Il y aurait 10 millions d’espèces encore inconnues sur Terre

Les scientifiques n'auraient à ce jour répertorié que de 20 % des espèces qui peuplent la Terre.

De Mehdi Benmakhlouf
Publication 15 oct. 2020, 12:19 CEST
L’utilisation d’aspirateurs sous-marins permet de prélever des organismes de petites tailles tels que des mollusques et ...

L’utilisation d’aspirateurs sous-marins permet de prélever des organismes de petites tailles tels que des mollusques et des crustacées. 

PHOTOGRAPHIE DE Musée National d'Histoire Naturelle

« Les optimums de biodiversité suivent une loi où le maximum de biodiversité se situe entre les tropiques et s’amoindrissent vers les pôles » explique Line Le Gall, enseignante-chercheuse au muséum d’histoire national d’histoire naturelle de Paris. Cette plongeuse scientifique organise des grandes expéditions qui ont pour objectif de découvrir les espèces méconnues de la biodiversité.

En discutant avec la chercheuse, il faut très peu de temps pour s’apercevoir qu’en réalité, estimer l’étendue des espèces qui peuplent la Terre s’avère être un exercice rempli d’incertitudes et extrêmement chronophage. Les scientifiques auraient actuellement répertorié près de 20 % des espèces qui peuplent la Terre. « Il est toujours difficile d’évaluer les lacunes de connaissances en termes de biodiversité mais on sait qu’on a décrit 2 millions d’espèces » indique Line Le Gall. Parmi elles, 1.3 million sont des animaux, 375 000 des plantes, 135 000 des champignons, 10 000 des bactéries, 3 000 des virus et les 27 000 restantes correspondent à des organismes unicellulaires, aussi nommés protistes.

Pendant longtemps, la communauté scientifique extrapolait ces chiffres, annonçant une fourchette variant entre 6 et plus de 100 millions, un consensus semble s’établir autour d’une valeur légèrement au-dessus de 10 millions, ce qui revient à dire que 80 % des espèces restent à répertorier.

En 2019,  plus de 1 000 espèces d'invertébrés marins ont été échantillonnés, photographiés et prélevés pour un séquençage ADN dont le polychète Thelepus Corsinacus 

PHOTOGRAPHIE DE Musée National d'Histoire Naturelle

« La diversité du monde marin est encore très mal connue de par la difficulté à y accéder » ajoute la scientifique. Un lieu sur Terre se distingue par sa richesse faunique et floristique : les eaux du Triangle de Corail. « C’est un endroit où il y aurait le plus de biodiversité à découvrir, c’est un optimum de biodiversité dans le Pacifique qui englobe les Philippines, la Malaisie et l’Indonésie » précise Line Le Gall. Il est vrai que cette zone de millions de kilomètres carrés située dans l’Océan Pacifique est extrêmement riche en récifs coralliens - elle abrite près de 30 % de la totalité des récifs coralliens mondiaux - et une zone majeure de reproduction pour les baleines bleues ou les cachalots.

Les profondeurs des océans ont encore beaucoup de secrets pour les scientifiques, en particulier à l’échelle microscopique. Les avancées technologiques et méthodologiques permettent de faire avancer plus rapidement les explorations. « En ce moment, il y a un grand développement de tout ce qui est sous-marin, nous pouvons aller de plus en plus en profondeur dans des milieux qui n’ont jamais été explorés jusqu’à maintenant » se réjouit la scientifique.

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    PHOTOGRAPHIE DE Musée National d'Histoire Naturelle

    LES SECRETS DE LA MÉDITERRANÉE   

    « Même si on connaît bien la biodiversité de la mer Méditerranée, elle n’a jamais vraiment été bien documentée » confie la chercheuse. Du 12 au 31 octobre 2020, Line Le Gall et ses équipes se concentreront sur le recensement des espèces du Sud de la Corse dans la réserve naturelle des bouches de Bonifacio.  

    « Nous utilisons des techniques moléculaires, avec l’ADN, pour pouvoir identifier les espèces et cela n’avait jamais réellement été fait auparavant en Méditerranée. Nos études se tournent autour des habitats classiques de la Méditerranée, des assemblages assez bien décrits mais on a assez peu d’espèces en moléculaire » conclut-elle.

    Début octobre, une nouvelle espèce de crustacé mesurant quelques millimètres a été découverte dans les eaux saumâtres d’une rivière souterraine du parc national des Calanques. Baptisé Tethysbaena ledoyeri par les chercheurs du CNRS, l’animal évolue dans un milieu hostile, totalement obscur, entre des parois calcaires recouvertes de vase argileuse où ne pousse aucun végétal.

    « La vie trouve toujours des solutions, des adaptations, des innovations même dans les milieux les plus extrêmes » explique Pierre Chevaldonné, directeur de recherche au CNRS, sur la page officielle du Parc national des Calanques.

    Progressivement, la recherche avance, chaque année près de 19 000 espèces rejoignent l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, des espèces qui viennent confirmer la richesse et la diversité de la biodiversité terrestre.

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