évoluer ».</p><p>&nbsp;</p><h2        id="header_5613466_0">CONSTRUCTION CULTURELLE&nbsp;ET NÉOPHOBIE ALIMENTAIRE</h2><p>Christophe Lavelle décrit « une construction culturelle » qui freine la consommation d’insectes en Occident, et s’amuse du paradoxe suivant : « les arthropodes terrestres ne sont ni plus ni moins repoussants que leurs cousins aquatiques (crevettes, écrevisses, etc.), que l’on consomme pourtant avec délectation. Et nous consommons avec gourmandise du miel… qui est une régurgitation d’abeilles mellifères ».</p><p>L’acceptation des crustacés et le rejet des insectes terrestres tiennent à plusieurs éléments : « on peut en effet le justifier partiellement sur la question de l’habitat [...] les crevettes sortent de l’eau, que l'on pense être un milieu propre, alors que les criquets rampent par terre ». Selon lui, cette différence de traitement peut aussi être liée à la pratique culinaire, car « la crevette se décortique pour ne consommer que le muscle quand le grillon se mange entier, avec tous ses organes. [...] Tout cela reste quand même majoritairement arbitraire et donc culturel, ou, à plus petite échelle, personnel. Les huitres, par exemple, qui se consomment entières et vivantes, continuent de faire le régal des uns et le cauchemar des autres ».</p><p>Il y a également une prédisposition biologique générale, une néophobie alimentaire qui tend à nous rendre méfiants vis-à-vis de tout aliment que l’on n’a pas encore consommé. Les insectes en font partie pour les Européens modernes, qui ont oublié qu'autrefois les insectes pouvaient être consommés sur le continent.</p><p>Cet oubli est toutefois récent à l’échelle de l’histoire humaine. Plusieurs travaux rappellent que les insectes étaient consommés dans le bassin méditerranéen antique.&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fagora.qc.ca%2Fdossiers%2Fcigale&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598326618%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=NUAcjq56W%2BaUVJd9tqUmbOxqAB0VP9aGNJMPh86Y93Q%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Aristote</a> décrivait la cigale comme un mets recherché, quand&nbsp;<a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fbooks.openedition.org%2Fpufr%2F25472&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598349579%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=l3xNqd%2B0RZ%2BCvH6eZaZRNpyXMmEwQvMFcWDFUHuB8NM%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Pline l’Ancien</a> évoquait la consommation de larves de chêne par les Romains.&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2        id="header_5613466_1">CE QU'EN DIT LA SCIENCE</h2><p><a href="https://nam04.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.chaireeconomieduclimat.org%2Fpublications%2Fhave-the-environmental-benefits-of-insect-farming-been-overstated-a-critical-review%2F&amp;data=05%7C02%7Csolveig.blakowski%40disney.com%7C8b777dd3fb7746a910b108dea4f11812%7C56b731a8a2ac4c32bf6b616810e913c6%7C1%7C0%7C639129552598374676%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&amp;sdata=edK1y87WtJGrxvJ5W1ti0oXPSSO%2FX6LsYOKHIwdWMnI%3D&amp;reserved=0" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Une étude</a> parue en octobre 2025 dans la revue <em>Biological Reviews,</em> signée Corentin Biteau et cinq co-auteurs, a revu à la baisse une partie des bénéfices environnementaux précédemment annoncés. Les chercheurs ont examiné la base scientifique des évaluations environnementales de l’élevage d’insectes et ont noté que la plupart des études avaient été menées à petite échelle, sans refléter les conditions industrielles réelles. Ils ont signalé entre autres que l’industrie utilisait peu de déchets alimentaires pour nourrir les insectes, ce qui était pourtant l’un des arguments forts de la durabilité annoncée.&nbsp;</p><p>Selon Christophe Lavelle, l’étude est pertinente par «&nbsp;sa remise en cause sourcée des modèles mis en avant pendant trop longtemps sans trop de recul. Et pour cause, on ne pouvait avoir de recul tant qu’on n’avait pas essayé ».&nbsp;</p><p>« Le scénario ''on va tous consommer des insectes en 2050'' est définitivement passé de mode ; après, aura-t-on droit à une nouvelle proposition ? Je ne sais pas… » admet le chercheur. Cela étant, pour lui&nbsp;«&nbsp;il existe des sources alimentaires plus familières encore et plus intéressantes en termes de balance entre empreinte environnementale et intérêt nutritionnel, comme les légumineuses par exemple ».