Environnement

Bali : le volcan Agung devrait bientôt entrer en éruption

Région à forts risques volcaniques, Bali doit évacuer 100 000 de ses habitants face à la menace imminente d’entrée en éruption du volcan Agung.Monday, November 27

De Juliette Heuzebroc

Ce lundi 27 novembre, les autorités indonésiennes ont lancé l’évacuation de 100 000 Balinais de l’est de l’île suite aux signes d’éruption imminente du Mont Agung. L’alerte avait déjà été poussée à son maximum en septembre alors que les premiers grondements et légers séismes s’étaient déclarés dès le mois d’août. Après s'être apaisée en octobre, la situation s'est aggravée fin novembre. Des secousses permanentes, des grondements, une épaisse fumée qui s’élève à plus de 4000 mètres de haut… Autant d’éléments annonciateurs d’une éruption à bien plus grande ampleur : « Les projections continues de cendres sont parfois accompagnées par des éruptions explosives et un faible grondement sonore. Les lueurs de feu sont de plus en plus visibles la nuit. Ceci indique que les conditions pour une éruption plus forte sont imminentes » signale le Bureau national de gestion des catastrophes.

La zone d’exclusion qui entoure le volcan a été élargie de 10 kilomètres. Environ 100 000 Balinais seront évacués au plus vite par les autorités. Ces derniers s’ajoutent aux 25 000 personnes qui ont déjà quitté leur domicile depuis le réveil du volcan, les projections de cendres et les éruptions explosives menaçant directement leur sécurité.

 

LE MONT AGUNG, FLASHBACK D’UN CAUCHEMAR

L’ensemble de l’Indonésie connaît une activité volcanique particulièrement vive mais le réveil du mont Agung réveille également les souvenirs cauchemardesques de sa précédente éruption. En février 1963, de fortes explosions et une épaisse fumée sont les premiers signes d’éruption, suivis six jours plus tard de coulées de lave. C’est à la mi-mars que le volcan entre véritablement en éruption avec des explosions d’un indice 5 d’explosivité volcanique sur une échelle de 8. Des débris sont alors projetés à une distance de 8 à 10 kilomètres dans les airs.

Dans un premier temps, une vague de nuées ardentes (ensemble de particules de gaz, de cendres et de blocs solides à très haute température) emporte près de 1 500 personnes par asphyxie, brûlures voire ensevelissement. Le bilan s’alourdit à l’apparition de lahars, ces coulées boueuses volcaniques, et de coulées pyroclastiques propageant des gaz, des vapeur d’eau et des éléments volcaniques à très haute température. Et cet événement est loin d'être un cas isolé dans cette région.

La Ceinture de feu du Pacifique

DES RÉGIONS ENTIÈRES SUR LA BRÈCHE

Bali, au même titre que la plupart des îles indonésiennes, est très sujette aux risques volcaniques car elle se situe sur la ceinture de feu du Pacifique, aussi nommée ceinture Circum-Pacifique. Cette ceinture s’étend sur plus de 40 000 kilomètres, partant de l’Indonésie et du sud de l’Océanie pour remonter jusqu’au nord de l’Asie et ensuite longer l’ensemble de la côte ouest-américaine. Ces régions correspondent à une zone sensible car leurs côtes, continentales comme insulaires, sont situées sur des bordures de plaques tectoniques et de fosses océaniques, ce qui fragilise leur stabilité.

La ceinture de feu regroupe 452 volcans soit 75 % des volcans émergés sur Terre. Cette concentration s’explique par la récurrence du phénomène de subduction, ou chevauchement des plaques océaniques, qui donne souvent lieu à la formation de volcans gris.

L’Indonésie est d’autant plus touchée qu’elle recense 150 volcans dont 120 actifs, une majorité se situe sur les îles de Sumatra et de Java. Pour les autorités indonésiennes, la surveillance des volcans est donc un enjeu prioritaire de protection des populations qu’il va falloir matérialiser dans les heures et jours à venir afin de prévenir la répétition du drame de 1963.

 

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