Ces peuples disparus avec leur environnement : les Mayas

Au cours de l’histoire, plusieurs peuples ont subi les affres du climat : sécheresses extrêmes, chute des températures… Des civilisations ont fini par disparaître, faute de pouvoir s’adapter au changement.

De Olivier Liffran

Au cœur de la forêt tropicale guatémaltèque se dresse le site de Tikal. Ce vaste complexe archéologique maya connut son apogée entre le IIIe et le IXe siècle. La plus grande de ses structures monumentales, avec leur belle paroi de calcaire gris, s’élève à 70 m. Un site d’autant plus remarquable que les Mayas ne connaissaient ni la métallurgie ni la roue.

Pendant sept siècles, la cité rayonne sur une bonne partie de la région du Méso-Amérique. Puis, à partir de 830 environ, Tikal se vide de ses habitants. En deux générations, elle perd 90 % de sa population. En quelques décennies, toutes les cités-États mayas subissent le même destin.

Pourquoi cette civilisation a-t-elle dépéri si soudainement ? La question agite le monde scientifique depuis plus d’un siècle. Certaines théories ont été écartées : épidémies, invasions ou séismes en série. D’autres, en revanche, semblent désormais plausibles.

Plusieurs travaux récents ont prouvé la récurrence d’épisodes de sécheresse à cette période. En janvier 2015, une équipe de chercheurs américains a démontré, qu’entre 800 et 900 apr J.-C., la péninsule du Yucatan a dû faire face à de très faibles précipitations. Ce qui aurait entraîné un effondrement des rendements agricoles.

En outre, les Mayas auraient massivement coupé leurs forêts. Ils se servaient du bois comme combustible pour transformer le calcaire en stuc. Un matériau très prisé des nantis pour décorer leurs demeures. La disparition des arbres a accéléré l’érosion des sols, ruinant le travail d’une civilisation passée maîtresse dans l’agriculture.

Sécheresse et déforestation ont entraîné d’énormes déplacements de populations. La révolte contre le pouvoir royal et de nombreux conflits entre les différentes cités ont achevé au IXe siècle de mettre un terme à l’hégémonie de la civilisation maya.

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