Environnement

Dans le Pacifique, d’anciens sites d’essais nucléaires moins radioactifs que Central Park

Les îles Marshall, utilisées par les États-Unis comme site d’essais nucléaires, sont désormais moins radioactives que le plus grand parc de New York. Jeudi, 9 novembre

De Olivier Liffran

À première vue, l’archipel des Marshall ressemble à un éden perdu au milieu du Pacifique. Mais derrière l’image de carte postale paradisiaque se cache une autre histoire. Celle des essais nucléaires menés tambour battant par les États-Unis au début de la guerre froide. Entre 1946 et 1958, pas moins de 67 essais nucléaires ont été réalisés au-dessus des atolls de Bikini et d’Enewetak. Une véritable apocalypse : mise à feu en 1954, la bombe Castle Bravo fut, par exemple, mille fois plus puissante que celle d’Hiroshima !

En raison des forts taux de radioactivité, certaines îles ont été décrétées inhabitables. Une interdiction qui perdure aujourd’hui. Mais qu’en est-il vraiment ? Des chercheurs du Centre des études nucléaires de l’université Columbia sont venus dans le nord de l’archipel pour procéder à des mesures. D’après leur étude, publiée dans la revue américaine PNAS, le taux de radioactivité s’est avéré particulièrement faible dans cinq des six îles analysées. Il avoisine, par exemple, les 0,076 millisievert par an en moyenne à Enewetak. Loin derrière celui de Central Park, au centre la ville de New York, qui flirte avec la limite d’exposition du public de 1 millisievert par an.

Selon toute vraisemblance, la radioactivité de l’archipel s’est largement dissipée dans l’air au cours des dernières décennies. Ce qui fait dire aux chercheurs que les îles interdites pourraient à terme redevenir habitables. À condition toutefois de “prendre en compte d’autres sources de contamination, comme l’ingestion de fruits et légumes possiblement radioactifs”.

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