&nbsp;</p><p>L’entomophagie est un bon exemple des limites d’une transition alimentaire pensée uniquement sous l’angle de la performance écologique. En Occident, le changement pourrait venir moins de ce que l’on mange que de la manière dont on accepte de repenser nos habitudes.</p>]]></content:encoded></item><item><title>Les grands requins blancs ont-ils développé la capacité à changer de couleur ?</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-comportement-animal-les-grands-requins-blancs-ont-ils-developpe-la-capacite-a-changer-de-couleur</link><category>Animaux</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 06:02:19 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/animaux-comportement-animal-les-grands-requins-blancs-ont-ils-developpe-la-capacite-a-changer-de-couleur</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027120_img.jpg?w=1600" length="100786" type="image/jpeg"/></item><item><title>Après avoir été enlevée, cette agent de la CIA a protégé les documents qu'elle avait sur elle</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-ben-laden-espionnage-cia-attentats-apres-avoir-ete-enlevee-cette-agent-de-la-cia-a-protege-les-documents-quelle-avait-sur-elle</link><category>Histoire</category><pubDate>Fri, 08 May 2026 05:01:02 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-ben-laden-espionnage-cia-attentats-apres-avoir-ete-enlevee-cette-agent-de-la-cia-a-protege-les-documents-quelle-avait-sur-elle</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/11027117_img.jpg?w=1600" length="66208" type="image/jpeg"/></item><item><title>Hantavirus : ce qu’il faut savoir sur sa propagation</title><link>https://www.nationalgeographic.fr/sante/maladie-contagieuse-hantavirus-ce-qu-il-faut-savoir-sur-sa-propagation</link><description><![CDATA[Il n’est pas extraordinaire pour un bateau de croisière d’être frappé par une flambée de maladies infectieuses. Mais l’apparition récente d’un foyer de contamination au hantavirus sur le M.V. Hondius, un navire d’expédition néerlandais ralliant les îles Canaries depuis l’Argentine, a été « une véritable surprise », affirme Steven Bradfute, immunologue et chercheur spécialiste du hantavirus au...]]></description><category>Santé</category><pubDate>Thu, 07 May 2026 16:21:08 GMT</pubDate><dc:creator>National Geographic</dc:creator><guid isPermaLink="false">https://www.nationalgeographic.fr/sante/maladie-contagieuse-hantavirus-ce-qu-il-faut-savoir-sur-sa-propagation</guid><enclosure url="https://static.nationalgeographic.fr/files/styles/image_3200/public/f0442441-hantavirusillustration.jpg?w=1600" length="958952" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il n’est pas extraordinaire pour un bateau de croisière d’être frappé par une flambée de maladies infectieuses. Mais l’apparition récente d’un foyer de contamination au hantavirus sur le&nbsp;<a href="https://oceanwide-expeditions.com/fr/notre-flotte/m-v-hondius" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">M.V. <em>Hondius</em></a><em>,</em> un navire d’expédition néerlandais ralliant les îles Canaries depuis l’Argentine, a été «&nbsp;une véritable surprise&nbsp;», affirme&nbsp;<a href="https://hsc.unm.edu/directory/bradfute-steven.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Steven Bradfute</a>, immunologue et chercheur spécialiste du hantavirus au Centre des sciences de la santé de l’Université du Nouveau-Mexique.</p><p>Les infections gastro-intestinales telles que le norovirus et <em>E. coli</em> sont les plus fréquentes, bien que les infections respiratoires causent parfois également des épidémies à bord, comme lorsque le Covid-19 a immobilisé le&nbsp;<a href="https://www.npr.org/sections/health-shots/2020/03/09/813616982/coronavirus-u-s-has-564-cases-stricken-cruise-ship-to-dock-in-california" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><em>Grand Princess</em></a> au large des côtes californiennes au début de la dernière pandémie.</p><p>Toutefois, il s’agit de la première flambée de cas de hantavirus associée à un bateau de croisière dont Steven Bradfute ait entendu parler, et ses circonstances sont suffisamment préoccupantes pour que les autorités de santé publique surveillent la situation de près. Le 6 mai, l’<a href="https://x.com/WHO/status/2051952287245897925?s=20" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Organisation mondiale de la santé</a> a annoncé que le virus impliqué dans le foyer était un virus des Andes.