Espace

Le Japon a mis en orbite le premier ascenseur de l’espace

Le 22 septembre dernier, l’entreprise japonaise Obayashi Corp a envoyé en orbite le premier dispositif de test d’ascenseur spatial. Une première mondiale. Vendredi, 28 septembre

De Arnaud Sacleux

Le dispositif STARS-Me, destiné à tester la viabilité d’un ascenseur reliant la Terre à l’espace, est arrivé à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) d’où il doit être déployé. Une mission importante pour la firme japonaise qui, depuis 2012, ne cache pas son ambition de se lancer dans le tourisme spatial.

 

STARS-Me : UN TEST GRANDEUR NATURE

Le lancement du dispositif, initialement prévu le 11 septembre depuis le centre spatial de Tanegashima, avait été repoussé en raison de la météo et du système de propulsion de la fusée. C’est maintenant chose faite : STARS-Me est arrivé à bord de l’ISS et va pouvoir être déployé. Deux nano-satellites cubiques reliés par un câble de 10 mètres simuleront le voyage du futur ascenseur. Une cabine d’ascenseur motorisée, de 3 cm de diamètre et 6 cm de hauteur, se déplacera entre ces deux satellites sur lesquels seront installées des caméras qui filmeront d’action. « Nous sommes très heureux que le premier satellite d'ascenseur spatial ait été lancé avec succès […] maintenant nous devons faire des efforts pour préparer l'opération après l'avoir libéré de l'ISS. Notre mission est importante, il s’agit de la première démonstration d'un ascenseur spatial au monde » a déclaré Masahiro Nohmi, un scientifique ayant travaillé sur le projet.

Cependant, « les niveaux technologiques actuels ne sont pas encore suffisants pour réaliser le concept » concède volontiers l’entreprise Obayashi Corp, qui reste néanmoins convaincue que son plan est « réaliste ».

 

OBJECTIF 2050

Si les barrières technologiques ont pour l'heure cantonné ce rêve au stade théorique, c’est parce que le projet est très ambitieux. L’entreprise nippone souhaiterait en effet d’ici 2050 relier la Terre à une station spatiale située en orbite géostationnaire, à une altitude de 36 000 km (soit 100 fois plus haut que l’ISS). Si cette station n’existe pour l’heure pas encore, elle abriterait des laboratoires et servirait de port de lancement pour d’autres voyages spatiaux.

Les chiffres avancés pour le projet donnent le vertige. Le câble reliant la station à la Terre serait fait en nanotube de carbone et serait long de 96 000 km, soit le quart de la distance Terre-Lune. L’ascenseur grimperait lui à une vitesse de 200 km/h et permettrait d’envoyer jusqu’à 30 personnes dans l’espace en seulement 8 jours. Le tout, sans fusée. Il serait alimenté en électricité grâce à des panneaux solaires, et un contrepoids de 13 000 tonnes stabiliserait l’installation.

Le coût d'un tel projet est évalué à 8 milliards d’euros, mais cet ascenseur pourrait sensiblement diminuer le prix des voyages spatiaux. Une fois mises en place, les nacelles montant le long du câble permettraient de rejoindre l’orbite de façon plus économique qu’une fusée. Par exemple, l’envoi d’un objet de 1 kg dans l’espace se facture aujourd’hui environ 22 000 $, un prix justifié par le coût de construction des fusées et la quantité de carburant nécessaire au voyage. De son côté, l’ascenseur spatial consommerait moins d’énergie et le voyage coûterait, pour un chargement similaire, seulement 200 $.

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