L'œstrus chez les lions : 96 heures pour se reproduire

Plusieurs fois par an, lions et lionnes s’accouplent lors d’un véritable marathon sexuel. Cet acte, rendu possible par le consentement de la femelle, permettra aux jeunes lions d'avoir leur propre clan ainsi que leur propre territoire.

Publication 20 nov. 2020 à 14:35 CET
C-Boy s’accouple avec une femelle. Après avoir procréé, un mâle « résident » peut être supplanté. ...
C-Boy s’accouple avec une femelle. Après avoir procréé, un mâle « résident » peut être supplanté. Sa progéniture sera alors tuée par les nouveaux mâles ou abandonnée à la faim et à la mort.
Photographie de Michael Nichols

Les lionnes chassent, tandis que les mâles mangent. Si les lions sont représentés dans de nombreuses histoires comme les rois des animaux, la réalité est bien différente : ce sont les femelles qui occupent une place indispensable pour la survie et la prospérité d’un clan.

En termes d’accouplement, les lionnes ont d’ailleurs un certain pouvoir sur leurs congénères. Réceptives aux mâles en dehors des périodes de gestation et d'allaitement, les femelles s’accouplent durant l'œstrus, une période de chaleurs qui dure entre deux et huit jours.

96 heures : le grand marathon de l'accouplement des lions

Il existe très peu de rivalité entre mâles lorsqu’il s’agit de s’attirer les faveurs d’une lionne. Les lions restent aux côtés de leur conquête, maintenant ainsi les autres mâles à distance. De plus, une lionne peut changer de partenaire pendant l’œstrus et, au sein d’un même clan, toutes les lionnes suivent le même cycle de chaleurs, permettant une permutation et un échange de partenaires régulier.

Lors de cette période de quatre jours, soit 96 heures, lions et lionnes peuvent s’adonner à un véritable marathon sexuel et s’accoupler toutes les 15 minutes. Une femelle réceptive peut ainsi répéter jusqu’à 50 actes quotidiens. Ce rythme extrêmement soutenu est amorcé par les femelles qui désirent fonder un clan pérenne, auquel se soumettent les mâles ayant pour objectif d’acquérir leur propre territoire et de régner sur leur propre clan.

Lors de l’accouplement, le lion maintient fermement le cou de sa partenaire entre ses dents pour la calmer. La pénétration est en effet très douloureuse pour les lionnes ; les poils présents à l’extrémité du pénis des mâles sont durs comme des épines, mais nécessaires pour déclencher l’ovulation de la femelle.

Cependant, et en dépit des apparences, l’accouplement et surtout la fécondation, sont en réalité soumises au bon vouloir des femelles. Lorsque l’on évoque la reproduction des lions, on parle d’ailleurs d’actes entre un mâle et une « femelle réceptive », car c’est bien cette dernière qui décide si oui ou non il y a fécondation.

Grâce à un mécanisme naturel de survie, appelé faux œstrus, les lionnes ne peuvent pas en effet porter les petits de mâles inconnus. Ce mécanisme permet ainsi de les protéger de certains mâles menaçants. En feignant d’être en chaleur, les femelles manipulent ces derniers en s’accouplant avec eux sans risquer d’engendrer de descendance et, ainsi satisfaits, les mâles se montrent beaucoup moins agressifs. Cette technique de défense permet également aux lionnes de tester leur partenaire, en vérifiant si oui ou non ce dernier reste auprès d’elle dans le but de fonder un clan.

Si la fréquence des accouplements est aussi effrénée, c’est probablement pour compenser une procréation affichant un taux de réussite extrêmement faible ; on compte une naissance pour cinq périodes de chaleurs. Les scientifiques ont également calculé que, pour environ 3 000 accouplements, un seul lionceau atteindra l'âge adulte.

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