</p><p>À ce jour, on a répertorié huit cas&nbsp;: trois morts, une personne dans un état critique, trois patients atteints de symptômes légers et un patient tout juste identifié en Suisse qui a voyagé à bord du bateau. Tous, à l’exception du patient récemment identifié, ont eu des symptômes entre le 6 et le 28 avril et ont présenté de la fièvre et des symptômes gastro-intestinaux, avec une évolution rapide vers une pneumonie entraînant chez certains un collapsus cardiovasculaire.</p><p>Le bateau reste immobilisé après s’être vu&nbsp;<a href="https://abc7.com/post/cruise-ship-waiting-help-ff-cape-verdes-coast-atlantic-ocean-3-die-suspected-hantavirus-outbreak/19043381/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">refuser la permission</a> d’accoster au Cap-Vert, et les passagers encore à bord sont confinés dans leurs cabines.</p><p>Qu’est-ce que le hantavirus et comment se propage-t-il entre les humains&nbsp;? Voici tout ce qu’il faut savoir.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613764_0">QU’EST-CE QUE LE HANTAVIRUS ET POURQUOI EST-IL RARE&nbsp;?</h2><p>Le hantavirus appartient à la famille des Hantaviridae, dont les rongeurs sont porteurs. Ces animaux hébergent le virus sans tomber malade, puis le diffusent par leurs&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/hantavirus/about/index.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">urines, par leurs excréments et par leur salive</a>. Quand ces sécrétions sont remuées, lors d’un nettoyage, de travaux agricoles ou simplement quand on entre dans un espace infesté, le virus peut s’aérosoliser et être inhalé par un humain se trouvant à proximité. Le virus peut également infecter les humains s’ils consomment de la nourriture contaminée ou touchent des objets contaminés avant de porter les doigts à la bouche.</p><p>Il existe plus de quarante espèces de hantavirus dans la nature et ils se divisent en&nbsp;<a href="https://www.researchgate.net/figure/Map-of-Old-World-and-New-World-hantavirus-genotypes-reported-to-be-pathogenic-for_fig1_331265554" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">deux grandes catégories</a>&nbsp;: ceux du Vieux Monde et ceux du Nouveau Monde. Les&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/chapter/bookseries/abs/pii/S0168706906160085" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hantavirus du Vieux Monde</a> sont endémiques en Europe et en Asie et causent principalement des troubles hémorragiques et rénaux. Les&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7426369/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">virus du Nouveau Monde</a> sont plus prévalents dans les Amériques et entraînent généralement un œdème pulmonaire, une affection caractérisée par une accumulation de liquide dans les poumons.</p><p>Les conséquences d’une infection peuvent être graves, en particulier en ce qui concerne les infections dues à des souches du Nouveau Monde. Entre 1 et 15&nbsp;% des infections conduisent à la mort en Asie et en Europe, mais dans les Amériques, la&nbsp;<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hantavirus" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">moitié</a> environ des cas de hantavirus sont mortels.</p><p>Les infections ne sont pas distribuées uniformément à travers le monde.&nbsp;<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hantavirus" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Dix à cent mille infections</a> au hantavirus se produiraient chaque année, la plupart en Asie et en Europe. Dans les Amériques, seules&nbsp;<a href="https://www.paho.org/en/documents/epidemiological-alert-hantavirus-pulmonary-syndrome-americas-region-19-december-2025" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">150 à 300 infections</a> sont signalées chaque année&nbsp;; l’Argentine, le Brésil, le Chili et la Bolivie représentant généralement la majorité des cas. Entre&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/hantavirus/data-research/cases/index.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">quinze et cinquante cas</a> sont identifiés chaque année aux États-Unis. La souche spécifique impliquée dans un foyer de contamination détermine le degré de létalité des infections. Elle a également des implications importantes concernant la manière dont les spécialistes pensent que le virus se propage et ce qui doit être fait pour le contenir.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613764_1">COMMENT LE HANTAVIRUS SE PROPAGE-T-IL AUX HUMAINS ET ENTRE LES HUMAINS&nbsp;?</h2><p>Quand les&nbsp;<a href="https://www.cdc.gov/hantavirus/prevention/index.