Environnement

France : Les nappes phréatiques pourraient être à sec d'ici 2050

D’ici 2050, le changement climatique entraînera une diminution importante des eaux souterraines en France. Plusieurs scénarios sont envisagés pour y remédier.

De Pierre Gautrand

La France va-t-elle devenir aussi aride que la Californie ? Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) prévoit une baisse de 10 à 25 % de l’alimentation des nappes phréatiques à l’horizon 2045-2065. Dans certaines zones, notamment sur le littoral, le niveau des eaux souterraines pourrait même diminuer de moitié. À cela s’ajouteront des épisodes de sécheresse qui frapperont plusieurs régions du Sud.

L’augmentation globale des températures va entraîner une hausse de la demande en eau potable et en eau d’irrigation. Pour assurer un équilibre entre l’offre et la demande, les hydrogéologues prévoient de réalimenter les nappes phréatiques. Car la situation est plus que préoccupante. En raison d’une bétonisation croissante, les cours d’eau et les eaux de pluie peinent déjà à s’infiltrer dans la terre.

Les scientifiques du BRGM évaluent donc des moyens de recharge artificiels des nappes phréatiques. « Pour ralentir le phénomène d’évaporation, il faut favoriser une infiltration des cours d’eau et des précipitations dans les nappes, indique Nathalie Dörfliger, responsable de la direction Eau, environnement et écotechnologies du BRGM. D’autres solutions sont en cours de développement : construire des puits d’accès pour acheminer l’eau de pluie directement dans les sous-sols et privilégier l’utilisation de sable pour recouvrir les terrains (les grains favorisant l’infiltration de l’eau).

Des méthodes moins naturelles sont également envisagées. Le projet européen FRAME, initié en mars 2015 pour une durée de trois ans, vise à produire de l’eau de haute qualité à partir d’eaux traitées. À condition d’identifier et de neutraliser les différents contaminants (résidus de cosmétiques, lessives et pesticides) présents dans les stations d’épuration. Si tout cela ne suffit pas, une augmentation du prix de l’eau et la mise en place de quotas seront peut-être nécessaires.

En 2017, plus des deux tiers des nappes phréatiques françaises affichent un niveau modérément bas à très bas, faute de recharge hivernale suffisante. La nappe de la craie champenoise, toutes les nappes du bassin Adour-Garonne, les aquifères de la vallée du Rhône (amont et aval), la nappe des calcaires jurassiques de Lorraine, affichent les niveaux les plus bas du territoire français.

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