Le babiroussa, animal belliqueux aux armes fragiles

Si la femelle ressemble à une truie commune, le mâle a un signe bien distinctif : ses étranges dents supérieures. Ces dernières poussent vers le haut, transperçant son groin et formant une courbe au-dessus de sa tête.

Monday, May 25, 2020,
De Arnaud Sacleux
Photo d'un babiroussa sauvage.

Photo d'un babiroussa sauvage.

Le nom de babiroussa signifie « cochon-chevreuil » en malais. Endémique des îles indonésiennes, on le retrouve communément au cœur des jungles de l’île de Sulawesi, considérée comme son véritable berceau, ainsi que sur les îles Bourou et de Malado.

Le babiroussa fascine autant les Hommes que ceux-ci lui font peur. Durant plusieurs siècles, on a retrouvé des crânes de cet animal un peu partout en Europe ; mais nos connaissances se limitaient à ces ossements ainsi qu’aux croquis et caricatures réalisés par ses premiers découvreurs. On ne savait autrefois rien de sa couleur, de la texture de sa peau, de ses habitudes et de son comportement.

Aujourd’hui, on en sait plus sur cet animal qui appartient à l’espèce des porcins. Il se comporte généralement comme tel, à quelques différences près. Excellent nageur, il est capable de traverser les fleuves, voire franchir des bras de mer afin de passer d’une île à l’autre. Le babiroussa est plus rapide et plus agile que son cousin le sanglier et ne jure que par l’ouïe et l’odorat, qui sont ses sens les plus aiguisés.

Il affectionne particulièrement les jungles les forêts marécageuses, les bords des lacs et lieux où croissent beaucoup de plantes aquatiques. Il raffole de la boue riche en nutriments. C'est au milieu de pareilles conditions que les babiroussas aiment se réunir, dormant le jour et rôdant la nuit.

Le babiroussa, insaisissable créature

Si la femelle ressemble à une truie commune, le mâle a un signe bien distinctif : ses étranges dents supérieures. Ces dernières poussent vers le haut, transperçant son groin et formant une courbe au-dessus de sa tête. Si elles ressemblent à des armes, elles sont très fragiles.

D’un naturel belliqueux, le babiroussa passe son temps à se battre avec ses congénères mais préfère en conséquence se battre avec ses pattes avant plutôt que de risquer de briser ses dents ; d’autant plus qu’un babiroussa mâle a moins de chances de s’accoupler et se reproduire si ses canines sont abîmées.

Le babiroussa ne se sert pas non plus de ces ornements pour gratter le sol à la recherche de nourriture. Une chose est certaine, elles ne cessent cependant jamais de pousser tout au long de sa vie, allant même jusqu’à transpercer son crâne pour former une boucle complète. Si personne ne sait, à l’heure actuelle, à quoi servent exactement ses dents, elles semblent avoir la fonction de vouloir tuer cet animal à petit feu.

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