Environnement

Nos écosystèmes sont-ils arrivés à un point de rupture ?

Une étude scientifique estime que la perte de biodiversité dans le monde pourrait mettre en péril la capacité des sociétés humaines à subvenir à leurs besoins.

De Olivier Liffran

Ce n’est un secret pour personne. L’espèce humaine dépend étroitement de la bonne santé des écosystèmes. Or, ces derniers ont subi une perte effrénée de leur biodiversité. Une récente étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Sciences, est parvenue à quantifier ce phénomène.

Environ 58 % de la surface terrestre de la planète, où résident les trois quarts de la population mondiale, a vu sa biodiversité chuter de plus de 10 %. Au-delà de ce seuil, les chercheurs estiment que l’écosystème est en danger. Certaines zones sont davantage touchées que d’autres : en Amérique du nord, la diversité des espèces est 40 % inférieure à ce qu’elle était à l’origine.

Cette hécatombe s’explique par la pression grandissante exercée par l’homme sur les sols, via l’agriculture et les constructions urbaines. Un phénomène qui déstabilise le cycle naturel et la croissance des organismes vivants. Pourtant, une importante biodiversité assure des fonctions essentielles, comme la pollinisation, la fertilisation des sols ou le maintien d’une eau de qualité. Et celles-ci servent à la fois aux animaux et aux êtres humains.

Cette étude, aux dimensions hors normes, a nécessité la collaboration de centaines de chercheurs. Pendant plusieurs années, ils ont analysé 2,38 millions de rapports, portant sur environ 40 000 espèces et 19 000 sites. « C’est la première fois que nous quantifions les effets de la perte d’habitat sur la biodiversité au niveau planétaire d’une manière aussi détaillée, explique Tim Newbold de l’University College à Londres. On sait désormais que ces pertes ne sont plus dans la limite jugée sans risque par les écologistes. »

Pour le professeur Andy Purvis, du Muséum d’histoire naturelle de Londres : « Il nous faut rapidement restaurer la biodiversité. Sans quoi, nous continuerons à jouer à la roulette écologique ».