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">hantavirus</a> passent des animaux aux humains, c’est souvent dans des situations où de l’urine, des excréments ou des matériaux de nidification contaminés d’un rongeur infecté sont remués&nbsp;; par exemple quand quelqu’un balaie une grange. Cependant, on peut aussi être infecté par le virus lorsque de la salive, de l’urine ou des excréments d’un rongeur infecté entrent en contact avec une plaie épidermique ou avec les yeux, le nez ou la bouche.</p><p>La plupart des hantavirus ne se transmettent pas entre les humains. On ignore pourquoi, mais dans une étude de laboratoire, les virus semblaient produire très peu de particules virales matures dans les poumons d’humains infectés.</p><p>Le virus des Andes est ici la principale&nbsp;<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hantavirus#:~:text=To%20date%2C%20human%2Dto%2D,the%20virus%20is%20more%20transmissible" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">exception</a>. Ce virus du Nouveau Monde est responsable de la&nbsp;<a href="https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/8/4/01-0300_article" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">plupart</a> des cas enregistrés en Argentine, au Chili et en Uruguay. La raison pour laquelle cette souche spécifique de hantavirus peut se transmettre entre humains alors que d’autres ne le peuvent pas demeure une question ouverte. Une piste de recherche suggère que le virus des Andes puisse être&nbsp;<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2744264/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">extraordinairement résistant</a> aux éléments antiviraux de la salive humaine qui semblent neutraliser d’autres souches avant qu’elles ne puissent se propager.</p><p>Quoi qu’il en soit, la transmission du virus des Andes n’est pas particulièrement efficace, rassure Steven Bradfute. Contrairement à la rougeole et au Covid, qui peuvent se propager par des virus en suspension dans l’air après qu’une personne infectée a quitté la pièce, le virus des Andes se transmet par contact rapproché, ajoute-t-il. «&nbsp;Donc quand vous avez des personnes dormant dans le même lit ou des partenaires sexuels ou des personnes partageant de la nourriture, le virus peut se transmettre de cette manière. Mais il ne se transmet pas à de vastes groupes de personnes&nbsp;», précise-t-il.</p><p>Une&nbsp;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2009040" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">flambée de cas ayant eu lieu en 2018-2019 en Argentine</a> a illustré les conséquences possibles d’une transmission du virus des Andes. Après qu’une personne a contracté l’infection auprès d’un rongeur, trois personnes assises près d’elle à une fête d’anniversaire ont ensuite assisté à des événements sociaux fréquentés, à la suite de quoi on a dénombré trente-quatre infections et onze décès.</p><p>Plusieurs théories pourraient expliquer comment plusieurs personnes au sein d’un même groupe social peuvent contracter le hantavirus en même temps. L’une d’elles veut qu’une unique personne infectée ait transmis l’infection à toutes les autres, une hypothèse qui n’a de sens que si le virus des Andes est à l’œuvre.</p><p>&nbsp;</p><h2  id="header_5613764_2">LA RÉCENTE APPARITION DE CAS PRÉSENTE-T-ELLE UN RISQUE&nbsp;?</h2><p>Lors d’une&nbsp;<a href="https://www.unognewsroom.org/story/en/3111/un-geneva-press-briefing-05-may-2026" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">conférence de presse</a> s’étant tenue le 5 mai,&nbsp;Maria van Kerkhove, responsable de la préparation et de la prévention des épidémies et pandémies à l’Organisation mondiale de la santé, a affirmé que le risque posé par ce virus pour le grand public est faible. Cela est en grande partie dû à l’inefficacité relative des hantavirus (même de la souche des Andes) quand il s’agit de se transmettre aux humains, explique Steven Bradfute.</p><p>Selon une&nbsp;<a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0296718#pone-0296718-t004" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">publication</a> récente dont il est le co-auteur, un quart environ des rongeurs testés au hasard au Nouveau-Mexique sont infectés, mais l’État ne recense qu’une poignée de cas de hantavirus humain chaque année.</p><p>Il «&nbsp;se transmet assez mal&nbsp;», rassure-t-il. «&nbsp;Donc bien qu’il s’agisse de virus dangereux, ils ne sont pas très répandus.&nbsp;»</p><p>Keren Landman est journaliste indépendante et est spécialisée dans la santé. Elle a également une formation d’épidémiologiste, de chercheuse et de médecin avec des spécialités en médecine interne, en pédiatrie et en maladies infectieuses. Elle vit à Atlanta, en Géorgie.</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>