Sciences

Édito - Einstein : l'homme derrière le génie

Thursday, November 9, 2017

De Romy Roynard - Rédactrice en Chef Web

Une boussole qui reflète les rayons du soleil tenue par des petites mains encore frêles. Un mystère immense pour ce garçon de cinq ans : l’aiguille de la boussole reste immobile, pointant toujours la même direction alors qu’il a couru, tourné sur lui-même pour la faire dévier. Albert prend conscience de l’action à distance. Il est fasciné par cette boussole dont son père lui a fait cadeau. Elle est un révélateur, un catalyseur de tant de questionnements naissants.

Albert a treize ans. Ses mains sont devenues plus grandes, plus fortes. Elles se saisissent de La Petite Bible de la Géométrie. La rigueur des sciences et l’immense champ des possibles qu’elles offrent le séduisent.

Excellent élève en mathématiques, Albert grandit en négligeant les autres matières. Il n’a que peu d’intérêt pour les matières dont la littérature est déjà écrite. Quels attraits la biologie, les sciences humaines et les langues peuvent-elles bien avoir en comparaison de la science, fruit de la raison humaine et de la réflexion ?

Il a déjà quinze ans. Sa désinvolture a encore pour limite l’insolence. Il est renvoyé du Luitpold Gymnasium de Munich où il était étudiant. Peu lui importe, il souhaite intégrer une école prestigieuse dans laquelle il pourra développer ses propres théories scientifiques. Albert passe le concours de l’École polytechnique fédérale de Zurich. Il échoue mais est encouragé à repasser le concours d’entrée l’année suivante. Il étudie, s'améliore et y parvient.

Albert a vingt-quatre ans. Il épouse la brillante Mileva Maric, seule femme de sa promotion à l’École polytechnique. Mais le cœur a ses raisons que les sciences ignorent. Marié, il n’en n’est pas moins volage. Il est un père absent, un mari peu attentif. Ses conquêtes le charment, le troublent, le lassent. Il est tour à tour professeur, théoricien, penseur, trouve le temps pour ses travaux de recherche. Ses enfants grandissent. Il écrit de nouvelles théories au rythme des sonates pour violon de Mozart.

Albert a trente-sept ans. Il publie les théories de la relativité générale et restreinte. Il y redéfinit l’espace-temps comme une seule entité, la vitesse de la lumière dans le vide comme une unité invariable, la gravité comme influence de l’écoulement du temps.

En 1921, il reçoit le Prix Nobel de Physique pour ses travaux sur l’effet photoélectrique datant de 1905. Il voyage, rencontre des sommités scientifiques et littéraires, participe à des colloques internationaux. Des photographes le suivent dans ses déplacements, dans les dîners mondains qu’il fréquente. Une chevelure ébouriffée, une langue provocante et un portrait iconique figé dans le temps et l’imaginaire : Albert est devenu Einstein.

À partir du 24 avril sur National Geographic découvrez Genius, la première série dramatique produite par Ron Howard et Brian Grazer pour National Geographic. Laissez-vous surprendre par ce portait complexe et découvrez l’homme derrière la légende. Celui qui se passionne, se lasse, délaisse. Celui qui fuit le régime nazi qui le menace, lui le scientifique juif non-pratiquant, le pacifiste dont les travaux vont servir la guerre. Celui qui aime et trompe, se trompe, se perd et découvre. Celui qui, avant la gloire et la reconnaissance de nombreux pairs, aspire déjà à percer les mystères de l’univers. Cet infiniment grand qui réglait la boussole qu’Einstein s’est vue offrir quand il n’était encore qu’Albert.

 

GENIUS, tous les lundis à 20h40 sur National Geographic

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