Comment s’orientent les oiseaux migrateurs ?

Tous les ans, pour un oiseau sur deux, c’est le même voyage : il faut atteindre un site de nidification et d’alimentation à la saison douce, puis s’envoler en hiver vers des climats chauds. Mais comment font les volatiles pour retrouver leur chemin ?

Publication 13 mars 2018, 11:39 CET
Les albatros s’installent près de la mer, dans l'île Steeple Jason de l'archipel des Malouines, partageant ...
Les albatros s’installent près de la mer, dans l'île Steeple Jason de l'archipel des Malouines, partageant les pentes herbeuses avec les gorfous – des manchots. Pendant qu’un albatros couve, son partenaire s’envole au-dessus de l’océan et plonge pour attraper ses proies. Ces oiseaux hivernent dans l’est de la Patagonie et les estuaires argentins, puis regagnent la même colonie. Pour atteindre ce point reculé, Wilkes a dû traverser un groupe de caracaras australs irrités, puis a grimpé sur un monticule herbeux, et pris 926 photos en vingt-six heures (dont 80 utilisées sur cette image).
Photographie de WILDLIFE CONSERVATION SOCIETY

Les oiseaux migrateurs traversent les continents et les océans sans jamais s’égarer. Les scientifiques ont tenté de décrypter ces capacités. Résultat : comme les grands navigateurs, ils regardent le ciel. Ces repères astronomiques leur permettent de se positionner dans la bonne direction. Mais aussi de régler leur migration annuelle : quand la durée de la lumière du jour diminue, c’est le moment de partir. Ils sont également capables de connaître le moment de la journée, en analysant la position du soleil, jugeant ainsi du temps restant avant son coucher. Les individus nocturnes volent, eux, en regardant les étoiles. Les scientifiques l’ont prouvé en plaçant des oiseaux dans un planétarium et en déplaçant artificiellement les astres.

Pour se guider, les oiseaux qui migrent de jour peuvent également s’aider de repères au sol : montagnes, rivières, littoraux… Ainsi que du magnétisme terrestre. Certains volatiles ont des capteurs magnétiques dans les yeux et de la magnétite (un minerai qui agit comme un aimant) dans le bec, ce qui les aide à orienter leur vol. Ce mode de navigation est facilité au niveau des pôles, où les lignes du champ magnétique terrestre convergent, se faisant plus fortes. En revanche, près de l’équateur, difficile de compter sur ce GPS naturel.

Les cigognes blanches nichent haut perchées. En Estrémadure (ouest de l’Espagne), une colonie s’était installée dans un bâtiment désaffecté. Lorsque celui-ci a été restauré, des perchoirs à nids ont été installés à la place. Certaines cigognes hivernent en Afrique, tandis que d’autres restent plus près de chez elles, en Europe.
Photographie de STEPHEN WILKES

Aujourd’hui, malgré les aptitudes incroyables des oiseaux (lire notre reportage), le développement humain perturbe leur migration. Les dangers viennent d’abord des constructions : les éoliennes et les hauts buildings provoquent des hécatombes. Les lumières urbaines trompent par ailleurs les migrateurs nocturnes. S’ajoute à cela l’essor des cultures intensives, engendrant un appauvrissement du paysage. Dans ce nouveau décor, il devient difficile aux volatiles de se repérer et de se nourrir. Et surtout, le changement climatique décale les migrations de certaines espèces dans le temps et compromet le succès de leur voyage. Résultat : selon l’UICN, un tiers des oiseaux nicheurs de France métropolitaine sont aujourd’hui menacés d’extinction.

 

 

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