Environnement

Les crèmes solaires sont nocives pour les océans (mais des alternatives existent)

Des composés chimiques présents dans les crèmes solaires peuvent se déverser dans les océans et ainsi s'attaquer aux coraux. Des alternatives aux écrans solaires existent.

De Elaina Zachos
À Hawaï, deux plongeurs nagent aux côtés de zancles cornus et de poissons papillons.

Vue de loin, la Grande Barrière de corail australienne s'apparente à un joyau sous-marin. Les coraux colorés du récif servent de jardin subaquatique à un écosystème marin vibrant de vie et attirent des visiteurs venus du monde entier. Les plongeurs peuvent nager aux côtés de milliers d'espèces de poissons ayant élu domicile dans le récif. Les voyageurs les plus chanceux peuvent même apercevoir les tortues de mer ou les dugongs qui composent cet écosystème.

Cette biosphère est cependant fragile. La hausse des températures ainsi que les produits chimiques nocifs déversés dans les eaux provoquent le blanchissement du récif, jadis éclatant. Nous garderions même certaines de ces toxines sur notre peau.

Lorsque vous nagez avec de la crème solaire sur la peau, des composés chimiques comme l'oxybenzone sont susceptibles de s'infiltrer dans l'eau puis d'être absorbés par les coraux. Ces substances peuvent alors perturber la reproduction et le cycle de croissance des coraux, conduisant ainsi à leur blanchissement.

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Même si vous ne vous baignez pas après avoir appliqué de la crème solaire, elle risque de s'écouler pendant votre douche. Les aérosols pulvérisent souvent d'importantes quantités d'écran solaire dans le sable qui finissent par être emportées dans les océans. Chaque année, près de 14 000 tonnes de crème solaire finissent dans les mers.

Si nous sommes à l'origine de cette contamination, nous sommes également à même d'aider ces fragiles écosystèmes marins à guérir. Le 1er mai, les législateurs hawaïens ont adopté un projet de loi visant à interdire la vente d'écran solaire contenant de l'oxybenzone et de l'octinoxate, autre composé chimique néfaste. Hawaï est le premier État à prendre une telle mesure, qui pourrait entrer en vigueur d'ici le 1er janvier 2021.

 

DES RÉCIFS MENACÉS

La pollution menace les récifs coralliens du monde entier et les coraux d'une majorité de sites touristiques parmi les plus prisés sont en danger. Outre la Grande Barrière de corail, les nombreux visiteurs dans les baies d'Hawaï, dans les Îles Vierges des États-Unis ainsi qu'en Israël rendent les récifs particulièrement vulnérables.

La baie de Hanauma sur l'île d'Oahu, parc d'État formé au sein d'un cône volcanique, en est un exemple flagrant. Ses vagues turquoises et ses récifs coralliens frémissants attirent près d'un million de touristes chaque année, faisant de ce lieu l'un des plus fréquentés d'Hawaï pour la plongée libre. Cette baie abrite 450 espèces de poissons ainsi que les plus grands récifs de l'île d'Oahu.

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Hurricane Hole, dans le Monument national du récif corallien des îles Vierges, situé au large de Saint John, est également une destination populaire. Ce monument subaquatique protège 35 kilomètres d'habitats marins, dont 30 espèces de coraux. Les visiteurs peuvent faire de la plongée libre dans les mangroves aux côtés des coraux, des poissons et d'invertébrés aquatiques.

La réserve naturelle de coraux d'Eilat, en Israël, en est un autre exemple. Le golfe d'Eilat abrite les seuls récifs coralliens du pays et constitue en cela une attraction majeure aux yeux des touristes. Grâce à des ponts bâtis au-dessus des récifs, les visiteurs peuvent admirer les coraux ainsi que les poissons colorés qui évoluent dans le golfe. Il est également possible de faire de la plongée sous-marine le long du récif afin d'avoir une vue privilégiée.

Si les récifs coralliens viennent à disparaître, nous aurons perdu un écosystème vital. L'économie mondiale en serait également impactée, puisqu'ils constituent une attraction touristique importante ainsi qu'une source de revenus pour ces sites touristiques populaires.

 

POUR LA SANTÉ DES RÉCIFS

L'interdiction imminente à Hawaï ne signifie pas que les gouvernements attendent de nous que nous cessions d'utiliser de la crème solaire. L'écran solaire permet toujours de protéger contre les risques de brûlures et le cancer de la peau. Bonne nouvelle : il existe des alternatives plus sûres, que ce soit pour notre peau, qui sont dénuées d'oxybenzone.

Chaque année, Haereticus Environmental Lab publie une liste des crèmes solaires sans danger pour l'environnement. Des organisations telles que l'Environmental Working Group éditent également un guide sur les écrans solaires avec lesquels vous pouvez vous badigeonner les yeux fermés. Ceux à base de minéraux, notamment de dioxyde de titane et d'oxyde de zinc, sont à préférer à ceux à base d'oxybenzone car ils présentent moins de risques. Les crèmes qui ne contiennent pas de nanoparticules ne peuvent pas être ingérées par les coraux et sont donc plus sûres. Certaines combinent nanoparticules et particules de taille normale ; le Consumer Products Inventory propose une base de données qui vous indique si votre crème solaire contient des nanoparticules.

Certaines agences de voyage obligent les touristes à n'utiliser que de l'écran solaire biodégradable pour des destinations populaires comme le Mexique. Des hôtels et des compagnies aériennes hawaïennes distribuent gratuitement des échantillons de crème solaire dépourvue de composés chimiques nocifs pour les récifs. La majorité de ces hôtels informent leurs clients de ces restrictions ou les font figurer sur leur site web.

Selon les dermatologues, les vêtements sont aussi efficaces que l'écran solaire pour protéger la peau des rayons du soleil. Seul bémol, ils ne couvrent pas l'intégralité du corps. De nombreuses compagnies offrent des tenues de protection contre le soleil, comme des combinaisons à manches longues ou des maillots de bain qui recouvrent le corps. En dernier recours, rien de tel qu'un bon vieux t-shirt.

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