Voyage

5 destinations méconnues qui valent le détour

Oubliées des circuits touristiques et des voyagistes, ces destinations offrent pourtant des paysages incroyables. Suivez-nous dans cinq pays riches en surprises ! Jeudi, 9 novembre

De Marine Sanclemente

L’Arménie

Situation sur le terrain : Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, ce petit pays du Caucase a souvent été associé aux conflits. Le plus récent est celui du Haut-Karabakh, avec l’Azerbaïdjan, qui a pris fin par un cessez-le-feu en 1994. En dépit de quelques problèmes occasionnels le long de la frontière, l’Arménie est aujourd’hui un pays très sûr. Les infrastructures touristiques sont en plein essor, majoritairement centrées autour de l’agrotourisme. Cette destination plaira à tous les voyageurs à la recherche d’une architecture authentique et de beaux paysages.  

Pourquoi y aller : L’Arménie est le premier pays du monde à avoir adopté, en 301, le christianisme comme religion d’État. En témoignent des églises très anciennes, souvent décorées de fresques, ainsi que les lions du monastère de Geghard, ciselés dans la pierre. Les monuments religieux ne sont pas les seules attractions du pays. Les chemins de randonnée, bien plus accessibles que ceux de Géorgie, valent aussi le détour. Sur ces circuits, vous découvrirez des temples païens, comme celui de Garni, et des villes thermales telles que Dilijan, surnommée la « Suisse d’Arménie ».

Ne manquez pas :  La plupart des touristes concentrent leurs activités autour d’Erevan, la capitale. Visitez plutôt la ville de Goris, à seulement une demi-journée de voiture (comptez 40 euros en taxi). Située au milieu de grottes et de falaises verdoyantes, c’est un lieu incontournable du sud du pays. Partez aussi en randonnée le long du village historique de Khndzoresk. Puis admirez le monastère de Tatev, niché dans les montagnes et accessible par l’un des plus longs téléphériques du monde.

Conseils pratiques : Avant de partir, tenez vous au courant de la situation sécuritaire dans le sud du pays, notamment à Goris ou Tatev. Si vous avez l’intention de poursuivre votre route vers l’Azerbaïdjan, le contrôle aux frontières est parfois délicat. Les fonctionnaires peuvent vous demander de supprimer vos photos, de vous débarrasser de vos guides ou simplement vous refuser l’accès au pays.

L’Iran

Situation sur le terrain : Après la Révolution islamique de 1979 et les huit années de guerre contre l’Irak (1980-1988), il aura fallu attendre les années 1990/2000 pour voir émerger une industrie du tourisme en Iran. À cause de relations diplomatiques quasi inexistantes et d’un embargo commercial, visiter le pays était par ailleurs impensable pour les Américains il y a encore quelques années. Parallèlement à son retour sur la scène internationale, l’Iran a lancé un grand programme d’investissements depuis 2011 pour booster le tourisme.

Pourquoi y aller : Le pays possède l’une des plus anciennes civilisations humaines. L’Iran compte pas moins de dix-neuf sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco, dont les ruines de Persépolis, la capitale de l’Empire perse achéménide, le palais du Golestan, les jardins de roses d’Ispahan… Tous sont désormais très facilement accessibles. Les habitants sont aussi connus pour leur grande hospitalité. Un voyage en Iran peut d’ailleurs être une bonne occasion de tester l’hébergement chez l’habitant. Rien qu’à Téhéran, près de 10 000 personnes sont recensées sur le site couchsurfing.org.

Ne manquez pas : À en croire les jeunes mariés qui en ont fait une destination privilégiée pour leur lune de miel, Yezd est d’un romantisme inégalable. Datant du IVe siècle, la ville est un labyrinthe de maisons en grès et de sites pré-islamiques comme la Tour du silence et le temple du feu Atash Kadeh. Située à seulement quatre heures de bus d’Ispahan, c’est aussi l’ancienne capitale de la religion zoroastrienne.

Conseils pratiques : Même si l’Iran accueille désormais des touristes de diverses origines et religions, le code vestimentaire y demeure assez strict. En public, les femmes doivent impérativement se couvrir les cheveux (un foulard est acceptable) et porter des vêtements amples, dissimulant les bras et les jambes. Il est également strictement interdit de faire entrer de l’alcool sur le territoire.

Le kosovo

Situation sur le terrain : Indépendant depuis 2008, le Kosovo n’a jamais été une destination très prisée des touristes. Théâtre de violents conflits et de tensions politiques entre les Serbes et Kosovars albanais, le pays a même été, pendant près d’une décennie, un protectorat des Nations unies. Il est toutefois l’une des destinations les plus excitantes aujourd’hui en Europe de l’Est.

Pourquoi y aller : Si beaucoup ont entendu parler de la culture de café en plein essor dans la capitale Pristina, le Kosovo ne se résume pas à cela. La cité médiévale de Prizren, une forteresse entourée de hammams ottomans et d’une basilique du XIVe siècle, est idéale pour les amateurs de randonnée (ou de ski, en période hivernale). Il est aussi recommandé de faire un tour dans le quartier historique de Prizren, un labyrinthe de toits en terre cuite, de minarets et de petits cafés couverts. Bien plus authentique que les “vieilles villes rénovées” de ses voisins des Balkans, à l’image de Sarajevo.

