Volkswagen : ce que révèle l'affaire des tests sur les singes

Le recours aux primates non-humains, pour lequel le constructeur automobile a présenté ses excuses, est de plus en plus critiqué, et condamné.mercredi 31 janvier 2018

De Christine Dell'Amore
Un singe observe le photographe à travers les barreaux de la cage dans laquelle il est enfermé dans un centre de recherches à Sukhumi, en Géorgie.

La décision du constructeur automobile Volkswagen de tester la dangerosité des émissions de ses véhicules a été vivement discutée et unanimement condamnée, signe s'il en est d'une impopularité croissante des tests conduits sur les animaux.

Le New York Times a récemment rapporté que des scientifiques avaient été mandatés par un organisme, l'European Research Group on Environment and Health in the Transport Sector (EUGT en allemand), afin de réaliser une étude sur la toxicité des gaz d'échappement produits par les véhicules de la marque allemande. Durant les quatre heures de test, 10 macaques de Java étaient isolés dans de petites pièces et exposés aux émissions des véhicules, selon des propos rapportés par le Guardian.

Les sociétés représentées par les groupes de recherche incluent Volkswagen, Daimler et BMW.

Après de vives réactions spontanées sur les réseaux sociaux, Volkswagen a déclaré à PETA : « Le groupe Volkswagen se distance de tout acte de cruauté animale. Les tests conduits sur les animaux sont en contradiction avec nos propres standards éthiques. »

Des singes utilisés en laboratoires pour tester des protocoles biomédicaux.

Mardi 30 janvier, Volkswagen a suspendu Thomas Steg, à la tête des relations extérieures et de la mobilité durable, après qu'il a déclaré avoir autorisé les expérimentations conduites par l'Institut de recherche Lovelace Respiratory à Albuquerque, au Nouveau-Mexique.

Le recours aux primates non-humains comme cobayes a longtemps été sujet à polémiques. Les associations pour le bien-être animal avancent que ces expérimentations sont particulièrement cruelles et fréquentes parce que les primates présentent de nombreuses similitudes avec les êtres humains.

Les tests faits sur des animaux « donnent ce sentiment que les animaux sont à notre disposition, » déclare Kathleen Conlee, vice-présidente des recherche sur le bien-être animal à la Humane Society of the United States. « Pouvons-nous vraiment penser que nous pouvons prendre un animal et lui faire subir tout ce que l'on veut ? Cela donne un bon aperçu de notre considération des animaux. »

Pendant plus d'un siècle, les chimpanzés ont été utilisés par des laboratoires pour tester de nouveaux vaccins et de nouvelles procédures médicales. La plupart d'entre eux ont passé leurs vies en captivité, prisonniers dans de petites cages de ciment. 

Mais ces dernières années, le mouvement de défense des animaux les plus proches de l'Homme d'un point de vue génétique gagne du terrain. Aujourd'hui la plupart des chimpanzés ont été transférés dans des sanctuaires et des groupes de protections des animaux ouvrent leurs portes à ces anciens cobayes qui ont permis l'avancée de travaux en recherche biomédicale. 

Il est possible que les progrès dans le domaine génétique et la modélisation par ordinateur limitent le recours aux animaux comme les singes en laboratoires, indique Eliza Bliss-Moreau, une neuro-scientifique comportementale au centre de recherche sur les primates en Californie. « Il y a eu de tels progrès techniques ces dix dernières années. »

Si le premier scandale dévoilé par le New York Times porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur des singes en 2014, un nouveau rebondissement éclabousse Volkswagen. Les journaux Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung ont ces dernières heures évoqué des tests menés à Aix-la-Chapelle, dans l’ouest de l’Allemagne, sur des êtres humains.

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