La reproduction des homards est menacée par le changement climatique

Ces crustacés ont une vie sexuelle riche, faite de projection d’urine et de mue répétée de leur carapace. Mais le changement climatique pourrait bien bouleverser leur cycle de reproduction.

Publication 4 déc. 2020, 10:38 CET
L'avenir des homards est menacé par le changement climatique.

L'avenir des homards est menacé par le changement climatique.

Photographie de JERRY MONKMAN, MYN/NATURE PICTURE LIBRARY

Voici à quoi ressemble la vie sexuelle ordinaire d’un couple de homards.

Après avoir passé des jours à projeter de l’urine dans le repaire du partenaire convoité, ce dernier, séduit par l’odeur, laisse la femelle entrer. Les deux partenaires se livrent ensuite pendant plusieurs jours à des préliminaires, qui consistent à se frotter l’un contre l’autre avec leurs antennes et leurs pattes recouvertes de récepteurs du goût.

Une fois convaincue que ce mâle la protégera, la femelle se « déshabille » et se débarrasse de sa carapace ainsi que de la poche dans laquelle est stocké le sperme d’un précédent partenaire. En muant, la femelle dotée d’une nouvelle carapace encore molle s’expose au danger. C’est pourquoi le mâle doit la protéger pendant une demi-heure, le temps que la carapace durcisse. Après quoi, il s’accroche au-dessus d’elle en utilisant ses pattes munies de pinces et la soulève pour qu’ils soient face à face tout en tenant tendrement la femelle entre ses pattes. La nouvelle carapace de celle-ci présentant une nouvelle poche à sperme, le mâle y dépose des spermatozoïdes à l’aide de ses appendices, appelés gonopodes. Mission accomplie.

Le mâle accueille une nouvelle femelle dès que la première est partie. Cette dernière utilisera le dépôt de spermatozoïdes pour fertiliser les milliers d’œufs qu’elle portera pendant environ un an sous sa queue, jusqu’à ce que les larves éclosent.

Selon Diane Cowan, fondatrice de l’organisation The Lobster Conservancy, ce processus de reproduction est menacé par le changement climatique.

Lorsque l’eau est chaude, les homards se concentrent sur leur croissance. À l’inverse, si l’eau est froide (en dessous de 0°C en hiver), les crustacés se focalisent sur la production d’œufs et de spermatozoïdes. Diane Cowan explique qu’en cas de raccourcissement de cette période froide à cause du réchauffement climatique, « les homards produiront moins de gamètes. Et s’il fait trop chaud de façon continue, ils cesseront tout simplement d’en produire. Pas d’œufs, pas de spermatozoïdes, pas de homards ».

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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