Ne manquez pas : Négociez un taxi pour vous rendre à Brod, un village très typique de maisons en pierre, au cɶur des monts Šar. Pour une heure de trajet depuis Prizren, comptez une quinzaine d’euros. Aucune inquiétude si vous ne savez pas indiquer votre destination en albanais au chauffeur, la majorité des jeunes Kosovars parlent anglais ou allemand. Cette commune de 1 500 habitants compte plus de chevaux que de voitures. Il est donc facile d’en louer un pour la journée. Seul bémol, Brod n’offre pas beaucoup de possibilités d’hébergement. Deux options s’offrent à vous : trouver un homme nommé Biligap qui vous louera sa maison pour 15 euros la nuit, ou vous installer dans un chalet de l’hôtel Arxhena, situé dans les montagnes avec un accès direct aux pistes de ski.

Conseils pratiques : Faites attention à ne pas sortir des chemins de randonnée balisés car, comme dans une grande partie des Balkans, la nature sauvage du Kosovo recèle encore quelques mines depuis la guerre (à la frontière albanienne en particulier).

Le Népal

Situation sur le terrain : Le tremblement de terre d’avril 2015, qui a causé 8000 morts, a plongé l’industrie touristique dans un profond marasme. Les dommages sont estimés à environ 10 milliards de dollars, soit la moitié du PIB du pays. Sans compter que de nombreux monuments historiques classés par l’Unesco ont été détruits, comme la tour Bhimsen (aussi appelée Dharahara). Un an plus tard, les restaurations sont encore en cours.

Pourquoi y aller : Fortement tributaire du tourisme, l’économie népalaise a plus que jamais besoin de visiteurs. Prêts à sacrifier un peu de confort pour une vraie aventure ? Le Népal est fait pour vous. Si des monuments ont été endommagés, les sentiers à travers l’Himalaya restent parfaitement accessibles, dont celui du légendaire mont Annapurna. Seuls deux des 35 circuits ont été déroutés en raison des dégâts causés par le séisme de 2015.

Ne manquez pas : Si vous n’êtes pas très enthousiasmés par une randonnée de sept jours dans l’Himalaya, pas d’inquiétude : la capitale, Katmandou, dispose propose un vaste choix d’activités bien moins sportives. Vous pourrez notamment vous laisser séduire par le rituel des bols chantants, historiquement pratiqué avant, pendant, et après la méditation bouddhiste. La plupart des centres culturels, comme celui de Katmandou, proposent des ateliers intensifs de trois jours pour maîtriser l’art de faire chanter les bols. Comptez tout de même 280 euros, au minimum.

Conseils pratiques : Une randonnée en haute montagne demande une excellente préparation physique. Le mal d’altitude, qui peut se déclencher dès 2 000 m, présente d’importants risques pour la santé. Il se manifeste par un souffle court, des nausées, voire une perte de conscience et des vomissements de sang… Un risque d’autant plus fort sur le circuit de l’Annapurna, dont le point le plus haut culmine à 8 000 m d’altitude.

Le Nicaragua

Situation sur le terrain : Petite délinquance, vols de voitures, narcotrafic… La réputation de l’Amérique centrale et du Sud n’est plus à faire. Les voisins du Nicaragua, comme le Honduras ou le Guatemala, font partie des pays les plus dangereux au monde. Quant au Panama ou au Costa Rica, pays réputés comme sûrs, le taux de criminalité y a augmenté très fortement cette dernière décennie. Avec un taux de seulement 11 personnes sur 100 000 (contre 82 au Honduras), le Nicaragua est donc idéal pour découvrir la culture latino-américaine en toute sécurité.

Pourquoi y aller : Les deux côtes du pays, côté Caraïbes ou Pacifique, sont un paradis pour les amateurs de belles plages. En matière d’infrastructures, le gouvernement a beaucoup investi récemment, notamment dans une autoroute au cɶur de la région très rurale de Rio San Juan. Il espère ainsi en faire une destination d’écotourisme de choix. Rien de mieux que de partir à la rencontre des toucans, aras, lamantins, sangliers et autres espèces de la réserve naturelle d’Indio Maiz. Envie d’y passer la nuit et de petit-déjeuner en compagnie des animaux ? Réservez une chambre dans l’écolodge Rio Indio Adventure (comptez environ 150 euros la nuit).

Ne manquez pas : La nourriture d’Amérique centrale ne se résume pas au riz et aux haricots, loin de là ! La cuisine nicaraguayenne est très réputée pour son mélange entre les gastronomies espagnole, créole et sud-américaine. Ne quittez pas le pays sans avoir goûté au vigerón, du manioc accompagné de frites de peau de porc et de chouchou, à manger avec les doigts. Pour les moins téméraires, laissez vous tenter par les nacatamales, des feuilles de plantain garnies de semoule de maïs, de riz, de viande et de poudre d’achiote, une plante antioxydante.

Conseils pratiques : Même si le taux de criminalité du Nicaragua est inférieur à celui de ses voisins, il est important de toujours rester vigilant, surtout à Managua, la capitale. Si vous le pouvez, embauchez un guide local assez fiable pour vous emmener hors des sentiers battus sans prendre de risque. L’école d’espagnol Viva propose différentes excursions et visites guidées pour une quinzaine d’euros seulement.