Dian Fossey : l'hommage de National Geographic

Dans une série documentaire inédite, National Geographic retrace la vie et la mort de Dian Fossey, célèbre primatologue qui a dédié sa vie aux gorilles des montagnes.Wednesday, November 8, 2017

De Romy Roynard, Rédactrice en chef web
L'habitat des gorilles était truffé de braconniers et de locaux qui peuplaient le parc à des fins illégales. Dian Fossey a mis un point d'honneur à les combattre. Ces éleveurs laissaient sans doute paître leurs vaches à l'intérieur du parc.

La brume se lève avec une certaine indolence sur le Rwanda. Des formes se dessinent, se devinent. Un grand singe brise le silence, s’appuie sur ses pattes avant pour fendre le brouillard. Un autre le rejoint. Une troisième silhouette s’approche, douce et bienveillante. La jeune femme caresse la joue de Digit, le gorille des montagnes auquel elle s’est si vite attachée. Elle joue avec lui des jours entiers dans les forêts tropicales du Virunga.

Dian a reçu trois bourses de la National Geographic Society pour financer ses recherches sur ces furtifs mammifères. Elle est arrivée quelques temps plus tôt, en décembre 1966, avec une obsession : étudier les grands singes, qu’elle devinait moins sauvages qu’on ne le disait. Elle regarde Digit évoluer dans la forêt, le sourire aux lèvres.

C’est dans cette même forêt que Dian retrouve Digit, inerte, quelques mois plus tard. Sa tête a été découpée et son corps a été démembré avec une patience cynique.

Avec violence et méthode, les braconniers contre qui Dian est partie en guerre rendent coup pour coup. Ils abhorrent cette sorcière blanche qui s’amuse à leur faire peur en portant des masques d’Halloween et joue de magie noire comme un enfant chercherait à défaire un dragon imaginaire.

La scientifique se soucie peu des hommes. Le traitement qu'elle réserve aux Rwandais est le plus souvent offensant. Dans ses lettres à la National Geographic Society, elle affuble parfois les membres de son équipe de recherche et le personnel du parc par un dédaigneux « mes Africains ». Son journal de bord et ses lettres retranscrivent la colère qu'elle ressent à l'encontre du personnel peu formé et corrompu. 

L'approche active et pratique de Dian Fossey en matière de protection a transformé la façon dont ces primates menacés étaient perçus et traités.

Depuis son arrivée, elle s’est immiscée dans les groupes de gorilles des montagnes, les a étudiés, imités, apprivoisés. Et s’est mis en tête de protéger coûte que coûte ces animaux qui se vendent si bien sur le marché noir. Elle considère que les braconniers n’ont ni frontières ni morale, et n’hésite pas à enfreindre la loi pour les défier. Ce singe décapité laissé face contre terre est un avertissement. 

Dian Fossey est retrouvée morte chez elle le 26 décembre 1985. Les traces de lutte marquent l'ultime champ de bataille de la primatologue.

La brume est désormais plus dense. Elle occupe l'écran, remplace les souvenirs. Elle enveloppe de mystère un assassinat sans doute prémédité. Puis vient un grand singe. Puis un autre, et un autre encore. Les gorilles des montagnes ne sont plus en danger. La menace, tenace, s'est dissipée grâce au travail de Dian, comme la brume laisse place à un soleil réconfortant.

Son dévouement acharné a permis d’humaniser ces grands primates. Son engagement si extrême, si sincère, a fait d'elle une icône de la cause animale. Le film qu'elle a tourné avec son ami Sir David Attenborough, Gorilles dans la brume, reste l'un des documentaires les plus aboutis jamais réalisés sur les animaux à l’état sauvage.

National Geographic rend une nouvelle fois hommage à la primatologue dans une nouvelle série documentaire inédite, Dian Fossey : secret dans la brume. Une louange sensible, un portrait nuancé, une enquête approfondie sur les causes de sa mort. Pour porter son combat un peu plus loin.

Dian Fossey : secret dans la brume sera diffusé à partir du dimanche 3 décembre 2017, à 20h40 sur National Geographic.